DIVISION
— Typogr. Petit trait, plus grand que la division, qu'on place au commencement ou dans le corps d'un alinéa, soit pour indiquer un changement d'interlocuteur, soit pour tenir lieu d'un crochet ou d'une parenthèse.
— Constr. Pièce de bois qui sert d'arcboutant dans un moulin.
— Vitic. Nom des bourgeons de la vigne, dans le Médoc.
— Encycl.Typogr.L'emploi régulierdu tiret a lieu dans le dialogue pour indiquer le changement d'interlocuteur, et quelquefois, en dehors du dialogue, pour marquer le passage d'un sujet k un autre. Mais on a, depuis trente k quarante ans, étendu l'emploi du tiret, et on en a fait un véritable abus. C'est k M. Alphonse Karr que cet abus est dû en grande partie. Le tiret a été d'abord, dans certains cas, substitué k la parenthèse.' Par exemple, dans cette phrase : ■ Supposez un salon où toutes les femmes auraient la tête constellée de pierreries ; qu'une seule arrive avec ses cheveux sans ornements — je suppose de beaux cheveux — eh bien, le triomphe sera pour la dernière venue. ■ Puis on a séparé, dans la même phrase, pur le tiret, ce qui faisait opposition, sans toutefois supprimer le point-virgule qui était déjà un signe suffisant de séparation. Exemple : • Quand il ne s'agit que de s'aimer, il n'y a pas de danger k se laisser mutuellement séduire par les charmes et tes qualités l'un de l'autre ; — mais, quand il s'agit de mariage, il serait utile que chacun sût s'il pourra supporter les défauts de l'autre. » Ou a été ensuite plus loin, et on en est venu k mettre le tiret là où la virgule suffisait, tout en laissant subsister la virgule. Ainsi ; « Parlez-moi pour* réussir de celles qui ont de la monnaie, de celles qui payent ceci d'un sourire et cela d'une distraction, — qui octroient, selon lu valeur exacte de leurs acquisitions, une petite pression de main, — ou un regard langoureux, — ou la rencontre de deux pieds sous une table, — ou des espérances plus ou moins vagues... ■ Voici encore un exemple, plus significatif : ■ Elle avait des yeux de saphir, — des cheveux d'ébène, -s- des dents de perles, — un front d'ivoire, — un col de cygne, — des lèvres'de corail. ■ Les écrivains qui ont ainsi prodigué le tiret ont cru faire par là ressortir chaque pensée et jeter, pour ainsi dire, du jour dans la phrase. Ils n'ont fait que la couper d'une façon désagréable et la charger de signes plutôt faits pour la rendre obscure que pour y porter la clarté. Ceux qai les ont suivis ont été plus logiques, sinon plus judicieux ; ils ont fait des alinéas partout où leurs prédécesseurs mettaient des tirets et n'ont pas craint de jeter k la ligne des lambeaux de phrase séparés du reste, même par une simple virgule. Us ont, par ce moyen, détruit complètement la phrase, qui est le fondement même du style; mais ils ont du moins atteint leur but, qui était d'attirer l'attention du lecteur distrait sur chaque pensée séparée.
TIRETAINE s. f. (ti-re-tè-ne). Cotnin, Nom de plusieurs étoffes en laine pure ou en laine mélangée avec d'autres substances, dont l'usage était autrefois très-rêpaudu pour la confection des vêtements.
— Encycl. La fabrication des tiretaines est aujourd'hui presque sans importance. Les tiretaines actuelles ont la chaîueen lin ou en chanvre et la trame en laine cardée. Ce sont des tissus épais, forts et unis, presque tou-jours croisés, quelquefois pressés ou tirés k poil. On s'en sert le plus souvent pour faire des garnitures de collets d'habit, des capotes de guérite ou d'hôpital et des vestes de cultivateurs.
TIRE-TERRE S. m. Techn. Outil dont le carrier se sert pour enlever.la terre qui gêne son travail. Il PI. tire-terre.
TIRE-TESTON s. in. (ti-re-tè-ston). Jeux. V. TIRE-SOU. Il PI. TIRE-TESTONS.
TIRE -TÊTE s. m. Chir, Instrument destiné k tirer la tête du fœtus' mort, dans certains accouchements, tl PI. tire-têtes.
TIRETOIRE s. f. (ti-re-toi-re — rad. tirer). Techn. Outil de tonnelier.
— Chir. Instrument dont le dentiste se sert pour extraire les incisives et les racines de la mâchoire inférieure.
TIRETTE s. f. (ti-rè-te — rad. tirer). Système de cordons cousus à la jupe d'une fera-
TIRE
me, et au moyen duquel on peut la relever tout autour.
— Agric.Longsarment de vigne contourné.
— Techn. Morceau de cuir k l'aide duquel on peut remettre un escarpin sur la forme, il Plaque de fer servant k boucher le tuyau
de la cheminée d'un fourneau de distillation.
TIREUR, EUSE s. (ti-reur, eu-ze — rad.
tirer). Personne qui tire :
L'une pourtant des tireuses de vin De lui sourire au retour ne fait faute. La Fontaine.
— Tireur, tireuse de cartes, Personne qui tire les cartes, qui prétend prédire l'avenir d'après diverses combinaisons de cartes k jouer.
— Argot. Personne qui vole k la tire: Un adroit tireur. Une habile tireuse.
— Personne qui tire des coups d'une arme . à feu : Un bon, un mauvais tireur. Uii Ti- ' heur à l'affût. Un tireur au vot. il Chas-
seur qu'on entretient sur une terre pour tuer du gibier.
— Tireur delaine, Filou qui volait lé manteau des gens, attardés dans les rues.
— Escrime. Personne qui tire, qui sait tirer des armes : C'est un bon tireur. Il On a dit aussi Tireur d'armes : Un grand maître tireur d'armes, qui vient, avec ses battements de pieds; ébranler toute ta maison. (Mol.) Il Arrêter un tireur, Prendre un coup d'arrêt sur une marche, avec opposition.
— Art milit. Soldat détaché pour faire feu sur l'ennemi : On envoya des tireurs à l'angle du grand chemin.
— Comm. Celui qui tire une lettre de change sur quelqu'un : Le tireur est dégagé envers les tiers porteurs.
— Techn. Ouvrier, ouvrière qui tire les ficelles des simples du métier k fabriquer les étoffes, fl Ouvrier qui applique le mordant sur les toiles peintes. Il Ouvrier qui puise le plomb dans la chaudière et le verse d;ms les moules, tl Ouvrier qui tire le bois des trains flottants, li Ouvrier épinglier. Il Tireur d'or, Celui qui réduit l'or en fils déliés.
Tireurs d'nro (les), fresque de Michel- Ange; dans la maison de RaphaBl, k Rome. L'esquisse de cette composition célèbre est due k Michel-Ange. Quant k la peinture faite à fresque, elle est attribuée par quelques auteurs à Raphaël lui-même, ce qui est douteux; il est plus naturel de penser qu'elle est d'un de ses élèves, qui a su donner k plusieurs têtes des caractères dignes du maître. La fresque représente des hommes entièrement nus, personnifiant les Vice*, qui lancent des flèches contre une statué de la Vertu protégée par un bouclier que soutient une force invisible. • Tout eu admirant la hardiesse des poses et l'énergie du dessin, dit M. Quatremère de Quincy, il est permis sans doute de s'étonner que la Vertu soit représentée sous la figure d'un homme et que rien ne retienne la bouclier impénétrable dont elle est abritée. Ces légères inconvenances sont largement rachetées par les idées les plus ingénieuses. Le peintre nous fait voir que la Vertu triomphe, tandis que l'Amour est endormi ; puis, pendant son sommeil, de petits génies s'empressent de brûler les traits des Vices. 11 est bon de remarquer aussi que l'audace et la vigueur des Vices semblent diminuer en approchant de la Vertu. Les plus avancés même, voyant l'inutilité do leurs traits, paraissent atterrés et cherchent à s'excuser de la ^Violence d'une attaque dont ils semblent reconnaître l'inutilité. • Le dessin original de Michel-Ange se trouve dans la collection de Brera, au musée de Milan; il est de la plus grande beauté et très-bien conservé. Cette fresque a été gravée par Béatricet et Réveil; une lithogra- Îihie en a été faite par M. A. Mauriu, d'après e dessin de Gagneraux.
Tireur d'épine (le), statue antique en bronze; au Vatican, à Rome. C'est de son attitude que cette figure a pris ladénominution vulgaire de Tireur d'épine, parce qu'en effetce jeune homme assis semble occupé à tirer une épine de son pied gauche. On a voulu y voir, à cause de sa nudité, un jeune athlète vainqueur aux courses du stade, et elle est connue à Rome sous le nom de Marzio. Le travail de la tète et des cheveux donne l'idée du Uni le plus précieux. La naïveté de la pose est d'un grand charme. 11 paraît que quelques réparations importantes y ont été faites en diverses parties au xvi» siècle. Les yeux sont creux, et l'on suppose que l'artiste grec y avait ajouté des prunelles d'argent, selon un usage assez ordinaire. Ce bronze, l'un des restes les plus rares et les mieux conservés de l'art antique, se voyait autrefois au Capitole, dans le palais du conservateur. Par le traité deTolentino, cette statue fut cédée à la France et envoyée au musée du Louvre. Après 1815, elle reprit le chemin de Rome et fut placée au Vatican. Elle a om,8o de hauteur.
TIRE-VEILLE s. f. Mar. Corde garnie de noeuds et attachée en dehors d'un bâtiment, pour aider à y monter : Pourtant, £ aidant de deux tire- veilles, ou cordons gui pendaient de chaque cété, il commença sa périlleuse ascension. (E. Sue.) il Nom donné aux gardefous ou sauvegardes tendus sur la beaupré.