MÉRY
TIMEO HOM1NEM DN1US LIBKI (/« crains l'homme d'un seul livre) , Pensée de saint Thomas d'Aquin ; c'est-à-dire un homme qui n'a lu qu'un seul livre, mais qui le possède bien. En effet, il y a toujours plus de vraie science dans celui qui n'a lu qu un bon livre,
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mais qui l'a bien lu, que dans celui qui en a lu beaucoup sans se donner le temps de les méditer.
Sénèque compare ingénieusement le lecteur superficiel qui passe incessnmment d'un livre à un autre, sans en approfondir aucun, à un voyageur qui, étant, pour ainsi dire, partout et nulle part, se fait beaucoup de connaissances et pas un ami, multa hospitia, nullas amicitias.
Quelquefois on donne à cette phrase un autre sens : Je crains un homme qui a choisi un livre, qui s'en, tient à l'opinion, à la manière de voir d'un auteur, et se montre trop exclusif.
« Malgré le proverbe latin, Timeo hominem unius libri, une multitude de grands personnages ont manifesté hautement leur prédilection pour certain livre ou pour certain auteur, à l'exclusion absolue de tous les autres. »
Ch. Nodier.
< Nul poète d'un ordre élevé ne saurait être double, incarner en sa personne deux époques, deux principes. Le vrai poète est l'homme d'une idée, homo unius libri. »
Proodhon.
T1MERYCOTAH, ville et forteresse de l'Indoustan anglais, dans les Serkars septentrionaux, district de Gontour, à 175 kilom. de Nizampatam. Aux environs se trouve une cataracte de 20 mètres de hauteur, dont l'eau est recueillie dans un bassin bordé de plusieurs petits temples indous.
Time* (le), grand journal anglais, dont le premier numéro parut à Londres le 1" janvier 1788. Il fut fondé par l'imprimeur Wnlter, qui avait créé trois ans avant le Daily Universat Iiegister,etnm eut l'idée de changer ce dernier titre en celui de Times. Un avertissement en style burlesque, rempli de jeux de mots, donna au public les raisons de ce changement; la meilleure était que ce mot Times n'ayant que deux syllabes était plus facile à prononcer et a entendre. John \Valter, son fils, qui dirigea le Times de 1803 à 1847, en assura la prodigieuse fortune. Il s'appliqua par-dessus tout à établir et à maintenir aux yeux du public la complète indépendance de son journal. Il créa" dans l'Etat un quatrième pouvoir , n'acceptant aucun service, même indirect, des ministères qui eurent son appui, et résistant avec énergie aux administrations qui avaient juré Sa ruine. A l'époque des grandes guerres du continent, Walter avait organisé, au risque de compromettre sa fortune , un vaste système de correspondance; mais le ministère de Pitt faisait retenir aux ports de débarquement les paquets et les journaux à l'adresse du Times. Cette hostilité mit Walter dans la nécessité d'organiser un service particulier de navires et de courriers. 11 lui arriva très-souvent d'être plus vite et mieux renseigne que les ministres. Malgré les immenses sacrifices qu'il s'était imposés, il rétribuait largement son nombreux personnel de sténographes et de collaborateurs, lisait en totalité et publiait en partie les articles anonymes adressés au Times. Quand il avait deviné un homme de talent ou d'esprit en l'auteur inconnu, il lui fallait- à tout prix ie découvrir et l'incorporer à son groupe de rédacteurs d'élite. C'est ainsi qu'il mit .la main sur Thomas Barnes, qui, après avoir fait comme boursier les plus brillantes études à Cambridge, était venu faire son droit à Londres, et qui se délassait de la jurisprudence en adressant au Times des articles anonymes. Walter le découvrit dans son galetas d'étudiant, l'employa d'abord comme rédacteur des Chambres et finit par lui confier la rédaction en chef, lorsque l'éloquent et fougueux docteur Stoddart eut rompu avec le Times. A côté de Stoddart et de Barnes, il faut placer, au nombre des hommes qui ont contribué à la fortune du Times, le capitaine Sterling, dont le talent d'amplification est demeuré célèbre. Walter envoyait à Sterling un sujet avec les deux ou trois arguments à employer, et il en recevait en retour un de ces articles pleins d'éclat, de vigueur et d'entrain qui ont donné lieu à cette locution proverbiale : « Les coups de tonnerre du Times. » N'oublions pas Henry Broughatn, qui a pris plus d'une fois une part active à la rédaction du Times. La médisance prétend même que lord Brougham , devenu lord chancelier d'Angleterre et assis sur le sac de laine, se défendait dans le Times et s'attaquait dans le Morning Chronicle, afin d'avoir à se défendre. Thomas Barnes est mort en 1841, et la rédaction en chef passa aux mains de M. John- Joseph Lawson,sous la direction suprême du troisième des Walter. C'est à M. Walter que revient l'honneur d'avoir mis la vapeur au service de l'imprimerie. Le 29 novembre 1814 fut tiré le premier journal imprimé à lavapeur. L'influence du Times est immense. 11 possède aux yeux du public une sorte d'infaillibilité. Tuutes ses affirmations sont reconnues pour vraies ou pour probables. Dans toute crise, en toute occurrence difficile, on se demande: Que va dire le Times? Les rédacteurs du journal, qui sentent la portée de leurs paroles , ne résistent pas toujours à la tentation de se singulariser, d'éblouir, de
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frapper l'esprit de la foule. Libre de tout engagement avec les partis, cet organe de la pensée populaire, cet interprète du sentiment national, n'est point systématique. 11 ne présente point une unité de vues et de doctrines. Il représente surtout l'opinion dominante. La suprématie qu'il occupe dans la presse anglaise, il l'a acquisedu reste au prix des plus grands sacrifices et des plus énergiques efforts. Dès le début, il avait appliqué un procédé de composition syllabique, système qu'il dut abandonner, bien que la gravure des poinçons lui eût coûté (les sommes considérables. Le premier, le Times publia un compte rendu sommaire des deux Chambres. Par suite de la rivalité engagée entre eux, les journaux ne consacrent pas moins de huit ou dix colonnes, imprimées dans un caractère- très-fin, à la sténographie des débats parlementaires. Seuls, les hommes politiques et les lecteurs de loisir peuvent lira cette masse de discours et de documents législatifs. Walter voulut satisfaire les gens occupés et pressés, en plaçant en tête de la partie politique du journal un sommaire des séances, un résumé de la discussion générale. Ce compte rendu est devenu une des matières indispensables de tout journal et l'attribution d'un des principaux, rédacteurs. Outre les diverses améliorations apportées par les propriétaires soit dans le service de la cor* respondance, soit dans la partie matérielle du journal, deux faits ont acquis au Times la haute position qu'il occupe dans la presse. Vers le milieu de l'année 1841, le correspondant de Paris, M. 0'Reilly, reçut secrètement avis d'un plan formé par des escrocs habiles pour mettre simultanément à forte contribution les banquiers des principales places de l'Europe. L'enjeu à gagner était d'une vingtaine de millions. A peine M. O'Reilly avait-il eu le temps de faire ses réflexions, qu'une maison de Florence se laissait escroquer avec la plus grande facilité une somme de 250,000 francs. Les auteurs du complot semblaient appartenir au plus grand monde; en tout cas, ils opéraient avec une extrême circonspection. Comme il n'y a pas de ministère public en Angleterre, il était dangereux à un particulier d entreprendre une dénonciation et une poursuite individuelle. Cependant le Times se chargea de déjouer le calcul de cette nouvelle bande de spéculateurs. H publia toutes les informations recueillies par son correspondant de Paris, mais en datant les lettres de Bruxelles , afin de dépister les soupçons et la vengeance des conjurés. L'exécution de leur plan devint impossible; les banquiers de l'Europe étaient désormais renseignés. Mais le Times ne pouvait produire aucune preuve valable en justice; un certain Bogie, désigné comme remplissant un rôle subalterne, se prétendit calomnié par le Times et lui intenta un procès en diffamation. Le délit matériel ne pouvantêtre prouvé, les jurés durent condamner le journal, mais ils n'allouèrent au plaignant qu'un fartking (un liard) pour tous dommages-intérêts. Or, les frais du procès s'élevaient à 125,000 fr. et demeuraient à la charge de la partie condamnée. Il n'y eut qu'une voix dans le commerce de Londres pour demander l'ouverture d'une souscription destinée à rembourser le Times de toutes ses dépenses, car les débats avaient démontré que le journal s'était livré aux recherches les plus patientes, qu'il avait usé de précautions infinies et qu'il n'était parvenu à saisir tous les fils de l'intrigue que moyen nant des déboursés considérables. Mais le Times déclara qu'il ne pouvait accepter aucune indemnité, n'ayant fait que remplir son devoir. Le lord maire et le comité de la souscription décidèrent que deux tablettes de marbre commémorativesseraientposées l'une dans la Bourse de Londres, l'autre dans les ateliers du Times, et que deux bourses perpétuelles, appelées bourses du Times, seraient fondées à Oxford ou à Cambridge. Le second fuit qui a valu au Times son prestige d'oracle est d une autre nature. La législation sur les céréales, prohibant l'importation des grains étrangers, favorisait les intérêts des propriétaires fonciers ; une controverse animée s'était engagée à ce sujet dans le Parlement et dans la presse. Le Times, qui avait longtemps défendu le régime protecteur, se déclara brusquement pour le libre échange ; il augmenta encore i'étonnement public en annonçant qu'il fallait accepter un fait presquo accompli, et que les ministres devaient bientôt demander l'abrogation des lois sur les céréales. Or, le ministère Peel n'était entré au pouvoir que pour défendre les Corn-Laies. Le pronostic du Times attira contre lui des railleries de toute sorte ; mais, six mois après, une crise ministérielle éclatait, et Robert Peel proposait à la Chambre des communes la suppression des lois prohibitives. Le Times fait mieux que prédire les événements prochains: il prête l'appui de sa publicité à tous les intérêts lésés. On a déjà vu qu'il insère tout bon article jeté dans la boîte du journal; de même, il accueille les réclamations de tout particulier qui croit avoir à se plaindre d'un fonctionnaire ou d'un employé d'une entreprise privée. Le Times est le justicier de tous les abus.
La disposition ou le cadre du journal diffère notablement de l'ordre des matières adopté par les feuilles du continent. Ces matières n y occupent ni la même place ni la même importance. Composé ordinairement de
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huit pages grand in-folio, divisées chacune en six colonnes, le Times réserve la première et la huitième page, c'est-à-dire la surface extérieure du journal, aux annonces ou avis commerciaux, offres et demandes, publications de toute nature, lesquels ne prennent jamais la forme de l'affiche. Un supplément est encore consacré aux annonces, ce qui prouve à quel point la publicité est entrée dans les habitudes du public anglais. Dans le corps même du journal, la politique proprement dite occupe peu de place ; le romanfeuilleton y brille par son absence; les articles de fond ne sont souvent que des résumés où le rédacteur analyse et apprécie aussi brièvement que possible les documents insérés dans une autre partie du journal , qui se propose avant tout de donner des renseignements utiles. L'article capital est Je bulletin du « marché à l'argent. ■ Mais le rédacteur chargé du compte rendu de la Bourse entend son rôle autrement qu'en France, où l'on se borne à noter les variations des fonds et à rapporter des bruits vagues, quelquefois dans des vues intéressées. Il doit recueillir, analyser, apprécier, rappeler en substance, en rapprochant les effets des causes, l'opinion des financiers en crédit, les mouvements du marché, les variations ou les chances de chaque valeur, enfla tous les renseignements statistiques. Des articles ainsi élaborés font donc autorité. M. Alsager, le rédacteur de ce bulletin spécial, a reçu du Times un traitement annuel de 20,000 francs. Le rédacteur en chef ne touche pas moins de 1 00,000 francs. Le nombre des rédacteurs et des correspon- . dants de cette feuille est considérable. C'est à la quatrième colonne de la première page que le Times a ouvert une sorte de poste aux lettres, où l'observateur assiste à tant de péripéties, de drames intimes ou de comédies plaisantes. Tantôt, c'est une famille éplorée qui supplie son chef disparu, en fuite , de ne pas se livrer au désespoir ; tantôt, une colombe, « qui ne bat que d'une aile, • qui implore le retour de son ramier. Souvent encore, c'est tout simplement un gentleman distrait que l'on prie de rapporter un parapluie neuf qu'il a, changé par mégarde contre un vieux.
> En 1814,1e Times fut imprimé, comme nous l'ayons dit, au moyen de la vapeur. La machine à huit cylindres, employée depuis 1818, tirait 8,000 exemplaires par heure; cela ne satisfaisait pas aux exigences sans cesse croissantes de la publicité. L'ingénieur anglais Mac-Donald inventa la machine à clichés cylindriques, qui accomplit le prodige d'exécuter un tirage de 60,000 exemplaires en une heure et demie de temps et qui fait, en outre, la pliure, opération très-considérable qui exigeait autrefois le concours d'une quarantaine de personnes. Depuis 1838, le Times a vu quadrupler son tirage. De 1848 à 1860, il était k l'apogée de la gloire et de la popularité. Il tire journellement de 50,000 à 60,000 exemplaires, et la moyenne des lecteurs se chiffre probablement par 10 pour chacun. Ce calcul ne paraîtra pas exagéré, si l'on porte en compte les personnes qui fréquentent les clubs, les cabinets de lecture et les auberges, et si l'on ne perd pas de vue qu'en Angleterre chaque numéro passe généralement dans cinq ou six familles, car il y a peu d'abonnements directs.
Les ouvriers du Times, au nombre de 400 environ, sont divisés en deux escouades : 200 de jour, employés plus spécialement aux annonces, et 2uo de nuit.
Le journal proprement dit se compose et s'imprime entre onze heures du soir et six heures du matin ; d'ordinaire, la composition se fait entre onze heures et demie du soir et quatre heures et demie du matin. Un rouleau de papier continu, mesurant 3 mille» anglais, est placé devant la machine qui s'en empare, le déroule et le rend, quelques secondes après, en feuilles imprimées, piiées et prêtes à être livrées à la circulation. Quand il y a de forts suppléments, le Times a seize pages. Alors la machine absorbe quarante de ces rouleaux , qui mesurent ensemble quelque chose comme 30 lieues de développement.
Trois papeteries travaillent sans relâche pour la consommation courante du l'imes.
Des charges énormes pèsent sur les journaux anglais. Le seul droit sur le papier prend à la caisse du Times 1,500 francs par jour ou 400,000 francs par an. Le timbre, qui fait office de droit de poste, prélève encore 0 fr. 10 par numéro; mais, revêtu de cette estampille, le journal peut circuler pendant huit jours dans tout le Royaume-Uni et s'expédier ensuite aux colonies. Le supplément contenant les annonces est affranchi de ce timbre ; les annonces étaient frappées il y a vingt ans au plus d'un impôt spécial, qui eut pour résultat de les monopoliser entre les mains du Times, le journal le plus répandu. Ce journal, ainsi que ses principaux confrères, s'impose lui-même des frais exorbitants de courriers, de navires , de télégraphie, de correspondance, de missions particulières. Il possède un brevet d'imprimeur, et les ateliers , les bureaux de Printing-House sont visités comme une des curiosités de Londres. Il ne reçoit pas d'abonnements; des courtiers ou des dépositaires vendent ou expédient ses numéros au prix de 0 fr. 40 et les payent 0 fr. 30, à moins qu'ils ne les rachètent à bas prix, huit jours après, pour les expédier aux colonies.
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TlMICE, nom d'une ancienne ville de la Mauritanie Césarienne.
TIMIDE adj, (ti-mi-de — latin timidus ; de timeo, craindre, du même radical que le persantim, limor, infirmité, affliction, timaw, stupidité, timûk, morose, et que l'irlandais tim, crainte et aussi faible, docile, savoir la racine sanscrite tim, tim, stim, stim, ê.tre immobile, car la crainte frappe d'immobilité). Qui manque de hardiesse, d'assurance : Enfant timide. Caractère timide. Jeune homme timide auprès des femmes. Tout coupable est timide. (Volt.) Je vous exhorte à cesser d'être timide avec elle, la première fois que vous la reverrez. (Le Sage.) L'homme qu'on sait timide est dans ta dépendance de tous les fripons. (Beaumareh.) La première fois qu'une femme aime, elle est timide et embarrassée. (Mme d'Arcouville.) Les gens timides sont rarement des sots, mais ils ont souvent le malheur de le paraître. (S.-Dubay.) L'innocence est timide, et non la trahison.
Boursault.
O femmes! c'est il tort qu'on vous nomme timides; A la voix de vos cœurs, vous êtes intrépides.
E. Lesouvé.
En»vain ton cœur est noble et ton bras intrépide; Tu perds ton peuple et toi, si ton âme est timide.
AlONAN.
— Qui annonce, qui marque de la timidité ; qui est fait ou dit avec timidité : Air timide. Regard timide. Conseils timides. Prendre un parti Timide. Vœux timides. Paul s'approcha d'elle d'un air timide et lui présenta son bras pour l'aider à marcher. (B. de St-P.)
Il faut, malgré l'erreur des sentiments timides. Etre ingrat aux ingrats et perfide aux perfides.
Desmaebts.
— Littér. et B. -arts. Qui est vague, indécis, dépourvu d'énergie, de fermeté' : Ecrivain, poète timide. Style timide. Faire timide. Pinceau, burin timide.
— Substantiv. Personne timide ; Les timides et les incertains formeront éternellement la majorité du monde. (De Ségur.)
Timide (le), opéra en un acte, musique de M. Auber; représenté à l'Opéra-Comique en 1826. Ce petit ouvrage n'obtint pas de succès. Il fut joué la même année que Fiorella. Kien ne faisait présager encore l'auteur de la Muette, à laquelle il travaillait alors et qui fut représentée deux ans après.
TIMIDEMENT adv. (ti-mi-de-inan — rad.
timide). Avec timidité, d'une façon timide : Répondre timidement. Malheur à ceux qui agissent timidement dans les circonstances décisives.
TIMIDITÉ s. f. (ii-mi-di-té — lat. timiditas; de timidus, timide). Caractère, manière d'être des personnes timides : Nous appelons souvent retenue ce qui en effet est timidité. (Boss.) La timidité accompagne toujours tes grandes passions. (M"" de Fontaine.) Les timidités des nations ne sont pas moins funestes que les faiblesses des rois. (Laiiiari.j II y a deux timidités : la timidité d'esprit, la timihité de nerfs, une timidité physique et une timidité morale. (Batz.) La timidité provient aussi souvent du défaut de confiance dans tes autres que de méfiance de soi-même. (Arnault.) La timidité est une paralysie morale. (La Rochef.-Doud.) La timidité est moins un défaut qu'un malheur, (Théry.) Trop de timidité le plus souvent vous perd.
Arnault.
Il Caractère, nature de ce qui est timide, fait ou dit timidement : C'est la timidité de sa conduite qui l'a perdu, La timidité de ses conseils devint funeste. (Acad.)
— Syn. Timidité, embarrn*. V. EMBARRAS.
TIMIE s. f. (ti-ml). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des anomalides ou noctuophalénides, dont l'espèce type habite le midi de la France. Il Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, comprenant deux espèces qui habitent le midi de l'Europe.
— Encycl. Les timies ont pour caractères : des antennes plus fortement peclinées chez les mâles que chez les femelles ; les palpes très-courtes, velues, sans articles distincts; la trompe presque nulle; le corselet arrondi, laineux; l'abdomen cylindrique, allongé, grêle, terminé, chez les mâles, par une touffe de poils ; les ailes antérieures larges, triangulaires, recouvrant les ailes postérieures et formant un toit incliné dans le repos. Ces insectes habitent les bords de lu Méditerranée française ; mais ils y sont rares; aussi n'a-t-on pas encore observé leurs premiers états; ils paraissent en juin et ne volent qu'au crépuscule. La timie perle est un joli papillion, de 0"a,03 d'envergure, à ailes frangées d'argent.
TIMIER s. m. (ti-mié). Bot. Nom donné au sorbier des oiseaux, dans le raidi de la France.
TIM1SCOUATA, lac du bas Canada, sur la rive droite du Saint-Laureut, par 47" 38' de latit. N.. et 71» 5' de longit. O. ; 40 kilom. de longueur du N.-O. au S. -E. Des montagnes boisées se dressent sur ses rives. Il reçoit plusieurs cours d'eau et s'écoule dans le Saint- Jean par la Madawaska.
T1MMANIES, peuple de l'Afrique, établi depuis l'embouchure du Grand-Scarcie jusqu'au cap Skilling.
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T1MMERBANS ( Charles- Frédéric -Théodore), écrivain militaire belge, né à Corbach en 1800, mort en 1865. Il suivit la carrière des armes, devint officier supérieur d'artillerie et fut nommé inspecteur de la manufacture d'armes de guerre à Liège. On lui doit plusieurs ouvrages, notamment un Manuel pour la confection des artifices de guerre (Bruxelles, 1833, in-8°), traduit du hollandais; Traité sur les poudres (1836, in-8»); • Traité d'artillerie ( Liège , 1838 , 2 vol. in-B"), etc.
T1MMERMAISN (Théodore-Gérard), médecin allemand, né à Duisbourg en 1727, mort en 1792. Il exerça son art à Elberfeld, puis devint professeur d'anatomie à. Kiulelii (1760), qu'il quitta au bout de quelques années pour aller terminer sa vie à Mœurs. Nous citerons de lui : Periculum médicale belladonnx (Rinteln, 1765, in-40); Disserlaiio despina ventosa (Rinteln, 1765, in-4°); De herniis (Rinteln, 1767, in-40); i)e opii abusu (Rinteln, 1784, in-40); Diatribe antiquario-medica de dxmoniaeisevangeliorum (Rinteln, 1786, in-4°), etc.
TIMMIE s. f. (timm-ml). Bot. Syn. de cYRtanthe, genre d'amaryllidées. Il Genre de mousses, de la tribu des bryées, comprenant deux espèces, qui croissent dans les régions boréales des deux continents.
T1MOAJN (POULO-), île de la mer de Chine, près de la côte E. de la presqu'île de Malacca, par 2" 52' de latit. N. Haute et boisée, elle produit du riz; le chou palmiste y croît en abondance.
T1MOCHARIS, astronome grec d'Alexandrie, qui vivait vers l'an 230 av. J.-C. Il est un des premiers qui aient rapporté les étoiles à l'écliptique et par conséquent cherché à évaluer leurs longitudes et leurs latitudes. Ses observations ont été fort utiles à Ptolémée, qui le ci le souvent.
TIMOCH1, île de la mer du Japon, également appelée Pic-de-Langle, au N.-O. de l'Ile Yéso,par45<>l0'delatit. N, et i38<M0f de longit. E.
TIMOCLÉE dame grecque, célèbre par le trait suivant : Elle fut violée dans le sac de Thèbes par un officier thrace, et le misérable ne rougit pas de demander ensuite l'or qu'elle possédait. Timoclée le mena dans son jardin, où elle l'avait, disait-elle, caché dans un puits. L'officier s'approcha du bord et se baissa pour en sonder du regard la profondeur. Alors, Timoclée, l'ayant poussé de toutes ses forces, le précipita dans le puits et jeta sur lui une si grande quantité de pierres qu'il fut bientôt étouffé.
Timocraie {contre), discours de Démosthène, prononcé en 353 av. J.-C. Fendant la guerre contre les Perses, les Athéniens portèrent une loi par laquelle les vaisseaux pris a-ux ennemis seraient confisqués au profit de Minerve et du trésor. Trois citoyens envoyés pour combattre Mausole , satrape de Carie, qui pillait les côtes des colonies grecques, prirent un vaisseau égyptien et le gardèrent pour eux. Le peuple les condamna selon la loi à payer le double de la somme retenue au trésor et le double à Minerve. Timocrate, pour les sauver, proposa une autre loi que Démosthène combattit. Démosthène encore tout jeune, n'en prononça pas moins un discours très-remarquable.
Timocrate, tragédie de Thomas Corneille (1658). Elle eut un si grand succès qu'on la joua sans interruption pendant six mois. Le héros de la pièce, Timocrate, fils du roi de Crète, avait quitté son pays, et son père le croyait mort. Parcourant la Grèce sous ie nom de Cléomène et mettant au service des peuples opprimés son bras et son génie, il avait vécu pendant quelque temps à la cour d'Argos, alors en guerre avec la Crète. Après avoir protégé ce pays contre les attaques du roi de Crète, son père, et s'être fait aimer de la princesse Eriphile, il quitte Argos et retourne à la cour de son père. Sa présence dans l'armée Cretoise y ramène la victoire, et le nom de Timocrate devient bientôt la terreur d'Argos. Pendant cette guerre, le roi d'Argos est tué, et la reine promet aux dieux de venger son époux en immolant à ses mânes l'ennemi de sa patrie.
A peine Timocrate a-t-il recueilli l'héritage de son père, qu'il exécute le projet qu'il avait conçu d'éprouver l'amour d'Eriphile ou de la séduire par l'éclat de sa couronne. Il ordonne à son lieutenant d'attaquer Argos et en même temps de demander à la reine la main de sa fille, en offrant la paix comme le prix de cette 'union. Au moment où sa flotte attaque la ville, Timocrate rentre lui-même à Argos, où il est reçu comme un libérateur. On le voit donc d'un côté l'espoir d'Argos sous le nom de Cléomène,' de l'autre aa terreur sous celui de Timocrate. Appelé au conseil de la reine, il engage celle-ci à céder aux vœux de Timocrate dans l'intérêt delà paix. Il pousse son stratagème jusqu'à conseiller à Eriphile de ne pas dédaigner la couronne qui lui est offerte et d'oublier son amour. C'est sur le double personnage de Timocrate que repose tout l'intérêt dramatique du cinquième acte. Son armée assiège toujours la ville, lorsque soudainement le prétendu Cléomène se fait reconnaître pour Timocrate. A la suite de cette foudroyante révélation, la reine jure aux dieux de le faire mourir. Mais bientôt Argos est pris par ses troupes; la
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reine, en perdant sa couronne, est déliée de son serment, et Timocrate, en courtois vainqueur, ordonne à son lieutenant de mettre aux pieds de la reine détrônée son sceptre et sa couronne.
De nos armes enfin quel que soit l'avantage,
De toute cette gloire il faut lui faire hommage
Et mettre ma couronne et mon sceptre a ses pieds»
La reine répond :
Ah ! prince ! voyez mieux où vous m'engageriei :
Contrainte ù redouter la colère céleste,
Cet hommage accepté vous deviendrait funeste;
Los dieux ont attaché la vengeance à mon rang.
Prenez donc ma couronne, elle est votre conquête,
Par son nouvel éclat assurez votre tête,
Et, me laissant sujette, affranchissez mon sort
De la nécessité de vouloir votre mort.