‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 285 sur 1042 · TOURNE-DOS · texte numérisé non relu

TOURNE-DOS

TOURNÉE s. f. (tour-né — rad. tourner). Excursion avec arrêts sur des points nombreux, faits le plus souvent dans un but d'affaire ou d'administration: Un préfet en tournée. Un commis voyageur en tournée. A'ouj faisons des tournées très-étendues ; rien ne nous arrête. (J.-J. Rouss.) J'ai perdu, dans mes fréquentes tournées, les trois quarts de mes paperasses. (Volt.)

— Fam. Promenade : J'ai fait ce matin une petite tournée très- agréable..

— Pop. Rasade offerte à l'assistance devant un comptoir de marchand de vin. Il Volée de coups : Recevoir mie tournés.

— Jeux. Dans les parties k partenuires, Nombre égal de parties faites alternativement avec chaque joueur : Une tournée est simple, double ou triple, suivant qu'elle se compose de trois, de six ou de neuf parties.

— Pèche. Seine tirée k deux bateaux. Il Enceinte d'un parc ouvert et k crochets, près de la côte : Un parc à petite, à grande tournée. U Enceinte de filets en fer à cheval.

— Agric. Pioche k manche très-court, servant k défoncer.

TOURNE-FEUILLE s. m. Mus. Appareil dont on se sert pour tourner aisément et rapidement les feuillets d'un cahier de musique. U PI. TOURNE-FEUILLES.

— Administr. Agent du timbre qui est chargé de tourner les feuilles de papier à mesure qu'on les timbre : Les tourné-feuillus sont généralement des femmes.

TOURNE-FIL s. m. Techn. Instrument d'acier dout on se sert pour donner le fil aux outils tranchants. Il PI. tourne-fil.

TOURNEFORT (Joseph Pitton de), célèbre botaniste français, né k Aix en 1656, mort en 1708. Il appartenait k une famille noble de Paris. Dès son extrême jeunesse, il montra un goût prononcé pour la botanique ;

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mais comme ses parents désiraient qu'il se fît prêtre, il dut entrer au séminaire d'Aix, où il acquit une connaissance approfondie de la langue latine, et où il déroba le plus de temps qu il put à la théologie pour étudier la physique, la chimie, la médecine et surtout la botanique. Rendu k la liberté par la mort de son père (1677), Tournefort jeta la soutane aux orties et se livra désormais sans entraves k sa passion scientifique. Après avoir reçu d'un pharmacien de sa ville natale des leçons pratiques et s'être fait initier à la connaissance des plantes usuelles, le jeune savant se mit à parcourir, en herborisant, la Provence, les montagnes du Dauphiné et de la Savoie, puis se rendit à Montpellier (1679), où, pendant deux ans, il étudia la médecine et l'anatomie. En 16S1, il reprit le cours de ses explorations, parcourut les Pyrénées avec un grand nombre de ses condisciples, y courut les plus grands dangers, fut, k plusieurs reprises, dépouillé pâlies miquelets, supporta, grâce k son tempérament robuste et a sa sobriété, des fatigues et des privations excessives et parvint à rapporter de ses courses une riche collection de plantes. Bien qu'il n'eût alors fait paraître aucun ouvrage, il fut appelé à Paris par Fagon, médecin de la reine, qui le lit nommer professeur de botanique au Jardin des plantes (1683). Tournefort, désireux d'accroître les richesses de cet établissement, retourna en Espagne (1688), puis visita successivement le Portugal, l'Angleterre et la Hollande, refusa une chaire de botanique à Leyde, et, de retour en France, fut nommé membre de l'Académie des sciences. Deux ans plus tard, Tournefort publia son premier ouvrage, ses Eléments de botanique ou Méthode pour connaître les plantes (Paris, 1692, 3 vol. in-8<>), qui établit sa réputation, nonseulement en France, mais en Europe. En 1698, il se fit recevoir docteur en médecine avec une thèse intitulée : Ai» morborum curatio ad mechanicm leges referenda? fut présenté à Louis XIV en 1700, et reçut alors de ce prince l'ordre de se rendre dans le Levant avec le dessinateur Aubriet et le médecin Gundelsheimer pour y remplir une mission scientifique. De 1700 à 1702, il visita successivement Candie, l'Archipel, Constantinople, la côte méridionale de la mer Noire, l'Arménie, la Géorgie, le mont Ararat, l'Asie Mineure, Angora, Pruse, Smyrne, Ephèse, envoya à Paris, des lieux qu'il' visitait, des produits zoologiques, botaniques, miuéralogiques, s'occupa en même temps d'étudier les antiquités, les mœurs, les coutumes, les productions commerciales, et fut nommé, à son retour, professeur de médecine au Collège de France.» A partir de ce moment, il ne quitta plus Paris et passa les six dernières années de sa vie à arranger ses collections, à professer et k diriger le Jardin des plantes. 11 mourut des suites d'un coup violent qu'il reçut d'une charrette, en traversant la rue Copeau, et légua ses belles collections au cabinet d'histoire naturelle.

Tournefort a été le digue précurseur de. Linné, qui lui dut beaucoup, et il est regardé comme le premier restaurateur delà science. La nomenclature qu'il adopta, et qui a été longtemps acceptée, repose, dit Fée, «sur la forme de la corolle, organequi,touten ayant sa valeur taxonomique, ne peut fournir qu'un petit nombre de classes, considéré dans ses principales modifications, et qui en donnerait un nombre presque indéfini si l'on voulait les accepter toutes.... Mais si les classes sont établies par Tournefort sur des caractères de faible valeur, il n'en est pas de même des ordres, habilement établis, presque tous naturels, ainsi que les genres. Le temps en a si bien démontré la valeur, que, malgré l'esprit d'innovation qui tourmente les botanistes, plus de 130 des genres fondés par lui ont été conservés. Comme botaniste descripteur, Tournefort est au premier rang ; ses descriptions sont parfaites. ■ Linné lui a consacré, sous le nom de tournefortia, un genre de la famille des borraginées. On doit à Tournefort les ouvrages suivants : Eléments de botanique ou Méthode pour connaître les plan tes, dont le texte est accompagné de 476 planches (Paris, 1694, 3 vol. in-S°). C'est le livre qui fonda sa réputation et celui dans lequel it a' commencé a. exposer son système de classification. Le premier volume contient : 1° les principes sur lesquels; suivant lui, il faut fonder les classes et les genres ; 2° la classification d'environ 10,000 plantes suivant ces principes. Les deux autres se composent de 451 dessins faits par Aubriet, l'habile dessinateur qui avait accompagné Tournefort dans son voyage au Levant. Cette méthode fut approuvée par un grand nombre de savants. Cependant le célèbre Ray l'attaqua sur quelques points dans le post-scriptuiu de sa Réponse à Rivin, et dans sa dissertation De variis plantarum methodis. Tournefort répondit par une dissertation latine intitulée ; De optima methodo instituenda in rem herbariam (I797f in-8») ; puis, encouragé par le succès qu'avaient obtenu ses Eléments, il en fit aussi vers cette époque, c'est-à-dire en 1700, en faveur îles étrangers, une traduction latine qu'il publia sous le titre d'Instituiiones rei herbariœ (3 vol. in-4<>). Cette édition est retouchée et un peu augmentée^ elle contient 25 dessins de plus que l'édition française. Ses autres ouvrages sont : Histoire des plantes qui naissent aux environs de Pa-

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ris, avec leurs usages dans la médecine (In-lZ). Cet ouvrage est partagé en six herborisations. Bernard de Jussieu en a fait paraître une seconde édition enrichie de notes (1725, 2 vol. in-12); Relation d'un voyage au Levant, fait par ordre du roi (Paris, 1717,2 vol. in-40), remarquable par la rigoureuse exactitude des renseignements. On lui doit encore divers opuscules, insérés dans les Mémoires de l'Académie de 1698 à 1707, et un Traité de la matière médicale, imprimé après sa mort (1717, in-4°).

La Relation d'un voyage au Levant, écrite sous forme de lettres, se lit avec beaucoup d'intérêt et contient une foule de détails extrêmement curieux sur Candie, sur Constantinople; sur les mœurs et les coutumes des Turcs, etc. La partie sur la Géorgie est d'autant plus intéressante, qu'alors ce pays n'était connu que par les récits déjà vieux do Chardin et de Della-Valle. Le ton du récit en est simple et agréable; Tournefort y déploie une vaste érudition sans jamais ennuyer.

TORNEFORTIEs. f. (tour-ne-for-sl — de Tournefort, botan. fr.). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des borraginées, type de la tribu des tournefortiées \ comprenant une centaine d'espèces, qui croissent surtout dans la zone tropicale, u Syn. d'AKTHOSPERMK, genre de rubiacées.

— Encycl. Les tourneforties sont des arbrisseaux k tige dressée ou grimpante, portant des feuilles scabres ou tomenteuses, et des fleurs disposées en cymes scorpioïdes ; le fruit est une baie k deux noyaux, dont chacun renferme deux graines. Les nombreuses espèces de ce genre croissent surtout dans les régions tropicales. La tournefortie héliotrope est assez répandue dans nos jardins d'agrément, où on ta cultive en général comme plante annuelle. Ses fleurs ressemblent à celles de l'héliotrope du Pérou ; elles sont d'un bleu plus vif, mais dépourvues d'odeur. La tournefortie hérissée a reçu le nom vulgaire d'herbe à chiques, parce que les indigènes font des cataplasmes avec ses feuilles, pour faire périr les insectes qui s'introduisent sous la peau. On peut citer encore la tournefortie d feuilles de laurier.

TOURNEFORTIE, ÉE adj. (tour-ne-forsi-é — rad. tournefortie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la tournefortie.

— s. f. pi. Tribu de la famille des borraginées, ayant pour type le genre tournefortie.

TOURNE-GANTS s. m. Techn. Instrument dont on se sert pour retourner et assouplir les gants, afin d'aider à les mettre, il PI. tourne-gants.

TOURINEUEM, village et commune de France (Pas-de-Calais), canton d'Ardres, arrond. et k 16 kilom. de Saint-Omer ; 1,100 hab. On y remarque une belle église et les restes d'une ancienne forteresse. Du temps des Romains, cette localité était protégea par une forteresse, dont César se rendit maître.

TOURNEL s. m. (tour-nèl). Ornith. Nom vulgaire de l'étourneau ou sansounet.

TOURNELLE s. f. (tour-nè-le — dimin. de tour). S'est dit pour tourelle et s'emploie encore à Paris comme num propre : Le pont de la Tournelle. Le quai de la Tournellb.

— Hist. Chambre du parlement dont les juges se prenaient tour à tour et par moitié dans la grand'chambre et la chambre des enquêtes, et qui tint d'abord ses séances dans une ' petite tour dite tour criminelle : Chambre de la tournelle. Conseiller de service à la tournulle, u Tournelte civile. Chambre civile créée en 1667, pour juger les affaires audessous de 3,000 livres.

— Encycl. Hist. Il existait deux Tournelles : la Tournelle criminelle et la Tournelle civile. La Tournelte criminelle fut instituée longtemps avant la Tournelle civile. La première, qu'on appelait simplement Tournelle, était la chambre chargée de juger les procès criminels. Le nom de Tournelte lui vieut, croit-on, de ce qu'elle siégeait dans une cour du palais qu'on désignait sous le nom de Tournelle, parce que les conseillers de la giaud'ohambre et des enquêtes y passaient chacun k leur tour. 11 n'y eut d'abord qu'une seule chambre au parlement pour juger les affaires civiles et les affaires criminelles. Sous Charles VI et sous Charles VII, le nombre des attires portées au parlement rit introduire l'usage de faire juger certaines affaires civiles et les affaires criminelles peu importantes par une chambre qu'on appela la petite chambre df derrière la grand'chambre. La Tournelle criminelle ne fut établis d'une manière définitive que sous François 1er, qui, par ordonnance du mois d'avril 1515, prescrivit que, dorénavant, le parlement séant, les présidents et les conseillers qui seraient ordonnés pour tenir la Tournelle criminelle vaqueraient diligemment au jugement et k l'expédition des procès criminels, soit de peine de mort ou autres peines corporelles, en expédiant premièrement les prisonniers enfermés, et ayant égard aux cas qui, pour le bien de la justice, requièrent prompte expédition; déclarant que les arrêts et jugements qui seraient faits et ordonnés dans ces. matières auraient la même autorité ou vertu que s'ils étaient donnés et faits k la grand'ciiambre,

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Les présidents et conseillers de la Tournelle siégeaient quatre fois l'année : la surveilla de Noël, le mardi de la semaine sainte, lu surveille de la Pentecôte et la veille de l'Assomption- lis tenaient séance aux prisons de la Conciergerie et au parc civil du Châtelet.

La Tournelle civile était une chambre du parlement établie seulement pour un temps déterminé et qui était chargée de l'expédition de certaines affaires dont la grand'ehambre, à raison de ses nombreux travaux, ne pouvait s'occuper. La première Tournelle civile, instituée le 18 avril 1667, devait connaître de toutes les causes delà somme et valeur de 1,000 livres, ou de 50 livres de rente et nu-dessous. La seconde Tournelle civile, établie par la déclaration du 11 août 1669, pour une année seulement, devait également juger toutes les causes d'une valeur de 1 ,000 livres ou de 50 livres de rente et au-dessous, mais à l'exception des causes du domaine, des matières bénéflciales et' ecclésiastiques, des appels comme d'abus, des requêtes civiles, des qualités d'héritier, etc.

Tournelle (PONT DB LA). V. PARIS (t. XII, p. 247).

Tournelle» (ANCIEN HÔTEL DES). Bâti sur une partie de l'emplacement aujourd'hui occupé par un côté de la 'place Royale, la rue des Minimes, la rue Saint-Gilles et la rue des Tournelles, cet hôtel ou palais était situé en face de l'hôtel Saint- Paul, dont il n'était séparé que par la rue Saint-Antoine. Bien que détruit depuis plus de deux siècles, il mérite, par l'importance des souvenirs historiques qui s'y rattachent, une mention spéciale. L'hôtel des Tournelles était occupé au début du xiv« siècle par Pierre d'Otgemont, seigneur de Chantilly, chancelier de France, qui y mourut en 1389. Son fils, Pierre d'Orgemont, évéque de Paris, le vendit, en 1404, au duc de Berry, frère de Charles VI, qui lui-même le céda au' duc d'Orléans en 1422, Cette demeura fut témoin des scènes Iqs plus désastreuses de notre histoire. Le roi fou, ce même Charles VI, qui y avait été transporté, fut contraint de fuir devant l'invasion anglaUe, et le duc de Bedford, régent de France pour le roi d'Angleterre, s'installa triomphalement dans ce palais, que venait à peine de quitter le roi de France. A cette époque, l'hôtel des Tournelles était une vaste et somptueuse demeure. Il se composait de plusieurs corps de bâtiment, de deux parcs et de sept' jardins. On remarquait la porte d'entrée avec l'eeusson de France, œuvre de Jean de Boulogne ; la chambre du conseil ; la galerie des Courges, ainsi nommée des sujets d'ornement qui en garnissaient le pourtour. Le duc de Bedford émit d'ailleurs si convaincu de la durée de la domination anglaise en France, qu'il . acheta vers le même temps, aux religieux de Sainte-Catherine, 12 arpents de terrain destinés à agrandir encore son palais. On vit longtemps encore après son départ les armes éclatantes du duc et ses devises , placées sur le comble.

C'est a l'hôtel des Tournelles que fut représentée, le 23 août 1451, devant le duc d'Orléans, la célèbre Danse macabre. C'est à l'hôtel des Tournelles que mourut Louis XII le !" jimvier 1515. Abandonnée pour Fontainebleau par François 1er, la vieille, demeure retrouva, sous Henri II, son éclat primitif; les carrousels, fêtes et tournois s'y succédèrent sans relâche, jusqu'au jour où le roi, joutant avec le comte de Slontgomery. capitaine de la garde écossaise, reçut dans l'œil le coup de lance dont il mourut (1559). Des ce jour, l'hôtel des Tournelles fut abandonné et désert. Une terreur superstitieuse s'y attacha, et il tombait en ruine, quand des lettres patentes de Charles IX du 28 janvier 1563 en ordonnèrent la démolition. On créa sur l'emplacement un marché aux chevaux qui subsista jusqu'à la construction de la place Royale , aujourd'hui des Vosoes (v. ce mot), et, comme si ce terrain même eût été un lieu de malheur, il servit de théâtre, le 27 avril 1578, uu duel sanglant des trois mignons de Henri III, Quélus, Schomberg, Maugiron, contre Balzac d'Entragues dilEntraguet, Livarot et Ribèrac. Deux seulement survécurent : d'Entragues et Livarot. Quant aux trois mignons, enterrés en grande pompe à l'église Saint-Paul (le sérail des mignons, dit plaisamment L'Estoile), le roi Henri III composa et fit graver sur leur somptueux tombeau le distique suivant :

Que Dieu conserve en son giron Quélus, Schomberg et Maugiron.

TOURNELY (Honoré), théologien français, né a Autibes en 1658, mort en 1729. U était gardeur de pourceaux, lorsqu'un de ses onr clés, qui était curé à Paris, se chargea de son instruction. Tournely se fit recevoir docteur en Sorbonne, où il professa la théologie pendant vingt-quatre ans. Au savoir, il joignait une grande facilité d'argumentation et il ae montra un ardent adversaire des jansénistes. On lui doit un Cours de théologie en latin (1725- 1730, 18 vol. in-8<>), qui passe pour un des plus clairs et des plus méthodiques qu'on ait écrits; on en a fait plusieurs abrégés.

TOURNELY (François-Eléonore de), fondateur de la Société du Sacré-Cœur, né à Laval en 1767, mort en 1797. Lorsqu'il eut terminé ses études à Lavul, il entra au séminaire de Saint- fc>ulj,>ice, * Paris, où il se

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lia avec de Villèle, de Sambucy, Charles et Maurice de Broglie, etc. De Tournely venait de recevoir la prêtrise lorsque, en 1791, il émigra, passa en Belgique avec l'abbé Charles de Broglie et s'établit à Osterst (Luxembourg). Ce fut là qu'il conçut le projet de ressusciter la Société de Jésus sous un autre nom. Vivement encouragé par divers prêtres, il institua, en 1794, la Société du Sacré-Cœur, dont il devint le supérieur, et qui s'établit dans une maison de campagne donnée par un banquier et située près de Louvain (8 mai). De Tournely vit se joindre à lui un certain nombre d'ecclésiastiques et de laïques. Lors de l'invasion française, la congrégation naissante se retira près de Leutershoffen, puis dans le village de Coggingen, près d'Augsbourg. Grâce à la protection de l'archiduchesse Marie-Anne d'Autriche et au crédit de l'abbé de Broglie, un des principaux fondateurs de l'Institut, la congrégation, fuyant encore une fois devant les armées de la République, put s'établir à Vienne, dans un couvent d augustins, et, en 1797, à Hagenbrunn, près de Vienne. L'abbé de Tournely s'occupait de fonder une seconde congrégation du même genre pour les femmes, lorsqu'il mourut de la petite vérole. Quelque temps après sa mort, la Société du Sacré- Cœur se fondit dans celle des Pères de la loi, puis dans celle des Jésuites.

TOURNEMAIN s. m. (tour-ne-main — de tourner, et de main). S'est dit pour TOUR DB main : En un tournemain tous les plats étaient vides. (La Fontaine.) ' ■

Je rappelle sitôt des portes du trépas. Qu'en moins d'un tournemain on ce B'en souvient pas.

Corneille.

TOURNEMENT s. m. (tour-ne-man — rad.

tourner). Mouvement d'un objet qui tourne. Il Peu usité.

— Toumement de tête, Vertige. H On dit

plutôt TOURNOIEMENT.

TOURNEMINE (René-Joseph db), littérateur et jésuite fiançais, né à Renues en 1661, mort à Paris en 1739. Il appartenait à une famille d'ancienne noblesse qui descendait de l'illustre maison des Plantagenets, et il était l'alnô des quatre lils de Jean-Joseph Tournemine, baron de Camsillon, et de Marie de CoBilogon. Elève des jésuites, Tournemine entra dans cet ordre et professa la philosophie et la théologie. Au bout de quinze années d'enseignement, il se rendit à Paris (1701) et prit la place de Catrou et de Rouillé pour la direction des Mémoires de Trévoux. Il remplit sa tâche avec autant de talent et de goût que d'impartialité, et, tout jésuite qu'il fût, il témoigna de l'estime à Voltaire et proclama Mérope un chef-d'œuvre. En 1718, le Père Tournemine devint bibliothécaire de la maison professe, cessa de travailler aux Mémoires de Trévoux et se fit une bibliothèque d'environ 7,000 volumes. Il mourut d'un épanchement de bile, à soixante-dix-huit ans. Le seul ouvrage qu'il ait publié à part, c'est un Panégyrique de saint Louis (Paris, 1733, in-4», et 1734, in-12). Ses dissertations savantes, publiées dan» le Journal de Trévoux, sont très-nombreuses. Voici l'indication des principales : Sur le système des dynasties d'Egypte, par Marsliam (avril 1702); Projet d'un ouvrage sur l'origine des fables (novembre et décembre 1702, février 1703); Histoire des étrennes (février 1704); Explication du cachet de Michel-Ange (février 1710); Réflexions sur la dissertation de Leibniz touchant l'origine des Français (janvier 1716), dans laquelle il prétend que nous n'avons pas d'autres ancêtres que les Gaulois ; Défense de Corneille contre le commentateur des œuvres de Boileau (mai 1717), réimprimée avec additions dans les œuvres diverses de P. Corneille, publiées par l'abbé Granet; Histoire des Jlussiens que nous appelons Moscovites (mai 1717) ; Mémoire ; historique sur le roi Stanislas et sa maison (décembre 1725) ; Lettre sur l'immatérialité de l'âme et les sources de l'incrédulité (octobre 1735), en réponse à Voltaire; De la liberté de penser sur la religion (janvier 1736). Le Père Tournemine a donné , dans le Mercure de France, une Epitre en vers au prince de Dombes (mars 1711) et une Dissertation sur le fameuxpassage de Josèphe touchant Jésus-Christ (mai et avril 1739). Il a publié, en outre, une bonne édition des Commentarii totius Scriptural de Menochius (Paris, 1719, 2 vol. in-fol.), avec douze dissertations critiques; plus, une édition de l'Histoire des Juifs de Prideaux (Paris, 1726, 6 vol. in-12). Peu avant sa mort, il s'occupait d'un Traité sur le déisme, qu'il ne put terminer.

TOURNEMINE (Charles Vacher db Boulanger-), archéologue et homme politique fïançais, né à Fléaux en 1755, mort vers 1830. Il se lit recevoir docteur en droit, puis devint historiographe de l'Auvergne et fut chargé, en 1786, pur le ministre Miroménil de recueillir les documents et ouvrages anciens relatifs à cette province. Après avoir été suppléant à l'Assemblée législative, Tournemine devint successivement membre du conseil des Cinq- Cents (1795-1799), membre du Corps législatif (1799), président du tribunal de Mauriac et député du Cantal au commencement de la Restauration. Outre des notices publiées dans le Recueil de la Société des antiquaires, dont il faisait partie, on lui doit : Recherches historiques et politiques sur l'origine des assem-

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blées d'états et en particulier de ceux d'Auvergne (1789, in-8°).

TOURNEMINE (Bernard VACHER, baron de), général français, né ,à Aurillac en 1788, mort en 1865. Il avait seize ans lorsqu'il s'engagea dans le 4« régiment d'artillerie de marine. Il paya bravement de sa personne a l'attaque des navires anglais pris dans la mer du Nord, passa dans l'artillerie de terre en 1809 et conquit tous ses grades sur les champs de bataille de l'Empire. Après le combat de Montereau, où il reçut une balle dans la cuisse, il prit le commandement d'une batterie de la jeune garde. Sous la Restauration, il servit dans la garde royale, devint colonel d'artillerie et rigura, en 1830, dans l'escorte qui suivit jusqu'il Cherbourg Charles X- En 183 1 , il organisa le 11« régiment d'artillerie, puis servit avec honneur en Algérie sous Clauzel et Valée. Mis trois fois à 1 ordre du jour de l'armée, il fut nommé maréchal de camp après la prise de Constantine (1837). Ensuite il dirigea l'école d'artillerie de Douai et fut promu général de division en 1848. En 1852, il 'passa dans la réserve.

TOURNEMINE (Charles-Emile Vacher de), peintre français, fils du précédent, né k Toulon en 1814, mort en 1872. Il étudia son art sous la direction d'Isabey et adopta le genre du paysage. Tournemine visita la Normandie I et la Bretagne, qui lui fournirent les sujets de ses premiers tableaux. Il débuta au Salon de 1846 par deux tableaux, Souvenir de Concarneau et Bords de l'Oust, puis il exposa successivement : Environs de Vannes, Marée basse, Soleil couchant, etc. (1847); Cavaliers bretons. Bords de rivière, Prairie, le Bac, etc. (1848); le Bourg de Batz, Marée basse au Croisic, Pâtre breton, Environs de Saint- Martin, etc. (1849); Village et Marée basse (1850). Dans ces tableaux, il se montra observateur exact de la nature, qu'il rendit avec un sentiment vrai et avec un talent réel de dessinateur et de coloriste. Vers cette époque, désireux d'étendre le cercle de ses études, de voir la nature sous de nouveaux aspects, il commença une longue série de voyages, et, depuis lors, il visita successivement les bords du Danube, la Turquie, l'Asie Mineure, l'Egypte, l'Afrique, etc. En 1852, il exposa, avec une Plage en Bretagne et iîJivironsdu Croisic, un tableau représentant un Pâtre des envir07is de Smyrne; en 1853, Plage à marée basse et Bretons ramenant un troupeau, qui furent très-remarques; en 1855, Jeune fille gardant un troupeau. Berger turc et Bords du Danube; en 1857, Un café dans l'Asie Mineure, Sur la roule de Smyrne, Cavaliers turcs, Lac sur la frontière de Tunis, Souvenir de la Turquie d'Asie; en 1859, Départ d'une caravane, Souvenir de Tyr, Habitations près d'Adalia , Oiseaux pécheurs en Aaie. Ces toiles rangèrent détiniliveuietitToui'nemine au nombre des peintres les plus distingués qui, depuis Decainps, se sont attachés a nous faire connaître l'Orient. On fut frappé du charmç pittoresque et de l'exactitude du rendu que le peintre avait su mettre dans ces tableaux. Depuis lors, Tournemine a exposé : Flamants et ibis, Souvenirs du bas Danube, Environs de Rosette, Soleil couchant, Café à Adalia (1861); Habitation à Adana, Ebats d'oiseaux pécheurs, Promenade de femmes turques (1863) ; Rue conduisant au bazar, Sur la route de Marnesia (1865); Kemmer (1866); Eléphants d'Afrique, Perroquets et flamants (1867); Retour de chasse, la Halte (1868); Episode d'une chasse en Afrique, Une fêle dans l'Inde (1869); Vue de Luxor (1870); Eléphant d'Afrique, Lac sacré d'Ouàeypour

(1872); Ruines d'un temple jaîna dans l'Inde,

Campement en Asie Mineure (1873). Cet artiste distingué avait reçu la croix de la Légion d'honneur en 1853,

TOURNEMINE (Pierre), auteur dramatique français, né vers 1790, mort à Paris en 1846. Apres avoir publié les Soupers lyriques (1822- 1823, in-18) et donné aux théâtres du boulevard deux vaudevilles, VOncle et le Neveu et le Retour au département, il fut directeur de l'Ambigit-Comique pendant les années 1829 et 1830. Il a fait jouer sur cette même scène : en 1829, \é Petit tambour; Clarisse ou la Femme et la maîtresse, drame en trois actes, avec Anicet Bourgeois; en 1S32, Monsieur Benoit ou les Deux idées, avec M. Cogniard ; en 1834, les Cinq couverts; le Curé Mériuo, drame en cinq actes, avec Mallian ; en 1835, Oui et non, vaudeville en deux actes; en 1836, le Château d'Hutteldorf; en 1837, VEcole des servantes; Une partie de dominos; à la Gaîté, en 1833, la Noce du boulanger; en 1837, la Révolte des coucous; en 1838, les Femmes libres, vaudeville en trois actes; en 1841, les Gueux de, Paris, épisode de 1625, avec Gaénée; au Cirque-Olympique, en 1834, la Servante du curé; le Soldat de la République, drame en deux actes; au théâtre du Panthéon, en 1839, la Pâtissière de Darmstadt, vaudeville en deux actes, avec Poujol; le Garçon d'écurie, drame en trois actes, avec Maire; au théâtre Saint-Antoine, en 1836, Une peur; A dix-sept ans, drame en quatre actes ; la Maison du bon Dieu, avec Vanderburch; en 1837, Treize à table ou Un piquenique; en 1839, la France et l'industrie, avec Guénée; Serment d'ivrogne; en 1840, l'A6baye de Penmarck ; Une femme sur les bras, etc. 'Devenu directeur de Bobino en 1842 , il administra ce petit théâtre jusqu'à la fin de sa vie et y fit représenter , sous les

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pseudonymes de Baron et Louis Berthier : Lequel? Baigneurs et baigneuses, VOlympt en goguette, Paris aux îles Marquises, revue de 1843. On lui doit encore : Louis XIII ou la Conspiration de Cinq-Mars, drame en' cinq actes, avec Merville (1833), et l'Enfant de giberne, drame-vaudeville en quatre actes, avec Poujol.

TOUR NEM IRE, village de France (Cantal), cant. de Saint-Cernin, arrond. d'Aurillac; . 667 hab. Ce village, bâti au milieu des prairies, était autrefois protégé par un château fort, voisin de quatre autres forteresses féodales. L'église, qui est très-ancienne, renferme des peintures à fresque et des sculptures en bois. Aux environs se trouve le château d'Anjony, bâti au sommet d'un roc escarpé, à une grande hauteur au-dessus de la Loire. 11 est défendu par quatre tours élevées.

TOURNE-MOTTE s. m. Ornith. Nom vulgaire du motteux. u PI. tournk-mottbs.

TOURNE-OREILLE s. m. Agric. Charrue à versoir mobile. U Pi. tourne-oreille.

— Adjectiv. : Charrue tourne-oreille.

TOURNE-PIERRE s, m. Ornith. Genre d'oiseaux échassiers, de la famille des chara-* dridées, dont l'espèce type est répandue sur presque tout le globe : Le tourne-pibrrb court avec beaucoup de légèreté. (Z. Gerbe.) Le tournk-pikrrk n'est pas plus gros qu'un merle. (V . de Bomare.) a PI. tourne-pierres.

— Encycl. Cet oiseau a pour caractères * bec de lu longueur de la tête, conique, à pointe dure, comprimée, tronquée; la mandibule supérieure est légèrement retroussée ; narines basales à demi closes par une membrane; queue urroudie; tarses de la longueur du doigt médian; ongles recourbés et pointus. L'espèce la plus connue est le tournepierre à collier ou arenaria interpres. L'habi-

, tude qu'a cet oiseau de retourner avec son I bec les galets et les pierres d'un certuin vo- | lume, atin de mettre à découvert les vers et • les insectes dont il forme sa nourriture, lui ! a valu le nom qu'il porte et qu'il a transmis au genre. H se tient ordinairement sur les plages maritimes, où se trouvent de petits bivalves qui lui servent également de pâture. Il est rare de voir les individus qui passent dans les régions tempérées de 1 Europe se ! réunir en troupe et même vivre par paires. 1 C'est toujours isolément que les adultes et les vieux opèrent leurs migrations. Le tourne- I pierre court avec beaucoup d'agilité. Il se | retire vers le Nord pour se reproduire, niche | dans un petit enfoncement pratiqué dans le sable du rivage et pond trois ou quatre œufs I d'un olivâtre cendré ou verdàtre, marqué de | taches brunes. Les petits quittent le nid dès i leur naissance et saisissent eux-mêmes la nourriture que le père et la mère leur indiquent. Le tourne-pierre n'est que de passage en France et dans beaucoup d autres parties de l'Europe. Cette espèce, que Brisson a décrite sous le nom de coulon-chaud et qui porte en Picardie celui de bure, est répandue dans les deux continents. On la trouve en Amérique depuis la baied'Hudson, où elle est connue des indigènes sous le nom de gega-washne; on l'appelle sur la côte du cap May horsefoot. On la rencontre aussi sous son plumage d'hiver dans les îles de l'océan Boréal, où Lapérouse en a pris à cent vingt lieues de terre. Le jeune tnàle ne prend ses couleurs distinctives qu'au printemps. Dans le mâle parfait, les couleurs sont distribuées par masses uniformes sans aucun mélange, si ce n'est sur le dos et les ailes. La femelle a des couleurs moins pures, moins vives et d'un ton plus terne. Le tourne-pierre est à peu près gros comme un merle. La tête, le derrière dti cou, le bas du dos, le croupion et le ventre sont blancs; là poitrine et les pennes des ailes et de la queue noires ; le bec noir et les pieds orangés.

TOURNER v. a. ou tr. (tour-né — rad. tour). Mouvoir eu rond : Tourner uneroue. Tourner une broche.

— Changer la direction, la position de - Tourner la tête. -Tourner le pied. Tourner le talon. Tourner une table d'un autre calé. Tourner les yeux uu ciel. Je tournai la tête vers Sparte, et je jetai un dernier regard sur l'Eurotas. (Chateaub.)

Elle tourne sur lui son visage effrayé.

Voltaibb.

— Diriger, porter, appliquer : Les malheureux tournent toujours leurs pensées du côté qui peut augmenter leurs peines. (Aime de Teucin.) Platon tourne so uvent,trupsouventtnêmet son attention vers les mois. (Reuau.) Tourne enûn ta fureur contre nos ennemis.

Racine.

— Retourner, mettre sur la face opposée : Tourner un feuillet. Tourner la paye. Tourner une carte. Tourner un habit.

— Eculer d'un côté, user plus d'un côté que de l'autre, en parlant des chaussures : Tourner se* souliers, ses bottes.

— Examiner, considérer, étudier; O grandeur humaine I de quelque endroit que je le tourne, je trouve toujours la mort en face. (Boss.)

Ma foi, de quelque sens que vous fourmes l'anaire, Prendra femme est a vous un coup bien téméraire.

Mouias.

TOUR

L'affaire est consultée, et tous les avocats, Apres avoir tourné le cas En cent et cent mille manières, Y jettent leur bonnet, se confessent vaincus.

La Fontaine.

Il Sonder, interroger :

Elle fait tant, tourne tant son amie, Que celle-ci lui déclara le tout.

La Fontaine.

— Tenter, circonvenir : Ils i'oNT tourné jusqu'à ce qu'ils l'eussent gagné.

— Gouverner, diriger, en parlant d'une personne : C'est un esprit faible que l'on peut tourner à son gré.

Ainsi que je voudrai, jo tournerai cette âme.

MoLiÈaE.

— Faire tomber dans l'erreur, aveugler : Un seul docteur peut tourner les consciences et les bouleverser à son gré. (Pasc.)

— Traduire : Tourner Homère du grec en latin. Il a tourné en lapon tous les psaumes de David. (Regnard.) u Vieux en ce sens.

— Interpréter : On peut tourner toutes choses en bien et en mat. (Mme ce Motteville.) A tourner tout en mal notre esprit se fatigue.

Destouches.

Sa bénignité sans seconde Tournait tout en bien chez autrui.

J.-B. Rousseau.

^ — Façonner au tour : Tourner des pièces d'échecs. Tourner du buis, de l'ivoire, du cuiure.

— Agencer, arranger; donner un tour, une apparence, une forme a : Il tourne bien un compliment. Vous tournez les choses d'une manière qu'il semble que vous avez raison. (Mol.) Il n'y a que madame la baronne pour tourner ainsi un compliment aux gens. (J. Sandeau.)

Marot bientôt après fit fleurir les ballades, Tourna des triolets, rima des mascarades.

Boileau.

— Faire le tour de, marcher circulairement autour de : Tourner un bois, un étang, une colline. Tourner tes positions de l'ennemi.

■— Tourner en, Changer, transformer en : L ingratitude tourne les bienfaits en offenses. On essaye de tourner les grâces en patrimoine. (Suii.t-Simun.)

Chacun tourne en réalités, Autfent qu'il peut, ses propres songes.

La Fontaine.

— Tourner en ridicule, Donner , par des plaisanteries, une apparence ridicule a : Un projet assez vain serait de vouloir tourner un homme fort sot et fort riche en ridicule f tes rieurs sont de son côté. (La Bniy.) Il ne faut

pas TOURNER la Vérité EN RIDICULE. (J.-J.

Ronss.) Bonaparte tournait toutes les belles choses en ridicule, excepté la force. (Mme de Staôl.)

Je tache de tourner le vice en ridicule, Ne pouvant l'attaquer avec des bras d'Hercule.

La Fontaine.

— Tourner en raillerie, en plaisanterie, Ne pas traiter sérieusement, considérer connue ! une plaisanterie, prendre en plaisantant : Sitôt qu'il sut de quoi il s'agissait, il voulut

TOURNER la Chose EN PLAISANTERIE. (J.-J.

Rouss.) Ceux gui TOURNERONT tes sottises dé ce monde en raillerie seront toujours les plus heureux. (Vole.) u Railler; se moquer de ■ Prétendez-vous, tourner la chose en raillerie? (J.-B. Rouss.)

— Tourner le feuillet ou la médaille, Montrer, après le beau côté, le côté désagréable ou désavantageux, ou vice versa : Tournez la médaille ; rien au monde n'est pis que te contraire. (M"oe de Léo.)

— Tourner tête, Se retourner pour faire tête : Le sanglier tourna tête et fit reculer les chiens, u Peu usité.

— Tourner la tête, la cervelle à Quelqu'un Lui troubler l'esprit par des idées déraisonnables ou des sentiments exaltés : Il lui a tourné la tête par ses promesses folles. Le pouvoir absolu tourne les têtes. (B. Constant.) Il faut qu'il y ait quelque chose dans lair qui LEUR tourne la tête. (Alex. Dum.) La politique lui a tourné la tête. (A Houssaye.)

Quand la fatuité vient lui tourner la tête. Le mari ie plus fin est toujours le plus bête.

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