CH19)2C
On obtient ce corps : l» par l'action du car-
-^Jo.
TETR
bonate d'argent sur l'iodure de tétryle ; on emploie 12 grammes de chacun de ces corps, qu'on enferme dans un tube scellé, et Ion chauffe pendant quelques jours au bain-marie. On distille ensuite le produit, en recueillant à part ce qui passe au-dessus de 180», et l'on rectifie. 2° On fait agir le chlorure de cyanogène, soit gazeux, soit liquide, sur t'hydrate de tétryle en présence fie l'eau. Nous avons donné plus haut l'équation de cette réaction en nous occupant de l'alcool luimême. Le carbonate de tétryle est un liquide .limpide incolore, plus léger que l'eau etd'une agréable odeur qui rappelle celle du carbonate d'éthyle. Il bout à 190». L'ammoniaque aqueuse le saponifie, avec régénération d alcool tétrylique et de carbonate ammonique.
— Cyanure de tétryle C*H9,Cy. Il se produit lorsqu'on distille le tétryl-sulfate avec du cyanure de potassium. V. l'article cyanure.
— Oxyde de tétryle (CW)*0. M. Wurtz a obtenu ce composé : 1° par l'action de l'iodure de tétryle sur le tétrylate de potassium ; 2° par l'action de l'iodure de tétryle sur l'oxyde d'argent sec. Le produit obtenu par la première méthode renferme toujours de l'alcool tétrylique dont il est difficile de le débarrasser, ces deux liquides ayant des points d'ébullition trës-rapprochés; le produit obtenu par la deuxième méthode est infiniment plus pur.
En faisant agir l'iodure d'éthyle sur le tétrylate de potassium, M. Wurtz a obtenu un liquide incolore, piquant, d'une densité de 0,7507. Ce liquide n'est autre que l'éther mixte èïhyl- tétrylique ou oxyde mixte de tétryle et d'éthyle"^;!
— Sulfhydrate de tétryle
C*H10S*= C4H9,HS. .
On obtient ce corps en distillant, à la température du bain-marie, une solution aqueuse de sulfhydrate de potassium mêlée avec une solution concentrée de tétryl-sulfate potassique. On reçoit le produit dans un flacon bien refroidi. L'huile qui se condense est décantée, desséchée sur du chlorure de calcium et distillée. On recueille à part la portion qui distille entre 85» et 90°.
Le mercaptan tétrylique est un liquide incolore, très-mobile, d'une odeur particulière et désagréable, analogue à celle des autres mercaptans. Sa densité =» 0,848 à 11», 5. Sa densité de vapeur expérimentale = 3,10. Il bout à 88°. Il n'exerce aucune action sur les couleurs végétales. L'eau le dissout peu. Il sa dissout facilement dans l'alcool et dans l'éther. Il dissout le soufre et l'iode. Il est très-inflammable et brûle avec une flamme d'un bleu pâle. L'acide azotique étendu agit très-énergiquement sur lui, en formant un liquide huileux qui flotte à la surface de la liqueur. Le potassium le décompose avec dégagement d'hydrogène et formation d'un mercaptide de potassium blanc, granuleux, répondant à la formule C*H9SK. Le mercaptan tétrylique est également décomposé par plusieurs oxydes métalliques ou par les solutions de leurs sels, avec lesquels il donne des tétryl-mercaptides. C'est ainsi qu'il fait la double décomposition avec l'oxyde mercurique et donne de l'eau et du tétryl-mercaptide mercurique (C*H9S)sHg". (Je dernier corps donne des écailles blanches nacrées, onctueuses au toucher et très-fusibles. L'acide sulfhydrique le décompose avec formation de sulfure mercurique et d'alcool tétrylique. Le composé plombique (C*H9SpPb" est un précipité cristallin jaune qui se forme quand on évapore une solution alcoolique de mercaptan tétrylique et d'acétate de plomb. Les sels d'or et de cuivre correspondants sont des précipités blancs.
— Appendice aux composés tétrvliques.
Hydrure de tétryle C*H»0 = C4H»H. Ce corps, découvert par M. Wurtz, se produit, en même temps que le tétrylène, lorsqu'on chauffe l'alcool tétrylique avec un excès de chlorure de zinc. On fait passer le gaz qui se dégage d'abord à travers un tube entouré de glace et incliné de manière que les portions les moins volatiles s'y condensent et retombent dans l'appareil. Il se condense dans le tube entouré de glace un liquide incolore, volatil, très-mobile. Ce liquide s'évapore immédiatement, à la température ordinaire, en donnant des volumes égaux de tétrylène et d'hydrure de tétryle. On peut absorber le tétrylène au moyen d'une boule de coke imprégnée d'acide sulfiirique anhydre, et il reste alors de l'hydrure de tétryle pur.
L'hydrure de tétryle est aussi un des principes constituants des pétroles d'Amérique, comme l'ont démontré MM. Pelouze et (Jahours. Ce liquide se trouve contenu dans les portions les plus volatiles de cette huile, qui distillent entre 5» et 10°. Ronalds, en soumettant a la distillation fractionnée la portion de ces huiles qui passe entre 0° et 40 (et qui contient de l'hydrure de trityle avec de petites quantités d'hydrure de tétryle et d'éthyle) et en recevant le produit dans un récipient bien refroidi, a obtenu de l'hydrure de tétryle à l'état de pureté. C'est un liquide très-mobile, d'une odeur douceâtre, d'une densité de 0,60 à 0°. Sa densité de vapeur = 2,11; le calcul exigerait 2,006. 11 brûle avec une flamme jaune peu éclairante, est insoluble dans l'eau et se dissout facilement
TETT
dans l'alcool et dans Véther. L'alcool à 98» absorbe onze à douze fois son volume d'hydrure de tétryle en vapeur. Lorsqu'on mêle 1 volume de cette vapeur avec 2 volumes de gaz chlore, il se condense du chlorure de tétryle et il se produit 2 volumes d'acide chlorhydrique. Les portions du pétrole d'Amérique qui distillent entre 6° et 8» sont un mélange d'hydrure de tétryle et d'hydrure d'amyle, dont on peut extraire les deux hydrocarbures par la méthode des distillations.
On obtient encore de l'hydrure de tétryle en traitant, en tubes scellés, l'iodure d'éthyle par le zinc. Cette réaction, découverte par Frankland, n'avait pas été prise d'abord pour une synthèse, parce que ce chimiste croyait, avoir isolé le radical éthyle libre. Plus tard, Gerhardt montra que le composé CSH& ne peut pas exister à l'état de liberté, et ii donna au composé de Frankland le nom d'éthylure d'éthyle et la formule CSH5,CîH». Il supposait que, dans ce corps, le radical éthyle conserve une certaine individualité, comme cela a lieu pour chaque atome d'hydrogène dans la molécule d'hydrogène libre H*. Mais, depuis, M. Schorlemmer a fait voir que les soi-disant radicaux alcooliques ne sont que les hydrocarbures saturés de la série C"H2,; + 2, et M, SchOgen a vérifié ce fait sur le corps dont nous parlons ici. Ce chimiste a constaté, en effet, que ce corps, soumis à l'action du chlore, donne un chlorure de tétryle susceptible de se transformer en un alcool tétrylique, dont il n'a pas étudié les propriétés. Il est probable que cet alcool était identique à l'alcool normal de MM. Lieben et Rossi, décrit plus haut.
Le diéthyle est donc de l'hydrure d'éthyle, mais de l'hydrure d'éthyle normal, probablement isomérique avec celui que l'on.obtient à l'aide de l'alcool tétrylique de fermentation. Les formules suivantes rendent compte de cette isomérie probable :
CH
TETT
C | (CH3)î
CHS
Hydrure de fermentation.
CH
CH
CHS
Hydrure normal.
TETSCHEN ou DIECZ1N, ville des Etats autrichiens (Bohême), sur la rive droite de l'Elbe, à 31 kilom. N. de Leitmeritz; 2,000 hab. Fabriques de boucles, de boutons et de cuillers; imprimerie sur toiles, filature de coton. Sur un rocher de près de 50 mètres au-dessus du fleuve, et qu'on nomme Schlossberg, s'élève un beau château, rebâti en 1775 et entouré de charmants jardins. On y remarque surtout la chapelle, la bibliothèque , une galerie d'armes, une collection de monnaies, les écuries, les serres. Les Suédois, les impériaux, les Russes et les Français occupèrent successivement le Schlossberg dans les guerres de Trente ans et de Sept ans. Les Autrichiens y prirent position en 1813.
TETTB s. f. (tè-te. — Ce mot vient du germanique : anglo-saxon lite, allemand moderne ait zen, ancien haut allemand tila, mamelle ; gothique daddjan, ancien haut allemand taû, allaiter. Ces divers mots appartiennent k la même famille que le grec titthos, mamelle, titohê, tithênê, nourrice, tltélé, mamelle, thélus, féminin, de thaâ, tfiamai, teter, sucer, allaiter. Curtius compare l'ancien slave doja, allaiter, doilica, nourrice, deie, enfant, deva, vierge, et le latin fellare, sucer, filius, fils, fitia, fille ;. ombrien feliu, d'un primitif fêla, mamelle, représentant exactement le grec thélê et l'ancien haut allemand tila. La racine commune de tous ces termes serait dans le sanscrit dfté, boire, sucer, teter, d'où dhatar, nourrice, dadhi, lait coagulé, dhênus, vache à lait; zend daina, femelle). Bout de la mamelle, chez les animaux : Les tkttes d'une chèvre, d'une chatte, d'une truie.
TETTE-CHÈVRE s. m. Ornith. Nom vulgaire de l'engoulevent d'Europe : Le nom de tbtte-chèvre est fondé sur le préjugé populaire que cet oiseau tette les chèvres. (V, de Bomare.) Il On écrit aussi tete-chèvre. ij PI.
TETTK-CHÈVRE.
TETTENBORN (Frédéric-Charles, baron de), célèbre chef allemand de partisans, né aTettenborn, dans le grand-duché de Bade, en 1778, mort en 1845. Il fit ses études aux universités de Gœttingue et d'Iéna, entra en 1794 dans l'armée autrichienne et s'éleva rapidement au grade de capitaine. Sa brillante conduite à Wagram (1809) lui valut le grade de major, que l'archiduc Charles lui conféra sur le champ de bataille, et , à la paix, il fut attaché à l'ambassade du prince de Schwarzenberg k Paris. A l'explosion de la guerre avec la Russie, il passa au service de cette puissance, avec le grade de lieutenant-colonel; et fit preuve d'une hardiesse et d'une habileté remarquables pendant la poursuite de l'armée française en retraite. Après avoir fait franchir à un corps de cavalerie légère la Vistule et l'Oder, il opéra sa jonction avec l'armée de Tchernitcheff, prit part k l'attaque de Berlin et reçut ensuite l'ordre de marcher sur Hambourg , où il pénétra le 18 mars 1813; mais l'impossibilité où il était de défendre cette place le força à l'abandonner aux ennemis le 30 mai, après dix semaines d'occupation. Placé alors sous les ordres
de Walmoden, il marcha contre Davout, qui venait d'envahir le Mecklembourg,puis contre le général Pécheux, se porta, après la défaite de ce dernier, près de Goehrde, sur la . rive gauche de l'Elbe, et, le 15 octobre, força la ville de Brème à capituler. Il suivit ensuite le prince royal de Suède dans sa campagne contre le Danemark et, lorsque les hostilités eurent été terminées dans cette contrée, repartit en janvier 1814 pour les bords du Rhin. En France, il rendit avec son corps de cavalerie légère d'importants services aux alliés, soit en entretenant les communications entre les diverses parties de leur armée, soit en s'emparant des courriers et des dépêches de l'ennemi. En 1818, il revint au service du grand-duc de Bade, prit une part active à l'établissement de la constitution badoise et fut nommé, en 1819, ambassadeur à Vienne, où il résida jusqu'à sa mort. Varnhagen von Ense a publié l'Histoire des campagnes du général de Tettenborn (Stuttgard, 1815).
TETTI (Seipion), littérateur italien, né à Naples. Il vivait au xvi« siècle. Après avoir voyagé dans la plus grande partie de l'Italie pour y découvrir des manuscrits grecs et latins, il se rendit à Rome et s'y lia avec les hommes le3 plus distingués. Libre penseur, il commit l'imprudence d'exprimer publiquement ses idées, fut dénoncé et condamné, par des juges ecclésiastiques, aux galères comme athée. On ignore l'époque de sa condamnation et celle où il mourut. On a de cet infortuné martyr de l'intolérance religieuse un petit traité, De Apollodo>-o,que Benedetto Egio a publié' avec sa traduction d'Apollodore et dont il fait beaucoup d'éloges; un Catalogue des manuscrits découverts dans ses voyages, imprimé par Labbe dans la Nova bibliotàeca manuscriptorum. On lui a attribué à tort une Bibliotheca sckolastica latine, gallice, italice, hispanice, anglice et grxce (Londres, 1618, in-8<>).
Tettiq s. m. (tè-tigh). Mamm.Nom vulgaire, dans l'Afrique australe, de l'antilope de Grimm, appelée aussi bouc damoiseau.
TETTIGADE s. f. (tè-ti-ga-de — du gr. tetlix, cigale). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des cicadiens, formé aux dépens des cigales, et dont l'espèce type vit au Chili.
TETTIGOMÈTRE s. f. (tè-ti-go-mè-tre — du gr. teltix, cigale; metra, ventre). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des fulgoriens, type de la tribu des tettigométrides, dont l'espèce type habite la France : Les tbttigomètres se font remarquer par leur front confondu avec les parties latérales de la tête. (Blanchard.)
TETTIGOMÉTRIDE adj. (tè-ti-go-mé-tride — de tettigomètre, ee du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre tettigomètre. Il On dit aussi tettioom'étritb.
— s. f. pi. Tribu d'insectes hémiptères, de la famille des fulgoriens, ayant pour type le genre tettigomètre.
TETTIGOMYIE s. f. ( tè-ti-go-mi-J — du gr. tettix, cigale; muia, mouche). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des cicadiens, formé aux dépens des cigales, et dont l'espèce type habite l'Afrique.
TETTIGONE s. f. (tè-ti-go-ne). Entom.
Syn. de tettioonib : La tettigone verte est très-rare aux environs de Paris. (H. Lucas.)
TETTIGONIDE adj. (tè-ti-go-ni-de — do tettigonie, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à. la tettigonie.
— s. f. pi. Groupe d'insectes hémiptères, de la tribu des cercopides , ayant pour type le genre tettigonie.
TETTIGONIE s. f. (tè-ti-go-nl — du gr.
tettix, cigale). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des fulgoriens, tribu des cercopides, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues surtout dans les pays chauds, il On dit aussi tettigone.
— Encycl. Les tettigonies, appelées aussi procigales par quelques auteurs, sont caractérisées par un corps linéaire ; une tête transversale, aussi large et un peu moins longue que le prothorax, échanerée circulairement en arrière dans toute sa largeur, avec le bord antérieur épais et arrondi. Elles sont trèsvoisines des cigales, dont elles se distinguent par leur taille moindre et par le nombre de leurs ocelles ou yeux lisses, qui est de deux, au lieu de trois. Les espèces très-nombreuses de ce genre sont répandues surtout dans les pays chauds. La tettigonie verte est longue de 0°», 01, jaune, avec le corselet vert, les élytres verts en dessus et noirs en dessous. On la trouve dans la plus grande partie de l'Europe, mais plus abondamment dans les régions méridionales.
TETTIN s. m. (tè-tio). Techn. Ouverture, bouche du four à potier.
TETTNAN'C, ville deWurtemberg (Danube), sur le Muhlenbaeh, à 85 kilom. S.-O. d'TJlm, k 8 kilom. du lac de Constance; 1,500 hab. Grande récolte de cerises et de vins; fabrication de kirsch et de vinaigre. Château dos anciens comtes de Montfort-Tettnang. Cette ville a appartenu à l'Autriche depuis 1783 jusqu'en 1806; elle fut cédée, il cette dernière
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date, par cette puissance à la Bavière, qui la garda jusqu'en 1810, époque à laquelle elle passa sous la domination du "Wurtemberg.
TÊTU, UE adj. (tê-tu, û — rad. tête). Obstiné, opiniâtre; très-attaché à ses opinions, à ses volontés : Homme, enfant têtu. Les filles sont quelquefois un peu têtues. (Moi.) Je ne lâcherai prise que quand je serai mort, car je suis têtu. (Volt.) On est ferme par principeet têtu par tempérament. (J. Joubert.) Je suis, quand je m'y mets, plus têtu qu'une mule.
Rëonard.
— Substftntiv. Personne têtue : C'est un têtu. Le têtu est celui dont les organes, quand ils ont une fois pris un pli, n'en prennent plus ou n'en peuvent de longtemps prendre un autre. (J. Joubert.)
— s. m. Constr. Sorte de marteau carré, avec lequel on abat la pierre près des arêtes.
— Ichthyol. Nom vulgaire du cyprin chevanne.
— Syn. Têlu, enlftlé, entier, etc. V. EN- TÊTÉ.
TÊTUER v. a. ou tr. (tê-tu-é — rad. têtu). Constr. Ebaucher avec le têtu : têtuër des pierres.
TÉTYRE s. f. (té-ti-re). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des scutellériens, type du groupe des tétyrides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe. Il Syn. d'EURYOASTRB, autre genre d'insectes hémiptères.
TÉTYR1DE adj. (té-ti-ri-de — de tétyre, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte a la tétyre.
— s. f..pl. Groupe d'insectes hémiptères, de la famille des scutellériens, ayant pour type le genre tétyre.
TETZCUCO, lac du Mexique (Mexico), dans la vallée de Mexico. Dans les temps ordinaires, sa longueur, du N. au S., est de 22 kiloin., et sa largeur, de l'E. k l'O., de 15; mais quand le vent souffle avec quelque violence, les bords étant peu élevés, les e"aux s'écoulent en partie par la rive O., et laissent à sec une étendue de plus de 2 kilom. Il communique par un petit cours d'eau au lac de Xoehimilco, Il est célèbre par ses jardins flottants (chinampas). Près du bord O. est situé Mexico, et a 10 kilom. à l'E. de ce lac on voit la ville de son nom. -
TETZCUCO, ville du Mexique, dans l'Etat et à 26 kilom. E.-N.-E. de Mexrco, à 10 kilom. E. du lac de son nom, au pied d'une chaîne de montagnes qui borde la vallée de Mexico à l'E. , par 19° 31' de latit. N. et 101" 11' de longit. O. ; 5,000 hab. Commerce très-actif avec Mexico. Les premiers chroniqueurs du nouveau inonde plaçaient cette ville fort au-dessus de Mexico et l'appelaient l'Athènes américaine, de même qu'ils surnommaient son plus puissant monarque le Salomon de l'Anahuae. « Ce souverain, dit le Magasin pittoresque, qui remplit de sa gloire les premières années du xva siècle, et dont la vie aventureuse n'est pas sans une certaine analogie avec celle du grand Alfred, se nommait Netzahualcoyotzin. Il avait donné à l'architecture de l'antique Tetzcuco un caractère de grandeur qui frappa de surprise les premiers Conquérants. Si l'on en croit même un écrivain national, Ixtitlxochitl, son palais effaçait par sa splendeur celui de Montézuma. Il avait de plus fait édifier, dit-on, au delà de quarante temples, remarquables par la magnificence de leur architecture. Né le 2g avril U02, mort en U62, ce prince était à la fois grand poste, grand orateur et législateur prévoyant; on cite de lui un code de quatre-vingts lois, qu'on admirait dans l'Anahuac. Trois de ses poésies nous ont été conservées dans la collection des anciens ouvrages publiés sur l'Amérique par M. Ternaux. L'immense palais de ce souverain américain était une véritable académie. Dans la salle des Trois-Trônes, on avait réuni autour du tambour sacré (le huehuetl) tout ce qui pouvait servir au maintien des traditions. L'auteur ajoute : « Au couchant du palais se > trouvaient une grande salle et plusieurs
■ chambres, où se tenaient les historiens, les
■ poètes et les philosophes du royaume, di-
• visés en classes, selon la science qu'ils cul- » tivaient ; on y trouvait aussi les archives
• royales. » A cette institution , si extraordinaire pour l'époque où elle se montrait florissante, s'ajoutait une sorte de collège royal où devaient être élevés, sous un régime sévère, le fils du souverain et les enfants de l'aristocratie; on le désignait sous le nom de Tlacolco. Ce gymnase , contigu au palais , était complètement séparé d'une institution analogue réservée aux jeunes filles. Jj'Europe n'a, en réalité, que des notions fort sommaires et des plus incomplètes sur les connaissances que ces peuples étaient parvenus à acquérir. Ce qu'il y a de bien positif, c'est que l'étude des sciences naturelles leur était familière. Nous savons qu'il y avait à Tetzcuco des ménageries habilement disposées, des aquariums immenses, de véritables jardins botaniques on ne peut mieux, aménagés pour la propagation des plantes utiles. Avant Netzahualcoyotzin , Tetzcuco comptait déjà plusieurs siècles d'existence. Selon la tradition, il avait été bâti sur les rives du lac gui lui avait donné son nom dès
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l'époque ou apparurent les Toltèques, ce peuple auquel remonte tout ce qu'il y a de grand en architecture dans ces régions. Rebâti en 1301, Tetzcuco n'atteignit sa splendeur véritable que vers le milieu du xv> siècle. Netzahualcoyotzin avait adopté une division systématique qui partageait la cité en six quartiers et affectait diverses portions de la ville à l'exercice de certains métiers. Au lieu des maigres arbres disséminés aujourd'hui sur l'étendue de ce triste paysage, les jardins qu'avait fait planter Netzahualcoyotzin étaient environnés d'une forêt de deux mille cèdres magnifiques, que l'historien Ixtitlxochitl vit encore debout. Mais, au dire du vieil historien indien , ces splendeurs de la nature , unies aux splendeurs de l'art, disparaissaient devant l'idée religieuse que le grand roi avait osé formuler d'une lumière éclatante au milieu des téocalis ruisselant chaque jour , comme à Mexico, du sang des victimes. Dans son vaste palais s'élevait un temple de forme circulaire, dédié au dieu inconnu, au dieu de paix, créateur de toutes choses, auquelles hécatombes sanglantes étaient en abomination ; neuf voûtes y figuraient les neuf cieux, et la dernière était couverte de constellations d'or sur un fond noir, représentant l'abîme incommensurable des cieux; c'est là que le Salomon de l'Anahuac se retirait pour prier, là qu'il engageait ses enfants à faire cesser tôt ou tard des sacrifices abominables. Aujourd'hui, Tetzcuco n'est plus qu'une ville secondaire qui excite assez peu l'intérêt des vo3'ageurs; elle conserve néanmoins le titre de capitale de la province à laquelle elle appartient, et l'on y compte encore une population de 8,500 habitants. Rien ne manque à ces paisibles successeurs des Acolhuas; ils ont, comme leurs valeureux ancêtres, un ciel admirable, un sol prêt à répondre par sa fertilité aux moindres efforts des travailleurs. Malheureusement l'énergie manque totalement aux habitants et ils ne savent point profiter de leur situation.
> Les familles indiennes dont se compose la plus grande partie de cette population, et qui se sont agglomérées surtout dans les faubourgs, chôment la plupart du temps. Elles trouvaient dans le tissage de certaines toiles communes un utile emploi de leurs bras: ce mouvement s'est éteint; elles s'occupaient également, avec quelque succès , de chapellerie grossière :lesproduits de ce genre de manufacture ont trouvé par malheur une concurrence, et le commerce avec les étrangers les a peu à peu fait disparaître. Disons plus : si l'on en rencontre, ils ne se fabriquent qu'à de rares intervalles.'
» Les bois qui étaient la gloire de l'ancienne cité, et qui dataient du xvo siècle, sont tombés tout à coup, un jour, sur l'ordre du viceroi. Il s'agissait, disait-il , en abattant ces cyprès séculaires, d'assainir un cours d'eau insignifiant. On a compté à terre, nous af- -firme-t-on, jusqu'à treize mille ahuehuetes presque tous gigantesques. Plus de beaux 'arbres, plus de monuments américains, tel fut, en définitive, pour Tetzcuco le résultat de la domination espagnole. La ville ne s'est jamais relevée de cette double injure faite, en deux cents ans, à la nature grandiose qui la parait et k l'art original qu'il eût été intéressant d'étudier dans ses murs. •
• Avant d'arriver dans le voisinage immédiat de cette ville, dit Beulloch, on s'aperçoit déjà que l'on approche d'un lieu tràs-aneiennenient habité. On passe devant un grand aqueduc construit jadis pour apporter 1 eau à la ville et servant encore actuellement au même usage, et près de ruines de plusieurs édifices de pierre d'une grande étendue. On traverse un pout , et puente de los Bérgantinos, qui marque la place où Cortez bâtit et lança ses brigantins sur les lacs, quand il revint conquérir la capitale; mais la contrée a tellement changé d'aspect que ce pont est maintenant à une lieue et demie de l'eau; un peu plus loin, nous trouvâmes les fondations d'un bâtiment irès-vaste. »
TETZEL ou TEZEL (Jean), dominicain fameux par les événements dont il tut l'auteur involontaire, né à Pirna (Misnie) vers 1470, mort à Leipzig en 1519. Il avait embrassé l'état monastique après avoir terminé ses études k Leipzig et s était fait remarquer dès ses débuts par des talents oratoires peu ordinaires. Il dut à sa réputation d'être nommé prieur du couvent de son ordre, à Glogau, et ensuite d'être chargé de prêcher les indulgences que le pape venait d'accorder k prix d'argent. Sa conduite scandaleuse avait indigne Maximilien qui, dit-on, donna l'ordre de le noyer; mais l'électeur de Saxe obtint sa grâce; Tetzel dut se rendre à Rome et implorer le pardon de ses fautes, Léon X fit plus que de lui accorder son pardon; il le nomma inquisiteur de la foi et le chargea de prêcher des indulgences pour obtenir les fonds nécessaires à l'achèvement de la basilique de Saint-Pierre. Tetzel s'acquitta de sa mission avec un zèle qui lui fut fatal et fatal au saint-siége. 11 parcourut les villes de la Saxe, vendant avec un cynisme révoltant les billets d'indulgence qui ouvraient le paradis aux imbéciles. Luther attaqua Sun commerce honteux; il répondit par un ouvrage intitulé : Propositiones centum et sex lutheranis adverse , quibus cathoticum de indulgentiis dogma propugnabut. De plus il fit brûler k Francfort les thèses de Luther, alors profes-
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seur de théologie à Wittemberg. Celui-ci & son tour brûla l'ouvrage du dominicain, et tout rapprochement devint impossible. La légat du pape, Miltitz, homme savant et religieux, rit mander Tetzel et le réprimanda avec une sévérité inspirée par les conséquences probables de sa mission dangereuse. Tetzel en mourut de chagrin.
TETZEN (Jean de), alchimiste allemand, né àTeschen (Silésie).II vivait à la fin du xvie siècle. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il a composé, sous le pseudonyme de Jouîmes Fceiocnais, un petit poëme , intitulé Processus de lapide philosophorum , en 141 stances latines rimées, et un traité eu prose, Enigma de lapide. Ces deux écrits ont été publiés à Hambourg (1679), avec des traités de divers alchimistes.
TEU s. m. (teu). Métrol. Mesure 3e capacité chinoise, qui équivaut à peu près à 7 litres.
TEUCER (latin Teucer, grec Teukros, proprement le charpentier.de teuchô, construire, ou tukô, tailler, façonner; sanscrit tvalç»h, taksh, tailler, couper, fendre, gratter, former, fabriquer, puis en général aijir, travailler, formes secondaires et dérivées, selon toute probabilité, par Va des verbes désidératifs ou intensitifs, de tvak, tak, onomatopées représentant le bruit de la hache qui laille. Les langues congénères nous oifrent aussi ces types primitifs à côté des premiers : zend takhsh, tash, couper, façonner, faire ; persan tâchtan, percer; latin texo, tisser; irlandais tachaim, gratter, racler; kymrique iociaw, iwciaw, couper, émonder ; lithuanien taszyti, tailler avec la hache, taisyti, arranger, préparer ; ancien slave tukati, tisser, tesati , couper, tailler, etc.; toutes formes auxquelles se rattachent de nombreux dérivés et particulièrement les anciens noms du charpentier : en sanscrit takshan, takshaka, tastitar, tvashtar, celui qui taille, qui façonne, kâshthataksh, qui taille les bois. Dans la mytholgie védique, Tvashtar est l'artisan céleste qui donne la forme à toute chose. Deux de ces noms ont leurs corrélatifs parfaits dans les langues européennes ; outre Teukros, en effet, qui semble représenter le sanscrit tashiar ou tvashtar, le grec tektàn, charpentier, répond à takshan, avec kt pour ksh, comme dans d'autres cas. Le sanscrit takshaka se retrouve aussi fidèlement conservé dans l'ancien irlandais tassach, artisan , devenu le nom propre de l'artisan au service de saint Patrice, d'après la tradition. Le russe tek.tonu, charpentier, est emprunté du grec; le bohémien tesari se rattache directement au slave tesati, comme le polonais ciesla à ciesac, tailler, avec c pour t devant i, comme souvent d'ailleurs), nom de deux héros fabuleux des aDnales grecques. L'un, le fondateur de la race des Troyens, était originaire de l'Ile de Crète. Il était venu s'établir sur les côtes de l'Asie Mineure, où il avait épousé la fille de Scamamlre, roi du pays. C'est de lui que les Teucriens prirent leur nom, et, depuis, les Troyens, descendants deDardanus,son gendre, portèrent indifféremment le nom de Troyens ou de Teucriens. Les Troyens avaient un pieux respect pour le père de leur race ; nous en voyons la preuve dans les épopées antiques, et plus particulièrement dans l'Enéide, où son souvenir est souvent invoqué par ses enfants.
Le second Teucer est plus célèbre encore que le premier. Il était frère d'Ajax, fils de Télamon, le plus brave et le plus fort de tous les Grecs. Teucer suivit son frère dans l'expédition de Troie et se signala à ses côtés par sa bravoure héroïque. Lorsque Ajax disputa à Ulysse les armes d'Achille et se tua, honteux d'avoir été jugé plus indigne de les posséder que son rival, Teucer ne sut pas venger la mort de son frère. Son père Télamon, irrité contre lui, lui défendit alors d'entrer à Salamine. C'est alors que commencèrent las longs voyages de Teucer, ses courses errantes à travers l'Océan, si célèbres dans l'antiquité.. Il alla d'abord fonder un royaume dans l'Ile de Chypre, puis, après la mort de son père Télamon, il en réclama la succession ; mais il fut forcé par Eurysace, fils d'Ajax, de l'abandonner, et il retourna dans la ville qu'il avait fondée, la nouvelle Salamine. Là, il bâtit un temple k Jupiter; dans ce temple, on dut sacrifier un homme, coutume qui subsista dans la nouvelle Salamine jusqu'à l'époque d'Adrien. Les poêles ont souvent raconté les infortunes de Teucer. Horace lui a consacré la dernière partie d'une de ses plus belles odes, l'ode à Plancus. Il conseille à son ami Plancus d'oublier les chagrins de la vie et les souvenirs de la jruerre civile au milieu de la joie des festins et lui rappelle à ce propos l'exemple de Teucer (ode 71 du livre lerj :
. . . Teucer Salamina patremque Quum fugeret, tamen nda Lyso Tempora populea ferlur vinxisse corona, Sic tristes affalus amicos :
. ■ Quo nos cumque feret meiior fortuna parente,
lbitnns, o socii, comitesque.
Nil desperandum Teucro duce et auspice Teucrot •
TEUCHESTE s. m. (teu-kè-te — du gr.
teucheslêsf armé). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentunières, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées coprophages, originaire de France.
TEUCIUE (Teucria), nom donné par les an-
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ciens poètes à la Troade, à cause de Teucer, un de ses anciens rois.
TEOCRIEN, IENNE s. et adj. (teu-kri-ain, i-è-ne). Géogr. anc. Syn. de troyen, knnb,
TEUCR1ETTE s. f. (teu-kri-è-te — dimin.
du lat. teucrium, germandrée). Bot. Nom vulgaire de la véronique des près.
TEUCRIUM s. m. (teu-kri-omm — mot lat.).
Bot. Nom scientifique du genre germandrée.
TEUDOPSIS s. m. (teu-do-psiss). Moll.
Genre de mollusques céphalopodes, voisiu des calmars, et comprenant plusieurs espèces fossiles des terrains jurassiques.
TEUFELSTE1N (le), célèbre rocher de Bavière (4 mètres de hauteur), près de Dûrkheim, sur une montagne couverte de vignes et de châtaigniers. C est un énorme bloc qui semble avoir été apporté à cette place par les hommes et qui a, dit-on, servi autrefois d'autel. On peut monter jusqu'au sommet par des degrés taillés dans le roc. Ces degrés sont, suivant la tradition, les marques des doigts du diable qui avait voulu te saisir pour le lancer sur le couvent de Limburg et qui ne put parvenir à le soulever, parce que, au moment où il la toucha, la pierre devint molle comme du beurre.
TEUFEN, bourg de Suisse (Appenzell), sur le penchant d'une montagne et sur le Roch, qui forme près de là une cascade, à 7 kilom. N.-E. d'Appenzell; 5,000 hab. La fabrication de la mousseline et de la broderie occupe une grande partie de la population. Patrie de l'habile tisserand Gmunilers et de l'ingénieur Grubenmann. Eaux minérales et bains.
TEUGUE s. f. (teu-ghe — du lat. tegula, tuile). Mer. Sorte d'abri qu'on élevait quelquefois k l'avant, plus souvent k l'arrière, sur la dunette.
TEULADA, cap d'Italie (Sardaigne), formant la pointe la plus méridionale de l'Ile, dans l'arrondissement d'Iglesias, par 38° 52' de lutit. N. et 6» 16' de longit. E. Il forme avec le cap de Spartivento l'entrée du golfe de Teulada.
TEULET (A. -François), jurisconsulte français, né à Carcassonne (Aude) en 1799. Il rit ses études de droit à Paris, où il passa sa licence en 1S23 et suivit la carrière du barreau. Indépendamment de nombreux articles, insérés dans des journaux de jurisprudence et dans le Dictionnaire de la conversation, on doit à M. Teulet plusieurs ouvrages estimés : Dictionnaire des codes français (1836, in-8°) ; Mémento de l'étudiant en droit (1S40, in-18); les Codes annotés (1843, 2 vol. in-8°), souvent réédités; Formulaire des actes (1844, in-8°) ; l'arif des actes de procédure (1846, in-8°) ; Manuel du citoyen français (1848, in-8°) , recueil des constitutions politiques .françaises depuis 1791, réédité en 1848 sous le titre de Recueil des constitutions françaises ; Journal des tribunaux de commerce (1852, in-go), en collaboration avec M. Camberlin; Nouveau manuel des tribunaux de commerce (1866, in-go), avec le même, etc.
TEULET (Jean-Baptiste- Alexandre-Théodore), archéologue français, né à Mézières en 1807, mort k Champigny en 1S66. Elève de l'Ecole des chartes de 1828 à 1331, il devint ensuite employé aux archives nationales, puis il fut attaché aux travaux historiques de l'Académie des inscriptions. M. Teulet, membre de la Société des antiquaires, obtint une médaille au concours des antiquités de 1843. II a collaboré à la Bibliothèque de l'Ecole des chartes ou Layettes du trésor des chartes (1862, in-4°) et a publié des éditions de la Correspondance de Bertrand de Salignac de Lamothe-Fënelon (1838-1841,7 vol. in-8») ; des Œuvres complètes d'Eginhard (1840-1843, 2 vol. in-8°) ; des Lettres de Marie Stuart ; des Papiers d'Etat, pièces et documents de l'histoire d'Ecosse (1849, 2 vol. in-4<>). Il a publié les Relations diplomatiques de la France et de l'Espagne avec ' l'Ecosse au xvie siècle (1862, 5 vol. in-8°).
TEDL1É ou TEULlER(Pierre), général italien, né en 1763, mort en 1807. Il suivit d'abord la carrière du barreau, puis, lorsque éclata la Révolution française, il résolut de se faire soldat. En 1796, Serbelloni, commandant en chef des milices de Milan, le nomma son aide de camp, puis il devint adjudant général, organisa avec autant de zèle que d'habileté la garde nationale, qui depuis fit la force de l'armée italienne, marcha bientôt après contre les Autrichiens qui menaçaient la Lombardie et fut chargé d'organiser un gouvernement provisoire à Vérone et à Vicence. Teulié enleva ensuite le fort Saint- Leo, prit part à la bataille de Vérone et se conduisit de la façon la plus brillante k celle de Magnano. Il resta fidèle au parti des Français après la défection du général Lahoz, se jeta dans Pérouse et gagna Rome, où le général Grenier le prit pour son chef d'élatmajor. Peu après, les troupes françaises ayant été forcées d'évacuer l'Italie, Teulié se rendit en France, fut chargé par le premier consul Bonaparte de réorganiser à Dijon la légion italienne, puis retourna dans son pays et se signala par sa bravoure contre les Autrichiens. Après la bataille de Maiengo(lSOO), il passa en Toscane, d'où il se rendit à Milan pour y occuper les fonctions de ministre de la guerre. Son activité, les mesures qu'il dut prendre pour réorganiser l'armée et répri-
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mer les abus lui firent de nombreux ennemis. Fatigué d'avoir à lutter contre eux, il donna sa démission, reçut divers commandements, fut mis plus tard à la tête d'un conseil chargé d'organiser l'administration militaire et se vit destituer sur d'injustes soupçons; mais il fut bientôt rétabli dans ses fonctiions pur Bonaparte, Promu général de division en 1805, il prit part k la campagne de 1807 en Allemagne, investit Colbcrg et fut mortellement frappé d'un boulet pendant le siège de cette ville.
TEULON (Emile), homme politique et magistrat français, né dans le Gard en 1793. Lorsqu'il eut achevé ses études de droit, il s'établit comme avocat a Nîmes. Pendant la réaction royaliste de 1815, sa famille, dont les idées libérales étaient connues, fut en butte à de grandes vexations. Le jeune Teulon accueillit en conséquence avec une vive antipathie le gouvernement des Bourbons, ne cessa de lui faire une vive opposition et fonda, en 1818, une association pour la liberté de la presse. Il était avoué depuis quelques années lorsque éclata la [évolution de juillet 1830. Il fut alors nommé secrétaire général de la préfecture du Gard, mais il ne remplit que fort peu de temps ces fonctions et, l'année suivante, le second collège électoral de . Nîmes l'envoya siéger à la Chambre des députés, où il allii s'asseoir à l'extrême gauche. Peu après , i! entra dans la magistrature comme conseiller à la cour d'appel de Limoges, d'où i! passa au même titre à Nîmes en 1833. Il remplissait toujours ces fonctions et n'avait cessé d'appartenir au parti de l'opposition libérale lorsque Louis-Philippe fut renversé du trône (1848). Le gouvernement provisoire nomma alors M. ïeulon commissaire général dans le Gard, et ce magistrat remplit ces difficiles fonctions de manière à se concilier la sympathie générale de ses concitoyens qui l'élurent, le premier sur dix, représentant du peuple à la Constituante.
M. Toulon vota généralement dans cette assemblée avec le parti républicain delà nuance du Nutional, combattit la politique rétrograde du président de la république et ne fut pas réélu à la Législative. Il retourna alors à Nîmes, y reprit l'exercice de ses fonctions de premier président à la cour d'appel et fut mis a la retraite en 1863. On a de lui : l'euion à ses commettants (1830) et une tra^étlie, Henri III, dont on trouve des fragments dans la Notice des travaux de l'Académie du Gard.
TliUMESUS, forêt de la Grèce ancienne, dans l'Argolide, près de la ville de Némèe. C'est dans cette forêt que, d'après la mythologie, habitait le célèbre lion de Némèe.
TEURNIA, ville de la Norique. V. Villach.
TEUS ou BBGtTEL-ÏN'OS, génie bienfaisant, qui, d'après les paysans du Finistère, est d'une titille gigantesque et vêtu de blanc. Il apparaît dans les carrefours de n inuit à deux heures et sauve, en le cachant sous son manteau, celui qui l'appelle dans un danger imprévu. On entend souvent alors passer avec un bruit effrayant le chariot du diable, qui fuit a sa vue.
TEBTA, reine d'Illyrie, qui vivait dans la première moitié du me siècle av. J.-C. Les Illyriens, audacieux pirates, parcouraient la mer Adriatique et les côtes de la Grèce, pillant, volant et tuant ceux qui leur résistaient. Des plaintes parvinrent jusqu'au sénat romain qui, l'an 522 de la fondation de Rome, envoya des ambassadeurs à la reine Tenta pour se plaindre des torts que les marchands romains avaient soufferts de la part des corsaires illyriens. La reine les laissa parler sans les interrompre, affectant des airs de hauteur et de fierté. Quand ils eurent fini, sa réponse fut que de.sa part elle ne donnerait aucun sujet de plainte aux Romains et qu'elle n'enverrait point de pirates contre eux, mais que ce n'était point la coutume des rois d'Illyrie de défendre à leurs sujets d'aller en course pour leur utilité particulière. A ces mots, le plus jeune des ambassadeurs s'écria avec une liberté toute romaine : « Chez les Romains, dit-il, une des plus belles coutumes, c'est de venger en commun les torts laits aux particuliers'; or, nous ferons en sorte, avec l'aide des dieux, que vous réformiez bientôt les coutumes des rois d'Illyrie. » La reine, en femme hautaine et violente, fut si vivement piquée de cette réponse que, sans égard pour ie droit des gens, elle envoya à la poursuite des ambassadeurs, en fit tuer une par^ tie, jeta les autres en prison et porta la cruauté jusqu'à faire brûler les conducteurs des vaisseaux qui les avaient apportés. Les Romains, à la nouvelle de cet attentat, déclarèrent la guerre aux Illyriens, Teuta, réduite aux dernières extrémités, demanda la paix et fut obligée, pour sauver sa vie, d'abandonner sa couronne.
TEDTATÈS, un des dieux de la mythologie gauloise. Le nom de cette divinité, selon M. de La Villemarqué, serait Tut-Tàt, le père des hommes. L'origine de tut, homme, nous est inconnue; quant a l'armoricain tât, tûd, père, ancien comique tat\ kymrique tadt erse taidih, irlandais daid, c'est le même mot que le grec létta, le latin 'tata, ancien allemand toto, frison tote, le lithuanien tetis, ietatis, le russe tiotia, bohémien et serbe tata, polonais tatus, tatim, l'albanais fafe. Toutes ces
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formes correspondent évidemment au san- l scrit tata ou tatd, père, et, en général, terme d'affection adressé a un enfant, à un ami; ce nom n'est évidemment qu'une articulation enfantine, bien qu'il ait pris ultérieurement le sens de vénérable, respectable. C'est ce que prouvent les analogies de plusieurs idiomes complètement étrangers au sanscrit.
Nous ne parlons pas du mordouine tataî, du karélien tato, de l'esthcnien taat, tàttâ, etc., parce que les langues finnoises contiennent beaucoup de mots aryens; mais, en Afrique, le congo et angola tota et, en Amérique, le vilela Me, le mexicain talli,etc, ne sauraient à coup sûr provenir d'une racine sanscrite. Cependant il ne faudrait pas conclure de ces coïncidences lointaines contre une origine commune pour celles qui se remarquent dans la sphère même des langues aryennes. Il est certain que d'anciennes onomatopées se conservent souvent à travers les siècles et que, retrouvées dans les diverses branches d'une même famille de langues, elles concourent à en démontrer l'unité primitive. On ne s'expliquerait pas, sans cela, pourquoi les analogues du sanscrit tata, dans les autres langues aryennes, sont plus nombreux que dans celles du reste du globe entier. Nous avons cité plus haut tes analogies des langues européennes; nous trouvons encore en Orient le bengnli et indoustani tat, le laghmani lâtiyû, l'ossète digorien tada, père. Une application de cette même forme au féminin se trouve en Europe dans l'ancien allemand tota, mère, le lithuanien tetta, slave teta, tetka, tante.
Tentâtes, dans la mythologie gauloise, est une figure obscure et formidable. C'est Gwyon envisagé non comme nain, non comme petit génie éducateur, mais comme père. A lui sont dédiés des cairnsou monceaux de pierres innombrables, que les Latins appellent acervus Mercurii, que le moyen âge nomme des montsjoie; on offre a Teutatès des sacrifices sanglants. De même que Koridwen, déesse de la lune, il règne dans la nuit, dans- cette nuit d'où il a tiré ses enfants les Gaulois; c'est la nuit qu'il a évoqué notre globe du chaos ; c'est pourquoi l'astronomie gauloise compte par nuits et non par jours, par lunaisons et non par mois solaires. A ces sombres caractères, César le prend pour Dis, le dieu des enfers, pour le triste Pluton ; mais il n'existe ni Pluton ni enfers dans la théologie gauloise. Gwyon-Teutatés n'est pas seulement le père des Gaulois et leur guide sur la terre, mais le père spirituel qui enlève l'homme à la fatalité de la nature physique et lui sertd'inter-médiaire près du Dieu Vérité; c'est là son rôle essentiel, celui qui fait de lui le vrai génie de la Gaule.
TKUTBERG ou TKUTOBURGERWALD, anciennement Teutoburtjiensis Saltus, chaîne de montagnes d'Allemagne (Prusse). Elle commence vers la source de la Lippe, au S.-E. de Paderborn, court au N.-O. et se termine sur la rive droite de l'Ems, vers le confluent de la Hopter-Aa. Sa longueur est d'environ 200 kifom. Elle n'a qu'une faible élévation ; l'altitude varie entre 400 et C00 mètres. Les forêts qui en couvrent la partie méridionale, prés de Driburg, sont célèbres par le massacre qu'Aiminius y fit des légions de Varus, l'an 9 de notre ère. L'Ems est le principal cours d'eau qui descend de son versant S.-O.; la Haase, tributaire de l'Ems, et la Weere, aftluent du Weser, prennent naissance sur son versant N.-E.
TEUTHIS s. m. (tou-tiss — mot grec qui signif. seiche, calmar). Ichthyol. Ancien genre de poissons acanthoptérygiens, type de la famille des teuthyes, et dont les espèces sont réparties par les naturalistes modernes entre les genres acanthure et atnphacanthe.
TEUTHIS ou ORNYTOS, chef arcadien qui se mit a la tête d'une troupe de ses compatriotes pour aller au siège de Troie. Pendant que les Grecs étaient retenus en Aulide par les vents contraires, il eut avec Agamemnon une discussion, à la suite de laquelle il résolut d'abandonner l'armée. Minerve, sous la forme de Mêlas, ayant essayé de le détourner de son dessein, il la frappa de son javelot et la blessa à la cuisse. A peine arrivé en Arcadie, il tomba malade et mourut, et la lieu où il habitait, frappé de stérilité, ne porta plus de fruits.
TEUTHLACO s. m. (teu-tla-ko). Erpét. Espèce de serpenta sonnettes d'Amérique : Le teuthlaco est de la grosseur du bras. {V. de Bomare.)
TEUTHYE adj. (teu-tî — du rad. teuthis). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'ancien genre teuthis.
— s. m. pi. Famille de poissons acanthoptérygiens, ayant pour type l'ancien genre teuthis , et comprenant des espèces toutes étrangères à l'Europe : Les teuthyes sont étroitement liés à ta grande famille des scombéroîdes. (E. Baudement.)
— Encycl. La famille des teuthyes offre comme caractères essentiels : un corps comprimé, oblong; une bouche petite, non protractile, aimée, à chaque mâchoire , d une seule rangée de dents tranchantes, dont la langue et le palais sont dépourvus; une seule nageoire dorsale. Elle se rattache étroitement à la grande famille des scombéroïdes, dont elle forme en quelque sorte une dépendance. Ces poissons ont des intestins d'une
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grande ampleur et un régime herbivore. Cette famille comprend les genres amphacanthe, acanthure (tous deux formés du démembrement de l'ancien genre teuthis), nason, prionure, axinure, priodon et kéris. Tous ces poissons sont étrangers à l'Europe; quelques-uns l'ont habitée aux temps géologiques, et leurs restes fossiles se trouvent aujourd'hui au monte Bolca.
TEBTOBCRGERWALD. V. Tedtbehg.
TEUTOMANE s. (téu-to-nia-ne. — V. tedtomanie). Personne possédée de la teutomanie.
TEUTOMANIE s. f. (teu-to-ma-nl — de teuton, et de manie). Manie des partisans outrés de l'Allemagne ; admiration excessive des Allemands.
TEUTON, ONNE adj. (teu-ton, o-ne — latin Teutones, mot qui appartient à la même famille que l'allemand Deutsch, Allemand, gothique thiuda, peuple, d'où thiiidars, roi, thiudiuassus, royaume, et thiudisks, appartenant an peuple ; anglo-saxon theod et theodise, peuple, Scandinave thiôd, thydi, ancien allemand diot, diota, haut allemand diot, peuple, diatise,
Fopulaire, etc. Au même groupe appartient ancien irlandais tuath, tuad, peuple, moderne luath, pays; kynirique tût, tûd, armoricain tud, tud, peuple, nation: l'ombrien iota, osque touto, ville, territoire d'une ville, et le lettique tauta, peuple, pays). Syn. de germain : Les peuples teutons. Les natiovs teutonnes.
— Substantiv. : Les Teutons.
— s. m. Ancienne langue germanique.
— Encycl. Hist. Les Teutons, ancien peuple de la Germanie, s'étaient établis sur la côte de la Baltique, dans le Mecklembourg actuel. On ignore leur origine; toutefois, l'on . croit qu'ils étaient originaires d'Asie et qu'ils se rendirent, vers 600 avant notre ère, sur les bords de l'Océan septentrional. D'après Pline, ils formaient la principale tribu des Ingœvons, et Pythéas, au me siècle av. J.-C, fit mention de ce peuple comme habitant la côte d'Ambre. J. Grimm croit qu'ils ont pour descendants les Dithmarses. L'an 113 avant notre ère, les Teutons se joignirent aux Cimbres, emmenèrent avec eux leurs femmes et leurs enfants et se dirigèrent vers le sud-est en ravageant tout sur leur passage. Nous avons raconté ailleurs (v. Cimbres) cette célèbre invasion, durant laquelle les Teutons furent exterminés par Marius près d'Aix (102). Leur chef, Teutobokhe ou Teutobochus, qui s'était rendu fameux par sa stature et sa force prodigieuse, échappa au massacre; mais arrêté peu après, il fut livré à Marius, orna le triomphe du vainqueur et mourut captif. A partir de cette époque, il n'est plus question des 2Jeutons dans l'histoire. Leur nom seul (Teutsch ou Deutsch) survécut et devint celui des peuples de la Germanie. De là aussi vient le nom de langues teutoniques, qu'on donne quelquefois aux langues germaniques, et celui de chevaliers de l'ordre Teutonique, porté par les membres d'un ordre religieux célèbre, fondé par des Allemands.
TEUTONIQUE adj. (teu-to-ni-ke — rad.
teuton). Qui appartient, qui a rapport aux Teutons : Les mœurs teutoniojjks.
— Se dit d'une espèce d'écriture gothique : Ecriture teutoniqtjb. Lettres teutoniques.
— Hist. Ordre des chevaliers Teutoniques ou Ordre Teutonique, Ordre religieux militaire fondé à lu tin du xiic siècle, il Hanse teutonique, Hanse allemande. V. hanse.
— Encycl. Hist. « L'ordre Teutonique eut, comme celui de Saint-Jean, un hôpital pour berceau.- Cet hôpital avait été fondé à Jérusalem vers 1128 par un riche Allemand, en faveur des pèlerins de sa nation. Quelques autres Allemands s'étant adjoints à lui pour assister les malades, il résulta de là une association, dont les membres furent appelés frères de l'hôpital de Sainte-Marie-des-Teutons. » (Histoire de Prusse, par Mazas de Sarrion.) Pendant le siège de Saint-Jeand'Acre (Ptolémaïs) en 1289-1291, Frédéric de Souabe érigea cette association en ordre militaire. Cet ordre s'appela d'abord Maison teutonique de la sainte Vierge de Jérusalem ; mais l'usage s'introduisit bientôt de lui donner le nom d'ordre Teutonique, qui est seul resté, parce qu'il se recrutait exclusivement dans la noblesse allemande. Les chevaliers Teutoniques rendirent aux chrétiens de la Palestine les mêmes services que ceux du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem. Le' costume des chevaliers était un manteau blanc avec une croix noire ; mais le grand maître joignit ensuite a la croix noire la croix d'or de Jérusalem.
Henri de Walpott fut le premier supérieur de l'ordre Teutonique, ou grand maître, comme on a dit plus tard. Les membres du nouvel institut se distinguèrent dès lors autant par leur valeur que par leur charité et se consacrèrent avec un zèle infatigable, pendant toute la durée du siège, au soulagement de leurs compatriotes infirmes ou mutilés. Un siècle plus tard, k la suite de la prise do Saint-Jean-d'Acre (1291), les chrétiens lurent forcés d'abandonner la Palestine.
Les chevaliers Teutoniques n'avuient pas attendu ce dernier désastre pour quitter 1 Asie. Après avoir contribué à la prise de Damiette en 1219, où" ils se signalèrent sous ta conduite d'Hermunu de Saltza, voyant, dit
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un de leurs historiens allemands, que tous les efforts des croisés étaient inutiles contre des forces infiniment supérieures, le grand maître Hermann se crut obligé, pour sauver son ordre de l'anéantissement^ui le menaçait, de se retirer à Venise avec une partie de ses chevaliers. Ils n'y restèrent pas long- temps. Le pape Honoré III et l'empereur Frédéric II leur accordèrent plusieurs domaines .en Italie, en Allemagne et eu Hongrie. Hermann de Saltza était, suivant toutes les apparences, un habile politique, jouissant d'une grande considération ; car on voit que le pape et l'empereur le choisirent pour arbitre de leurs démêlés. Il parvint k les concilier, ajUant qu'ils pouvaient l'être , mais il n'oublia point son ordre, et il obtint en 1223, pour lui et les grands multres ses successeurs, le titre de prince de l'empire , avec le droit de porter un aigle dans l'écu de ses armes. Cinq années plus tard (1228), l'ordre Teutonique se transporta dans la Prusse, dont il fit la conquête. Son histoire est désormais, pendant près de trois siècles, liée d'une manière indissoluble k celle de la Prusse. Nous la donnons, ainsi que la liste des grands maîtres de l'ordre, dans l'article consacré à ce pays. Nous y arrivons jusqu'à l'année 1618, où l'ordre perdit la possession de la Prusse. Ce fut l'année de la. chute irrémédiable de l'ordre Teutonique, qui cessa, dès lors, d'être une puissance politique. Toutefois, les chevaliers restés fidèles au catholicisme prétendirent continuer l'institution et, se retirant dans les seigneuries qu'ils possédaient en Allemagne, élevèrent Walter de Cronberg à la grande maîtrise et établirent leur siège à Mergentheim, en Franconie, qui, depuis ce temps, a été le siège principal de l'ordre jusqu'à son entière décadence.
A partir de la dispersion de ses membres , l'ordre Teutonique ne fut plus qu'une corporation militaire qui fournissait des mercenaires à Qui voulait les solder. C'est sous cette forme qu il se maintint obscurément jusqu'au commencement de ce siècle. Un décret de Napoléon Ier (1809) l'abolit entièrement. Il existe cependant encore de' nom en Autriche ; mais il ne constitue plus qu'une association religieuse, dont les membres font vœu de célibat et de chasteté et qui se recrute exclusivement dans la noblesse.
Teverino, roman, par G. Sand (Paris, 1845). Il ne faut pas chercher dans Teoerino des théories, ni un plan, ni des types savamment, étudiés, ni même une peinture de caractères, ni enfin tout ce que certains critiques ont voulu y voir et que d'autres ont regretté de n'y pas rencontrer. C'est une œuvre toute de fantaisie, qui ne prouve rien et ne veut rien prouver. La scène est en Italie, Lady Sabina, jeune et jolie femme, déjà blasée sur tous les plaisirs, est en proie au spleen et appelle de tous ses vœux quelque émotion nouvelle, quelque sensation inconnue qui réveille ses sens engourdis. Précisément, Léonce, un de ses adorateurs, vient la prendre un matin et lui persuade de venir faire une promenade avec lui dans la campagne. Il la séduit par la promesse de l'étonner, de lui faire fairo connaissance avec cet imprévu qu'elle souhaite si ardemment, et la jeune famine se laisse convaiucre par la perspective qui lui est offerte, tandis que, de son côté, Léonce, en agissant ainsi, sans compter sur autre chose que le hasard, veut tâcher de rompre la glace sous laquelle dort depuis longtemps le cœur de Sabina. On se met en route sans but arrêté ; pendant la première heure, c'est tout au plus si la conversation arrive à se soutenir, et enfin, au détour d'une route, près du village de Saint-Apollinaire, on se joint au vieux curé qui, lui aussi, faisait su promenade ; quelques pas plus loin on rencontre une jeune fille, Madeleine l'oiselière, bien connue dans le pays pour savoir, à l'aide de la voix et du geste, appeler à ello les petits oiseaux, qui viennent s'abattre amoureusement à ses pieds, sur sa tête et jusque dans sa main. Un cinquième personnage vient bientôt se mêler aux autres. C'est un homme de haute stature, beau comme un Apollon, une sorte de divinité rustique, que Léonce a découvert, nonchalamment étendu, k demi nu, dans les roseaux. Il se nomme Teverino, et, à sa vue, Léonce conçoit aussitôt l'idée de le faire servir à ses projets sur Sabina. Il lui fait endosser d'élégants habits qu'il va prendre dans sa voiture et le présente à la société sous le nom du marquis Tiberino de Monteliori. Mais Madeleine ne s'y trompe pas, car Teverino est son bon ami. Quoi qu'il eu soit, elle n'entrave en rien le plan de Léonce, et Sabina est bientôt émerveillée, non-seulement de la beauté physique du vagabond déguisé en marquis, mais aussi du charme de son esprit, de son érudition en toutes choses, de son imagination brillante et enfin de toutes les séductions qu'il réunit. C'est que Teverino est un véritable artiste, admirablement doué de toutes les facultés, mais qui ne s'est jamais donné la peine d'en faire valoir aucune, estimant bien plus l'oisiveté et l'indépendance de la vie au grand air que les tracas de la gloire et de la fortune. C'est un bohémien qui est resté grand pat le cœur et les sentiments, tout en ne reconnaissant d'autre bien au monde que la liberté , d'autre guide que sa fantaisie. Lady Sabina n'est pas longtemps sans subir la fascination irrésistible de cet étrange personnage, et lorsque le
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soir arrive et que la lune vient éclairer de sa pile lumière la face de Teverino, elle est tout étonnée de ne plus oser lever les yeux sur lui, et, dans son trouble, elle va jusqu'à se laisser prendre un baiser. Cependa-nt on s'est de plus en plus éloigné de Saint-Apollinaire et l'on est forcé de remettre au lendemain le retour. C'est Teverino qui se charge de conduire la calèche pour revenir ; mais en route il s'arrête dans un couvent et ne rej paraît plus. Il n'a pas voulu conserver plus longtemps son déguisement, et, trop fier pour se présenter devant Sabina dans son attirail de bohémien, il a préféré s'esquiver pour revenir à sa vie de contemplation et de paresseuse extase devant les splendeurs de la nature; il a préféré oublier le baiser que dans un instant d'oubli la dédaigneuse lady lui avait accordé. Il retournera parler d'amour à la gentille Madeleine et laissera Léonce s'approcher de Sabina, qui doit être contente de sa promenade.
TEVERONE {Anio), rivière d'Italie. Elle prend sa source dans les Apennins (Frosinone), coule d'abord au S., puis au N.-O., passe à Subiaco, tourne ensuite à l'O.-S.-O., baigne Vicovano et Tivoli, forme dans ce dernier endroit des cascades renommées et se jette dans le Tibre, à 4 kilom, N.-E. de Rome, après un cours de 90 kilom. C'est sur ses bords, dit-on, que Tarquin l'Ancien mit en fuite les Sabins, que Camille battit les Gaulois, l'an 368 av. J.-C, et que Manttus Torquatus tua en combat singulier un Gaulois de taille gigantesque (360).
TÉVERTIN s. m. (tè-ver-tain). Syn. de travertin.
TEVKTAT, personnage mythologique des vieilles légendes du royaume de Siam. Il fut l'ennemi acharné de son frère Samanakodom et parvint par ses prédications a détacher des doctrines de ce dernier la moitié du monde, notamment les Européens. 11 fut englouti dans les eaux et se trouve dans les enfers, couronné d'épines et cloué sur une croix.
TEVJO (Jacques de), écrivain portugais, né à Braga, province de Minho. Il vivait au xvie siècle, vint terminer ses études en France et prit le grade de docteur en droit à Paris. De retour en Portugal, il fut chargé par Jean III d'enseigner les humanités à Coïmbra (1555). et devint chanoine de la cathédrale de Miranda. On a de lui : Commerttarius de rébus de India apud Deum gestis anno 154û (1548, in-4°), édition rare et curieuse, et des poésies latines publiées pour la première fois vers 1558 et rééditées sous le litre : Opvscula quibus accessit commentarius, denuo in lucem edi curavit Josephus Caietanus Mesquita, Lusitanus (Paris, 1762, in-is), où l'on trouve une tragédie en quatre actes, intitulée : Johannes princeps, sivejinicum regni ereptum lumen.
TEVIOT ou T1VIOT, rivière d'Ecosse (Roxbuigh). Elle prend sa source dans les monts Grampians , sur les confins du comté de Dumfries, se dirige au N.- E., passe à Hawieb et se jette dans le Tweed, près de Kelso, après un cours de 60 kilom.
TÉVRÉA s. m. (té-vré-a). Ornith. Oiseau du genre courlis, qui vit à Saint-Domingue.
TEWKESBURY, bourg et paroisse d'Angleterre, comté et à 14 kilom. N.-E. de Glocester, dans une v.-illée agréable, sur l'Avon, près de son confluent avec la Severn. On y remarque plusieurs ponts ; 6,000 hab. Le principal monument public est l'église de l'abbaye , seul reste du monastère fondé en 7J5, qui eut jadis une grande importance et qui a rendu autrefois cette ville si célèbre ; cette église est un beau modèle de l'architecture normande combinée avec d'autres styles et contient des monuments funèbres dignes de fixer l'attention. Fabrique importante de bonneterie et de moutarde. Plusieurs foires par an. C'est dans le voisinage de ce bourg qu'Edouard IV battit Marguerue d'Anjou et la lit prisonnière avec son fils (4 mai 1471),
TEXAS (Etat du), un des Etats unis de l'Amérique du Nord. Il est borné au S. par legolle du Mexique, a l'E. par la Sabine, qui le sépare de la Louisiane, au N. par la rivière Rouge, l'Arkansas et le Territoire indien, au N.-O. par le Nouveau-Mexique, à l'O. par le rio Grande, appelé également del Norte ou rio Bravo, par 2G<>-35° 3' de latit. N. et 05" 55' et 111° de longit. O.; 75 millions d'hectares environ; 60,000 hab. en 1835, 320,000 en 1842, 797,500 en 1S76. Capitale, Austin. Les principaux fleuves sont : à l'ouest, le rio Grande, qui est navigable sur une étendue de plus Ue 200 milles, le Nueces, le rio Frio, le San- Antonio; au centre, le Colorado, le Brazos; à l'est, le Trinity, le Mèches," la Sabina; au nord, la rivière Rouge. La plupart de ces fleuves ne sont navigables qu à leur embouchure; ils reçoivent une multitude d'affluents, qui arrosent et fertilisent des prairies immenses. Les baies de Galveston et de Ma- Utgorda sont très-poissonneuses ; dans la baie de Matugordu, on trouve des tortues pesant plus de 150 kilogrammes, des épées-de-mer ayant 2 mètres de longueur et beaucoup de requins. Toutes les côtes du Texas sont formées par dos dunes peu élevées de sable
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blanc et fin; elles sont défendues par une série d'Iles longues et étroites et des bancs d'huîtres, sur lesquels la mer se brise en écumant; ces îles sont fréquentées par des myriade d'oiseaux aquatiques et surtout par les pélicans, dont quelques-uns uneont grosseur vraiment fabuleuse. Toute la partie sud du Texas s'étend vers la mer en plaines sablonneuses et marécageuses qui, remontant vers le nord, s'élèvent, se fertilisent, s'ondulent, se couvrent de gras pâturages qui nourrissent de nombreux troupeaux de boeufs, de moutons et de chevaux ; les montagnes ne se montrent guère que dans la partie nord-ouest, comme des sentinelles avancées des grandes chaînes des Andes et des montagnes Rocheuses. I.es prairies sont coupées par les forêts qui bordent les rivières. Les arbres les plus communs sont : le cèdre, le magnolia, le sycomore, l'ébène, le mesquite, l'érable à sucre, le sapin, le pacanier, plusieurs variétés d'acacias, des chênes, des palmiers et d'autres espèces appartenant aux pays chauds. Le coton est d une qualité supérieure à celui de la Louisiane ; on le cultive surtout sur les bords du Brazos. Le tabac de Nacogdoohès, sur la Sabine, est, dit-on, le meilleur des Etats-Unis. Partout croit le maïs, et la canne à sucre donne des produits également plus beaux que dans la Louisiane. La flore, quoique peu riche, est très-variée. Le nopai et toutes les variétés du cactus sont abondants. Les découvertes en métallurgie sont encore à peu près nulles; néanmoins l'argent, le fer et l'antimoine y existent. La température est très-chaude, mais elle est adoucie par des brises régulières qui s'élèvent du golfe du Mexique ou viennent des montagnes. Presque entièrement composée de pâturages, la partie occidentale du Texas comprend la vaste région qui s'étend du Colorado au rio Grande, et l'on se figurerait difficilement l'énorme quantité de chevaux, de gros bétail et de moutons qui y trouvent toute l'année une nourriture abondante. C'est généralement dans les vallées et parmi les montagnes où les cyprès atteignent des proportions gigantesques que l'on rencontre les bois de construction. Le chêne et la cèdre croissent aussi en grand nombre dans cette partie du Texas, ainsi qu'une foule d'essences précieuses. Les vallées, traversées par des cours d'eau, sont sous le rapport de l'agriculture extrêmement riches et productives. Il existe peu de meilleures terres de culture que dans les districts de Guadalupe, San-Marcos, Lavaca, San-Antonio, Médina et Concho, et le terrain y est coté de 50 cents à 10 dollars l'acre. On cite un propriétaire qui, dans les environs de Corpus-ChHsti, exploite 15,000 acres de terres encloses et possède un troupeau.de 40,000 têtes de bétail. La salubrité du climat a fait donner à cette fertile contrée le nom de > jardin de la santé. ■ La pierre pour la construction des maisons et des clôtures y abonde. Quant au Texas central, que traverse dans sa plus grande étendue la rivière Brazos, il est aussi remarquable par sa fertilité et la richesse de ses forêts, surtout sur les territoires du Colorado et de Sabine à Trinity-River. Ses prairies continent au golfe du Mexique et ses immenses forêts vierges offrent aux défricheurs des bois d'essences variées que les chemins de fer viendront bientôt chercher jusque dans ces parages. Dans les vallées de terres d'alluvion, on récolte facilement une balle (500 livres) de coton par acre et jusqu'à 40 à 60 boisseaux de blé. Les saisons sont uniformes et les mauvaises récoltes inconnues. La tabac, la canne à sucre et le riz y réussissent très-bien. Les meilleures terres cultivées valent de 100 a 500 dollars l'acre. Le Texas septentrional a beaucoup d'analogie avec la partie centrale du pays sous le rapport du climat, du sol et de ses produits; les bords de la rivière Rouge sont particulièrement renommés pour la culture du coton. Un traité qui vient d'être passe pour la construction d'une ligne de chemin de fer reliant Sheveport à Vermilionville, et s'embranchantsur le chemin de fer du Texas à la Louisiane, créera certainement de nouveaux et importants débouchés au commerce de cette riche contrée.
Les Toltèques, avant leur émigration au Mexique vers le vue siècle, avaient habité la partie nord-ouest du Texas, comprise entre le rio Grande, la rivière Refuge et le sud du Nouveau-Mexique. Les Aztèques habitaient la partie du Texas que fréquentent encore les Comanches, et surtout les bords du Colorado, dans le commencement du xne siècle, c'està-dire avant qu'un de leurs chefs, du nom de Huitziton, leur persuadât d'aller conquérir le Mexique. Avant l'année 1525, Sébastien Gavoto reconnut les côtes du Texas, mais n'entra pas dans l'intérieur du pays. Le premier des navigateurs espagnols qui fit une excursion dans le Texas fut un autre aventurier non moins célèbre, Etienne Gotnez; il partit de la Floride au commencement de l'année 1524 et côtoya les rivages au nord du golfe du Mexique, dans l'intention de découvrir un détroit qui pourrait le conduire à l'océan Pacifique. Frustré dans ses espérances, il débarqua du côté de San-Antonio et emporta sur son navire quelques Indiens qu'il avait pris sur ces bords. Plus tard, en 1527, le fameux Pamphile Narvaez , nommé gouverneur, débarqua à l'embouchure de Las Palmas, près de Tampico; il avait avec lui 9 navires, 600 Espagnols, 100 chevaux et de grandes pro-
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visions. Il se dirigea alors vers le Texas actuel pour le conquérir et le peupler; mais cette expédition fut malheureuse. Les Espagnols se divisèrent en deux troupes : une partie suivit le rivage de la mer, en allant au nord ; trois cents autres visitèrent la Costa-Deserta, ui est sur la rive gauche du rio Grande; ces erniers soutinrent tellement des intempéries de l'air et des maladies, que quelquesuns à peine purent se rembarquer. Jusqu'à la fin du xvue siècle, les Espagnols n'eurent aucun établissement au Texas ; ce fut un Français qui s'y établit le premier, M. de La Sale, cet intrépide navigateur qui traversa deux fois l'Amérique septentrionale pour l'amour de la science et la gloire de son pays. En 1698, le presidio de San-Antonio-de-Bexar fut fondé, par le gouverneur de la province de Monterey probablement; Bahia, près de Goliad, fut fondée en 1716; Nacogdochès,sur les frontières de la Louisiane, ne fut bâtie qu'en 1832. Les missions ou établissements espagnols de San-Jose, La Conception, San- Sabba, Victoria et Refugio sont d'une date incertaine. En 1719, une colonie des habitants des îles Canaries y fut établie ; la province était appelée à cette époque les Nouvelles-Philippines, et plusieurs missions ou presidios (postes militaires) existaient en différents endroits. Les prétentions de l'Espagne sur ce pays, dont la population était considérable, semblent avoir été alors assez bien justifiées. Une première tentative, faits en 1812 par les Anglo-Américains et quelques aventuriers pour rendre le Texas indépendant, échoua par la victoire complète que l'armée espagnole remporta près de Tolède contre les insurgés. C'est à Galveston, au Texas, qu'en 1817 le général Lallemand voulut fonder le Champ-d' Asile. E"n 1820, le gouvernement espagnol accorda de grands privilèges à un Américain, nommé Moïse Austin, à la condition d'amener des émigrants et de cultiver le pays. Moïse mourut avant de pouvoir réaliser sa promesse, mais son fils Etienne arriva en 1821 avec les premiers émigrants. A cette époque fut promulgué le plan d'Iguala, qui amena la scission du Mexique avec la mère patrie, et la couronne passa sur le front du général créole Iturbide, qui se fit proclamer empereur. En 1824, l'empire devint république, de nouvelles lois favorisèrent la colonisation du Texas et cette province fut réunie à celle de Cohahuila. Mais les habitants de Cohahuila, jaloux de la prospérité et delà faveur dont jouissaient les Texiens, leur suscitaient des querelles à tout propos ; les Américains, qui, en 1830, comptaient déjà 30,000 colons, demandèrent leur séparation. Le gouvernement mexicain , de son côté , songeait à revenir sur les lois protectrices de 1824. Alors Etienne Austin partit, en 1833, pour Mexico, afin de plaider la cause de sa colonie; ne pouvant réussir dans ses projets, il. conseilla à ses amis de se séparer euxmêmes de Cohahuila et il retourna au Texas ; mais il fut arrêté en février 1834 et incarcéré durant cinq mois. Cette incarcération excita la colère des Texiens a un tel point qu'ils résolurent de déclarer, non plus leur séparation, mais bien l'indépendance du Texas. La l'évolution opérée par Santa-Anna en 1835 leur fournit une belle occasion dont ils se hâtèrent de profiter. Celui-ci, nommé président de" la république, déposa les autorités fédérales, abolit l'indépendance des Etats confédérés et les déclara provinces de la république centrale mexicaine. Les législatures des différents Etats durent céder devant la force ; le Texas seul osa résister. Santa-Anna s'approcha du Texas pour vaincre l'opposition ; on répondit à ses menaces par un appel aux armes, et les hostilités commencèrent en septembre 1835. Le 11 décembre de la même année eut lieu la bataille qui donna San-Antonio-de-Bexar aux Texiens. Au mois de février de l'année suivante, Santa-Anna vint en personne au Texas à la tête de 6,000 à 8,000 hommes et, après plusieurs succès, il fut battu complètement le 21 avril 1836 dans un combat désespéré sur les bords du San- Jacinto, combat dans lequel il fut fait prisonnier. La délivrance du Texas fut le prix de cette bataille mémorable et de la liberté de Santa-Anna. Le général Houston fut élu président de la nouvelle république, mais elle était trop faible et trop pauvre pour conserver longtemps son (indépendance entre deux voisins si puissants et si jaloux l'un de l'autre. En 1845, le Texas cessa d'être indépen dantet se joignit à la confédération des Etats- Unis. L'année suivante, le Mexique et les Etats-Unis se brouillèrent au sujet de la démarcation des frontières du Texas; la guerre fut allumée; elle commença sur les' bords du rio Grande. La paix fnt signée en 1848 et les frontières fixées dans le traité de Guadalupe- Hidalgo. Depuis ce temps, l'émigration européenne et américaine au Texas s'est étendue sur une vaste échellejjdes concessions importantes de terrain ont été données aux colons allemands, aux soldats des deux guerres et aux personnes qui se trouvaientétabliesdans le pays avant 1847. La prospérité s'est accrue de jour en jour; le commerce entre les Etats- Unis et le Mexique par le Texas devient tous les jours plus important, ce qui est pour ce pays une source de nouvelles richesses. L'Etat est administré par deux assemblées législatives : un sénat et une chambre dos représentants. Le pouvoir exécutif appartient » un gouverneur élu pour deux ans.
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TEXEIRA ouTEIXEIRA (Joseph), érudit et dominicain portugais, né à Lisbonne en 1543, mort à Paris en 1604. Admis dans l'ordre de Saint-Dominique en 1565, il se fit rapidement remarquer par son savoir et par son talent comme prédicateur et devint prieur du couvent de Santarem en 1578. Après la mort du roi Sébastien, Texeira soutint les droits de l'infant dom Antonio contre Philippe II, s'attacha à la personne de ce prince qu'il suivit en France en qualité de confesseur, assista, près des Açores, a la bataille navale où dom Antonio fut vaincu (1582), tomba entre les mains de l'ennemi, parvint à s'échapper, rejoignit l'infant en France, puis l'accompagna en Angleterre. En 1588, Texeira revint à Paris pour y servir la cause de son maître. Il acquit la faveur de Henri III, qui le nomma son prédicateur et conseiller du roi, se rendit à Lyon pour y remplir une mission de confiance, dont il avait été chargé par la reine mère, et excita par là la défiance des ligueurs, qui pillèrent sa cellule et brûlèrent ses livres. Texeira chercha un refuge à Tours, retourna à Paris à la suite de Henri IV, en 1593, et fut réintégré dans les charges qu'il occupait sous le prédécesseur de ce prince-. Deux ans plus tard, il assista, dans ses derniers moments, l'infant dom Antonio, et ce fut lui qui fut chargé d'instruire dans la foi romaine la veuve du prince de Condé, laquelle abjura le protestantisme à Rouen en 1596. Texeira mourut d'une rétention d'urine au couvent des Jacobins, à Paris. C'était, dit l'Estoile, « un homme de bien, meilleur François qu'Espagnol, grand généalogiste et assez docte pour un moine ; au reste, homme pacifique et formel ennemi de toute ligue et faction, ce qui le rendoit odieux à beaucoup de son couvent. » On lui doit plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : De Portugailise ortu, regni initiis , denigue de rébus uniuerso regno prxclare gestis compendium (Paris , 1582); De eleetionis jure quod competit viris Portugallensibus (Lyon, 1589, in-8"), traduit en français (1590, in-8°) ; Exegesis genealogica, sive expiicatio arboris gentilitix régis Henrici IV (Tours, 1590, in-4<>), traduit en français (Paris, 1595, in-4<>) ; Expiicatio genealogis Henrici II Condsi principis (Paris, 1590, in-8°), traduit en français (1596, in-8°) ; Rerum ab Henrici Borbonii Francis proto-principis majoribus gestarum epitome (Paris, 1598, in-8°) ; Adventure admirable par devers toutes autres des siècles passés et présents, qui contient un discours touchant les succès du roi de Portugal dom Sébastien, traduit du castillan (Paris, in-8»), etc.
TEXEIRA ouTEIXEIRA (Pierre), voyageur et orientaliste portugais, né dans la seconde moitié du xvie siècle, mort dans la première moitié du xvne. On ignore la date précise de sa naissance et celle de sa mort. Il se rendit dans sa jeunesse en Asie, séjourna longtemps à Ormuz, où, tout en se livrant avec succès au commerce, il apprit la langue persane, réunit de précieux documents historiques et put traduire l'i/wfoirect'ePerKdeMir-Khoud. Il se trouvait à Malacca lorsqu'il s'embarqua, en 1600, pour l'Europe. Pendant ce voyage, il aperçut Sumatra, traversa l'archipel de la Sonde, s'arrêta k Manille, puis visita la mer du Japon, dont il reconnut plusieurs îles, gagna le Mexique, La Havane et" arriva à Lisbonne en 1601. Ses correspondants en Orient ayant négligé de lui envoyer certaines sommes qu'il leur avait laissées en dépôt, il fut obligé de faire un nouveau voyage à Goa afin de les recouvrer. Parti de Lisbonne en 1602, il arriva à Goa à la lin de cette .même année. Dégoûté de la mer, Texeira résolut d'opérer son retour par terre en 1604. 11 se rendit à Ormuz, puis en Perse, visita successivement Bassora, Bagdad, la Mésopotamie, Alep (1605), Scanderoun, où il prit de nouveau la mer, débarqua à' Venise, ou il fit un court séjour, voyagea ensuite en Italie, passa " de là en France et alla ensuite habiter Anvers, où il se trouvait en 1610. A partir de cette époque, on ne trouve plus aucune trace de lui. Ce fut à Anvers qu'il publia son ouvrage intitulé : Itetaciones de Pedro Texeira del origen, descendencia y succession de los reyes de Persia y de Hormuz y de un viane hecho desde la Jndia oriental hastu Italia, por tierra (IfitO, 2 vol. in-8«). Cet ouvrage, dans lequel Texeira a fait preuve de connaissances étendues en histoire, en géographie et en politique, a été traduit en français par Cotolendi, sous le titre de Voyage de Texeira ou Histoire des rois de Perse (Paris, 1681, 2 vol. in-18). Si nous en croyons Antonio de Léon-Pinelo, la première partie de ce livre fut écrite en portugais, puis traduite en espagnol, langue dans laquelle les autres furent écrites. Les Relaciones se composent de trois parties. La première est une histoire des rois de Perse, compilée d'après Mir- Khoud, avec une continuation de peu d'étendue ; la seconde est un abrégé de l'Histoire d'Ormus, par Touran-Shah, un des rois de ce pays, dont l'ouvrage ne paraît pas avoir été connu en Europe autrement que par cette traduction de Texeira; enfin, la troisième est la relaiipn d.u voyage par terre do Texeira de l'Inde en Europe. Alphonse Lason traduisit ce livre en italien et l'inséra dans son Orbe universat, l'année même de lu publication de l'original, et Van Laet ajouta une traduction latine du voyage de Texeira à son ouvrage intitulé Persia. Avant Taver-
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iiior et Chardin, Texeira fut regardé comme la principale autorité pour ce qui regarde la Perso. Lu partie historique de son livre n'a plus aucune valeur aujourd'hui ; mais on peut toujours consulter avec fruit le récit de son voyage, qui renferme de curieuses particularités.
TEXEL, lie de la mer du Nord, à l'entrée N.-O. du Zuyderzée, sur la côte N. de la Hollande, Èi qui elle appartient, au S.-O. de l'île de Vlieland et à 3 kilom. N. de la pointe continentale du Helder; 22 kilom. sur 12; 6,000 hab. Elle est basse, mais garantie des irruptions de la mer par une chaîne, de dunes, qui en longe la côte occidentale, et par de hautes digues sur les points les plus menacés. L'extrémité septentrionale du Texel est formée d'un canton considérable, qui était luimême une île particulière avant 1 année 1630, époque à laquelle il fut réuni par une digue. Ce canton se nomme Eijerland (pays des œufs), à cause de l'innombrable quantité de mouettes et autres oiseaux de mer qui viennent y déposer leurs œufs. « En 1825, dit M. J.-A. Du Pays, un ouragan du mois de février ayant rompu les digues, la majeure partie de l'île fut inondée et une grande quantité de bestiaux fut emportée par les eaux. La célèbre rade du Texel, où mouillent les vaisseaux de guerre hollandais et les grands navires de la Compagnie des Indes, est sujette à de grands inconvénients. Pour pouvoir en sc-rtir et gagner, par le Mars-Diep, la mer du Nord, il faut attendre le vent d'est ou de nord-est, ce qui peut, en temps de guerre surtout, occasionner de grands dommages. Pour y entrer en venant de la mer du Nord, on court risque, par un temps d'orage, d'être jeté sur deux bancs de sable qui se trouvent à droite et à gauche de l'entrée du détroit et où bien des navires ont péri. On prétend que le fond de la mer, dans le voisinage de cette lie, en quelques endroits est embarrassé de racines d'arbres qui rendent la navigation de ces parages dangereuse, et on peut y voir des débris de l'ancienne forêt qui couvrait autrefois une grande partie de l'étendue du terrain occupé aujourd'hui par le Zuyderzée. Si le fait est exact, cette interprétation nous semble attribuer une signification exagérée à ce qui peut très-bien n'être qu'un accident isolé. » Texel renferme plusieurs villages et une ville, Denburg, qui occupe à peu près le milieu de l'île. Les excellents pâturages du Texel nourrissent environ 30,000 moutons dont la viande et la laine sont fort estimées. On y fabrique avec du lait de brebis un fromage très-recherché et qui tire sa saveur particulière des excréments des bêtes à laine qu'on fait infuser dans le lait. C'est près de Texel que se livra entre les Anglais et les Hollandais, le s août 1653, le combat naval dans lequel le fameux amiral Troinp fut tué; c'est aussi près de cette île qu'en janvier 1794 un détachement de cavalerie française s'empara d'une flotte hollandaise arrêtée au milieu des glaces.
TEXIEN, IENNE s. et adj. (tè-ksi-ain, i-ène). Géogr. Habitant du Texas ; qui appartient au Texas ou a ses habitants : Les Tkxiens. La population texiknne.
TEXIER (Charles-Félix-Marie), archéologue français, né à Versailles en 1802, mort en 1871. Son père fut attaché comme médecin à la maison militaire de Louis XVI. Charles Texier entra en 1823 à l'Ecole des beaux-arts, se livra sans relâche, depuis lors, à l'étude de l'archéologie, fit diverses excursions en France et en Italie pour en étudier les monuments et reçut le titre d'inspecteur des travaux publics de Paris en 1827. Après avoir dirigé des fouilles exécutées .dans les ports de Fréjus et d'Ostie pour déterminer la cause du retrait de la Méditerranée, M. Texier fut chargé par le gouvernement, en 1833, de se rendre dans l'Asie Mineure pour en explorer les antiquités. Il lit dans ce pays quatre voyages différents (1834", 1835, 1836, 1839), le parcourut en tous sens, en visita et dessina les ruines et en rapporta des monuments et des collections d'un haut intérêt, qui figurent dans nos galeries publiques. M. Texier parcourut, en 1839, la Perse, l'Arménie, la Mésopotamie, exécuta le nivellement de la région comprise entre le golfe Persique et Trébizonde et présenta à l'Académie le fruit de ses recherches. dont les résultats surpassent parleur richesse et leur nouveauté tout ce qui a été publié sur l'Asie Mineure par les autres voyageurs. Il se mit ensuite à publier les importants ouvrages dans lesquels il a consigné le fruit de ses recherches. En 1840, M. Texier devint professeur suppléant d'archéologie au Collège de France. Après avoir recueilli les marbres du temple de Diane Leucopbryne, à Magnésie du Méandre (1842), il fut successivement nommé commissaire royal près les établissements des beaux-arts (1843) et inspecteur général des bâtiments civils en Algérie (1845). En 1855, l'Académie des inscriptions l'admit au nombre de ses membres libres, en remplacement de Barchou de Penhoen. C'est à lui qu'on doit l'introduction en France du pavot blanc. Indépendamment de nombreux articles d'archéologie, d'histoire, de géographie, insérés dans la Revue de l'architecture, la fleuve française, la Reçue des Deux-Mondes, la Revue archéologique, la Revue orientale et américaine, et de Mémoires, dont quelques-uns ont été couronnés par l'Académie des inscriptions, ou lui doit : Mémoire relatif à la géo-
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logie des environs de Fréjus (Paris, 1833, in-16); Description de l'Asie Mineure, beaux-arts, monuments historiques, plans et topographie des cités antiques (Paris, 1839-1848, 3 vol. infol., avec fig.), magnifique ouvrage, pour lequel l'Etat a alloué un créditde 100,000 francs et dont la suite a été publiée à Londres, en français et en anglais, avec la collaboration de M. P. Pullan (l vol. in-fol., avec 70 planches) ; Description de l'Arménie, de la Perse, de la Mésopotamie, géographie, géologie, monuments anciens et modernes, mœurs et coutumes (1842-1845, 2 vol. in-fol.); Mémoire sur les ports antiques situés à l'embouchure du Tibre (1858, in-so); Edesse et ses monuments, en Mésopotamie (1859, in-8°) ; Asie Mineure (Paris, 1862, in-8<>), faisant partie de l'Univers pittoresque; l'Architecture byzantine, recueil des monuments des premiers temps du christianisme (Londres, 1865, in-fol., avec 70 planches coloriées), ouvrage traduit en anglais par M. Pullan, etc.
TEXIER (Edmond), littérateur et journaliste français, né à. Rambouillet (Seine-et- Oise) en 1816. Il lit ses études à Paris et débuta dans les lettres dès 1835, en faisant paraître, sous le titre de En avant/ (in-8°), un recueil de vers, en collaboration avec M. Félix Ménard. Quelque temps après, il se lança dans la petite presse, écrivit, d'une plume élégante et facile, de nombreux articles dans l'ancien Figaro, le Corsaire, le Charivari, la Bévue parisienne, etc., et collabora également, soit sous le voile de l'anonyme, soit sous divers pseudonymes, aux journaux le Temps, le Commerce, le Globe, etc. Lorsqu'on 1848 Enfantin créa le Crédit, 'M. Texier fut attaché à la rédaction de cette feuille. Il devint ensuite rédacteur du Siècle, où il donna des articles politiques et littéraires. Une chronique hebdomadaire que M. H;ivin le chargea de faire dans ce journal eut un succès ires-vif. En qualité de chroniqueur du Siècle, M. Texier se rendit, en 1857, à Stuttgard, où Napoléon III avait une entrevue avec l'empereur d'Autriche. Pendant la guerre d'Italie, en 1859, il suivit l'armée française et adressa à son journal, sur les événements qui signalèrent cette campagne rapide, des lettres qui furent très-remarquées et qui le rirent nommer, le 15 août de cette même année, chevalier de la Légion d'honneur. En 1800, il devint rédacteur en chef de l'Illustration. Il n'en continua pas moins sa collaboration au Siècle et publia des articles dans le Gaulois lorsque cette feuille n'avait point encore de ligne politique. M. Edmond Texier, qui s'est placé parmi les plus agréables chroniqueurs de notre temps, a écrit, indépendamment de ses articles, un grand nombre d'ouvrages. 11 est un des auteurs des Mémoires de Bilboquet (1854, in-18), des Petits-Paris (1851, in-!2), etc. Nous citerons de lui : Physiologie du poète (1841, iri-32), sous le nom de Sylvius; l'Ane d'or (1S42, in-32), sous celui de Peregrinus; les Journées illustrées de la Révolution (1849, in-8°) ; Biographie des journalistes (1850, in-18); Lettres sur l'Angleterre (1855, in-18); Critiques et récits littéraires (\$âZ,'m-\i); Contes et voyages (1853, in-18); Tableau de Paris (1853, 2 vol. in-4<>) ; la Case de l'oncle Tom (1854, in-8°), traduit de M"11 Beecher-Stowe ; la Grèce et ses insurrections (1854, in-18); les Hommes de la guerre d'Orient (1854, 3 vol. in-18); Une histoire d'hier (1855, in-32); Une duchesse (1855, in-32); les Argonautes (1856, in-18); Guide sur les bords du Rhin (1856, in-18) ; Appel au congrès (1856, in-18); Voyage pittoresque en Hollande et en Belgique (1858, in-8°) ; Amour et finances (1857, in-18); Chronique de la. guerre d'Italie (1859, in-18); les Choses du temps présent (1862, in-18) ; Paris capitale du monde (1867, in-8°), avec M. Kaempfen; le Journal et les journalistes (1867 j in-32), etc.
TEXIÉRIE s. f. (tè-ksi-é-rl — de Texier, savant fr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des isatidées, dont l'espèce type croît en Orient.
TEXOCTL1 s. m. (tè-ksok-tli). Bot. Arbre peu connu, qui croit sur les montagnes du Mexique.
TEXTE s. m. (tèk-ste — du latin textus, venu do texere, tisser. Texte signifie donc proprement tissu, puis enchaînement d'idées et suite de mots). Propres paroles d'uniauteur, par opposition aux commentaires :
Le texte de l'Ecriture sainte, de la Vulgale. Le texte de Platon, de Virgile. Le texte hébreu. Le texte grec. £e texte latin. Texte obscur. Texte corrompu. Texte supposé. L'étude des textes ne peut jamais être assez recommandée. (La Bruy.) Respectons le tbxtb des grands écrivains, respectons leur style. (Ste-Beuve.) Il Paroles écrites par l'auteur et dans sa langue propre, par opposition aux traductions : Les œuvres littéraires ne peuvent être sérieusement appréciées que dans
le TEXTE.
— Passage de l'Ecriture qu'un prédicateur prend pour sujet de son sermon, de son ho-
i mélie : Un texte heureux. Il a pris un beau texte, un mauvais texte. Vous ne pouvez que trop redire désormais les paroles de mon texte : « Qui trouvera maintenant une femme forte?* (Fléch.)
— Fig. Matière, sujet d'interprétation, de réflexions, de développements : La nature est un grand texte déployé devant nous. (Lamenn.) Ne prenons pas les souffrances du peu-