V. Turrien
TORRÈS - CAÏCEDO (J.-M.), publiciste et poète américain, né k Bogota en 1830. Dès l'âge de dix-sept ans, il entra dans la carrière des lettres, publia des vers et collabora à divers journaux, notamment k El Progressa et à El Dia, où il défendit avec chaleur les idées progressistes. Le gouvernement, qu'il attaqua avec une extrême vigueur, donna l'ordre de briser les presses de ce dernier journal, et, pendant la lutte qui s'ensuivit, Torrès- (Jaïcedo fut atteint d'un coup de feu qui lui fit une assez grave blessure. Peu après, il fut élu membre du congrès de la Nouvelle-Grenade. Le pouvoir exécutif ayant été changé, il devint successivement secrétaire de légation à Paris et à Londres, intendant des finances de l'Etat de Bolivar et de Magdalena, secrétaire de la mission k Washington, et chargé d'aff;iires en France et dans les Pays-Bas. En 1864, M. Torrès- Caïcedo se démit de ses fonctions officielles pour se consacrer entièrement aux lettres. Toutefois, il a occupé depuis lora les fonctions de ministre plénipotentiaire de la république du Salvador à Paris et s'est rendu en 1874 à Rome, où il a élaboré et signé pour son gouvernement un concordat avec Pie IX. L'Académie des sciences morales et politi-, ques de Pari3 l'a admis, le 4 mai 1872, au nombre de ses membres correspondants. Indépendamment de nombreux articles dans les journaux précités et dans la Ameria de Madrid, le Correo de Ultramar, etc., on lui doit: Religion, pairie et amour (Paris,in-8»), recueil de poésies; Essais sur les principaux publicistes, poètes et littérateurs latino-américains (Paris, 1863, 2 vol. in-8»), etc.
TORRES-NOVAS, ville de Portugal (Estramadure), dans une plaine très-fertile, auprès d'une haute montagne rocheuse, à 22 kilom. N.-E. de Santarem; 4,000 hab.
TORRES-VEDRAS, ville de Portugal (Estramadure),sur la gauche"du Sizandro, qu'on y passe sur cinq ponts, à 50 kilom. de Lisbonne; 3,500 hab. Récolte de vin ; mine de charbon de terre dans les environs. Wellington, pressé par les Français, s'y retrancha en 1810, et y exécuta les fameuses lignes de Torrès- Vedras. En 1810, Massénauyant forcé Wellington à la retraite, le général anglais Se renferma derrière les lignes qu'il avait fait construire à Torrès - Vedras (v. Masséna), M. Thiers décrit ainsi les fortitications de Torres-Vedras : « Les ouvrages de fortification de Torres-Vedras étaient les uns ouverts à la gorge, les autres fermés. Tous avaient glacis en terre, fossé, escarpe en pierre sèche, magasins en bois pour les vivres et les munitions. 11 y en avait qui étaient armés de six bouches k feu ; il y en avait qui en contenaient cinquante, depuis les calibres de 6 et de 8 jusqu'à ceux de 16 et de 24. Ces bouches à feu étaient toutes montées sur des affûts de position, de manière à ne pouvoir servir à l'ennemi en cas de mouvement rétrograde d'une ligne sur l'autre. On avuit vidé le riche arsenal de Lisbonne pour fournir cette artillerie, et employé tous les bœuf» du pays pour la mettre en place. Des routes larges et faciles avaient été pratiquées entre ces divers ouvrages, de manière à y conduire les renforts a.vec une extrême rapidité. Un système de signaux emprunté à la marine (le télégraphe était alors dans son enfance) pouvait en quelques minutes apporter au centre da la ligne la nouvelle précise de ce qui se passait a ses extrémités. A son entrée même, c'est-k-dire vers Sobral (village situé k droite de la route qui va de Lisbonne à Torres-Vedras), se trouvait une sorte de champ de bataille, préparé à l'avance pour que l'armée anglaise put accourir tout entière vers la partie la plus accessible et joindre sa force propre aux mille feux des ouvrages environnants. Naturellement on avait placé les Portugais dans les fortifications, et on leur avait adjoint 3,000 canonniers, Portugais aussi, longuement formés k la manœuvre du canon, et tirant juste. L'armée anglaise, avec ce qu'il y avait de plus disponible, de plus manœuvrier dans l'armée de ligne portugaise, était destinée à occuper les campements principaux, qu'on avait habilement disposés près des points supposés d'attaque. Tout avait été soigneusement préparé pour qu'elle yfùt bien abritée, bien nourrie, et qu'elle put y partager son temps entre le repos et les manœuvres. »
TORRETTA, montagne de Sicile, près de Palerme. Elle a 1,374 mètres d'altitude.
TORREV1EJA, ville d'Espagne, province d'Alicante, ch.-l. d'un district maritime sur la Méditerranée ; 10,704 hab. Subdélégation des salines; vice-consulats étrangers; fabriques d'étoiles ; salines les plus importantes de l'Espagne, salaisons ; pêche active. Torrevieja possède une vaste rade et un port excellent pour le cabotage. Ce port est protégé par un fort et une batterie.
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TORREYA. b. m. (to-ré-ia — de Torrey, botan. américain). Bot. Genre d'arbres, de la furailie des conifères, tribu des taxinées, comprenant deux espèces, qui croissent, l'une au Jjipon, l'autre dans les contrées ch . des de 1 Amérique, il Syn. de ci.brodbn- Jjeon, g nre de verbén&cées. t) Syn. de sou- CHbt, genre ue • vpéracées.
— Encycl. Les torreyas sont des arbres de moyenne grandeur, à feuilles éparses ou distiques, linéaires, assez larges ; les fleurs sont dioïques, les mâles en chatons solitaires axillaires, les femelles solitaires géminées ou ternées k l'aisselle des feuilles ; le fruit est une sorte de drupe, entouré a sa base d'un involucre écailleux e-t renfermant une graine à tégument externe osseux. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent dans les régions tempérées de l'Amérique du Nord et de l'Asie orientale. Lu plupart de ces arbres sont très-rustiques et végètent très-bien en plein air sous nos climats; mais ils sont peu recherchés, bien qu'ils ne manquent pas d'élégance, parce qu'ils exhalent en général une odeur forte et désagréable. Le sol qui leur convient est la terre de bruyère dans leur jeunesse, et plus tard un terrain siliceux, légèrement humide et consistant. Oncles multiplie de graines, qu'on sème aussitôt après leur maturité, et qui néanmoins ne lèvent souvent que la seconde année ; mais, comme il n'est pas toujours facile de s'en procurer, on y supplée par le bouturage des cimes ou têtes.
Le torreya nucifère est un arbre d'environ 10 mètres, k rameaux nombreux, étalés, portant des feuilles épaisses, coriaces, luisantes, d'un vert foncé en dessus, plus pâle en dessous ; le fruit est ovoïde oblong, charnu, lisse et verdàtre. Cet arbre croit dans les montagnes du Japon, et il est généralement cultivé dans ce pays. Son fruit a une chair molle, fibreuse, d'une saveur aromatique, Un peu astringente et qui pique la langue pendant un moment; à 1 intérieur, on trouve un noyau ovoîde, renfermant une amande charnue, huileuse, très-âpre et astringente, quand elle est fraîche, comme les glands de chêne. Par la dessiccation, elle perd cette âpreté et devient comestible. On en mange beaucoup dans le pays; on en obtient aussi une huile qu'on dit toit bonne, et qui sert k apprêter les viandes, bien qu'elle ait des propriétés laxativesou purgatives. Cette espèce est la première du genre qui ait été introduite en Europe ; elle vient très-bien dans nos jardins ; mais nous ne possédons guère jusqu'à ce jour que des pieds femelles, obtenus par le bouturage des branches latérales, et qui, par conséquent, ne donnent pas de graines fertiles.
Le torreya à fe.uilles d'if, vulgairement cèdre puant, atteint la hauteur de 15 mètres; son écorce est brunâtre. Il croit dans les terrains rocheux et calcaires de la Floride. H devient un très-bel arbre, mais ses parties herbacées répandent, pour peu qu'on les touche, une odeur résineuse ou même bitumineuse très-désagréable; cette odeur se retrouve encore plus forte dans le bois, qui lui doit sa propriété d'éloigner les insectes.
Le torreya muscadier peut arriver à la dimension du précédent, mais il reste souvent plus petit ; ses feuilles sont plus longues, d'un vert gai ; son écorce est d'un gris Drunâtre ou fauve, et ses fruits d'un vert jaunâtre. Il croit dans les montagnes de la Californie; son bois est de bonne qualité, d'une odeur forte, et se conserve longtemps.
Le torreya élevé est un grand arbre, k tige droite, élancée et couverte d'une écorce gris brunâtre ; ses rameaux sont étalés , et ses feuilles épaisses sont marquées, en dessous, d'une ligne rosée ; ses fruits sont jaunâtres à la maturité. Il croit dans le nord de la Chine. Plus délicat que les précédents, il est sensible au froid et redoute aussi le soleil, qui fait jaunir son feuillage ; aussi, dans le centre elle nord-est de la France, faut-il le planter dans une situation abritée et ombragée. 11 végète plus vigoureusement sur les bords de la mer. Quelques auteurs le classent dans le genre céphatotaxus.
TORREYE s. f. (to-rè-1). Bot. Syn. de
TORREYA,
TORui AN1 (Giovanni), surnommé Gtaneiio, habile mécanicien et mathématicien italien, né à Crémone. Il vivait au xvi» siècle et devint célèbre en Espagne, sous Charles- Quint, par plusieurs grands travaux de mécanique et d'hydraulique. Torriani gagna la faveur de l'empereur-roi par la construction d'une horloge que Tiraboschi déclare admirable, et fut appelé, dit Covarruvias, le second Archimède. Il suivit Charles-Quint, en 1556, dans sa retraite au monastère de Saint-Just. Là, il s'efforçait chaque jour d'étonner et d'intéresser, par d'ingénieuses inventions, l'esprit inoccupé de Charles. C'est ce que raconte l'historien de la guerre de Flandre, Flauiinio Strada : ■ Cbaries-Quint s'occupait, dans la solitude du monastère de Saint-Just, à construire des horloges, dont il gouvernait les roues plus aisément que celles de la Fortune. It avait pour maître en ce métier Gianello Torriant, qui, chaque jour, trouvait de nouvelles mécaniques pour récréer l'esprit de Charles, avide et curieux de toutes ces choses. Souvent, après le repas, Gianello faisait paraître et manœuvrer sur la table du prince
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de petites figures de chevaux et d'hommes armés. Les uns battaient du tambour, les autres sonnaient du clairon ; on en voyait qui s'avançaient au pas de course les uns contre les autres, s'attaquaient en ennemis, et combattaient k coups de lance. Quelqueois l'ingénieux mécanicien lâchait dans la chambre de petits oiseaux de bois qui volaient de tous côtés, et qui étaient construits avec un si merveilleux artifice, qu'un jour le supérieur du couvent, qui se trouvait présent par hasard à ce spectacle, parut craindre qu'il n'y eût de la magie dans ces étranges curiosités de la science. » Charles-Quint agitait d'ailleurs fréquemment avec Torriani de plus utiles et plus sérieux problèmes, entre autres un projet hardi que Gianello eut l'honneur de mettre a exécution, après la mort de ce prince, et qui consistait à faire monter les eaux du Tage jusque sur les hauteurs de Tolède. Le courant de ses études porta Gianello li s'occuper de la construction des titeres ou marionnettes espagnoles, construction dans laquelle il introduisit de notables perfectionnements, qui ne tardèrent pas à pénétrer dans la pratique journalière des titereros, comme on appelait alors les névrospastes delà Péninsule.
TORRICELLI (Evangelista), célèbre physicien et géomètre italien, né à Faenza en 1808, mort en 1647. Il étudia d'abord au collège des jésuites de sa ville natale. Envoyé à Rome a l'âge de vingt ans pour y suivre les leçons de Benoît Castelli, disciple de Galilée, il ne tarda pas k devenir l'ami et le confident de ce maître, qui le mit bientôt en relation avec Galilée lui-même. Son premier travail, qui ne fut imprime qu'en 1644, refondu avec plusieurs autres, avait pour objet l'étude du mouvement parabolique des projectiles ; il contenait cette remarquable proposition, que les paraboles décrites par une infinité de projectiles lancés d'un même point, avee la même vitesse, dans toutes les directions, ont pour enveloppe un même paraboloïde, en dehors duquel aucun projectile ne peut parvenir. Le manuscrit fut envoyé a Galilée, qui conçut dès lors une estima méritée pour le jeune savant et désira il'avoir Crès de lui. Mais la réunion n'eut lieu que eaucoup plus tard, et Torricelli ne put jouir que durant trois mois de la société de l'illustre vieillard. Le P. Mersenne avait, en 1638, annoncé à Galilée la découverte que Robervnl venait de faire de la quadrature dé la cycloïde. L'annonce ne contenait aucune démonstration ; Galilée, qui, le premier, avait attiré -l'attention des géomètres sur cette courbe, transmit la lettre de Mersenne à ses disciples et k ses amis. Cavalieri ne put paryenir k résoudre la question; Torricelli trouva l'aire de la courbe, Viviani en détermina la tangente. Torricelli a depuis publié, en 1644, à la suite de se3 autres ouvrages, la démonstration qu'il avait trouvée ; cette publication, faite de bonne foi, et d'autant plus légitime
?ue Roberval n'avait fourni aucune pretive, ut Torigine d'une longue querelle qui abrégea ses jours et sur laquelle nous reviendrons.
On ne sait pas à quelle époque il découvrit sa fameuse loi de l'écoulement des liquides ; elle n'a été rendue publique qu'en 1644.
L'origine de la découverte %du baromètre est mieux connue : de3 fontainiers de Florence, ayant voulu établir une pompe, aspirante pour élever l'eau k une hauteur qui dépassait 32 pieds, n'avaient naturellement pas pu parvenir à la faire fonctionner utilement ; ils vinrent consulter Galilée, qui, d'abord embarrassé, répondit k tout hasard que la nature n'avait horreur du vide quejusqu'à 32 pieds. 11 touchait alors au terme de sa vie et, quoiqu'il eût certainement connaissance de la pesanteur de l'air, comme on le voit dans ses Dialogues, il ne put que léguer à Torricelli le soin de trancher la question. C'est en 1643 (Galilée venait de mourir) que Torricelli, soupçonnant que le contre-poids qui soutient l'eau au-dessus de son niveau dans le tuyau d'une pompe aspirante est le poids de la masse d'air appuyée sur sa surface extérieure, imagina de répéter l'expérience avec un liquide plus dense que l'eau, pour voir si la différence de niveau sentit moindre, comme il supposait que cela devait être. Il se servit pour cela du mercure; il en remplit un tube fermé par un bout, le renversa par l'autre bout dans un bain du même liquide, et ainsi le premier baromètre se trouva construit.
La mort de Galilée avait laissé vacante la chaire de mathématiques à l'Académie de Florence ; Torricelli, oui avait assisté ce grand homme k son lit de mort, et qui avait reçu de lui le dépôt de ses papiers, fut appelé a lui'succéder par le grand-duc, qui Je nomma un de ses mathématiciens.
En 1644, comme nous l'avons déjà dit, Torricelli songea à réunir tous ses ouvrages et k les publier. La plupart se rapportaient à la pesanteur ; il les rassembla sous le titre: De molu grauium naturatiter accelerato. On y remarque, outre ce dont nous avons déjà parlé, ce principe, qui est peut-être la plus ancienne expression rudimentaire du théorème des vitesses virtuelles : «Lorsque deux poids sont tellement liés ensemble, qu'étant placés «anime l'on voudra leur centre de gravité commun ne hausse ni ne baisse, ils sont en équilibre dans toutes ces situations. ■ C'est à 1 aide de ce principe que Torricelii
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déterminait le rapport de deux poids <qjt, attachés k une même eorde passée sur une poulie et reposant sur deux plans diversement inclinés, s'y font équilibre.
La publication de son grand- ouvrage attira, comme nous l'avons dit, a Torricelli d'injustes reproches de la part du vain et irascible Roberval. Celui-ci passant bientôt d'une discussion modérée aux plus violentes injures, Torricelli mit fin à la querelle en lui répondant, par une lettre de 1646, «qu'il importait peu que le problème de la cycloïde fût né en France ou en Italie ; qu'il ne s'en disait pas l'inventeur ; que jusqu'à la mort de Galilée on n'avait point connu en Italie la mesure de cette courbe , qu'il avait trouvé les démonstrations qu'on lui contestait et qu'il s'inquiétait peu qu'on le crût ou non ; que si l'on était si jaloux de cette découverte, il l'abandonnait k qui la voulait, pourvu qu'on ne prétendit pas la lui arracher par violence, etc. » C'est cette lettre que Pascal a plus tard odieusement travestie, en la présentant comme une rétractation et un aveu.
Comme Galilée, Torricelli était aussi habile à exécuter les instruments qu'à les imaginer, et l'on montre encore k Florence plusieurs objectifs travaillés par lui. Ses ouvrages sont d'ailleurs remarquables sous le rapport du style, par l'élégance, la concision et la clarté. Outre quelques opuscules que nous n'avons pu mentionner, il a laissé un grand nombre de manuscrits, que l'on conserve précieusement k Florence.
TORRIDE adject. (tor-ri-de — ïat. torridus, de iorrere, brûler). Brûlant, excessivement chaud : Les buffles lèvent leurs mufles baveux et bistrés pour humer l'air torridh. (Th. Gautier.)
— Géogr. et astron. Zone torride, portion de la terre ou du ciel située entre les deux tropiques : Les habitants de la zone torridis ouf le soleil à plomb sur leurs têtes deux fois l'année. (Acad.) La lumière embellit les couleurs de l'insecte, et sous la zonb torhidu on voit s'accroitre le nombre de ceux qui offrent les teintes les plus brillantes. (Maury.)
TORRÏDIEN, IENNE adject. (tor-ri-diain, i-è-ne — rad. torride). Quiappartient, qui a rapport k la zone torride : C est dans ces forêts torridiennes que des ouragans nécessaires, au défaut des kivers, détruisent en un jour des légions d'insectes qui y multiplient toute l'année. (B. de St-P.)
TORRIGIANO, médecin italien, dont on a écrit le nom de façons très-diverses, Tur-
rinno, Ttirri«auu«, Cru>iaiiu>, etc., né vers
1270, mort en 1350. On n'a que des renseignements très-incertains sur son existence. On croit qu'il eut pour maître Taddo et qu'il se rendit à Paris, où il professa la médecine. 11 se rendit ensuite k Florence, d'où il était originaire, y professa et pratiqua la médecine, puis entra dans l'ordre des Chartreux. On a de lui un commentaire sur l'Ars practica de Galien, publié sous le titre de Crusiam, monaci Cartusiensis, plus quant commentent in librum Galeni (Bologne, 1849, in-fol.), souvent réédité.
TORRIGIANO (Pietro), sculpteur italien, né à Florence vers 1472, mort k Séville en 1522. Il avait été admis k étudier les antiques dans le jardin de Laurent de Médicis, lorsqu'un jour, dans un accès de colère et de jalousie, il frappa d'un si violent coup de poing son condisciple Michel Ange, qu'il lui écrasa le nez et le défigura pour toujours. Forcé de quitter Florence à la suite de cet acte de brutalité, Torrigiano se rendit à Rome où Alexandre VI lui fît faire des travaux en stuc, puis il servit pendant quelque temps avec beaucoup de bravoure dans l'armée de César Borgia. Mécontent de ne pas obtenir le grade de, capitaine, il passa en Angleterre et y exécuta 'en marbre , en bronze et en bois de remarquables travaux pour Henri VIII. En 1519, Torrigiano quitta l'Angleterre, se rendit en Espagne et exécuta à Grenade deux chefs-d'œuvre, la Charité et VEcce Homo. Un grand seigneur, le duc d'Arcos, lui ayant commandé une statue de la Vierge dont il lui offrit ensuite un prix dérisoire, l'artiste, offensé, brisa son oeuvre, fut poursuivi comme sacrilège et se laissa mourir de faiin dans les prisons de l'inquisition (1522). Ce fougueux et turbulent artiste, qui périt victime de la violence de son caractère, avait un très-grand talent. Outre les œuvres mentionnées, nous citerons de lui : le Tombeau de la comtesse de Itichmond et le superbe Mausolée de Henri VIII et d'Elisabeth d'York, l'un et l'autre à Westminster; les statues de Saint Léon et de Saint Jëràme, dans le couvent des Hiéronymites, près de Séville ; un Crucifix en terre cuite, que Vasari regardait comme une merveille.
TORRIGIO (François-Marie), érudit italien, né k Rome vers 1580, mort vers 1650. Devenu chanoine dans sa ville natale, il employa ses loisirs k composer des ouvragés dont la plupart offrent fort peu d'intérêt aujourd'hui. Nous nous bornerons à citer : Le Sacre grotte Vaticane (Rome, 1639, in-&o), où l'on trouve la description des monuments les plus remarquables de la basilique de Saint- Pierte de Rome ; De cardinulibus Ecclesi& scriptoribus (Rome, 1641, in-4«) ; Saeri trofei romani (Rome, 1644, in-8°) ; Historica narraziane délia chiesa del corpo di Christo (Rome, 1649, in-40).
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TORRIJOS, ville d'Espagne, prov. et à 22 kilom. de Tolède, dans une grande plaine; 2,000 hab. Climat malsain. Elle était jadis" entouréede murailles, dont il reste quelques traces. Le seul édifice intéressant qu'on 5 remarque aujourd'hui est l'ancien palais des comtes d'Altamira, dont le portail,les sculptures et les décorations intérieures sont dofigurés par le badigeon. Il ne reste que quelques murs d'un monastère de franciscains qui s'élevait au sud de la ville.
TORRIJOS (Jose-Maria), patriote et général espagnol, né à Madrid en 1791, mort en 1831. A rage de dix ans, il fut admis parmi les pages de Charles IV, ce qui le mit en rapport familier avee le jeune infant, qui fut plus tard Charles VII. Les pages royaux recevaient de bonne heure ces grades daca l'armée et, k seize ans, Torrijos fut promu capitaine dans un des régiments irlandais au service de l'Espagne. Lors du grand soulèvement du 2 mai 1808 et pendant la guerre de l'indépendance qui en fut la suite, il se signula par sa bravoure et, en 1811, il était déjk colonel d'un régiment. 11 assista k la bataille de Vittoria et, k la fin de la guerre, fut promu général de brigade. Les événements dans lesquels il avait été acteur et témoin n'avaient fuit que rendre plus fortes ses aspirations vers la liberté, et il refusa le commandement en second de l'année envoyée sous les ordres de Morilio contre les insurgés de l'Amérique du Sud. Eu 1817, il fut jeté dans les cachots de l'inquisition, comme coupable de conspiration contre le gouvernement, et y fut retenu jusqu'en 1820, époque k laquelle la révolution le délivra. Nommé aussitôt capitaine général de Valence, il déploya, en cette qualité, une grande activité et fut appelé au ministère de la guerre dans les premiers jours de 1823. Après l'entrée des Français en Espagne et le triomphe de la royauté, il se réfugia d'abord en France, puis en An-
fleterre, où il se créa des ressources en trauisant en espagnol, pour le3 libraires de l'Amérique du Sud, différents ouvrages, notamment les Mémoires du -général anglais Miller, qui avait été au service du Pérttu. La Révolution française de 1830 vint réveiller ses espérances, et il se rendit k Gibraltar afin d'être à même d'épier l'occasion favorable de provoquer une insurrection en Espagne. Moreno, gouverneur de Malaga, l'engagea traîtreusement k tenter un débarquement dans le voisinage de cette ville et lui promit de le soutenir avec les troupes qu'il avait sous ses ordres. Torrijos crut d'autant plus facilement k ces promesses, qu'il était fermement persuadé que le moment d'une transformation politique de l'Espagne était arrivé, et, plein de confiance dans le succès de son expédition, il quitta Gibraltar, le 30 novembre 1831, k la tête de cinquaute hommes seulement. Cinq jours plus tard, lui et sa petite troupe étaient faits prisonniers par Moreno, qui envoya demander k Madrid ce qu'il fallait en faire. On croyait que Ferdinand aurait quelque indulgence pour Torrijos , qu'il connaissait depuis si longtemps, mais la seule réponse de eu prince fut cet ordre laconique : « Que los fusilen. Yo el Rey. » (Qu'on les fusille. Moi, le .Roi). L'ordre fut exécuté à Malaga le 11 décembre. Moreno ne jouit pas longtemps du fruit de sa trahison, car la mort de Ferdinand vint bientôt après changer la face des choses, et il fut dépouillé de sa charge par la reine Christine, qui donna la titre»de comtesse à la veuve de Torrijos, et fit placer le buste de ce dernier sur la façade de la maison dans laquelle il était né k Madrid.
TORfilNGTON, bourg et paroisse d'Angleterre (Devon), bâtie au sommet et sur le penchant d'une colline, et sur la rive droite Ûe la Torridge, à 48 kilom. N. d'Exeter; 3,800 hab. Fabrique de lainage et de ganterie. C'est un bourg très-ancien, qui avait un château fort dont on ne voit plus de trace.
TORR1NO (Barthélémy), médecin italien du xvu» siècle. Il était originaire de Nice, professa avec beaucoup de succès la philosophie à lluniversité de Turin et devint médecin du duc de Savoie, Viotor-Amédée II, plus tard roi de Sardaigne. On a de lui : Parnassus triceps seu Musurum afflatus physiologico-malhemalici, etc. (Turin, 1655, iu-fol.); liiscontro délia dottrina ippocratiea col tremulo del serenissimo principe Maurizio di Savoja (Turin, 1657, in-4°) ; Le Traaegole degli astrologi circa gli ecclisi salari di 1061 (Turin, 1660), opuscule dans lequel il fixe au 30 mars 1661 une éclipse de so.leil qui, selon d'autres astronomes, devait avoir lieu en septembre de la même année; la prédiction de Torrino fut justifiée par l'événement et lui valut une grande réputation parmi les astronomes ; De tu febrifuga cortteis peruviani, qui cum vino propinalur (Turin, 1688) ; De gestis, vita et moribus veterum (sans date), etc.
Torrlamondo, tragédie de Torquato Tasso (1587). C'est un des ouvrages composés pat le poëte durant sa détention à l'hôpital Sainte-Anne de Ferrare; il le fit paraître un un après sa mise en liberté et le dédia au prince Vincent de Gonzugue, qui avait intercédé pour lui auprès d'Alphonse d'Esté. Cette tragédie est plus remarquable par l'éclat du style que par toute autre qualité. Le sujet parait être tout entier de l'invention du
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Tassa ; c'est un roi des Ostrogoths qui épouse sa sœur sans la connaître, en la prenant pour une princesse étrangère. Selon l'idée toute romaine que les Italiens avaient alors de l'art dramatique, la pièce ne se compose que de récits de ce qui se passe hors de la scène, et de conversations oui préparent de nouveaux événements. Le Torrismondo est riche de •poésie; la seule description d'une tempête en nier occupe plus de quarante vers. Les chœurs renferment de beaux mouvements lyriques ; cette tragédie est aussi toute remplie de sentences morales et philosophiques. Quelques scènes sont belles, mais une imitation mal entendue de l'antique a ôté au poêle toute la vigueur.de son génie. Le3 vers sont pleins de noblesse et quelquefois d'éloquence. « Cependant, dit Sismondi, la pièce est froide et de peu d'effet; seulement le chœur qui la termine touche profondément, parce que le poète, en l'écrivant, l'appliquait à lui-même, a ses malheurs et à sa gloire, qu'il voyait ou qu'il croyait voir s'évanouir. • Il est un mérite qui distingue le Torrismondo des pièces antiques; c'est, d'après la remarque de Baroni, la première pièoe qui présente le contraste de l'amitié et, de l'amour. D'autre part, Corniani dit que « c'est peut-être, malgré .ses défauts, la. meilleure tragédie italiennne du xyie siècle. » A peine publiée, cette tragédie eut l'honneur de dix éditions consécutives.
TORB1TA (Fra Jacques degli Altimanni bb), mosaïste italien, né à Torrita (Toscane) vers 1205, mort vers 1295. Il entra dans l'ordre de Saint-François, éludia, croit-on. son art à Rome, puis revint à Florence, ou ses travaux lui acquirent la réputation du plus habile mosaïste de son temps. Par la suite, tl retourna à Rome et fut chargé d'exécuter, sous le pontificat de Nicolas IV. des mosaïques dans la tribune de Saint- Jean- de- Latran et dans le chœur de Sainte-Marie- Majeure. Les œuvres qui restent de cet artiste justifient parfaitement les éloges de ses contemporains et c'est avec raison qu'on le désigne comme le restaurateur de son art en Italie.*
TORROX, ancien Caviclum, ville d'Espagne, province et à 20 kilom. S.-E, de Malaga, près de la Méditerranée, à la droite de la petite rivière de son nom, sur une montagne dont les flancs sont plantés de vignes et d'arbres fruitiers et qui domine une trèsbelle et riche campagne s'étendarit jusqu'à la mer; 4,800 hab. On y récolte d'excellent vin.
TORHCBIA (Joseph), théologien et historien espagnol, né à Grenade dans les dernières années du XViia siècle, mort en 1768. Il entra d'abord dans l'ordre de Saint-Pierre d'Aleantara, et fut envoyé aux Iles Philippines, comme missionnaire et secrétaire du Père Foguéras , commissaire, général du Mexique. Emprisonné à la suite d'un soulèvement des religieux contre ce dernier, il recouvra sa liberté après quatre mois de captivité, et se rendit à Rome, où il quitta sa première congrégation pour entrer dans l'orare des Franciscains. Pendant près de trente ans, il parcourut l'Asie et l'Amérique, fit un long séjour à Canton et revint en. Espagne en 1750. Nous citerons parmi ses nombreux écris : Dissertation historicopolitico-géographique des iles Philippines; propagation du culte makométan dans ces iles, etc. (Madrid, 1736, iii-40); Analyse historico-critique de saint Gilles (Madrid, 1738, in-4»); Description poétique de la plante gia, qui se trouve dans les cumpaijnes de la Havane (1749, in-40) - Chansons contre les francs ■ maçons (1752,'
TORRY-1SLAND, lie d'Islande, peu peuplée et peu étendue. On y trouve ensevelies dans le sable des ruines d habitations, d'églises, de tours rondes, etc.
TOBS, OBSB adj. (tor, tor-se — lat. torsus; de torquere, tordre). Qui est tordu, contourné eu hélice : Du fil tors. De la soie torsk. Une jambe torse. Les cornes du bubale sont recourbées e'i arrière et torses comme une vis. (Butf.) Vaoant-bras est tordu dans te busset à jambes torsks. (Lecoq.)
— Fam. Cou lors, Hypocrite, personne qui prend des airs ny Sttques.
— Archit. Colonne torse, Colonne dont le fût est contourné en forme d'hélice.
— s. m. Techn. Action de tordre des fils : Donner le tors à la laine.
— Mar. Degré de torsion donné à un faisceau de fils de caret formant un cordage.
— Techn. Torsion : Donner du tors aux fils. Augmenter le TORS d'un câble. Il Gros cordon de soie qu'on emploie en tapisserie. Il Tors droit, Torsion du fil exécutée à droite, u Tors gauche, Torsion du fil exécutée à gimche : Dans le retordage aouble , te fil formé par un tors droit dénient tors gauchis et réciproquement. (Falcut.) Il Tors sans filé, Soie ouvrée qui tient le milieu entre l'orgunsin et la trame et qui entre quelquefois dans la charue des étoffes.
— Syl». Tara, tordu, lorUllé, etc. V. TORDU.
TORSADE s. f. (tor-sa-de — rad. tors).
Frange tordue en hélice : Des torsades d'or, de soie, de coton. Les rideaux étaient ornés de torsades de soie.
TORS
— Ornement d'or ou d'argent, tordu en hélice, qui sert de marque distinctive pour les épaulettes des officiers : /( ambitionnait depuis bien des années les grosses torsades de l'épaulette de commandant.
— Par ext. Objet quelconque contourné en hélice : Une torsadk de corail s'enroulait dans les nattes de ses cheveux noirs. (E. Sue.)
TORSCK s. m. (torsk — altér. de l'allem. dorsh). Iehthyol. Un des noms des morues, dans le nord de l'Europe.
TORSE s. m. (tor-se — de l'italien torso, proprement trognon de chou ou de fruit, puis statue sans tête, lequel répond au piémontais trous, espagnol et portugais trozo, provençal et vieux français iras, trous, vieux haut allemand turso, torso, nouveau hfiut allemand dorsch , trognon de chou. Toutes ces formes sont rattachées par Dies au latin thyrsus, grec ihursos , tige des plantes). B.-arts. Partie d'une figure humaine, et surtout d'une statue, qui comprend les épaules, les reins et la poitrine : Le torse d'Apollon du Belvédère. Le torse de l'Hercule Farnèse. Il Même partie d'un corps humain : C'était un petit homme dont le torse figurait bien le corps d'un hanneton. (Balz.) Alorel âta sa veste, la mit sur les pieds de sa femme et resta le torse nu. (E. Sue.) Plusieurs esclaves, le torsb nu, étaient prêts à exercer leurs fonctions de baigneurs. (Lamart.) Il Figure humaine, statue privée des membres et de la tète : Le torse du Vatican.
— Fum. Se modeler le torse, Bien manger, pour se donner de l'embonpoint.
Tone du Belvédère (le), un des plus admirables morceaux de la sculpture antique. Il fut découvert à Rome vers la fin du xve siècle, près du théâtre de Pompée, aujourd'hui Campo di flore. Jules, II le fit placer dans la cour du Belvédère, au Vatican, d'où le nom qui lui est resté. Plus tard, enfin, il eut une place d'honneur dan3 le musée Chiarainonti, du même palais.
Au premier abord, il peut sembler étrange à qui ue connaît pas la valeur de l'art qu'on ait professé tant d'admiration pour ce torse d'apparence informe, sans tête, sans bras ni jambes, et qu'on l'ait si souvent reproduit par le moulage et la gravure, parmi tant de statues entières, d'une beauté suprême et d'une parfaite conservation. Tout mutilé qu'il est, et quoiqu'on ne puisse même pas conjecturer, par son attitude, ce que pouvait être la statue entière, on le place avec raison à la tête des merveilles de l'art, et les sculpteurs les plus renommés ont tous cherché à se formel' sur ce divin modèle. Michel-Ange s'en disait l'élève et passait de longues heures à le contempler, disant qu'il devait servir d'école, même aux maîtres. Vieux et devenu aveugle, il se faisait conduire près de ce torse, afin d'avoir encore la volupté de le palper de ses mains défaillantes. U est à partir de cette époque que ce débris de l'art grec, d'abord négligé, attira l'attention. Bernini, Canova, Thuiwaldsen ont eu pour lui un culte semblable.
Ce qui frappe les regarda attentifs dans ce marbre superbe, c'est 1 extrême symétrie des parties et la robuste expression des membres, des muscles et des attaches. La peau de lion sur laquelle repose le torse indique que le statuaire a voulu représenter Hercule. Mais dans quelle posture, dans quelle action l'ayait-il représenté? Les uns, à cause de la forte tension du dos, ont voulu voir dans ce morceau Hercule assis, tenant Antée en l'air, soulevé par ses bras puissants au-dessus de sa tête. Winckelmaun pense qu'Hercule était au repos et que l'artiste a cherché surtout à l'idéaliser. « Ce héros, dit-il, paraît ici tel qu'il dut être lorsque, puritié par le feu des parties grossières de l'humanité, il prit place au rang des dieux. Que l'artiste admire, dans les contours de ce corps, le passage successif d'une forme à l'autre et les traits mouvants qui, comme des onde3, s'élèvent, s'abaissent, se confondent. Cette poitrine puissamment élevée donne l'idée de celle contre laquelle le géant Géryon fut étouffé ; les os paraissent revêtus d'un épiderme nourri, les muscles sont charnus sans superfluité. Il n'y a point de figure où la chair soit aussi vraie que dans celle-ci. •
L'auteur de ce chef-d'œuvre n'est connu que par l'inscription même gravée sur le socle : Apotlànios Nestoros Athénaios epoiei (Apollonius, fils de Nestor, Athénien, fecit) ; à la forme de l'oméga d'Apollonius, on conjecture que la statue dut être faite après la mort d'Alexandre. Cette forme, », au lieu d'n, ne fut en efl'et adoptée que sous ses prédécesseurs. Le Torse du Belvédère est donc un des derniers chefs-d'œuvre de l'art grecil est probablement antérieur d'un siècle à la conquête de la Grèce par les légions romaines.
Cet antique a figuré pendant quinze ans au musée du Louvre. Voici quelques passages de l'article qui lui était consacré dans le livret de l'an IX : « Ce reste admirable d'une statue assise parait avoir représenté l'apothéose d Hercule sur le mont Œta. La peau de lion jetée sur le rocher où la figure est assise, le grand caractère de ses membres ne laissent aucun doute sur son véritable sujet... Quand ou examine "avec attention ce fragment incomparable, on reconnaît par plusieurs indices que la figure d'Alcide faisait
TORS
groupe aveo^ une autre figure placée à. sa gauche, et l'on suppose que c'est Hébé, la déesse de la jeunesse, que le nouveau dieu vient d'obtenir pour épouse. Flaxmann a fait dans ce sens une copie restaurée du torse, qui est un chef-d'œuvre. »
Tome Farnaae (le), marbre grec; musée Borbonico, à Naples. Le torse Farnèse, reste d'une admirable statue, a presque autant de célébrité que celui du Belvédère et passe pour avoir servi d'objet d'étude au Poussin, qui aurait formé d'après lui son style gracieux et dégagé. On remarque dans cette statue mutilée que le personnage se tournait vers la gauche. La, tête avait de longs cheveux, que l'on voit encore sur les épaules. Les membres ont la fraîcheur de la jeunesse, les formes sont belles, lu musculature est charnue et exprime la morbidesse. Le caractère des membres et quelques traces de bandelettes qu'on remarque sur les épaules ont amené la plupart des connaisseurs a voir dans ce torse celui d'une statue de Bacchus.
TORSE s. f. (tor-se — rad. tors). Techn. Morceau de bois dont se servent les tourneurs, et qui va en serpentant. D Outil propre à tourner une colonne en vis et en spirale, à en faire une colonne torse. Il Torsion de lu soie passée au bain de teinture.
TORSE, ÉE (tor-sé) part, passé du v. Torser. Rendu tors, contourné en hélice : Une colonne torsék. Des pieds de table torses.
— Véner. Bien placée et torse, en parlant de l'oreille du chien : Une oreille torsée.
TORSELLINO ou TURSÉLL1N (Horace), historien italien, né à Rome en 1545, mort en 1599. Il entra dans l'ordre des Jésuites, professa pendant vingt ans au collège romain et dirigea successivement les séminaires de Rome, de Florence et de Loretta. Ses principaux écrits sont : De vita sancli Francisci Xaverii libri W{Rome, 1596, in-4"), ouvrage qui a été traduit en français et en plusieurs autres langues; Laurelana historis libri V (Rome? 1597, in-4"), sur la légende de la maison ae la Vierge transportée par les anges à Lorette; De particulis latins oratiouis (Rome, 1598, in-12); Nomeuclator vocum latmarum (Rome, 1598, in-40); Epitome historiarum a mundo condito ad annum 1598 (Rome, iu-12), qui obtint beaucoup de succès et a été traduit en français, notamment par l'abbé Lagneau (1706). Un arrêt du parlement de Paris, en date du 3 septembre 1761, condamna cette histoire à être brûlée publiquement, comme contenant des maximes dangereuses
— TORSELLO, noble Vénitien du xm siècle. V. Sànoto.
TORSER v. a. ou tr. (tor-sé — rad. tors). Travailler en colonne torse, rendre tors : Tor- Sër un fût. Torsbr des pieds de table. Il Peu usité.
TORSHŒLLA, petite ville de Suède, province de Nykœping, sur la rivière du même nom. Commerce actif; fabrication de poterie.
TORSHŒLLA, rivière de Suède. Elle sort du lac Hielmar par l'extrémité orientale , coule d'abord au N.-E., puis au N., baigne Eskilstuna et Torshœlla et se jette dans le lac Madarn.
TORSINAGE s, m. (tor-si-na-je — rad. torsion). Techn. Opération consistant à imprimer un mouvement de torsion à une partie de la paraison d'une pièce de verrerie : Pour exécuter le torsinagb, le verrier saisit avec une pince ta matière adhérente à la canne, afin de contenir la colonne de matière immobile d'un côté, tandis qu'il roule la canne de fer sur son banc. (J. Lauarte.)
TORSINER v. a. ou tr. (tor-si-né — rad. torsion). Techn. Soumettre à l'opération du torsinage : Les anciens verriers vénitiens tok- Sinaient souvent les verres filigranes.
TORSION s. f. (tor-si-on — lat. torsio, de torquere, tordre). Action de tordre; état qui en résulte : Ce fil a été raccourci par ta torsion. 2Vop ou trop peu de torsion seraient également nuisibles aux cordes. Réaumur a prouvé que la torsion diminue la force des cordes. (Cuv.)
— Mécan. Force de torsion, Force donnée par la torsion, et qui s'exerce en sens contraire du mouvement de torsion.
— Physiq. Balance de torsion, Appareil au moyen duquel on mesure de très-petites forces, au moyen de la force de torsion qu'elles communiquent à un fil.
— Géom. Seconde courbure d'une courbe à double courbure.
— Anat. Torsion du cœur, Mouvement par lequel le cœur porte sa face antérieure légèrement à droite et sa face postérieure légèrement à gauche. Il Torsion de l'humérus, Contournemeut en hélice qui existe dans l'humérus de tous les mammifères, et qui, chez l'homme, est de 180°.
— Chir. Torsion des artères, Moyen d'arrêter le sang en tordant les artères.
— Arboric. Action de tordre une branche pour y diminuer l'afflux de la sève et empêcher la production exagérée des feuilles.
— Encycl. Mécan. On dit qu'un prisme éprouve une torsion simple quand une section tourne, relativement à une section voi-
TORS
sine, autour d'un axe perpendiculaire k leurs plans et passant par leurs centres d'élasticité. Par exemple, lorsqu'un arbre de transmission porte deux roues d'engrenage, dont l'une reçoit l'action de la puissance motrice et dont l'autre doit vaincre la résistance à surmonter, on dit que cet arbre est soumis à un effort de torsion sous l'influence des deux actions. On conçoit facilement que les déplacements produits par la torsion doivent croître, d'une part; avec la distance à l'axe des fibres ou des molécules que l'on considère, et de l'autre avec la longueur des arbres ou des pièces, qui est prise entre les plans perpendiculaires à l'axe autour duquel se fait la rotation et qui contiennent les efforts qui le produisent et qui y résistent. Les déplacements ou les arcs décrits par les molécules d une même fibre étant proportionnels a leurs distances à l'extrémité du solide, on voit que les fibres se disposent en hélices dont le pas est le même pour toutes, quelle que soit leur distance à l'axe, mais pour lesquelles l'incliniiison de la tangente augmente avec cette distance. Dans ce mouvement, le solide ne se raccourcissant pas, il est évident que les fibres qui se sont tordues se sont allongées de tout l'excès de la longueur de l'hélice développée, sur la longueur primitive des fibres. Il y a, comme on le voit, un rapport direct entre la résistance des molécules ou des fibres à la torsion, et leur résistance à l'allongement et au raccourcissement.
Soit, dans la figure ci-dessus, un solide prismatique encastré horizontalement à l'une de ses extrémités. Supposons qu'une force P agisse à l'autre extrémité avec le bras de levier Bcpour tordre le solide autour de l'axe Ce; imaginons que par l'effet de la torsion un diamètre bb de la section extrême sur laquelle agit la force P se soit transporté en b'b'. Le diamètre correspondant AA de l'extrémité encastrée n'aura subi aucun déplacement, et on conçoit que tous les diamètres des sections intermédiaires, tels que dd, se seront déplacés proportionnellement à leur distance Ce de 1 extrémité encastrée. D'où H suit que, par l'effet de ces déplacements, les molécules, qui dans deux sections transversales consécutives étaient avant la torsion vis-k-vis les unes des autres, ont été éloignées l'une de l'autre d'une quantité proportionnelle : 1° à la distance de ces molécules à l'axe Ce • £0 a la différence des angles parcourus par chaque diamètre dans deux sections transversales consécutives , différence proportionnelle à l'angle beb' et réciproque à la longueur Ce du solide. On peut supposer, la torsion étant censée très-petite, que les résistances naissant des déplacements relatifs sont proportionnelles à ces déplacements. Le moment de la résistance qui a lieu dans une section quelconque du solide doit d'ailleurs être égal au moment du poids P. Considérant une section transversale quelconque et nommant a la longueur du solide, depuis la section fixe AA jusqu'à celle bb où ajjit la force P ; 6 l'angle oeb' décrit par les diamètres de cette section extrême, angle qui est supposé fort petit; r la distance d un point quelconque d'une section transversale au centre e de cette section ; <p l'angle de la ligne r avec un diamètre de la même section ; r = fa ) l'équation de la courbe qui forme le contour de la section ; R le bras de levier Be avec lequel la force P agit pour produire la torsion; G un poids constant pour chaque espèce de corps, représentant la vitesse spécifique à la torsion; l'élément de l'aire de la section transversale placé à l'extrémité du rayon r étant dfdr x r, on aura, pour la résistance provenant de la torsion qui a lieu dans cet élément,
Q-dydr x r",
et, pour exprimer l'équilibre entre le moment de la force P et la somme des moments dei
résistances semblables,
PR
G8 r** fHl*
PR
G» /**» 1 aj d?T
drxr
La section transversale étant un cercle dont r est le rayon, on a fa) = r, et en remarquant que, dans le second terme, le facteur placé après le signe de l'intégrale re-
TORS
présente le moment d'inertie polaire de la section, la formule précédente donne, *r'8
d'où
et
P 2aR G *r'
«rV
La section transversale étant un carré dont le côté est b, on cherche à part l'expression de la résistance à la torsion -de l'un des huit triangles égaux a ABC. L'équation de AB est
On a d'ailleur3
ÏCOSç
1 sin ? , 2 sin ?
cos*ï 3 COS* f 3 COS f'
et par conséquent
COS' ip 3
Ainsi, le moment de la résistance du triangle ABC est
et, par suite, on a le moment de la résistance du carré
6*8 PR=G— ; 6a
d'où
et
P ÇoR G ' 6'
TORS
Pour une section rectangulaire, b efe étant la largeur et l'épaisseur, on trouve
PR G££!î ™- 3(4' + c')a'
d'où
P 3(6' + c'jaR
G* 6V et
3(i' + c')aR.
Ces formules servent à calculer l'angle de torsion affecté par un corps prismatique sous un effort donné, lorsque la valeur de la constante G a été déterminée par des expériences préliminaires. Ces expériences consistent à observer simultanément l'angle de torsion d'un corps , le poids qui produit la torsion et le bras de levier au bout duquel agit ce poids; ces résultats étant connus, on remplace les lettres p.ir leurs valeurs dans les formules de G et on obtient ainsi ce coefficient de torsion.
M. Duleau a déduit de ses expériences sur la torsion, opérées au. moyen d un poids de 10 kilogrammes agissant à l'extrémité d'un bras de levierde 010,32, que la valeur moyenne de G était : 1° pour les fers ronds, de 6,612,300,000 kilogrammes; 2» pour les fers carrés, de 5,510,600,000 kilogrammes. Des expériences de M. Snvart donnent pour l'acier là constante G = 6,273,400,000 kilogrammes. De l'ensemble des expériences connues l'on a été conduit à admettre assez généralement les valeurs moyennes suivantes pour
le coefficient G :
Fer doux. ....... 6,000,000,000 kilogr.
Fer en barres .... 6,666,000.000
Acier d'Allemagne . 6,000,000,000 Acier fondu très-fin. 10,000,000,000
Fonte 2,000,000,000
Cuivre . . 4,366,000,000
Bronze 1,066,000,000 .
Cbêne 400,000,000
Sapin 433,000,000
M. Bouniceau, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a soumis à la torsion des baguettes de 1 mètre de longueur, à section carrée de 0™,04 de côté, avec un bras de levier pour la puissance P de 0m,50. Il a trouvé les résultats consignés dans le tableau suivant :
kilogr.
kilogr,
Chêne de haute Normandie. . .
Sapin rouge de Norvège ....
Faisceau en sapin rouge de
Pour le sapin rouge de Norvège; de 0 kilogr. à l'effort de rupture 24 kilogr., l'angle de torsion a marché de 10 40' à 2° par kilogramme.
Dans ce tableau, P désigne l'effort sous lequel la baguette s est rompue; P' la limite de l'effort jusqu'à laquelle l'angle de torsion reste proportionnel à l'effort; 8 l'angle de torsion correspondant à P, c'est-à-dire à la rupture; 0' l'angle de torsion correspondant à P'. four la dernière expérience, la baguette était formée de faisceaux de quatre baguettes de om,02 de côté, clouées ou chevillées et reliées tous les 0«i,20 par des rondelles coincées. Les résultats obtenus dans ces expériences pour la valeur de G sont beaucoup plus petits que ceux consignés dans le tableau précédent. Tous les bois tordus par le dixième de l'effort de rupture ont repris exactement leur forme première aussitôt l'effort supprimé , quoique cet effort ait agi longtemps. En général, ils ne reviennent pas tout de suite à leur forme première quand ils ont été soumis au cinquième de l'effort de rupture. Une altération sensible se produit longtemps avant la rupture. Le point où la désorganisation commence à s'opérer ne semble pas pouvoir se préciser. On pourrait admettre que c'est celui où l'angle de torsion augmente dans un rapport plus grand que la charge.
Dans la pratique des constructions , il est ' nécessaire de limiter l'angle de torsion pour que l'élasticité de la fibre ne soit pas altérée. Or, cette libre formant une hélice dont la tangente fajt avec la position primitive de la libre un angle 8, dont la tangente trigonométrique est
c'est cette tangente qu'il faut limiter, n' étant la distance de l'axe à la fibre qui en est la plus éloignée.
Des expériences et des observations citées ci-dessus, il résulte que l'on peut faire pour les arbres allégés
tangente qui correspond à un angle de 2» 18'
formé par les deux positions de la fibre. Pour les arbres premiers moteurs, on fait
Comme pour les arbres cylindriques pleins» cylindriques creux, à section rectangulaire ou carrée, on a respectivement
n' = r;n'=r;n'=-yb' + c*; n' = J=»
on a donc pour ces sections respectives, les arbres étant 'allégés,