‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 154 sur 1042 · TIRS · texte numérisé non relu

TIRS

Sotiara , est située au nord du Karnatic, dans l'Inde méridionale, L'affluence des pèlerins qui de toutes les parties de l'Inde viennent visiter ce lieu révéré est immense, et les offrandes de toute espèce en denrées, or, argent, joyaux, étoffes précieuses, chevaux, vaches, etc., sont si considérables qu'elles suffisent à l'entretien de plusieurs milliers de personnes employées 'aux diverses fonctions du culte qui s'y célèbre avec une grande pompe. La pagode de Tiroupatty est fameuse surtout parce que la divinité à laquelle elle est consacrée s'est arrogé, dans la personne des brahmes qui la desservent, bien entendu, le pouvoir de faire cesser la stérilité des femmes; aussi les femmes s'y rendent-elles en foule, souvent sur l'invitation formelle de leurs époux, pour demander des enfants au dieu Vengatta-Souara.

Quelquefois même elles Se Sont ruinées pour apporter à la divinité des offrandes considérables, afin d'en obtenir la faveur ineffable de devenir mères. Habiles à tirer parti des vertus comme des vices de leurs crédules compatriotes, les brahmes n'ont vu dans ces touchantes impulsions de la nature qu'une branche d'industrie pour eux et que des occasions d'assouvir impunément et à bon compte leur lubricité. A leur arrivée à la pagode, les pauvres femmes s'empressent d'aller exposer le sujet de leur pèlerinage aux brahmes, directeurs et desservants de la pagode, qui leur conseillent de passer la nuit dans l'intérieur du temple, où le grand Vengatta-Souara, touché de leur dévotion, daignera peut-être les visiter dans l'ombre et accomplir ce qui jusque-là a été au-dessus de la puissance humaine. Tirons le rideau sur les suites infâmes de cette fallacieuse suggestion ; le lecteur ne les devine que trop. Le lendemain matin, ces détestables cafards, feignant une ignorance complète de ce qui s'est passé, s'en font raconter les détails, et, après les avoir félicitées sur l'accueil que le dieu leur a fait, ils reçoivent les offrandes dont elles s'étaient munies et les congédient en les flattant de l'espoir qu'elles n'auront pas fait un voyage infructueux. Persuadées de la meilleure foi du monde qu'un dieu a daigné s'humaniser avec elles, ces pauvres femmes s'en retournent enchantées, se berçant de l'idée ravissante qu'elles pourront bientôt enfin procurer à leurs maris l'honneur de la paternité. On sait, en effet, que dans l'Inde la stérilité de la femme est le plus grand des opprobres et la plus redoutée des malédictions qui puissent tomber sur une famille. Un des préjugés qui concourent puissamment à entretenir dans l'esprit d'un [ndou le désir ardent de voir sa race se propager, c'est qu'il n'est point à ses yeux de malheur qui égale celui de ne pas laisser de descendant qui rende à sa dépouille mortelle les derniers devoirs, privation qu'il regarde comme capable de lui faire interdire, après sa mort, l'accès d'un séjour de félicité. Le temple de Tiroupatty n'est pas le seul où la Trinité qui y réside s'arroge le pouvoir de faire cesser la stérilité des femmes; il est peu de temples qui ne jouissent de ces mêmes privilèges; mais celui dont nous avons parlé est de beaucoup le plus célèbre. Il est fameux dans l'Inde entière, de l'Himalaya au cap Coraorin.

Tirsa s. m. (tir-sa). Bot. Graminée du genre stipe, qui croit dans l'Ukraine : Le tirsa pourrait mériter une attention particulière de la part des agriculteurs. (Guettard.)

TIBSO ou OR1STANO, ancienne Thyrsus, rivière de Sardaigne , formée de plusieurs petits cours d'eau ayant leurs sources dans le mont Acuto, et qui se jette dans le golfe Oristano, à 6 kilom. au-dessus de cette ville, après un cours d'environ 100 kilom. Elle reçoit le Taioro et une multitude de ruisseaux. Le défaut de peute et les nombreuses écluses destinées à la pèche font que cette rivière, ainsi que toutes celles de la Sardaigne, inonde ses bords et y forme des amas d'eau qui vicient l'air.

TIRSO DE MOLINA (Fray Gabriel Tellez, plus connu sotis le nom de), célèbre auteur dramatique espagnol, né à Madrid vers 1570, mort au couvent de Soria en 1648. Il passa sa jeunesse à l'université d'Alcala de Hénarès, qui était alors la docte ville par excellence et qui comptait plus de 10,000 étudiants. Il apprit la théologie et la philosophie dans ce fameux Colegio mayor de San-Ildefonso, où les plus célèbres maîtres de l'Espagne sa faisaient honneur de professer et que les artistes du xvie siècle s'étaient plu à illustrer des œuvres de leur ciseau et de leur pinceau. Il ne reste aujourd'hui de toute cette grandeur universitaire que quelques plafonds et le tombeau du fondateur, le cardinal François-Ximénès de Cisneros. Le vaste cadre rempli par les créations de Gabriel Teliez, la perfection à laquelle il sut porter l'art dramatique et la langue espagnole elle-même, la profonde connaissance qu'il montra des lettres anciennes prouvent qu'il profita des études sacrées et profanes auxquelles il se livra. Quand il eut acquis ses grades, il quitta Alcala pour se rendre à Madrid, où il devait tenter la fortune du théâtre. Selon toute apparence, ce fut vers les dernières années du xvie siècle qu'il dut arriver dans la capitale de l'Espagne, et là commença pour lui cette vie de combats mêlpe de triomphes et de déboires qui constituait alors, plus encore qu'au-

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