‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 242 sur 1042 · V. Forli · texte numérisé non relu

V. Forli

TORRE (DellaL poète et antiquaire italien. V, Gabtano (Cesare).

TORRE (le duc de La), homme d'Etat espagnol. V. Seurano.

TOHUEAtlSA (Vincent Fardblla, marquis dk), homme d'Etat italien, né à Tiapani (Sicile) le 17 juillet 1808, d'une famille de l'aristocratie sicilienne, dévouée k l'absolutisme bourbonien; se3 deux oncles, le général Fardella et le duc de Cumia, étaient : le premier, ministre de la guerre k Naples; le second, directeur de la police de Sicile. Bien qu'entré de bonne heure dans les emplois, le jeune marquis nourrissait des sentiments libéraux, inconnus dans sa famille. Devenu directeur des contributions indirectes de la ville -et province de Trapani, il passa à Païenne avec les mêmes fonctions et entra dans le conseil supérieur de cette administration, où il eut plus d'une fois k défendre les intérêts de son lie, La révolution du 12 janvier 1848 le fit président du comité des finances dans le gouvernement provisoire. Il se fit remarquer par sa loyale fermeté dans ces fonctions et dans les négociations tentées pur le gouvernement de Naples. Elu à la Chambre des députés, il fut nommé président de cette assemblée k une grande majorité. C'est en cette qualité qu'il prononça, le 13 avril 1848, la déchéance des Bourbons, Quelques jours après, il prit le ministère des atfaires étrangères avec la présidence du conseil. Démissionnaire le 28 décembre, il refusa constamment de reprendre un ponvoir qu'il n'avait accepté qu'à l'instante prière des Chambres et du pays. Réélu président de la Chambre des députés, il dut quitter cette haute fonction, en même temps que sa patrie, lorsque l'arinéo napolitaine eut vaincu les forces siciliennes. En avril 1849, il prit le chemin de l'exil et partit pour le Piémont. Après avoir habité successivement Gènes et Turin, il alla se fixer k Nice, où il épousa la duchesse Julie de Serradifalco.

De retour à Palerme en 1860, le marquis de Torrearsa fut, le 17 juin, nommé secrétaire d'Etat, chargé de présider le conseil et de suppléer le dictateur; mais, après avoir insisté vainement pour la réunion d'une assemblée constituante, il dut se retirer en présence du refus deGaribaldi. Après le plébiscite, il fut envoyé k Naples par sa ville natale, qui l'avait accueilli avec enthousiasme, pour complimenter Victor-Emmanuel. Il fut

ensuite nommé par M. de Montezemolo pré* sident du conseil de lieutenance, et bientôt après élu député de Trapani au parlementitalien , qui le choisit pour son second viceprésident. Il refusa de faire partie du ministère, mais il appuya constamment lo gouvernement contre l'opposition. Envoyé en juin 1861 comme ambassadeur extraordinaire auprès des rois de Suède et de Danemark, il recueillit dans cette mission de précieux témoignages de l'estime de ces souverains pour Victor- Emmanuel et de la sympathie des peuples pour l'Italie. A son retour, le baron Ricasoli lui confia l'importante fonction de préfet de Florence, où il s'attira l'estime et l'affection générales; peu après il fut appelé a faire partie du sénat, où il a continué k appuyer la politique du gouvernement.

TORRECILLA DE CAMEROS, ville d'Espagne, province et à 28 kilom. de Logrono ; 2,000 hab. On y trouve, dit M. G. de Lavigne, neuf fabriques de draps en grande activité, dont les produits sont exportés dans les provinces voisines. Torrecilla est divisée en deux quartiers pnr l'Iregua, que traverse un pont d une seule arche et d'une construction très- remarquable. On cite, parmi les curiosités naturelles des environs, une grotte ouverte au milieu de la montagne, k 1,500 mètres de !a ville, d'une profondeur de près de 1,000 pas et dans laquelle se trouvent de magnifiques stalactites. «Toutesles merveilles de lacréation, dit M. Madoz, sont réunies dans cette vaste enceinte; on dirait une exposition rie modèles de toute espèce, ou un immenso atelier d'objets naturels destinés k servir k l'homme d'école pratique. Auprès de cette grotte est une abondante mine de bol fort apprécié. »

TORRE - DELL' - ANNCNZ1ATA , ville du royaume d'Italie, avec un port sur la côte E. du golfe et dans la province de Naples, au pied du Vésuve; 15,000 hab. Sources minérales; fabrique royale de poudre et d'armi:s. Pêche active et commerce de grains. Celte ville dut son origine k une tour qu'y fit construire Alphonse I®*, et qui fui appelée Tttrris annunciatss de Schefato. A peu de distance, au N.-O., se trouve l'ancienne Pompeia.

TORRE-DEL-GRECO, ville du royaume d'Italie, au pied du mont Vésuve, sur le golfe, dans la province ot à il kilom. S.-E. de Naples; 22,000 hab. Il y a quelques maisons de campagne avec jardins, une belle église collégiale et paroissiale et un vaste hôpital. Fabriques d'objets en corail; Ta pêche du corail , ainsi qu« celle du thon, des huttres et des sardines, y est très-active. Presque entièrement détruite en 1794 par une éruption du Vésuve, elle a été reconstruite en partie avec la lave même.

TORRE Dl-CAMARIN A, anciennement Camarine, ville de Sicile, sur la côte S., au N. du cap Scalambri.

TORRE-DI-MARE, anciennement Métaponte, ville du royaume d'Italie, dans une vaste plaine malsaine, près de l'embouchure du Barento dans le golfe de Tarente, k 45 kilom. S. de Matera. Il y a peu d'habitants k cause de l'insalubrité de l'air.

TORRE-DI-POLLPCB, anciennement Sélinonte, bourg de Sicile, sur la côte S.-O., au S. de Rilieri.

TORRE-DON-J1MBNO, anciennement rosibia, ville d'Espagne (Andalousie), province et a 17 kilom. O. de Jagn , sur la rive droite du Salado-de-Aigona; 7,000 hab. La partie non protégée par la rivière est entourée d'une haute muraille. Fabriques de toiles. Commerce en huile et vin.

TORRÉFACTEUR s. m. (tor-ré-fa-kteur— rad. torréfier). Appareil de torréfaction : A sa sortie du torkéfactkdr, le tabac, parfaitement sec , est propre à la consommation. (Bourdelin.)

TORRÉFACTION s. f. (tor-ré-fa-ksi-on — rad.- torréfier)? Action de torréfier : L'huile de café ne s'obtient que par la torréfaction. (Brill.-Sav.)

— Chim. Opération qui consiste k exposer au contact de l'air, sous l'influence d'un feu direct, certaines substances qu'on veut oxyder par ce procédé.

— Encycl. La torréfaction a pour but d'opérer dans certaines substances un commencement de calcination ayant pour effet soit de détruire un principe nuisible, soit de provoquer la formation d'un principe aromatique, soit de dessécher la substance. On torréfie le cacao et le café pour détruire une partie de leur matière végétale insipide et en même. temps pour leur donner de l'arôme en provoquant la manifestation des huiles aromatiques essentielles qu'ils renferment. On torréfie le tabac pour le dessécher et aussi pour exalter les propriétés de la nicotine qu'il renferme. Des fours spéciaux sont installés dans les manufactures de tabac pour la torréfaction des feuilles. La torréfaction soumet les substances k un feu modéré et continu. L'opération doit se faire avec beaucoup de soin et de réserve. Quand la torréfaction est excessive, tes matières se brûlent et sont détruites; quand elle est trop faible, elle est inutile. Les combustibles qui contiennent de l'eau et des matières volatiles sont quelquefois aussi soumis k la torréfac-

TORR

tion. Pour torréfier le bois on le soumet aune température de 140<> k 150<>, en ayant soin d'éviter une chaleur qui provoquerait l'inflammation. On peut fi ire la dessiccation de deux manières. On dirige k travers la matière les gaz chauds qui proviennent d'un fourneau quelconque, ou bien on les fait passer dans des enceintes fermées autour du combustible k dessécher; on a alors une dessiccation par vapeur .surchauffée, plus économique que la première, mais qui a l'inconvénient de restituer en partie au bois, par l'intermédiaire de la vapeur, l'eau enlevée. Dans le premier système, les fours de dessiccation sont de grandes galeries, où l'on fait marcher le courant gazeux' en sens inverse du combustible k torréfier. Mais, comme les gaz chauds arrivent sur une partie sèche, il îaut les refroidir vers 140° pour éviter l'inflammation. Dans les usines métallurgiques, on emploie les gaz chauds provenant des autres appareils de combustion ; ils servent d'abord k chauffer les fours, puis sont mêlés k de l'air froid et dirigés sur le combustible. Dans les galeries, le bois est placé sur'des chariots formés de deux barres de fer recourbées; une chaîne tire le convoi vers la partie supérieure de la galerie. Sur le parcours du canal, il y a, vers le haut de la voûte, une ouverture par laquelle entte l'air froid. A l'extrémité, on emploie un ventilateur pour faire circuler les gaz, qu'. doivent sortir k la température ordinaire On prend quelquefois une autre disposition : on allonge la galerie, et on fait arriver l'ail chaud par des ouvertures placées k son extrémité ; ce qui produit un courant qui entraîne les gaz vers le fond de la galerie, où le bois doit arriver froid. Les frais de dessiccation reviennent environ k 0 fr. 60 par stèra de bois.

On a cherché quelquefois k dessécher le bois en forêt. On creuse un fossé, qui se prolonge un peu au delà d& la portion de 1 aire que doit couvrir le bois à dessécher, et sur laquelle on dispose les rondins; on place quelques bûches écartées de 0m,30 k 0m,40 sur la longueur, puis on pose une couche perpendiculaire k l'axe longitudinal du fossé, qui se trouve ainsi recouvert d'une voûte en bois; par-dessus, on fait tenir une couverte en terre ou en gazon. Dans cette fosse on installe un ventilateur en bois ou en tôle de fer; k l'avant, on dispose une grille formée par quelques barreaux de fer, et recouverte d'un chapeau en fonte; une partie du vent arrive en dessus, et l'autre en dessous de la chauffe. On allume un peu de feu sur la grille, et on imprime au ventilateur un mouvement d'abord rapide, puis plus lent, pour ne pas trop pousser les produits de la combustion dans le bois. On fait marcher le ventilateur de manière k donner environ 15 mètres cubes d'air par minute ; au bout de dix heures, on ne donne plus que 10 mètres cubes. Les produits de la combustion sont forcés de s'échapper par des évents placés k la partie inférieure. L'air chaud passe ainsi k la partie intérieure. Cette méthode est défectueuse en ce qu'elle ne donne pas un combustible homogène ; les frais sont environ de o fr. 50 par stère.

Dans le second système de torréfaction par la vapeur surchauffée, on fait passer les gaz chauds dans des tuyaux en fonte, qui sillonnent la masse k dessécher. Les extrémités des tuyaux aboutissent k un ventilateur aspirant; uue voûte est placée au-dessus et on y fait passer de peins wagons sur un chemin de fer. Le bois va en sens contraire de l'air chaud. Les portes de la galerie sont mal jointes, pour laisser échapper la vapeur d'eau et donner un petit courant d'air. Il n'y a pas danger d'inflammation dans la galerie; mais pour l'éviter k la sortie on doit prolonger la galerie.

Ces bois desséchés ont un pouvoir calori-^ fique plus élevé et des propriétés moins oxy-* dautes; seulement, ces combustibles sont hygrométriques , et il faut les employer immédiatement.

Dans le même but, on soumetaussila tourbe à la torréfaction. La température ne doit pas être poussée au delà de 120°, pour éviter l'inflammation. Les fourneaux sont un peu modifiés,et il faut de un k trois jours pour que la dessiccation soit complète. Les gaz proviennent d'un foyer d'affinage du fer; ils servent d'abord k recuire les fils de fer, puis on les fait passer par une galerie circulaire de 3 mètres de longueuretde lm,50deh.auteur. Ausommetds la galerie est une ouverture munie d'un clapet pour refroidir l'air k volonté. Les gaz montent par un canal vertical k un panneau qui a a mètres carrés environ ; une autre galerie aboutit k un ventilateur aspirunt. Ce four piéseute, k la hauteur de 1X1,50, une grille en fer sur laquelle on charge le combustible. La grille présente une disposition particulière. La tourbe est chargée par la partie supérieure; à la partie inférieure est une porte pour enlever la tourbe torréfiée. Dans ce fourneau, ou charge des briquettes de tourbe contenant 20 pour 100 d'eau, et ou fait arriver les gaz chauds de 120° k 150»; ils viennent k la partie supérieure et sont refroidis en arrivant k la partie inférieure ; on produit alors le courant d'air au moyen d'un ventilateur. Eu donnant 200 mètres cubes d'air chaud pur minute, on peut dessécher par vingt-quatre heures 5,500 briquettes dans un fourneau da 75 mètres cubes. Les charges mettent trois iours à descendre. Le four emploie quatre

homme!!, et les frais sont de 1 fr. so par mille de briquettes.

TORRÉFIANT, ANTE adj. ( tor-ré-fi-an, an-te — rad. torréfier). Qui torréfie, qui produit in torréfaction, qui brûle ; II est midi, heure presque mortelle pour qui affronte ce soleil torréfiant gui répand sur le ciel d'un bleu d'émail foncé des nappes de lumière ardente. (E. Sue.)

TORRÉFIER v, a. ou tr. (tor-ré-fi-ê —du lat. lorrere, rôtir; facere faire. Prend deux i de suite aux deux prem. pers. pi. de l'imn. de t'ind. et du prés, du sitbj. : Nous torréfiions, que vous torréfiiez). Soumettre à un feu vif lui produit une carbonisation incomplète.

TORREIN s. m. (tor-rain). Teohn. Amas de matières étrangères qui traversent un bloc d'ardoise.

TORRELAG DNA, ville d'Espagne (Nouvelle- Castille), dans une plaine agréable et fertile, au pied d'une chaîne de collines, près de la droite du Snrnmn, à 9 kilom. O. d'Uceda; 2,600 hab. L'église paroissiale a trois nefs et est d'une belle architecture gothique; on y remarque le tableau d'une Madeleine, par Louis-Sauveur Carmona. Le territoire produit beaucoup de vins, dont le commerce est actif. Fabrique de poterie. Patrie du cardinal Ximénès.

TOEIieLLA. (Gaspard), médecin espagnol.

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