‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 265 sur 1042 · V. Toupoua · texte numérisé non relu

V. Toupoua

TOUBOUAI, groupe le plus méridional de l'archipel de Taïti (îles de la Société), dans la Polynésie, par 22° et 24° de latit. S. Il se compose des îles suivantes : Toubouai, Ohiteroa, Riinatara, liai va vœ et Routoui. Ces îles sont eu partie cultivées; celle de Toubouai a un port.

TOUC s. m. (touk). V. TODQ.

TOOCAN s. m. (tou-kan). Ornith. Genre d'oiseaux grimpeurs, type de lu famille des rhamphastidees, comprenant un assez grand nombre d'espèces, qui habitent l'Amérique du Sud : Le bec des toucans n'est pas aussi lourd qn on pourrait le supposer. (Z. Gerbe.) On emploie assez soutient des gorges de toucan pour I usage de la pelleterie. (V. de fiomare.) il Toucan à collier, Nom vulgaire du cochicat.

— Astron. Constellation de l'hémisphère austral.

— Encycl. Les toucans sont des oiseaux de l'Amérique tropicale, remarquables autant par la difformité et la disproportion de leur bec que par la conformation de leur langue, qui ressemble à une véritable plume. Cet énorme bec est aussi léger qu'il est grand ; ce n'est qu'un corps caverneux, rempli de cellules vides, séparées par une substance osseuse aussi mince qu'une feuille de papier. Le tout est recouvert d'une expansion cornée tellement faible, qu'elle résiste à peine à l'impression du doigt. Le bec du toucan, dit Buifon, est en général beaucoup plus gros et plus long, à proportion du corps, que dans uucun autre oiseau. Aussi plusieurs voyageurs ont-ils appelé le toucan l'oiseau tout

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bec, et nos créoles de Cayenne ne le connaissent que sous le nom à oiseau gros bec. Ce long et large bec fatiguerait énormément la tête et le cou de l'oiseau, s'il n'était d'une substance très-légère. Ce bec, par son peu de solidité, n'est donc pas propre à briser les graines ni même les fruits tendres; l'oiseau est obligé de les avaler tout entiers. De même il ne peut pas s'en servir pour se défendre , encore moins pour attaquer, car c'est à peine s'il peut serrer assez fort pour faire impression sur le duigt qu'on lui présente. La mandibule supérieure est recourbée en bas en forme de faux, arrondie en dessus et crochue à son extrémité ; l'inférieure est plus courte et plus étroite; toutes deux sont dentelées sur leurs bords, mais les dentelures de la supérieure sont bien plus marquées que celles de l'inférieure. La langue du toucan est encore plus extraordinaire que son bec. C'est le seul oiseau qui ait une plume au lieu de langue, et c'est une plume dans le vrai sens du mot, dont la tige est d'une substance cartilagineuse large de deux lignes. Cette tige est accompagnée des deux côtés de barbes très-serrees et toutes pareilles à celles des plumes ordinaires. Ces barbes, dirigées en avant, sont d'autant plus longues qu'elles sont situées plus près de l'extrémité de la langue, qui»est elle-même tout aussi longue que le bec. Les sauvages attribuent les plus grandes vertus médicales à cette langue dont ils se servent comme remède dans plusieurs maladies. Les toucans, ajoute Buffon, sont répandus dans tous les climats chauds de l'Amérique méridionale et ne se trouvent pas dans l'ancien continent. Ils sont errants plutôt que voyageurs, ne changeant de pays que pour suivre la saison de la maturité des fruits qui leur servent de nourriture; ce sont surtout ceux du palmier qu'ils recherchent. Les toucans habiteht volontiers dans les terrains humides et sur le bord des ruisseaux ; on les trouve même sur les palétuviers , qui , comme on sait, ne croissent guère que dans les vases liquides. Ces oiseaux vont généralement par petites troupes de six a dix; leur vol est lourd et s'exécute péniblement à cause de la peltesse de leurs ailes et de la grosseur de leur bec. Cependant ils s'élèvent au sommet des grands nrbres, sur lesquels on les voit presque toujours perchés el dans une agitation continuelle. Mais cette vivacité dans les mouvements n'ôte rien à l'air grave que leur donnent leur bec énorme et des yeux sans expression. Us fout leur nid dans des trous d'arbre abandonnés par les pies; ils nichent aussi dans de vieux arbres vermoulus, qui ne manquent pas dans le pays, et jamais ils n'ont percé leur retraite à coups de bec comme on l'a dit, ce qui leur serait d'ailleurs tout à fait impossible. Les toucans ne pondent que deux œufs; on les apprivoise facilement en les prenant jeunes; on assure même qu'ils nichent et produisent en domesticité. Ils ne sont pas difficiles à nourrir; ils reçoivent avec adresse dans Leur bec tout ce qu'on peut leur jeter, pain, chair ou poisson. On a remarqué que, lorsqu'ils étaient obligés de pourvoir eux-mêmes à leur nourriture, ils ne picoraient pas, tuais que, saisissant leur proie pur le coté, ils la faisaient sauter en l'air pour la recevoir dans le bec. Ils sont trèssensibles au froid, et, dans les habitations même, ils ont soin de se procurer de l'herbe ou de la paille pour se protéger davantage. Les toucans détruisent un grand nombre d'oiseaux, parce qu'ils chercheut contiuuelleinent,Uaus les nids et dévorent les œufs qu'ils y trouvent. Ils vulent à une hauteur moyenne, en ligne droite et horizontale ; ils buttent des ailes avec bruit et sautent de branche en branche. Ce sont des oiseaux tres-utteniifs à ce qui se passe autour d'eux et n'avançant qu'avec défiance ; quand ils sont à terre, les toucans sautillent obliquement, d'assez mauvaise grâce et les jambes très-éeanées. Bien des noms différents oui été donnes à cet oiseau : à Surinam, le toucan -s'appelle bouarabeck ou Cajucai; les créoles de la Guyane l'appellent oiseau prédicateur, non pas a cause de son sifflement, mais parce que, quand il est perche, il porte son large bec de droite à gauche, le i élève, l'abaisse, comme s'il gesticulait eu s'adressant à un nombreux au. li tuile. Quant au nom lui-même de toucan, il signifierait, d'après les anciens voyageurs, plume, en langue brésilienne, el les naturels auraient appelé toucan tabouruci l'oiseau dont ils prenaient tes plumas pour en faire des parures qu'ils ne portaient que les jours de fête. Toucan tabouravi voudrait donc dire plume pour danser- On envoie quelquefois des gorges de toucan pour l'usage de la pelleterie; on en a fait des garnitures de robes et des manchons; ces ornements ont un grand éclat et des couleurs très-vives, mais ils ont quelque chose de dur et de roide.

Le genre type est le toucan proprement dit, caractérisé Ue la manière suivante : bec plus long que la tête, large à la base, cannelé des deux côtés de son arête, garni d'une peau nue à son insertion avec la tète; narines b'asales, latérales, ovalaires; ailes concaves, courtes; queue égale, plus ou moins arrondie ; tarses robustes, largement scutellés, de la longueur du doigt externe antérieur ; ongles forts, comprimés et très-arqués. Les plumes de la poitrine et de touOe dessous du corps des toucans sont remarquables par

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leur désagrégation qui les fait ressembler moins à de la soie qu'à de véritables poils. Seize espèces sont exclusivement propres à l'Amérique tropicale. Parmi elles, nous citerons les suivantes : 1» Toucan à gorge jaune du Brésil. Il a les joues, la gorge et le devant du cou d'une couleur orangée, une bande ronge sur la poitrine; c'est de la gorge de cette espèce de toucan que l'on tirait ces plumes brillantes dont on (Visait autrefois des garnitures de robes. C'est le mâle qui porte ces plumes, les analogues sont blimches chez les femelles. 2° Toucan toco. C'est le plus grand des toucans de la Guyane; la télé, le dessous du cou et du corps, les ailes, la queue, la poitrine et le ventre sont' d'un noir foncé. La race qu'on irouve au Paraguay se tient autour des habitations et dans les bois, mais jamais dans les campagnes. Son cri semble exprimer la syllabe rue. De sa ponte, qui a lieu dans un trou d'arbre, naissent deux petits, semblables à leurs père et mère, qui les nourrissent jusqu'à ce qu'ils commencent a voler. 3<> Toucan d ventre rouge. Il est un peu plus grand qu'une pie; on le trouve surtout au Brésil, et son cri exprime le mot touraca.

TOUCARACA s. ni. (tou-ka-ra-ka). Ornith.

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