‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 276 sur 1042 · TOUM · texte numérisé non relu

TOUM

TOUM, un des noms du soleil dans la mythologie égyptienne. V, Ra.

TOUMAN-BEY (AI-Melik-Al-Aschraf), sultan d'Egypte, né en Circassie, mort au Caire en 1517. Il était neveu du sultan Kansou-Al- Gouri, qui le nomma ministre, puis gouverneur de l'Egypte, pendant l'expédition qu'il fit contre les Ottomans en Syrie, Après la mort et la défaite de Kansou, les mameluks choisirent Touman pour lui succéder (151G). Le nouveau sultan sortit alors du Caire, réunit -40,000 hommes dans un camp retranché en avant de la ville et attendit en ce lieu le vainqueur de son oncle, Sélim Ier. Mais, malgré une résistance héroïque, il fut vaîticu par ce dernier (23 janvier 1517), s'enferma dans le Caire. et soutint pendant trois jours et trois nuits, dans les rues, Un combat acharné. Forcé de quitter lu ville, il gagna la haute "Egypte, se défendît pendant un mois dans Djiz'h, fut encore contraint de fuir et de se cacher et finit par être livré aux Turcs par un traître. Conduit au Caire , Touman y fut pendu par ordre de Sélim, que n'avait pu désarmer tant de courage et d'héroïsme.

L'Egypte devint, k partir de sa mort, une province de l'empire turc.

TOUMANDG1-DAGH , chaîne de montagnes de laTuiquie d'Asie, dansl'Anatolie. Elle a un développement d'environ 100 kilom. de l'E. à l'O. et se rattache à l'Olympe, au N.,au Koud- Jéh-Dagh, à l'O., et au Mourad-Dagh, au S.

TOOMAT ou MALEG , rivière de l'Afrique orientale. Elle prend sa source dans la région S.-O. de l'Abyssinie, pénètre dans la Nubie et, après un cours d'environ 440 kilom., se jette dans le Buhreh-Azrah, près du village de Fazoql. Le Tournât roule du sable d'or et a pour principal affluent l'Anquet.

TOUMBEA, ville de Nigritie, dans le pays de son nom, au N.-E. du royaume de Dagoutnba.

TOUMBEDRA , rivière de l'Indoustan (Maïssour), formée par la réunion de la Toung\i et de la Bhadra, a Coudly, un peu au N.-O. de Holla-Honour. De là, elle coule au N., au N.-E., puis à l'E., sépare le Balaghât du Bidjepour et se jette dans ia Kriehna, par 1G° de latit. N. et 75" 58' de longit. E., après un cours de 450 kilom. Ses principaux affluents sont l'Hindéry ou Vadarotti , l'Handéry et la Ouarrada.

TOUMBOUHOD, demi-dieu de la mythologie indoue, attaché au service du dieu Couvera, et l'un des principaux musiciens célestes.

TOUMCOOR ou TOOMCOOR , ville de l'Indoustan, dîins l'Etat de Maïssour, à 125 kilom. N.-N.-E. de Seringapatam. Remparts et fort.

TOBMEN, rivière d'Asie. Elle arrose ia partie septentrionale du royaume de Corée, coule au N.-E., puis au S. et se jette dans la mer du Japon.

TOUMEN-DAGH, montagne de la Turquie d'Asie (Anatolie), par 38<> 41' de latit. N. et 28<> 43' de longit. S.

TOUMERT ou TOUMROUT (Mohammed-Al- Mabdi-lbn-Abd-Allah-lbn) , fondateur de la dynastie des Alinohades, né en 1087 de notre ère, moi-t en 1130. C'était un homme plein d'intelligence, d'ambition, de hardiesse, d'un esprit subtil et entreprenant. Il parcourut l'Orient pour s'instruire, étudia ia théologie et la philosophie à Bagdad, sous le célèbre Gazzali, retourna en 1116 en Mauritanie, où il était né, se lia intimement avec un jeune musulman plein de talent et de zèle, nommé Abd-El-Moumen, et résolut alors de fonder une nouvelle secte, dont il serait le chef. S'aunonçant comme ie véritable mahdy ou douzième imau qui doit paraître à la fin du monde, affichant dans sa doctrine, son extérieur et ses actes une pieuse austérité, il se mit à prêcher la réforme des abus, vit accourir autour de lui un grand nombre de partisans, entra dans le royaume de Maroc, où régnait Ali (1120), en fut chassé pour ses prédications , se retira alors à Tinamal , dans l'Atlas, et appela les tribus à se soulever contre la dynastie des Almoravides et les vit se ranger sous ses étendards. Grâce à son éloquence entraînante, a ses subterfuges pour faire croire qu'il uvait le don des miracles, il parvint à réunir un si grand nombre de partisans qu'il se prépara k lutter contre ie souverain du Maroc. A la tête de 10,000 alinohades ou unitaires, Toumert remporta, en 1122, une victoire complète sur les troupes d'Ali, détruisit ainsi d'un seul coup le piestige des Almoravides, soumit ensuite plusieurs tribus, conquit Aghmat, Haroudjab, Moussaniedah, une partie du mont Atlas et étendit sa secte et sou pouvoir dans l'intérieur de l'Afrique. De retour k Tinamal, Touînert, qui sentait ses forces épuisées, donna le commandement de ses troupes, ainsi que le tfcre d'imun , à son lieutenant Abd-EI- Moumen et mourut peu après. II avait composé pour ses sectaires un ouvrage intitulé : De l'unité de Dieu, d'où leur nom d'unitaires.

TODMETS, tribu mongole de l'empire chinois (Mongolie). Elle habite en partie sur les bords du Hoang-ho, à 400 kilom. de Pékin. Sa ville principale est Koukou-Iihoton.

TOU-M1NGH-HY, lie de la mer Orientale, à l'O. de la grande Lieou-Kieou, par 26» 35' de latit. N.

TOl'UOUN, ville de l'Indoustan, dans le

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Malvah , district de Bendelkend, à 155 kilom. N.-E. de Serondge. Temple très-ancien.

TOUMBOUT, fondateur de la dynastie des Almohades. V. Toumert.

TOUN, ville de Perse, province du Kouhistan, à 275 kilom. de Mechehed, dans une contrée fertile qui produit beaucoup de froment et de soie.

TOUNA s. f. (tou-na). Ichthyol. Nom vulgaire de la thonine, sur les côtes de la Méditerranée.

TOUNATÉE s. f. (tou-na-té). Bot. Genre de plantes de la Guyane, réuni par les auteurs modernes, comme simple section, au genre swartzie.

TOUNCHALI , village de l'Asie Mineure , dans le voisinage de Koutaieh. Eaux thermales renommées.

TOUNDJA, rivière de la Turquie d'Europe. V. Tondja.

TOUNDRA s. m. (toun-dra). Géogr. Nom donné aux déserts de glace qui s'étendent au nord de la Sibérie.

TOUNENS et non TONNEINS (Antoine de), aventurier français^ ex-roi d'Araucanie et de Patagonie , sous le nom d'Orllie-Antoine 1er, né à Chourgnac (Dordogne) vers 1820. Il avait été avoué à Périgueux, lorsque, poussé par son humeur aventureuse, il se rendit dans l'Amérique du Sud, au Chili, puis chez les Araucans. L'Araucanie, vaste pays deux fois plus grand que la France, était au pouvoir d'un grand nombre de chefs ou caciques divisés entre eux et ne pouvant par cela même opposer une résistance sérieuse aux envahissements du Chili. Au moyen d'un interprète, il se mit en relations avec le cacique Magnil et parvint à le convaincre de la nécessité d'établir en Araucanie une royauté dans laquelle seraient fondus les pouvoirs répartis entre tous les caciques. Magnil étant mort au moment où il se rendait auprès de lui, M. de Tounens alla droit aux autres caciques. « Vous êtes faibles, leur dit-il, parce vous êtes divisés en tribus. Ne formez qu'un Seul corps, et vos voisins n'auront plus sur vous aucune prise. — Il ne tient qu'à vous, lui répondirent-ils, que nous suivions votre conseil; chargez-vous vous-même de notre organisation en vous mettant à notre tête. » Proclamé roi sous le nom d'Orllie-Antoine 1er (1861), non-seulement par les Araucaniens, mais encore par les Patagons, l'ex-avoué , prenant au sérieux son rôle de Souverain , résolut d'implanter chez ses sujets la civilisation européenne , d'y acclimater une constitution et une législation calquées sur celles de la France et d'établir des relations commerciales entre son pays natal et son pays d'adoption. Pour réaliser ses projets, il manquait au roi d'Araucanie un budget productif. Ne pouvant trouver dans son peuple des ressources suffisantes, il crut devoir faire à la France un appel, qui fut loin de répondre k son attente. Son projet de souscription nationale fit un fiasco complet, même k Périgueux. Les compatriotes du fondateur d'une nouvelle dynastie ne voulurent pas prendre au sérieux le nouvel astre monarchique qui surgissait à l'horizon du nouveau monde austral. Vainement quelques amis de M. de Tounens, notamment M. de Morestel, essayèrent de défendre sa cause, de démontrer qu'il s'agissait d'une entreprise toute patriotique, de prouver qu'en secondant les généreux efforts du nouveau roi on implantait l'influence française au sud du Chili; toutes les bourses restèrent fermées et, le souverain des Araucuns vit échouer ainsi « la plus grande entreprise de son règne. • Mais si la France voyait avec une indifférence sceptique et railleuse M. de Tounens organiser ses Etats, il n'en était pas denièine du Chili. Le gouvernement de cette république vit avec peiue s'organiser sur sa frontière des peuplades jusqu'alors indépendantes et dont la division faisait la faiblesse," Il résolut de renverser le nouveau roi, et bientôt la guerre devint imminente. Orllie, devant l'attitude menaçante de son voisin, développa une activité digne d'un meilleur sort. Il parcourut ses Etals pour organiser la défense et s'entendit avec le chef indigène Gueuterol, qui lui promit de lui fournir une armée de 40,000 hommes. Peu après, il campait dans la plaine de los Perales (4 janvier 1862), lorsque son domestique et ses interprètes, achetés par le gouvernement chilien, l'attirèrent dans un guet-apens. Appréhendé au corps par des Chiliens, il fut jeté dans la forteresse des Anjeles. Orilie- Antoine Ier, profondément indigné de la perte de son troue, en appela de ce qu'il considérait comme un acte de violation du droit des gens au consul de France a Santiago, le vicomte de Cuzotte, qui reçut de son gouvernement l'ordre de traiter diplomatiquement i'atfaire. Néanmoins, le procès de M. de Tounens s'instruisit; mais tous les tribunaux chiliens se déclarèrent incompétents, et l'exavoué continua k êtije maintenu en prison. Etant parvenu à scier un des barreaux de sa fenêtre, il s'évada en se jetant à la nage. Traqué de toutes parts, il fut ressaisi peu de jours après et de nouveau emprisonné. Enfin, sur la demande du gouvernement fiançais, Orllie-Aiitoine 1" put quitter le Chili et i evenir en France, la cour d'appel de Santiago ayant, par arrêté du £ septembre 1862, déclaré qu'il était fou. Selon l'usage des sou-

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verains détrônés, l'ex-avoué, ■ appelé par la grâee du Tout-Puissant et la volonté nationale à prendre en main les destinées des Araucmitens et des Pat»gons,» adressa, le î décembre 1863. une protestation à tour, les ministres des affaires des Etats civilisés et autres. De retour en France, il se mit à faire un appel énergique aux capitaux de ses Compatriotes pour reconquérir son royaume; mais, comme par le passé, ses efforts restèrent à peu près infructueux et il se vit réduit U grossir le nombre des majestés en disponibilité, sans avoir, comme elles, la consolation d'avoir pu faire sur le trône de belles économies. Le !2 octobre 1864, il fut traduit en police correctionnelle, à Paris, pour, le non-payement d'un billet de 2,500 francs, fait à son hôtelier et signé : • Prince Orllie-Antoine Ier;» mais le billet ayant été acquitté sur cas entrefaites, le tribunal, considérant la bonne foi de l'ex-roi, qui seul, il est vrai, se prenait au sérieux, écarta le délit qui lui était imputé et crut devoir respecter eu lui la majesté tombée.

Une souscription, dite nationale, que l'exavoué ouvrit a cette époque dans les bureaux de la Gazette des Etrangers, pour recouvier son royaume, fit un fiasco qui eût désespéré tout uutre qu'un ex-roi d'Araucanie. Cependant, grâce à une propagande active, il parvint k faire un prosélyte dans un avocat du barreau de Paris. ■ Il me manifesta, dit-il, le désir de me ramener dans mon royaume et de m'aidera le restaurer; j'acceptai sa proposition avec plaisir, — Quelle somme faudruit-il pour y aller et s'y in-taller? — 10,000 francs, et lorsque nous serions établis, nous ferions venir les éléments nécessaires uour la civilisation. » Bien qu'il fût difficile d"e trouver un prétenuant aux prétentions plus modestes, Oriiie 1" ne put obtenir cette faible somme et ne fut pas plus heureux en demandant seulement 500 fr. Néanmoins, en 18G9, il fit un second voyage dans ses Etats, où sa vue ne produisit pas le mouvement d'enthousiasme nutional sur lequel il comptait, et il revint encore une fois en France, attendait! des temps meilleurs. En septembre 1871, il annonça k l'univers qu'il avuit fait plusieurs découvertes, dont la plus importante consiste en une invention pouf neutraliser les projectiles lancés par les armes à feu. En attendant qu'on adoptât cette admirable découverte, Orllie 1er »e fit journaliste. Dans une lettre datée de Marseille, ie 23 décembre 1871, et adressée « k Messieurs les pubhcistes, » il disait : « J'appris que pour faire paraître un journal politique il me fallait un cautionnement; c est ce qui m'empêcha de l'aire paraître la Couronne d'acier le 23 novembre Jernier; c'est un grand malheur pour la France, la papauté et l'Espagne. Connue ia Couronne d'acier a un titre essentiellement politique, j'ai voulu lui conserver son caractère pour la faire paraître lorsque j'aurai fait mon cautionnement. En atten.laut, j'ai crée un autre journal hebdomadaire, non politique, sous le titre de : les fendus... Je deviens donc, messieurs, votre collègue; je vous promets de porter envers vous tout ie renpeel qui est dû à des publicistes honnêtes; maïs j'espère aussi que, de votre côté, vous verrez deux hommes eu moi, un collègue et un souverain, et que vous garderez tout le respect qui est dû au roi d'Araucanie et de Palagoiue ou Nouvelle-France, tant comme homme que comme souverain. > Dans Jes Pendus, Orllie 1er raconta sa seconde expédition eu Ar.iucauie. Eu mars 1872, il publia, également k Marseille, la Couronne d'acier, journal officiel d Araucanie, dans lequel il fit paraître notamment une • Epltre d'amour aux demoiselles à marier eu Frunce et a l'étranger. » 11 créa à cette époque un nouvel ordre ue chevalerie, indispensable dans toute monarchie sérieuse, et dont il fut naturellement le grand maître. U eut soin d'annoncer que tout journaliste qui défendrait sa cause serait sûr d'être nomme. Eu même temps, il préparait une nouvelle expédition. Eu avril 1874, accompagne de quatre personnes, qu'il était parvenu k rallier à sa cause, et emportant avec lui ^ueiques armes et des munitions, Orllie 1er, sous le nom de Jean Prat, s'embarqua pour BuenosAyres. liavaitquiué cette ville pour aller reprendre possession du trône de toutes les Patugonies, lorsque, sur la demande du gouvernement chilien , une goSlette de la marine de la confédération Argentine fut lancée k sa poursuite et l'arrêta en mer. Ramené à Buenos-Ayres, le 19 juillet, il futècroue k la prison de Chibildo et mis à la disposition d'un juge d'instruction qui instruisit l'affaire. Enfin, le 31 octobre 1874, il fut rendu k la liberté et reprit encore une lois la route de la France. On a de lui ; Orllie-Antoine 1", roi d'Araucanie et de Patagonie, son avènement au trône et sa cupiioité au Chili, relation écrite par lui-même (1SC3, in-S°); Historique. Appel à la nation frunf aise (18S3, in-8»); Manifeste d'Orllie-Antoine 1er, roi d'Araucanie et de Patagonie (1864, in-8°); lietour en France du roi d'Araucanie et de Patagonie (1871, in-8<>).

TOUNGA, rivière de l'Indoustan. Elle descend du versaut oriental des Ghattes occidentales, coule au N.-E et se jettj dans laBeura, pour former la Toumbedra, après un cours d'environ 100 kiioin.

TOUiXGUAl OU JHEB OlUExNTAUi, parti*

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in grand Océan comprise entre les côtes de !a Corée, du pays des Mandchous, de la Chine, l'Ile FormoSe, les archipels de Madjicosima et de Lieou-khieou et l'extrémité S.-E. de l'Ile japonaise de Kiou-siou. Cette mer intérieure reçoit les eaux du Hoang-ho et du Yan-tse-kiang.

TOUNGHIB, rivière de la Russie d'Asie. Elle descend des monts Stanovoï, coule à l'E.- N.-E. et se jette dans l'Olekma, par la rive gauche, après un cours d'environ 600 kilom.

TOENG-ftlANG, rivière de Chine (Kouangtou). Elle preud sa source dans les monts Nan-Iing et se jette, par plusieurs embouchures, dans la partie N.-E. du golfe de Canton, à l'E. de la ville de ce nom, après un cours de 450 kilom.

TOCNA-OUN, ville de Chine, dans la partie N.-E. de l'île d'Haï-nan, à 20 kilom. S.-E. de Kiong-tcheou ; 100,000 hab.

TOONGOCSES, peuplade de la Russie d'Asie, dans la Sibérie. Elle est répandue sur un très-grand espace marécageux et boisé, dans les gouvernements d'Iénisséisk et d'Irkoutsk et dans la province d'Iakoutsk, depuis l'Iénisséi, à l'O., jusqu'à la mer d'Okhotsk à l'E., et depuis les monts Jablonnoï et Stanovoï au S. presque jusqu'à l'océan Glacial arctique au N. Entre eux les Tonngouses se nomment Oevous, c'est-à-dire hommes. Les Tartares et les autres races sibériennes les appellent Tonyous ou princes du sang. Les Mandehoux chinois leur ont donné le titre de Salami, qui signifie protecteurs. Tous les ans, vers le mois de juin, ils se réunissent au confluent du Symn dans l'Iénisséi, C'est là qu'ils vendent leurs fourrures et acquittent l'impôt. A cette foire, le Toungouse habite sous une tente, que l'on distingue aisément de celle des autres peuplades au sabre planté devant l'entrée. On reconnaît le Tuungouse à son teint jaunâtre, à son tatounge en lignes courbes, à son menton proéminent, et surtout à la longue tresse de cheveux, ornée de verroteries , qui lui retombe sur les reins. Son pardessus de peau . de renne a la forme d'un habit à la française, pincé à la taille, très-ouvert sur la poitrine et bariolé de morceaux de verre, de ganses^ de galons et de panaches en crin. Il a pour coiffure un bonnet chinois en broderies de perles et porte une culotte dont l'extrémité s'attache au-dessus du genou. Chaussé de babouches très-coquettement et très-finemeut faites, il complète son costume par un baudrier, chargé de verroteries comme tout le reste. A ce baudrier pend un petit sac contenant un briquet, une pierre à feu et de l'amadou ; l'allumette chimique n'a pas encore pénétré sur ce point du globe. Adroit et gracieux dans ses mouvements, le Toungouse joint à l'agilité du corps l'entente des affaires et lu finesse du commerçant. Les chefs affectent une grande dignité ; à l'approche d'un étranger, quelle que soit son importance, à peine daignent-ils soulever un coin du bonnet et présenter le bout des doigts. La tente des Toungouses est recouverte de peaux de renne tendues avec de simples cordes. Au milieu brûle constamment un bon feu sur les pierres qui servent de foyer. Pour tapis et pour chaises l'inévitable peau de renne. C'est là-dessus qu'il s'assied pour boire i'eau-devie , dont il est grand amateur, et c'est làdessus qu'il danse lorsqu'il est ivre. Aux jeux d'adresse, le Toungouse n'a pas de rival. En sautant à la corde, que deux personnes manœuvrent absolument comme font les bonnes des Tuileries avec leurs marmots, il tend son arc, ajuste et frappe le but. C'est principalement le long des frontières chinoises que cette peuplade vague de préférence. On retrouve néanmoins les Toungouses près des sources du Touiga et de quelques autres fleuves. Ils reconnaissent les droits seigneuriaux des princes Gatitimoukor, descendants avérés de Khan-Timor, et anoblis à perpétuité par cette origine chinoise. Ces nobles habitent des villages ou des pacages clôturés, comme toutes les familles qui sont devenues chrétiennes. En embrassant le rit orthodoxe, ils ont en même temps adopté le genre de vie des Russes. Le Toungouse est grave et intrépide. Il manie aussi admirablement l'arme k feu que lu flèche. Ses mouvements sont rapides, son coup d'œil sûr, et celui contre lequel il bande son arc peut recommander son arae à Dieu. Lâchasse est sa passion favorite.

— Linguist. La langue toungouse forme, avec le mandchou, le dernier rameau de la branche ouralo-altaïque ou septentrionale de la famille touranienne. Elle est loin d'avoir la richesse du mandchou quant à la douciiir; elle occupe avec cet idiome une position intermédiaire entre le mongol et le turc. Il y a plusieurs dialectes qui presque tous prennent la dénomination de l'endroit ou du fleuve dans les environs duquel vivent ceux qui les parlent. Les principaux sont : le iénisséi, parié sur les bords ue l'Iénisséi; le tohapogii'e, dans lequel on a publié une traduction de tu Bible, parlé par les Tehapogires, qui demeurent le long du Touugouska, affluent de llenisséi; le mangasseja, le hertchiusk et le bargusin, panés dans les environs des villes des mêmes noms; l'angara supérieur, parlé le long de la rivière de ce nom ; le yakoutsk et le okhotsk, parlés dans les environs des deux villes qui portent ces

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noms; le lamoute, parlé le long de la mer d'Okhotsk par les Lamoutes, tribu toungouse, dont le nom est dérivé du mot lama, qui veut dire mer; le tongouska supérieur, parlé le long du fleuve du même nom. La plupart de ces dialectes sortentà peine du monosyllabisme; mais il se fait évidemment en eux un travail pour arriver & une vie plus organique. Castren a rapporté les preuves d'un développement naissant des mots dans un dialecte toungouse parlé près de Nertchinsk, lequel présente un* système complet et intelligible d'affixes.

TOUNGOUSKA-KI4N11A ou INFÉRIEURE,

rivière de Sibérie. Elle prend sa source dans une ramification des monts Baïkaliens, dans la province d'Irkoutsk, coule au N.-E., puis au N. et à l'O., en arrosant le gouvernement d'Iénisséi, et se jette dans l'Iénisséi, près de Touroukhansk, après un cours de 2,300 kiloin. Ses principaux affluents sont la Touviga, la Kouréika, l'Ilimpéia, la Siverna et la Porouhina.

TOUNGOUSRA-SREDNIIA ou MOYENNE,

appelée aussi Totmgouska au delà des montagne*, rivière de Sibérie (Iénisséi). Elle prend sa source dans les montagnes, à 190 kilom. N. de Kirensk, coule généralement à l'O. et se jette dans l'Iénisséi, par 60° 40' de latit. N., après un cours de 1,250 kilom.

TOUNGODSKA-SGPÉRIEUUB ou WERCH- NAIA-TOUNGOUSKA, rivière de la Russie d'Asie (Sibérie;, formée par la réunion de l'IUim, qui descend des monts Sayaniens, et de l'Angara, écoulement des eaux du lac Balkal. Elle décrit une longue courbe vers le N.-E., se précipite par cinq cascades, baigne Irkoutsk, Oust-Toungoiiska et se jette dans l'Iénisséi, par la rive droite, après un cours d'environ 1,750 kilom. Ses principaux affluents sont la Moura, i'Oslianka, la Tasseva et l'Oleschma.

TOBNGOBZLY, lac de la Russie d'Asie, gouvernement d'Orenbourg, à 30 kilom. E. de Tchéliabinsk; environ 10 kilom. du N. au S. Il n'a pas d'écoulement apparent.

TODNG-TCHANG, villa de Chine (Chantoung) , sur le grand canal, à 100 kilom. O.-S.-O. deTeinan; par 36» 32' de latit. N. et 1130 49' de longit. k. Ch.-l. de département. On y remarque une tour à huit étages, revêtue extérieurement de carreaux de porcelaine. Il s'y fait un commerce considérable.

TOUNG-TCHEO0, ville de Chine sur le Peï-ho , à 22 kilom. O.-S.-O. de Pékin. Vastes magasins de grains, destinés a l'approvisionnement de la capitale. Commerce considérable en thé, soieries, porcelaines, fourrures et frai de poisson, que l'on envoie dans des bouteilles jusqu'au centre de l'empire.

TOUNG-TCHI, empereur de Chine (dont le nom signifie union pour ta cause de la légalité et de l'ordre), né en 1856, mort en 1874. Il venait d'avoir cinq ans et portait le nom de Taai-roung lorsque , le 21 août 1831 , il succéda à son père Hien-foung, qui venait de mourir. Sa mère fut instituée régente, et son oncle, le prince Kong, prît, la direction du gouvernement. Toung-tchi, qui devait, mourir à lix-neuf ans, na joué aucun rôle dans les affaires de la Chine. Le prince Kong administra en son nom avec autant d'intelligence que de sagesse. Très-hostile au vieux parti chinois, qui avait exercé une influence prépondérante sous le règne de Hien-foung, il empêcha ce parti de dominer l'impératrice régente, alla chercher le jeune empereur h. Moukden et l'amena à Pékin, le 1er novembre 1861. Peu après, il déclarait dissous le conseil suprême qui s'était constitué à Moukden et qui comprenait les chefs du vieux parti chinois, les princes Tchen, Y et Soutcheo, etc., hostiles aux Européens; puis il les faisait arrêter, traduire devant un tribunal dont il prit la présidence, obtenait leur condamnation à mort (8 novembre 1861) et faisait immédiatement procéder à leur exécution. Devenu sans conteste maître du pouvoir et appuyé par les résidents des puissances européennes, le prince Kong constitua un nouveau conseil de l'empire et, en sa qualité de premier ministre, il s'attacha à prendre des mesures libérales, destinées à l'aire entrer la Chine dans la voie du progrès. Il rit notamment signer au jeune empeieur un décret établissant dans l'empire la liberté de conscience. A seize ans, Toungtchi épousa sa première femme, la princesse Tcheng-koung, Il eut, en outre, deux autres femmes légitimes qui assistaient, selon l'usage, aux conseils des ministres, la princesse Koung-toung et Si-koung, et soixante-neuf concubines. Pendant une visite qu'il lit à ses femmes au jour de l'an, il fut atteint d'une maladie qui l'emporta au bout de quelques jours.

TOUNIN s. m. (tou-nain). Ichthyol. Nom vulgaire du marsouin.

TOUNNIN, colonie agricole de l'Algérie, chef-lieu de commune, à 9 kilom. S.-E. de Mostaganein, à -84 kilom. d'Oran; 108 hab. Elle fut fondée eu 1848, dans un territoire très-fertile. On s'y livre à la culture des céréales et à, l'élève des bestiaux.

TOUP (Jonathan), philologue anglais, né dans le Cornouailles en 1713, mort en 1785. Il étudia la théologie à Oxford et à Cambridge et devint recteur d'une paroisse

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d'Exeter, puis chanoine de la cathédrale de cette ville. Il fut l'un des philologues et des critiques anglais les plus érudits du xvuie siècle. L'ouvrage par lequel il est surtout connu est celui qui a pour titre : Emendationes in Suidam in qui bus plurima loca veterum Grscorum, Sophoclis et Aristopkatiis imprimis, cum explicantur, tum etnendantitr (1760-1766, 3 vol.), et auquel se rattache un Appendiculum notarum in Suidam (1775). En 1767, il fit paraître une Epistola eritica ad virum celeberrimum Gulietmum, episcopum Gtocestriensem, qui renfermait des corrections et des explications d'un grand nombre de passages d'auteurs grecs, On a encore de lui : Curx posteriores, sive appendicula notarum algue emendaliomim in Theocrilum, Oxonii mtperrime publicatum (1772), et une édition de Longin (Oxford, 1778), qui est encore aujourd'hui l'une des meilleures que l'on ait de cet auteur.

TOUPARAN, l'esprit du mal chez les indigènes californiens. Ayant attaqué l'esprit du bien, Niparaïa, créateur du ciel et de la terre, il tut vaincu, ainsi que ses adhérents, et enfermé dans une caverne sous la garde de baleines.

TOOPET s. m. (tou-pè. — Ce mot, qui est déjà ancien, est le diminutif de loupe, qui représente le vieux français tope, lequel vient du germanique : vieux Scandinave toppr, anglo-saxon top, anglais toft, bas allemand topp, ancien haut allemand zoph, haut allemand moderne zopf , touffe de cheveux, houppe, sommet d'un arbre). Touffe de poils ; Un toopbt de cheveux, de crins, de laine. Les , Chinois se rasent la tête, en réservant un toupet de cheveux sur -l'occiput. Vous avez un toupet de cheveux rouai dans votre barbe. Il était si chauve, qu'il ne lui restait qu'un toupet de cheveux par derrière. (Le Sage.) La corne du rhinocéros n'est qu'un toopkt de poils agglutinés. (E. About.)

— Touffe de cheveux relevés qui croit audessus du front : Se faire le toupet. Avoir le toupmt très-haut. Porter un faux toupet.

Que Gavarai tourne en dérision Tes eix cheveux 1 Avec décision Le démêloir en toupet les ramène.

Tu. db Banville.

— Touffe de crins placée au haut du front du cheval et faisant partie de la crinière.

— Wg. Hardiesse, effronterie : A-t-il dit toupet, le vieux Lascar! me dit l'invalide dans son langage soldatesque. (Balz.) Dis donc, Malicorne, il a le toupet d'appeler ça un chez soil Un bouge où je ne voudrais pas mettre un chien/ (E. Sue.)

— Fam, Mouvement d'impatience brusque et capricieuse : Son toupet lui" prend. Il Vieilli en ce sens.

— Se prendre au toupet, Se prendre aux cheveux en se battant.

— Ornith. Toupet bleu, Espèce de bruant, qui habite Java.

TOOPET-DESVIGNES (Edmond-Edouard- Ernest-Vietoire), homme politique français, né à Givet en 1816. Il fit ses études à faris, puis revint dans sa ville natale, où il était commandant de la garde nationale et un des chefs de l'opposition lorsque Louis-Philippe tomba du trône. Elu dans les Ardennes représentant du peuple à l'Assemblée constituante, il fit partie du comité de l'Algérie, siégea dans les rangs des républicains modérés, vota pour une Chambre unique, contre la proposition de dissolution faite par M. Râteau et contre l'expédition de fiome. Réélu à la Législative, il continua à servir la cause ,de la république contre les menées des monarchistes, et combattit la politique de Louis Bonaparte. Après te coup d'Etat du 2 décembre 1851, M. Toupet-Desvignes rentra dans la vie privée, se bornant à représenter le canton de Givet au conseil général de son département. Le 8 février 1871, les électeurs des Ardennes le nommèrent, le premier sur dix, député à l'Assemblée nationale. Il alla siéger au centre gauche, vota les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes d Orléans, la proposition Rivet, se prononça pour le pouvoir constituant de l'Assemblée, pour la loi départementale, pour le retour de la Chumbre à Paris; contre l'impôt sur les matières premières, contre le maintien des traités de commerce et,soutint la politique de M. Thiers. Le 24 mai 1873, il resta fidèle à ce dernier et à sa profession de foi de 1871, dans laquelle il déclarait qu'il ferait tous ses efforts pour consolider la république. Lorsque les intrigues des royalistes (août-octobre 1873) menacèrent la France d'une restauration monarchique de droit divin, M. Toupet-Desvignes se prononça énergiquement, dans une lettre rendue publique, pour le maintien de la république. Le 20 novembre suivant, il vota contre le septennat, lit partie de l'opposition contre le gouvernement de combat, appuya les amendements Perier et Maleville (juillet 1874), demandant l'organisation des pouvoirs publics, et la dissolution de l'Assemblée, et vota la constitution républicaine du 25 février 1875. Le 25 février 1874, il avait été nommé questeur de l'Assemblée, en remplacement do M. Prineeteau, contre M. Combler, député de la droite. Le 30 janvier 1876, M. Toupet- Desvignes a été élu sénateur dans les Ardennes.

TOUP

TOUPETTE s. f. (tou-pè-te — rad. toupet). Bot. Syn. de pohi.ib.

TOUPIE s. f. (tou-pl. — Du germanique : suédois, topp, cône ; anglais top, ancien haut allemand lopk, ancien allemand topf. Tous ces mots désignent des corps terminés en pointe, et ils doivent sans doute leur origine a l'anglo-saxon top, cime, sommet, pointe, ancien Scandinave toppr, d'où nous avons fait touffe et toupet. C'est au même primitif qu'il faut rapporter notre anr'en mit toitpel, qui signifiait aussi cime, sommet. Toupel a été formé do ce primitif par l'addition du suffixe et. A la même famille que toupie appartient aussi le vieux français toupon, bouchon, proprement chose conigue, et taupin, terme de cordier, espèce de cône tronqué le long duquel il -y a des rainures pour mettre les fils ou torons qu'on veut commettre). Jouet en forme de cône, terminé par une

fiointe, et sur lequel on enroule une cordeette, pour le lancer et le faire tourner, ou qu'on fait tourner à l'aide d'un ressort : Je préfère à tous ces engins guerriers, qui caporalisent les enfants, les billes, le cerceau, la toupie. (Rigault.)

— Femme de mauvaise vie, de la dernière espèce, ainsi dite peut-être parce qu'elle circule beaucoup, peut-être aussi pur corruption de tout-pille, parce que tout lui est bon.

— Personne sans volonté, qu'on fait tourner à son gré : Les Bourbons, selon Ferdinand II, ne sont pas du bois dont on fait des toupies, c'est-à-dire des rois constitutionnels. (T.Delord.) '

— Tourner comme une toupie, Tourner rapidement sur soi-même.

— Toupie d'Allemagne^ Toupie creuse, percée d'un trou, et qui fait du bruit en tournant.

— Mar. Instrument avec lequel on peut faire des observations en mer, malgré le roulis et le tangage.

— Techn. Instrument avec lequel on exér cute certaines moulures qui ne peuvent être poussées au rabot.

— Moll. Nom vulgaire des coquilles du genre troque, n Nom donné à des coquilles du genre littorine.

— Encycl. Techn. Parmi les travaux d'ébénis:erie, il en est qui appartiennent k la sculpture sur bois, quoique ce ne soit point, k proprement parler, de la sculpture. Telles stjnt les moulures, dont la régularité et l'exacte concordance avec les profils donnés sont les principales qualités. Ces travaux, par leur nature, se prêtent très-bien k une exécution mécanique, automatique, et l'ouvrier qui en est chargé doit, en quelque sorte, se faire machine pour acquérir cette régularité et cette précision qui sont exigées avant toute autre chose. Quelque habile quesoitl'ouvrier, il passe toujours un certain temps à l'exécution de ces travaux, ce qui en augmente d'autant le prix. On a songé à remplacer la main de l'homme par la machine là où lu main de l'ouvrier devait opérer automatiquement pour ainsi dire, et l'on a imaginé la toupie. Cet instrument consiste en une sorte de main de bois fixée à un arbre auquel on imprime un mouvement de rotation constant par les procédés mécaniques connus. A cette main est attaché un cône de fer tantôt rond, tantôt pointu par le bout, suivant le dessin de la moulure qui doit être exécutée. Ce cône est en outre entouré d'une lame elliptique qui représente à peu près une vrille ou une mèche de vilebrequin. Un mouvement rapide est imprimé à l'instrument, sous lequel le bois est placé et poussé au fur et à mesure que la moulure est taillée. La toupie opère tout à la fois comme la mèche du vilebrequin et comme une râpe; seulement elle n'agit point, comme la première, en hauteur, mais seulement en longueur. Plus le mouvement qui lui est donné est rapide, plus te bois est coupé nettement et régulièrement ; c'est la vitesse de ce mouvement qui, accroissant l'action de la lame elliptique, lui permet de produire le même effet qu'un rabot à moulure ou que l'échoppe du graveur, suivant les cas. Il va de soi que les l'ers, c'est-à-dire la forme des lames, varient selon les profils qui doivent être exécutés. Ce procédé, tout en donnant un travail au moins aussi régulier, aussi exact, au3si net, si ce n'est plus, que le travail de la main, permet une production plus rapide, d'où il résulte une notable économie. Ainsi, les moulures sur chanfrein avec arête ne peuvent être faites qu'à la gouge et au ciseau par l'ouvrier, et alors ces moulures sont cotées au même prix que les travaux de sculpture; faites à la toupie, elles ne coûtent guère plus que les moulures ordinaires poussées au rabot, soit par l'ouvrier, soit à la machine. Le système de la toupie est à peu près le même que celui des rabots mécaniques, quoique ceux-ci agissent dans un autre sens. Ces rabots ne sont pas poussés par la machine comme par l'ouvrier; ils sont fixes, et c'est la planche qui est mobile et qui s'avance à mesure que le rabot a produit son effet. Ces ra bols mécaniques sont formés d'une tige de fer munie de lames biaises et alternées. La tige est mise en mouvement avec une grande rapidité, et les lames alternées agissent alors comme le ferait une seule lame droite adhérant successivement au bois sur toute sa longueur. On le voit donc, la roHpieest, en définitive, une modification du rabot mécanique, et l'une el

TOUR

l'autre ne sont que l'application de l'action de la râpe dirigée parla machine. Dans beaucoup de cas, on pourrait se servir fîela râpe elle-même en guise de toupie, mais il faudrait alors qu'une pression suffisante fût exercée sur cet instrument, et qu'en second lieu la planche soumise à son action reçût un mouvement assez rapide et assez régulier pour que cette action présentât les qualités désirables .l'exactitude et de netteté. La dépense de force 'jerait alors plus considérable qu'elle ne l'est pour le maniement de la toupie. Un second procédé consisterait à rendre la râpe mobile, tandis que la planche demeurerait fixe, ce qui ne serait avantageux que dans des cas très-rares, et enfin un troisième moyen consisterait à donner à la râpe une forme déterminée, quant au profil, et un développement circulaire h toutes les lignes de ce protil, de telle sorte que la râpe demeurant fixe, douée seulement d'un mouvement de rotation, agirait sur la pianche mobile k peu près comme un laminoir ou comme le rabot mécanique. Ce moyen est certainement le plus pratique. Ce serait là une forme nouvelle de la toupie, qui permettrait d'exécuter, soit avec une ou plusieurs râpes isolées, soit avec des combinaisons diverses, les travaux ■ de sculpture élémentaires qu'on ne peut exécuter à l'aide de la toupie.

TOUPILLAGE s. m. {tou-pi-lla-je ; Il mil. — rad, toupiller). Action de toupiller. Il Peu u.sité.

TOUPILLER .v. n. ou intr. (tou-pi-llé, Il mil. — rad. toupie). Tourner sur soi-même. H"Feu usité.

— Aller et venir d'un air affairé et sans motif réel : Elle ne fait que toupiller depuis ce matin. Il Peu usité.

TOUPILLON s. m. (tou-pi-llon ; Il mil. — dimin. de toupet). Petit toupet : Un toupillon de barbe.

— Bouquet de crins qui termine la queue des bœufs.

— Agric. Réunion de pousses mal venues et croissant confusément. || Se dit particulièrement de l'oranger.

TOUPIN s. m. (tou-pain. — V. toupie).

Teehn. Cône tronqué, marqué sur sa face de rainures dans lesquelles le cordier engage les torons des cordes qu'il veut commettre.

— Jeux. Sorte de toupie qu'on fait tourner avec un fouet, et qu'on appelle plus communément SABOT.

TOUPINIER s. m. (tou-pi-nié). Banque.

Petit escompteur qui fait faire, pour quelques sous, des signatures d'endossement.

TOUPIOLE s. f. (tou-pi-o-le). Bot. Nom vulgaire du sceau de Salomon.

TOOPOUÀ, île de l'archipel Santa-Cruz (Polynésie), par 11« 5' 30" de latit. S. et par 1630 59' 30" de longit. E. Elle a 13 kilom. de longueur sur 8 de largeur. Cette lie, appelée également Ourry et Now-al-Derney, a été découverte par Carteret en 1767.

TOUPPE (puy de la), montagne de France, faisant partie du groupe des monts Dôme, par 45» 41' de latit. N. et par 0° 67' de longit. E. Elle a 1,085 mètres d'altitude.

TOUPRAS s. m. (tou-pra). Mar. Amarre d'un bâtiment, il Mot usité à Terre-Neuve.

TOUQUE s. f. (tou-ke). Pèche. Bâtiment employé k la pêche du hareng.

TOUQUES, bourg et rivière de France. V. Toccquus.

TOUQDHT, libraire-éditeur français, mort à Dieppe en 1830. Il était colonel lorsque, sa carrière ayant été brisée par le retour des Bourbons, en 1815, il se fit libraire-éditeur à Paris. Touquet publia des éditions de Voltaire et de J.-J. Rousseau, qui, bien que peu soignées, eurent beaucoup de vogue, et un assez grand nombre d'ouvrages contre le gouvernement de la Restauration. Vers la fin du règne de Charles X, irfit de mauvaises affaires et passa en Belgique. De retour en France après la révolution de J uillet, il venait d'obtenir sa pension de colonel lorsqu'il mourut. Un lui doit quelques écrits : Lettre de M. Touquet, éditeur de la charte constitutionnelle (1821, in-8°); Pétitions aux deux Chambres sur la censure des journaux (1821, in-8°); Affaire de ('Evangile (1826, in-8°); Défense de /'Evangile (1826, in-S°), etc.

TODQUOA, divinité malfaisante, le principe de tous les maux, chez les Hottentots. Très-redoutée des indigènes, elle est pour eux l'objet de nombreuses offrandes.

TOUR s. m. (tour — latin tornus, mot qui représente le grec tornos, lequel appartient k la même famille que toreuô, tourner, travailler au tour, ciseler, sculpter. Ce dernier est rattaché par Curtius à la racine sanscrite tar, qui signifie proprement traverser et d'où sont venus aussi le grec teirô, tribu, truà, truchà, broyer, percer, le latin tero, même sens, etc.). Teehn. Machine sur laquelle on dispose des pièces auxquelles on imprime un mouvement de rotation, pour les travailler à l'aide de divers instruments : Tour à flèche. Tour en l'air. Tour ovale. Tour à fileter. Tour à graver. Objet fait au tour, il Atelier où l'on a établi un tour : A lier au tour. H Machine qui porte certains outils du lapidaire, et qu'on met en mouvement à l'aide d'une roue, il Appareil de teinturier, servant

TOUR

à teindre des pièces entières, n Table sur laquelle le confiseur et le pâtissier'travaillent leurs pièces au rouleau. Il Rouleau de cirier. Il Machine servant à donner la dernière façon aux chaudrons et aux poêlons. Il Tour à pompe, Tour servant à fileter les vis de bois. Tour de potier, Plateau qui tourne horizontalement et porte k son axe la pièce d'argile à tourner, il Tour d'Espagne, Dévidoir formé de deux pièces de bois plantées clans un billot, entre lesquelles on établit l'écheveau. Il Tour figuré, Tour servant à sculpter, k graver, à guillocher. H Tour à piler. Appareil servant k écraser les pommes à cidre.

— Fam. Fait au tour, Parfaitement bien fait : Une jambe faite au tour. Une femme faite au tour. Votre fille est faite au tour. (Mme de Sévigné.)

De blonds cheveux, la jambe faite au tour.

Voltaire.

Garçons y met qui sortent de l'enfance, Lestes, briUants, enjoués, faits au tour.

Malfilatre.

— Art milit. Petit treuil dont on se servait autrefois pour bander les arbalètes.

— Commun, relig. Armoire cylindrique tournant sur un pivot et enchâssée dans l'épaisseur d'un mur, de façon à dérober dans toutes les positions la vue de l'intérieur : Porter quelque chose au tour.

Les murs sont hauts, antique la touriére, Double la grille et le tour très-petit.

La Fostaine.

Il Dame du tour ou Sœur du tour, Religieuse chargée de la surveillance du tour.

— Administr. Appareil semblable aux tours des couvents, mais établi a la porte d'un hôpital, pour recevoir les enfants nouveaunés dont les mères ne veulent pas se charger, dans une prison et quelques autres établissements pour introduire certains objets sans ouvrir la porte : Le nombre des infanticides n'augmente pas avec la suppression des tours. (J. Simon.) La suppression des TOURS est un attentat à la morale et à l'humanité. (E. Texier.)

— Mar. Dévidoir avec lequel on enroule du bitord ou la ligne du loch.

— Encycl. Teehn. Le tour est le premier et le plus répandu des outils dont l'industrie ait à se servir. D'une simplicité très-grande, facile à établir, cette machine-outil né6 saurait être remplacée par le travail de la main que dans des conditions extrêmement désavantageuses ; les autres machines n'apportent que des perfectionnements dans le travail à effectuer; le tour, au contraire, permet d'exécuter rapidement et avec une précision mathématique des pièces qu'il serait à peu près impossible de façonner à la main.

Le tour est, du reste, appelé k jouer un rôle dans un grand nombre de machines plus complexes; 1 usage qu'on en fait consiste à ramener à des intervalles de temps égaux le même point de la pièce à travailler en présence de l'outil travailleur. On y arrive par la rotation continue dans le même sens ou alternative dans les deux sens de la pièce k façonner.

Les tours horizontaux sont les plus répandus, les tours verticaux sont peu usités. On distingue d'ailleurs les tours en deux grandes espèces : tour&k pointes et tours en 1 air.

Dans les tours k pointes, la pièce est placée entre deux pointes fixes et mise en mouvement par l'action d'une corde animée d'un mouvement continu ou alternatif; dans d'autres tours k pointes, l'une des pointes est reliée k un arbre qui, mis en mouvement par une courroie, communique au moyen d'un taquet son mouvement k la pièce à travailler.

Le tour en l'air diffère du précédent en ce que la pièce est maintenue par un mandrin k l'extrémité d'un arbre soutenu par un collet et une pointe.

Dans le tour k pointes, les pointes sont supportées par des tiges de bois earrées ou poupées, reliées elles-mêmes au moyen de tenons a double arasement à des jumelles en bois parallèles. Les pointes sont ainsi maintenues à environ om,3 au-dessus du banc ; l'une d'elles est le plus souvent complètement fixe ; l'autre, au contraire, est une vis pointue qui peut se déplacer dans la poupée correspondante, du côté de l'autre pointe.

La pièce une fois maintenue, il convient de disposer auprès d'elle un appareil destiné à soutenir l'outil dont on se servira pour travailler. Le support k la chaise et le support k barre sont les plus usités.

Le premier système comprend une semelle, une chaise et une cale. La semelle se fixe sur le banc épais du tour, au moyen d'un boulon qui traverse les jumelles et d'un écrou à oreilles, avec lequel on presse la semelle contre l'établi. La tête du boulon se trouvant noyée dans deux feuillures pratiquées le long d'une ouverture longitudinale qui laisse beaucoup de jeu, on peut desserrer le boulon et déplacer la semelle perpendiculairement k la ligne des pointes; on peut même i'incliner sur cette direction, de telle sorte qu'elle ait relativement k la pièce à travailler une position convenable. La semelle a 0m,03 ou 0m,04 d'épaisseur et varie de'dimension avec l'importance du tour. Sur la semelle est tinèe par un boulon une pièce de bois k pattes horizontales en équerre; c'est la chaise. Le serrage de la chaise contre la semelle est obtenu par

TOUR

la rotation de la chaise autour du boulon et . un calage à clef. Enfin, la cateestune pièce en bois épaisse, reliée a la branche verticale de la chaise par un écrou en T allongé dans le sens vertical, ce qui permet de hausser ou d'abaisser la cale k volonté.

Le support k barre, bien moins commode, se compose d'une planche parallèle à l'axe du tour, munie de deux pieds en équerre qui ^s'engagent à frottement dans des mortaises pratiquées dans les poupées de support des pointes. Pour communiquer k la pièce un mouvement circulaire alternatif, on se sert le plus fréquemment de la courroie à pédale ; cette courroie, fixée k l'extrémité d'une tige de bois élastique, au plafond de l'atelier, fait le tour de la pièce et s'attache à une pédale sur laquelle appuie par intervalle le tourneur. Ce procédé n est pas très-commode, et, pour éviter les vibrations qu'il détermine, il convient de monter la corde sur deux poulies-, l'une directement reliée k la pièce, l'autre rattachée k un moteur quelconque, tel que le pied du tourneur.

Pour monter une pièce sur le tour à pointes, on trace aux extrémités deux cercles de rayons égaux aux rayons définitifs, et on les place de manière que lali^ne des centres ne s'approche assez de la surface de la pièce en aucun point plus que le centre du cercle définitif correspondant. Cela fait, on creuse légèrement les extrémités de la pièce aux centres et on y introduit les pointes du tour enduites d'huile ; le frottement diminue ainsi beaucoup ; on serre assez les pointes pour empêcher la pièce d'avoir du jeu, tout en lui laissant la liberté de tourner..

On dégrossit d'abord k la gouge ; cet instrument, qui' débite le bois rapidement, est incliné successivement k droite et à gauche et placé en contact avec la pièce, un peu audessus de l'axe. On remplace ensuite la gouge

TOUR

par un ciseau dont le tranchant est formé par la réunion de deux biseaux.

Le ciseau est d'un maniement plus délicat, mais il permet d'arriver k une surface trèsrégulière; on peut s'en servir aussi pour tracer des plans perpendiculaires k la surface de révolution.

Dans le tour en l'air, le collet et la pointe supportent un arbre en fer tourné, conique dans la partie placée dans le collet ; pour faire fonctionner le tour, on visse un écrou sur la partie de l'arbre qui suit le collet et on serre l'arbre au moyen d'une vis fixée k la grande poupée; on caie sur l'arbre la bobine k courroie qui la fera tourner, et le tour fonctionne sans qu'il se produise de mouvement latéral ou longitudinal. Les vis sont légèrement desserrées lorsque l'arbre doit avoir un mouvement très-rapide.

On fixe les pièces par une extrémité sur la vis qui termine l'arbre; on cale les outils sur un support k la chaise.

Dans les grandes usines, on n'a pas un appareil spécial pour communiquer k chaque tour son mouvement; le moteur principal de l'usine communique son mouvement à un arbre qui est relié au tour par des courroies et des engrenages; le train de ces engrenages permet de donner au tour une vitesse déterminée, quelle que soit la vitesse de l'arbre moteur.

Les pièces du tour sont en fer et en fonte; on les maintient par des collets ; les tours peuvent être employés k volonté comme tours à pointes ou comme (ours en l'air. Les pièces sont rattachées k l'arbre par des boulons qui traversent les trous d'un plateau circulaire fixé k l'extrémité de cet arbre.

Les tours de toute dimension des ateliers de construction sont établis d'après ces principes. Le tour k pointes simple (fig. 1 et 2)

~vr

Pie i.

tourne avec une grande vitesse et ne peut être employé que pour tourner les petites pièces en bois ou en métal ; il comporte une seule poulie, rarement deux, mais est encore très-imparfait, parce que l'outil est mû. k la main; le support généralement employé est le support k chaise. On a bientôt cherché k

Fis- S.

déplacer foutil au moyen d'un support mobile, de manière k éviter toutes les défectuosités du travail manuel; c'est à l'ingénieur Bramah que l'on doit l'invention du porteoutil ou équipage à chariot, dont l'introduction dans les industries qui utilisent le tour a été un progrès considérable (fig. 3). L'outil

FIg. S.

est maintenu par un porte-outil relié k un chariot qui se déplace sous l'action lente d'une vis de rappel ; ce chariot se ment sur un autre chariot mobile lui-même, mais dans une direction rectangulaire au déplacement du chariot porte-outil; de cette manière, l'outil pent être amené en un point quelconque d'un plan horizontal légèrement surélevé au-dessus de l'axe de la pièce k tourner; on peut attaquer la pièce aussi profondément qu'on le veut au point convenable. Pour tracer un cylindre, on maintient le porte-outil fixe sur le chariot et on fuit déplacer celui-ci parai- "

lèlement k l'axe de la pièce. Telle est la disposition usuelle du tour k pointes et k engrenage. Le porte- outil est souvent, de plus, légèrement mobile autour de deux vis qui le réunissent au chariot, et l'outil peut prendre une direction inclinée, de manière k tracer des lignes obliques sur la pièce. -

Les trous de peu de profondeur peuvent être alésés au moyen d'un tour de cette espèce ; le burin est remplacé par un aléseur, que I on fait avancer au moyen des vis de déplacement.

Parmi les tours de ce genre, il convient do

tour

citer les tours parallèles et a chariot, flans lesquels le déplacement est obtenu le long des flasques d'un banc en fonte au moyen d'un pignon et d'une crémaillère, ou au moyen d'une vis régnant sur toute la longueur deTa pièce à tourner; c'est ce qui a lieu dans le tour à fileter. La poupée mobile est placée sur les flasques, le long desquelles elle se déplace et auxquelles elle peut être fixée par des boulons. On emploie souvent des bancs à rebords cylindriques,' qui ont sur les flasques planes l'avantage de pouvoir être façonnés au four.

Les plus compliqués de ces instruments, qui peuvent alors servir à plusieurs usages, sont les tours Fox. Les tours Nasmith sont à table en fonte munie de vis de' serrage et à arbre susceptible d'être déplacé graduellement dans le plan vertical au moyen d'une roue remplissant la fonction d'écrou; d'autres

TOUR

tours du même inventeur, mais de plus grande dimension, munis de grandes vis de serrage et de plateaux circulaires, permettent de dresser les roues d'engrenage, ou de fendre et tailler les têtes d'écrou, ou d'aléser les pièces principales.

D'autres systèmes de tours très-importants, mais sans cesse modifiés et perfectionnés, ont été inventés par Taillemard , Gaskell , Lewis, de Beaucourt. Bien que les usages auxquels ils aient été destinés diffèrent, ils rentrent tous dans le type général des tours à pointes à porte-outils mobiles.

Une amélioration importante a permis de rendre le fonctionnement de l'appareil complètement automatique ; il suftit de fixer sur la tête de la vis du chariot une roue dentée, dont chaque dent est successivement accrochée par une came en crochet fixée sur la pointe mobile ; dans ce système, à chaque

TOUR

tour de la pièce, le ehariot et par conséquent l'outil se déplacent d'une quantité aussi faible qu'on le veut et dépendant uniquement du pas de la vis du chariot et du nombre de dents que porte la roue dentée.

Pour tourner une pièce non cylindrique, on rend la direction du chariot inclinée sur l'axe de la pièce, en faisant tourner le banc dans son plan ; on peut alors tourner une pièce conique ou même une base plane à l'une des extrémités de la pièce, en plaçant le chariot dans te prolongement de l'axe et déplaçant le porte-outil dans le sens perpendiculaire.

Un léger changement dans les dispositions générales de l'instrument permet de le transformer en tour a, fileter. On cale concentriquement & la tige de la pièce à fileter une roue dentée qui engrène avec une roue dentée formant la tète de la vis motrice du chariot (fig. 4) ; l'arbre tournant d'un tour, la vis

TOUR

tourne d|une fraction de pas déterminée par la raison de l'engrenage des deux roues dentées. Si m est le nombre de dents de la roue d'arbre, n celui de la roue de la vis, h le pas de cette dernière, a l'avance de l'outil à chaque tour ou le pas de la vis filetée sur la pièce, on aura

Les tours ainsi construits ont l'inconvénient de vibrations répétées st de chocs dus au contact de l'outil sur la pièce, qui offre en ses divers points des résistances inégales, et aux petites variations de vitesse de l'arbre ; ce sont la des causes d'affaiblissement de l'instrument qui' peuvent faire fléchir les diverses pièces de la machine.

C'est surtout dans le tournage des roues de wagons et de locomotives que les effets dus à ces variations et ces frottements sont importants. Les roues d'un même essieu étant reliées entre elles par cette pièce, qui présente une résistance relativement faible à la tension, il convenait de faire marcher simultanément les plateaux du tour qui conduisent les roues. Pendant longtemps, un arbre de la longueur du banc, et commandé à une de ses extrémités, était employé à conduire le mouvement des pièces; l'effort de torsion auquel il était soumis était ainsi très-sensible et le travail était d'un rendement trèsfaible; les pièces étaient imparfaites.

Polonceau a construit un tour en fonte, avec poupées faisant partie du banc, et il a placé les porte-outiis, au nombre de quatre, sur ce banc ; l'instrument acquiert de cette manière une plus grande stabilité, et pendant que l'un des outils façonne la jante de l'une clés roues, un outil opposé fait le boudin de la même roiie ; il en est de même pour l'autre roue que travaillent deux, autres outils.

L'arbre est commandé par son milieu et communique son mouvement aux poupées par une transmission qui permet de donner à l'arbre une grande vitesse tout en diminuant ses vibrations et l'effort de torsion qui est sensiblement détruit parce qu'il est de même sens aux deux extrémités de l'arbre.

C'est encore dans le but de diminuer les vibrations que M. Fairbairn a construit l'ap- > pareil automatique à double effet; dans ce tour, deux outils agissent dans deux directions diamétralement opposées et neutralisent ainsi l'action âà torsion que chacun d'eux aurait sur l'arbre ou de flexion qui nuirait a l'outil. Le tour, très-fréquemment employé dans l'industrie, joue un rôle fondamental d*ns les machines à percer, à tailler les dents, à tarauder, à fileter, à guillocher, dans les rabots mécaniques, dans Tes machines à mortaiser ou à aléser, et chaque industrie possède des tours spéciaux, qui varient suivant les diverses pièces à travailler.

— Admin. Tour d'hospice. Les tours des hospices étaient des cylindres en bois, convexes d'un côté et concaves de l'autre, et qui tournaient sur eux-mêmes avec une grande facilité. La partie convexe du tour faisait face a la rue, tandis que l'autre s'ouvrait dans l'intérieur d'un appartement. Auprès du tour, et à l'extérieur, se trouvait placée une sonnette. La femme qui voulait exposer un enfant nouveau-né agitait la sonnette pour avertir la personne de garde ; aussitôt le cylindre décrivait un demi-cercle, présentait au dehors son côté concave, recevait l'enfant, et puis, achevant son évolu-

tion, l'apportait dans l'intérieur de l'hospice. De cette manière, la femme qui exposait l'enfant n'était vue d'aucune personne de l'établissement. Le tour était aussi quelquefois formé au moyen d'une petite fenêtre percée dans le mur de l'hospice , garnie de deux portes, l'une extérieure, l'autre intérieure ; entre ces deux portes, dans l'épaisseur du mur, se trouvait un petit berceau; et, dès. qu'une personne qui déposait un enfant ouvrait la porte extérieure, le mouvement même qu'elle lui donnait agitait une sonnette dont le -bruit faisait immédiatement venir une surveillante.

Aux termes de l'article 3 du décret du 19 janvier 1811, il devait y avoir," dans chaque hospice destiné à recevoir les enfants trouvés, un four où ils pussent être déposés. D'après l'article 22, l'administration devait déterminer le nombre des 'hospices où les enfants trouvés seraient admis. Cinq départements refusèrent d'établir des tours dans leurs hospices d'enfants trouvés ; c'étaient les départements du Doubs, de la Meurthe, de Seine-et-Oise, du Haut-Rhin et du Bas- Rhin. En revanche, 81 départements ouvrirent 259 tours.

Ce, fut alors que le nombre toujours croissant des enfants trouvés commença à fixer l'attention des économistes et de l'administration. On pensa que les causes qui contribuaient plus spécialement à cet accroissement étaient la multiplicité de*s hospices dépositaires et la facilité donnée aux mères de se débarrasser de leurs enfants en les plaçant dans les tours. Les enquêtes qui eurent lieu apprirent même que certaines mères y exposaient leurs enfants dans l'espoir de se les faire remettre ensuite avec le salaire payé aux nourrices, et que l'usage du tour donnait ainsi naissance à une spéculation immorale et en même temps onéreuse pour les administrations hospitalières.

S'appuyant sur ces considérations, divers conseils généraux demandèrent la réduction du nombre des hospices dépositaires et du nombre des fours; quelques-uns même votèrent la suppression des tours ; de 1830 à 1841, 213 tours furent fermés dans 50 départements, qui en conservèrent encore 65.

Ces mesures furent regardées comme inhumaines par certains hommes éminents, qui firent entendre les plaintes les plus vives; parmi eux se trouvait M. de Lamartine, qui prononça à ce sujet, eu 1838, un discours devant la Société de ia morale chrétienne. Suivant eux, la suppression des tours constituait d'abord une illégalité; ensuite, elle conduisait inévitablement à 1 infanticide.

Elle était une illégalité , car elle violait l'article 3 du décret du 19 janvier 1811, en vertu duquel tous les hospices dépositaires d'enfants trouvés devaient être munis d'un tour, A cette objection, on répondait que le ministre de l'intérieur, qui avait fixé dans chaque département le nombre des hospices dépositaires, pouvait le réduire sur la demande des localités intéressées ; qu'en effet, d'une part, le ministre pouvait toujours revenir sur ses résolutions administratives ; et que, d'autre part, l'article 4 du décret de 1811 n'exigeait pas qu'il y eût un hospice dépositaire dans chaque arrondissement ; il voulait seulement qu'il n'y en eut qu'un au plus. La réduction du nombre des hospices dépositaires a naturellementamené la fermeture des tours qui s'y trouvaient. Cette conséquence était parfaitement légale, puisque, d'après le décret de 1811, il ne de-

vait y avoir de tour que dans les hospices destinés à recevoir des enfants trouvés.

La suppression des tours, ajoutaient certains économistes, conduisait inévitablement à l'infanticide. Loin de s'être accru par cette mesure, répondait l'administration, le nombre des infanticides présentait depuis une diminution sensible. Dans son ouvrage De la bienfaisance publique, M. de Gérando annonçait que, sur 8 départements dans lesquels les tours avaient entièrement disparu, 5 avaient vu diminuer les accusations d'infanticide; qu'un seul les avait vues augmenter; que, sur 24 dans lesquels on en avait réduit le nombre, 13 avaient vu diminuer les accusations d'infanticide, et que 9 seulement les avaient vues croître.

De son côté, le ministre de l'intérieur, désirant avoir des renseignements plus complets auprès des autorités locales, adressa aux préfets, le 27 juillet 1838, une circulaire dans laquelle il leur posait les questions suivantes :

t io Que! a été le terme moyen des expositions pendant l'année qui a précédé la clôture des dépôts et pendant l'année qui l'a suivie?

» 2° Quel a été, pour ces deux époques, le nombre des infanticides constatés?

» 3° Quel a été, pour ces deux époques, le nombre des abandons en des lieux solitaires?

» 4° Quelle impression morale est résultée de cette mesure dans la population? »

Il résulterait des documents fournis par les départements : 1° que le nombre des infanticides dans l'année qui précéda la mesure avait été de 102 ; qu'il fut, l'année suivante, de 66 seulement ; 2" que , dans l'année qui précéda la mesure, le nombre des expositions dans les lieux solitaires avait été de 296, et qu'il ne fut que de 173 dans l'année quj la suivit ; 3° que , dans l'année qui précéda la mesure, le nombre total des expositions d'enfants avait été de 13,141, et que, dans celle qui la suivit, il ne fut que de

En même temps, plusieurs auteurs soutenaient que le tour favorisait les abandons et n'empêchait pas l'infanticide. V. J.-B. Suy, Economie politique; M. de Goùroff, Recherches sur les enfants trouvés; l'abbé Gaillard, Recherches statistiques sur les enfants trouves; Terme et Monfnlcon, Histoire statistique et morale des enfants trouvés; M. Remacle. Des hospices d'enfants trouvés; M. Ducpétiaux, Des modifications à introduire dans la législation relative aux enfants trouvés, en Belgique ; M. de Bondy, Mémoires sur les enfants trouvés, etc.

L'Angleterre n'a point de tours; la moyenne des accusations d'infanticide n'y est, dans un intervalle de vingt années, que d'une par million d'habitants; tandis que la moyenne est d'une sur 287,000 habitants dans l'Irlande, qui possède des fours. Mayence n'avait pas de tour avant 1811 ; depuis 1789 jusqu'à cette époque, on n'y avait expo*>é que trente enfants. Napoléon y fit établir un tour le 7 novembre 1811; 516 enfants furent reçus par l'hospice en trois ans et quatre mois. Le tour fut fermé en mars 1815, et, dans les neuf années suivantes, le nombre des expositions ne fut que de 7.

D'autres mesures furent encore proposées par les conseils généraux pour arrêter l'accroissement du nombre des enfants trouvés. •Certains demandèrent des lois de répression contre les personnes qui faisaient métier

d'exposer dans les fours, et surtout contre lessages-femmes qui convertissaientleur maison en auberge d'accouchement et portaient les enfants au four, moyennant salaire. D'autres voulaient que les fours fussent surveillés afin qu'il fût possible de connaître l'origine et la qualité des enfants et de savoir s'ils avaient réellement droit à la charité publique. D'autres encore demandaient que les administrations hospitalières s'occupassent incessamment de la recherche des mères, et qu'une action leur fût ouverte pour obliger celles-ci a reconnaître leurs enfants et à les reprendre. Enfin, il en était qui allaient jusqu'à conclure à la recherche de la paternité.

Conformément aux vœux des conseils généraux , l'administration chercha donc d'abord à diminuer d» jour en jour le nombre des tours; ainsi, elle n'opéra point immédiatement cette diminution en prenant une mesure universelle. Elle commença d'abord à exiger la surveillance des tours , et à en rendre, par conséquent, l'usage plus difficile. A Paris, en 1837, le four était fermé pendant le jour, et les enfants n'étaient reçus qu'après l'accomplissement de certaines formalités ; mais il restait ouvert pendant la nuit, et les enfants y étaient encore déposés ; en 1840, il reçut 550 enfants. Cette surveillance des tours les rendait inutiles ; car la mère qui voulait y déposer l'enfant, étant obligée de donner son nom , de faire connaître ses moyens d'existence, préférait l'exposer dans un lieu abandonné. C'est ainsi que, peu à peu, l'usage des tours tomba en désuétude. Il n'en existe plus un seul aujourd'hui.

L'administration n'avait pas cependant pris une décision irrévocable, car, en M61, il fut procédé à une jenquête générale au sujet du rétablissement des four*.

, Pendant ce temps, une commission du Sénat délibérait sur une pétition de M. Valéry [Mémoire sur le rétablissement des tours, et pétitions au Sénat) relative au même objet, et elle formulait ses conclusions pur l'organe de M. Goulhot de Saint-Germain. Cet orateur énuméra d'abord les pétitions déjà faites par divers citoyens pour le rétablissement des tours, notamment par le Père Brumault en 1859, l'abbé Roquet en 1860, le3 sieurs Metge et Logerotte en 1861. M. Goulhot de Saint-Germain reconnaissait à ce sujet deux systèmes contraires , tous deux s'étayant d arguments diamétralement opposés en vue d'un intérêt humanitaire unique. Les partisans du rétablissement des fours y trouvent, pour la fille-mère, une facilité pour le repentir ; la religion, la famille et l'ordre public y ont tout avantage ; les partisans de la suppression des tours soutiennent que le secret des tours est de nature à couvrir la faute, partant a en encourager le renouvellement. De là, péril pour les grands principes de l'ordre social ; et puis perte de l'exemple de beaux dévouements maternels, des expia tions Saintes et chrétiennes d'une erreur première, qui peut devenir d'autant plus excusable qu'elle aura été plus dignement expiée.

M. Goulhot de Saint-Germain, après avoir, dans son remarquable rapport, exposé tous les arguments utiles tirés du préjugé moral des populations, des justes exigences des principes sociaux, enfin de la statistique, concluait au rétablissement des tours, mais sous d'indispensables réserves; il présumait que la loi et la bienfaisance publique viendraient ultérieurement en aide à cette création d'ordre humanitaire et social, en réalisant ce que les assemblées délibérantes auraient voté.

Pour nous, nous ne croyons pas que la solution d'une telle question soit du domaine de l'Etat; nous la reléguons parmi les mesures de prévoyance locale, de protection paternelle de la commune, de simple réglementation économique et administrative. Toutefois, une particularité, celle du crime d'infanticide, qui se renouvelle assez fréquemment, donnerait pour le moment au rétablissement des tours le caractère d'une sorte d'intérêt d'Etat.

Nous croyons d'ailleurs fermement que lo crime d'infanticide, ce suprême argument que les philanthropes invoquent à ce sujet, diminuera en raison du degré de civilisation, des conditions de bien-être et de lumière qui favoriseront les populations.

En attendant, nous ne saurions trop appeler l'attention des administrations hospitalières sur l'enfant trouvé, ce pauvre déshérité du déVnier ordre.

TOUR s. m. (tour — subst. verbal du v. tourner). Mouvement circulaire complet : La terre fait un TOOR en vingt-quatre heures. Cette roue fait cinq cents Tonus à la minute. Il fit un tour sur lui-même.

— Mouvement en ligne courbe : Le fleuve fait là un grand tour. Il se jette' à la mer, après mille tours et détours. Au lieu d'aller droit, il fit un grand TOUR.

— Action de parcourir, d'envelopper dans sa marche ou de suivre de près la périphérie d'un objet : Faire le tour de sa maison, le tour de son jardin, le tour de sa chambre. La terre fait le tour du soleil. Il est des Etats dont on peut faire le tour en une demiheure. (Volt.) J'ai fait le tour entier du globe. (J.-J. Rouss.) Lesidées font lerovndu monde, (Rivarol.) Je dirais presque qut le globe est trop petit pour l'homme, depuis qu'il en a fait

TOUR

le tour. (Chateaub.) Il a été dit que la Révolution ferait Je tour du monde. (Proudh.) De ces parvis eacréE deux fois j'ai fait le tour.

Racine.

Db tan château pour nous fais et refais le tour.

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