‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 158 sur 1042 · TIS · texte numérisé non relu

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grec sa révision du texte latin de saint Jérôme et de celui de Luther, d'après les éditions originales, dans son iVoonm Testamentum triglottum (Leipzig, 1854 et 1865), dont les textes latin et allemand ont également été publiés à part. A ces éditions du Nouveau Testament se rattache une Synopsis evangelica critique (Leipzig, 1851, 1854 et 1864). Citons aussi dans le même ordre se» excellentes éditions, avec commentaire critique du texte des Septante (Leipzig, 1850, 1856, 1860 et 1868). Par la nature même de ses recherches, il fut amené à s'occuper des apocryphes du Nouveau Testament, sur lesquels il a publié : De Evangeliorum apocryphorum origine et usu, ouvrage couronné en 1850 par l'Académie hollandaise ; Acta apostolorum apocrypha (Leipzig, 1851) ; Evangelia apocrypha (1853); Apocalypses apocrypha (1866), ouvrages pour lesquels il a utilisé plus de cent manuscrits, dont dix-neuf étaient entièrement inédits. Son apologie des Evangiles, Quand nos Evangiles ont-ils été composés? a obtenu, de 1865 à 1867, quatre éditions en langue allemande et treize éditions dans les traductions qui en ont été faites en différentes langues (français, anglais, italien, russe, hollandais, suédois). Enfin, on a encore de M. Tischendorf des ouvrages intéressants : Voyages en Orient (Leipzig, 1845- 1846, 2 vol.), traduit en anglais (Londres, 1847); De la terre sainte (Leipzig, 1862), traduit en français (Paris, 186S), etc. Consultez l'ouvrage de Valberbing, intitulé : Constantin Tischendorf pendant vingt-cinq ans d'activité littéraire (Leipzig, 1862),

TISCHÉRIE s. f. (ti-ScKé-rt — de Tischer, savant allem.). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des tinéides, dont l'espèce type habite l'Europe centrale.

TISER v. a. ou tr. (ti-zé— do tison). Forme ancienne du mot attiser.

— Techn. Tiser le four, Introduire du combustible dans le four de fusion.

TISEUR s. m. (ti-zeur — rad. tiser). Techn. Ouvrier chargé de la conduite du feu dans une verrerie : Pour qu'il n'y ait aucune différence dans la fusion de tous les creusets, il faut qu'il leur soit communiqué une chaleur égale , ce qui exige un tiseur intelligent. (Maigne.)

TISIÀS, orateur sicilien qui vivait vers la fln du v« siècle avant notre ère. Aristote et Cicéron lui attribuent l'invention des premières règles de l'éloquence. Il fut le maître de Gorgias, qu'il accompagna k Athènes, et dirigea dans cette ville 1 éducation d'Isocrate.

TISIO ou TISI (Benvenuto), dit le Garofnlo, peintre italien, né k Garofalo, près de Ferrare, en 1481, mort k Ferrare en 1559, Malgré la répugnance de sa famille, il voulut suivre sa vocation pour la peinture. Il prit des leçons de Panetti, puis de Boccanino de Crémone, se rendit k Rome en 1499 et travailla avec ardeur sous Baldini. Tisio parcourut ensuite l'Italie , travailla pendant quelque temps à Mantoue avec Lorenzo Costa, puis se rendit k Ferrare (1502), où il passa plusieurs années auprès de son père malade. Pendant un nouveau voyage qu'il fit k Rome, Tisio fut frappé d'une admiration profonde à la vue des œuvres de Michel- Ange et de Raphaël. Il reçut les conseils de ce dernier maître, avec qui il se lia intimement, développa à ce contact son talent d'une façon extraordinaire, puis revint dans sa patrie, où il se vit assailli de commandes. Parmi ses travaux les plus importants, on cite ceux qu'il exécuta dans les palais du Belvédère et du Belriguardo, appartenant au duc de Ferrare Alphonse 1er, et ceux du palais d'Antonio Costabili, dans la Via délia Ghiara. Vers l'âge de cinquante ans, il perdit un œil et se vit, en 1550, entièrement privé de la vue. Il forma de nombreux élèves, dont le plus remarquable fut Girolamo Carpi. Ca peintre éminent, qui est très-connu sous le nom de Garofalo et qui a signé plusieurs de ses tableaux en y peignant un œillet (garofalo), ne fut point, comme on l'a répète plusieurs fois, un imitateur de Raphaël. « C'est un artiste original qui n'a jamais varié dans sa manière, dit Breton. Le caractère de sa peinture est la grâce et la douceur, relevées par une modestie ennemie de toute exagération. Le dessin est pur; les compositions sont riches, animées, mais simples; les figures dépassent rarement les deux tiers de la nature; le coloris, tout différent de celui de Raphaël, est vif, .brillant, harmonieux. Le Garofalo traitait de préférence les sujets religieux. » Il était très-pieux. De 1531 k 1537, il consacra tous les dimanches et le jours de fête k décorer le couvent de Saint-Bernardin. Parmi les œuvres les plus remarquables de ce peintre, nous citerons, k Ferrare : le Massacre des innocents, ['Adoration des mages, la Rédemption du monde, Jésus au jardin des Oliviers, Douze têtes d'apôtres, au musée; l' Invention de la croix, le Martyre de saint Pierre Dominicain, un chef-d'œuvre, à Saint-Dominique; la Vierge et quatre saints, k la cathédrale; l' Arrestation de Jésus, fresque que Lanzi regarde comme son œuvre capitale; la Vierge adorant son fils, le Massacre des innocents, à Saint-François; une Sainte Famille, dans la galerie Costabili ; la Vierge sur un trône, magnitique tableau qui fait par-

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tie de la galerie du comte Mazza; à Rome : les Noces de Cana, une Descente de croix, une Sainte Famille, Y Enlèvement des Sabines , Y Annonciation, la Transfiguration, superbe toile qu'on voit au palais Chigi ; à Florence : l'Annonciation, la Sibylle révélant à Auguste le mystère de l'Incarnation, la Bonne aventure, la Sainte Famille; k Naples : la Descente de croix, le Martyre de saint Sébastien, l'Adoration des mages, la Circoncision; à Milan : une belle Descente de croix; à Turin : Jésus au milieu des docteurs; a Modène : le Christ sur la croix, la Vierge avec plusieurs saints; à. Berlin : le Christ mis au tombeau, Saint Jérôme adorant le crucifix, deux Adorations des mages; au musée de Dresde : Mars et Vénus, Apparition de la Vierge à saint Bruno, André Doria sous la figure de Neptune, les Noces de Bacchus et d'Ariane; à Londres : la Vision de saint Augustin; au musée du Louvre: le Mystère de la Passion, une Madone, une Circoncision, une Sainte Famille. — Le fils de cet actiste, Jérôme Tisio, cultiva les lettres et publia, outre un recueil de Poésies, une Vie de l'Arioste, insérée dans l'édition de 1584.

T1SIPHONE s. f. (ti-zi -fo-ne — nom mythol.)- Furie, femme très-emportée :

Ai-je offert a tes yeux ces tristes Tisipkones, Ces monstres pleins d'un fiel que n'ont pas Us lionnes î

Boileau.

— Erpêt. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des vipères.

— Entom. Genre d'insecces lépidoptères diurnes, formé aux dépens des papillons proprement dits.

TISIPHONE, une des trois Furies. Son nom, qui vient de deux mots grecs : tisîv, punir, ?6voî, meurtre, signifie celle qui punit le meurtre. C'est elle, en effet qui est chargée de punir les coupables au moment où ils entrent aux enfers; c'est elle que les malheureux aperçoivent la première sur le seuil, pâle, vêtue d une robe ensanglantée, gardienne vigilante du Tartare, implacable vengeresse des crimes. Aussitôt qu'elle a vu un misérable arriver dans le lieu de douleurs, Tisiphone, année d'un fouet, s'élance sur lui, le frappe k coups redoublés et le poursuit sans relâche en lui présentant de la main gauche des serpents horribles. Tibulle la décrit ainsi :

Le front ceint de serpents, Tisiphone épouvante La foule des damnés, qui pleure et fuit en vain; Et sur le seuil Cerbère, à la gueule sifflante, S'accroupit, noir geôlier, a la porte d'airain.

Tous les poëtes anciens nous ont laissé des descriptions de la pâle Tisiphone, surtout les poètes de la décadence, comme Stace et Claudien. Boileau leur a emprunté beaucoup de traits pour peindre la Discorde dans le Lutrin. Eu nous enseignant dans une de ses satires les mystérieuses orgies des magiciennes et de leurs sombres incantations, Horace parle ainsi de Tisiphone : « L'une des deux magiciennes invoque Hécate, l'autre Tisiphone. Alors vous eussiez vu errer les serpents, les chiens infernaux, et la lune rougissant de honte se cacher derrière les grands tombeaux. » C'est encore Tisiphone que l'on voit voler au milieu des batailles, applaudissant au carnage et hâtant les meurtres. ■ La pâle Tisiphone, au milieu des nombreux combattants, exerce ses fureurs, • dit "Virgile. C'est elle qui répandait parmi les mortels la peste et les fléaux contagieux ; c'est encore elle qui poursuivit Etéocle et Polynice, et fit naître en eux cette haine fameuse dont Eschyle et les autres postes grecs nous ont raconté les horribles exploits. Tisiphone a sa légende. Elle fut éprise d'un beau jeune homme nommé Cithéron. Pour 'ne pas faire fuir son amant et lui inspirer de l'horreur en se montrant à lui sous son véritable aspect, elle se servit d'un intermédiaire. Mais elle ne fut pas plus heureuse pour cela. Le jeune homme repoussa celle qu'on lui avait envoyée, sans savoir qu'il outrageait ainsi Tisiphone. Furieuse de se voir méprisée, la Furie détacha un des serpents qui ornaient ses cheveux et le lança Il la tête de Cithéron. Le malheureux jeune homme fut 'étranglé. Les dieux, après sa mort, le changèrent en une montagne qui porte encore son nom. C'est sur cette montagne que la Furie se fit bâtir un temple environné de cyprès. C'est là qu'Œdipe, aveugle, errant, proscrit, vint mourir, d'après l'ordre des destins implacables.

TISOIR s. m. (ti-zoir — rad. User). Techn. Outil dont on se sert pour attiser le feu d'un four de fusion.

TISON s. m. {ti-zon — lat. titio, même sens). Reste d'une bûche, d'un morceau de bois dont une partie a été brûlée : Tison allumé. Tison éteint.

Suis-je seul, je me plais encore au coin du féu ; De nourrir mon brasier mes mains se font un jeu; J'agace mes lisons; mon adroit artifice Reconstruit de mon feu l'élégant édifice.

Delilli:.

— Fig. Reste d'une passion presque éteinte ; personne en qui la passion est presque éteinte :

Deux vieux époux sont deux tisons, Qui ne brûlent plus, mais qui fument.

Desauoiers.

Il Personne considérée au point de vue de l'ardeur de ses passions :

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Souvent un couple fidèle, Malgré ses cheveux grisons.

Fait jaillir quelque étincelle, En rapprochant ses tisons.

Demoustier.

— Tison d'enfer, Personne très-méchante, qui pousse au mal par tous les moyens possibles.

— Tison de discorde, Personne qui se plaît k semer le trouble, la discorde, la haine. Il Cause de discorde.

— Garder les lisons, Etre toujours sur les tisons, Avoir toujours le nés sur les tisons, Se tenir constamment très-près du feu. Il Cracher sur les tisons, Se dit des vieilles gens, qui sont toujours au coin du feu.

— Prendre te tison par où il brûle, Prendre, pour la réussite d'une affaire, la voie la plus dangereuse, la moins naturelle, la moins sûre.

— Mythol. Tison de Méléagre, Tison auquel était attachée la vie de ce héros. V. MÉ-

LEAGRIS.

TISONNÉ, BE adj. (li-zo-nê — rad. tison). Manège. Se dit du poil d'un cheval, quand il est blanc ou gris, parsemé de taches noires, irrégulières et allongées, comme si elles avaient été faites avec du charbon : Jument

TISONNÉE.

TISONNER v. n. ou intr. (ti-zo-né — rad. tison). S'amuser à remuer, à déplacer les tisons du foyer : Se plaire à tisonner. Nous restons quelquefois à tisonner, le père Hoop et moi. (Dider.) Oh! tisonner, quand on aime, n'est-ce pas développer matériellement sa pensée? (Balz.) Peuple barbare, qui ne connaît même pas le plaisir de tisonner. (Laboujaye.)

On ne peut pas toujours discourir, raisonner, Et, même en raisonnant, l'on aime a tisonner.

Duces, cead.

TISONNEUR, EUSE s. m. {ti-zo-neur, euze — rad. tisonner). Personne qui tisonne, qui aime a tisonner :

Je suis donc tisonneur et ne m'en cache pas.

DUCEB.CBAU.

TISONNIER s. m. (ti-zo-nié — rad. tisonner). Outil, verge de fer dont on se Sert pour attiser le feu, retirer les cendres et les résidus de la combustion.

TISRI s. m. (ti-sri). Chronol. Premier mois de l'année civile, septième mois de l'année sacrée chez les Hébreux. Il commençait à l'équinoxe d'automne et finissait le 20 octobre.

TISSAGE s. m. (ti- sa -je — rad. lisser). Action de tisser; ouvrage fait en tissant : Un bon , un mauvais tissage. Le tissagîs de la laine se fait presque partout à bras et à domicile. (J. Simon.) Il est impossible de passer sans être émerveillé devant ces magnifiques impressions où la perfection du TISSAGE fait disparaître jusqu'à l'entrelacement des fils. (L. Reybaurî.) Le tissage vertical est resté en usage aux fndes. (A. Réville.) La filature et le tissage du lin à la mécanique sont les plus grandes découvertes industrielles du xixe siicle. (H. Berthoud.)

— Encycl. Les opérations que comprend le tissage sont très-nombreuses et très-compliquées. Nous les distinguerons en opérations préliminaires et opérations relatives au tissage proprement dit.

Les opérations préliminaires sont : le bobinage; l'ourdissage; le pliage; le parage; la préparation de la trame; le remettage; le montage du métier; et si l'étoffe est façonnée : Ta mise en carte du dessin; le lisage,le perçage et l'assemblage des cartons; les einportages; l'appareillage du métier, le colletage et le pendage.

Le tissage proprement dit est la mise en action du métier employé. Les principaux métiers sont les "suivants :

Métier à marches mû par l'ouvrier.

Basses lisses. (Métier mécanique.

Métier à cylindres.

Métier à la Jacquard.

j Métier à hautes lisses.

I Métier à lisses variables.

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Hautes lisses.

»!•*• i"'n | Métier a tulle.

Metters à mailles, j Métier à tricot.

— Bobinage. Le bobinage consiste simplement à dévider le fil fourni par la filature en écheveaux, fuseaux ou broches et à l'enrouler sur les bobines du métier à tisser.

— Ourdissage. Cette opération consiste à assembler parallèlement, à la même longueur et sous la même tension , les fils destinés a former la chaîne du tissu, laquelle s'étend dans le sens de la longueur de la pièce , la trame étant passée dans le sens de la largeur.

■ L'ourdissage se fait a fils simples pour les cotonnades, les toiles, la draperie et les étoffes en laine rose, excepté aux points où l'étoffe doit présenter les côtes. Pour les châles brochés, les fils sont réunis deux à deux au moins; pour les soieries, l'ourdissage se fait k 3, * fils, etc.

L'ourdissage se fait à la main ou à la mécanique. Dans le premier cas, on tend les fils sur une sorte de tambour vertical mobile autour de son axe et formé de montants éga-

lement espacés au nombre de huit à dix. Le nombre des spires que parcourra le fil sur ce tambour est réglé d'après la longueur de la pièce d'étoffe. Les bobines, enfilées dans des axes horizontaux parallèles, tapissent un cadre vertical situé k côté de l'ourdissoir; l'ouvrier, placé entre les deux, peut surveiller à la fois le dévidage des bobines et l'ourdissage. Supposons que chacun des axes horizontaux qui supportent les bobines en porte 4, et que le cadre comprenne 10 axes, 40 fils se dévident en même temps; ils sont dirigés vers un anneau par lequel ils passent ensemble et se réunissent en un faisceau qui s'étale en spires sur le tambour. Le tambour est mis en mouvement par l'ouvrier à l'aide d'une manivelle, et, suivant qu'il tourne dans un sens ou dans l'autre, l'anneau dans lequel passent les fils monte ou descend de quantités proportionnelles à l'angle dont tourne le tambour, de sorte que le fil décrit une hélice. Lorsque le fil, attaché d'abord à la partie supérieure du tambour, est arrivé au bas, on l'attache de nouveau et on tourne le tambour en sens contraire j de nouvelles spires se forment alors de bas en haut; puis, lorsque le fil est afrivé en haut, on change encore la marche, et ainsi de suite. La pièce, mobile qui réunit les fils porte le nom de plot; l'ensemble des fils qui forment un ruban sur le tambour est une portée, habituellement de 40 fils; un ruban de Î0 fils est une demiportée ou musette.

L'ourdissage à la mécanique est beaucoup plus rapide ; le3 bobines sont rangées sur une sorte de plan incliné, de façon que leurs axes soient horizontaux ; un pareil cadre peut en porter 300 à 400 ; chacun des fils est dirigé entre les dents d'un peigne maintenu verticalement, et de là vers un système de trois cylindreshorizontaux jointifs, qu'il contourne en passant au-dessous du premier, au-dessus du second et au-dessous du troisième. Les fils forment ainsi un ruban qui va s'enrouler sur un cylindre mû plus ou moins vite, mais qui fait généralement une centaine de tours par minute. Le cadre qui renferme les axes des bobines, au lieu d'être incliné, peut aussi être vertical.

Lorsque l'ourdissage a été fait à la main , il faut faire le pliage, opération qui consiste k séparer les fils les uns des autres et à les disposer parallèlement à la distance voulue; ■ pour cela, on dévide de nouveau eu faisant passer les fils entre les dents d'un peigne.

— Encollage et parage. On augmente la solidité des fils et on en rend les glissements plus aisés en les enduisant de colle ou les parant. Toutes les matières textiles sont encollées avant le tissage. On se sert, pour la laine, de colle animale et de colles végétales pour le coton et le lin ; l'encollage de la iaine se fait encore souvent à la main en passant des brosses chargées do colle sur la chaîne tendue. L'encollage des fils végétaux se fait à la mécanique. La colle dite végétale se compose de fécule et de sulfate de zinc ou de cuivre ; ces deux produits sont quelquefois mélangés. Le procédé employé pour parer et encoller les chaînes consiste à les faire passer entre deux cylindres garnis de flanelle dont l'un plonge constamment dans un bain de colle, et à les envoyer de là sur des brosses animées d'un mouvement alternatif. Le cylindre supérieur répartit déjà à peu près uniformément la colle et les brosses enlèvent l'excédant. Un ventilateur envoie à chaque instant sur les fils des bouffées d'air sec et chaud , de sorte que, lorsqu'ils arrivent sur le cylindre où ils doivent s'enrouler, ils sont déjà secs.

— Préparation des fils pour trame. Les fils pour trame doivent, comme les fils pour chaîne , subir des dévidages destinés à les disposer de la manière la plus convenable et des mouillages pour leur donner une grande flexibilité. Toutefois, on évite maintenant, uu moins pour le coton et la laine peignés, le dévidage pour'trame en faisant produire aux métiers à filer des canettes assez régulières pour pouvoir être immédiatement placées dans la navette ; d'un autre côté, on ne mouille pas lorsqu'il s'agit de tissus lâches; le mouillage se t'ait, du reste, a l'eau pure ou k une eau légèrement savonneuse ;ou bien on plonge les canettes dans le liquide; ou bien, après les avoir rangées dans une caisse assez grande, on fait le vide autour d'elles et on laisse ensuite arriver l'eau, qui pénètre dans tous les intervalles des fils; on fait ensuite égoutter.

— Remettage. Le remettage a pour objet de fixer les fils de la chaîne aux lisses ou laines qui doivent les faire mouvoir; le nombre de ces lisses varie de deux à un nombre quelconque qui croit avec la complication du tissu. Les lisses reçoivent leur mouvement de leviers appelés marches, et les communications entre les lisses et les marches prennent le nom d'armures.

— Tissage des pièces unies de fil, de coton, de laine ou de soie. Les pièces unies, qui forment la plus grande parties des étoffes, sont invariablement composées de fils entre-croisés dans deux directions perpendiculaires. Les fils de la chaîne étant disposés parallèlement, il s'agit d'introduire entre eux, perpendiculairement, les fils de la traftne , de façon que l'un de ces derniers passe sur tous les premiers, de deux eu deux, et au-dessous des autres ; pour cela le mouvement est bien

simple : la pièce, qui s'étend dans sa longueur de gauche à droite, est tissée jusqu'en CD, et il s'agit de passer un 91 de plus de la trame; pour cela, on soulève l'une des deux lisses auxquelles sont attachés les fils de la chaîne, puis on abat l'autre; tous les fils, de deux en deux, attachés k une même lisse, sont ainsi soulevés et les autres abaissés. 11 se forme dono le long de l'arête CD un angle dièdre dans lequel on introduit la fil de la trame; on produit le mouvement contraire, le fil en question se trouve pris, et il se forme un autre angle dièdre dans lequel on introduit un nouveau fil, et ainsi de suite. Les deux lisses sont reliées à une même corde passée sur une poulie à laquelle on donne alternativement deux mouvements opposés, et l'effet voulu se produit de la façon la plus régulière. Une lisse se compose d'un ensemble de fils verticaux de même longueur terminés k leurs extrémités inférieures par des boucles dans lesquelles passent les fils de ta chaîne.

Lorsque la pièce doit être très-large, pour ne pas trop charger les lisses on en emploie quatre, dont deux montent pendant que les deux autres descendent.

Pour les étoffes croisées, on emploie forcément trois, quatre ou cinq lisses; on les manœuvre en les groupant alternativement de différentes manières, suivant une loi périodique.

Pour tisser les velours à poils ou épingles, on emploie deux chatnes entrelacées, dont l'une sert a composer le corps du tissu et l'autre à former le poil ou les boucles. La tisserand est armé de deux fines baguettes en fer ou en cuivre qu'il passe entre les deux chaînes comme passerait un fil de trame et qu'il enlève successivement à mesure que l'étoffe avance. (J'est sur ces baguettes que se forment les boucles, que l'on coupe ensuite a l'aide d'un petit rabot, ou qu'on laisse subsister pour former le velours épingle.

Nous allons compléter cet article par quelques détails sur la mise en carte. Quelque dessin qu'on veuille reproduire, ornement, fleurs, figures d'oiseaux, etc., on peut y parvenir à taide de la mise en carte, dont le but est de guider le tisseur, non-seulement dans la composition des contours , mais encore dans celle des couleurs. Pour mettre en carte, on dessine d'abord le motif qu'on veut obtenir sur un papier. Ce papier est préalablement divisé en grands quadrilles, et les quadrilles sont eux-mêmes subdivisés eu trèspetits carrés égaux , les lignes verticales figurant la chaîne et les lignes horizontales la trame. Les proportions des quadrillas varient; ils peuvent contenir 10 carrés sur 10 ou 8 sur 5, ou 6 sur S0, ou 10 sur 20, ou 12 sur 25. D'après le langage usité, on énonce d'abord. les fils de la chaîne, puis ceux de la trame : ainsi, du 8 en 5, c'est du papier dont les quadrilles contiennent 8 fils de chaîne et 5 tils de trame, etc. Lorsqu'on a dessiné sur le papier le motif qu'on doit tisser, on le colorie pour juger de l'effet, en remplissant bien chaque petit carré, car chacun d'eux représente l'épaisseur de l'un des fils qui doivent concourir par leur disposition à l'exécution du dessin. Celui-ci est toujours beaucoup plus grand sur le papier quadrillé qu'il ne le sera sur l'étoffe; il est en général double de la grandeur d'exécution. Quand le dessin est tracé, on procède au lisage , opération qui consiste à percer des trous dans des cartons correspondants aux diverses couleurs employées dans les dessins, ce qui forme autant de fils différents. Le liseur doit se rendre bien compte de la manière dont ces fils doivent être disposés pour rendre le modèle mis en carte; il exécute en quelque sorte le tissu d'idée et perce les trous suivant les nécessités de cette exécution.

La mise en carte ne servant que comme un moyen intermédiaire pour le tissage du dessin et pour désigner d'une manière exacte et détaillée les points où les fils de la chaîne doivent être vus ou cachés, il reste k savoir comment après le lisage, c'est-k-dire après le percement des cartons, s'opère la disposition des fils, afin de reproduire exactement le modèls exécuté sur le papier quadrillé;

Lorsqu'il s'agit de tramer en diverses cou- 'leurs, on emploie autant de canettes qu'il faut de nuances, chacune étant chargée d'un fil différent, et en ayant soin d'observer l'ordre qui a été indiqué par la lecture du dessin. Pour pouvoir faire agir k volonté d'une manière indépendante tou9 les fils de la chaîne, chacun d'eux est fixé a une aiguille verticale. Chacune de ces aiguilles a par conséquent un petit carré correspondant sur la mise en carte, puisque tous les fils de la chaîne y sont indiqués. En levant, pour fournir le passage à la duite ou trame, toutes les aiguilles, dont les places indiquent que les fils de la chaîne doivent être apparents, et qui seront soulevées avec les fils qui y sont attachés, s'abattront sur la duité, tandis que ceux qui n'auront pas été soulevés seront 'au contraire couverts par elle. Telle est l'opération dont la solution a pendant assez longtemps constitué un problème compliqué et délicat. Ce système, d'abord assez imparfait, fut graduellement perfectionné, et Jacquard le modifia, ou plutôt le transforma de telle sorte qu'on peut lui eo faire honneur comme d'une découverte, et ce fut cette modification qui fit le principal élément du métier qui porte son nom. Voici quel est, d'une façon sommaire, le principe

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du système : sur une bande de carton sont marquées toutes les places des aiguilles qui portent des fils de chaîne, ainsi qu'on vient de le voir plus haut. Cette bande est percée de petits trous en tous les points où aiguilles et nls doivent rester immobiles, tandis que le carton est intact aux points où les uns et les autres doivent être, soit soulevés, soit abaissés pour laisser voir les fils de la trame. On perce donc autant de cartons qu'il y a de couleurs dans la dnite. Lorsqu'on présente une bande de carton ainsi préparée, et on en présente une nouvelle chaque fois que la trame change de couleur, au-dessus des ai-

fuilles de la chaîne, celles qui sont placées e telle sorte .qu'elles rencontrent les petits trous percés dans le carton s'y introduisent, le traversent, et, ainsi arrêtées, demeurent immobiles; les autres sont repoussées par le plus léger effort et font, par conséquent, dévier les fis qu'elles portent et que la trame recouvre dans sa course égale et invariable. Grâce à l'ingénieux mécanisme du métier Jacquard, cette opération s'exécute avec une régularité et une rapidité parfaite. De cette façon , le tisseur n a pas à s'inquiéter des combinaisons de fils qui doivent produire le dessin et dans lesquelles il se perdrait; il n'a plus qu'à veiller à la bonne exécution du tissu.

La mise en carte est employée pour tous les tissus où l'on doit varier les combinaisons des croisements de fils pour former des dessins quelconques, notamment pour les châles, les tapis, les rubans, les mousselines brochées, etc. V. Jacquard et tissu.

TISSANDIER (Gaston), savant et aéronaute, né à Paris le 21 novembre 1843. Il est fils de M. Paul Tissandier, membre du conseil général de la Marne, petit-fils de M. Decan, maire de Paris, et arrière-petit-fils de Lhéritier de Brutelles, membre de l'Institut. Après avoir fait de solides études au lycée Bonaparte, M. Gaston Tissandier, que sa vocation appelait vers l'étude des sciences, se consacra k la chimie. Admis dans un des laboratoires du Conservatoire des arts et métiers, il y travailla plusieurs années, pendant lesquelles il suivit en même temps les cours de fa Sorbonne, du Collège de France et prit ses grades de baccalauréat. A vingt et un ans, M. Gaston Tissandier était nommé directeur du laboratoire d'essai et d'analyses chimiques de l'Union nationale, où il fut charge pendant dix ans de tous les travaux et les expertises de la chambre syndicale des produits chimiques de Paris. C'est pendant cette période de son existence qu'il entreprit ses observations météorologiques en ballon et ses expéditions aériennes. Son premier - voyage aérien fut exécuté à Calais, le 16 août 1868, avec l'aéronaute Jules Duruof. Les voyageurs , grâce à l'habile emploi de courants aériens superposés, purent, à deux reprises différentes, s'aventurer à 28 kilomètres vers la pleine mer, pour revenir sur ie rivage, sous l'action de la brise superficielle. Depuis cette époque, M. Gaston Tissandier n'a pas exécuté moins de vingt-quatre ascensions scientifiques, dont un grand nombre avec son frère M. Albert Tissandier, architecte et artiste de talent. Trois de ces voyages aériens ont été entrepris pendant la guerre, soit pour sortir de Paris assiégé, soit pour essayer d'y rentrer avec des vents favorables. Ces ascensions ont été l'objet de plusieurs mémoires insérés dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences. Les voyages aériens de MM. Tissandier, Crocé-Spinelli et Sivel, exécutés dans le Zénith, ont attiré l'attention de l'Europe entière. La première ascension du ballon ie Zénith (23 mars 1875) a été ta plus longue qui ait jamais été faite; elle a duré vingt-trois heures et a valu à la science de curieuses observations. La deuxième (15 avril 1875), qui a eu lieu à la plus grande altitude que 1 homme ait jamais atteinte (8,600 mètres), a causé la mort de Crocé-Spinellietde Sivel, les infortunés compagnons de M. Gaston Tissandier. Celui-ci , seul survivant de la catastrophe , n'a été sauvé que par son tempérament particulier uni à un calme et à vin sang -froid peu communs. Outre ses travaux de chimie et ses expéditions aériennes, M. Gaston Tissandier s'est fait connaître comme écrivain et comme professeur. On lui doit plusieurs ouvrages de science, parmi lesquels nous citerons : Traité élémentaire de chimie, en collaboration avec M. Deherain (4 vol. in-18, Hachette et Cl"); 4 vol. de la Bibliothèque des merveilles : l'Eau , la Houille , les Fossiles (1874), les Merveilles de ta photographie (1874) ; nous mentionnerons encore les Voyages aériens , en collaboration avec MM. Glaisher, Flammarion et de Fonviello; En ballon pendant le siège de Paris, souvenirs d'un aéronaule (1871, in-18); Simples notions sur les ballons; des études spéciales sur VRiliogravure, l'Histoire de la gravure typographique, etc., etc. M. Gaston Tissandier est un des collaborateurs assidus du Magasin pittoresque, où il a publié un grand nombre de notices scientifiques. En 1873, il fonda le journal la Nature, revue des sciences illustrée, magnifique publication qu'il rédige avec le concours de- plusieurs savants éminents. M. Gaston Tissandier a fait un grand nombre de conférences où il a toujours été remarqué pour la facilité de son élocution. On lui doit, en outre, quelques travaux scientifiques ori-

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ginaux de chimie et de météorologie, qui ont été l'objet de douze notes adressées à l'Académie des sciences. Ses Etudes sur l'acide carbonique de l'air, sur les poussières atmosphériques et les aérotithes microscopiques ont surtout attiré l'attention du monde savant. M. Gaston Tissandier est vice-président de la Société française de navigation aérienne, professeur a l'Association polytechnique, membre de la Société chimique de Paris et de la Société météorologique de France. Il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur le 15 novembre 1872.

TISSAPHERNE, satrape persan, sous le règne d'Artaxerce Mnémon , mort en 395 av. J.-C. Il commanda un corps de troupes dans l'armée de ce prince à la bataille de Cunaxa (•SOI av. J.-C.}, conduisit les Dix mille vers le Pont-Euxin, trahit les chefs grecs et les fit égorger dans un festin. Toutefois, les Grecs n en opérèrent pas moins leur retraite sous les ordres de Xénophon. Tissapherne, après avoir investi les villes éoliennes de l'Asie Mineure, finit par conclure une trêve avec le Lacédémonien Dercyllidas (399). Artaxerce lui donna, avec la main de sa fille, le gouvernement des provinces de l'Asie Mineure dont Cyrus le Jeune avait été dépouillé; mais, après sa défaite par Agésilas sur les bords du Pactole, Artaxerce, excité contre lui par Parysatis, qui voulait venger la mort de son fils Cyrus, destitua Tissapherne et le fit tuer à Colosses, en Phrygie.

T1SSARD (François), helléniste français, né à Amboise vers 1460, mort en 1508. Après avoir étudié le droit à Orléans, il se rendit en • Italie, où il apprit l'hébreu et le grec, et, de retour en France, il s'adonna à l'enseignement de cette dernière langue. Tissard est le' premier qui ait fait imprimer en France des livres grecs et hébreux, qu'on était alors obligé de faire venir de Venise. II publia, en 1507, un recueil contenant les Vers dorés de Pythagore, les Sentences des sept sages, etc., et composa la première grammaire hébraïque qu'on ait vue en France. Elle parut en 1508 (in-4o).

TISSAVOYANE s. f. (ti-sa-voi-ia-ne). Bot- Autre forme du mot tisavoyanne.

TISSÉ, ÉE (ti-sé) part, passé du v. Tisser : Toile, étoffe bien tissée. Il y a surtout une abondance de foulards, les uns TISSÉS et im- . primés, les autres venant de l'Inde. (L. Reybaud.) || On dit tissu au figuré.

TISSER v. a. ou tr. (ti-sé — latin texere, mot que l'on retrouve dans toutes les langues aryennes avec des applications diverses : sanscrit tvaksh, taksh, tailler, couper, fendre, gratter, former, fabriquer, puis, en général, agir, travailler, former. La racine en question prend encore l'acception de tisser dans le persan tâchtais, le russe tesma, tesima, tissu, ruban de fil, polonais tasma). Kntrelacer régulièrement les fils, la trame et la chaîne de : Tisser de la toile, du drap, du satin. Tisser du lin, de la laine, du coton, de la soie. Chez tous les peuples, l'art de tisser les étoffes a été inventé par les femmes. (V. Hugo.) Ces pauvres filles de Lyon, dont les doigts de fée tissent le satin et la popeline, n'ont pas de chemise. (A. Blauqui.)

L'Inde a grands frais tisse ses vêtements.

Voltaire.

— Absol. : En Grèce, le soin des esclaves était de moudre et de tisser. (Ph. Chasles.)

— Construire, entrelacer, en parlant des toiles des insectes et des arachnides : Le prisonnier écoutait, dans le silence de la nuit, l'araignée qui tisse sa toile. (Alex. Dum.)

La jalouse Aracbné tisse ces fines toiles.

Ta. de Banville.

TISSERAND s. m. (ti-se-ran — rad. tisser). Ouvrier qui tisse, qui fait de la toile, des tissus : Un métier de tisserand. Un tisserand en drap, en soie. Le tisserand à la main tisse vite ou lentement, selon qu'il respire lentement ou vite. (Michelet.)

— Hist. relig. Nom donné aux Albigeois.

— Jeux. Nom d'un -des joueurs au jeu de la dentelle.

— Arachn. Tisserand d'automne, .Nom vulgaire des araignées qui produisent les fils de la Vierge.

— s. m. pi, Ornith. Famille d'oiseaux sylvains, comprenant les genres loriot, troupiule, cassique, etc.

■ — Encycl. On appelle proprement tisserand l'ouvrier qui fait de la toile; on nomme tisserand drapant celui qui tisse le drap et les autres étoffes de laine ; tisserand en soie, celui qui fait les étoffes de soie ; tisserand futanier, tisserand en basins, etc., celui qui fait des futaines, des basins, etc.

Cette appellation de tisserand désigne en quelque sorte un homme qui fait à lui seul la plus grande partie du travail du tissage, et pour lequel le métier n'est qu'un accessoire, un outil.

Les tisserands formaient au moyen âge une confrérie puissante ayant ses règlements et ses franchises.

L'art du tisserand, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, s'est peu h peu perfectionné. Du temps de Virgile, déjà il existait des tisserands très-habiles, et des renseignements qu'il en donne on peut conclure qu'ils paraissent avoir été familiarisés avec les principaux moyens employés de nos jours

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dans le tissage. On lit, en effet, dans les Ge'or' gigues, que « les cultivateurs tisserands s'occupaient, pendant les jours de pluie de l'été, à monter les lisses sur les chaînes, i

Un passage de Pline ne permet pas non plus de douter de l'habileté du tisserand de son époque et indique clairement que les Grecs connaissaient la combinaison nommée Armure. Il dit : « La ville d'Alexandrie a établi sur les métiers les moyens de tisser à plusieurs rangs de lisses. » Des échantillons d'étoffes qui ont été retrouvés au commencement de ce siècle dans les caveaux de Saint- Germain-des-Prés, et dont la fabrication remonte à l'origine de l'industrie française, attestent combien étaient habiles nos tisserands à cette époque.

11 est facile, par ces échantillons et ceux que l'on a conservés à la Bibliothèque nationale, de voir la gradation qu'a suivie le tisserand dans ses progrès successifs.

On peut en quelque sorte distinguer^trois époques :

La première signale l'établissement de plusieurs rangs de lisses sur les métiers horizontaux par les tisserands grecs d'Alexandrie. ' La seconde comprend les travaux des tisserands de la vieille Gaule, attestés par Pline et Ammien Marcellin.

La troisième offre à l'examen les produits de l'industrie française retrouvés dans les tombeaux de Saint-Germain-des-Prés.

Depuis lors, l'art du tisserand s'est encore perfectionné, mais toujours progressivement, sans éprouver de modifications subites et profondes comme en ont subi presque tous les autres arts, et en particulier la filature, avec laquelle il est si intimement lié.

Nous le répétons, l'art du tisserand s'est perfectionné peu à peu. Chaque jour, les arts mécaniques grandissant, se développant, ont enlevé au tisserand un peu de son initiative et ont augmenté la tâche passive du métier pour diminuer celle de l'homme. Enfin, la mécanique ayant fait des progrès immenses, on a construit des appareils presque complètement automoteurs. Les métiers marchent .en quelque sorte tout seuls. Pas n'est besoin même du tisserand pour lancer la navette. Enfin, on a si bien perfectionné l'art du tisserand qu'il n'y a plus de tisserands, mais seulement des hommes qui surveillent des machines à tisser. V. toile, drap, soie, velours,

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