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littéraires, il se rendit à l'université de Vilmi , où il suivit les cours do philosophie, d'histoire et de droit, se fit recevoir docteur, puis revint dans son pays natal. Elu maréchal de la noblesse de son district, il rendit, par son savoir, par ses grandes capacités administratives, par l'élévation de ses vues, des services èminents à ses concitoyens. Philosophe et libre penseur, il se montra très-sympathique a la causa du peuple ; partisan du progrès en tout, travailleur infatigable, il se mit au courant du mouvement littéraire de son temps et fit preuve dans ses écrits d'un esprit critique plein de sagacité. Nous citerons, parmi ses œuvres : Sur l'ancien et lé nouveau style (Vilna, 1763, in-4°); Critique des œuvres de Karamsine (Vilna, 1764, in-4°) ; Aperçu critique sur la société actuelle (Vilna, 1772, in-80); Louise sans souci (Vilna, 1771, in-4°), écrit humoristique ; Histoire de la littérature polonaise au point de vue critique (Vilna, 1776, in-4«) ; Y Esprit d'un campagnard (Vilna, 1775, in-4o); Aperçu critique sur les œuvres de Voltaire (Vilna, 1782, in-4»), etc.
ZIEM (Félix), peintre français, né a Beaune vers 1826. 11 a débuté au Salon de 1849 par trois tableaux représentant une Vue du Bosphore, une Vue de l'escalier de la villa Corsini, à Rome, et une Vue prise dans te grand Canal de Venise. 11 se signala aussi, du premier coup, comme un interpréta des sites lumineux et des architectures pittoresques de la ville des sultans et de la ville des doges. De pareils sujets lui valurent, par la Suite, ses plus brillants succès. En 1851, il exposa une seconde vue de Venise; mais un tableau de Fruits et une Vue prise au bas Meudon, qu'il fit paraître en même temps, prouvent qu'il hésitait encore k cette époque et cherchait sa voie. Toutefois, il avait déjà fait de remarquables progrès et il mérita, cette année, une médaille de 3e classe. L'année suivante, il conquit une médaille de ire classe par deux vues de Hollande , .le Soir au bord de t'Amstel, à Amsterdam, et une Chaumière aux environs de La Haye, et par une Vue de Venise prise du Jardin- Français. Ce dernier ouvrage, quia prisplace au musée du Luxembourg, fut particulièrement admiré du public et loué par la critique. « C'est étincelaut de couleur, de lumière et de caprice, dit Mœe Claude Vignon. Il y a là-dedans une adresse, disons mieux, un bonheur extraordinaire, car le ciel et la mer ont de ces tons resplendissants qui ne se rencontrent que par hasard, à ces heures suprêmes où la nature est en fête et déploie avec orgueil ses plus riches vêtements. » A partir de cette époque, M, Ziem vit ses oeuvres recherchées par les amateurs les plus distingués; l'engouement pour ses vues de Venise devint même excessif et le poussa naturellement k exagérer l'éclat lumineux, la variété de tons, la légèreté et Sa vivacité de touche qu'on avait admirées dans ses premiers ouvrages. Son Intérieur du port de Marseille et sou tableau de Venise le soir, qui parurent au Salon de 1853, offraient encore une chaude harmonie et une certaine solidité d'exécution; la Fêle à Venise, qui figura avec uue Vue d'Anvers (appartenant à l'Etat) à l'Exposition universelle de 1855, révéla une exagération de coloris et une négligence de dessin regrettables. Th. Gautier parla avec sou iudulgence habituelle do cette toile, « flamboyante comme une queue de paon ; • Etienne Delécluze, le critique des Débats, la traita de la façon la plus sévère : • Je ne citerai l'inconcevable Fête à Venise de M. Ziem, dit-il, que pour avertir les peintres exclusivement coloristes de ce temps à quels effets ridiculement kaléidoseopiques peut conduire la rage d'assortir des tous de couleur, sans les assujettir k aucune forme. » Le même critique écrivait quatre ans plus tard: ■ L'engouement des amateurs pour ces k peu près de paysage est tel aujourd'hui que l'on va jusqu'à désigner comme des maîtres ceux qui les font. Alors ceux qui ne partagent pas tout à fait cette admiration se demandent si ce sont ces maîtres modernes qui ont raison ou, comme on l'a cru jusqu'ici, les Poussin, les Claude Lorrain, les Paul Potter, les Karel Du Jardin et quelques autres qui mettaient tant de soin k perfectionner toutes les parties de leurs paysages. ,. En regardant les vues peintes avec soin pur M. Ziem, on se demande encore si, pour rendre la lumière éclatante du soleil, il faut suivre la méthode simple de Claude Lorrain ou la manière négligée et exagérée de l'artiste moderne. » M. About a défini avec beaucoup d'esprit et de justesse la manière de M. Ziem : « Entre un tableau de M. lsabey et un tableau de M. Ziem, dit-il, la différence est k peu près la même qu'entre un beau damas de soie et une belle étoffe de gaze. Chez M. Ziem, la mer est une gaze verte, aussi fine et aussi transparente que le voile d'une touriste anglaise, les navires sont de gaze, sans excepter le mât et le gouvernail ; les constructions sont une gaze imperceptiblement amidonnée et soutenue par quelques fils de fer ; les hommes et les femmes sont de délicieux chiffons qu'un souffle du vent fait trembloter L'esprit n'a jamais rien conçu de plus léger, les yeux n'ont jamais rien vu de plus brillant. Mais on craint toujours une goutte de pluie qui viendrait tout abattre ou une bouffée d'air qui vien-
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cirait tout emporter. « Dami un autre de ses Salons, M. About a dit : ■ Si Canaletti s'appelait Molière, le vrai nom Je M. Ziem serait Marivaux. Canaletti, peint -e de génie, sait ciseler à fond sans laisser \oir la marque du ciseau, sans altérer le cha -me onctueux de la nature. Son dessin pett s'étaler hardiment en plein midi; ses biautés n'ont pas besoin de crépuscule. M. Ziem est obligé de cacher dans une vapeur agréable l'insuffisance de son dessin. Il a la ,*râoe sans la fermeté; ses terrains et ses i îonumeYits ondulent dans le vague; il n'a jamais su arrêter une silhouette. Ce n'est pas que M. Ziem soit un artiste médiocre. 1. excelle à faire miroiter dans un canal les couleurs les plus brillantes :
Le moindre veut qui d'.iventure Fait rider la face de l'eiu fournit à son pinceau une matière délicieuse. Ses marines nous procurent ce petit frisson délectable dont on est saisi lorsqu'on met le pied sur un bateau. Mais i,'.. Ziem nous donnerait des plaisirs plus sérieux et plus durables, s'il dessinait seulement comme Joyant. >
Au grand concours universel de 1855, M. Ziem fut jugé digne d'une médaille de 30 classe. Il fut nommé chovalier de la Légion d'honneur a la suite du Salon de 1857, où il avait exposé lune éblouissante Vue de la Corne d'or à Conslantinople et la Place Saint-Marc à Venise pendant une inondation, Paul de Saint-Victor dit le ce dernier tableau : «Imaginez un sal.nigondis de tons verts, jaunes, rouges, posés et raccordés au hasard, une mascarade d'édifices, un carnaval d'architecture : la bas lique est tatouée de la base au faite ; le cai îpanile, peint en bavochures, papillotte et gambade comme un arlequin gigantesque. C'est Venise, je le veux bien, mais Venise vue à travers un bouchon de carafe. » M. Ziem a exposé au Salon de 1859 deux Vues de Constanlinople et deux Effets de soleil coi chant, l'un sur les bords du Nil, à Damanho ir, l'autre sur les Dardanelles, k Gallipoli. 11 revint en 1861 à sa chère Venise et lui cou ;acra un triptyque représentant la Place Saint-Marc, le Pont des soupirs et le Palais dis doges. On a vu de lui aux Salons suivants : en 18C3, des Pèlerins sortant d'une mosquée de Conslantinople et s'embarquant pour la Mecque, une Vue de Tripoli (Syrie) et Vamaris, solitude ; eu 1864, Stamboul et Venne;en 1865, Venise, le Mas Vincent dans la Camargue et deux aquarelles : Cléopâtre dans la haute Egypte et une Battue de macretses sur l'étany de Marignanne; eu 1866, Ven\se,lesoir, après la pluie, et Stamboul au scleil couchant; en 18G7, le Bucenlaure part pour la cérémonie du mariage du doge avec l Adriatique et Carmagnola décapité à Venise pour crime de haute trahison. A l'Exposition universelle de 1867, M. Ziem envoya sa Venise au crépuscule, du Salon de 186!. , et deux autres vues: Venise le soir et Venise le matin. En 1868, il exposa une Partie déplaisir à Venise et le Quai du vieux port à Marseille. Depuis cette dernière date, il s'est complètement abstenu de prendre part ai x expositions officielles, se bornant à travailler pour les collectionneurs et suivant eu cehi l'exemple de Diaz, de Meissonier, de Jules Di.pré, de Rosa bonheur, j
ZIEMNI s. in. (zie-mnii. Marara, Syn. de
ZBMKI.
Z1ÉM0W1T, duc de Ma.>ovie, mort en 1427. Lorsque le trône de Pologne fut devenu vacant par suite de la mort du roi Louis (1382), il se luit au rang des compétiteurs de la couronne et fut proclamé roi par une diète réunie à Sieradz. Toutefois, an noble ayant demande qu'avant de lui rerr ettre le pouvoir on attendit l'arrivée de la jeane princesse Uedwidge, qui consentirait peut-être à l'épouser, ce qui concilierait tous les intérêts, on se langea à son avis. Ziémcwit dut, en attendant, rester éloigné de Jracovio. Il rentra alors dans la grande Polcgne, la souleva en sa faveur et se lit une secjnde fois proclamer roi par une nouvelle dièto réunie à Sieradz. Mais sur les entrefaites Sigismond envahit lu Pologne et Hedwidgt épousa Whulislas Jagellon.Trop faible pou: résister, Ziéinowit consentit à faire la paix avec ce dernier et à renoncer en sa faveur à la couronne, sous la condition qu'il recevrait une somme considérable et garderait la Jujavie jusqu'à entier remboursement (1385).
Z1EKENBEKG, ville de Prusse, province de liesse, cercle et à 10 kilam. de Wolfhagen, 15 kilom. N.-O. de Cussel, sur la rive druite de la Warnie ; 2,000 hab. Un y voit les ruines des châteaux de Scharte iberg et de Gudenburg. Cette petite ville fut prise sur les Français par le duc de Brunswick en 1760.
ZIÉRIE s. f. (z'ié-rî — de Zier, botan. polonais). Bot. Genre d'arbies et d'arbrisseaux, de la famille des diosmées, tribu des boroniées, comprenant une dzaine d'espèces, qui croissent en Australie.
— Encycl. Les ziéries Sont des arbrisseaux, plus rarement des arbres à feuilles opposées, uelquefois simples, le plus souvent à trois olioles, marquées de points glanduleux, à fleurs petites, généralement blanches. Ce genre comprend une diiaine d'espèces, qui croissent en Australie tt dont plusieurs se cultivent dans nos jardins. Leurs feuilles et
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leurs fleurs répandent, surtout quand on les froisse ou qu'on les écrase, une odeur agréable , l'odeur caractéristique des diosmées. La ziérie trifoliée est l'espèce la plus connue et l'une des plus remarquables. C'est un charmant arbrisseau, haut de 1 mètre au plus, à feuilles d'un beau vert foncé, k fleurs blanches, teintées de rose. On le conserve en orangflrie.
ZIÉRIKZÉE, ville forte du royaume de Hollande, province de Zélande, ch.-l. de l'arrond. et du canton de son nom, dans la partie S.-E. de l'île de Sehouwen, à 25 kilom. N.-E. de Middelburg, avec un petit port sur l'Escaut oriental; 6,700 hab. Autrefois siège d'évêché. Gymnase, filature de laine, fabrique de garancine, raffinerie de sel , chantiers de construction navale; exportation d'huîtres estimées. Cette ville, la plus ancienne de la Zélande, fut bâtie en 859 et devint la résidence des comtes de Zélande. Près de là, les Flamands furent battus sur mer par les Français en 1304.
ZIERVOGLIA s. m. (zièr-vo-lla; K mil.).
Bot. Syn. de cynanqub, genre d'asclépiadées.
ZIESAR, ville de Prusse, province de Saxe, régence et à 57 kilom. N.-E. de Marbourg; 2,900 hab. Tanneries, poteries, papeteries ; fabrication de draps, toiles, bas, etc.
ZIESEN1S (Anne-Cornélie Wattikr, dame), célèbre actrice hollandaise, née à Rotterdam en 1762, morte k La Haye en 1827. Elle était fille d'un maître de danse français d'origine, qui s'occupa k peine de lui faire apprendre à lire et la laissa courir les rues. Un directeur de théâtre, ayant rencontré un jour la jeune fille, fut frappé par le caractère de son visage, se chargea de la faire instruire et l'emmena k Amsterdam, où elle débuta avec beaucoup de succès sur le grand théâtre. Son intelligence était loin d'être vive, et, avant de saisir un rôle, elle était obligée de l'étudier longtemps; mais lorsqu'elle le savait, elle s'identifiait complètement avec son personnage; comme elle avait une âme passionnée, ardente, elle s'abandonnait à son inspiration, qui produisait des effets sublimes. Elle jouait également bien dans la tragédie et dans la haute comédie. Les rôles dans lesquels elle parut avec le plus d'éclat furent ceux ûeSémiramis, d'Andromague, de Gabrielte de Vergy, d'Electre, de Dorine dans Tartufe. Louis Bonaparte, devenu roi de Hollande, et Napoléon, bien que ne comprenant pas le hollandais, voulurent voir l'actrice qui était alors à son apogée. Ce dernier la fit jouer dans la tragédie de Phèdre avec Talma, qui récitait son rôle en français pendant que Mme Ziesenis débitait le sien en hollandais, et il fut si satisfait de la tragédienne qu'il lui donna une pension de 6,000 IV. En 1825, Cornélie Wattier quitta le théâtre pour se retirer près de La Haye, dans une campagne où elle termina ses jours. Elle avait épousé un architecte, M. Ziesenis, membre de l'institut de Hollande.
ZIÉTÉNIE s. f. (zié-té-nl). Bot. Section des épiaires ou stachydes, genre de labiées.
ZIIÏTIIKN (Jean-Joachim de), général prussien, né k Wustrow, comté de Ruppin, en 1699, mort en 1786. Il s'engagea dès 1 âge de quatorze ans dans un régiment d'infanterie, mais quitta le service au bout de quelque temps et se retira sur ses terres, où il vécut jusqu'en 1726, époque k laque-le il rentra dans l'armée avec le grade de lieutenant de dragons. A la suite d'une querelle avec un de ses supérieurs, il fut condamné à un an de détention, puis dégradé; mais il obtint en 1730 sa réinstallation et fut admis dans la compagnie des hussards de la garde, que le roi venait de former k Berlin et qui fut le noyau du régiment, si célèbre plus tard sous le nom de régiment de Ziethen. Promu capitaine en 1731, il fit, en 1735, sous les ordres du général Baronay, la campagne contre la France et y conquit le grade de major. Pendant la campagne de Silésie, il se distingua à l'affaire de Roihschloss et fut promu colonel et commandant du régiment de hussards, qui avait alors atteint tout son effectif. Pendant la campagne de 1745, il repoussa, à la tête de l'avant - garde , jusqu'à Stockerau, près de Vienne, un corps envoyé d'Olmutz contre lui et, dans la seconde guerre de Silésie, fut nommé major général. En 1745, il exécuta, à la tête de son régiment, cette célèbre marche à travers les positions ennemies dans la haute Silésie, afin de porter au margrave Charles, qui se trouvait dans cette province, l'ordre d'aller rejoindre le roi auprès de Frankenstein. Ce qui le servit beaucoup en cette occasion, c'est que son régiment avait reçu peu auparavant des pelisses bleues, entièrement semblables à celles des Autrichiens. Lorsque enfin les ennemis soupçonnèrent une trahison, il se lit jour complètement, sans éprouver de grandes pertes, et atteignit heureusement Jœgerndorf, où le margrave était campé. Il prit ensuite une part glorieuse à la bataille de Hohenfriedberg (4 juin) et gagna la même année la bataille de Katolisch-Hennersdorf (23 novembre), où il fut grièvement blessé. L'intervalle entre la seconde et la troisième guerre de Silésie fut pour lui une époque désastreuse; il perdit sa femme et sou fils, et ses ennemis le firent tomber en disgrâce auprès du roi, qui ne lui rendit sa confiance
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qu'en 1756. Ce fut surtout k la guerre de Sept ans qu'il dut sa grande réputation militaire. Il eut tout l'honneur des batailles de Reichenberg et de Prague, commanda k la bataille de Kollin la cavalerie de l'aile gauche et chargea trois fois la cavalerie autrichienne, en sorte qu'il resta maître du champ de bataille jusqu'au soir, alors que la retraite était déjà commencée. A Leuthen, en repoussant le corps du général Nadasdy, il ouvrit le chemin de la victoire, empêcha à Liegnitz le corps principal de l'armée autrichienne de prendre part à la lutte, et k Torgau, alors que tout semblait perdu pour les Prussiens, leur donna la victoire en prenant d'assaut les hauteurs de Spilitz. Couvert de gloire .et promu général de cavalerie, il revint à Berlin et s'y remaria à l'âge de soixante-cinq ans. Le roi fut le parrain du fils qui lui naquit l'année suivante et qu'il nomma cornette au berceau. Le roi lui prodigua encore de nombreuses marques de sa faveur et ne perdit aucune occasion de rendre hommage aux talents et aux qualités de celui qui était le plus populaire de ses généraux. A l'âge de soixantedix-ans, Ziethen voulut encore prendre part à la guerre de la succession de Bavière, mais Frédéric II ne voulut pas le lui permettre à cause de la faiblesse de sa santé. Il mourut sept mois seulement avant son souverain. Le prince Henri lui fit élever, en 1790, un tombeau à Weinsberg et, quatre ans plus tard, sa statue, œuvre de Schadow, fut placée, par l'ordre de Frédéric-Guillaume II, sur la place Guillaume, k Berlin. La petite place qui se trouve devant la statue s'appelle aujourd'hui place de Ziethen. Sa Vie a été écrite par Louise- Jeanne-Léopoldiue de Blumeiihagen (Berlin, 1800), traduite en français (Berlin, 1803, 2 vol.), et par Hahn (Berlin, 1867, 4e édit.).
ZIETHEN (Jean-Ernest-Charles, comte de), général prussien, de la famille du précédent, né en 1770, mort en 1838. Officier supérieur des dragons de la reine en 1806, il se fit remarquer par sa bravoure, se distingua pendant les campagnes de 1813 et de 1814, devint major général et commandant d'une brigade du corps d'armée de Kleist et prit part aux batailles de Katsbach, de Leipzig, k la campagne de France. Promu lieutenant général pendant les Cent-Jours (1815), Ziethen combattit glorieusement k Ligny, à la Belle-Alliance, dégagea les Anglais k Waterloo et reçut, après le second traité de Paris, le commandement de l'armée d'occupation prussienne eu France. 11 établit son quartier général k Sedan et se concilia la confiance des Français par la sévère discipline qu'il sut maintenir parmi ses soldats. De retour en Prusse, il reçut le titre de comte, fut ensuite nommé commandant gémir» 1 de la Silésie, devint feld-maréchal en 1835 et prit peu après sa retraite. — Son fils aîné, le comte Léopold-Charles de Zikthen, né en 1802, est devenu conseiller intime d'Etat du roi de Prusse.
Z1EWANA, déesse de la virginité chez les anciens Slaves. Elle prenait sous sa protection les jeunes filles qui ne voulaient pas reconnaître le pouvoir de Godoun, le dieu de l'amour, ou qui ne trouvaient pas grâce devant lui. Ce fut à cette déesse que se consacra la reine polonaise Wanda.
ZIGUE s. m. (zi-ghe). Argot. Camarade, compagnon : Un bon zigue.
ZIGUÉLINE s. f. (zi-ghé-li-ne). Min. V.
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ZIGUEUNE s. (zi-gheu-ne). Ethnogr. Bohémien errant, de l'un ou de l'autre sexe. El On dit aussi zingano, ZinGaro, etc.
ZIGZAG s. m. (zi-gzag — sorte de mimologisine. Cependant, quelques-uns font venir ce mot de l'arabe zig, table astronomique, les tables astronomiques des Arabes étant disposées en zigzag). Ligne brisée formant des angles alternativement saillants et rentrants : Tracer des zigzags. Ses rides dessinaient leurs zigzags aux endroits les plus visibles. (G. Sand.) D'immenses rochers à pic où serpentent les zigzags d'un escalier creusé dans le roc dressent vers te ciel leurs parois presque verticales. (Th. Gaut.) Il Marche dirigée tantôt k droite, tantôt k gauche : Les zigzags d'un iorogne.
— Fig. Changements de conduite fréquents et alternatifs : Pourquoi ont-ils préféré, à cette conduite si simple, les zigzags de leur tactique unitaire? (Proudh.)
— Art milit. Tranchée étroite formant une suite d'angles aigus, et disposée de façon qu'aucune de ses parties ne peut être enfilée de la place.
— Mécan. Appareil formé de pièces croisées en X, et qui s'allonge ou se raccourcit selon qu'on rapproche ou qu'on écarte les deux pièces extrêmes : Le zigzag d'un dévidoir.
— Moll. Nom vulgaire de diverses coquilles, des genres porcelaine, troque, peigne, venus.
— Entom. Papillon nocturne , du genre bombyx : Le zigzag à ventre rouge provient de la chenille à oreilles du pommier. (V. de Bomare.)
— Loc. adv. En zigzag, En. formant des angles alternativement saillants et rentrants : Ligne KN zigzag. Marcher kn zigzag. L'épi est composé d'épillets, rangés alternativement sur tes deux côtés de la tige et disposés en
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Zigzag. (M, de Dombasle.) Les couche» de houille sont le plus souvent rompues par des failles contournées, parfois repliées sur ellesmêmes kn zigzag. (L. Figuier.)
ZIGZAGUER v. n. ou intr. (zi-gza-ghé — raii. zigzag). Néol. Faire des zigzags, marcher en zigzag : Avec mes pierres, mes plantes, mes 'bétes et mes poissons, je ne ue pouvais zigzaguer dans V Himalaya jusqu'au Sutledge. (V, Jacquemont.)
ZIIS-MUS s. m. (zi-i-smuss). Mamro. Un des noms de la musaraigne.
ZIL s. m. (zil). Mus. Cymbale des Turcs.
7.ILAH, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie, à 240 kilom. N.-O- de Hermanstadt, au pied des Meszes; 8,500 hab. Gymnase calviniste.
ZILATAT s. m. (zi-la-tatt — abrév. du mexicain hoitrilazlatl). Ornitb. Héron blanc d'i Mexique.
ZILCADÉ s. m. (zil-ka-dé). Chronol. Nom de l'un des mois sacrés de l'année arabe.
Zilda, opéra-comique en deux actes, paroles de MM. de Saint-Georges et Henri Chivot, musique de M. de Fiottow; représenté h. l'Opéra-Comique le 28 mai 1866. Le livret a été tiré d'un conte des Mille et une nuits. Zilda, femme d'un négociant de Mossoul, vient à Bagdad pour recevoir une somme de 1,000 sequins qui est due k son mari par un vieux médecin. Epris des charmes de la créancière, le vieux docteur met au payement de sa dette une condition déshonorante. Zilda a recours au cadi. Ce magistrat promet son appui , mais tombe k son tour amoureux de la jeune femme. Il en est de même du grand vizir. Heureusement le calife, déguisé en derviche, puis en corsaire, surveille la conduite de ses fonctionnaires. II fait payer à chacun de ces séducteurs 1,000 sequins, enrichit ainsi le marchand qu'ils voulaient déshonorer, et venge la jeune femme en la rendant témoin des humiliations qu'il inflige aux coupables. M. de Fiottow a écrit sur ce sujet une partition qui ne fera pas oublier Marta, mais qui abonde en motifs mélodiques élégants et gracieux. Le chœur du marché est fort gai, l'air de Zilda est distingué. Plusieurs couplets sont d'une facture franche et réussie. On a remarqué un bon quintette- et une scène de danse spirituellement écrite. Chanté par Sainte-Foy, Prilleux, Bernard, Mn>« Cabel et M'ie Révilly.
ZILEH, la Zela des Romains, bourg de la Turquie d'Asie, pachulik et k 45 kilom. N.-O. de Sivos. On y voit un beau temple d'Anaîtis. C'est près de cette ville que Mithridate remporta une grande victoire sur les Romains l'an 67 av. J.-C.et que César vainquit Pharnace l'an 47.
ZILETT1 (Jean-Baptiste), jurisconsulte italien, né k Venise ; il vivait au xvie siècle et ne nous est connu que par ses ouvrages. On lui doit un traité De teslibus (Venise, 1568, in-40); Consilia (5 vol. in-fol.), recueil de consultations sur les mariages, sur les testaments et sur les matières criminelles; mais l'ouvrage qui l'a surtout fait connaître, tant en Italie qu'en Allemagne, est un catalogue intitulé Index librorum omnium juris tam ponlificii qunm aesarei (Venise, 1555, in-4«), qui a été souvent réimprimé avec des additions de divers jurisconsultes.
Z1LETTI (François), imprimeur italien du xvie siècle. Il a publié une des collections de jurisprudence les plus considérables qui aient jamais paru. Elle a pour titre : Tractalus troctatuum sive tractatus illustrium jurisconsultorum in utroque jure cssareo et pontificio (Venise, 1584-15S6, 29 vol. in-fol.).
ZILHAGÉ s. m. (zi-la-jé). Chronol. Douzième mois de l'année persane.
ZILHIDJÉ s. ni. (zi-li-djé), Chronol. Dernier mois de l'année arabe.
Z1L10L1 (Alexandre), historien italien, né à Venise vers la fin du xvie siècle, mort en 1650. 11 acquit de vastes connaissances en droit, en histoire et en littérature. C'était un homme de beaucoup d'esprit et de jugement. Ou lui doit: Storie memorabili de nostri tempi libri Ar(Venise, 1642, in 40), qui comprend les quarante premières années duxvuo siècle et t'ait suite k l'histoire de Tareognata. 11 a laissé, en outre, plusieurs ouvrages manuscrits, entre autres: Constantinopoli acquistato, poema; Memorie aniiche de popoli Veneziani; Inslituto civile e criminate per il foro di Venesia; Lucubrationes astrologie^; Vite de' poeti italiani (in-fol.). Ce dernier ouvrage, très-recherché des curieux, est extrêmement remarquable par le style, surtout par la franchise des jugements, ce qui en a empêché la publication.
ZILLE s. f. (zi-lle ; Il mil.). Arachn. Genre
d'aranéides, tribu des araignées, dont l'espèce type habite l'Allemagne.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, type de la tribu des aillées, comprenant quatre espèces , qui croissent eu Orient,
ZILLÉ, ÉË adj. (zi-llé; Il mil. — rad. zille). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la zille.
— s. f. pi. Tribu de la famille des crucifères, ayant pour type le genre zille.
Z1LLEBTUAL, belle vallée du Tyrol, dont
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le nom vient de la petite rivière Ziller, qui l'arrose, bornéo au S. et au S.-O. par les glaciers ries Alpes Noriques ; elle se termine par la vallée de l'Inn au N, Elle a 45 kilom. de longueur et une superficie de 815 kilom. carrés. Les habitants , au nombre d'environ 15,000, s'occupent principalement de l'élève des bestiaux. Un assez grand nombre d'habitants de la vallée, ayant embrassé le protestantisme et n'ayant pu obtenir le libre exercice de leur culte, émigrèrent en 1837 dans la Silésie prussienne et y fondèrent le village de Zillerthal.
ZILLERTHITE s. f. (zi-lèr-ti-te). Miner. Variété d'uciiriote.
Z1LLY, ville de l'empire d'Autriche. V.Cili.y.
ZI.MAI'AN, ville du Mexique, dans l'Etat et à 150 kilom. N.-O. de Mexico; 5,200 hab. Mines d'argent.
Z1MARA (Marc-Antoine), médecin italien, né à Gulatina, terra d Otiante, en 1460, mort en 1532. Il passa son doctorat a Padoue, où il devint professeur de philosophie vers 1507. Par suite des guerres qui désolaient l'Italie, il abandonna sa chaire pour retourner dans sa ville natale. Ses concitoyens le députèrent en 1522 près du roi de Naples pour défendre leurs droits contre le duc Castriotto, et il accepta une chaire de théologie dans cette ville. Etant retourné à Padoue, il y reprit son ancienne chaire de philosophie (1525), qu'il garda jusqu'à sa mort. On lui doit plusieurs ouvrages, dans lesquels on trouve un singulier mélange des idées d'Aristote, de la doctrine médicale des Arabes et des croyances superstitieuses qui avaient cours à son époque. Nous citerons de lui : Tabuix et diluciaationes in dicia. Arisioielis et Averrois recognila (Venise, 1504, 2 vol, in-fol.); Aiitrum magico-medicum (Francfort, l625,in-8°); Antri magico-medici pars secundo (Francfort, 1626, in-8"). — Soji tils, Théophile Zlmara, mort k Lecce en 1598, a laissé un gros commentaire latin sur le Traité de l'âme d'Aristote (Venise, 1558).
ZU1ATLAN, petite ville du Mexique, dans l'Etat d'Oajaeu, sur la rive droite du rio Verde; 2,000 hab., pour lu plupart Indiens.
ZIMAX s. m. (zi-makss). Alchim. Vitriol vert d'Arabie.
Z1MBAOË ou ZIMBOA, ville de l'Afrique orientale, ancienne capitale du Monomotupa, sur la rive droite du Zambèze, près de Sun confluent avec la Manzora, entre Tête et Sena. Quelques savants ont pensé que c'était l'Agysimba des anciens.
Z1MBIS s. m. (zain-biss). MoIL Syn. de cauris, coquille du genre porcelaine : La pêche des ziMiiis était anciennement un droit réservé aux rois du Congo; mais les Portugais l'ont usurpé. (Mérolla.)
Z.IMBRE s. m. (zaim-bre). Mamm. Un des noms vulgaires de l'aurochs ou bison.
ZIMBRlï, Ile d'Afrique, dans la Méditerranée, sur la côte de la Tunisie, par 37° 8' 30" de latit. N. et 8» 28' 10" de longit. E.
Z1M1SCÈS (Jean Ierf<lit), empereur d'Orient, né en Arménie en 925, mort a Coiistantinople en 976. Il dut son surnom k sa toute petite taille. Doué d'un brillant courage et d'une force prodigieuse , il acquit bientôt une grande réputation par ses exploits. L'eunuque Bindas, le tout-puissant ministre de Romain II, ayant comploté ta perte de Nicépbore, qui commandait l'armée d'Asie, lit les plus brillantes propositions à Zimiscès pour le débarrasser de l'homme qui le gênait. Mais Zimiscès révéla tout à Nicéphore et même le décida à se faire proclamer empereur par l'armée (962). En échange de ce service, il reçut le commandement de l'armée d'Orient, marcha contre les Sarrasins en Cilicie, les battit complètement à Adana (903), s'empara de la plus grande partie de cette province, franchit le mont Amanus, entra en Syrie, prit d'assaut Massissa et se plaça, par cette série de succès, au premier rang des généraux de l'empire. La gloire qu'il venait d'acquérir excita la jalousie de Léon, frère de 1 empereur, qui parvint par ses intrigues à lui faire ôter son commandement. Zimiscès manifesta son mécontentement avec tant de vivacité qu'il reçut un ordre d'exil. Mais Théophanon, veuve de Romain II et remariée «Nicéphore, désespérée du dépurtjdu général, avec qui elle avait des relations adultères, lui lit obtenir la permission de venir en Chalcédoine et le pressa de s'emparer de l'empire. Grâce à elle, Zimiscès s'introduisit pendant la nuit dans le palais impérial avec quelques hommes dévoués, surprit Nicéphore pendant son sommeil et le lit assassiner après lui avoir brisé la mâ- ■ choire d'un coup du pommeau de son épée (969). Devenu empereur, il commença par déclarer avec une modération hypocrite qu'il ne voulait être que le collègue ou plutôt le père des deux jeunes princes Basile II et Constantin V1U, fut obligé, pour être couronné par la patriarche Polyeucte, de jurer qu'il n'avait point trempé ses mains dans le sang de Nicéphore, de bannir les assassins et l'impératrice Théophanon, sa complice, et do rétablir dans son premier état la discipline ecclésiastique, modifiée par un édit de Nicéphore. Parvenu pur un crime au but de son ambition, il s'attacha à faire oublier la façon dont il était arrivé au pou-
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voir en gouvernant glorieusement. Il commença par distribuer une partie de ses biens aux habitants des campagnes voisines de Constantinople et à agrandir une léproserie près de cette ville, puisse concilia l'affection du peuple, décimé depuis trois ans par une famine, en faisant venir une quantité considérable de blé qu'il revendit à bas prix. Zimiscès s'occupa alors de protéger l'empire menacé au dehors par les musulmans, les Bulgares et les Russes. 11 envoya un de ses meilleurs généraux,- le patrice Nicolas, contre les musulmans coalisés qui menaçaient Antioche, et les fit battre complètement, puis il mit à la tète d'une autre armée son benufrère, Bardas Sclerus, qui remporta sur les Rifsses une victoire près d'Andrinople, étouffa la révolte de Bardas Phocas, proclamé empereur à Césarée, et prit lui-même le commandement d'une armée formidable pour chasser les Russes de la Bulgarie. Il déploya autant de bravoure que de talents militaires dans cette campagne, battit l'ennemi à plusieurs reprises et força le chef des Moscovites, Sviatoslaff, k lui céder la Bulgarie et à demander la paix. A son retour à Constantinople , l'empereur fut reçu en triomphe par le clergé, le sénat et le peuple et répondit à ces marques d'attachement par l'abolition de quelques impôts onéreux. Après avoir fait alliance avec, l'empereur Othon (972), il résolut d'enlever Jérusalem aux infidèles, avec ce qu'ils avaient conquis en Syrie et en Mésopotamie; mais l'armée qu'il avait envoyée dans ce but ayant été taillée en pièces dans un défilé, près des sources du Tigre (972), Zimiscès se mit luimême, .au printemps suivant, k la tête d'une nouvelle armée, rit dans deux campagnes de nombreuses et rapides conquêtes avec son bonheur accoutumé, puis reprit la route de Constantinople avec un butin considérable. Comme il traversait la Cilicie, il vit des campagnes et des maisons magnifiques, demanda à qui elles appartenaient et apprit qu'elles étaient la propriété de son grand chambellan , l'eunuque Basile. > Eh quoi 1 s'écria-t-il , c'est donc pour enrichir un eunuque que les peuples s'épuisent, que les armées essuient tant de fatigues et que les empereurs eux-mêmes vont exposer leur vie aux extrémités de l'empire? » Instruit de ces paroles, Basile craignit que son maître ne s en tînt pas à des plaintes indignées, et le lendemain il fit verser du poison dans le breuvage de l'empereur. Tous les remèdes furent impuissants pour combattre le mal, et Zimiscès expira presque aussitôt après son retour à Constantinople. Avant de mourir, il avait ordonné de donner aux pauvres et aux malades tout l'argent qui se trouvait dans son trésor particulier. Ce prince emporta les regrets du peuple et des soldats, dont il avait gagné l'affection. Il avait eu deux femmes, dont aucune ne lui laissa d'enfants; son meurtrier, Basile II, lui succéda comme il avait succédé lui-même à Nicéphore, qu'il avait assassiné.
ZIMMER s. m. (ziinm-mèr). Comm. Dix paires de peaux.
ZIMMERMANN (Guillaume), historien et controversiste allemand, né à Neustadt (Wurtemberg). Il vivuit au XVi« siècle et fut successivement prédicateur k Wimpfen (1569), membre du consistoire dans l'électorat, prédicateur aulique à Heidelberg (1578), surintendant particulier a, Vayhingen , inspecteur des églises et écoles de Uratz. Après ses funérailles, les jésuites tirent déterrer son corps et le jetèrent à l'eau. On lui doit, entre autres ouvrages, une Histoire d'Allemagne et une apologie contre les habitants d'Heidelberg.
Z1MMEKMÀNN (Matthias), théologien hongrois, né a Epéries en 1625, mort eu 1689. Il alla étudier la philosophie et la théologie à Strasbourg, où il se fit recevoir maître es arts, alla compléter ensuite son instruction à Leipzig et, de retour dans son pays (1651), fut nommé recteur du collège de Leutsch, Mais, dès l'année suivante, il revint dans sa ville natale et y exerça le ministère pastoral. Zimmerinann devint successivement ensuite coadjuteur du surintendant de Colditz (Saxe), ministre et surintendant de Meissen, et se fit recevoir docteur en 1666. C'était un théologien fort instruit, k qui l'on doit un grand nombre d'ouvrages curieux. Les principaux sont: IJistoria Eutychiana (Leipzig, 1659, in-4"); Montes pietalis Romanenses historiée, canonice, theologice delecii (Leipzig, 1670, in-4<>) ; Planctus Misenensis (Leipzig, 1680, in-4°); Amœnitates historix eectesiastiese (Dresde, 1631, in-40); Ftorilegium pliilologico-hisloricum (Meissen, 1687, iu-4°).
ZIMMERMANN (Jean-Jacques), célèbre fanatique allemand, né à Vayhingen (Wurtemberg) en 1644, mort en 1693. Après avoir appris la théologie, les mathématiques et la philologie à Tubingue, il devint diacre k Bittigheim (1671), y entra en relation avec un fanatique nommé Bronquell, qui l'initia aux rêveries de l'illumiiiisnie, et devint alors un partisan déclaré des idées de Bœhm.
Comme il était doué de beaucoup d'éloquence, il propagea avec un grand éclat les doctrines de ce théosophe, fut cité à comparaître devant le consistoire de Stultgard pour rendre compte de sa conduite et en fut quitte
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pour une simple réprimande. Loin de le calmer, cette réprimande ne fit qu'accroître sou exaltation, et bientôt après il écrivit l'ouvrage intitulé : Révélation presque complète de l'Antéchrist, dans lequel il attaquait avec une grande violence les dignitaires du protestantisme. Révoqué de son diaconat, il ne garda plus aucune mesure et parcourut une partie de l'Allemagne, les Provinces-Unies, Amsterdam, Francfort, en faisant partout des prosélytes. S'étant établi à Heidelberg, il y enseigna les mathématiques, tout en publiant des ouvrages pour stimuler le zèle de ses coreligionnaires, abandonna celte ville en 1689, passa à Hambourg où il donna des leçons, se fit correcteur et fabriqua des globes, puis, voyant la difficulté d'accroître en Europe le nombre des sectaires dont il était un des chefs, il résolut de passer dans le nouveau monde. Dans ce but, il se rendit en Hollande, et il était sur le point de s'embarquer à Rotterdam, lorsqu'il mourut subitement. Zimmermann joignait k une brillante intelligence une rare érudition. Il possédait de vastes connaissances en mathématiques et en astronomie, et il est à regretter qu'il n'ait pas tourné ses puissantes facultés tout entières vers la science , k laquelle il eûteertninement fait faire de notables progrès. Au milieu de ses écrits extravagants sur le mysticsime, on remarque les ouvrages suivants, qui attestent sa valeur comme savant: Scripiura saucta copernicans, écrit curieux dans lequel il essaye de prouver qu'aucun passage de l'Ecriture n'est en contradiction avec les lois découvertes par Kepler etCo- ■ pernic ; Orthodoxia theosophise teutonico-bohemiansi, où il expose les opinionsiles bœbmistes ; Logistica astronomo-logarilhmica ; Amphilheatrum orbis stellati; Caniglobium nocturnale slelligerum ou leùlobe céleste transfère sur un cône étoile (Hambourg , 1740 ,
' ZIMMERMANN ( Jean- Jacques) , écrivain suisse, né k Zurich en 1685, mort dans la même ville en 1756. Il étudia avec ardeur la littérature ancienne et la théologie dans diverses universités de l'Allemagne et k Brème, revint ensuite dans sa ville natale, où il dut se faire instituteur, puis devint successivement professeur de droit naturel (1731), de théologie (1737) et chanoine. On lui doit des écrits et des mémoires estimés, parmi lesquels nous citerons : Phileleutherius helveticus de miraculis quse Pythagorz, Apollonio Tyanensi,Francisco Assisio, llaminico et Ignacio Loyola tribuuntur (Douni, 1734), ouvrage rare et curieux; Disquisitiones de visionibus (1737); M editationes XI l de causis nuujis magisque invalescentibus incredulitatis (1739- 1750) ; Dissertationes V de crimine lueredificationis (1752-1756). Une partie de ses ouvrages a été publiée sous te titre de Opuscula varia historica et philosophica (Zurich, 1751- 1788, 3 vol. in-4°).
ZIMMERMANN (Jean-Georges), médecin et philosophe, né à Brugg, en Argovie (Suisse), en 1728, mort en 1795. Il étudia â l'université de Gœttingue sous Haller, exerça quelque temps la médecine à Berne, puis dans son lieu natal, où il vécut retiré pendant quatorze ans. C'est dans cette retraite qu'il composa son livre De la solitude (1756), œuvre d'un esprit triste et chagrin, dont nous avons parlé ailleurs (v. solitude). Ce traité eut un prodigieux succès en Allemagne et en Angleterre. Il fut traduit en français par Mercier (1788, in-12) et plus tard par Jourdan (1825, in-S"). C'est encore là qu'il composa d'autres ouvrages fort remarquables. Mais, affecté de cette cruelle irritabilité nerveuse qui fait qu'on n'est bien nulle part, il voulut changer de lieu, et après des démarches inutiles de ses amis pour lui procurer un poste qui ne fût pas au-dessous de son mérite, Tissot, qui était l'un de ses meilleurs, quoique ne 1 ayant encore jamais vu, fut assez heureux pour lui faire donner la charge de médecin du roi d'Angleterre k la cour de Hanovre. Il y succéda k Werlhoff en 1768. Les souffrances occasionnées par une hernie congénitale, dont il se fit opérer; le chagrin profond que lui causa la mort successive de sa femme, de sa belle-mère et de sa tille; le chagrin non moins vif qu'il ressentit en voyant son fils mourir en quelque sorte intellectuellement, touten conservant l'existence ; tant de malheurs, capables de bouleverser l'aine la plus forte et d'altérer la constitution la plus robuste, durent être sentis par un homme tel que lui avec une extrême violence. Les travaux intellectuels turent le seul secours qui le soutint. L'activité de son esprit s'appliquait k tout : médecine, philosophie, histoire, politique, tout, était de son ressort. La politique surtout le préoccupa fortement dans ses dernières années, et les symptômes avant-coureurs d'une révolution immense qui ne devait pas tardera s'opérer, agissant avec force sur un esprit auquel l'hypocondrie avait imprimé des dispositions profondes à la terreur, rendirent extrêmement pénibles les dernières années de sa vie. Il se mit à attaquer avec violence les plus illustres savants de l'Allemagne, qu'il accusait de former une secte redoutable dont les principes subversifs avaient donné naissance k la Révolution française. Lorsque les troupes de la République envahirent le Hanovre, il s'imagina qu'elles venaient tout : exprès pour le tourmenter. Bien qu'il n'eût
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pas éprouvé de leur part le moindre dommage, il s'écria plusieurs fois sur son lit de mort : « Ils m'ont entièrement ruiné, il faut que je meure de faim ! » Tissot a écrit sur Zimmermann une notice intéressante et quidonne une juste idée du mérite de ses ouvrages. Outre les écrits que nous avons cités dans cet article, nous devons encore k ce savant illustre : Dissertatio physiologica de irritabilitate (Gœttingue, 1751, in-4<>) ; Historia vilii deglulilionis quinque annorum sanati (1755, in-4») ; Méditations sur la solitude (Zurich, 1756, in-8°) ; De l'orgueil national (Zurich, 1758, in-8°), traduit en français (Paris, 1759); De l'expérience en médecine (Zurich, 1763-1767, 2 vol. in-12), son ouvrage capital, traduit en français par Lefebvre de Viliebmne (Paris, 1774); De la dyssenterie épidémit/ue (Zurich, 1767), traité fort remarquable, traduit en français parla même (Paris 1775); Sur Frédéric le Grand et mes entretiens avec lui petide temps avant sa mort (Leipzig, 1788, in-8°), traduit en français (1790) ; Fragments sur Frédéric le Grand, son gouvernement et son caractère (Leipzig, 1790, 3 vol. in-8°).
ZIMMERMANN (Eberhard-Auguste- Guillaume de), géographe, naturaliste et philo- ' sophe allemand, né k Uelzen (Hanovre) en 1743, mort en 1815. Il fit ses'études aux universités de Gœttingue et de Leyde et, pendant son séjour dans cette dernière ville, publia un travail sur l'analyse des courbes, ainsi qu'une relatiou des observations météorologiques qu'il avait faites durant une excursion dans le Harz. En 1766, il devint professeur au Carolinum de Brunswick et fut plus tard nommé conseiller aulique. Sa propre fortune et les subsides qu'il reçut du duc de Brunswick le mirent k même de faire en Angleterre, en Italie et en France plusieurs voyages dans l'intérêt de ses travaux; il visita aussi dans la suite la Russie et la Suéde. En Angleterre, où il se rendit k trois reprises différentes, il publia , en anglais, son Relevé politique de létat actuel de l'Europe (178S). Les résultats de son voyage en Italie furent consignés dans son Coup d'ail général sur l'Italie (Gotha, 1797). A Paris, où il se trouvait au moment de la Révolution, il conçut le plan des Annales géographiques, qui parurent pendant trois ans.
Anobli par l'empereur Léopold et créé conseiller d'Etat par le duo de Brunswick, il fut misa la retraite en 1810. Outre les ouvrages que nous avons mentionnés, on a encore de lui : Histoire géographique de l'homme et de tous les quadrupèdes répandus sur la surface du globe (Leipzig, 1778-1783, 2 vol.) ; De la compressibilité et de l'élasticité de l'eau (Leipzig, 1779);lai'V«HCc et les Etats libres de l'Amérique du Nord (Berlin, 1795); Coup d' œil général sur la France depuis François Ycr jusqu'à Louis X VI et sur les Etats libres de l'Amérique du Nord (Berlin, 1800, 2 vol.), ouvrage plu tôt ethnographique et géographique qu'historique; Atmanach géographiqueo\.iA Imanach des voyages (Leipzig, i 802- 1813, 12 années), dont il a publié un extrait sous ce titre: la Terre et ses habitants d'uprès les découvertes lesplus récentes (Leipzig, 18IO- 1813, 5 vol.). C'est la plus importante de ses publications. Zimmermann prit la part la plus active aux événements politiques des premières années du xix° siècle. Sa haine contre la domination française, qui pesait depuis 1806 sur l'Allemagne, se fait jour dans ses derniers ouvrages avec une franchise et une violence qui le mirent souvent en danger.