‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 141 sur 1042 · DARE · texte numérisé non relu

DARE

TINDFIELD, montagnes de la Norvège, sur la limite des diocèses d'Aggershuus et de Christiansand, par 60" de latit. N. et 6j de longit. E. Elles courent sur un espace d'environ 75 kilom. et atteignent près de 1,670 mètres dans leurs parties les plus hautes. Ces montagnes se rattachent, au N.-O., au Hardanger-field.

TINDSIOE, lac de Norvège, qui s'étend au bas du Tindfield, sur une longueur d'environ 30 kilom. du N.-O. au S.-E., par 59» 45' de latit. N. et 6» 30' de longit. E. Ce lac, très-peu large, reçoit plusieurs cours d'eau, notamment le Moon-Elv, et s'écoule à la partie méridionale dans le Nordsoe.

' TINE s. f. (ti-ne — du lat. tina, qui se rattache probablement à la même racine que tenere, tenir, contenir). Tonneau qui sert à transporter de l'eau.

— Vaisseau de bois, dans lequel on transporte la vendange de la vigne au pressoir.

— Vaisseau de bois, dans lequel on met le lait, la crème ou le beurre.

— Miner. Tonne à un seul fond, dans laquelle on met le minerai ou les eaux qu'on extrait des puits de mine.

— Moll. Tine de beurre, Nom vulgaire d'une coquille du genre cône.

TINE ou TlNO,!le de l'archipel grec, dans le groupe des Cyclades. V. Tënos.

TINEA s. f. (ti-né-a — mot lat. qui signif. teigne). Pathol. Nom donné par quelques auteurs à une maladie de la peau, plus communément appelée teigne.

— s. m. Bot. Syn. de prockia genre de bixacées.

TINÉAIRE s. f. (ti-né-è-re — du lat. tinea, teigne). Entom. Syn. de psychode, genre d'insectes diptères.

TINÉARIÉ, ÉE adj. (ti-né-a-rî-é — du lat. tinea, teigne). Entom. Syn. de tinéide.

T1NÉARIEN, IENNE adj. (ti-né-a-ri-ain, i-è-ne — du lat. tinea , teigne). Syn. de tinéide.

TINÉÉ, ÉE adj. (ti-né-é — du lat. tinea, teigne). Entom. Syn. de tinéide.

T1NEH, ville et port de la basse Egypte, à l'extrémité E. du lac de Menzaleh, à 80 kilom. S.-E. de Damiette.

TINÉIDE adj. (ti-né-i-de — du lat. tinea, teigne, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à la teigne. Il On

d it aussi TINÉARIÉ, TINEE, TINÉIDE, TINÉIPORME et TINÉITB.

— s. f. pi. Tribu d'insectes lépidoptères nocturnes, ayant pour type le genre teigne : Les tinéides sont tes plus petites espèces connues de l'ordre des lépidoptères. (E. Desmarest.)

— Encycl. Tous les lépidoptères nocturnes dont les chenilles vivent dans des fourreaux reçurent d'abord de Réaumur cette dénomination générale, et il les distingua en teignes proprement dites et en fausses teignes, selon que ces habitations sont fixes ou mobiles et transportées par ces animaux lorsqu'ils marchent. On peut rapporter aux fausses teignes les chenilles mineuses de feuilles et celles qui vivent dans l'intérieur de divers fruits ; mais en adoptant un tel caractère, on sera obligé de comprendre dans ce groupe les psychées, les pyrales, les aglosses, lépidoptères nocturnes qui s'éloignent beaucoup, à l'état parfait, des véritables teignes. Dans la méthode de Linné, les teignes composent la septième division de son genre phalaena, et il la signale ainsi : ailes roulées, presque cylindriquement ; front saillant. Elles constituent une coupe générique propre dans l'Histoire des insectes des environs de Paris, de Geoffroy ; leur tête offre un toupet élevé et avancé; les chenilles sont cachées dans un fourreau qui sert aussi de retraite à leurs chry-

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salides. Voilà, selon lui, ce qui distingue cette coupe de celle des phalènes. Voici les caractères des tinéides. Ailes soit roulées ou moulées sur le corps, soit très-inclinées et appliquées sur les côtés, relevées postérieurement en manière de queue de coq dans plusieurs; les ailes supérieures étroites et allongées ; les ailes inférieures larges, plissées, avec une frange de poils au bord postérieur. Chenilles rases, munies de seize pattes, cachées tantôt sous une toile soyeuse, tantôt dans l'intérieur de diverses parties des végétaux dont elles se nourrissent, mais se fabriquant le plus souvent, avec les matières animales ou végétales qu'elles rongent, des fourreaux leur servant de domicile, soit fixes, soit mobiles, et où elles subissent leurs métamorphoses. Les tinéides sont les pygmées de l'ordre des lépidoptères, mais ne le cèdent pas en ornements aux espèces plus grandes. De même que dans les hespéries, les ailes présentent souvent des taches ou des points dorés, argentés et en relief. Malheureusement, beaucoup de ces insectes nous sont très-pernicieux sous la forme de chenilles. Celles des teignes proprement dites, nommées vulgairement vers, se vêtent aux dépens de nos étoffes de laine et de nos fourrures, des crins employés dans nos meubles, des poils des mammifères dont nous conservons les peaux, ainsi q^ue des plumes ou du duvet des oiseaux. A l'aide de leurs mâchoires, ces chenilles coupent ces diverses substances et les réunissent avec de la soie, pour construire les fourreaux cylindriques ou coniques qui leur servent d'habitation. La nature leur a appris à en augmenter le diamètre au fur et à mesure de Ja croissance. Elles les fendent et leur mettent des pièces. Elles y subissent leurs métamorphoses, après en avoir fermé les extrémités avec de la soie. Réaumur a exposé avec détails les curieux procédés de ces insectes, et c'est aux Mémoires de ce grand naturaliste que nous renverrons ceux de nos lecteurs qui désireront les connaître. Une autre chenille de cette section, la teigne des blés, nous est bien plus nuisible par sa multiplication extrême et en ce qu'elle détruit I une de nos premières substances alimentaires, le blé. Il est encore exposé aux ravages de la chenille d'une autre tinéide, la fausse chenille des blés, qui, avec de la soie, en lie plusieurs grains pour s'en former un tuyau dont elle sort de temps en temps pour ronger le blé. D'autres fausses teignes , en perçant les rayons de la cire, qui leur sert de nourriture, font de grands dégâts dans nos ruches. D'autres chenilles de tinéides creusent en divers sens le parenchyme des feuilles et y produisent ces taches à jour que l'on y rencontre si souvent. Les boutons, les fruits, les galles résineuses de quelques arbres conifères sont attaqués par quelques espèces. D'autres se font des fourreaux de pure soie. On distingue

fdusieurs genres dans cette famille ; ce sont : a teigne des tapisseries, la teigne des draps, la teigne des pelleteries, la teigne à front jaune, la teigne des grains, etc.

TINÉIDE, ÉE (ti-né-i-dé). Entom. Syn. de

TINÉIDE.

TINÉIFOEME adj. (ti-né-i-for-me — da lat. tinea, teigne, et de forme). Entom. Syn. de TINÉIDE.

TINÊITE [adj. (ti-né-i-te — du lat. tinea, teigne). Entom. Syn. de tinéide.

T1NEJIAH, ville du Maroc. V.Tangek.

TINEL s. m. (ti-nèl — ital. tinello, du lat. tina, cuve). Salle basse où mangent les gens de service.

T1MÏLI-1 (Tibère), peintre italien, né à Venise en 1586, mort clans la même ville en 1638. Elève de Contarino, puis du Bassan, il lit des progrès rapides et des éludes sérieuses, et se livra avec un égal succès au genre du portrait et à celui de l'histoire. Louis XIII lui envoya le cordon de Saint-Michel pour l'attirer en France; mais l'artiste ne put se décidera quitter sa ville natale. Ses tableaux, dont le plus grand nombre se trouve à Venise, à Vérone et à Padoue, sont remarquables par la correction du dessin, la facilité de la touche et la beauté du coloris.

T1NET s. m. (ti-nè).Techn. Sorte de bâton recourbé en arc , dont on se sert dans les boucheries pour suspendre par les jambes de derrière un animal entier.

— Bâton dont on se sert pour porter de3 tinettes.

TINETTE s. f. (tt-nè-te — dimin. de tine). Vaisseau de bois, fait de douves assemblées, dans lequel on transporte le beurre.

— Vaisseau de bois, servant au transport des matières fécales.

TING-HAI, ville murée de la Chine, capitale de l'île de Chousan, à 1 kilom. environ de la mer, par 30« o' 40" de latit. N. et 119° 39' 35" de longit. E.; 25,000 hab. Elle est entourée de murs élevés et traversée par plusieurs canaux sur lesquels ont été établis des ponts. Commerce actif.

TINGIDE adj. (tain-ji-de — de tingis, et du gr. eidos, aspect). Eutom. Qui ressemble ou se rapporte au tingis.

— s. m. pi. Division du groupe des tingidites, ayant pour type le genre tingis.

TINGIDITE adj. (tain-ji-di-te — de tingis, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au tipgis.

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— s. m. pi. Groupe d'insectes hémiptères, de la tribu des aradides, ayant pour type le genre tingis.

TINGIS s. m. (tàin-jiss). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la tribu des aradides, type du groupe des tingid(ites, comprenant plusieurs espèces, qui haoitent surtout l'Europe : Les tingis , insectes de très-petite taille, vivent sur différents végétaux. (Blanchard.) La larve du tinqis clavicorne habite les fleurs de la germandrée petit-chêne. (H. Lucas.)

— Encycl. Les tingis sont des insectes de très-petite taille et de couleurs peu variées; ils sont caractérisés par un corps fortement aplati ; des antennes à dernier article terminé en bouton ; le corselet couvrant entièrement l'écusson par son bord antérieur ; à côtes offrant ordinairement des dilatations transparentes, parcourues par des nervures qui forment un réseau irrégulier; des ély très plus grands que l'abdomen, couvrant tout le corps, réticulés, comme les expansions du corselet, par beaucoup de petites nervures. Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces, la plupart propres à l'Europe, La plus grande partie de ces insectes vit sur les plantes, piquant les feuilles et les fleurs, et produisant ainsi quelquefois des sortes de galles ou mieux de fausses galles. Plusieurs espèces offrent un intérêt particulier.

Le tingis du poirier est long de om,O02, d'un brun noirâtre , avec le corselet ei les pattes blanchâtres ou jaune pâle, ainsi que les éiytres, qui sont marqués d'une tache brune en forme de croix. Cet insecte est trèscommun en France, notamment aux environs de Paris; il vit sur les poiriers et se tient, par colonies pius ou moins nombreuses, à la face inférieure des feuilles, où il détermine, par sa piqûre, de petites excroissances brunes, qu'au premier coup d'œil on prendrait pour des puccinies; si on examine à la loupe une de ces feuilles, on y voit des insectes, des larves et des nymphes de tous les âges. 11 résulte de tout cela une apparence tigrée, et c'est probablement ce qui a fait donner à cet hémiptère, par les jardiniers, Je nom de tigre, sous lequel, du reste, ils confondent plusieurs autres insectes et même des arachnides du genre acare.

Le tingis attaque surtout les poiriers en espalier; il est plus rare sur les pyramides.il n'est pas également répandu partout; ainsi on le rencontre rarement en Normandie, tandis que la Brie en est infestée. Il se promène avec agilité sur les feuilies, et vole très-bien quand on l'inquiète ; si l'on secoue une branche, on voit les tingis s'envoler par nuées pour revenir bientôt a la même place. Cet insecte nuit plutôt à l'arbre qu'aux fruits, car il n'apparaît guère que vers la rin de l'été, k une époque ou les poires sont assez développées pour résister à ses ravages. On a proposé, pour les détruire, des fumigations de tabac ou de feuilles de noyer, des irrigations avec une décoction de tabac, de l'eau de savon noir ou de la lessive étendue d'eau. M. Boisduval conseille de couper avec des ciseaux les feuilles malades, à la chute du jour, heure où les tingis ne s'envolent pas, et de les brûler immédiatement ; ou peut détruire ainsi un grand nombre de ces insectes et de leurs larves.

Le tingis clavicorne est noir, avec les éiytres d'un brun clair et les antennes velues. On le trouve aux environs de Paris. Sa larve vit dans le3 fleurs de la germandrée petitchêne et fait, par ses piqûres, gonfler et épaissir le tube de la corolle, dont le limbe ne peut plus se développer. Le tingis du houblon est long de om,oo3, noir, avec le corselet gris, les élyires et les pattes d'un gris jaunâtre; on le trouve dans la plus grande partie de l'Europe. Le tingis du chardon est gris jaunâtre en dessus, noir cendré en dessous, avec les antennes brunes; il habite la France.

TINGIS, ville du Maroc. V. Tanger.

TINGITANE , nom d'une ancienne province de la Mauritanie, comprise aujourd'hui dans l'empire du Maroc. On l'appelait ainsi parce que Tingis ou Tanger en était la capitale.

TINGMIB s. m. (taing-mir'j. Ornith. Espèce de pélican des côtes du Groenland.

T1NGUY, village de France (Pas-de-Calais), canton de Samer, arrond. de Boulogne-sur- Mer; 311 hab. Elève de chevaux. Vestiges d'un château fort, bâti en 1050 et restauré en 1231.

T1NGRY (Pierre-François) , chimiste français, né à Soissons en 1743, mort a Genève 'en 1821. Après avoir étudié à Paris la chimie sous la direction de Rouelle, il alla se fixer, en 1770, à Genève, où il obtint, trois ans pius tard, des lettres de bourgeoisie, et se fit avantageusement connaître comme pharmacien, chimiste et minéralogiste. Tiugry entra en relations d'amitié avec Senebier et Saussure et fut, avec ce dernier, un des fondateurs de la Société des arts, dont il devint vice- président. Il fit alors des cours publics de chimie et de minéralogie, et, par son testament, il attacha à la chaire de chimie de l'Académie de Genève la jouissance de sa maison de campagne. Tingry avait formé une riche collection de minéralogie. Nous citerons , parmi ses écrits : Prospectus pour un cours

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de chimie à l'usage des artistes (1777, in-4») ; Mémoires sur une espèce de schistes que l'on trouve près de Salanches et gui fournissent le sel amer, qui lui valurent une médaille d'or de l'Académie de Turin; Analyse des eaux minérales de Drèse, près Carouge (1785, in-go) ; Sur les remèdes antiscorbutiques qu'on peut tirer de la famille des crucifères (1785), écrit couronné par l'Académie de Dijon; Traité théorique et pratique sur l'art de faire et d'appliquer les vernis sur les différents genres de peinture, les couleurs simples et composées (Genève, 1803, 2 vol. in-go). On lui doit, en outre, des Observations et des Dissertations, insérées dans le Journal de physique et dans les Mémoires de la Société des curieux de la nature.

TINGRY (Chrétien-Louis de Montmorency, prince de), maréchal de France. V. Luxembourg.

T1NG-TCHÉOU, ville de la Chine (Foukian), dans un district montagneux, entre le Han-kiang et deux de ses petits affluents, à 360 kilom. de Fou-tchéou. Chef-lieu de département.

TINGUARRA s. m. (tin-goua-ra). Bot.

Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des sésôlinées, dont l'espèce type croît aux Canaries.

TINGOY (Charles, marquis de), homme politique français, né à Nantes en 1813. Membre du parti légitimiste, il se fit remarquer, sous le gouvernement de Louis -Philippe, parmi les royalistes qui, dans l'espoir de rallier le peuple à leur cause, essayèrent d'allier le droit divin aux idées de progrès et de liberté, et, dans ce but, il fonda le Publicateur, qui parut a La Roche-sur- Yen. Après la proclamation de la République de 1848, le marquis de Tinguy fut élu, par le département de la Vendée, représentant du peuple à la Constituante, puis à la Législative. Dans ces deux assemblées, il vota avec l'extrême droite et s'associa à toutes les mesures qui eurent pour but d'annihiler et de renverser les institutions nouvelles. M. de Tinguy a attaché son nom à un amendement devenu fameux, qu'il présenta avec M. de Laboulaye lors de la discussion de la loi sur la presse. C'est en vertu de cet amendement que tous les articles de discussions politiques, philosophiques, religieuses, etc., publiés dans un journal durent être signés. Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, M. de Tinguy rentra dans la vie privée.

TINGY, groupe d'Iles, situé dans la mer de la Chine, sur la côte E. de la peesqu'ile de Malacca, par 2" 23' de latit. N. et 102» de longit. E.

T1NHARE, île du Brésil, dans la province de Bahia, près de la baie de Canumu. Elle a 20 kilom. du N. au S. sur 15 de largeur, possède un port dans son point le plus septentrional et renferme une montagne, Morrode-Saint-Paul, ce qui l'a fait désigner parfois sous le nom de ilha do Morro.

TIMAIRE s. f. (ti-ni-è-re). Bot. Genre de plantes, de la famille des polygonées, réuni par la plupart des auteurs, comme simple section, au genre renouôe. U Oa dit aussi tiniasie.

TIN 1 AN, île de l'archipel des Mariannes (Mioronésie) , près de la côte S. de l'île de Saypan, par 15° 9' de latit. N. et 142* 40' de longit. E. ; 65 kilom. de tour. Elle est trèsfertile , mais beaucoup moins remarquable sous ce rapport qu'à l'époque où l'amiral Anson en fit la découverte. On y remarque beaucoup de ruines d'anciens monuments.

TIN1ARIE s. f. (ti-ni-a-rl). Bot. Syn. de

TINIMRli.

TINIER s. m. (ti-nié). Bot. Nom vulgaire du pin ceinbro.

TINION s. m. (ti-ni-on). Bot. Nom vulgaire du chiendent.

TINNACORAW, appelée par Carteret ile du Volcan, dans l'archipel et à 40 kilom. N. de Sauta- Cruz (Polynésie). Elle est de forme conique, escarpée et renferme un volcan en iguiliou.

TINNANTIE s. f. (ti-nan-sî — de Tinnant, savant allem.J. Bot. Genre de plantes, de ia famille des commélynées, dont l'espèce type croît au Mexique.

T1NNE (Alexandrine), célèbre voyageuse hollandaise, née k La Haye en 1839, assassinée à Birguiz, dans le Fezzan (Afrique septentrionale), en 1869. De toutes les victimes qui ont succombé sur la terre d'Afrique, nulle ne se présente sous un aspect aussi poétique que cette jeune femme qui, trompée cruellement dans ses espérances k l'aurore de la vie, dit adieu pour toujours au monde civilisé et va chercher l'oubli sur ce sol inhospitalier, où une mort cruelle devait la frapper.

MUeTiune était tille d'un négociant anglais, marié en secondes noces à une baronne de Steeugracht-Capellen, qui donna le jour à Alexandrine. 11 mourut alors que cette dernière était encore enfant et lui laissa une fortune qui la mit au rang des plus riches héritières des Pays-Bas. Elle reçut une éducation bien plus complète que celle qui est d'ordinaire 1 apanage de son sexe et ht de bonne heure, par sa beauté et par son esprit, l'ornement de la cour de la reine de Hollande, qui l'avait prise tout' particulière-

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ment en affection. Ce fut là que , parmi les nombreux adorateurs qui se pressaient autour d'elle, elle distingua un jeune étranger, attaché d ambassade, pour lequel elle ne tarda pas à éprouver un vif attachement. Leur union était sur le point de s'accomplir lorsque l'on découvrit tout k coup que celui qu'elle aimait était un homme sans honneur. Il fut forcé de quitter précipitamment la Hollande, et tous les efforts qu'il fit, dans la suite, pour reconquérir le cœur de celle qui avait été sa fiancée — il la suivit même jusqu'en Egypte — demeurèrent infructueux.

Telle est l'histoire de M^e Tinne. Cette catastrophe anéantit sans retour les illusions de la jeune fille, et, désireuse de s'arracher au milieu où elle venait de voir ses espérances brisées, elle résolut de voyager.

Dès 1856, elle visite les glaciers de la Norvège et s'avance vers le pôle nord, puis, la même année, elle se rend par l'Haï ie a Constantinople, k Smyrne et, de là, en Palestine et au Caire. Elle avait pour compagnes de voyage sa mère et sa tante, la baronne de Capétien. Le Caire, où les voyageuses habitèrent dans une charmante villa, sur les bords du Nil, leur plut à tel point qu'elles y revinrent deux ans plus tard. Ce double séjour dans l'antique royaume des pharaons exerça une influence décisive sur l'avenir de Mlle Tinne. Vivement • impressionnée par l'imposante nature au milieu de laquelle elle vivait, elle résolut de passer le reste de ses jours en Afrique; mais son désir de fuir la civilisation na pouvait se satisfaire dans une contrée comme l'Egypte, où l'on rencontre à chaque pas l'élément occidental, où domine complètement^ l'influence européenne. Elle voulait connaître cette partie du monde dans son état primitif, et, dans ce but, remontant le Nil, elle suivit, presque pas à pas, les traces des hardis explorateurs qui ont cherché à sonder le mystère des sources de ce fleuve. Ce premier grand voyage dans une région sauvage, à peine explorée, et dans laquelle les trois dames s'avancèrent jusqu'à quelques degrés seulement de l'6quateur,a été raconté par le beau-frère d'Alexandrine, M. John-A. Tinne, dans un ouvrage publié sous ce titre : Notes géographiques d'expéditions exécutées dans l'intérieur de l'Afrique par trois dames hollandaises (Liverpool, 1864).

En 1861, M'le Tinne quitta une troisième fois l'Europe, pour se rendre au Caire, où elle passa 1 hiver suivant. Elle eut un instant l'idée de se rendre en Abyssinie, mais elle y renonça. Au lieu de l'Abyssinie, le but qu'elle choisit pour ce nouveau voyage fut la contrée située sur les bords du Nil Blanc supérieur, région marécageuse et malsaine, surtout pour les Européens. Les trois dames n'ignoraient pas qu'indépendammentdes dangers perpétuels que présentait la malignité du climat, cette contrée n'offrait aux voyageurs aucune sécurité, k cause de l'agitation incessante que les chasses aux esclaves entretiennent parmi les peuplades nègres. Aucune de ces considérations ne put effrayer les intrépides Hollandaises; elles firent de grands préparatifs et, le 9 janvier 1862, elles s'embarquèrent, elles et leur suite , sur le Nil, dans trois barques qui devaient les conduire en Nubie et dans le Soudan. Il n'entre pas dans notre cadre de raconter les incidents de ce voyage, qui ont cependant un grand intérêt. Disons seulement que partout les chefs sauvages du désert firent k M"' Tinne l'accueil le plus pacifique; en certains endroits même elle fut reçue avec lés honneurs dus à la tille d'un roi. Le bruit de sa richesse et de sa beauté l'avait précédée; on l'avait vue , amazone intrépide, galoper à cheval d'un village k l'autre; on admirait sa bienveillance, qui lui gagnait tous les cœurs, et on ia proclamait la fille du Grand Seigneur de Stamboul. Ce dernier bruit se répandit dans toute l'Afrique orientale et septentrionale ; il se transmit, avec une incroyable rapidité, de village en village, fut porté par les caravanes jusque dans les oasis les plus reculées du Sahara et y prit des dimensions encore plus considérables qu'au début. Plus tard, ôehrard Rohlfs l'entendit répéter dans des localités où jamais Européen n'avait mis les pieds avant lui. Muis où Mlle Tinne fut accueillie avec une pompe vraiment royale, ce fut dans ia colonie mahométane de Hellet-Kaka, située sur la rive gauche du Nil, par 10° 32' de latit. N. MU» Tinne ne voulut point fixer son séjour dans cette région de l'Afrique. Elle préféra continuer son voyage, et, après diverses vicissitudes, elle et ses compagnes parvinrent k Gondokoro (40 5' de latit. NO ; mais l'irritation extrême, excitée chez les naturels par les procédés des Maltais de Bono, les plus hardis chasseurs d'esclaves de l'Afrique, ne permit pas aux voyageuses d'aborder k ce point, et elles durent continuer leur navigation sur le NiJ, jusqu'au moment où les blocs de rochers et les rapides, qui en rendaient le cours complètement impraticable, ne leur permirent pas de s'avancer plus loin. Elles furent obligées de donner l'ordre du retour, d'autant plus que leur santé, qui jusqu'alors était demeurée intacte, se trouva fortement compromise par de soudaines attaques de fièvre. Elles repartirent le 22 octobre et atteignirent Karthoum le 20 novembre suivant. Les frais de ce premier voyage sur le Nil s'étaient élevés k 150,000 francs. Karthoum devint alors la résidence des voyageuses , et c'est là

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qu'elles firent les préparatifs de leur second voyage, sur les incidents duquel nous glisserons encore plus rapidement que sur ceux du premier. Cette fois, le but choisi fut le fleuve des Gazelles, k l'O. du Nil Blanc, et le pays habité par les fabuleux Nyaras-Nyams. Deux voyageurs allemands, Théodore de Heuglin et le docteur Steudner, étaient arrivés a Karthoum en juillet 1862, dans le dessein de tenter aussi une expédition vers le même point. MU» Tinne se joignit à eux, mais accompagnée seulement de sa mère, l'état de la santé de sa tante ayant forcé cette dernière de rester k Karthoum. Le voyage, commencé dans des conditions très-fuvorables, fut des plus désastreux. La plupart des nègres qui formaient l'escorta des explorateurs périrent l'un après l'autre; Steudner succomba le 10 avril 1863, et, au mois de juin suivant, Mme Tinne fut k son tour enlevée par la fièvre, qui l'avait saisie peu de temps après son départ et ne l'avait pas quittée depuis. Enfin, après avoir bravé des fatigues et des dangers sans nombre, les débris de l'expédition réussirent, eu juillet 1864, k atteindre de nouveau Karthoum, où la baronne de Capellen avait aussi succombé aux attaques de la fièvre. De lk, M^e Tinne se rendit, par Berber et Souakun, jusqu'k la mer Rouge, où elle s'embarqua pour revenir au Caire, qu'elle n'avait pas revu depuis jan-

Mlle Tinne avait habité trois ans le Soudan, et cette contrée sauvage, malgré tout ce qu'elle présentait d'effrayant, était devenue pour elle une seconde patrie. Elle ne voulait plus revenir en Europe; elle avait depuis longtemps renoncé au costume de nos dames européennes et adopté le vêtement des femmes arabes. Autour d'elle, on na voyait que des serviteurs et des servantes arabes; elle s'asseyait chez elle k la manière orientale et tout son entourage présentait un aspect africain. Tout ce qui était européen en était banni ; les murs de sa chambre étaient ornés d'armes et de curiosités rapportées des pays du Nil. Dans les chambres voisines habitaient dix-huit représentants des diverses peuplades africaines avec lesquelles elle était entrée en rapports. Son beau-frère, qui était arrivé d'Europe pour la ramener dans sa patrie, dut s'en retourner seul, parce qu'elle lui déclara qu'elle ne voulait pas quitter l'Afrique. Elle avait l'intention de se faire construire un palais sur une des îles du Nil, dans les environs du Caire ; mais le khédive ne voulut pas lui permettre de mettre ce plan k exécution, parce qu'il était loin de désirer que M'io Tinne s'établit k domicile fixe dans ses Etats. Elle poursuivait continuellement devaut les tribunaux égyptiens le gouverneur du Soudan, Mousa-Pacha, k cause de la protection ouverte qu il accordait au commerce des esclaves, et ce n'était certes pas pour elle le moyen de se rendre agréable au vice-roi.

Quatre années s'écoulèrent sans qu'on entendit beaucoup parler en Europe de M'iii Tinne. Elle passa encore quelque temps au Caire, fit ensuite l'acquisition d'un petit bateau k vapeur et, toujours accompagnée d'une partie de ses serviteurs noirs, visita successivement les différents ports de la Méditerranée, C'est ainsi qu'on la vit tourk tour k Smyrne, k Constantiuople , k Malte, k Naples et k Rome, d'où elle revint sur la côte septentrionale de l'Afrique, Alger, Tunis ef Tripoli furent les points où elle s'arrêta le plus longtemps k cette époque. Lorsque dans cette dernière ville arrivèrent les grandes caravanes qui,par la route de Biltna, étaient venues, en traversant les sables brûlants du Sahara, de Kouka, sur le lac Tchad, jusqu'k la Méditerranée, chargées des produits des contrées du centre de l'Afrique, qui, depuis les excursions de Barth , de Vogel et de Rohlfs, ont eu le privilège d'exciter k un si haut point la curiosité Ues Européens, elle sentit naître en elle le désir de visiter ces régions mahoinétanes du Soudan, dont elle avait déjà parcouru la partie orientale. Cette contrée devait être son tombeau.

Elle organisa k Tripoli une caravane de 50 personnes et de 70 chameaux, avec laquelle elle avait l'intention de se rendre d'abord k Mourzouk, capitule du Pezzun, pour se diriger de ce point vers Kouka, dans le Bornou. Jusque-là le voyage n'offrait aucune difficulté particulière; muis la façon dont MU" Tinne se proposait de le continuer avait quelque chose d'aventureux et de grandiose. Elle voulait s'avancer du lac Tchad dans l'est et atteindre le Nil par le Waday, le Darfour et le Kerdofan. Si elle eût réussi k exécuter ce plan, elle se fût placée au premier rang parmi les explorateurs de l'Afrique; car, jusqu'k ce jour, aucun Européen n'a parcouru cette route en entier. Edouard Vogel et Maurice de Beurraann ont péri après en avoir franchi à peine les premières étapes, et les autres voyageurs qui, de l'est, ont voulu se rendre par le Darfour dans le Waday se sont arrêtes aux portes de cet Etat.

Le 28 janvier 1809, la caravane de M"e A. Tinne quitta Tripoli et se mit en marche pour le Soudan. L'escorte de la voyageuse se composait d'Arabes et de nègres, dont quelques-uns avaient été ramenés par elle des bords du Nil Blanc. Elle n'avait que trois compagnons européens, deux matelots hollandais et un Allemand du nom de Krause, qui avait suivi Gérard Rohlfs et était plus tard entré au service de M11" Tinne, comme

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gardien de ses chiens; mais ces animaux ayant succombé rapidement à la malignité du climat, Krause fut congédié au bout de quelques jours. La grande caravane, qui n'avançait que lentement, atteignit le 1" mars Sokna, dans le Fezzan, ou elle fit un long séjour; de là, elle se remit en marche pour Mourzouk, à travers les plaines arides du désert. Dans tous les lieux habités que Mlle Tinne traversait, elle était reçue comme une bank-er-rey (fille de roi); partout on parlait de sa richesse colossale, et l'on jetait des regards avides sur ses bagages , que l'on croyait pleins d'or. A Mourzouk, la voyageuse fut atteinte d'une maladie qui dura assez longtemps. A peine rétablie, elle entra en rapports avec un chef touareg, du nom d'Ichnouchen, qui habitait à Rhat ou Ghut, h l'ouest de Mourzouk et en dehors du territoire turc. Elle avait l'intention de passer l'été et l'automne auprès de lui, jusqu'à ce que les riches présents qu'elle destinait au sultan de Bornou fussent arrivés de Tripoli. Icbnouchen lui offrit spontanément sa protection et promit de l'envoyer chercher par une escorte à Mourzouk. M'te Tinne eut une entrevue avec ce prince du désert à Wadiesoh-Schargi, à quelques journées de marche au S.-È. de Mourzouk, et la un traité d'amitié fut conclu entre eux; mais, comme Ichnouchen se trouvait engagé dans une campagne contre dea rebelles, il ne put, ainsi

3u'il en avait l'intention, accompagner imméiatement la' voyageuse à" Ghat. Elle revint alors à Mourzouk et y attendit une escorte. Au lieu d'une, elle en vit arriver deux, conduites l'une et l'autre par des chefs touaregs, placés sous la dépendance d'Ichnouchen.

L'un d'eux, Hadj Achmed-Ben-Salah, était en réalité l'envoyé de ce chef. L'autre, Hadj- Bou-Bekr-el-Hogari, se présenta également en cette qualité et réussit à gagner la confiance de M""! Tinne, à laquelle il persuada de se placer sous sa protection. Elle était tombée dans le piège ; i le sort que lui réservait la fatalité devait irrévocablement l'accomplir, ■ ainsi que l'écrivit le cheik Ben-AUoua de Mourzouk, qui transmit à Tripoli les détails du meurtre de l'infortunée voyageuse. Hadj-Bou-Bekr était un ennemi d'Ichnouchen ; il cherchait h se. venger de lui, et il ne croyait pouvoir mieux le faire que par le meurtre de celle qui était liée à lui par les liens de l'hospitalité et de l'amitié ; de plus, il espérait réaliser un bénéfice considérable en pillant la caravane et en vendant les nègres qui formaient la suite de M»e Tinne.

Dans la seconde moitié de juillet, Mlle Tinne se mit en marche pour Ghat, aveu son escorte de bandits. En quelques jours elle atteignit Birguiz, au S.-O. de Mourzouk. C'est là qu'eut lieu la sinistre catastrophe. Sans inquiétude, sans soupçon, rêvant uue heureuse issue pour son voyage et pleine de grandes idées pour l'avenir, elle était arrivée sur 'le territoire des Touaregs, où elle espérait rencontrer bien lot des chefs. Le lendemain de son arrivée à Birguiz,au moment où l'on rechargeait les chameaux pour le départ, elle tombait sous les coups de son escorte. Une querelle qui s'était élevée entre les chameliers, et qu'elle voulait apaiser, offrit l'occasion favorable pour le meurtre. • La demoiselle Skuudrana (Alexandriue), lit-on dans lu let- * tre du cheik Beu-Alloua, a reçu deux blessures : d'abord un coup de sabre sur la main - droite, qui fut entièrement séparée du corps, vraisemblablement dans le but d'empêcher la voyageuse de se servir de son revolver, puis un coup de fusil dans la poitrine, tiré par un Arabe de la tribu des Ouled-Bou-Sif. Ses deux compagnons hollandais furent tués également, l'un d'un coup île fusil, l'autre d'un coup de lance. » Puis eut lieu le pillage de la caravane , après lequel les meurtriers emmenèrent les uoirs pour les vendre comme esclaves. Quelques-uns seulement réussirent à s'échapper et apportèrent la nouvelle du crime à Mourzouk, où les autorités turques prirent immédiatement des mesures pour poursuivre les assassins et enterrer les victimes.

Telle fut la fin cruelle de cette jeune femme de trente ans, qui, par sa position, sa fortune et ses attraits personnels, semblait appelée à mener une vie paisible dans sa patrie, et qu'un désespoir d'amour avait lancée dans les déserts de l'Afrique. Elle occupe le premier rang parmi les voyageuses les plus intrépides, et la seieuce, qui lui doit déjà beaucoup, lui eût ele sans doute plus reuevable encore si elle avait pu mener à bien son dernier voyage.

T1NNEYELLY, ville de l'Indoustan anglais, présidence et au S.-E. de Madras, par 8<>*8' de latit. N. et 75" 42' de lougit. E., dans là S. du Karnatic. Elle est grande et bien peuplée ; mais la situation en est malsaine pour les Européens, à cause des immenses rizières qui i'avoisinent. Elle appartient aux Anglais depuis 1803.

TINNEVBLLY (district db), qui confine au N. au district de Madoura, à l'E. avec le golfe de Bengale, au S. avec l'océan Indien. 11 est sépare à 10 de Travancore par de hautes montagnes. Sa superficie eslde 301 milles carres géographiques, li est arrosé par un grand nombre ue cours d'eau. Le riz, les céréales, le café, les fruits, la cannelle et les

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noix muscades sont les principales productions de son sol,

TINNUNCULUS s. m. (tinn-non-ku-lusss

— mot lat. qui signifie cresserelle). Ornith. Nom spécifique du faucon cresserelle, appliqué aussi au genre nouveau dont cette espèce est le type.

T1NOPORE s. m. (ti-no-po-re). Forain. Syn. de calcarine, genre de foraminifères.

TINKAL s. m. V. TINCAL,

TINSEAU (Jean-Antoine), prélat français, né à Besançon en 1697, mort en 1782. Il entra de bonne heure dans les ordres et gagna la confiance de l'archevêque de Besançon, qui le chargea de l'administration de son diocèse, fut nommé en 1745 évèque de Belley, où il rétablit -l'ancienne discipline, et passa en 1751 sur le siège de Nevers, où il mourut. On a de lui un recueil intitulé Statuta synodalia diœcesis Bellicensis édita et promutgata (1749, in-12).

TINSEAU D'AMONDANS (Charles-Marie- Thérèse -Léon), général français, de la même famille que le précèdent, ué à Besançon en 1749, mort à Montpellier en 1882, Il n'était que simple lieutenant du génie, lorsqu'on 1773 l'Académie des sciences le reçut au nombre de ses membres correspondants. Membre de l'assemblée franc-comtoise réunie k Quingey en 1788, il fut chargé par elle, avec trois autres députés, d'aller porter au roi d'énergiques représentations contre le système suivi par le ministère. Néanmoins, lorsque éclata la Révolution, il se montra opposé aux idées nouvelles, émigra en 1791, fit la campagne de 1792 dans l'année des "princes, se rendit ensuite à Toulon et combattit contre sa patrie , passa en Angleterre , en Italie, en Suisse et rejoignit l'année de Conde. Le roi de Prusse ayant reconnu la République par le traité de Bàle (1795), Tinseau publia une brochure dans laquelle il proposa de voter la déchéance de tous les princes qui traiteraient avec la Francei Peu après, il entreprit de fomenter à Besançon une insurrection royaliste "qui échoua, dut s'enfuir en Suisse, retourna à l'année de Condé, fit les campagnes de 1796 et 1797 et fut nommé major, puis lieutenant-colonel du génie. L'armée de Condé ayant été licenciée, Tinseau gagna l'Angleterre, rendit divers services au cabinet de Saint-James, puis passa en Italie, où il devint chef d'étal-major de Souvarof, envoyé contre les armées de la France, puis, après la défaite de Ce dernier, il retourna en Angleterre, où le comte d'Artois le prit pour aide de camp. Depuis lors jusqu'à la chute de l'Empire, il s'occupa sans cesse de susciter de uouveaux ennemis à la France et de fournir des plans à toutes les coalitions. Le comte d'Artois le récompensa de son zèle si peu patriotique en lui donnant le grade de maréchal de camp. De retour eu France, après la chute de Napoléon, il se fixa k Montpellier, où il termina sa vie. On lui doit de nombreux écrits, parmi lesquels nous citerons : Essai sur lei deux déclarations du roi (1791); Précis historique du siège de Toulon (1794) ; Mémoire sur l'état de l'aimée de Condé (1796, in-8°) ; l' Empire yermanique, dioisé en départements sous la préfecture de l'électeur de Brandebourg (Londres, 1802, in-8u) ; Examen de l'état politique et militaire où ta paix continentale mettra l'Europe par rapport à la France (Londres, 1803) ; Apologie des émigrés français (Londres, 1804); Essai sur tes relations politiques de la Russie et de la France (Londres, 1805); Statistique de la France (1805, iu-8").

TINTAMARRE s. m. (tain-ta-ma-re. — D'après Pasquier, ce mot est un composé de tinter, faire sonner une cloche, et de marre, instrument pour fosserer la vigne. « Anciennement, dit-il, les vignerons avertissaient leurs compagnons de se retirer eu tintant ou frappant avec des pierres sur leurs marres. » De la viendrait le sens de vacarme, clameur). Bruit confus et retentissant; grand désordre accompagné de bruit : Un grand tintamarre se fit entendre. Quel tintamarre 1 ,

Les trompes et les cors font un tel tintamarre Que le bonhomme est étonné.

La Fontaime.

— Fig. Désordre, confusion: Au milieu de tout le TiNTAMAitRB du mariage du roi, leur mort ne fera pas le plus petit bruit, (Volt.) Et qu'est-ce que cela, s'il vous plait? Un tin- TaMarris d'incidents impossibles. (Poinsinet.)

Tintamarre (le), journal humoristique, dont le premier numéro parut le. 19 mars 1843. C'était un journal de littérature, de théâtre, de musique, de inodes et d'industrie. Des annonces remplissaient la moitié de la première page de cette feuille minuscule, qui habitait alors rue de Bondy et qui, dès le second numéro, paru quinze jours après, métamorphosait de la sorte son titre : le Tintamarre, critique de la réclame, Satire des puflistes, yournat d'industrie, de littérature, de musique, de modes et de théâtre. L'inuuscrie figurait avant la littérature, et, en etfet, c'était bien une feuille d'annonces qui faisait- alors sou apparition, avec MM. Lory et Commerson.

Rendre amusante la lecture des annonces, c'est-à-dire faire lire les annonces en les encadrant dans des racontars plaisants, en les saupoudrant de gros sel, tel a été le point de départ de cette publication hebdomadaire

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du dinianoïie, aujourd'hui si goûtée d'une partie du public parisien.

Les allures sans gêne du nouveau-né, son sans façon, son débraillé, sa tournure bohème, ses manières gamines, son franc-parler, ses farces de fumiste, ses charges d'atelier, son insouciance, plurent assez vite à la jeunesse.

Peu à peu, quiconque se sentait dans l'esprit quelque originalité vint apporter sa prose là où l'on s'efforçait d'être original.

Le jeune farceur n'était pas riche ; il payait peu, avait maille à partir avec les huissiers et autres gens graves.

C'est merveille de voir, en parcourant la collection d'alors, combien sont fréquents les changements de domicile ; on ne campe même pas, on perche.

Avec cela, on affecte un souverain mépris de l'abonné; on traite ses lecteurs de crétins ; on plaisante sa misère, et malgré tout une rédaction se groupe, se forme; le genre se dessine. On ne comprend pas encore quelle est la puissance de la machine qu'on manie, et l'on fait non des peintures, mais des ébauches.

M. Léon Bienvenu prit la direction du Tintamarre à l'époque de la funeste guerre de 1870. Les tristes événements qui venaient de s'accomplir, les désastres, le besoin que chacun, k son insu peut-être, éprouva da se relever un peu afin de contribuer dans la mesure de ses forces à relever la nation, le désir inconscient ou raisonné de ne se plus contenter d'innocentes plaisanteries, de calembours faciles, de coq-à-l'âue et de calembredaines, en un mot l'envie de vivre et de penser mieux que sous l'Empire, firent subir au Tintamarre lui-même une métamorphose toute particulière.

Sans doute ce gouailleur, ce badin, ce frondeur, ce rieur avait, durant l'épopée impériale, tenté de s'égayer aux dépens des grotesques alors plus nombreux que jamais, de mordre les coquins et les drôles qui tenaient le haut du pavé; mais il avait la muselière, sinon la livrée, des journaux et parvenait à peine de tempsà autre à faire une égratignure. Lagalerie s'amusait parfois d'une farce à double entente, mais la farce ne portait guère ; il lui était défendu de porter, par ordre supérieur. Les empereurs à sabre ne sauraient souffrir qu'on les raille, eux ou leurs créatures.

Devenu plus libre sous la République et désireux de combattre le bon combat, le Tintamarre aiguisa ses flèches, et se prit k guerroyer en tirailleur, en enfant perdu, un peu à la façon d'un gavroche n'ayant point l'âge d'un soldat et qui, lorsque la bataille est engagée, s'en va tout seul aux avant postes lâcher de démolir au moins un ennemi. Ni ses armes ni ses munitions ne sont eu apparence dangereuses , mais avec du courage on vient souvent à bout d'un plus fort que soi.

Que si, du reste, ce petit journal satirique n'est point équipé comme ses grands confrères et n'a à sa disposition ni canons ni mitrailleuses, il ne s'en faut pas prendre à lui. En vain il réclame la faveur de s'armer tout k fait en guerre afin de pouvoir lutter de manière efficace; en vain il s'est adressé à tous les ministres qui se sont succédé depuis le 4 septembre ; en vain il a proposé de verser le cautionnement grâce auquel il lui serait permis de prendre corps à corps les petits hommes et les grands abus.

Les ministres ont changé, mais le3 murs des ministères sont restés Ue pierre et n'ont point entendu les supplications qu'on n'a cessé de leur adresser.

On pourrait peut-être conclure de ce fait que le journal est craint; que les puissants redoutent sa franchise d'allure, ses critiques et ses bons mots.

Le rire du Tintamarre est resté le rire de bon aloi, le rire de nos pères, le rire gaulois. Sans doute ses propos sont quelquefois salés, mais il n'a point la prétention d'écrire pour des pensionnats ;. et s'il est libre en paroles, on ne lui saurait au moins adresser le reproche d'immoralité.

Loin de chercher dans le récit des scandales un élément de succès, il s'efforce de se montrer sans pitié pour tout ce qui est scandaleux. Si haut ou si bas que soient placés les hommes arrivés, s'ils n'ont point mérité lu position qu'ils occupent, à la moindre occasion le Tintamarre donne sa chiquenaude ou son coup de pied.

Rien ne trouve grâce devant loi, et personne n'est respecte, k moins qu'il ne mérite <le l'être.

■ Au Tintamarre, on ose et l'on écrit ce qui ne se pourrait écrire nulle part. On ne sait point reculer devant une epigramme ou un bon mot; tant pis pour les amis si cela tombe sur leur dos : c'est que les amis se sont exposés k être raillés.

On peut évidemment rejeter ce genre de polémique au dernier plan elle considérer comme secondaire; cependant, qu'on ne s'y trompe point; il s'attache un réel intérêt à ce dévergondage apparent, qui n'est autre chose en réalité qu'uu moyeu particulier, une manière piquante de battre en brèche les réputations surfaites, les actions mauvaises.

Depuis .1871, époque k laquelle, ainsi qu'on l'a dit, Léon Bienvenu en prit la direction, ce journal a revêtu une. forme littéraire plus satisfaisante.

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Définir nettement le genre tintamarresque est à peu près impossible. C'est un choc de mots inattendu d'où jaillit, non la lumière, mais le trait d'esprit; c'est une opposition d'idées bizarre, un k peu près incohérent, gai, fin ou mordant.

Lorsque Touchatout entreprend de nous montrer nos souverains en déshabillé et de faire la nique à nos légendes historiques, il écrit des phrases comme celles-ci ;

■ La Gaule était autrefois à peu de chose près le pays que nous occupons aujourd'hui. Elle était bornée d'abord par son ignorance crasse, ensuite par l'océan Britannique, le Rhin, etc. «

« Caribert répudia sa femme sous prétexte qu'elle avait vieilli. Pour combler le vide que faisait dans son ménage l'absence d'une femme de quarante ans, il en prit deux de vingt. Ces deux femmes étaient sœurs ; excellent moyen de n'avoir qu'une bellemère. »

« De sa première femme, Ermengarde, Louis le Débonnaire eut trois enfants et considérablement k se plaindre. >

« Charles IX percevait de lourds impôts, que Marie touchait »

■■ Indépendamment de Gabrielled'Estrées et d'Henriette d'Entragues, ses maîtresses attitrées, Henri IV fit une énorme consommation de sous - maltresses. Son excuse, c'est qu'il n'en avait jamais moins de huit à la fois.

■ Il faut dire aussi ksa décharge qu'il avait la pudeur de les entretenir dans la maison conjugale et de les faire manger toutes à la même table que sa femme.

» Plusieurs fois même, ceci est textuel, ses maltresses et la reine se trouvaient enceintes en même temps, si bien qu'au palais c'était souvent une aifaire de tous les diables pour distinguer le vrai dauphin d'avec les faux quand les nourrices les avaient mêlés. On fut obligé de leur attacher des numéros comme aux paletots que l'on dépose dans les vestiaires.

• Rien ne nous ôtera de l'idée qu'il a dû se produire des erreurs, et c'est pourquoi le droit divin nous donne de si furieuses envies de nous asseoir dessus. »

A côté de Léon Bienvenu, il serait injuste de ne pas citer Hippolyte Briollet, esprit fin, délicat et gaulois aussi, qui depuis de longues années a fait sa réputation au journal. Ses Pensées d'emballeur sont et resteront célèbres. Il nous faut aussi en citer quelquesunes.

■ Les femmes appelées anges sont celles qui se font prier. »

« L'addition se demande aux garçons, et la multiplication aux hommes mariés. »

«La jeunesse n'a qu'un temps : l'imparfait. <

• Il n'y a malheureusement pas de remède de bonne femme contre les mauvaises. •

La rédaction actuelle du Tintamarre compte encore quelques écrivains justement appréciés: Brévannes(A.Barbou) publie des chroniques littéraires non sans humour. Raoul Fauvel fait de jolis vers et Charles Leroy des cascades.

TINTAMARRE, îlot de 175 hectares de superficie, au N.-E. de l'Ile de Saint-Martin, qui dépend de la (iuadeloupe.

' T1NTAMARRER v. n. ou intr. (tain- ta ma-ré — rad. tintamarre). Faire du tintamarre :

Que l'on ne fasse point tintamarrer leurs armes.

Ciiautusslé.

— Activ. Faire du tintamarre contre : Elle eut beau le tintamarrer, tarabuster, sabouter (U'o de Caylus.)

TINTEMENT s. m. (tain-te-man — rad. tinter). Sun d'une cloche qui tinte; action de tinter une cloche : Le tintement de la cloche vibrait encore lorsque maître Sartini entra en personne. (Alex. Dum.)

— Tintement d'oreilles, Sensation d'un bruit aigu et continu, que l'on éprouve sans qu'il soit causé par un bruit extérieur.

— Patbol. Tintement métallique, Bruit particulier des voies respiratoires. '

— Encycl. Pathot. Tintement métallique.

LaSnneo donna ce nom à un bruit anomal qui se produit dans les voies respiratoires et qui, appartenant à la fois à la voix, k la toux et k la respiration, peut se faire reconnaître dans chacun de ces trois actes. C'est un bruit argentin, éclatant, métatlique, assez i omparable à celui qu'on produirait en laissant tomber une petite pierre dans une coupe de métal ou de cristal ; il peut être plus ou moins fort, plus ou moins prolongé, plus ou moins aigu.

Le tintement métallique serait un signe stéihoscopique précieux s'il n'était ir régulier, inconstant, souvent intermittent, apparaissant ou disparaissant suivant la position du malade, variant d'intensité et de durée.

On suppose, avec quelque raison d'ailleurs, que, pour que le bruit dont nous parlons puisse se produire, il faut qu'il existe dans le poumon une assez vaste cavité renfer- • mantdes gaz et des liquides; il coïncide presque toujours avec le souffle amphorique, la respiration caverneuse et le râle caverneux, ou avec le bruit de pot fêlé, h est l'indice de deux maladies différentes : 1° de l'hydropneuinothorax avec fistule pulmonaire ; ï<> de

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cavernes du poumon, conséquences ordinaires de la phthisie pulmonaire.

— Tintement d'oreilte. V. bourdonnement.

TINTENAGUE s. f. (tin-te-na-ghe). Syn.

de TOUTENAGUE.

TINTÉNIAC, bourg et commune -de France* (Ule-et-Vilaine), ch.-l. de canton, arrond. de Saint-Malo; pop. aggl., 791 hab. —pop. tôt., 2,184 h;ib. Eglise en partie du xive siècle.

TINTÉNIAC (le chevalier de), chef royaliste français, mort en 1795. Il entra tout jeune dans la marine, d'où il fut renvoyé à la suite de graves écarts de conduite. Lorsque éclata la Révolution , il se montra l'adversaire déclaré des idées nouvelles, entra dans fa conspiration de La Rouarie, dont il devint l'aide de camp, fut poursuivi après la découverte du complot et parvint à gagner l'Angleterre. Tinténiac réussit alors sans peine à intéresser le plus implacable ennemi de la Révolution, Pitt, à la cause royaliste et fut chargé par cet homme d'Etat de se rendre secrètement en Vendée pour s'y concerter sur les mesures à prendre avec les principaux chefs de la chouannerie. Après avoir couru mille dangers, Tinténiac arriva au château de la Boulaye, près de Châtillon, où étaient réunis les généraux royalistes, leur lit connaître sa mission, retourna en Angleterre après avoir obtenu une réponse favorable et détermina le départ de la première expédition anglaise, sous les ordres de' lord Moira, qui n'arriva qu'après la ruine presque totale du parti vendéen. Toutefois, Charette et Stofttet ayant organisé de nouveaux rassemblements, Tinténiac fut encore envoyé vers ces deux chefs en 1794 et eut, en retournant a Londres, une conférence avec le comte de Puisaye, qui lui donna le grade de chef de division parmi les chouans. Depuis lors, le chevalier de Tinténiac servit d'intermédiaire entre le cabinet de Saint- James et les royalistes. On le voit combattre avec valeur sous le chef breton Boishardy, refuserde signer le traité de LaMabilaiS, puis repasser en Angleterre. Les hostilités ayant recommencé peu après entre les républicains et les chouans, Tinténiac revint en Bretagne (1795). Ce fut lui qui tit le signal convenu au commodore de. l'escadre anglaise, sir John Warren, pour débarquer une expédition sur la pliigede Carnac.près deQuiberon. Chargé d'opérer une diversion denière l'armée de Hoche, il livra divers coinbats et périt de la main d'un grenadier républicain, dans un engagement près du château de Coetlogon.

TINTER v. a. ou tr. (tain -té — latin tinnitare, fréquentatif de tinnire, résonner, mot qu'où rattache a la racine sanscrite tan, retentir, résonner, tonner, proprement tendre, étendre, parce que la corde tendue est sonore)". Faire sonner lentement et en ne touchant avec le battant qu'un seul côté de la . cb.che que l'on frappe : Tinter là grosse cloche, la petite cloche.

— Faire entendre lentement, en parlant des sons d'une cloche: La cloche du village tintait des coups éloignés par intervalles égaux, (Balz.)

— Annoncer en tintant la cloche : Tinter la messe, les vêpres, te sermon, II Annoncer par des tintements, en parlant d'une cloche : L'horloge, tintait dise heures. La cloche tintait l'angelus.

— v. n. ou intr. Sonner lentement, par coups espacés: A ce moment on entendit une cloche tinter : c'était ta cloche de la prière du soir. (E. Sue.)

Et la cloche de la prière Tintait pour la derriièro fois.

MlLLEVOTE.

tl Etre sonné, annoncé par des tintements : Le tocsin tintait dans toute la ville. La prière, la messe, le sermon tinte. J'ai hâté mon di~ ner et couru à la prière du soir que j'entendais tinter. (Chateaub.) Il Produire un son aigu et vibrant : Elle fit tinticr son verre avec te bout de la lame de son couteau, (E. Sue.)

Ah ! je voudrais qu'on entendit

Tinter sur la vitre sonore

Le grésil léger qui bondit.

BéRANOEB..

— L'oreille lui tinte, Les oreilles lui tin- 'tent, Il y éprouve des tintements.

11 n'a paB un moment de repos en sa vie; Si l'oreille lui tinte, 6 Dieu ! tout est perdu. La Fontaihe.

Il Les oreilles doivent lui avoir tinté, Se dit en parlant d'une personne dont on a beaucoup parlé en son absence : Si les oreilles voua tintent, ne croyez pas que ce soit une vapeur; c'est que nous parions fort de vous. (Mme de Sév.)

— Le cerveau lui tinte, Il a le cerveau dérangé, il est un peu fou :

D'assez bon vin chaque jour une pinte Rajustera son cerveau qui lui tinte.

VoLTAlftE.

U Vieille loc.

TINTER v. a. ou tr. (tain-té — rad. tin). Mar. Assujettir, étayer avec des tins : Tinter la quille d'un navire. Tinter des caisses, des tonneaux dans l'entrepont.

Tinteru (abbaye de), ancienne et célèbre abbaye d'Angleterre, située à peu de distance de Chepstow et fondée en 1131 par Wulter

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Fitz-Rîchard de Clare, sur l'emplacement d'un ancien ermitage où la tradition veut que se soit .retiré Théodoric, roi de Glamorgan, après avoir abandonné son trône à son fils Maurice. Les étymologistes, partant de ce dernier détail, donnent pour racine a Tintern les deux mots din, forteresse, et teyrn, souverain. L'abbaye de Tintern, placée sous la règle de Clteatix, devint en peu de temps une des plus opulentes de l'Angle-« terre ; les moines y menaient une vie somptueuse et y pratiquaient magnifiquement l'hospitalité. C'est là que Henri II chercha un refuge contre les poursuites de la reine Isabelle, sa femme. Après la dissolution' des ordres religieux, le domaine de l'abbaye fut attribué en don par Henri VIII au comte de Worchester, des mains duquel il passa, après des fortunes diverses , dans la maison de Beaufort, qui le possède encore aujourd'hui. Les ruines de l'abbaye peuvent être mises au rang des plus pittoresques débris de l'Angleterre archéologique. Celles de l'église, construite en 1287, présentent encore un échantillon complet du style gothique. La toiture est enlevée; mais les pans de murs demeurent debout, ainsi qu'une partie des colonnes qui soutenaient les voûtes. Quatre grandes arches au-dessus desquelles s'élançait la tour de l'église s'élèvent au centre de la nef. Deux grandes fenêtres, à l'est et à l'ouest, conservent encore leur ornementation fouillée et délicate. Le pavé a disparu, et parmi la verdure gisent des débris de sculptures et des fûts de colonnes. Les Anglais, nation éminemment pratique, ont pris soin de faciliter la visite des ruines de Tintern par l'établissement de rampes en fer courant autour de l'édifice et permettant d'en suivre sans danger la corniche supérieure. De cette hauteur l'œil embrasse un ensemble imposant et peut juger des vastes proportions du monument, qui, encaissé au milieu de collines boisées sillonnées par la rivière Wye, gagne encore à ce cadre naturel, au point de vue de la poésie et de. la mélancolie du souvenir.

TINTHOIN (Pierre-François), théologien français, né à Paria en 1751, mort dans la même ville en 1826. Il se. fit recevoir docteur en 1778, entra dans la congrégation de l'Oratoire et devint professeur d'Ecriture sainte à la Sorbonne. Au début de la Révolution, il publia des brochures contre la constitution civile du clergé, puis éinigra en Angleterre. De retour à Paris après la conclusion du concordat, il y remplit les fonctions de curé des Blancs-Mante»ux, puis de chanoine pénitencier de la cathédrale. On a de lui : Nouvelle instruction en forme de conférence sur l'état actuel du clergé en France (Paris, 1791, in-8°), souvent réédité; Exhortations à tous les prêtres et fidèles de l'Eglise catholique, avec des notes essentielles sur la souveraineté des rois (Paris, 1792, in-S°); Choix, indications de pieuses lectures (1814, in-18).

T1NTIGNAC (Arnaud de), troubadour provençal. V. Arnaud.

TINTIN interjV (tain-tain — onomatop.).

S'emploie' dans le refrain de plusieurs chansons bachiques, pour imiter le choc des verres ;

Eh! va donc à tous les diables, Vilain médecin de chien !

Tintin, tintm, tinrelintin.

(Ancienne chanson.) Je vends, je donne et bois gatment

Mon vin et mon rogomme;

J'ai le pied leste et l'œil mutin,

Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin.

BÉR.ASOER.

T1NTINGUE, ville de l'île de Madagascar,; sur la côte E., vis-à-vis de l'Ile Sainte-Marie et à l'embouchure de la Manangourou , à 160 kilom. de Tainatava; pnr 16° 40' de latit. N. et 470 20' de longit. E. Le port, dont l'entrée est difficile, offre aux navires une sécurité parfaite. Les Hovas ont assez longtemps possédé Tintingue; les Français s'en emparèrent en 1829 et y fondèrent un établissement qu'ils ont abandonné en 1831. Cette ville est devenue la résidence du chef des Antavares.

T1NT1NIAC, village de France (Corrèze), commune de Naves, à S kilom. de Tulle. Tintiniac, aujourd'hui sans aucune importance civile ni commerciale, n'est autre que l'ancienne ville de Tintignacum, fondée par les "Romains et détruite par les Vandales sous l'empire d'Honorius, au- commencement du IV* siècle. Les arènes de cette cité antique, parfaitement conservées, sont un des plus curieux monuments archéologiques du centre de la France. Elles occupaient un espace ovalaire ayant 65 mètres sur son grand axe, 50 mètres sur son petit, qu'une courbe en maçonnerie à ciment, légèrement saillante, indique sur le pourtour. Sur quelques points, la courbe laisse apercevoir des débris de gradins également circulaires. En 'se dirigeant plus au nord- du village de Tintiniac, on retrouve toutes les fondations des anciens bains de César. Sur un espace de plus de 130 mètres, entre ces bains^t les arènes, des fouilles récentes ont amené la découverte de fragments de marbre blanc ciselés , de pavés de mosaïque qui décoraient autrefois ces bains et de nombreux débris d'architecture. On a cru avoir trouvé les restes de la voie romaine qui faisait communiquer Tintignacum avec Rastiatum (Limoges) ; mais on a re-

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connu depuis que ce n'était là qu'un embranchement de la grande voie qui venait de l'A vernie, passait par Eygueraude, Ussel, après avoir longé la ville de Tulle, où un autre embranchement se dirigeait sur Uzérche.

TINTINNUS s. m. (tain-tinn-nuss — mot latin signif. grelot, clochette ). Infus. Genre d'infusoires, de la famille des vorticelliens, réuni par plusieurs auteurs au genre vaginicole.

TINTO, ancienne Urium, rivière d'Espagne. Elle prend sa source dans la sierra Morena et se jette dans l'Atlantique, après un cours de 100 kilom. Son principal affluent est le Puerco. Cette rivière tire son nom de la couleur de ses eaux, qui sont, dans la majeure partie de son cours, si jaunes et si amères, qu'aucun animal, excepté la chèvre, ne peut en boire. Les vignobles qui bordent ses rives produisent des vins estimés.

TINTO, rivière de l'Amérique centrale.

Elle prend sa source dans la région septentrionale de l'Etat de Mosquitos (Guatemala), se dirige vers le N. et, après un cours d'environ 220 kilom., se déverse dans la mer des Antilles.

TINTOBET (Jacopo Robusti, dit LK), l'un des plus illustres peintres de l'école vénitienne, né à Venise en 1512, 'mort en 1594. Son père était teinturier (en italien tintore), ■d'où le surnom sous lequel il est généralement connu. U fut d'abord élève du Titien, et l'on raconte que ce mattre ne put voir sans inquiétude et sans envie les rares dispositions de son élève et qu'il le renvoya de son atelier. Cette jalousie du maître est lissez attestée pour qu'on ne la révoque pas en doute; mais le Titien répara plus tard noblement ce que ce premier mouvement avait d'indigne de lui, et quant au Tintoret, sans s'en fâcher d'aucune façon, il eut toujours la vénération la plus profonde pour le grand peintre; il se donnait même comme but suprême de ses efforts « d'unir le dessin de Michel-Ange au coloris du Titien. » Longtemps pauvre, il se livra à des études persévérantes et se fit enfin connaître par des œuvres qui le firent ranger parmi les plus grands artistes d'un siècle qui fut le point culminant des arts en Italie. Doué d'une fécondité prodigieuse et d'une rapidité d'exécution égale à la fougue de son imagination, il exécuta un nombre immense de tableaux, parmi lesquels il en est, il est vrai, qui sont indignes de son génie, mais dont un grand nombre sont des chefs-d œuvre. On accuse de cette hâte, qui est restée visible dans beaucoup de ses tableaux et qui les dépare, l'avidité de sa femme, qui, ne songeant qu'à l'argent, le forçait de travailler vite; on a dit aussi qu'il aimait l'argent autant qu'elle et qu'il avait trois pinceaux à son service, suivant la comme qu'on lui' offrait. Le vrai coupable, c'est son imagination exubérante, peu faite pour le labeur patient, pour les compositions savamment équilibrées. Sa grande facilité et la longueur de sa carrière, car il atteittnit l'âge de quatre-vingt-deux ans, expliquent d'ailleurs le nombre prodigieux de ses tableaux.

Une des premières toiles qui attirèrent l'attention sur lui fut son Miracle de l'esclave, qu'il peignit à trente-six ans pour l'école de Saint- Marc, à Venise, et qui est aussi appelée le Miracle de saint Marc (Venise, Académie des beaux-arts). Il représente la délivrance, ■ par l'intervention du patron de Venise, d'un esclave condamné au supplice. » C'est, dit M. L. Viardot, une vaste scène en plein air, qui réunit une foule de personnages groupés sans confusion et concourant tous au sujet, dont l'unité reste parfaite. Au milieu de ces gens- assemblés pour la vue du supplice et témoins du miracle, l'esclave, couché nu par terre et dont les liens se rompent d'euxmêmes, ainsi que le saint évangéliste étendu dans l'air comme si des anges le soutenaient, offrent des raccourcis d'une audace et d'un bonheur inexprimables. L'un se détache en clair sur des costumes de couleur sombre; l'autre est sombre sur un fond d'éblouissante clarté. Tous vivent, tous s'agitent; on voit la foule remuée par l'étonnement et l'effroi, et l'on comprend alors la vérité de cette es-

fièce de proverbe, admis par les artistes itaiens, que c'est chez le Tintoret qu'il faut étudier le mouvement. D'ailleurs, la liberté magistrale du pinceau, le jeu savant des lumières, l'harmonie et la finesse des tons, la vigueur inouïe du clair-obscur, toute la magie du coloris portée à sa dernière puissance font de ce tableau une œuvre éblouissante, enchanteresse, prodigieuse, qu'on devrait appeler non plus le Miracle de saint Marc, mais le miracle du Tintoret. i Les mêmes éminentes qualités se remarquent dans toutes les œuvres de la première partie de sa carrière et qui se trouvent, pour la plupart, à- Venise : la Cène, les Noces de Cana, à Santa- Maria-della-Salute; \& Résurrection, a Saint- Georges-Majeur; la Piscine probalique , à Saint-Roch; la Vierge entourée de saints, dans l'église San-Zunipolo; les Prodiges précédant te jugement dernier, la Présentation au temple, ['Adoration du veau d'or, Sainte Agnès ressuscitant le fils du préfet Sempronius, à Sunta-Maria-dell' Orto ; le Premier péché, le Premier meurtre, Epulon et Lazare, Sainte Agnès, le Portrait du doge Mocenigo, une Ascension, une Madone et une Vierge

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glorieuse ou Assomption, à l'Académie des beaux-arts. Ces derniers tableaux sont classés parmi les chefs-d'œuvre de l'école vénitienne. Toutes les églises de Venise possèdent jusqu'à douze ou quinze toiles du Tintoret; aussi n'avons-nous cité que les principales. Parmi celles qui sont dispersées dans les autres villes de 1 Italie ou dans les divers musées de l'Europe, nous nous contenterons de mentionner : deux admirables portraits, dans la galerie des Offices, à Florence ; une Naissance de Cupidon, une Résurrection et divers portraits, au palais Pitti ; une Conception, dans l'église de la Madonnetta, à Gênes; une Déposition du Christ, à la pinacothèque de Milan; Narcisse à ta fontaine et divers portraits, au palais Colonna, à Rome; Y Adoration des bergers et le Repas chez Simon, à la pinacothèque «le Munich ; la Femme adultère, Archange précipitant du ciel les démons, le Parnasse, Un concert, au musée de Dresde; une Résurrection des saints, Saint Georges, Persée délivrant Andromède, au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Le musée de Madrid est, après l'Académie des beaux-arts de Venise, le plus. riche on tableaux du Tintoret; il en possède trente-cinq, dont la plupart sont des œuvres capitales : la Madeleine, la Sagesse chassant les Vices, Judith et Holopherne, Esther devant Assuérus, une Bataille excessivement fougueuse, la Mort d.' Holopherne, Tarquin et Lucrèce, tableau dans lequel le maître a mis une violence sauvage; il en existe un double au musée de Vienne; la Cène, très-belle composition, mais que le temps a, pur malheur, fort altérée; la Femme de Putiphar et te chaste Joseph, Scène de l'Ancien Testament, Suzanne et les vieillards, Déposition de croix, divers portraits de cardinaux, de sénateurs vénitiens et de patriciennes, la plupart d'une grande beauté. Le Louvre ne possède que trois tableaux du'Tintoret : Suzanne au bain, le Christ mort entre deux anges, le Paradis, esquisse d'une grande composition, que l'artiste devait peindre au palais ducal, à Venise, et deux portraits, celui d'un inconnu et le sien, œuvre de sa vieillesse, car il s'est représenté portant une longue barbe blanche, tel qu'il dut être à soixante-dix ou quatrevingts ans. Une autre esquisse, celle de la Cène, du musée de Madrid, lui est également attribuée et n'est peut-être que d'un de ses élèves.

L'esquisse du Paradis que possède le musée du Louvre appartient à une remarquable série de compositions que le Tintoret fut chargé d'exécuter vers la tin de sa vie et qui furent ses dernières œuvres; nous voulons parler de la décoration de diverses salles du palais des doges. Le vieux maître y a couvert de peintures, et toujours avec une imagination étonnante , d'immenses espaces. L'ensemble de ces compositions comprend, dans la salle du Grand-Conseil : la Gloire du paradis, vaste toile d'environ 1,528 pieds carrés (74 pieds de largeur sur 22 pieds et demi de hauteur), qui couvre tout le mur du fond et devant faquelie on plaçait le trône du doge; cette toile est meublée d'innombrables groupes de patriarches, de prophètes et de saints en adoration devant le Christ et la Vierge, placés au second plan, et qu'entoure une multitude d'anges, d'archanges et de séraphins; l'esquisse du Louvre ne reproduit qu'un premier projet de l'artiste, très-dissemblable de celui qu'il a exécuté; une immense allégorie, symbolisant la République de Venise et faisant pendant, au plafond, au même sujet peint par Paul Véronèse; Vïctoire navale des Vénitiens remportée sur le prince d'Esté; Victoire navale remportée par Etienne Contarini; Victoire de J. Marcello sur les Aragonais; Brescia défendue par F. Barbara; série de Portraits des doges; dans la salle du Scrutin : Bataille et prise de Zara, composition presque aussi vaste que la Gloire du paradis ; autre série considérable de Por' traits des doges; salle des Quatre-Portes : Venise conduite par Jupiter sur l'Adriatique; Junon offrant son paon à Venise; Venise brisant ses chaines, trois tableaux allégoriques d'une grande unité d'impression ; dans la salle de l'Anticollége : Mercure et les Grâces; les Forges de Vulcain; Pallas chassant Mars d'auprès de Vénus; Ariane couronnée par Vénus; dans la salle du Collège : le Doge André Gritti devant la Madone; Fiançailles de sainte Catherine; Assomption; le Doge Mocenigo adorant le Rédempteur ; dans la salle du Sénat : le Christ mort ; le Doge Pierre Loredano devant la sainte Vierge; Venise dans les nues; dans la chambre de la Chapelle : Saint Jérôme et saint André; Saint Louis, saint Grégoire et sainte Marguerite : dans la salle dite Vestibule carré : un plafond représentant la Justice donnant son épée et sa balance au doge; dans la chambre des Stucs : le Portrait de Henri III.

« On ne trouvera pas au monde un plus puissant et un plus fécond tempérament d'artiste, dit M. Taine. Par beaucoup de traits, il ressemble à Michel-Ange. Il approche de lui par l'originalité sauvage et l'énergie de la volonté...' Des toiles de 20, de 40, de 70 pieds, comblées de ligures grandes comme nature, renversées, entassées, lancées en l'air, avec les raccourcis les plus violents et les plus splendides effets de lumière, suffisent h peine à recevoir le jet pressé, enflammé, éblouissant de son cerveau. Il en couvre des églises entières, et toute sa vie, comme celle de Mi-

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cheï-Ange, s'est dépensée là... Il est démesuré en tout, dans les dimensions comme dans la conception. Les esprits académiques, à la tin du xvie siècle, l'ont décrié comme outré et négligent; ce qu'il y a de prodigieux et de surhumain dans son génie choque les âmes ordinaires ou tranquilles ; mais la vérité est qu'on n'a pas revu ni vu un pareil homme ; il est unique en son genre, comme Michel- Ange, Rubens, Titien. Qu'on l'appelle extravagant, emporté, improvisateur; qu'on gronde contre les noirceurs de son coloris, contre les renversements de ses figures, contre le désordre de ses groupes, contre la hâte de son pinceau, contre la fatigue et la manière qui parfois introduisent un métal usé dans sa fonte nouvelle ; qu'on lui reproche tous les défauts de ses qualités, j'y consens ; mais une pareille fournaise, si ardente, si regorgeante, avec de telles saillies et de tels crépitements de flammes, avec un jet si haut d'étincelles, avec des éclairs si soudains et si multipliés, avec un flamboiement si continu de fumées et de lumières inattendues, on ne l'a point connue ici-bas... Il ne choisit pas, sa vision s'impose à lui; une scène imaginaire lui apparaît comme réelle; d'un élan, à l'instant, il la copie avec ses bizarreries, son imprévu, son énormité, son fourmillement; il découpe un morceau de la nature et le transporte sur la toile tel quel, avec l'imprévu et la puissance de la création spontanée, qui ne connaît ni les combinaisons ni le tâtonnement, (Je ne sont pas deux ou trois personnages qu'il peint; c'est une scène, un fragment de la vie, tout un paysage et toute une architecture peuplée. •

Le Tintoret avait une fille et un fils, qui tous deux s'adonnèrent à la peinture. Sa fille, Maria Robosti, également connue sous le nom de Marietta Tinloreita,nèe à Venise en 1560, morte en 1590, apprit, sous la direction de son père, à aimer les ans et les cultiva avec succès. Elle acquit comme en jouant . les éléments du dessin, puis de la peinture, et, toute jeune encore, elle était regardée comme devant presque égaler son père. La mort ne laissa pas à la prédiction le temps de s'accomplir ; Marie mourut lorsque son talent et son originalité étaient en pleine éclosion. C'est surtout dans la portrait qu'elle excellait. Sa touche, facile et gracieuse, saisissait parfaitement la ressemblance ; son coloris était admirable. La fille du Tintoret était encore excellente musicienne. Elle fut mariée à un joaillier fort habile en son art, nommé Marie-Auguste. Tout le monde connaît la toile pleine de sentiment à la fois et de grandeur, due à M. Cogniet, et représentant le Tintoret faisant le portrait de sa fille morte, — Le fils du Tintoret, Dominique Robusti, né à Venise en 1565, mort dans la même ville en 1637, fut un de ses bons élèves; mais il n'hérita point de son génie. Il fut un très-bon portraitiste; mais il Se montra de beaucoup intérieur a son père dans ses grandes toiles. Néanmoins, il en imita les airs de tête, le coloris, et donna plus de fini à sa peinture. Vers la fin de sa vie, il tomba dans le maniéré, qui commençait à être de mode. On cite, parmi ses meilleurs tableaux, une Madeleine pénitente, que l'on voit au Capitule et qui est d'un excellent coloris. Son œuvre la plus considérable consiste dans une partie de la décoration de la salle du Grand- Conseil, au palais des doges, où il travailla en même temps que son père. 11 a peint là trois grandes pages : un Combat naval à la hauteur de Pisuno, la Prise de Constautinbple par les Vénitiens en 1204 et la Reddition de Zara; ces compositions ne sont pas sans mérite.

Tintoret (PORTRAIT DU), BU musée du LoU-

vce. Le grand artiste s'est peint lui-même dans sa vieillesse, en buste et vu de face. Il a les cheveux courts, la barbe longue et blanche, les joues creuses, le front sillonné de rides , les yeux enchâssés sous d'épais sourcils, les paupières fatiguées. Il est vêtu d'une toge noire bordée de fourrure. On lit au haut du tableau : IACOBVS . TENTORE- TVS.PICT0» VENT«™, et plus bas : IP- S1VS F. (Jacopo Tintoretto, peintre vénitien, a fait ce portrait de sa propre personne). La couleur de ce tableau est trèssombre, la touche paraît un peu faible en certains endroits; mais l'ensemble a beaucoup de caractère. Il est difficile d'oublier ce portrait une fois qu'on, l'a vu. Il a été gravé dans le Musée Fit/toi (V, pi, 299) et dans l'Histoire des peintres de toutes les écoles.

Le Tintoret s'est représenté une autre fois, la main posée sur un livre. Cette peinture, qui a été gravée par Marcenay de Guy, a figuré à la vente de la comtesse de Verrue, en 1761. Des portraits du Tintoret peints par lui-même se voient au musée des Offices et dans la galerie du duc dô Bedfort, en Angleterre. Paul Véronèse a peint son illustre compatriote parmi les figures de musiciens qu'il a placées sur le devant de son grand tableau des Noces de Cana.

Léon Cogniet s'est conformé aux indications du portrait du Louvre dans son beau tableau dû Tintoret peignant sa' fille morte, qui appartient au musée de Bordeaux et qui a été gravé par Achille Martinet et lithographie par Aug. Lemoine. Nous'consacrons ciaprès un article spécial à cette composition. M. Jeunron a peint le Tintoret et sa fille dans la campagne. Un tableau de M. L. Roux, re-

TINT0

latif à Marietta Tintoretta, a été exposé au Salon de 1850. Enfin, le Tintoret s'est encore peint lui-même, recommandant son fils au doge de Venise, dans un tableau qui appartient à la pinacothèque de Munich.

Tintoret et l'Arétin, tableau d'Ingres ; collection de M. Marcotie-Genlis, à Paris. On suit avec quelle outrecuidance l'Arétin distribuait à chacun le blâme et l'éloge ; il écrivit au Tintoret, à propos du Miracle de saint Marc ; « Votre tableau a arraché à tout le ■ mondé des applaudissements. Il n'y a personne dont le nez, si enchifrené qu'il soit, ne sente la fumée de l'encens qu'on brûle pour lui. Tout dans cette toile paraît animé et vrai plutôt que feint et imité... Que vous seriez heureux, si vous pouviez tempérer l'ardeur de votre génie et -modérer par un peu de patience votre vitesse dans l'exécution ! ■ Le compliment était mitigé par une critique ; mais, à tout prendre, c'était un compliment. Par la suite, l'Arétin, pour complaire au Titien, mordit plus d'une fois le Tintoret dans ses satires. Celui-ci, sensible à la louange, l'était plus encore à la raillerie. Un jour, rencontrant l'Arétin, il l'aborda d'un air souriant et lui proposa de lui faire son portrait, disant qu'il espérait ainsi aller à l'immortalité en compagnie de son modèle. La proposition fut accueillie sans défiance, et l'Arétin se rendit dans l'atelier du peintre. A peine fut-il en place pour la pose, que l'artiste, d'un air furieux, tira de dessous son vêtement un grand pistolet: «Ciell que faites-vous, Jacopo? » s'écria le poète épouvanté, qui voyait le moment de rendre ses comptes. Le peintre s'approcha et, l'ayant toisé avec son arme de la tête aux pieds : « Vous avez deux pistolets et demi de haut, > dit-il froidement. L'Arétin parut prendre la chose en riant; mais, depuis ce jour-là, il jugea prudent de couper court h ses médisances.

C'est cette anecdote qu'Ingres a retracée dans un petit tableau qui a paru à l'Exposition universelle de 1855 et de qui Th. Gautier a dit : >On croirait cet ouvrage peint à Venise par un contemporain. « A dire vrai, la manière dont la scène est traitée n'a rien d'académique ;■ les figures sont d'un dessin très-ferme, mais ne visent point au style; les costumes sont peints avec un soin tout particulier et la couleur du tableau ne manque ni de solidité ni d'éclat.

Le même sujet a été représenté par P.-N, Bergeret, dans un tableau qui a été exposé au Salon de 1822.

Tintoret peignnnt ma fille morte (LE), tableau de M. Léon Cogniet, au musée de Bordeaux. Ce tableau est une composition grave et triste, qui fut une des œuvres d'art les plus remarquées du Salon et de l'Exposition universelle de 1855. Maria Robusti vient de mourir; sa tête, empreinte de cette beauté surhumaine que donnent au visage les premières'lueurs du repos éternel, est appuyée sur des oreillers et éclairée par une lampe cachée derrière un rideau rouge. La pâle jeune fille, rosée par les reflets de la lumière, semble plutôt endormie que morte ; son pur profil, calme et froid, encadré de blonds cheveux, se détache sur les fonds assombris ; sa frêle épaule apparaît à travers le lin du vêtement; ses formes charmantes se dessinent sous le drap qui doit lui servir de linceul. Elle est fort belle : l'ange de la mort ne l'a point défigurée en la baisant sur les lèvres. Devant elle, regardant d'un œil agrandi par les larmes ces traits chéris qu'il essaye de reproduire, Tintoret, blanchi par l'âge, appesanti par la douleur, semble demander à Dieu pourquoi c'est elle et non pas lui, le vieillard, qui est appelé à .une vie nouvelle. Toutes les tristesses semblent être descendues sur cette tête puissante que rien jusque-la n'avait pu courber et qui maintenant ne connaîtra plus la joie. Le modelé de ce tableau a été amené à un degré de perfection rare ; le ton général, que la lumière, tamisée à travers des draperies de soie rouge, rend'presque grise, n'est pas très-agréable au premier aspect ; mais bientôt on l'oublie, pour ne plus voir que le sentiment profond qui anime cette composition. La Maria Robusti de M. Cogniet est beaucoup plus belle que celle dont le portrait se trouve à Florence; c'est cependant le même type de visage; mais il a été trèsheureusement idéalise par l'artiste. Quant au Tintoret, il est évidemment peint d'après son portrait fait par lui-même, que nous avons au Louvre; c'est bien son visage carré, intelligent, boudeur, avec son front large, sa barbe blanche et sa bouche songeuse; mais ce n'est point cet œil fatigué, plein de rêveries absorbantes et profond comme l'infini que nous avons admiré si souvent. Il ne nous semble pas, au reste, que M. Léon Cogniet ait suffisamment rendu l'émotion poignante que devait ressentir le Tintoret dans un tel moment. Le spectateur est ému, sans doute, mats bien plutôt par l'effet de sa propre imagination que par la vue du sujet qu'il embrasse du regard.

TINTOUIN s. m. (tain-toin — rad. tinter). Bourdonnement, bruit confus dans les oreilles : Avoir un tintouin dans les oreilles, il Peu usité.

— Fam.Inquiétude, embarras qu'on éprouve : Avoir du tintouin. Ce mariage, ce procès lui donne bien du tintouin. Quoi qu'elle puisse être, elle nous donne bien du tintouin. (Balz.)

- TIOL

J'ai des tintouins domestiques, que j'étouffe dans le silence de mon cabinet. (L.Lurine.) — Encycl. Méd. V. bourdonnement.

Tint?™ (temple de), près de Thèbes, en Egypte. Ce magnifique édifice, le premier qui ait frappé les yeux de la commission scientifique, lors de l'expédition en Egypte du général Bonaparte, présente dans l'ensemble de ses constructions un échantillon de l'architecture égyptienne dans ses différentes phases. Le naos remonte à l'époque de Touthmosis, et le portique extérieur date du règne des Ptolémées. Outre les inscriptions hiéroglyphiques, ce portique est chargé d'inscriptions grecques. Au milieu de la corniche, se voit en relief une tête d'Isis, qui, répétée partout, fait supposer que ce sanctuaire était dédié à la bonne déesse. Au-dessous, sur l'entablement, est le globe ailé, qui occupe la place ordinaire. Le temple est ceint d'un portique de vingt-quatre colonnes qui, selon l'habitude égyptienne, sont' surmontées d'un cube de granit, sur lequel repose l'architrave. En entrant par la porte que nous venons de décrire, on rencontre une salle entièrement peinte et dont les plafonds sont chargés d'un zodiaque sculpté et peint ; les personnages y sont figurés en couleur naturelle, sous un fond bleu semé d'étoiles jaunes. La pièce qui suit, soutenue par six colonnes, est fort enfouie et ne reçoit le jour que de la porte ; les chapiteaux des colonnes qui soutiennent les plafonds de cette pièce sont composés du motif employé à une place analogue dans le portique d'entrée, plus un chapiteau évasé en forme de fleur de lotus. Cette pièce, sombre est suivie d'une pièce noire qui conduit à son tour dans une pièce très-ornée, mais non très-elaiie ; elle recevait un peu de jour des larmiers situés auprès du plafond; on remarque sous l'embrasure du larmier des gouttes triangulaires qui vont toujours en se chassant et en s'ograndissant. La fa- ,çade du fond est percée d'une magnifique porte qui s'ouvrait sur le sanctuaire et lui versait le peu de lumière qu'il était susceptible de recevoir. Outre ces grandes salles, le temple de Tintyra contient plusieurs pièces latérales sans aucun ornement; dans l'une d'elles, on a pratiqué un escalier dont les marches n'ont que t pouces de hauteur, et qui conduit à la terrasse de la nef du temple, d'où un autre escalier latéral montait encore sur la plate-forme la plus élevée du portique. Les sculptures de ces escaliers sont aussi soignées et aussi nombreuses que celles du sanctuaire ; celles de l'escalier sont pour la plupart des figures de prêtres et de guerriers présentant des offrandes. Le long des marches qui montaient à la plate-forme du péristyle, étaient quatorze divinités sur quatorze marches. A la partie extérieure du fond du temple, on voit une tête d'Isis de proportions colossales, et k laquelle deux figures représentées en bas-relief semblent offrir de l'encens. Les peintures du temple de Tintyra sont d'une roideur archaïque, qui n'exclut pas tout à fait la grâce. Les déesses sont plus gracieuses que belles : de la rondeur, de la volupté; le nez petit, les yeux peu ouverts et relevés à l'angle extérieur ; les pommettes des joues un peu grosses, la bouche grande, mais riante et gracieuse, etc.

TINUS s. m. (ti-nuss). Bot. Syn. de viorne et de cléthra, genres d'arbrisseaux.

TINY s. m. (rt-ni). Ornith. Espèce de faucon qui habite la Guyane.

TIODA , architecte espagnol, qui vivait ,dansleixe siècle. Sur l'ordre d'Alphonse le Chaste, roi des Asturies, il embellit la ville d'Oviedo de plusieurs édifices remarquables. On cite notamment de lui : la basilique de Saint-Sauveur , qui fut démolie en 1380 ; deux autres églises, l'une dédiée à la Vierge, l'autre à Saint-Michel, lesquelles existent encore ; l'église Saint-Julien extra muros, et le palais du roi. Sons don Ramire, il construisit dans les environs d'Oviedo l'église Sainte-Marie et l'église Saint-Michel. Cette dernière, dans le style gothique et de petites dimensions, est si belle qu'elle a servi de modèle à un grand nombre des églises les plus remarquables de l'Espagne.

TIŒBN, île de la Suède (Gothembourg), dans le Cattégat , entre Marstrand et Oroust. Elle a environ 60 kilom. de circou-1 férence, et ses côtes sont extrêmement irrégulières. On y élève beaucoup de bétail, et la pèche y est très-active.

TIOGA, rivière des Etats-Unis. Elle prend sa source dans les monts Allaghauy , en Pensylvanie. 'Elle arrose l'Etat de New-York, rentre en Pensylvanie et se jette dans le Susquebannah, à Athens, après un cours d'environ 200 kilom. Son principal affluent est la Cochqcton.

TIOGA, comté des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, Etat de New-York, compris entre ceux de Tomkins, Cortland, Brame, Steuben et l'Etat de Pensylvanie. Ch.-l.' Spencer; 35,000 hab, environ.

TIOGA, comté des Etats-Unis del'Amérique du Nord, Etat de Pensylvanie, entreles comtés de Bradfort, Lycoming, Potter et l'Etat de New- York. Ch.-l. Wellesboiough; 15,000 hab.

TIOLIER (Nicolas - Pierre) , graveur et sculpteur, né à Paris en 1784, mort dans la

TIPA

même ville en 1843. 'Il était neveu de Benjamin Duvivier et fils de Pierre-Joseph Tiolier, qui avaient été, l'un et l'autre, graveurs généraux des monnaies de Fiance, Nicolas- Pierre fut élevé sous la direction de son père et remporta à vingt ans le grand prix de "gravure sur pierres fines. Envoyé alors à Rome, il acquit le talent de composition qui distingue tous ses ouvrages et y apprit cette vigueur de touche qu'on remarque dans tout ce qui est sorti de son burin. De retour en France, il s'associa aux travaux de son père, à qui il succéda en 1817 co.mme graveur général des monnaies. Il exécuta en cette qualité un grand nombre de types monétaires, particulièrementlessceauxdesrois Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, la double série des poinçons qui ont servi à la garantie des matières d'or et d'argent, des médailles d'un mérite rare et de remarquables pierres gravées. Tiolier s'adonna en outre à la sculpture et exécuta en marbre, notamment : l'Amour subjuguant la Force, groupe qu'on voit au château de Conipiègne ; un Faune jouant de la flûte, bas-relief ; une Vierge assise avec l'Enfant Jésus, groupe de grandeur naturelle, etc. Il avait été nommé par Charles X officier de la Légion d'honneur.

TION s. m. (ti-on). Techn. Caillou ou fer plat dont on se sert pour tirer les cendres du creuset.

TIOQUET s. m. (ti-o-kè). Ornith. Nom vulgaire du pinson des Ardennes.

TIOTOE, île de la mer du Nord, sur la côte O. de la Norvège (Nordland), à 4 kilom. S.-S.-O. d'Alstahang, par 65» 52' de latit. N. et par 10<> 12' de longit. E. Basse et entièrement dépourvue de rochers, elle forme une véritable plaine, presque au pied des masses gigantesques d'Alstahang. Cette île est regardée comme un des endroits les plus fertiles du Nordland ; le sol y est excellent et l'on en tire un très-bon parti.

TIOUBALLO, peuplade de la Sénégambie, dans l'Afrique occidentale. Elle habite le Fouta, sur le bord de l'océan Atlantique, et appartient à la race nègre des Toroilo.

TIOUKÉA, lie de la Polynésie, une de celles de l'archipel de la mer Mauvaise, par îoo 28' de latit. S. et 147<> 16' de longit. O. Elle est basse et a environ 40, kilom. dans sa plus grande largeur. Au centre, se trouve un grand lac. Le sol en est fertile, quoique sablonneux. Il n'y existe d'autres qundrupèdes que des chiens. Les indigènes, qui sont d'une couleur bronzée Irès-foncée, se tatouent et vont entièrement nus. Leur langage ressemble à celui des Otahitiens.

TIOU-MANTEW, génie funéraire, dans la mythologie égyptienne. Fils d'Osiris, il était chargé, avec ses frères Hapi et Amset, de veiller' à la conservation des principaux viscères de l'homme.

TlOUMEN, ville de la Russie d'Asie, sur la rive de la Toura, à son confluent avec la Tioumenka, gouvernement et à 200 kilom. de Tobolsk, par 57° 10' de latit. N. et par 63» 1 1' de longit. E.; 15,000 hab. Elle possède une fonderie de cloches, ainsi que des tanneries considérables. Fondée en 1586, elle est la première ville bâtie par les Russes en Sibérie.

T1PAMMÂ, divinité féminine de l'Inde, dont' le culte est bien le plus obscène qui se puisse imaginer. Voici, d'après le récit d'un voyageur contemporain dont la véracité ne saurait être mise en doute, quelques détails sur une fête fameuse qui se célèbre tous les ans en l'honneur de cette déesse, dans un petit temple qui lui est consacré à Mougour, village situé à peu de distance' de Seringapatam, dans le Mysore. La déesse, placée sur un palanquin superbement orné, est portée en procession dans le3 rues; devant elle est une autre divinité mâle. Ces deux figures, complètement nues, sont posées dans l'attitude la plus contraire à la pudeur, et, à l'aide d'un mécanisme, un mouvement particulier leur est imprimé tant que dure la marche du cortège. Ce tableau repoussant, bien digne de la multitude abrutie qui le contemple, excite des transports d'hilarité qui se manifestent par des acclamations et des éclats de rire. Ce n'est pas tout. On choisit un paria qui ait fait une étude particulière de tout ce que les idiomes de l'Inde contiennent d'expressions obscènes et ordurières; la déesse Tipamma est évoquée et vient résider en sa personne. Alors, c'est à qui viendra se présenter devant cet homme, pour se faire dire ce que chez nous, en langage des halles, on appelle des mots de gueule; et certes , chacun est servi'à souhait. Comme c'est Tipamma qui est censée parler par la bouche du paria, loin de s'en offenser, les dévots se retirent très-satisfaits que la déesse ait bien voulu les accabler d'injures. On voit des Indiens du premier rang accourir à cette fête pour y briguer cet honneur. La déesse Tipamma n'est pas la seule de sa famille ; elle a six sœurs qui ne lui cèdent en rien en fait de décence et d'urbanité. Chacune d'elles a son temple soumis aux mêmes rites que le temple de Tipamma au village de Mougour. Dans tout le sud du Mysore, depuis Alambady jusqu'à Wynad, dans une étendue de plus de 30 lieues , ces bacchanales sont dans le plus grand crédit.

TIPASA, en arabe Tfassed, petit port d'Algérie, département et à 92 kilom. O. d'Alger,

TIPH

à2i kilom. E. de Cherchera lîextrémitéO. de la plaine de la Mitidja. Le port, bien abrité des fréquents vents d'O., est destiné à acquérir une certaine importance commerciale ; un poste de douane y est installé. » C'était, dit M. L. Piesse, une colonie de vétérans, fondSe par l'empereur Claude , qui lui accorda le droit latin. Cette ville est mention née par Ptolémée et dans l'itinéraire d'Antonin. C'est de Tipasa qne partit en 371 le comte Théodose , pour combattre dans l'Anchorarius (Ouaransenis) contre les Mazices et les Musones alliés du rebelle Firmus. Le roi vandale Hûneric (484) ayant envoyé un évêque arien aux catholiques de Tipasa, pour les obliger à embrasser l'hérésie d'Arius, une grande partie de la population s'enfuit en Espagne, et ceux qui ne purent s'expatrier, ayant refusé d'apostasier, eurent la main droite et la langue coupées.

» L'existence de Tipasa de l'O. (il y avait une autre Tipasa dans la province de Con- Stuntine), prouvée par les faits historiques ci-dessus, l'est encore par les ruines qui couvrent le sol en dedans et en dehors de 'son ancienne enceinte. Les principales sont celles de l'église, carré long (le 60 mètres sur 30, à l'E.; d'un théâtre à, 1 0.; d'un quai; de citernes voûtées près du port, alimentées par l'aqueduc de 1 oued Nador, dont on retrouve des restes jusqu'auprès de Marengo, et qu'on pourra facilement rétablir quand la nouvelle population de Tipasa sera plus importante; d'un prétoire et d'un gymnase au S.-O.; de maisons particulières et enfin de tombeaux. »

TIPIIAIGNE DE LA ROCHE (Charles-Fran- Çois), littérateur et médecin français, né à Montebourg, près de Coutances, en 1729, mort dans le roêroe lien en 1774. Tout ce qu'on sait de sa vie, c'est qu'il fit ses études à l'université de Caen et qu'il exerça la médecine. On lui doit plusieurs ouvrages dans lesquels on trouve des idées bizarres :>1'Amour dévoilé ou le Système des sympathies (1751, in-12), livre dans lequel l'auteur prétend que la transpiration est la cause de nos affections, c'est-à-dire que la matière transpirante de l'un, selon quelle chatouille, blesse les libres de l'autre, ou ne produit aucun effet, devient la cause de l'amitié, de la haine ou de l'indifférence; Amélie ou la Graine d'hommes (1754, in-12), critique des faiseurs de systèmes modernes, et satire générale de plusieurs Etats; Bigarrures philosophiques (1759, 2 vol. in-12), reproduit sous le titre: les Discours d'Ibrahim, etc. (1779, 2 vol. in-12), comprenant les Visions d'Ibrahim, le Voyage aux limbes, VEssai sur la nature de l'âme, Giphanlie (1760, 2 parties in-s°), roman moral, critique et satirique qui a été traduit en anglais ; Essai* sur l'histoire économique des mers occidentales de France (1760, in-8°), livre qui contient beaucoup de choses relatives à nos côtes et à ia mer de la Manche et qui peut être consulté avec fruit ; Observations physiques sur l'agriculture, les plantes, les minéraux (1765, in-8°) ; l'Empire des saziris sur les humains ou la Zazirocratie (Pékin [Paris], 1761, in-16)^ Sanfrein ou Mon dernier séjour à la campagne (i"fi5, in-12), reproduit sous cet intitulé : la Girouette ou Sanfrein (1770, in-12). On a attribué à Tiphaigne une nouvelle édition du^ Dictionnaire de Furetière , à laquelle il a fait" des additions.

T1PHAINE (Claude), théologien, né k Paris en 1571, mort à Sens en 1641. Il entra dans l'ordre des jésuites, s'adonna à l'enseignement de la théologie et de la philosophie, devint recteur de plusieurs collèges et fut enfin provincial de Champagne. On lui doit: Avertissement aux hérétiques de Metz (Pont-à- Mousson, 1618, in-8°); Declaratio ac defensio scholastica doctrins sanctorum Patrum de hypastasi et persana ( Pont-U-Mousson, 1634, in-4°) ; De ordine (Reims, 1640, in-4<>).

T1PHERNAS (Grégoire), helléniste italien.

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