JUSTE
— Il y a encore bien à tirer pour en arriver là, Il y a encore beaucoup à faire, avant d'atteindre ce but, ce résultat.
— On aura bien à lirer dans cette affaire, On aura beaucoup de peine à la faire réussir.
— Jeux. Tirer à qui fera, Décider, par le sort, qui commencera, qui donnera les cartes.
— Manège. Tirer à la main, Se dit d'un cheval qui résiste k l'action de la bride, il Tirer au renard, Se dit du cheval qui, étant attaché, se jette violemment en arrière.
— Escrime. Tirer des armes, ou simplement Tirer, Faire des armes : Je leur soutiens à tous deux que la science de tirer des armes est ta plus belle et la plus nécessaire de toutes les sciences. (Mol.) il Tirer ta main plaie, Enlever la main avec les ongles en l'air. Il Tirer au mur, à la muraille, Pousser de tierce et de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer. Il Tirer dans le fer, Tirer dans le côté où l'adversaire est couvert. Il Tirer dans les armes, Allonger un coup d'épée entre les bras de son adversaire, ou, ce qui revient au même, du côté gauche de son épée.
Il Tirer hors les armes, Allonger un coup d'épée hors des bras de. son adversaire, ou, ce qui revient au même, du côté droit de son épée. il Tirer sur les armes, Porter une botte k son adversaire dehors ou dans les ormes, en faisant passer la lame de l'épée par-dest sus son bras., il Tirer, sous les armes, Porter une botte k son adversaire dehors ou dans ■les armes, en faisant passer la lame de l'épée par-dessous son bras. Il Tirer en avant, Tirer sans opposition, pour faire gagner la pointe au corps. Il Tirer sur le temps, Tirer au moment où l'adversaire allait tirer luimême.
— Fauconn. Faire tirer l'oiseau, Le faire becqueter en le paissant, et surtout en lui donnant un appât propre à réveiller son appétit.
— Véner. Tirer de long. Se dit de la bête qui va sans s'arrêter, il Tirer sur le trait, Se dit du limier qui, ayant trouvé la voie, fait effort sur la laisse pour s'élancer en avant.
— Chasse. Tirer au vol, Tirer en volant, Tirer sur un oiseau pendant qu'il vole. Il Tirer au juger, Faire feu sur le gibier sans le voir, mais en jugeant par certnins indices la place qu'il occupe: Tirer au juger, c'est tirer à l'endroit oïl l'on suppose ta pièce. (E. Blaze.)
— Ane. mar. Ramer, Il Tire avant t Commandement que l'on adresse aux rameurs, pour qu'ils nagent avec plus de vigueur, il Tirer à la mer, Prendre le large.
— Techn. Tirer au premier brin, Peigner le chanvre de façon k dégager les libres du premier brin.
— Art vétér. Tirer du nerf, Boiter, par suite du déplacement du muscle ischio-tibial externe.
Se tirer v. pr. Etre, devoir être tiré : L'or se tire en fils très-détiés.
— Tirer k soi : Sb tirer un coup de pistolet.
— Sortir, se dégager : Vous ne vous tirerez jamais de ce mauvais chemin. (Acad.)
— Réussir k se débarrasser, à se délivrer : Se tirer d'une situation fâcheuse. Su tirer d'une maladie dangereuse. Tirez-vous de là comme vous pourrez. Les conscrits se tirent de la peur en se jetant à corps perdu au milieu du feu. (H. Beyle.)
Le prudent sait prévoir le danger et «'en tire. Le sot y succombe et périt.
Lebrun.
— (Venir à bout, sortir à son honneur, s'acquitter avec succès : L'entreprise était difficile, mais il s'en est bien tiré. Il est plus aisé de se soustraire aux occasions que de s'en bien tirer. A force de converser avec un sphinx, on se tire des énigmes. (Dider.)
— Se tirer d'affaire, Réussir, sortir avec succès d'une situation difficile : J'aime les maisons où je puis mk T"";tBR d'affaire avec
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mon esprit de tous les jours. (Montesq.) Quand on est aimé d'une belle femme, on se tire toujours d'affaire. (Volt.) Quand on a de l'esprit, on te tire cCaffaire.
Dufeesnt.
— S'en tirer, S'en bien tirer, Sortir heureusement d'une maladie, d'une difficulté, d'une affaire fâcheuse: On craignait pour lui le retour des mêmes symptômes, mais il a fini pur s'en tirer. Rousseau aperçoit quelquefois lui-même ses contradictions, mais il s'en tire par une subtilité qui n'est rien moins que solide. (Grimm.)
— Se tirer de pair ou du pair, S'élever audessus de la condition k laquelle on était réduit.
— Il se tirerait d'un puits, Se dit d'un homme très-habile k sortir des difficultés où il se trouve.
— s. m. Jeu de billes, dan§ lequel les joueurs tirent chacun k son tour sur une grosse bille qui sert de but.
— Cncycl. Art vétér. Tirer du nerf. On désigne par cette expression vulgaire un genre de boiterie particulier aux bêtes bovines et qui n'affecte pas les autres grands animaux, si ce n'est quelquefois les jeunes mulets. Cette boiterie est causée par un déplacement du muscle ischio-tibial externe qui, n'étant presque fixé que par ses extrémités chez les animaux très-maigres, peut se déplacer facilement k la suite de "la rupture du tissu cellulaire- qui le retient encore par son centre. Situé à quelque distance dutrochanter,en haut et en arrière, ce muscle s'en rapproche ainsi en se déplaçant, de sorte que, quand le boeuf fléchit le membre pour opérer la progression, le fémur étant porté en arrière, le muscle se trouve sur le grand trochanter et y reste accroché ; le membre est pour ainsi dire suspendu, et l'extension ne peut avoir lieu que par une contraction plus forte des extenseurs; car alors seulement, l'ischio-tibial étant rejeté en arrière, il se dégage du trochanter. Mais une nouvelle flexion ramène le même accident, bien plus encore lorsque, par l'élévation du sol, ce mouvement a dû être plus considérable. Le déplacement peut être moindre, et, dans ce cas, I extension n'est que momentanément suspendue ; mais, k chaque pas qu'exécute^ l'animal, on voit le muscle faire un mouvement en arrière, en échappant au trochanter, qui ne le prend que par son bord antérieur.
La gravité de cette boiterie varie, suivant qu'elle survient-spontanémentou qu'elle est la suite d'efforts, de contusions accompagnées ou compliquées d'engorgement désarticulation eoxo-lêmorale. Dans .celle qui a lieu par suite d'un accident, d'une chute, d'une glissade, d'une contusion, d'un effort, l'animal boite rarement des deux membres; mais dans celle qui existe sans cause connue, ou qui survient k la suite d'un grand' amaigrissement, la boiterie a toujours lieu des deux membres. L'animal traîne le membre malade en înarchiint, lequel membre présente une très-forte dépression dans toute la partie qu'occupe le muscle ischio-tibial externe, occasionnée par la difficulté que ce muscle éprouve k glisser sur la convexité du trochanter. Dans cet état, les rayons inférieurs du membre se fléchissent, mais le membre ne peut être porté en avant, et la pointe des sabots traîne contre terre. Si le muscle vient k franchir l'obstacle, les rayons supérieurs se fléchissent rapidement, et le membre est tout k coup porté en avant; l'animal continue de marcher, sans que le même effet se manifeste de quelque temps. Dans d'autres cas, au contraire, l'état est permanent. Ainsi la démarche de l'animal est toujours défectueuse et embarrassée. Les membres sont plus ou moins rejetés en dehors et le muscle ischio-tibial externe ne paraît pas avoir de position lixe ; car, dans la flexion, il se porte toujours d'arrière en avant, et, dans ce mouvement qu'il exécute avee force, il fait parfois entendre un certain bruit. On dit alors que l'animal bat du nerf et qu'il fauche. Très-souvent il n'y a aucun caractère inflammatoire dans la partie affectée ; mais quelquefois il s'y développe une inflammation circonscrite et toujours très-difficile k résoudre.
Cette affection se guérit quelquefois d'ellemême, k la suite, notamment, d'efforts que font les animaux dans certaines circonstances données; mais plus généralement la boiterie est persistante. On a proposé d'y remédier par un large emplâtre de poix noire appliqué sur l'articulation et kson pourtour. (Je moyen ne réussit jamais. 11 ne reste que la ressource d'une opération, avant laquelle il faut mettre en usage les moyens propres k faire disparaître les complications, s'il en existe. Pour pratiquer cette opération, on abat le bœuf sur le côté opposé k l'extrémité malade, on fait k la peau une incision longitudinale d'environ om',05,Jsur le travers du muscle, au milieu de la cuisse et k une distance de O^Oô k 0m.,07 de l'articulation eoxofémorale; on incise également l'aponévrose, on arrive sur le muscle et on en fait la section dans toute la partie qui offre de la résistance pendant la contraction du membre.
C'est un moyen bien facile de reconnaître si l'opération est terminée; d'ailleurs, on fait mouvoir soi-même le membre, et ou voit bien si le trochauter rencontre encore un obstacle.
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L'opération terminée, on fait relever l'animal, on prescrit la diète, l'eau blanche et, jusqu'à l'établissement de la suppuration, on ne met dans la plaie ni étoupe ni essences. Le second jour, il se développe un engorgement plus ou moins considérable, que l'on combat par des fomentations émollientes; la plaie suppure, et bientôt la cicatrisation a lieu.
TIRE-RACINE s, m. Ohir. Instrument dont les dentistes se servent pour arracher les chicots, il PI. tire-racines.
TIRERIE s. f. (ti-re-rî — rad. tirer). Fusillade prolongée : Toute cette tirerië ne tua pas grand monde,
— Techn. Atelier où l'on étire le fil de fer.
TIRE-SAC s. m. Techn. Appareil au moyen duquel on monte et on descend les sacs pleins, dans les moulins. Il PI. tire-sacs.
TIRE-SÉVE s. m. Hortic. Branche garnie de boutons. Il PI. tire-skvb.
TIRÉSIAS s. m. (ti-ré-zi-ass). Entom.
Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la tribu des dermestins, formé aux dépens des dennestes, et dont l'espèce type habite l'Europe.
— Bot. Genre d'algues filamenteuses, du groupe des conferves.
TIRÉSIAS, devin thébain, un des plus célèbres de l'antiquité. Il était fils d'Evère selon les uns, de Phorbas selon les autres, et de la nymphe Chariclo, et descendait d'Udée, un des guerriers nés des dents du serpent semées en terre par Cadmus. Il s'adonna de bonne heure k la science augurale et s'y acquit une grande réputation. Il était aveugle, et les causes de cette cécité ont donné naissance k des traditions très-divergentes. Quelques mythologues rapportent qu'il fut privé de la vue parce qu'il dévoilait aux mortels les secrets de l'Olympe. Apollodore prétend que ce fut lui qui découvrit k Amphitryon la liaison de Jupiter et d'Alcmène. Phérécyde attribue cet accident k la colère de Minerve. Cette déesse, ayant été suprise par Tirésias tandis qu'elle se baignait dans la fontaine d'Hippderène avec Chariclo, sa favorite, en conçut une si vive irritation, qu'elle mit la main sur les yeux de l'indiscret et l'aveugla. Chariclo supplia en vain Minerve de rendre la vue k son malheureux fils; la déesse lui répondit que c'était une loi irrévocable du Destin que tous ceux qui jetaient les regards sur une divinité sans sa permission en fussent châtiés sévèrement. Cependant, pour consoler Chariclo, elle lui promit de rendre Tirésias le plus habile devin de la terre, de lui purifier l'ouïe au point de comprendre le langage des oiseaux et de lui donner un bâton de cornouiller avec le secours duquel il marcherait aussi sûrement qu'avant son malheur; enfin Tirésias devait jouir d'une trèslongue vie et conserver sa vertu divinatoire dans les enfers, où il trouverait les plus grands égards auprès de Pluton. Une troisième légende mise en crédit par les mythographes, entre autres par Hésiode, n'est pas la moins curieuse. Tirésias avait connu les deux sexes. Un jour, ayant rencontré sur le mont Cyllène deux serpents qui frayaient ensemble, il les sépara avec un bâton, et aussitôt il devint femme ; au bout d'un certain temps, il les retrouva dans la même position, les sépara de nouveau et reprit sa première forme. C'est pour cela qu'il fut choisi, par Jupiter et Junon, pour juge d'un différend assez singulier qui s'était élevé entre les deux époux dans un accès d'humeur folâtre. La plupart des auteurs se taisent sur la nature de ce débat olympien; mais Ovide n'a pas dé ces scrupules (Métamorphoses, liv . III).
Tirésias fixa sa résidence k Thèbes, où les traditions lui font jouer un grand rôle dans le mythe d'CEdipe et de ses descendants. C'est lui qui détermine les principaux événements des guerres thébaines, car, dans l'antiquité, c'est presque toujours un devin qui est l'âme des grandes entreprises : Calchas dans l'Iliade, Proiée dans ïOdgssée, Glauuus dans les Argonautiques, Nérée dans les légendes d'Hercule. Ainsi c'est Tirésias qui conseille d'offrir au vainqueur du Sphinx le trône de Thèbes et la main de Jocaste ; c'est lui encore qui prédit la ruine des sept chefs devant Thèbes et qui, lorsque les Epigones viennent attaquer cette ville, conseille aux habitants d'entrer en négociation avec eux, puis de chercher leur salut dans la fuite. On ne sait s'il réussit k s'échapper avec eux ou s'il fut emmené captif; mais les auteurs s'accordent k dire qu'il mourut pour avoir bu de l'eau de la source de Tilphuse, près de laquelle ou montrait son tombeau. Il avait vécu sept, quelques-uns disent huit et même neuf âges d'homme. Après sa mort, Tirésias, comme nous l'avons dit plus haut, conserva toute son intelligence, et il errait aux enfers tenant k la main son bâton augurai. Ulysse alla le consulter par l'ordre de Circé, et, de retour k Ithaque, il lui sacrifia un bélier noir. Les Thébains honorèrent Tirésias comme un'dieu, et il eut k Orchomène un oracle qui resta longtemps fameux et qui ne fut réduit au silence que lorsqu'une peste affreuse eut désolé cette ville. On jugea sans doute qu'après un tel événement il n'était plus capable de prédire l'avenir. Polygnote l'avait représenté dans la Lesché de Delphes. La célèbre prophètesse Manto était fille de Tirésias.
En littérature; on fait quelquefois allusion
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à la science prophétique de ce-devin fameux, le plus célèbre de toute l'antiquité avec Calchas.
TIRE-SOU s. m. Receveur d'impôts, percepteur. || Usurier. Il Homme qui cherche fréquemment k se faire donner de l'argent. Il Homme qui s'attache k des gains mesquins, sordides, il PI. tire-sous.
— Jeux, Jeu de cartes où l'on convient que celui qui gagnera le coup tirera une pièce de monnaie de la masse. Il On a dit autrefois tire-tëston.
TIRET s. m. (ti-rè — rad. tirer). Petit morceau de parchemin coupé en long, et destiné k attacher ensemble des papiers.
— Petit trait horizontal dont on se sert dans l'écriture, et que les grammairiens appellent trait d'union, et les typographes