‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 157 sur 1042 · LOLA · texte numérisé non relu

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TISCHBEIN (Jean-Antoine), peintre allemand, né à Haina (Hesse) en 1720, mort en 1784. Il apprit le dessin à Francfort, s'adonna d'abord à la peinture en tapisserie, puis alla étudier à Paris ec à Rome, et, de retour en Allemagne, il s'établit à Hambourg, où il ouvrit une école de dessin et termina sa vie. On lui doit : Instructions pour apprendre la peinture par principes (Hambourg, 1771, in-S°).

TISCHBEIN (Jean-Henri), dit l'Ancien, peintre allemand, frère du précédent, né à Haina (Hesse) en 1722, mort a Cassel en 1789. Un mauvais peintre en tapisserie fut son premier maître. Un tupis, qu'il exposa à la foire de Francfort, attira l'attention du comte de Stadion, qui devint son protecteur. Grâce à ce personnage , il se rendit , en 1743 , en France, étudia pendant cinq ans sous la direction de Vanloo, puis passa en Italie et y perfectionna son talent en visitant les ohefs- ' d'œuvre de Venise, de Florence, de Bologne, Je Rome. De retour en Allemagne (1751), il se fixa à Cassel et devint successivement peintre du landgrave de Hesse-Cassel, Guillaume VIII, directeur de l'Académie de peinture et d'architecture fondéeen l776et professeur de peinture au collège Carolin. Pendant son séjour à Venise, il avait eu pour maître Piazetta, qui avait exercé sur lui une grande influence. Devenu maître à son tour, Tischbein engagea ses élèves à abandonner la manière noire de Rembrandt, alors encore en vogue, à étudier la nature et à adopter ce coloris blond et chaud qui est propre k l'école vénitienne. C'est ainsi qu'il fut amené à devenir lui-même un chef d'école. Doué d'une imagination riante et poétique, il excellait surtout dans la peinture des sujets mythologiques; l'histoire moderne refroidissait son génie; aussi évitait-il d'y puiser des sujets de tableaux , et lorsqu'il reproduisait des faits de l'histoire sainte et de l'histoire an-, cienne, il les traitait avec la liberté dont on use dans les peintures de la Fable. • Jamais il n'imitait, dit Gley; il aurait cru rabaisser son art. Dans ses por.traits de personnages vivants, il était toujours entraîné à placer quelque chose de poétique. Quand il travaillait un sujet de la Fable ou de l'histoire, il exprimait avec force ce qui tient aux affections de l'âme, ce qui peut remuer l'homme, et c'est en cela qu il excellait. Ses compositions annoncent un génie créateur^et qui savait donner de l'ensemble, de l'unité à ses productions. On voit par le nu de ses ligures qu'il avait étudié les anciens avec soin; sa draperie transparente est jetée avec goût. Quant à son coloris, qui tient aux écoles française et vénitienne, il est quelquefois trop vif. > Parmi Ses nombreux tableaux, nous mentionnerons dix toiles représentant des traits de la Vie de Cléopdtre, dans le palais de Weissenstein ; seize tableaux sur la Vie de Télëmaque, au palais de Wilhelmstaal; les Trophées d'flermann après la défaite de Varus; la Transfiguration ; un Ecce Homo, à Cassel; le Christ ressuscité, à Hambourg; une Descente de croiœ et une Ascension, a Stralsund ; un Christ au mont des Oliviers, k Haina, etc. — Sa fille, Amélie Tischbein, peignit avec talent des portraits de femmes célèbres et devint membre de l'Académie de Cassel.

TISCHBEIN (Jean-Henri-Conrad), peintre et graveur allemand, neveu du précédent, né à Haina en 1742, mort à Cassel en 1808. Il reçut des leçons de son oncle, s'adonna particulièrement au paysage, puis a la gravure, et fut nommé, eu 1775, inspecteur de la galerie de peinture du landgrave de Hesse. On lui doit, outre des tableaux, un Traité élémentaire de la gravure à l'eau-forte , avec quatre-vingt-quatre feuilles de gravures tirées selon cette méthode (Cassel, 1790, in-fol.).

TISCHBEIN (Jean-Henri-Guillaume) , dit le Jeune, peintre allemand, frère du précèdent, né en 1751, mort en 1829. Elève de son oncle Jean-Henri, il fit de rapides progrès et devint un dès meilleurs peintres de son temps. Cet artiste travailla successivement à Hambourg, en Hollande, k Hanovre, k Berlin, où il exécuta de nombreux portraits pour la cour (1777), à Rome (1779) et à Naples, où il devint directeur de l'Académie de peinture (1790). Forcé de quitter cette ville en 1799, il retourna en Allemagne, où il passa le reste de sa vie. Outre ses tableaux, on lui doit : Têtes de différents animaux dessinées d'après nature (Naples, 1796, in-fol.), recueil d'études très-estiinè; Education, aventures et fin déplorable d'un âne; Collection of engravings from antiques vases (Naples, 1791,

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4 vol. in-fol.), dont on a publié la copie en France sous le titre de : Recueil de gravures d'après des vases antiques (Paris, 1803-1806, 4 vol., contenant 240 gravures); Gravures de tableaux grecs (Weimar, 1797, in-fol.); Homère, dessiné par Tischbein, d'après des antiques expliqués par ffeyne (Goettingue, 1801- 1804), bel ouvrage qui a été publié en France sous le titre de Figures d'Homère] dessinées d'après l'antique par H.-G. Tischbein (Metz, 1801-1802).

TISCHBEIN (Jean - Frédéric- Auguste ) , peintre allemand, frère du précédent, né a Maëstriclit en 1750, mort- à Heidelberg en 1812. Il alla compléter ses études en France et en Italie, devint, à son tour, peintre de la cour du prince de Waldeck, avec le titre de conseiller, et fut nommé, en 1800, professeur et directeur de l'Ecole des beaux-arts de Leipzig. Tischbein est surtout connu par ses portraits, qui sont très-estimés.

TISCHENDORF ( Lobegott-Frédéric-Constantin ) , savant théologien et orientaliste allemand, né k Lengenfeld, dans le Voigtland, en 1815, mort en 1874. Il étudia, de 1834 à 1838, la philologie à l'université de Leipzig et y prit ses grades en 1840, après avoir déjà publié deux ouvrages, qui furent couronnés par l'université, ainsi qu'une édition critique dû Nouveau Testament, dans laquelle il se montrait l'adversaire du système de Scholz et le partisan de celui de Lachmann. Dans le but d'exécuter une révision complète du texte du Nouveau Testament, il se rendit en 1840 à Paris, où il réussit à déchiffrer le Codex Ephrssmi rescriptus. Après deux années de séjour dans cette ville, il alla continuer ses recherches en Angleterre, en Hollande, en Suisse et en Italie, y trouva partout des documents manuscrits nouveaux pour la tâche qu'il avait entreprise et partit de l'Italie, en 1844, pour l'Orient, où il employa près de deux ans à visiter Malte, l'Egypte, les couvents du désert de la mer Morte, le Sinaï, la Palestine, la Syrie, l'Asie Mineure et la Grèce. Il en revint rapportant une collection inestimable de monuments grecs, syriens, coptes, arabes, etc., parmi lesquels se trouvaient plusieurs manuscrits palimpsestes et un texte grec sur parchemin de l'Ancien Testament ( Codex Friderico- Augustanus), qui fut reconnu plus tard pour une partie du Codex Sinaiticus. Ayant reçu, en 1843, de l'université de Breslau le titre de docteur en philosophie, il devint, deux ans plus tard, professeur extraordinaire, puis, en 1850, professeur ordinaire honoraire a l'université de Leipzig, où il fut appelé, en 1859, à la chaire de théologie et à celle de paléographie biblique, qui venait d'être créée spécialement pour lui. Il fut, en outre, nommé conseiller intime en 1867, Dans l'intervalle, il avait fait de nouveaux voyages dans l'intérêt de ses recherches, et, après avoir visité une seconde fois l'Angleterre et la France en 1849, il était reparti, en 1853, pour l'Orient. Il s'arrêta surtout en Egypte et au Sinaï et recueillit encore un grand nombre de précieux manuscrits grecs, arabes, syriens et caraïtes , dont seize étaient palimpsestes. Les années 1854 et 1855 furent employées à explorer les bibliothèques de la Suisse, d'une partie de l'Allemagne et de l'Angleterre. Eu 1859, le gouvernement russe l'envoya une troisième fois en Orient, d'où il rapporta à Saint-Pétersbourg une foule de manuscrits grecs , arabes , slavons, etc., entre autres celui qui est devenu si célèbre sous le nom de Codex Sinaiticus, et qui est le plus ancien manuscrit grec de laBible que l'on connaisse. La publication de ce manuscrit , entreprise aussitôt sous les auspices de l'empereur Alexandre, força M. Tischendorf à se rendre, à quatre reprises différentes, à Saint- Pétersbourg, où il refusa de se lixer, malgré les offres brillantes qui lui furent faites. L'ouvrage parut en 1862 (4 vol. in-fol.) et fut suivi de deux éditions portatives de la paVtie qui renferme le Nouveau Testament (Leipzig, 1863 et 1864). M. Tischendorf reprit alors ses recherches et revint, en 1864, à Paris, puis, en 1865, en Angleterre, où il reçut des universités de Cambridge et d'Oxford les titres de docteur en droit et de docteur en droit civil; il partit ensuite pour l'Italie et visita successivement Florence , Rome et Naples. Parmi ses travaux relatifs k la révision du texte du Nouveau Testament et de l'Ancien Testament grec, il faut citer : ses éditions du Codex Ephrssmi Syri (Leipzig, 1843 et 1S45) et du Codex Friderico-Augustanus (1846) ; Monumenta Sacra inedita (1346) ; Evangelium patatinum ineditum (1847) ; Codex Amiatianus (1850 et 1854); Codex Claromontanus (1852) ; Monumenta sacra inedita, nova coltectio (1854 et suiv., 9 vol.) ; Novum TestamentumVaticanum (1867); Appendix codicum celeb. Sinaitici Vaticani Alexandrini (1867). Les Anecdota sacra et profana (1855 et 1860) et la Motilia editionis codicis bibliorum Sinaitici (1S60) renferment le catalogue de sa collection de fragments des Pères de l'Eglise et d'auteurs classiques, dont il a publié un certain nombre sous le titre 'de Phitonea inedita altéra, altéra nunc demum rente ex vetere Scriptura eruta (1868). Il a, en outre, édité le Nouveau Testament grec deux fois à Paris (1842) et seize fois à Leipzig (1841-1867) et en a commencé, en 1864, une nouvelle grande édition critique (Editio VIII criiica major). Il a deux fois réuûi au texte

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