‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 275 sur 1042 · DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

DE TOULOUSE

Près de l'observatoire, sur la colline qui domine la gare du chemin de fer et d'où l'on découvre une belle vue, se dresse un obélisque destinéà rappeler labataille du îoavril

Nous avons dit plus haut que Toulouse renferme un grand nombre de monuments intéressants; en voici la description :

La cathédrale de Saint-Etienne, fondée, suivant la légende, au me siècle, se compose de plusieurs parties, non-seulement distinctes par leur architecture, mais ne se reliant pas même entre elles. Les parties les plus dignes d'attention sont la galerie percée à jour et l'immense rosace qui surmontent le portail; le clocher, disgracieux, mais très-élevé, qui contenait autrefois la grande cloche Cardailhac, transformée pendant la Révolution en monnaie debillon, et le chœur, autour duquel régnent dix-sept chapelles décorées à la moderne.

L'église romane de Saint-Saturnin ou de Saint-Seroin, la plus belle de Toulouse, sans

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contredit, est ainsi nommée d'un marfyr chrétien qui fut attaché par les pieds à un taureau sauvage. Bien qu'elle paraisse construite d'un seul jet, trois époques différentes ont contribué à son érection. Nous empruntons la description suivante à l'excellent ItU néraire des Pyrénées de M. Ad. Joanne : < Les parties les plus anciennes, qui sont le chœur et les transsepts, ne peuvent pas remonter au delà du xiie siècle. Au xive siècle, on continua la façade, qui est demeurée inachevée jusqu'à nos jours, puis on éleva les deux derniers étages de la tour centrale et la flèche qui la surmonte. Dans le XVIe siècle, on termina la galerie de la nef. A l'extérieur, la partie la plus intéressante de Saint-Sernin est l'abside, flanquée de ses cinq chapelles. La chapelle du milieu est éclairée par cinq fenêtres; les autres n'en ont que trois. A droite et à. gauche en avant de l'abside s'étendent les deux parties du transsept, flanquées chacune de deux chapelles construites sur le même plan. L'abside elle-même forme comme un soubassement au-dessus duquel s'élève le chevet de, l'édifice, percé de gracieuses fenêtres. Toutes ces constructions semblent s'iippuyer mutuellement pour servir de base à la tour, qui s'élève au point de jonction des bras de la croix. De cet ensemble résulte, comme l'a dit M. Mérimée, une disposition pyramidale des plus heureuses, qui frappe de loin le spectateur.

• On peut entrer dans l'église, soit par la porte de la façade située à l'occident, soit par la porte du S. (la porte Miégeville), située en face de la rue du Four et précédée d'un charmant portail isolé, malheureusement mutilé, que Nicolas Bachelier construisitdans te style de la Renaissance; soit par la porte des Comtes , qui s'ouvre à l'extrémité du transsept droit, en face de la rue Bellegarde. A droite et à gauche de la grande nef, haute de 21 mètres, s'étendent deux nefs latérales, dont les deux premières ont plus de 9 mètres, et les deux autres plus de 7 mètres de hauteur. Les deux nefs sont nues et n'ont pas de chapelles.

» L'axe de l'édifice a quatre déviations, peu apparentes à l'œil et que des mesures prises avec le plus grand soin ont pu seules faire découvrir; sa longueur totale est de 109 mètres. Chaque transsept a 22^,04 de longueur à partir du centre du clocher, sur 801,60 de largeur. L'une des chapelles du transsept du midi (droite) renferme un Christ byzantin très-remarquable. Dans lu transsept du nord s'ouvre la chapelle où le cadavre du maréchal de Montmorency fut déposé après son exécution, en 1632. Le chœur n'offre rien de bien curieux; on y remarque seulement la dernière stalle haute à gauche, représentant un porc assis dans une chaire; on lit à côté : Calvin le Porc, P t (prêchant).

1 Le pourtour de 1 abside, nommé par le peuple le Tour des corps saints, est l'objet d'une vénération particulière, à cause des reliques qu'il contient. A gauche, devant la chapelle de Saint-Georges, est suspendu un ex-voto solennel, consacré à l'apô.re de Toulouse et aux reliques des saints de la basilique, pour demander à Dieu la cessation de la peste qui décima la ville en 1520. Il consiste en une représentation en bois et en relief de la basilique de Saint-Sernin, entourée de son mur d'enceinte, défendue par ses tours et son artillerie. La flèche élancée de l'église domine l'enceinte et l'édifice, où conduisent huit portes protégées par des créneaux. On remarque, bk peu de distance de la basilique, l'ancien donjon de la ville qui faisait partie du Capitole; il était flanqué de quatre tourelles q li ont été démolies de nos jouis, et ■surmotitéd'une Renoniméeen bronze, ouvrage attribué aux élèves de Bachelier ; elle a été transportée sur la colonne de la place Du-

puy-

» Vis-à-vis de la chapelle du Saint-Esprit, en dehors et à lu hauteur des balustres du baldaquin, les amateurs remarqueront une belle Sainte Famille attribuée au Corrége, et très-mal placée, qui ornait autrefois la galerie du comte Dubarry. N'oublions pas de mentionner enfin, avant de descendre dans les cryptes, les curieux bas-reliefs incrustés dans le mur du sanctuaire et qui, selon les auteurs de la monographie de Saint-Saturnin, ont peut-êlre appartenu au cycle carlovingien. Les cryptes de Saint-Sernin contenaient autrefois un très-grand nombre de reliques, apôtres, confesseurs, docteurs, vierges, etc. Mais, en 1794, toutes les châsses d'or et d'argent qui renfermaient les corps saints furent enlevées; les reliques furent conservées, diton, par le P. Hubert, curé constitutionnel de Saint-Sernin. Privées de leurs anciennes richesses, mutilées d'abord, puis recouvertes d'une couche de plâtre" et de chaux, les cryptes restèrent longtemps dans le plus triste état d'abandon et de ruine. Elles ont été restaurées sous la direction de M. Mége. Le sacristain chargé de les montrer aux étrangers signale surtout à l'attention des visiteurs la châsse qui contient le chef de saint Thomas d'Aquin, et qui a été transfér e solennellement le 18 juillet 1852 a la chapelle du Saint-Esprit. Deux grandes tables de marbre blanc incrustées dans les murs des deux escaliers portent deux longues inscriptions qui énumerent, à la suite d'un précis historique, toutes les reliques conservées à Saint-Sernin, et constatent que ceux qui visitent les sept principaux autels de cette

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église abbatiale obtiennent des indulgences pareilles à celtes que l'on acquiert devant les sept autels de l'église de Saint-Pierre de Rome. M. de C&nmonl {Bulletin monumental, t. XVIII, p. 489) signale dans les reliques conservées k la sacristie deux magnifiques chapes, l'une du xiae siècle, d'une richesse extraordinaire, et l'autre plus amienne.

» La hauteur totale du clocher, prise du dallage de l'église et sans y comprendre le pyrainidion,labouleetla croix, est de 63m,72. De la galerie, on découvre un immense panorama sur Toulouse, les plaines et les collines du Languedoc, et toute la chaîne des Pyrénées. »

L'église des Jacobins, transformée depuis la Révolution en caserne d'artillerie, est divisée en deux nefs par une rangée de longues colonnes. Sur le flanc N. de l'éditice s'élève un beau clocher qui ne communique avec la nef que par une arcade et qui date de 1294. Toute sa construction est de brique, sauf les bandeaux, les gargouilles, les chapiteaux, les pinacles, qui sont en pierre, et les colonnettes de la balustrade supérieure, qui sont en marbre.

L'église des Cordeliers, qui sert de magasin a fourrage, se compose d'une grande nef ogivale flanquée de dix-huit chapelles.

La Daurade {dorée), bâtie en 1746, d'après' le plan de l'architecte Hardi, a remplacé une église construite^ dit-on, sur les ruines d'un temple d'Apollon. On y remarquedes tableaux de M. Roques; la statue de Notre-Dame-lu - Noire, qu on invoquait et qu'on portait, en procession dans les temps de calamités, et le monument du poète Godolin. D'après une tradition contestée, Clémence Isaure aurait été ensevelie dans la même église.

La Dalbade [dealbata , blanche), ainsi nommée des suules ou aubiers qui ombrageaient autrefois la rive du fleuve sur laquelle elle est bâtie, est un édifice du xve siècle, dont l'intérieur se compose d'une nef extrêmement hardie. Le portail, oeuvre de Nicolas Bachelier, est un des meilleurs morceaux de la Renaissance.

' L'église du Taur, en dépit de l'antique légende qui s'y rattache et qui u trait au martyre de saint Saturnin, est un monument du xve siècle, bâti sans doute sur l'emplacement de la première chapelle du même nom.

L'église Saint-Pierre possède un beau tombeau uyzantin et un autre orné de remarquables statues par François Lucas, artiste toulousain.

Le Capitole (Capilolum ou caput Talus), hôtel de ville de Toulouse, forme l'un des côtés de la place qui porte son nom; c'est un grand éditice d'une valeur architecturale bien inférieure k sa réputation; il u été construit de 1750 à 1760 par Caumas, dans le style ionique.. Huit colonnes de marbre incarnat supportent un fronton triangulaire dont le tympan a èié consacré depuis un siècle k tous les souverains qui ont régné sur la France. Au fond de la première cour, où Montmorency eut la tête tranchée en 1632, Se trouve une belle porte construite par Bachelier ; au delà de cette porte, un grand escalier, qui s'ouvre sur la gauche, monte à la salle des pas perdus, où Sont exposés quatre tableaux rappelant des épisodes de l'histoire de Toulouse. La plus belle salle, dite Salle des illustres, est ainsi nommée parce qu'elle renferme les bustes de quarante-trois des plus illustres Languedociens. On y remarque ceux du peintre Antoine Rivalz. du puBie Campistron, du compositeur Dalayrac, de Paul Riquet, de Pierre de Fermât, célèbre géomètre ; du pofile Qoudolin, du jurisconsulte Cujas, du.savnnt bénédictin dora Vaissette, etc. A gauche de cette salle s'ouvre la salle de Clémence Isaure, où l'Académie des Jeux floraux tient ses séances ; on y voit la statue en marbre blanc de la fondatrice. La salle des archives possède le glaive, prétendu authentique, qui trancha la têLe de, Henri de Montmorency.

Le palais de justicej ancien palais du parlement de Toulouse, occupe l'emplacement de l'ancien château Narbonnais dont on voit encore un pan de mur. On y remarque trois salles curieuses, dont les plafonds sont ornés de sculptures. La place qui s'étend devant la façade principale est ornée de lu statue de Cujas.

• Le Musée, un des plus riches de la province, occupe, dit M. Adolphe Joanne, les restes d'un couvent d'augustins, monument du x,v« siècle, très-remarquable. Le petit cloître ou galerie de la Renaissance , construit au xvie siècle, sur. les dessins d'Ambroise Krédeau, est orné de bas-reliefs de ce moine. Une gracieuse fontaine en décore le milieu, et un monument en marbre y a été élevé à la mémoire du peintre Gros, originaire de Toulouse. Une porte élégante, style Renaissance, conduit du petit cloître dans le grand, dont les longues galeries (xrv* siècle) encadrent un joli jardin où reposent les derniers moines augustins. Un cloi/her de brique (xive siècle) domine ce cloître, où sont réunies de nombreuses antiquités, collection, la plus riche de France, d'objets trouvés dans les cavernes de l'âge de pierre ; autels votifs dédiés aux divinités topiques des Pyrénées; .série, sans rivale en France, de 40 têtes impt laies en marbre, trouvées dans les fouilles de Calagorris, près de Martres; charmante tête de Venus, en marbre blanc, trouvée à Manres ; curieuses mosaïques a personnages ; dalles sépulcrales ; statues tombales du moyen

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âge ; moulages du cloître de Moissac, etc. Dans les salles du premier étage sont disposés des centaines de vases peints, des bustes, des figurines, statuettes, armes, instruments de diverses civilisations antiques, papyrus, bijoux, peintures tirées de Pompéi, croix, émaux, sculptures sur albâtre et sutbois, sceaux, médaillons, etc. Les antiquités du musée comprennent 9,000 objets ; le médaillier renferme 4,247 pièces.

■ La salle des plâtres, à laquelle donne entrée l'ancien portail restauré du chapitre de Saint-Eiienne, occupe l'emplacement de l'ancienne chapelle de Notre-Dame-de-la-Pitié, belle construction à deux nefs. On y voit une collection de figures moulées sur l'antique. » Un% escalier hardi conduit au musée de peinture, dont la salle principale occupe l'ancienne église des Augustins. Ce musée comprend près de 500 toiles. L'école italienne y est représentée par le Bassano, Caravage, Annibal Carruche, le Guerchin, Guido Reni, le Pérugin, Raphaël, Salvator Rosa. Murillo (Létjende de saint Diego) est le seul maître espagnol méritant mention. Bloemen, Breughcl de Velours, Philippe de Champagne , Crayer, Van Dyek, .lordaBus, Karel Dujardin , Van der Meulen, Rubens, Ruisdael, G. Seghers, Wouwermans sont les principaux repréNentanls des écoles flamande, allemande et hollandaise. Pour l'école française, nous citerons : Coignet. Eug. Delacroix, le baron Gérard, Gérôme, Glaize, Gros, Ch. I.afosse, Lagrenée, Lurgillière, Natoire, Oudry, Poussin, Restout, Rigaud, Roques, J. Stella, Tournier, de Troy et Valenttn.

■ Le musée ethnographique, dû en grande partie à M. de Roquemaurel, capitaine de vaisseau, renferme un grand nombre d'objets chinois. »

La bibliothèque publique, formée en partie de la bibliothèque de Saint-Etienne ou du Clergé, en partie de la collection de Lefranc de Pompignan, possède plus de 60,000 volumes et 700 manuscrits. On y remarque des éditions du xv<s siècle et du commencement du xvie et des volumes rares.

Toulouse possède un grand nombre d'hôtels et de maisons, dont plusieurs classes parmi les monuments historiques : l'hôtel d'Assezat, situé au carrefour que forment les rues du Pont-Neuf, des Marchands, de la Bourse, de l'Eoharpe et des Paradoux, est un beau monument du xvie siècle, malheureusement mutilé et dégradé. La porte aperdu ses clochetons et ses tourelles; mais elle a conservé un beau fronton. Deux corps de bâtiments qui entourent la tour Carrée présentent trois sortes de colonnes superposées : ionique orné au rez-de-chaussée, toscan au premier étage et corinthien au deuxième étage. A leur point de jonction s'élève en demi-saillie la tour de l'Escalier, terminée

fiar une flèche et un clocheton, décorée dans e même style. La porte est ornée de colonnes torses qui servent d'appui à un cartouche sur lequel on lit le millésime 1555 ; les battants a compartiments sont consolidés par des clous k tète fieurormée. Si l'on doit en croire la tradition, cet hôtel aurait été construit d'après les dessins du Primatice.

La Maison de pierre, œuvre du xvuo siècle, a été construite avec les pierres provenant d'un ancien temple païen , consacré probablement à Pallas. Sa façade a été complètement restaurée. Elle présente un portail formé de deux portes séparées l'une de l'autre par une élégante colonne et encadrées de chaque côté par deux colonnes accouplées. Huit, massives colonnes cannelées, à demi engagées dans la muraille, décorées de bas-reliefs à mi-hauteur et séparées par des fenêtres élégantes, complètent la façade. L'intérieur, plus orné et mieux fini, n'a ni la même lourdeur ni la même originalité.

L'hôtel Lasbordes ou de Fleyres est une construction Renaissance, œuvre de Bachelier et peut-être sa meilleure. On remarque surtout les fines sculptures de la cour- Chaque croisée est accolée de deux statues d'une vu; merveilleuse; l'ensemble est des plus harmonieux. »

L'hôtel Catelan, actuellement hôtel Felzins, construit, dit-on, par Bachelier, présente un portail en forme d'arc à plein cintre, flanqué de quatre colonnes corinthiennes cannelées soutenant un entablement et une frise à bossages en marbre de couleur. A droite et à gauche sontdeux magnifiques termes. On remarque k l'intérieur une très-belle cheminée attribuée k Jean Goujon. On l'appelle cheminée d'Hercule à cause de l'inscription : Hercules Gallicus, qu'on lit dans un cartouche.

L'hôtel Bermiy, qui forme aujourd'hui une dépendance du lycée, est une 'construction du xv° siècle, récemment restaurée. 11 est à regretter qu'on ait mutilé la cour, qui était très-belle.

L'hôtel Duranti est une élégante construction du xv" siècle.

Parmi les autres édifiées civils de Toulouse, nous nous bornerons à signaler : la préfecture, la Bourse, la Banque, la Douane, les prisons, l'hôtel-Dieu, qui renferme dans son enceinte de vastes jardins etcontient560lits : l'hospice de Saint-Joseph-de-la-Grave, qui renferme 1,432 lits et dont la chapelle est couronnée d'un dôme; l'Arsenal, établi dans l'ancienne clôture des Chartreux et dans lequel est conservée la cage de fer qui servait, au moyen âge, à plonger dans la ri-

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vière les blasphémateurs et les femmes de mauvaise vie; la poudrerie, située dans une lie à 2 kilom. de la ville; le jardin des plantes ; le Boulingrin ou Grand-Rond, jardin anglais circulaire; le jardin Royal, etc.

Toulouse possédait avant la Révolution un grand nombre de couvents; leur chiffre s'élevait k quarante environ , tant couvents d'hommes que de femmes. La Révolution en a transformé les bâtiments en casernes, hôpitaux, magasins de fourrage, etc. Quelquesuns ont été abattus, et des rues et des places ouvertes sur leur emplacement. La ville a gagné en aération, et d'importantes voies de communication nouvelles sont en cours d'exécution ou à l'état de projet.

Outre les célébrités mentionnées au cours de cet article, Toulouse e^t encore la patrie de Pibrac, l'auteur des Quatrains; des jurisconsultes Jacques de Perrière, La Faille, Boutaric, Simon d'Olive, Muran, Doujat et Catellan ; des chanceliers de France Bertrand et Dubourg; des ministres Bertrand d<; Molleville, de Villèle et de Monibel ; des savants La Loubère, Mariotte , Toureil; du poète Baour-Loimian; des rimeurs languedociens Maynard, Jeanne de Montégut, Marie de Calages, Palaprat et Cailhava; de Casimir de Puymaurin, écrivain et homme politique; d'Antoine Paulo et Roger de Pins, grands maîtres de Malte ; du général Dupuy, tué dans la campagne d'Egypte, etc.

— Histoire. Toulouse a une origine des plus anciennes. Sa fondation passe pour être antérieure à celle de Rome. A l'époque de la conquête romaine, les Tolosnti ou Tolasmises qui y étaient établis reçurent de leurs vainqueurs le nom ou plutôt le surnom de Teclosayes, par allusion au sayon (sagum) qui était leur costume ordinaire. Quant an nom de Tolosates qu'ils prenaient eux-mêmes, son étymologie, souvent débattue, est encore incertaine. Longtemps avant la conquête, cette nation avait joué un rôle important dans l'histoire; 5G4 ans av. J.-C, elle ligure parmi les peuples celtiques que Bellovèse conduisit en Italie. Deux cents ans plus tard, les Tolosates suivirent le fameux chef gaulois improprement connu sous le nom de Brennus dans son expédition contre Rom-. De Rome, ils se ruèrent sur la Macédoine et la Grèce, où, suivant Justin, ils pillèrent le temple de Delphes; le même historien ajoute k ce souvenr un détail légendaire qui n'est pas sans importance. Poursuivis par la colère d'Apollon, les Tolosates virent la peste se répandre parmi eux et la rapportèrent dans leur ville; le dieu outragé, imploré par eux, leur ordonna alors de jeter dans le lac voisin l'or et l'argent fruit de leur sacrilège, ce qu'ils firent en effet. Plus tard, ajoute encore Justin, renforcé du témoignage d'Aulu-Gelle, lorsque les Romains eurent soumis les Tolosates, le consul Cépion, qui n'ignorait pas la légende, fit fouiller le lac en question et en retira un véritable trésor que Justin évalue à 100 000 livres d'or et 150,000 livres d'argent. Strabon, qui mentionne aussi le fait, porte ce chiffre à 15, 000 talents, ce qui correspondrait à 85,500,000 fr. de notre monnaie et parait, par suite, difficile k admettre. La consul s'appliqua personnellement la plu3 grande partie de cette somme; mais il n'en profita pas longtemps : un an plus tard, vaincu avec son collègue Mantius sur les bords du Rhône par les Kymris, il perdit la vie dans la bataille, une des plus sanglantes de l'histoire; 120,000 hommes y -furent exterminés. Le malheur du consul fut attribué par les Romains a son sacrilège cupide et de là naquit un proverbe ; on dit longtemps de quelqu un : « Habet aurum tolosanum, U a de l'or toulousain, » pour signifier : « Il est poursuivi par la fatalité, « Murius vengea, comme on le sait, d'une manière éclatante, la défaite de Cépion, et les habitants de Toulouse, ainsi que les Tolosenses en général, furent placés dès lors définitivement sous l'obéissance de Rome. César tenait ce peuple en grande estime; il en obtint de puissants renforts pendant sa guerre contre les Helvètes et en fit même entrer un sénat un assez grand nombre pour faire craindre à Cicéron la décadence imminente de la langue de Virgile. Plus tard, sans qu'il soit possible de préciser la date, une colonie de vétérans fut établie à Toulouse; ils y construisirent un amphithéâtre et un capitole, qui n'a de commun que le nom avec l'édifice actuel. Le commerce et les arts fiorissaient dès le règne de Tibère k Toulouse, qui mérita k cette époque le surnom de Pultudia ; quelques historiens expliquent à tort ce titre par le voisinage du temple de Minerve. La ville produisit alors un grand nombre d'hommes remarquables, parmi lesquels nous citerons Clodius Flaccus, décemvir et flamine de la ville, et Becco, chef de la 7e légion et sénateur sous Néron, C'est au succès des armes de Clodius Flaccus que Vespasien dut son trône; il l'en récompensa par l'ingratitude. Les dernières illustrations que Toulouse produisitsous ladomination romaine furent Arborius, précepteur de Constance, frère de Constantin, et l'évêqua Exupère. En 252, sous le règne de l'empereur Gallus,se place l'avènement du premier évêque de Toulouse, saint Saturnin ou Sernin , et non saint Martial, comme l'affirment quelques historiens. L'Eglise toulousaine débuta par un martyre : l'évêque, accusé par les pré-

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très païens d'ôter la parole k leurs oracles, fut saisi, mis en demeure de sacrirtVr à Jupiter et, sur son refus , attaché k la queue d'un taureau indompté qui lui brisa la tête sur les pavés. Deux femmes chrétiennes, fêtées aujourd'hui encore sous le nom des saintes Puelles, recueillirent son cadavre, l'ensevelirent, et l'endroit où s'était arrêté le corps du martyr fut plus tard consacré par un monument qu'on appela l'église du Taur ou du Taureau. Une autre église Saint- Saturnin s'éleva, au iv« siècle, sur son tombeau. L'arianisme pénétra de bonne heure k Toulouse et en chassa k plusieurs reprises les évêques fidèles. Il ne fallut rien moins que la forte main d'Exupère pour remettre les choses en ' ordre. Ce fut sous son pontificat (404) que les Vandales, épargnant Toulouse, se bornèrent à traverser son territoire et allèrent se ' perdre en Espagne. Huit ans plus tard, les , Wisigoths, moins cléments, envahirent la ville et la contrée. Sulpice-Sévère quitta ; Toulouse à leur approche, fuite qui lui fait peu d'honneur. Tout au contraire, il faut citer ici la noble conduite du poëte Rutilius, enfant de la ville, élevé k la dignjlé de patrie© par Arcadius, et qui se hâla de rentrer dans Toulouse pour encourag r ses concitoyens à la défense. Les Wisigoths furent, en effet, chassé3 une première ■ fois, mais revinrent en 419 et mirent définitivement fin k la domination romaine. A co moment, Toulouse occupait le quinzième rang parmi les villes de l'empire et la troisième parmi les villes de la Gaule; elle était un des trois centres de la Narbonnaise, où les proconsuls et les préteurs tenaient leurs assemblées annuelles. Elle devint ta capitale du royaume des Wisigoths. En 422, le roi Théodoric y fut assiège par [jittorius. lieutenant d'Aétius, le surprit par une sortie vigoureuse, mit son armée en fuite et le fit prisonnier. Théodoric alla mourir dans les champs Catalauniques, et les débris de son armée rentrèrent k Toulouse, ramenés par son fils Torismond. Après la défaite d'Alario, Clovis entra dans Toulouse en vainqueur (508); ses successeurs ne prirent point la peine de visiter leur nouvelle conquête et en confièrent le gouvernement k des ducs. Le premier fut Launobode. Son successeur, le duc Didier, soumit aux lois de Chilpéric le ; Quercy et le Vivaruis; sous son gouvernement, Rigonthe, fille de Chilpérie et de Frédégonde, fiancée malgré elle k Récarède, fils du roi d'Espagne Leuvigilde, vint à Toulouse chercher un refuge et, invoquant le droit d'asile, se retira dans l'église du Taur; Didier, craignant la colère royale, préféra compléter lu trahison ; il appela k Toulouse (584) le fameux Gondebaud, qui venait de se faire proclamer roi de France k Brive, en se donnant comme un bâtard de Clotaire. Chilpéric, de concert avec Gontran, roi de Bourgogne, marcha alors sur la ville. Gondebaud fut tué comme il cherchait k fuir, et Didier, deux fois traître, se rattachant au parti de Gontran, qu'il avait, peu de temps auparavant, chassa de l'Agénois, obtint sa grâce de Chilpéric. Il périt, en 587, au siège de Carcassonue. Ses successeurs n'offrent aucun souvenir particulier. A la mort de Clotaire II, son second fils Caribert prit le titre de roi de Toulouse et mourut dans cette ville après un règne insignifiant. Dagobert, son frère, réunit Toulouse k la couronne et en fit, en 637, la capitale d'un duché héréditaire d'Aquitaine relevant de la couronne de France; les deux fils de Caribert, Boggis et Bertrand, furent investis çle ce duché. Eudes, fils du premier, après "en être demeuré seul maître, reçut en 717 k Toulouse les envoyés de Chilpéric II, qui implorait son secours contre l'ambition de Charles-Martel. Eudes répondit k cet appel et, vaincu à Soissons, emmena dans sa capitale le pauvre monarque pour le soustraire k la vengeance du maire du palais. Chilpéric II quitta Toulouse après un court séjour. En 721, les Sarrasins, conduits par Zanian, parurent pour la première fois sous les murs de Toulouse. Eudes leur livra bataille et les défit complètement. Tranquille de ce côté, il se crut assez fort pour recommencer la lutte contre Charles-Martel ; mais, vaincu comme à Soissons, il n'eut que le temps de regagner ses Etuts en fugitif. Il contribua néanmoins k la victoire définitive remportée plus tard ' par Charles-Mai tel sur les Sarrasins; puis, après une dernière tentative contre le maire ambitieux, tentative aussi infructueuse que les précédentes , ce dernier rejeton des Mérovingiens revint mourir à Toulouse. En 707, Pépin le Bref s'empara de la ville et la réunit k la monarchie ; Charlemagne ayant érigé l'Aquitaine en royaume , Toulouse devint ville capitale. Louis, son fils, fut le premier investi de cette royauté, qu'il échangea plus tard contre la succession paternelle, sous le nom de Louis le Débonnaire, et qu'il céda alors à son fils Pépin. Toulouse était gouvernée par un comte, lorsqu'on 844 Charles le Chauve vint l'assiéger et tenta de s'en emparer, mais en vain. La ville eut, l'année suivante , k repousser les pirates normands, qui avaient remonté la Garonne et porté le ravage aux environs. Une trahison livra, peu de temps après, le jeune -Pépin au roi de France, qui, en 849, revint mettre le siège devant Toulouse. La place, défendue par le comte Fridelon, fut réduite k capituler; mais Charles le Chauve, récompensant la

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courage dont le comte avait fait preuve, le maintint dans son gouvernement. Fridelon devint la tige de la maison des comtes de Toulouse, dont l'histoire, a partir de ce jour, est inséparable de celle de la ville. 11 repoussa une seconde attaque des Normands et s'en récompensa lui-même en assurant son héritage k sa famille. Il eut pour successeur Raymond 1er, comte de Toulouse et du Rouergue, qui eut à lutter contre Huinfrid, marquis de Gothie. Toulouse tomba en 863 au pouvoir de ce dernier; elle ne rentra sous la main de Raymond que l'année suivante, k la suite de la déposition de Humfrid par la diète de Worms. Bernard succéda à Raymond et gouverna, sous le nom de . duc et de marquis de Toulouse, les territoires de Rasez et de Carcassonne. Eudes, son frère, fut le quatrième comte de Toulouse et acquit l'Albigeois par son mariage, avec Garsinde, fille d Ermeiigatid, comte d'Albi. Au-dessous de ses comtes héréditaires, Toulouse avait aussi des vicomtes, source fréquente de conflits d'autorité. L'un d'eux, Benoît, fut emprisonné par Raymond, fils d'Eudes, mort en

919, après avoir partagé ses Etats entre ses deux fils. Raymond II eut le comté de Toulouse ; à Ermeiigaud, son frère, échut le Rouergue; tous deux prirenten même temps le titre de marquis de Gothie; mais ce titre ne fut effectif que pour le premier, investi du marquisat à la mort de Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine, par Charles le Simple. Kn

920, Raymond délivra de nouveau les murs de Toulouse d'une attaque de Sarrasins et mourut deux ans après, fidèle à la couronne de France. Raymond Pons, son fils, sixième comte de Toulouse, lui succéda ; il ajouta le Vivarais et le pays d'Usés à ses possessions, mais fut loin de montrer la même fidélité que sou père à la dynastie carlovingienne. Raoul, un des descendants de Robert le Fort, ayant usurpé la couronne en 931, marcha sur Toulouse à la tète d'une armée; Raymond Pons le reconnut aussitôt, et l'Auvergne et le Gévaudan furent le prix de sa soumission. Le successeur de Raymond Pons, septième comte, Guillaume Taillefer, épousa en 975 Arsinde d'Anjou, fille de Geoffroy Grisegonnelle, et lit avec l'héritier d Ermengaud, son cousin, un nouveau partage des Etats de leur puissante maison. Le comte de Toulouse garda l'Albigeois et le Querc.v; le marquisat de Gothie passa au comte <ie Rouergue. Le territoiie de Nîmes fut divisé eu deux : la moitié fut ajoutée au Rouergue, et le littoral du Rhône et de la Méditerranée fut donné au comte de Toulouse sous !e nom de comte de Saint-Gilles. En 981, après avoir comprimé une révolte de son vassal, Roger de Garcassonne, Guillaume Tuillefer épousa en secondes noces Etnme, tille du comte de Provence, Roibold, et ce mariage fit passer une partie de la Provence dans le comte de Toulouse. A cette époque commencèrent à Toulouse plusieurs exécutions d'hérétiques, et la ville en acquit un tel renom desainteté que le pieux roi Robert (1030) s'y rendit en pèlerinage pour honorer les reliques de saint Saturnin. Guillaume Taillefer mourut en 1037 et laissa le comté à Pons, qui fut le huitième comte de Toulouse; à Pons, mort à son tour en 1061, succéda Guillaume IV ; il s'intitulait duc et comte du Toulousain, de l'Albigeois, du Quercy, du Lodevois, du Périgord, de Carcasses, de l'Agenais et de l'Astarac. Cette grande puissance ne l'empéciiapas d'être battu par Guillaume de Poitiers et d'Aquitaine (1079), qui refoula son attaque imprudente jusqu'aux portes de Toulouse, lui prit sa ville et ne la lui rendit qu'à de dures conditions. Nous glisserons sur des querelles d'Eglise survenues en 1083, qui commencèrent par l'expulsion des moines de Saiui-Semin et aboutirent à des anathèmes prononces par Grégoire VII contre le comte de Toulouse, qui avait osé tenter de subordonner l'autorité du pontife à la sienne propre. L'évèque Izarn, qui avait pris part au débat, dut se justifier lui-même au concile de Toulouse (1093), Guillaume mourut en 1093, laissant pour héritier son frère, RaymoiiU de Samt-G.lies, qui, ajoutant son apanage aux domaines de sa maison, se qualifia Cuiuie de Toulouse, duc de Nurboune et marquis de Provence. Il reçut en 1095 le pape Urbain II dans Sa capitale et partit deux ans plus tard pour la croisade. 11 avait laissé le commandement de ses Etats à son fils Bertrand, quand Guillaume de Poitiers, jugeant l'occasion propice, imagina de revendiquer le comté de Toulouse au nom de sa femme, sœur de Raymond IV. Soutenu par le vicomte Adhétnar et par les chanoines de Saint-Sernin, il entra à Toulouse en 1098 ; mais Bertrand resta en possession, sans que l'histoire explique comment se dénoua cette affaire. Bertrand partit k son tour pour la croisade, où Kayuiond IV avait péri, et, en son absence, son frère Alphonse, surnommé Jourdain, parce qu'il était né en Palestine, fut chargé de la direction du comté. Guillaume d'Aquitaine renouvela sa tentative, et, en 1114, soutenu par le vicomte de Béziers et les autres grands vassaux du comte, il prit une seconde fois, après un sanglant combat, possession de Tomouse. Alphonse Jourdain avait fui dans ses domaines du Rhône. Il ne rentra dans sa capitale qu'en 1127, après la mort de Guillaume d'Aquitaine, chassé à son tour par les Toulousains. Jourdain figure en 1131 au nombre des douze pairs de France au

-sucre de Louis le Jeune. Cette époque abonda

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en épisodes obscurs sur lesquels l'histoire est assez cou fuse ; de ce nombre est la prétendue revendication faite vers H40 du comté deTou- ■louse par le roi de France ; la grande ligue des vicomtes de Béziers, de Carcassonne, de Nîmes, de Lautrec, des comtes du Rouergue et de Barcelone contre le comte de Toulouse, en 1142, n'est pas autrement expliquée. Ce qui est certain, c'est qu'Alphonse Jourdain, excommunié par Innocent II pour avoir cherché à soulever les sujets de la vicomtesse de Montpellier, dut aller racheter cinq années plus lard son pardon à la croisade, où il mourut comme son père et ses frères. Les Toulousains le regrettèrent. « Il avait, dit M. Viennet, publié le premier recueil de leurs coutumes, les avait affranchis des droits de tolte et de chevauchée commune ; il leur avait permis de construire un pont sur la Garonne avec exemption de tout péage, et, à l'exemple des rois de France, en confirmant les franchises municipales de la cité, il avait institué les magistrats qui prirent bientôt après le nom de capitouls. La poésie fut en honneur sous son règne ; les troubadours fréquentaient assidûment sa cour, et dans le nombre se distinguèrent un Toulousain, fils d'un chevalier nommé Gérard, et un poëte latin du nom de Raymond, qui félicita en vers l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable. ■ Les débuts du règne de Raymond V, son successeur, furent assez brillants; il fit rentrer sous son vasselage lo vicomte de Béziers et le seigneur de Montpellier, révoltés contre lui, et le mariage qu'il contracta en 1154 avec Constance, sœur de Louis VII, roi de France, porta à l'apogée lu prospérité de sa maison. Mais, dix ans plus tard, ses dérèglements obligeaient la comtesse à le quitter, et sa vie ne fut plus qu'une longue suite de guerres. Henri II d'Angleterre, profitant de ces divisions intestines, réclama le comté de Toulouse au nom de sa femme, Aliénor de Guyenne, marcha sur la ville, et Raymond, tiraillé d'autre part par les menées sourdes du comte de Barcelone et les complots de ses vassaux, eut fort k faire pour se dégager d'une aussi dangereuse agression. Louis le Jeune, oubliant ses griefs personnels, vint heureusement k son aide avec une armée considérable, et Henri II se retira. Le comte Raymond essaya alors de rétablir ses affaires en épousant Richilde, veuve du comte d'Arles ; mais ce comté lui ayant été sérieusement disputé par Alphonse, roi d'Aragon et comte de Barcelone, il se résolut a. traiter tant avec Henri II qu'avec Alphonse (1173-1176) et vendit à ce dernier ses droits au comté moyennant 3,000 marcs d'argent. Alphonse n'en continua pas moins à intriguer secrètement; il conclut une alliance avec le dite d'Aquitaine, Richard, et cette alliance faillit être fatale k Raymond lorsque le duc eut succédé à Henri II sur le trône d'Angleterre (1169). Toulouse ne fut sauvée que par une habile diversion opérée par Philippe-Auguste dans le Berry. Raymond V mourut en 1194, pleuré de ses sujets qui lui avaient décerné le surnom de Bon. Il avait, comme son père, été le protecteur des troubadours et compté parmi ces joyeux parasites Bernard de Ventadour, Pierre Vidal le Toulousain, Brunencs de Rodez, Pierre d'Auvergne, Daniel Arnaud, Pons de Capduenil, Guillaume le Dizier, seigneur de Noail- !ac; Bérenger de Palazol, Rainaud de La dotât, Raymond de ûurfort , chevalier du Quercy; Guillaume de Balazun, Bernard de Miraval et quelques autres. Raymond VI lui succéda, et son règne ouvrit à Toulouse une série d'événements d'une grande importance. Il avait épousé Jeanne, sœur île Richard Cœur de Lion ; mais la mort du frère et de la soeur annula les bons effets que promettait cette union. Le comte se remaria avec Eléonore d'Aragon, sœur de Pierre II, successeur d'Alphonse (1200). Quatre ans plus tard éclataient les troubles religieux qui ensanglantèrent si longtemps le midi de la France. Dès 1178, le cardinal de Saint-Chrysogone était venu à Toulouse de la part du pape Alexandre III, avec de nombreux missionnaires, pour catéchiser ce qu'on appelait encore les manichéens. Le peuple les avait hués en les traitant d'apostats et d'hypocrites, et peu s'en était fahu qu'on ne les mît en pièces. Innocent III, prélat énergique, résolut d'en finir avec cette hérésie; il envoya à Toulouse (1204) le célèbre Pierre de Castelnau, qui s'y rencontra avec Diegue d'Azébès, évèque d'Osma, et don Guzinan Dominique; les anathèmes lancés par ce triumvirat redoutable semèrent bientôt la terreur. L'évèque Raymond de Rabastens , ayant osé le braver, fut remplacé par Folquet (ou Foulques), jongleur débauché et fanatique. Le meurtre de Pierre de Castelnau arma contre Toulouse, plus terribles encore, les foudres du saintsiége. Pendant ce temps, Simon de Montfort intriguait sourdement, soutenu par le nouvel évéque. Raymond VI ne tarda pas à s'apercevoir qu'on en voulait k ses Etats ; mais, partagé entre sa volonté de les conserver et sa crainte des excommunications papales, il perdit eu hésitations un temps précieux dont Simon de Montfort prolita en s'empuraiit des domaines Ue Trencavel. Raymond alors s'enferma dans Toulouse et se uécida à en appeler au sort des armes. La question fut alurs nettement tranchée ; le comte, sommé de livrer ceux de ses sujets que les légats lui désignaient, refusa, et son refus fut puni de 1 excommunication tant redoutée. Alors Ray-

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mond VI essaya de. traiter avec Simon de Montfort lui-même; mais il n'en arriva qu'à se convaincre de la perfidie de son ennemi. Il se retourna alors du côté de Pierre III, roi d'Aragon, et obtint, la main de sa fille pour son fils, depuis Raymond VII, alors âgé de quatorze ans; mais l'Eglise s'émut de cette union. Les deux alliés, mandés au concile d'Arles, se virent condamnés à aller faire pénitence en Palestine et réduits & fuir, seuls et abandonnés de tous, laissant le champ libre k l'usurpation. Nous glissons sur les événements terribles qui se produisirent alors et qui appartiennent plus spécialement à l'histoire des albigeois. Cependant Raymond VI rentra dans Toulouse; Simon «le Montfort vint l'y assiéger, et le comte se défendit avec l'énergie du désespoir, fit une sortie qui obligea son dangereux adversaire à reculer , et Simon, à bout de ressources, se décida enfin à lever le siège. Raymond et son allié, Roger de Foix, le poursuivirent jusqu'aux portes de Câstelnaudary, où Simon de Moutlui't, secouru à temps, leur échappa. Ces succès furent les derniers de Raymond ; épuisé, écrasé par une immense levée de boucliers, il déposa, en 1214, sa couronne et celle de son fils aux pieds du cardinal de Bénévent, nouveau légat du saint-siége. L'évèque Foulques et Simon de Montfort entrèrent alors en vainqueurs dans la ville, et la première phase de cette terrible guerre fut terminée. La mort d'Innocent III changea tout à coup la face des affaires. Les Toulousains apprirent que Raymond le Jeune s'avançait à la tête d'une année nouvelle levée en Provence et que son père négociait auprès de Jacques d'Aragon; un soulèvement eut lieu contre Simon de Montfort, qui, pressé car les révoltés, n'eut que le temps de se rctugierdans la cathédrale. L'intervention da l'évèque, qui promit la restitution des franchises de la ville, apaisa un instant la sédition ; mais Simon de Montfort n'eut pas plus tôt reconquis le pouvoir qu'il fit raser les tours et les maisons où les Toulousains s'étaient retranchés. L'exaspération fut portée à son comble ; Simon de Montfort sortit de la ville, et Raymond VI y rentra triomphalement le 13 septembre 1817, par le Comminges, à la tête d'un corps de Catalans etd'Aragonais. La noblesse du pays ne tarda pas k l'y joindre et à lui apporter son concours. On comptait dans ses rangs Gaspard de La Barthe, Roger de Comminges, Jourdain de Lille, Gérard de Gourdoti et de Caraman, les frères de Montaigu, de Marinande, de Lavalette, Bertrand de Pestillac, Gérard d'Amanieu, etc. Raymond le Jeune arriva k Sun tour et fut suivi du comte de Foix. Simon de Montfort ne perdit cependant pas courage ; il en appela au roi de France, aux évoques et, jouant pour ainsi dire son va-tout, vint mettre le siège devant la ville si bien défendue. Toulouse repoussa tous les assauts et des sorties audacieuses montrèrent à Simon de Montfort que sa fortune commençait à l'abandonner. Le 25 juin 1218, il tenta un dernier effort, pénétra dans la place, mais une pierre lancée par un mangonneau l'abattit et mit lin à sa vie. Un mois après, jour pour jour, son fils Amaury se décida k lever le siège et alla implorer le secours de Philippe- Auguste ; il l'obtint et, accompagné d une armée dirigée par Louis de Frunce, reparut, après avoir saccagé Marmande, devant la ville. La vieille cité resta inébranlable, et Louis, lassé par trois assauts infructueux, se retira, abandonnant aux Toulousain-, toutes ses machines de guerre. Dans l'iutervull: des deux sièges (1218-1219), Raymond VI était mort subitement ; la rancune de l'Eglise le poursuivit au delà de la vie; la sépulture lui fut refusée obstinément, malgré les supplications de son fils. Sou corps, jeté dans un cercueil de bois, resta dépose près du cimetière Saint-Jean, et un vieil historien du xiva siècle assure l'avoir vu encore à cette même place. L'avènement de Raymond VII, sauf Sa belle défense de Toulouse, fut le signal de la ruine définitive de sa maison. Une des clauses du traité de 1229 le dépouilla de la plus grande partie de ses domaines au profit de Louis IX et l'obligea à entretenir dans sa ville des maîtres de droit canon, de théologie, de philosophie et de grammaire. Telle fut l'origine de l'université de Toulouse, dont les bases avaient néanmoins été posées bien avant Louis IX. La ville devint la proie des dominicains (1233), qui s'y signalèrent par des atrocités et des supplices. Toulouse finit par se soulever de nouveau et chassa les dominicains; mais l'évèque Raymond de Felgar fulmina l'anathème contro onze capitouls qui avaient dirigé le mouvement. Le pape, de son côté, somma Raymond VII (1236) de rétablir l'évèque et ses « bourreaux enfroqués » dans leurs diocèse et couvents. Le comte dut obéir, réduit h l'impuissance. Il mourut en 1249, assombri par le spectacle, des exécutions sanglantes provoquées par le fanatisme religieux, qu'il nepoiivaileinpécher et dont le pape lui-même fut quelquefois contraint de modérer la fougue. meurtrière. Sous Raymond VI et sous Raymond VII, les troubadours s'étaient perpétués à Toulouse à travers tant d'épisodes sombres ; les plus fameux de celte période furent Raymond de Miraval, chevalier du Carcasses; Raymond Jourdain, vicomte de Saint-Antonin ; Guillaume Figuière, fils d'un tailleur do Toulouse; Cadenet le Provençal, Hugues de Saint-Cyr, Aymar le Noir, Raymond-Roger,

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le Catalan Guillaume de Bergadou, Savary de Mauléon, Pierre d'Auvergne, dit le moine de Montauban, et Pierre Cardinal, chanoine du Puy, qui composa tout à la fois des sermons et des lais d'amour.

Le mariage de la comtesse Jeanne, fille de Raymond, avec Alphonse, frère de saint Louis', fit entrer définitivement Toulouse dans les domaines destinés à faire un jour retour à la couronne. Les nouveaux époux entrèrent triomphalement dans leur capitale le 23 mat 1251 ; ils en repartirent le 30"du même mois, après avoir juré de maintenir les franchises communales. Alphonse ne reparut plus à Toulouse qu'à la fin d'avril 1270, au moment de s'embarquer avec sa femme pour les côtes d'Afrique, à la suite de saint Louis. Philippe le Hardi hérita à la fois du comté de Toulouse et de la couronne de France ; Guillaume de Cohardon, sénéchal de Carcassonne, investit le comté le 16 septembre 1271 k la première nouvelle de la mort de ses seigneurs légaux, reçut le serinent des capitouls et des habitants, qui le renouvelèrent quelques jours après, quand le sénéchal eut reçu les ordres du monarque, mais toujours sous la réserve des droits de leur consulat, du maintien du droit romain et du vote libre de3 impôts. Philippe le Hardi se rendit en personne k Toulouse en 1272. C'est à cette époque que se place l'origine du parlement de la ville, si célèbre dans nos annales;- quelques parlements annuels y avaient été tenus en 1266 et 1258 ; l'abbaye de Soreze avait servi de siège k un autre (1271), et Philippe le Hardi en assembla lui-même un à Toulouse (1280), tenu par trois commissaires; mais, en gênerai, les affaires de la province se décidaient k Paris. Sur les plaintes des états du Languedoc (1302), Philippe le Bel constitua k Toulouse un parlement régulier et présida il sa séance d'ouverture, accompagné de la reine et de ses trois fils. L'année suivante, le pape Clément V vint k Toulouse, suivi de neul cardinaux, et opéra, par d'habiles concessions, la paix de l'Eglise avec les capitouls. Ces magistrats, grâce à celte satisfaction d'amourpropre, eurent la faiblesse de laisser les dominicains continuer impunément la série de leurs massacres et de leurs proscriptions ; le 30 septembre 1319, en présence des autorités consentantes, cent huit malheureux furent extraits des cachots de l'inquisition, sur l'ordre des inquisiteurs Bernard Guidonis et Jean de Beaune; cinq furent livrés au bras séculier, vingt-sept femmes furent condamnées à une prison perpétuelle et soixanteseize individus des deux sexes k porter des croix en feutre jaune, signe infamant, sur le dos et la poitrine. On fit plus : on déterra des cadavres soupçonnés d'hérésie et on les brûla. En 1320, une horde de pastoureaux venus du Bordelais se rua sur Toulouse et y égorgea, sous les yeux d un gouverneur inepte, Alphonse de La Cerda , tous les juifs de la ville. Ils allaient passer de la ville k ta province, quand Aymery de Cos, sénéchal de Carcassonne, les dispersa. En 1317, l'èvèché de Toulouse fut érigé en archevêché par le pape Jean XXII, sans doute en récompense des services rendus k la foi par les dominicains. Eu 1324, Charles le Bel fit son entrée dans la ville et y séjourna six semaines. Vers cette époque prit naissance l'Académie des Jeux Moraux, que nous nous bornons k mentionner. Le désastre de Poitiers mil en lumière, en 1356, le patriotisme de Toulouse ; les états y furent convoqués par le dauphin sous la présidence du comte d'Armagnac et offrirent spontanément d'importants secours d'hommes et d'argent. Plus tard, en 1306, quand le prince Noir ravagea le Languedoc, i pillant tout dans ce pays bien gras, » dit Froissart, il s'approcha de Toulouse ; mais, devant la rière contenance de la ville, dont chaque habitant s'était fait soldat à l'appel du comte d'Armagnac, il n'osa donner l'assaut et passa outre. Les Toulousains furent moins heureux avec les grandes compagnies, au-devantdesquelles ils allèrent peudeiemps après, et qui les battirent prés de Montauban (14 août 13C6). La folie de Charles VI valut k Toulouse l'occupation des ducs d'Anjou et de Berry, qui tour à tour vinrent accabler la ville de rapines et d'exactions. Du Gueselin avait traversé la ville à son retour u 'Espagne (1370). Charles VI y vint lui-même en 1389 féliciter son sénéchal de Toulouse, Hue de Frondeville, et le capitaine Gautier da Passac d'avoir vaillamment repoussé une nouvelle attaque anglaise : le roi fut reçu en grande pompe par le comte de Foix, «et fut, dit Froissart, donné un dîner bel et bien étoffé de toutes choses, qui coûta bien 60,000 livres. • La soumission de la Guyenne par Charles VII fil jouir Toulouse d'une paix do plus d'un siècle. Ce fut le temps de la prospérité de son université célcbre. Sous Louis XII et François I«, elle comptait plus do 10,000 étudiants. Le fameux Arnould Ferrier, maître de Cujas, figura parmi ses professeurs. Les guerres de religion ramenèrent les troubles; inquiétés par le parleaient, les huguenots de Toulouse sollicitèrent l'appui du prince de Condé; le comploi fut découvert; mais, dans la nuii du 11 au 12 mai 1502, les huguenots se soulevèrent, s'en rapportant k leurs propres forces, et incendièrent une centaine de maisons de catholiques. Montluc, le terrible rival du baron des Adrets, accourut à marche forcée ; les calvinistes épouvantés abandonnèrent Toulouse

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et se dispersèrent, mais un grand nombre fut atteint et périt dans les supplices, entre autres le viguier Portai et le capitoul Mandinelli. Le 20 février 1564. Charles IX visita Toulouse avec Catherine deMédicis, sa mère, et y approuva une ligue catholique formée par les cardinaux d'Armagnac et de Strozzi. Huit ans plus tard, la Saint-Barthélémy eut à Toulouse un contre-coup terrible; les étudiants se souillèrent du massacre de trois cents huguenots égorgés dans les prisons, à l'exception de trois conseillers au parlement qui furent pendus devant le palais. Catherine de Médicis fit encore un voyage à Toulouse en 1579. La Ligue ne tarda pas à y avoir un de ses quartiers généraux. L'assassinat du duc de Guise par Henri 111 (1588) acheva de soulever les esprits, et la haine sourde longtemps amassée contre le premier président Duranti, immuablement fidèle au roi au milieu de l'orage sans cesse grossissant, fit explosion. Duranti fut la victime expiatoire choisie par la vengeance méridionale; poursuivi par une populace furieuse, il fut tué d'un coup d'arquebuse , au moment où il essayait en vain de haranguer la foule (1589). Son cadavre fut ensuite traîné par les rues et pendu j au pilori. Deffis, avocat général, beau-frère de Duranti, fut massacré le même jour. La mort même de Henri lll^n'assouvit pas le funatisine des Toulousains, qui célébrèrent une fête en l'honneur de Jacques Clément (1590). Henri IV ne put arriver à s'en faire reconnaître roi qu'après une menace d'invasion armée comme ultimatum (1596). Toulouse jouit sous ce règne d'une paix que ne troublèrent même pas les difricultés nées de la minorité de Louis XIII. Ce roi traversa la ville (14 octobre 1621) en se rendant au siège de Montauban. Il y revint encore le 22 octobre 1632 pour assister au jugement de Henri II de Montmorency; Richelieu l'accompagnait; le duc fut décapité le 30 octobre dans la cour du Capitule. Louis XIV vint deux fois k Toulouse : en 1659, pendant que ses envoyés traitaient delà paix avec Philippe IV d'Espagne, et en 1660, époque de son mariage. Le duc d'Anjou, Philippe V, s'arrêta également k Toulouse en allant prendre possession du trône d'Espagne (1701). Cependant le fanatisme religieux ne se ralentissait point, et- la ville se sou.lla, le 9 mars 1752, d'un nouveau crime : l'assassinat juridique de Jean Calas, trop connu dans ses moindres détails, grâce à l'ardente défense de Voltaire, pour que nous y insistions. Jusqu'à la Révolution, aucun autre événement marquant ne signale l'histoire de Toulouse. La Terreur s'y fitsentir comme ailleurs et y choisit pour premières victimes les membres de son ancien parlement; cinquante-trois périrent sur l'échafaud. La ville avait été en 1799 le théâtre d'une tentative réactionnaire bientôt étouffée. Enliu l'Empire croula à son tour et les environs de Toulouse virent le maréchal Soult livrer a Wellington (4 avril 1814) une des dernières batailles engagées parles armées impériales. Nous lui consacrons plus bas un article spécial. L'année suivante, la terreur blanche eut à Toulouse un de ses plus sanglants épisodes : le 15 août 1815, le général Kainel tut haché en morceaux par lu populace fanatique ; son seul crime était d avoir commandé le département pendant les Cent- Jours; les meneurs du ces scènes de carnage portèrent le nom de verdets. Depuis lors, Toulouse n'offre plus heureusement à l'histoire le spectacle de pareilles scènes ; mais, en terminant, nous devons citer un dernier trait qui achèvera de donner une idée de ce fanatisme religieux, aussi vivant de nos jours encore qu'au temps de l'inquisition : en 1862, l'archevêque ordonna la célébration d'une fête de jubilé en souvenir du massacre des huguenots trois cents ans auparavant; l'autorité interdit la cérémonie, mais le fuit en lui-même est significatif,

Toulouse, le 2a mars 1871, a été un moment troublée par une tentative d'insurrection communaliste. Aussitôt que les événements du 18 mars furent connus, une scission profonde se manifesta entre l'administration préfectorale, le parquet et le commandant en chef des forces militaires. Tandis que le prélet, M. Duportal, adhérait publiquement à la révolution parisienne, le procureur de la République, M. Delcurrou, faisait saisir l'Emancipation, coupable de s'être également prononcée dans ce sens. Le préfet lançait aussitôt des agents chargés d'arrêter le procureur de la République et le directeur des postes;* le général de Nansouty consignait les troupes, et les officiers de la garde nationale, constitués en commune révolutionnaire, essayaient d'établir a l'hôtel de ville un centre de résistance. Un décret du pouvoir exécutif révoqua M. Duportal (25 mars) et lui donna pour successeur M.deKératry. La Commune n'en fut pas moins proclamée le même jour, du haut du balcon du Capitole, par les officiers de la garde nationale; à midi le rappel fut battu, et 12,000 hommes environ se trouvaient eu armes, prêts à soutenir le nouveau gouvernement; néanmoins le drapeau rouge ne fut pas arboré; on conserva le drapeau tricolore et l'on se contenta de déclarer M. Duportal maintenu dans ses foneiions-par la volonté populaire. Le lendemain 26, M. de Kératry entrait it Toulouse; d'habiles dispositions militaires prises par le général de Nansouty paralysèrent le faubourg de Saint- Cyprien, qui se levait en masse pour se por-

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ter sur la ville haute, au secours de la Commune , et le déploiement de forces considérables autour du Capitole suffit pour enlever tonte chance de réussite à l'insurrection. Grâce à l'entremise des membres de l'association républicaine, une transaction eut lieu ; les gardes nationaux évacuèrent le Capitole en y laissant seulement un poste de 40 hommes, et tout rentra dans l'ordre sans qu'il eût été tiré un coup de fusil.

La terrible inondation de la Garonne des 22-24 juin 1875 a eu des suites plus désastreuses. Toulouse a été l'une des villes les plus éprouvées par le fléau. La ville haute, dont les principaux quartiers s'étageht à une hauteur d'environ 15 mètres sur la rive droite du fleuve, a été naturellement épargnée, niais deux grands quartiers, les faubourgs Saint-Michel, au sud,, et Saint-Pierre, au nord, qui sont presque de niveau avec la Garonne, ont été submergés. La partie de la ville qui eut le plus a souffrir est le faubourg de Saim-Cyprien, qui s'étend sur la rive gauche ; bâti sur un terrain perméable et au niveau du fleuve, encombré de constructions légères eu brique et eu caillou, il ne pouvait opposer aux flots qu'une faible résistance. Sur les 2,212 maisons qui composaient ce faubourg, 1,141 se sont écroulées et 346 menaçaient ruine après le retrait des eaux.. L'inondation fut si subite que plus de 200 personnes furent noyées. C'est un des plus grands désastres dont il soit l'ait mention dans nos annales; les pertes matérielles éprouvées par la ville et les particuliers ont été évaluées à environ 12 millions.

— Conciles de Toulouse. 1« concile (507). Ce concile fut tenu par Alaric II, roi des Wisigoths. Il y fit approuver le code Théodosien. Saint Césaire d'Arles, dans une lettre adressée à saint Rusie de Limoges, parle de cette assemblée, à laquelle assistèrent selon lui les évêques d'Espagne.

20 et 3» conciles (829). Ils n'ont pas laissé trace dans l'histoire par leurs actes. On sait tout au plus que Barthélémy de Narbonne, Nothon d'Arles, Adoleime et Agiulphe de Bourges s'y trouvèrent.

4« concile (102û)> Il fut tenu contre des « enchanteurs, » qu'on y excommunia, et n'est pas autrement remarquable.

50 concile (1056). Le pape Victor II fit assembler ce concile par ses légats Raimbaud, archevêque d'Arles, et Porrec, archevêque d'Aix. Seize évêques y assistèrent. On y fit treize canons pour abolir la simonie, pour défendre d'ordonner un prêtre avant l'âge de trente ans, de recevoir de l'argent pour faire les dédicaces des églises, etc.

G» concile (1068). Dans ce concile, tenu par lo cardinal Hugues le Blanc, on prit encore des mesures contre la simonie et on rétablit l'évêché de Lectoure, jqui avait été changé en un monastère.

7° concile (1090). Les légats du pape Urbain II convoquèrent les évêques de diverses provinces vers la Pentecôte et, en leur présence. et avec leur concours, réformèrent plusieurs abus. L'évêque de Toulouse s'y purgea cauoniquement des crimes dont il était accusé, et, à la prière du roi de Castille, on envoya une légation à Tolède pour y rétablir la religion.

se concile (il 18). On publia dans ce concile une croisade contre les Sarrasins d'Espagne en faveur d'Alphonse, roi d'Aragon.

9e concile (1119). L'archevêque devienne, Gui, ayant été élu pape après la mort de Gélase 11, prit le nom de Câline II et vint à Toulouse, où il tint, au mois de juin, celte assemblée, composée des cardinaux de sa suite, des archevêques, évêques et abbés de la Provence, du Languedoc, de la Gascogne, de l'Espagne et de la petite Bretagne. Le plus remarquable canon qui y fut décrété déclare qu'il faut condamner et chasser de l'Eglise comme hérétiques ceux qui rejettent ie sacrement du corps et du sang du Seigneur, le baptême des enfants et les ordres ecclésiastiques, aussi bien que le mariage.

100 concile (1161). Le roi de France et le roi d'Angleterre assemblèrent ce grand concile, où se réunirent des évoques des deux royaumes pour y reconnaître solennellement le pape Alexandre III. Il s'y trouva cent prélats, tant évêques qu'abbés; les deux rois y étaient en personne. Presque tous les souverains de l'Europe y avaient envoyé des ambassadeurs.

lie concile (1219). Le cardinal Romain de Saint-Ange tint ce concile, dans lequel on publia quatre canons insignifiants.

120 concile (1229). Les trois archevêques de Narbonne, de Bordeaux et d'Auch tinrent ce concile avec plusieurs évêques et prélats, après la conclusion de la paix avec le comte Raymond de Toulouse. On publia quarantecinq canons qui, sous prétexte d'autoriser la recherche des hérétiques, installèrent l'in^ quisitiou. Défense fut faite aux laïques d'avoir les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament , hors le psautier, un bréviaire pour les offices divins et les heures de l'office de la sainte Vierge; encore ne pouvaientils avoir ces livres en langue vulgaire. Tout individu devait se confesser trois fois l'an, à moins d'être suspect d'hérésie,

130 concile (1327). L'archevêque de Toulouse et ses suffragants tinrent ce concile pour décider un simple cas do conscience,

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savoir s'il était permis de faire les funérailles d'un homme vivant. Un des consuls de la ville de Toulouse avait eu l'étrange idée de faire célébrer de son vivant son service funèbre dans l'église des frères prêcheurs. On l'avait apporté a l'église dans une bière, entouré de flambeaux , précédé d'un nombreux clergé et suivi de ses parents et de ses amis. La messe des morts avait été chantée. Il fut décidé que ces obsèques avant la mort n'avaient aucun fondement dans le droit ecclésiastique, que c'était une superstition condumiiable, et défense .fut faite à tous les ecclésiastiques, sous peine d'excommunication, de favoriser jamais de pareilles idées.

140 concile (1590). Le cardinal François de Joyeuse, archevêque de Toulouse, réunit ce concile pour faire décider un grand nombre de points, tous relatifs à la discipline ecclésiastique. Ce fut le dernier concile de Toulouse.

Touinu. o (bataille de), livrée sous les murs de cette ville entre les Français et les Anglais le 10 avril 1814. Tandis qu'à Paris le Sénat, jusqu'alors si bassement servile, décrétait la déchéance de Napoléon, dont il croyait n'avoir plus rien à espérer ou k craindre, ainsi que celle 'de toute sa famille, le maréchal Soult, commandant en chef de l'armée française du Midi, ignorant ce qui se passait à Paris, prenait à Toulouse toutes les mesures nécessaires pour résister aux Anglais, commandés par Wellington. Le 10 avril 1814, une bataille sanglante s'engagea près de cette ville entre les deux armées. Dans cette journée célèbre, 25,000 Français disputèrent pendant quatorze heures la victoire à 100,000 Anglais, Portugais et Espagnols, auxquels nos désastres avaient permis d'envahir le midi de la France. L'action commença dès le matin par l'incendie de quelques maisons de plaisance éparses dans la campagne et ne se termina qu'avec la nuit. Attaqués successivement, dans toutes les positions qu'ils occupaient, par des forces d'une écrasante supériorité numérique, les Français s'y défendirent avec une invincible opiniâtreté; sur divers points même, nos troupes prirent l'offensive avec un si terrible élan que l'ennemi eût été forcé de battre en retraite si notre cavalerie avait compté quelques mille hommes de plus. Toute l'habileté du maréchal Soult à multiplier ses hommes, à les porter tantôt sur un point, tantôt sur un autre, ne pouvait suffire à déterminer le mouvement rétrograde de l'armée anglaise. Les Français accomplirent néanmoins des prodiges de valeur, dont le plus éclatant fut celui de ne pas se laisser écraser par une telle supériorité de forces. Mais il faut reconnaître qu'en dehors du maréchal Soult ils avaient à leur tête des généraux d'élite, tels que Drouet, Rey, Clause!, Harispe, Gazan et Berton. La population de la ville elle-même prit une part énergique à la défense de ses foyers; avant que l'action fût engagée, les étudiants en droit et eu médecine rivalisèrent par leur ardeur à travailler aux redoutes et aux têtes de pont; plusieurs même tombèrent sur le champ de bataille, où ils allaient au risque de leur vie secourir les blessés. On vit jusqu'à des femmes qui couraient de rang en rang, bravant la mitraille pour porter des rafraîchissements et du secours aux soldats, déchirant leurs vêlements pour panser les blessures. Les Français perdirent environ 3,000 hommes, et l'ennemi évalua lui-même ses pertes à 6,000 morts et à 12,000 blessés.

Le maréchal Soult avait conservé ses positions; toutefois, il comprenait bien l'impossibilité de renouveler une pareille lulte et voyait l'armée combinée maltresse des principaux points extérieurs et sur le point de tenter un dernier effort avec la certitude de réussir et d'emporter la place. Il vit passer devant ses yeux le navrant spectacle d'une ville prise d'assaut, et, quoique bien décidé pour son compte à s'ensevelir avec son armée sous les ruines de la place, il écouta la voix de l'humanité etfit taire celle de l'orgueil militaire. Désespérant de pouvoir opposer uns plus longue résistance, il évacua Toulouse et effectua sa retraite en bon ordre par la route du bas Languedoc.

L'issue de la bataille peut paraître indécise. Si le gain d'un engagement doit être attribué à celui qui en relira les avantages, l'armée française , obligée d'évacuer Toulouse vingt-quatre heures après la bataille, a dû s'avouer vaincue; s'il appartient au parti qui enlève les positions de son ennemi et reste maître du champ de bataille, aucune des deux armées n'obtint cet honneur; mais si le nombre des morts et des blessés décide de la victoire, si les succès balancés dans "une lutte si disproportionnée s'estiment en raison du courage qu'il a fallu déployer de part et d'autre, la bataille de Toulouse doit être inscrite dans les fastes militaires de la France au nombre de ses plus glorieux faits d'armes.

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TOULOUSE, village du Jura, canton de Sellières, arrondissement de Lons-le-Saunier; 832 hab. Belles forges occupant plus de 200 ouvriers et produisant annuellement 1 million et demi de fonte moulée.

TOULOUSE (Raymond de). V. Raymond.

I TOULOUSE (la comtesse Adélaïde de), fille

du comte de Toulouse Raymond V, née au château de Burlats, morte en 1221. Elle se fit remarquer à la cour de son père par son esprit et par sa beauté et épousa, en 1171, Roger Trencavel, seigneur d'Albi,de Béziers et de Carcassonne. Lorsque son mari prit parti pour la" cause dos albigeois, elle vit commencer une longue série de malheurs. Son époux, persécuté par l'Eglise, perdit ses Etats et mourut en 1194. On priva alors Auélaîde de la tutelle de sou fils Raymond-Roger, qu'elle vil mourir à son tour. Pendant que les domaines de sa famille devenaient la proie de Montfori et des croisés, elle se retirait au château de Burlats, où elle avait passé son enfance, et là elle vécutentourée de quelques troubadours, dont l'un, Marviel, avait conçu pour elle le plus tendre attachement.

TOULOUSE (Louis-Alexandre de Bourbon, comte db), fils légitimé de Louis XIV et de Mme de Moutespan, né k Versailles en 1678, mort à Rambouillet en 1737. Tout enfant, il fut successivement nommé grand amiral de France (1683), colonel (1684), gouverneur général de la Guyenne (1689), prit une part brillante, en 1691, à l'assaut de Mons et au siège de Namur et devint maréchal de camp en 1696, lieutenant général en 1697. L'intrépidité dont le jeune comte avait fait preuve lui valut, lors de la guerre de la succession d'Espagne, d'être mis à la tête d'une escadre de six vuisseaux, avec laquelle il fit reconnaître k Messine et à Palerme l'autorité de Philippe V (1702). Deux ans plus tard, il prit le commandement d'une flotte, rallia l'escadre de Duquesne, rencontra à la hauteur de Malaga la flotte anglo-batave commandée par Rooke et, inaigre 1 infériorité de ses forces, il livra un combat meurtrier dans lequel l'ennemi fut battu sur tous les points et perdit beaucoup de monde. Cet engagement fit le plus grand honneur au comte de Toulouse, qui montra dans cette affaire autant de présence d'esprit que de courage. En 1706, il bloqua Barcelone, mais il dut s'éloigner en présence de la trop grande supériorité de forces de l'amiral Leake. A partir de ce moment, atteint de la maladie de la pierre, il dut renoncer à reprendre la mer. Il lut élevé par Louis XIV au rang de prince du sang. Exempt d'orgueil et d'ambition, il ne prit aucune part aux intrigues de la duchesse du Maine, sa belle-sœur, s'attira l'estime générale et ne fut point dépouillé par le Régent, comme les autres princes légitimés, des honneurs et des prérogatives réservés aux princes du sang royal. Saint-Simon, l'ennemi déclaré des princes légitimés, a t'ait le plus grand éloge du comte de Toulouse, qui était. dit-il, l'honneur, la vertu, la droiture, l'équité mêmes. Ce priuceavsit épousé, en 1723, Sophie de Noailles , veuve du marquis de Gondrin, jeune femme belle, pleine ne vertus, d'espril et de grâces, auprès de laquelle il goûta un bonheur sans mélange; il eut d'elle un fils, le duc de Penthièvre. Le comte de Toulouse mourut k la suite d'une opération de ta pierre.

TOULOUSE-LAUTREC (le comte de), général français, né dans le premier quart du xvuio siècle, mort vers 1796. Il entra dans la cavalerie, prit part a la guerre de Sept ans et, après avoir été colonel du régiment de Condé-dragons, il obtint le grade de maréchal de camp. Elu député aux états généraux par la noblesse de Castres en 1789, il manifesta la plus vive hostilité contre toutes les réformes exigées par l'opinion et quitta l'Assemblée en 1790. Peu après, il fut arrêté près de Toulouse sous l'inculpation de susciter une contre-révolution ; mais, comme il était député, on le relâcha, et l'Assemblée nationale, qui 1 appela à donner des explications, refusa de le poursuivre. Peu après, il eut une vive altercation avec Mirabeau et signa la protestation de la minorité réactionnaire. Apres l'expiration de son mandat, il passa eu Espagne, puis en Russie (1794), où il entra au service avec le grade de lieutenant générai. Pendant un voyage qu'il fit k Berlin l'année suivante , il l'ut emprisonné sous l'inculpation d'avoir fait circuler de faux assignats, et il mourut dans sa prison. On prétend qu'il s'y suicida.

TOULOUVAS, peuplade aborigène de la côte de Malabar, dans l'lude méridionale. La propriété, dans le pays occupé par cette peuplace, est soumise à d'autres lois que dans la reste de l'lude. Les terres appartiennent a ceux qui enontreçula possession de leurs ancêtres et les possesseurs ont te droit de les transmettre à leurs descendants; ils peuvent les aliéner, les vendre, les donner et en disposer à leur volonté, en un mot le jus utendi et abutendi, qui constitue le droit de propriété, leur appartient dans toute sa plénitude, taudis que partout ailleurs, dans 1 Inde, la terre appartient au prince, et le cultivateur n'en est que le fermier; les terres qu'il exploite lui sont concédées ou ôtées suivant le bon plaisir du gouvernement. Chaque propriétaire de terres, dans lo pays des Toulouvas, a, pour les cultiver, une peuplade ae parias qui sont proprement ses esclaves et qui font partie de son domaine. Tous les eufanis qui naissent parmi ces derniers sont serfs, ainsi que leurs pères, et le maître est libre de disposer des uns et des autres et do vendra les pères et les enfants, si .cela lui fait plaisir. Si l'un d'entre eux s'enfuyait

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pour aller servir un autre maître, le premier maître» le droit de le réclamer pnrtoutcomme Sa propriété. Lnrsnn'un propriétaire de ces contrées a plus d'esclaves qu'il ne lui en faut pour cultiver ses terres.il pn vend une partie à d'autres cultivateurs qui en manquent. Il n'est pas rare de voir un débiteur qui, poursuivi par ses créanciers, leur livre, au lien d'argent, une partie de ses parias, jusqu'à concurrence de la dette. Le prix>d'un de ces esclaves est très-peu élevé: un esclave mâle, encore jeune et en état de travailler, se paye 3 roupies ,et 100 serons (environ S francs) ou bien une quantité de riz égale à la charge d'un boeuf. Cependant les Toulouvas propriétaires de terrains ne vendent leurs esclaves parias que dans des cas de grande nécessité , et encore ne peuvent^ils les vendre alors que dans leur pays. Ils n'ont, dans aucun cas, la faculté de les exporter, pour aller les vendre au loin à des étrangers. Chaque propriétaire foncier a son habitation isolée, bâtie au milieu de ses dormîmes et dans laquelle il vit environné de sa ppuplnde d'enclaves, qui lui sont entièrement soumis. Quelques Toulouvas en ont plus de cent à leur service; ils les traitent, en général, fort humainement, ne leur im-~ posent de l'ouvrage que selon leur âge et leurs forces, les nourrissent du même riz qu'eux, les marient lorsqu'ils en ont l'âge et donnent tous les ans aux femmes, pour se vêtir, un morceau de toile de 7 à 8 coudées, et aux hommes une couverture de laine. Ces esclaves n'ont même pas le droit d'acheter leur liberté, et, s'ils veulent devenir indépendants , ils n'ont pas d'autre moyen de le faire que de s'enfuir secrètement et de quitter le pays. Ils en viennent rarement à cette extrémité. Accoutumés de père en fils à la subordination, traités avec humanité par leurs maîtres, nourris des mêmes aliments qu'eux, jamais obligés de travailler au delà de leurs forces, n'ayant d'ailleurs aucune notion de ce qu'on appelle liberté et indépendance, ils se sont fait une habitude de leur manière d'être; ils regardent leur maître comme un père, et se considèrent comme faisant partie de Sa famille. Dans le fait, leur condition est bien préférable à celle des parias libres ; ils sont, en effet, assurés de lenr'subsistunce , premier besoin de la nature, tandis que le paria libre manque la moitié du tein ps du strict néoefsai te et e.st souvent exposé à mourir de faim. .

TODLOCZAN , écrivain français, mort en 1840. Il professait l'histoire à Marseille, lorsque, à la suite d'un conflit avec l'abbé Eliçagaray, sur une question de méthode d'enseignement, il fut destitué. A partir de ce moment, il s'adonna à des travaux historiques et littéraires. Nous citerons de lui : Essai sur l'histoire de la nature (Paris 1815, 3 vol. in 8°), avec Gavoty ; De Vile de Sainteté eue et de Bonaparte (1815, in-8«) ; VA mi du bien , journal (Marseille, 1826-1827, 3 vol. in-8°) ; Annules provençales d'ttyriculture pratique et d'économie rurale (Marseille, is?7- 1830,4 vol. i»-8<>); Essai sur la diplomatie

TOULSYPOUR ou TOOLSVPOOR, ville de l'Iiidoiisutii, dans l'Etal d'Aouje, par 27° 29' de latiu N. et 79° 57' de longit. E.

TOULTCH1N on TtlLCZYN, villede la Russie d'Europe, gouvernement de fndolie, sur la S<*luiitZH et traversée parla grande route de Kherson; 10,000 hab. Manufactures d'armes à feu; beau château et vastes jardins des comtes de Potocki.

TOULTSCHA ou TOULDJA, ville de la Turuie d'Europe (Silislrie), sur la rive droite i Danube, au point où le fleuve se partage en plusieurs bras, à 24 kilom. S. dlsmuïl;. 15,000 hab. Ou la croît bâtie sur remplacement de l'ancien jEgissus, près duquel Dariu.s passa le Danube lorsqu il alla porter la guerre chez les Scythes.

TOULX SAINTE- CROIX, village et comm.

de Fr»n>:e (Creuse), caut. et nrrond. de Boussac; 1,279 hab. On y a découvert les vestiges d'une grande ville celtique : triple enceinte de remparts, iftnples, portes de ville et autres monument*. L'église, construite comme les basiliques primitives, se compose d'une nef et d'une abside. cinulaireS, autour desq .elles régnent des bas-côtés. Elle appartient au xno siècle. Sur divers points de la commune de Toulx- Sainte-Cruix se trouvent des entassements de rochers très-curieux , dans lesquels on a voulu voir des monuments druidiques. Sources intéressantes appelées les Viviers.

TOKLZA (Paul-Hélène-Philippe, comte de), littérateur français, né à Rabastens (Tari!) en 1813. U euitivu de bonne heure la poésie, envoya aux Jeux floraux plusieurs pièces de vers qui furent couronnées et écrivit divers art.cles daus différents recueils. Tout en s'occupant de travaux d'agronomie, M. de Toulza n'en u pas moins continué à consacrer une partie de son temps aux lettres. On lui doit des traductions de la Vie et des lettres de Itoia Ferrucci (1865, in-18) et de l'histoire de ta conquête du Mexique par Antonio de Solis, avec des notes 1186S, 3 vol. in-18). — Son fils, Etienne DS ToULZa, né k Kabastens en 18-16, a fait partie, connue secrétaire, du cabinet de M. Emile Ollivier en 1870 et a publié divers écrits, notamment : De l'administration des communes en France (1869, iu-18).

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