TIBI
lo Luxation en dedans. La luxation en dedans est la plus commune; elle est produite par la chute du corps sur le bord interne du pied, et accompagnée presque toujours de la fracture de l'extrémité inférieure du péroné. Dans cette luxation, l'astragale fait saillie en dedans, au-dessous de la malléole interne; le dos du pied regarde en dedans et la plante en dehors ; le bord interne est tourné en bas et le bord externe en haut.
2" Luxation en dehors. Cette luxation a lieu par une chute sur le bord externe du pied et presque toujours avec fracture de l'une des deux malléoles. Le pied est tourné sur son grand axe, de manière que le dos regarde en dehors, la plante en dedans, le bord externe en bas et le bord interne en haut.
30 Luxation en avant. Dans la luxation en avant comme dans la luxation en arrière, l'accident se produit par une chute sur la plante du pied, ou par le renversement du tronc pendant que cette extrémité est fixée. La luxation en avant est fort rare ; elle peut avoir lieu cependant lorsque, le pied étant solidement fixé sur le sol, le corps est tout à coup rejeté en arrière. Dans ce déplacement, l'avant-pied est allongé, les tendons extenseurs des orteils sont soulevés au devant de l'articulation par une tumeur dure, arrondie et volumineuse, laquelle est formée par la çoulie astragalienne. Le pied est immobile et fixé dans une forte extension.
40 Luxation en arrière. Cette luxation se produit difficilement; elle a lieu à la suite d'une chute, lorsque le pied porte sur un planjncliné. Dans ce cas, le tibia se précipite du côté des orteils et l'astragale se porte en arrière. On observe un allongement du talon et une saillie considérable formée par le tendon d'Achille porté en arrière ; le pied est raccourci dans sa partie antérieure, sur laquelle l'extrémité inférieure du tibia fait saillie : au devant de cette saillie est un pli transversal des téguments ; une autre saillie se trouve entre le tendon d'Achille et le tibia, perçue quand le gonflement n'est pas considérable ; le pied est immobile ; mais cette immobilité n a pas lieu quand il y a fracture préalable d'une des deux malléoles.
50 Luxation en haut. Cette luxation est toujours accompagnée de fracture, soit du tibia, soit du péroné. Dupuytren lui assigne les caractères suivants : raccourcissement de la jambe, largeur presque doublée de l'espace compris entre les deux malléoles par la séparation de ces deux apophyses; abaissement de la malléole interne, qui peut aller jusqu'à la plante du pied ; ascension de l'astragale, de la malléole interne et de tout le pied le long de la face externe du tibia jusqu'à 011,06 de hauteur. Ces états anomaux ne laissent aucun doute que le pied, cédant à un violent-effort de bas en haut, n'ait été luxé dans ce sens, et n'ait entraîné avec lui la malléole péronéale.
— Traitement. Les.luxations de l'articulation tibio-tarsienne sont toujours graves, à cause des complications qui les accompagnent, et leur gravité est en raison directe de ces complications. Le traitement consiste dans la réduction et ta fixation des parties déplacées. Pour réduire ces luxations, dit Vidal, on couche d'abord le malade ; un aide robuste embrasse le haut de la jambe fléchie sur la cuisse, laquelle est aussi dans la flexion; un aide vigoureux saisit le pied et le tire dans la direction que lui a donnée le déplacement ; quand il sent qu'une.résistance esc vaincue, il tend à porter la plante du pied en dedans-, pour la luxation en dedans, et le contraire pour la luxation en dehors ; dans la luxation en arrière, il pousse le pied d'arrière eu avant, et en sens opposé dans celle en avant; dans le premier cas, il fléchit un peu le pied, il l'étend dans le second. ' On applique ensuite l'appareil des fractures de la jambe. V., pour les fractures, tibia et