V. La Tour-du-Pin
Tonr-Snua-Venin (la), tour de l'Isère, aux environs de Grenoble, une des curiosités du Dauphiné. M. Adolphe Joanne la décrit ainsi : « A demi ruinée dès ie sine siècle, elle passait pour une des sept merveilles du Dauphiné; aussi avait-elle été le sujet de nombreuses légendes. 11 paraît que son nom provient d'une première dénomination successivement altérée (Suint - Véran, Saint- Vérin, Sans- Venin). Il ne reste plus aujourd'hui de la vieille forteres>e féodale qu'un pan de mur quadrangulaire qui ne mérite pas la visite des archéologues; mais, par compensation, les touristes jouissent, sur ce sommet isole ne toutes parts et élevé de 750 mètres, d'un admirable panorama. A l'E. se dresse toute la chaîne neigeuse des Alpes dauphinoises et savoisienues , depuis le
TOUR
mont Blanc jusqu'à, Taillefer ; au S., on aperçoit d'abord la vallée de la Romanche, dominée vers son origine pur les Grandes- Rousses, qu'on ne voit que par un temps clair, puis la vallée du Valbonnais, l'Obiou, les montagnes du Cerfetde Paverolles; àl'O., la vue est barrée par !e massif du Saint-Nizier ; mais, eu revanche, on découvre au N. et au N.-O. Grenoble, les principaux sommets du massif de la Grande-Chartreuse, et, au loin, le plateau de la Côte-Saint-André, la plaine du Rhône et les sommets bleuâtres du Forez. • On raconte que les animaux venimeux meuretlt dès qu'ils en approchent. Quoiqu'on ait fait cette expérience et qu'elle ait invariablement manqué, cependant bien des gens du pays croient aussi fermement que jamais à la vertu miraculeuse de cette localité. Ils en appellent au nom même de cette tour, et si les plus éclairés d'entre eux consentent à admettre que la tour a pu perdre, de nos jours, ce caractère miraculeux, ils n'en maintiennent pas moins qu'elle le possédait certainement autrefois.
TOUR (La), nom de divers personnages français. V. La Tour.
TOUR D'AUVEHGNE(La), nom de plusieurs hommes de guerre français. V. Bouillon, La Tour, Turenne,
TOUR-LANDRY (Geoffroy de La), poète français. V. La Tour-Landry.
TOUR-DU-PIN (La), nom d'une ancienne
, maison du Danphiué, qui a fourni plusieurs
hommes remarquables. V. La T0UR-m>Pw.
TOUR DB SAINT-I.UP1CIN (Claude-Lupicjn db La;, éiudit français, ne h Saint-Lupicin (Jura) en 1743, mort à Senlis en 1810. Eiudit et mathématicien, il fut un des plus actifs collaborateurs du Bictionnaire historique portatif du J.-B. Lndvocat et publia un traité de mathématiques à l'usage des écoles. Ce fut lui qui révéla au monde savant le célèbre horloger mécanicien Janvier et qui le soutint de sa fortune. Absorbé par ses travaux, Janvier négligeait ses intérêts; en lutte incessanie a\ecses créanciers, il manquait de la tranquillité d'esprit nécessaire au travail. Par amitié, par amour de la science, Claude de La Tour mit Janvier à l'abri des besoins matériels, et, avant de mourir, il' prépara sou mariage avec une de ses nièces, S>ylvie de La Tour. C'est à cette libéralité, à cet amour pour un homme que la nature avait si bien doué qu'on doit l'invention de tant d'ingénieux instruments qui ont rendu plus faciles. les travaux de l'horlogerie et de l'astronomie.
TOUIt- ET -TAXIS, nom d'une ancienne famille princière allemande, d'origine italienne. D'après une tradition, Un des ancêtres de cette famille se trouvait à Mdan lorsque, pendant une émeute, saint Ambroise le chargea de défendre un poste établi dans une tour ; il déploya dans l'exécution de cet ordre un tel courage, que l'èvéque de Milan lui donna le surnom de Tour, qu'il garda. Un de sea descendants reçut le nom de Tacitis, dont on lit Taxis, et qui devint par la stute le nom de la famille. Au xve siècle, Roger 1er, comte de Toui-et-Taxis, se rendit célèbre en organiount un service des postes dans le Tyrol, et l'empereur d'Allemagne Frédéric II l'arma chevalier (1450). François de Taxis marcha sur les traces de son père. Il établit un service du même genre entre Vienne et Bruxelles (lSlô)et reçut de Muxitnilien le litre de maître général des postes. Un de ses descendants, Léonard de Taxis, fut nommé par l'empereur Rodolphe U maître de poste général de l'empire et baron. Il améliora et étendit considérablement une institution dont l'invention était due à un de ses ancêtres, et qui devint le monopole exclusif de sa famille sous sou fils, Lanioraid de Taxis, nommé eu 1615 comte de l'empire; le privilège des postes fut étendu à tous les descendants de ce dernier, et même à la branche féminine des Tour-et-Taxis, àpartirde 1621. En 1681, Eugène-Alexandre de Taxis fut nommé juince par Charles II d'Espagne; cinq ans plus tard, l'empereur Léopohi l« Jui conféra le même nue. En 1754, Alexandre-Ferdinand de Tour-ei;Taxis fut investi ue la maîtrise générale des postes, érigée en flef princier, et appelé à faire partie du collège des princes de l'empire à la diète de Ratisbonne. Lors de l'établissement de la confédération du Rhin par Napoléon 1er, la famille de Tour-el-Tuxis perdit sa souveraineté ; mais elle n'en continua pas moins a faire le service des postes dans presque toute l'Allemagne.
TOURA, rivière de la Russie d'Asie (Perm), dans les monts Ourals. Elle coule Ou N. à l'E., puis au S., entre en Sibérie (ToboIsU), en suivant la même direction jusqu'à son confluent avec la Neira, d'où elle se dirige à. l'E. pour aller se jeter dans le Tobol, par 57° 18' de latit. N., après un cours de 400 kilom. Ses principaux affluents sont la Neira, la Pychema, la Tagil et la Salda.
TOURACO s. m. (tou-ra-ko). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des musophagidées, compreiiunt six espaces, qui habitent l'Afrique : iesTouRACos, par leurs formes générales, rappellent un peu celles des hoccos. (Z. Gerbe.) î) Un écrit aussi turacq.
— Encycl. Le genre touraco est défini par les caractères génériques suivants : bec plus
court que la tête, garni à la base de plumes effilées, dirigées en avant, convexes en dessus; un peu arqué, comprimé latéralement, dentelé de son milieu à la pointe, fendu jusque sous les yeux; narines orbiculaires, placées environ à la moitié de la longueur du bec; ailes courtes; queue longue, arrondie et étagée ; tarses robustes ; quatre doigts forts, deux en avant et deux en arrière; ongles solides, comprimés, mais peu crochus. Les touracos ont, en général, un port élégant, déterminé par la longueur du corps en totalité et parla forme allongée et assez étroite de celle de la queue. Les yeux sont grands, vifs et brillants et entourés d'un petit espace nu, garni de tubercules charnus, La langue est assez étroite, triangulaire, pointue et entière à sa base.
Jules Verreaux a attiré l'attention sur une propriété remarquable de ces oiseaux. Une douzaine de plumes des ailes, qui sont d'un beau pourpre violacé, perdent cette couleur chez les individus vivants lorsqu'elles ont été mouillées par la pluie; si, dans cet état, on vient à les toucher avec les doigts, ceux-ci se trouvent aussitôt rougis par la couleur pourprée qui déteint. En séchant, ces mêmes plumes reprennent leur éclat primitif. Sur l'oiseau mort, ni sur la dépouille, rien de semblable ne se produit.
Les touracos forment six espèces. Buffon s'exprime ainsi au sujet de l'une d'elles, le touraco pourpré, qu'il avait eu vivant et qu'on appelle aussi touraco du Cap ou touraco de Bttjfon : • On nous avait assuré qu'il se nourrissait de riz, et on ne lui offrit d'abord que cette nourriture ; il n'y toucha pas, s'affama et, dans cette extrémité, il avalait sa fiente; il ne subsista pendant deux ou trois jours que d'eau et de sucre dont on avait mis un morceau dans sa cage; mais, voyant apporter des raisins sur la table, il marqua l'appétit le pius vif; on lui en donna des grains, il les avala avidement; il s'empressa de même pour des pommes, puis pour des oranges ; depuis ce temps, on l'a nourri de fruits pendant plusieurs mois. Il parait que c'est sa nourriture naturelle, son bec courbé n'étant point du tout fait pour ramasser des graines. En effet, le bec de cet oiseau présente, au contraire, une ouverture très-grande qui lui permet facilement de mordre dans les raisins, les pommes, ies oranges ; il saute et ne marche pas: il a les ongles aigus et forts; il est vif et s agite beaucoup. 11 fait entendre à tout moment un petit cri, bas et rauque, creu, creu, du fond du gosier et sans ouvrir le bec. Mais, de temps en temps, il jette un autre cri éclatant très-fort, co, co, co, co; les premiers accents graves, les autres plus hauts, précipités et très-bruyants, d'une voix perçante et rude. Il fait entendre de lui-même ce cri quand il a faim et il le répète k volonté quand on l'excite et qu'on l'anime en l'imitant. • On sait peu de chose sur les habitudes de cet oiseau en liberté.
Le touraco louri, du Cap de Bonne-Espérance, observé par Levaillant, qui l'a décrit, est peu farouche et se laisse facilement approcher. Il est même si'confiant et en même temps si curieux, qu'il vient de lui-même près de 1 homme et des animaux, les suivant de branche en branche, en faisant entendre un cri de plaisir qu'on imite avec la syllabe cor, prononcée longuement du gosier, en appuyant toujours et en tremblotant. « Il accompagne ce cri d'aise, dit M. Levaillant, par les attitudes les plus vives et les plus gracieuses, soit en abaissant tout à coup sa queue très-épanouie, soit en la relevant en torme de roue, en même temps qu'il bat et déploie ses belles ailes, dont on aperçoit alors le riche incarnat dans touto sa splendeur. Outre ce crf de plaisir, qui est aussi celui qui exprime, chez le mille, le sentiment de lamour, il en a un autre, qui est celui de l'appel et qu'on rend très-bien par le mot corow, prononcé huit à dix fois de suite du fond du gosier et en grasseyant; j'étais tellement parvenu à bien contrefaire ces deux sortes de cris que je faisais approcher de moi tous les touracos du voisinage qui pouvaient m'entendre. Un autre cri, celui de la frayeur, de l'effroi et qui, faisait fuir tous ceux de ces oiseaux qui l'entendaient, est formé de sons éclatants qui, retentissant au loin, ressemblent à des sons précipités de trompettes guerrières. Ce cri est absolument la même que celui du perroquet vasa, lorsqu'il est saisi de frayeur. Quoique ces touracos soient •naturellement contiants et fort curieux, cependant, lorsqu'ils avaient appris à leurs dépens l'effet de nos armes, ils devenaient tellement méfiants qu'il était très-difficile alors de les approcher ; il est vrai que, comme ils étaient très-bons à manger, nous tuions tous ceux q^ui^se présentaient à nos coups; aussi, lotsqu ily avaitquelque temps que nous étions campés dans un canton, fallait-il que nous allassions au loin pour noua en procurer, et le meilleur moyeu pour en tuer beaucoup étuit de nous tenir en embuscade près des' arbres chargés des fruits qu'ils recherchaient de préférence et de les tirer à mesure qu'ils y venaient. Il m'est arrivé quelquefois, de cette manière, de tuer jusqu à vingt de ces oiseaux dans une matinée, et souvent, dans les premiers temps de notre arrivée dans un canton, je pouvais tirer de suite, sur le même arbre, quatre ou cinq touracos sans que l'explosion du fusil fit fuir les autres ; loin de là, même, i'en voyais souvent accourir près de
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moi, attirés par la détonation de mon arme, tant ils étaient empressés de venir voir d'où provenait ce bruit qu'ils ne connaissaient pas encore et dont ils. étaient loin de redouter l'effet meurtrier. Au bout de quelque temps, ils étaient cependant devenus plus défiants. Les touracos ne se nourrissent absolument que de fruits qu'ils avalent tout entiers avec leurs noyaux, pourvu qu'ils ne dépassent pas la grosseur d'une noix. Celui dont ils étaient le pins friands est le fruit d'une liane qui s'attache a tous les arbres et que les colons et les Hottentots regardent comme un raisin sauvage. Dans l'état de domesticité , ils dépècent les pêches, les abricots, dont ils sont très- friands, ainsi que le raisin, même ceux qui sont desséchés. On peut aussi leur donner du riz cuit, pourvu qu'il soit un peu sucré, même de la mie de pain imbibée de vin sucré; cependant ils préfèrent toujours les fruits, et ce n'est qu'à défaut de ceux-ci qu'ils mangent le pain et le riz. Lé touraco louri niche dans les grands trous d'arbres. La ponte est de quatre œufs d'un blanc bleuâtre. La femelle et le mâle couvent tour à tour, et les jeunes suivent toujours le père et la tnère. Les ailes de ces oiseaux sont petites, faibles et très-bombées; aussi volentils lourdement, battant toujours des ailes, incapables d'un long trajet; en revanche, ils sont d'une agilité surprenante à sauter de branche en branche et à parcourir toutes celles des plus gros arbres, sans pour cela déployer leurs ailes. Les (buracos, en général, ont un port élégant, gracieux, des formes harmonieuses et un plumage teint des plus vives couleurs. •
Le touraco Pauline est ainsi nommé parce qu'il fut dédié par Vieillot a MUe Pauline de Ranchonp, qui en possédait un. Cet oiseau était remarquable par la douceur et l'élégance de ses mouvements. Avide de caresses, il se laissait toucher et flatter avec plaisir. On le nourrissait de fruits, de sucreries et de pain trempé dans du vin. Cette espèce rappelle d'ailleurs beaucoup la précédente.
TOURADJA, district central de l'île Célèbes, habité par des Biadjous, qui vivent de la pêche, et des montagnards, appelés aussi Touradjas, que Rienzi regarde comme la souche des Polynésiens.
TOURAH, villa d'Egypte, sur la rive droite du Nil, dans le inoudirieh de Gizôh. D'après une tradition, elle aurait été fondée par les Troyens échappés des ruines de Troie.
TOURAILLE s. f. (tou-r'a-lle; II mil. — du lat. torrere, brûler, sécher). Techn. Etuve de brasseur, dans laquelle on sèche le grain. Il Grain que l'on sèche dans l'étuve. il Charger la touraille, Placer le grain sur le plancher de la cuve. Il Reloucher la touraille, Déplacer le grain répandu sur l'un des côtés du plancher, il Rebrouiller la touraille, Remuer le grain et le retourner sur le plancher de la touraille.
TOURAILLON s. m. (lou-ra-llon; U mil.
— rad. touraille). Techn. Germe d'orge séchée à la touraille.
— Eneycl. Nous empruntons aux Archives de l'agriculture du Nord, bulletin mensuel du comice agricole de Lille, l'extrait suivant d'une étude de M. Corenwinder sur les résidus des industries rurales :
« On a reconnu que les radicelles d'orge germée, appelées vulgairement iouraillons, constituent un excellent engrais et peuvent servir de nourriture pour le bétail.
» Ces radicelles, considérées à l'état sec, contiennent 4,63 pour 100 d'azote.
« 100 parties de cendres renferment 16,76 parties d'acide phosphorique.
• Au couvent de la Trappe du mont des Cattes, canton de Stenwoorde (Nord), on en utilise beaucoup, particulièrement pour les prairies, sur lesquelles on les répand en couvertures au mois d'avril. Autant que possible, il convient d*e choisir un temps humide pour faire cette opération. En ce cas, l'engrais produit un effet rapide et prononcé. Au contraire, par un temps sec, cet effet est suspendu jusqu'à ce qu'une pluie opportune mette en liberté les principes solubles des radicelles et les rende assimilables. Il est préférable de tirer parti des tourailtons en couverture sur les prairies, plutôt que de les enfouir dans le sol par le labour ou le hersage, parce que ces résidus salissent beaucoup les terres à cause des semences dont ils sont parfois chargés. Appliquées à la surface des prairies, ces graines étrangères germent; mais les plantes qu'elles devraient engendrer, ne trouvant pas de conditions favorables, ne prennent pas d'accroissement. Toutefois, lorsque cet engrais est mis en terre, il produit un effet qui se remarque encore trois ans après son application.
» Les touraillons forment également une excellente nourriture pour la Tiétail. On les mélange avantageusement avec les denrées humides, telles que la pulpe de betterave, et surtout celle qui a été obtenue par macération.
» Le prix de ces radicelles est d'environ 6 francs les 100 kilogrammes, à. Lille, c'està-dire que le kilogramme d'azote contenu, dans cette denrée ne coûte que 4 fr, 36.
» C'est une matière fertilisante obtenue à bon marché, que nos cultivateurs ne doivent pas négliger d'utiliser toutes les fois qu'ils en ont l'occasion. »
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TOÙRAINE (Turonia), ancienne province de France, bornée au N. par l'Orléanais, à l'O. par l'Anjou et le Maine, au S. par le Poitou et à. l'E. par le Berry. Elle était divisée par la Loire en haute et basse Touraine. Sa fertilité et la douceur de son climat l'avaient fait surnommer le jardin de la France. î Cette province, dit M. Ennery, était habitée par les Turones, qui donnèrent leur nom à la province ainsi qu à Tours, leur capitale. Sous Honorius, le pays des Turones fut compris dans la troisième Lyonnaise. De la domination romaine, la Touraine passa sous celle des Wisigoths en 475, -puis, en 507, sous celle des Francs. Elle fut alors gouvernée par des comtes, qui, d'amovibles qu'ils étaient d'abord, parvinrent à se rendre héréditaires, k condition de réversibilité à la couronne dans le cas d'extinction de descendance mâle ou dans le cas de félonie. En 1044, Geoffroi-Martel, comte d'Anjou, s'en empara sous prétexte qu'elle avait fait partie du domaine de ses prédécesseurs, et la transmit à ses descendants. iMais Philippe-Auguste la confisqua en 1202 comme un flef de Jean sans Terre. Jean Ie' l'érigea en duché-pairie, en 1356, en faveur de Philippe, son fils, devenu plus tard duc de Bourgogne. Elle servit depuis d'apanage aux tils de France, jusqu'après la mort du duc d'Alençon, frère de Henri III, époque à laquelle le duché fut pour toujours réuni à la couronne. La Touraine forme, depuis 1790, le département d'Indre-et-Loire. « La Touraine fournit des vins rouges et surtout des vins blancs renommés qui jouissent en Belgique et en Hollande d'une vogue justement méritée; les vins rouges, de leur côté, sont fort estimés dans le commerce pour le bon effet qu'ils produisent dans les mélanges. Ils ont une belle couleur foncée, beaucoup de nerf, du mordant et du corps. Les principaux vignobles pour les vins blancs sont ceux de Vouvray, Rochecorbon, Vernon , etc. ; mais tous les vins blancs de la Touraine prennent, dans le commerce, le nom de vins de Vouvray. Les meilleurs vins rouges sont ceux de Joué et de Saint-Nicolasde-Bourgueil.
Les vins dits du Cher, qu'on récolte sur les deux rives de la rivière de ce nom, depuis Selles (Loir-et-Cher) jusqu'il une quinzaine de kilomètres de Tours, sont corsés, spiritueux et mordants, qualités qui les rendent excessivement propres à être mélangés avec des vins faibles ou trop vieux, et qui les font tellement rechercher que leur prix est toujours plus élevé que celui d'autres vins préférables. Dans lo commerce, on appelle vins du Cher, non-seulement ceux de cette région, mais encore tous les vins récoltés à Civray, Chenonceaux , Saint-Cyr, Chinon , Luynes et Amboise, nom impropre qui s'applique à des vins qui diffèrent énormément de qualité.
Les vins rouges de la Touraine s'expédient presque tous à Paris, dans des tonneaux appelés poinçons et contenant 230 litres à Saint-Nicolas-de-Bourgueuil et il Chinon , 32 veltes ou 243 litres à Tours et à Amboise, et 34 veltes ou 858 litres à Vouvray.
TOURAN, nom que les anciens Persans donnaient au pays des Scythes et aux contrées situées au N. de l'Oxus, par-oppositioil à l'Iran (la Perse) ou pays pur.
TOURAN-SCHAH 1er, roi d'Ormuz, mort à Ormuz en 1377, II succéda, en 1346, & son père, Cothb-Eddyn 1er, reprit l'Ile de Keich dont son cousin Schady s'était emparé, puis se rendit maître des Iles Bahraïn, grâce aux dissensions qui eurent lieu & la mort de ce dernier, et mourut après avoir régné trentedeux ans.
TOURAN-SCHAH U, roi d'Ormuz. Il succéda, en'1436, à son frère, Seif-Eddyn, qu'il détrôna, et mourut après avoir régné paisiblement pendant trente ans.
TOURAN-SCHAH III, roi d'Ormua, mort en 1522. Il monta sur le trône vers 1513, grâce U un ministre ambitieux, Reis-Nour- Eddyn, qui espérait gouverner seul et ne laissa en effet au roi que le simulacre de l'autorité. Mais, en 1515, Alphonse d'Albuuuerijue se présenta devant Ormuz avec une floue et délivra Touran-Schah de son ministre. Toutefois, ce prince n'en eut pas pour cela plus d'autorité réelle. L'habile Albuquerque régna sur Ormuz sans paraître se mêler des affaires du gouvernement. Il sut même persuader à Touran qu'il était libre, et celui-ci le regretta vivement lorsqu'il retourna en Portugal. Après Je départ d'Albuquerque, le faible Touran se vit de nouveau le jouet de ses ministres. Ceux-ci l'engagèrent dans une guerre contre le prince de Lahsa révolté et déterminèrent les Portugais à se joindre aveu eux pour cette expédition. Le prince rebelle fut vaincu et tué; El-Katif et les lies Bahraïn furent soumises, et Mir-Aschraf, ministre et général des Ormuziens, en eut le gouvernement. Les Portugais se trouvaient fort affaiblis par leurs succès, auxquels les troupes d'Ormuz n'avaient pris qu'une faible part. Le ministre Mir-Aschraf résolut de proliter de cette circonstance pour se débarrasserde ces étrangers et les fitmassacrer dans plusieurs villes du royaume ; mais le3 Portugais, restés maîtres d'une citadelle, forcèrent Tourun-Schah et toute sa cour à se retirer dans l'Ile de Keischrae, et ce prince envoya demander la paix et faire des excu-
TOUR
ses an gouverneur portugais. Sentant qu'il était perdu, Mir-Aschraf essaya de prévenir le châtiment réservé à sa perfidie en faisant assassiner le roi et en mettant sur le trône Mohamnied-Padischah.
TOURAN-SCHAH, sultan de nfémen.V. Mé-
MK - EL-MO ADH AM.
TODRAN-DOKHTouPOCRAN-DOKHT,reine
de Perse, de la dynastie des Sassanides. Elle vivait au vn« siècle. Scharhywr ou Schahroarz ayant usurpé le trône, elle devint l'âme de conspirations -ourdies pour le renverser, parvint a le faire assassiner et monta sur le trône, selon les uns en 629, selou d'autres en 631. Touran-Dokht donna le commandement de ses armées à Feroukh-Zad, qui l'avait aidée dans son entreprise, le nomma premier ministre et trouva en lui un sage auxiliaire. Cette princesse .s'attacha à rétablir la tran-
âuillité au dedans, à maintenir la paix au ehors, à faire fleurir la justice, protégea le peuple contre l'oppression des grands et contre les excès delà soldatesque, fit condamner à mort plusieurs chefs qui voulaient être indépendants et fut enlevée, pour le malheur de la Perse, après un règne de seize mois. On croit qu'elle mourut empoisonnée.
TOURANE, Ville de l'empire d'Annam. V.
Touron.
TOCRANG, ville sur la côte N. de l'île de Java, avec un bon port d'où l'on exporte du poivre, de la soie et des lainages, à 900 kilom. E. de Batavia; par 150 6' de latit. N. et 1090 39' de longit. E.
TOURANGEAU, ELLE s. et adj. (tou-ranjô, è-le). Géoyr. Hubitant de Tours ou de la Touraine ; qui appartientà ces pays ou à leurs habitants : Les Tourangeaux. La population tourangelle. A tort ou à raison, les Tourangeaux aiment beaucoup à hériter de leurs parents. ( Balz. ) Les Tourangeaux furent vaincus par un détachement qu'envoya Vitellius Varo, commandant de l'armée du bas Rhin. (Crevier.)
TOURANGETTE s. f. (tou-ran-jè-te — rad.
tourangeau). Comra. Nom générique de plusieurs espèces de draps très-légers qui se fabriquaient anciennement dans diverses localités de l'Orléanais et du pays chartrain.
TOURAN1EN, IENNE adj. (tou-ra-ni-ain, i-è-ne — du kanat de Touran ou de Sibir). Linguist. Se dit d'une classe de langues propres à l'Asie et à l'Europe, et qu'on appelle
aussi NORD-ÀLTAÏQUES..
— Encycl. La classe des langues touraniennes se compose de langues à désinences ou agglutinantes, et comprend, à l'exception du chinois et des dialectes congénères, toutes les langues parlées en Asie et eu Europe qui ne font pas partie des familles aryenne et sémitique. Quand, remontant vers les origines obscures, nous contemplons le grand fleuve du langage, nous le voyons, suivant la belle et pittoresque expression de Max Mùller, se dérouler à travers les âges, partagé en trois bras immenses qui, avant de disparaître à l'horizon lointain, semblent nous laisser voir qu'ils dérivent d'une source commune. Et, en effet, comme toutes les langues, autant que "nous pouvons en juger à présent, peuvent se réduire en dernière analyse à des racines attributives et démonstratives, il est manifeste que, selon la manière dont les racines sont unies, nous pouvons nous attendre à trouver trois espèces de langues ou trois périodes dans la formation graduelle du langage :
1° Les racines peuvent être employées comme des mots, chaque racine conservant toute son indépendance.
2» Deux racines peuvent être jointes ensemble pour former des mots, et dans ces composés, l'une des. racines peut perdre son indépendance.
30 Deux racines peuvent être réunies pour former des mots, et dans ces composés perdre toutes les deux leur indépendance.
Le touranien appartient à la seconde période, qui embrasse les langues agglutinantes, tandis que le chinois appartient à la première, celle des langues monosyllabiques et l'aryen à la troisième , celle des langues à flexion.
Selon MM. Bunsen et Mux Mùller, les idiomes touraniens caractérisent les populations nomades de l'Asie et marquent le premier pas du roonosyllabisme vers l'étape flexion. La racine y reste encore invariable ; mais elle se charge d'une foule de préfixes et d'affixesj elle reste toujours en relief avec son sens distinct et primitif, que n'obscurcit jamais son contact avec les éléments formels. Les règles suivant lesquelles se composent les mots destinés à rendre les modifications de l'idée demeurent presque constamment les mêmes ; c'est pourquoi on n'y rencontre que fort 'peu de formes irrégulières et d'idiotismes particuliers à tel ou tel dialecte. On y trouve rarement des mots synonymes et homonymes. L'origine monosyllabique de tous ces idiomes, que la séparation et la condition diverse des tribus qui les parlent ont constitués en un grand nombre de langues distinctes, se reconnaît encore au caractère vague d'une foule de mots pour lesquels lu catégorie grammaticale n'est pas fixée et où la racine verbale se confond le pius souvent avec le substantif. Ces langues ont en commua des éléments qu'elles ont dû puiser à la 'même source, et leurs coïncidences formel-
TOUR
les, bien que d'un caractère différent de celles qui se remarquent dans les familles aryenne et sémitique, sont cependant telles qu il est impossible de les attribuer à des rencontres fortuites.
Le mot touranien est employé, selon M. Max Mûller, comme faisant antithèse à aryçn , et s'applique aux races nomades de l'Asie, en tant qu on les oppose aux races agricoles ou aryennes. Toura, nom primitif des Touraniens, exprime la vitesse du cavalier. Toutefois, on a découvert dans les inscriptions cunéiformes du système médique, que le mot tour, en scythique, veut dire fils, et que les mots an, annape signifient dieu, étoile. D'où l'on pourrait donner au nom des Touraniens la signification de fils de dieu ou fils de l'étoile. On suppose, du reste, que ce sont les Scythes Touraniens qui importèrent l'écriture cunéiforme à Babylone, en l'année 2217 av. J.-C. La famille des langues touraniennes est divisée en deux branches : celle du Nord et celle du Sud. La première est quelquefois 'appelée ouralo-altaïque ou ongro-tartare, et elle se subdivise en cinq rameaux : le tongous, le mongol, le turc, le finnois et le samoyède. La seconde, qui occupe la partie méridionale de l'Asie, est divisée en cinq rameaux : le tamoul, qui comprend les dialectes du Decan-, le bhotiya ou lohitien, les dialectes du Thibet et du Bhotan ; le gangétique, les dialectes sub-hiinalayens et transhimalayens; le taïen, les dialectes de Siain, et le malais, les dialectes de Malacca et de la Polynésie. Une autre classification des langues touraniennes les partage en trois bramhes : la dravidienne, la caucasienne et l'altaïque.
11 ne faut pas penser à trouver dans cette multitude innombrable de langues le même air de famille qui rapproche les langues sémitiques ou aryennes ; mais l'absence même de cet air de famille constitue un des caractères des dialectes touraniens. Ce sont des langues de nomades, langues qui, par ce caractère , se distinguent profondément des langues aryennes et sémitiques. Dans les langues de ces deux dernières familles, la plupart des mots et des formes grammaticales ont été produits, une fois pour toutes, par la force créatrice d'une seule génération, et on ne les abandonnait pas légèrement, même quand leur clarté originelle avait été obscurcie par l'altération phonétique. Transmettre une langue de cette manière n'est possible que chez les peuples dont l'histoire coule comme un grand fleuve et chez qui la religion, les lois et la poésie servent de digues au courant du langage. Mais chez les nomades touraniens, il ne s'est jamais formé de noyau d'institutions politiques, sociales ou littéraires. Les empires n'étaient pas plus tôt fondés qu'ils étaient dispersés de nouveau, comme les nuages de sable du désert; nulles lois, nuls chants, nuls récits ne survivaient à la génération qui les avait vus naître.
On sait avec quelle rapidité le langage peut s'altérer quand il est abandonné à luimême, sans être fixé par des modèles littéraires ou des règles grammaticales. Les substantifs les plus indispensables, tels que père, mère, fille, fils, se sont souvent perdus et ont été remplacés par des synonymes dans les dilTérents dialectes touraniens, et les désinences grammaticales n'ont pas eu un sort meilleur.
Néanmoins, plusieurs des noms de nombre, des pronoms et beaucoup de radicaux dans ces langues révèlent l'unité de leur origine, et les racines et les mots appartenant en commun aux membres les plus disséminés de cette famille nous autorisent à reconnaître une parenté réelle, quoique très-éloignée, entre tous les dialectes touraniens.
Le trait le plus caractéristique de ces langues, avons-nous dit, c'est l'agglutination; ce qui ne signifie pas seulement que, dans leur grammaire, les pronoms sont pour ainsi dire accolés aux verbes pour former la conjugaison, ou les prépositions aux substantifs pour former la déclinaison; car ce ne serait pas là un caructère distinctif de ces langues nomades, puisqu'en hébreu, aussi bien qu'en sanscrit, la conjugaison et la déclinaison ont été originairement constituées d'après les mêmes principes; mais ce qui distingue les langues touraniennes; c'est que les mots que nous offrent leur conjugaison et leur déclinaison se prêtent toujours k une décomposition facile, et, bien qu'il s'en faille de beaucoup que les terminaisons aient toujours conservé leur valeur significative comme mots indépendants, on sent encore qu'elles sont des syllabes modificatives, distinctes des raÈines auxquelles elles s'ajoutent. Ainsi un Touranien aurait pu admettre le sanscrit :
as-mi, a-si, as-ti,
je suis, tu es, il est,
s-mas, s-iha, s-anti,
nous sommes, vous êtes, ils sont ;
ou même le latin :
s-um, su-mus,
e-s, es-tis,
es-tt sun t.
Dans ces formes, sauf peu d'exceptions, il est aussi facile de distinguer la racine et l'afîixe que dans le verbe turc :
bakar-im, bakar-sin, bakar,
je regarde, tu regardes, il regarde, bakar-is, bakar-siniz, bakar-lar.
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Mais une conjugaison comme celle de l'indoustani, un des dialectes aryens modernes :
hun, hai, hai, hain, ho, kain, serait incompatible avec le génie des langues touraniennes.
Dans ces langues, les syllabes déterminatives ou modificatives sont généralement placées à la fin des mots, et les voyelles ne sont pas aussi invariables pour chaque syllabe qu'en sanscrit ou en hébreu. On y trouve, au contraire, ce qu'on appelle la loi d'harmonisation, d'après laquelle les voyelles de chaque mot peuvent et doivent subir un changement qui les mette en harmonie avec le ton donné par la voyelle radicale. Ainsi, en turc on dit : sev-mek, aimer, et bak-mak, regarder, mek ou mak étant la désinence de l'infinitif. De même on dit : eu-fer, les maissons, et at-lar, les chevaux, 1er ou lar étant la désinence du pluriel. Aucune langue aryenne ou sémitique n'a conservé une telle liberté pour modifier et échanger ses voyelles selon les lois de l'harmonie, tandis que l'on retrouve des traces de cette faculté chez les membres disséminés de la famille touranienne, par exemple dans les idiomes hongrois, mongol, turc; dans le yakout, qui est parlé au nord de la Sibérie ; dans le toulou et dans les dialectes des contrées qui touchent aux frontières orientales de l'Inde.
TOURAT s. m. (tou-ra). Ornith. Nom vulgaire de la draine.
TOURATÉ, ville de l'Ile Célèbes, sur la côte S. et sur la mer de la Sonde, ch.-l. d'un district du même nom. Fabriques de soieries et d'étoffes de coton, que l'on teint en partie et que les Hollandais exportent aux Moluques, aux Philippines et sur les côtes de I Inde.
TOURATÉA s. m. (tou-ra-té-a). Linguist.
Dialecte macassar.
— Encycl. V. CÉLÈBES.
TOURAVAKA1RA, ville de l'Indoustan, Etat de Maïssour, à 100 kilom. N. de Seringapatam, par 130 V dé latit. N. et 74» 30' de luugit. E. Remparts et forts; temples indous d'une haute antiquité.
TOURAYA s. f. (tou-ra-ia). Grande lanterne de fer-blanc, avec un grand nombre de petits verres à huile, que l'on suspend, en Egypte, devant les maisons, les jours de fête.
TOURBA, cap de la régence de Tripoli, Afrique septentrionale, sur la côte du Barcah, par 32» 54' de latit. N. et 20° 2' de longit. E.
TOURBAGE s. m. (tour-ba-je — rad. tourber). Exploitation de la tourbe, dans la Loire- Inferieure.
TOURBE s. f. (tour-be — latin turba, foule, multitude, proprement foule bruyante, agitée. Ce mot appartient à la même famille que turbare, troubler, agiter, turbo, tourbi.lon, turma, escadron, et que le grec turbê, tumulte, turbazô, troubler, turoasia, danse tumultueuse. La racine commune de tous ces termes parait être dans le sanscrit tvar, tur, se hâter, d'où turas, pronrfpt, turâ, célérité. Coissen croit que toar est pour stvar, et rattache également à cette racine l'ancien haut allemand sturum , combat, sturz, tumulte, sturzen, troubler, agiter). Foule de gens méprisables ou appartenant au plus bus peuple : La vile tourbe bourdonne et triomphe; le saye se tait, cède et gémit tout bas. (J.-J. Rouss.) La tourbe des princes venait pêle-mêle derrière, dans un respectueux silence. (Chaleaub.)
— Philol. Tourbe des philosophes, Recueil des recherches écrites sur la pierre philosophais
TOURBE s. f. (tour-be — du germanique : ancien haut allemand sur/', fory^, anglo-saxon, tyrf, Scandinave iorf, danois toru, suédois taorf, torf, hollandais turf, allemand torff, anglais turf, terre combustible). Miner. Combustible noirâtre, léger, spongieux , fourni par des matières végétales carbonisées : , Tourbe des marais. Tourbe bitumineuse. Brûler de ta tourbe. Charbon de tourbe. Beaucoup de tourbes contiennent du soufre combiné avec te fer à l'état de pyrite. (M. de Dombasle). On n'emploie guère tes tourbes que pendant le printemps et l'été. (A. Rivière). La nature de la tourbe doit varier suivant celle des plantes qui l'ont produite. (V. de Boinare.) Toutes les espèces de plantes herbacées peuvent fournir de la tourbe. (Bosc.) La tourbe se forme journellement par l'accumulation des plantes aquatiques. (A. Maury.) Il Tourbe fibreuse, Tourbe superficielle des marais, formée de végétaux incomplètement décomposés. Il Tourbe limoneuse, Tourbe dont les éléments sont plus complètement décomposés, et qui affecte la forme d'une boue' noirâtre. li Tourbe pyriteuse, Nom donné improprement à quelques lignites. Il Tourbe mottxère, Tourbe mise en mottes pour être brûlée. : — Coium. Tourteaux de tan.
— Encycl. Géol. On peut considérer la Sourie comme une espèce de houille de formation récente. C'est une matière noirâtre ou brune, d'autant plus combustible qu'elle est plus pure, c'est-à-dire moins chargée de terre et d'eau, exhalant à la combustion une odeur sui generis et brûlant avec ou sans flamme. Nous expliquons au mot tourbière la manière dont elle se forme par accumulation et altération, sous les eaux stagnantes, de plan- '
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tes aquatiques. Parmi ces plantes dominent les sphaignes, les cryptogames cellulaires; des débris de végétation terrestre s'y trouvent également soit dispersés, soit agglomérés. La formation de la tourbe se rapporte a la période géologique des alluvions, quand elle n'est pas plus récente. D'ailleurs, il s'en forme sans cesse au fond des marécages. Outre les débris que nous venons de signaler, on rencontre parfois dans la tourbe des fragments de l'industrie humaine et des ossements d'animaux et d'hommes; il n'est pas très-rare d'y trouver des os de cerf, de chevreuil, de sanglier, de bœuf. En 1833, trois canots, ressemblant parfaitement aux pirogues des sauvages, ont été trouvés en Angleterre dans les tourbières du Lancashire. Près de Saint-Quentin, on a même découvert dans la tourbe les restes d'une chaussée romaine et un unias d'armes antiques. Les tourbières des marsis présentent aussi quelquefois des lies flottantes, qui ne sont autre chose que des portions de tourbe légères qui remontent à la surface de l'eau, en se détachant du fond, ou qu'on en a détachées artificiellement. Ces lies, dont parle Pline comme de phénomènes très-étranges, sont aujourd'hui assez nombreuses dans les grandes' tourbières du nord de l'Allemagne.
On distingue quatre espèces principales de tourbe : celle des gazons, pleine de racines non décomposées; celle des marais, dont les éléments sont dans un état de décomposition plus avancée; celle dite de poix, noire et renfermant encore quelques vestiges de plantes, et enfin la tourbe bourbeuse, dans laquelle il n'y a plus trace de végétaux.
L'analyse des cendres de tourbes connues jusqu'à présent présente, comme caractère particulier, l'absence presque complète d'alcalis. En voici la composition :
Potasse 1,9300
Soude 0,9910
Chaux 31,0793
Magnésie 2,1080
Oxyde de fer 15,0687
Alumine 33,9355
Acide phosphorique. . . 4,4463
Acide sulfurique .... 6,8302
Chlorure de sodium . . 0,0386
Silice 3,5524
— Indust. Extraction de la tourbe. On extrait généralement la tourbe au printemps, en mottes carrées de la grosseur d'une brique, qu'on laisse sécher pendant l'été sur les lieux mêmes de l'exploitation ; elle éprouve
2 3 alors un retrait de - à - et contient environ
30 pour 100 d'eau, dont on ne peut la débarrasser qu'à une température très-élevée. 11 y a trois manières de procéder à cette extraction. Quand il est possible de mettre Les travaux à sec, "soit au moyen de rigoles d'écoulement, soit au moyeu de pompes, on pratique dans le banc de tourbe une tranchée de- 3 à 4 mètres de largeur, que l'on élargit successivement en enlevant la tourbe et en commençant par la partie supérieure du banc; on se pose sur des banquettes ou des gradins, qu'on descend au fur et à mesure. La tourbe est enlevée avec un louchei, sorte de bêche eu fer, à deux parois et coupant sur deux faces, eu sorte que les pelletées de tourbe, se trouvant détachées sur leurs quatre faces verticales et sur leur face supérieure, se laissent facilement enlever de leur hase en même temps qu'elles forment des briquettes assez régulières pour qu'il soit inutile de les passer au moule. Lorsque l'assèchement est impossible , on est obligé d'employer deux procédés différents, selou que la tourbe est solide ou boueuse. Si elle est solide, on l'extrait avec uu grand louchet. Cet instrument est manœuvré par un ouvrier placé sur un batelet ou sur un madrier jeté en travers de la fosse. Si elle est boueuse, on l'extrait avec des dragues, puis on la moule à peu près comme on moule les briques. Le moulage peut être remplacé par une dessiccation au soleil, après laquelle on divise la tourbe en briquettes au moyen d'une bêche.
— - Emploi.de la tourbe. La tourbe est surtout utilisée comme combustible de ménage dans les pays où le bois et lu houille sont peu abondants. Elle brûle lentement, donne une fumée piquante et desagréable. Elle peut aussi servir k l'alimentation des foyers de chaudières k vapeur. En Bohême, il existe des hauts fourneaux qui sont chauffés avec un mélange de tourbe et de charbon de bois. Il parait que, lorsque les tourbes ont été convenablement desséchées et qu'elles ne renferment que peu de cendres, 5 à 6 pour 100, elles peuvent être employées pour les opéralions métallurgiques. Mais les tourbes contiennent, en général, des quantités assez considérables de terre, que l'on a cherché à en séparer par différents moyens. AMontauger, près de Corbeil, M. Challeton a essayé le procédé suivant. La tourbe extraite au louchet ou à la drague est amenée à l'usina par des canaux ménagés dans la tourbière. Elle est élevée par une chaîne à godets et introduite avec une quantité suffisante d'eau dans uue grande cuve, dans laquelle se meut un arbre vertical garni d'ailes horizontales, armées de crochets très-nombreux ; la tourbe est divisée, les parties organiques qui avaient conservé leurs formes sont déchirées, et le produit de cette action mécanique est une
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bouillie claire qu'une chaîne â godets élève constamment pour la verser dans un canal de planches situé an-dessus du sol. Ce canal conduit la bouillie dans des bassins dont le fond est formé par le sol recouvert de nattes ; en quatre ou cinq heures, la plus grande partie de l'eau renfermée dans la tourbe s'est écoulée. La couche de tourbe de chaque bassin est alors divisée en briques, que l'on laisse sécher sur le sol, suivant la méthode ordinaire. La tourbe ainsi, préparée ne contient
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que peu de terre, celle-ci étant déposée, par suite de sa plus grande densité, au fond des cuves à broyer, d'où elle a été enlevée de temps en temps. Cette tourbe renferme encore 12 pour 100 d'eau.
La puissance calorifique de la tourbe pure est considérable. Le tableau suivant donne les résultats des analyses faites par M. Regnault sur la composition de ce produit et son pouvoir calorifique déterminé par Péclet.