‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 244 sur 1042 · RACINE · texte numérisé non relu

RACINE

Avec grand bruit et grand fracas Un torrent tombait des montagnes.

La Fontaine.

Je veux que ce torrent, par un heureux secours. Sans inonder mes champs les abreuve en son cours.

Voltaire.

— Ecoulement abondant : Un torrent de larmes. Des torrents de sany. Comment pourrais-je arrêter ce torrent de larmes ? (Boss.) L'égalité devant ta loi a çtiùtê des torrents desang. (Proudh.)

— Fig. Abondance impétueuse : Un torrknt d'injures. La parole de cet orateur est un torrent. Il Force impétueuse , irrésistiblement entraînante : L'exemple est un torrent gui vous entraine. Le torrent du monde s'écoule, quelque soin que l'on prenne à le retenir. (Fléch.) Le torrent n'entraîne que ceux qui veulent bien s'y prêter. (Mass.) Le torrent populaire qui coule avec fureur depuis cinquante ans ne rebroussera pas chemin. (S. de Sacy.) On ne peut résister à la mode, c'est un torrent qui entraîne tout. (De Sègur.)

Je ne résiste point au torrent qui m'entraîne.

BOILBAU.

— Laisser passer le torrent, Laisser à une action impétueuse le temps de s'affaiblir; attendre qu'une passion soit calmée, qu'un danger soit passé.

— A torrents, En grande abondance, en parlant de la pluie : // pleut À torrents.

Torrem (le), tableau de Ruisdael, au musée de Dresde. Dans un site escarpé, un torrent roule et se précipite; l'eau rebondit, mousse, scintille sur le devant du tableau. Au fond, on aperçoit quelques chaumières. Rien de plus poétique et de plus grandiose que ce spectacle, rendu par l'artiste avec une vérité et une puissance extraordinaires.

Ruisdael a peint, a l'exemple d'Everdingen, son maître, beaucoup de Torrents et de Cascades; il n'est guère de musée public et même de galerie particulière de quelque importance où l'on ne trouve quelque oeuvre de lui en ce genre ; une des plus remarquables a été gravée, au xvilie siècle, par J.-G. Huck, sous ce titre : le Torrent.

Des tableaux représentant des Torrents ont été peints par Nie. Berghem (gravé au trait par Réveil, dans la Galerie des Arts, VII, pi. 53), R. Savery (musée de Dresde), J.-J.-D. van Cossiau (vente de Pommersfelden, 1868), Moucheron {musée du Belvédère, à Vienne), Joseph Vernet (au Louvre), Paul Huet (un Torrent en Italie, Salon de 1841, et un Torrent dans les Alpes, Salon de 1864), Gustave Doré (un Torrent dans les Alpes, Salon de 1857), Emile Michel (Salon de 1874), etc.

TORRENTE, bourg d'Espagne, province de Valence, sur la rivière de Torrente ; 6,000 hab. Fabriques de toiles.

TORRENTIEL, ELLE adj. (tor-ran-si-èl, è-le — rad. torrent). Qui appartient aux torrents, qui est produit par les torrents : Des eaux torrkntiell.es.

— Qui ressemble à un torrent, qui tombe à torrents : Des pluies torrentielles.

TORRENT1NO (Laurent), imprimeur, né, croit-on, à Zwol (Over-Yssel) vers le commencement du xvi" siècle, mort en 1563. Il fut attiré à Florence par le duc Cosme et y mit ses presses en activité en 1547. Sa réputation s'étendit bientôt dans toute l'Italie et effaça celle des plus habiles typographes de son temps. Emmanuel Philibert de Savoie l'invita à aller fonder une imprimerie en Piémont. Torrentino se disposait à se rendre à Mondovi lorsqu'il mourut. Les ouvrages sortis de ses presses sont au nombre de 224, dont les plus importants sont : les Œuvres de saint Clément d'Alexandrie (Florence, 1551, 3 vol. in-fol.); la première édition des Pandectes florentines (Florence, 1553, in-fol.), celle de Y Histoire de Guichardin ( Florence , 1561 , in-fol.).

TOBBENT1NUS (Hermann), vulgairement Vaii Beck, grammairien, né à Zwol (Over- Yssel) vers le milieu du xve siècle, mort vers 1520. Il entra dans la congrégation des Clercs de ia vie commune, professa la rhétorique au collège de Grouingue, puis retourna dans sa ville natale où, bien que devenu aveugle, il continua à se livrer à l'enseignement. Il composa des ouvrages de grammaire fort estimés alors. Son écrit le plus connu est VElucidarius carminum et historiarum { Hagitenau , 1510, in-40), premier essai connu d'un dictionnaire historique, mythologique et géographique, modèle de ceux qui ont servi de base au travail de Moréri. On cite, parmi ses autres écrits : De generibus nominum (Deventer, in-4°); Commentarius in Bucolica ac Georgica ViV^iiit (Deventer, 1502, in-4«); A lexandri doctrinale cum commentants (De-<i<mt.er,l503), etc.

TORR

TORRENTIDS(Lieven van derBeken, plus connu sous le nom latin de), prélat et humaniste belge, né à Gand en 1525, mort à Bruxelles en 1595. Après avoir terminé ses études de droit k Bologne, où il prit le diplôme de docteur, il passa plusieurs années à Rome, s'y Via avec les hommes les plus distingués et fut chargé, & son retour dans son pays, de plusieurs missions et négociations ditficiles. Philippe II le nomma évêque d'Anvers en 1576, conseiller d'Etat et archevêque de Malines ; muis Torrentius mourut avant d'avoir pris possession de ce dernier siège. Par son testament, il fonda le collège des jésuites de Louvain et lui légua sa riche bibliothèque. De Thou et, après lui, Gérard Brandt ont prétendu que Torrentius traita les protestants avec douceur et désapprouva les persécutions religieuses ; mais il est bien difficile de concilier cette opinion avec une pièce de vers latins , intitulée In laudem Baltasaris Gerardi fortissimi iyrannicidx, dans laquelle le prélat belge fait l'apologie de l'assassin de Guillaume de Nassau. On lui doit : Poemata (Anvers, 1579, in-12), recueil de vers écrits avec élégance ; des éditionsde Suétone (1578), à'Eorace (1602), avec des commentaires estimés; des Lettres, insérées dans le Sylloge epistolarum de P. Burmann, etc.

TORRENTIUS (Jean), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1589, mort en 1640. ii peignit d'abord des sujets de nature morte, puis exécuta de petites scènes extrêmement remarquables par la finesse du ton, le charme du coloris, l'habileté du pinceau. Mais, malheureusement, l'obscénité de ses compositions en amoindrit le mérite. Torrentius faisait partie d'une secte d'adamites, qui se livraient aux plus abominables orgies, et l'artiste se distinguait entre tous par la corruption honteuse de ses moeurs. Arrêté et mis k la torture, il fut condamné à vingt ans de prison ; mais, grâce à des amis puissants, il put passer en Angleterre, où il fit admirer son talent, mais où ses mœurs lui attirèrent le mépris. De retour dans sa ville natale, il fut obligé d'y vivre caché jusqu'à sa mort. Par ordre du gouvernement, le bourreau brûla tous les tableaux de Torrentius qu'on put découvrir.

TORRENTUEUX, EUSE adj. (tor-ran-tur eu, eu-ze — rad. torrent). Qui se transformé en torrent, qui a l'impétuosité d'un torrent ; Une petite rivière torrentueuse, à lit pierreux, arrose cette vallée serrée entre deux montagnes parallèles. (Balz.)

— Qui appartient à un torrent : Les eaux suivent un lit inégal et torrentueux. (F.Soulié.)

— Fig. Inégal et impétueux ; Emportés par leur existence torrentueuse, «7* ne sont ni époux, ni pères, ni amants. (Balz.) Ce sujet prêtait à une de ces compositions torrentueuses qu'affectionnait K'ubens. (Th. Gaut.)

TORRE-PELLICH, ville du royaume d'Italie, province de Turin, k 16 kilom. S.-O. de Pignerol ; 3,700 hab.

Torre-Pignatara, édifice de forme ronde, qui s'élève près de Rome, sur la route de cette ville à Naples, et où l'on a trouvé le tombeau colossal en porphyre rouge connu généralement sous le nom de tombeau d'Hélène, Ce monument, élevé par Constantin à sa mère, se compose d'une pièce circulaire ornée de niches, à l'intérieur.

TORRÈS ou ENDEAVOUR (Détroit de), dans l'océan Equinosial, entre la Papouasie et l'Australie; 150 kilom. de longueur. Il est obstrué par une multitude de récifs et d'Ilots, qui en rendent la navigation excessivement dangereuse. Il renferme, entre autres groupes d'Iles, celle du Priuce-de-Galles. Découvert en 1606 par Louis de Torrès, traversé par Cook en 1770 , 11 a été exploré par les corvettes françaises ['Astrolabe et la Zélée en 1840.

TORRES (Louis se), prélat espagnol, né à Maluga en 1533, mort à Rome en 1584. lise rendit jeune k Rome, où il devint protonotaire apostolique, président de la chambre apostolique, et gagna la confiance de Pie V, qui l'envoya comme légat extraordinaire en Espagne en 1570. Torrès remplit avec un plein succès la mission dont il avait été chargé et qui consistait à amener la formation d'une ligue entre le roi d'Espagne et Venise contre les Turcs. Philippe II, dont il sut, en cette circonstance, gagner la faveur, le nomma, en 1575, archevêque de Montreale. Sous le pape Grégoire XIII, il fut également chargé de plusieurs missions importantes. Son neveu, Louis de Torrès, né à Rome en 1552, mort dans la même ville en 1609, succéda à son oncle comme archevêque de Montreale et reçut, en 1606, le chapeau de cardinal. Il entra en correspondance avec le Tasse, les cardinaux Borromée et Baronius, et autres personnages illustres. On a de lui : Historia délia chiera di Monreale (Rome, 1596, in-4"), sous le pseudonyme de Luigi Leilo.

TORRÈS (Louis da Motta feo das), amiral portugais, né à Lisbonne en 1769, d'une famille noble française du nom de La Motte, mort en 1822. Il commanda, en 1797-1798, les batteries flottantes destinées à défendre l'entrée du Tage, gouverna le Brésil de 1800 à 1805, fit, à son retour en Portugal, une guerre à outrance aux corsaires algériens et combattit contre l'armée française d'invasion en 1807. Etant revenu au Brésil en 1811,

il y servit comme vice-amiral, remplit les fonctions de capitaine général du royaume d'Angola de 1816 à 1820, et mérita l'estime générale par les établissements utiles qu'il créa dans ce pays. Membre du conseil de l'amirauté à son retour en Portugal, il mourut du chagrin que lui causa la révolution de

TORRÈS (François), théologien espagnol.

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