C. Délavions
— Amener à sa suite, entraîner, causer : Les victoires traînent toujours après elles autant de calamités que tes plus sanglantes défaites. (Mass.) Tout avantage traîne après soi ses inconvénients. (Proudh.)
— Emettre lentement et sans vigueur :
TraÏnisR la voix. Traîner ses paroles.
L'un traîne en longs fredons une voix glapissante
BOILEAU
— Différer, retarder, faire attendre : Mon avocat traînb cette affaire.
TRAI
— Traîner la jambe, N'avancer que difficilement, et presque sans soulever les pieds.
— Trainer sa chaîne. Mener une vie pénible : 11 traîna sa chaîne pendant cinquante ans et mourut.
— Trainer dans la boue, Injurier gravement, traiter en infâme.
— Trainer à la barre, Appeler en jugement, assigner h comparaître devant la justice.
Il Accuser publiquement : Le 14 juillet fut une manifestation où le peuple traîna le gouvernement k la barre , comme une victime au sacrifice. (Proudh.)
— Trainer son lien , N'être pas complètement sorti d'une situation pénible. '
— Prov . N'est pas sauvé qui traîne son lien, Se dit de celui qui n'est pas encore tout a fait sorti d'un mauvais pas, qui a encore ù redouter les effets d'une situuiion fâcheuse , d'où il n'est pas complètement sorti.
— Manège. Trainer les hanches, Se dit du cheval dont le train de derrière ne fonctionne pas d'accord avec celui de devant, et qui, par conséquent, galope faux.
— Constr. Former, profiler sur le plâtre mou, à l'aide d'un calibre qu'on y promène : Traîner une moulure.
— v. n, ou intr. Pendre et être tiré sur le sol ; toucher à terre : Un manteau, une robe qui traîne. Un rideau qui traîne à terre.
— Etre éparpillé, jeté sans ordre, hors de sa place : RaJiges tous ces papiers qui traînent. // ne faut pas laisser traîner des allumettes dans une maison. L'objet qui traîne est déjà presque perdu. (De Jussieu.)
— Se trouver partout, être rebattu : Ces contes traînent partout. Cette prétendue découverte traîni.: dans tous les livres. La proportionnalité des produits est une • idée vulgaire, qui traîne partout dans les ouvrages d'économie politique. (Proudh.)
— Vivre péniblement, mener une existence languissante : Elle traîne ainsi depuis plusieurs mois, sans pouvoir se guérir.
— Etre tiré en longueur, ne pas arriver à une issue , ne pas avancer : Ce procès traînera encore longtemps.
— Rester en arrière : Qae de soldats on voit traîner, à la Suite des régiments en campagne l
— Etre froid , languissant : Le dialogue traîne dans ce drame.
— Jeux. Accompagner la bille avec la queue, au lieu de la chasser par un coup sec.
Se traîner v. pr. Etre, devoir être traîné : Les pièces da bois abattues da)is les forêts de montagnes se traînent jusqu'à la vallée.
— Ramper à terre j se mouvoir, s'agiter sur le sol, sans se soulever : Se traIner sur les genoux. Les enfants aiment à se trainuR.
— Marcher péniblement, avec difficulté : Le glouton est réduit à SB traîner pesamment. (Bulf.)
— Se développer, progresser lentement, péniblement :Daiiscepuys,le tempssBTRMXE; l'ennui lui a coupé tes ailes. (Parny.)
— Aller à contre-cœur; se porter péniblement : Je deviens triste et solitaire; je ne vais plus dans te monde, je n'y traîne. (J. de Maistre.)
Tant qu'il vit accablé sous le corps qui l'enchaîne, L'homme vers le vrai bien languissammentserrafne.
Lamartine.
— Etre dépourvu d'action, de mouvement : Dans les trois premiers actes de ce drame, l'action se traîne. (Acad.)
— Syn. Traîner, entraîner. V. ENTRAÎNER.
TRAÎNE-RAPIÈRE s. m. Querelleur, batailleur. Il Vieux mot.
TRAÎNERIE s. f. (trè-ne-rî — rad. trainer). Action de traîner.
— Bruit qu'on fait en tirant, en traînant : Après avoir sonné, l'infortuné baron entendit la tRaînkRIe des chaussons et l'exécrable tousserie de "invalide Marneffe. (Balz.)
— Retards, longueurs : Cela va nous amener encore des traîneries.
— Lenteur dans l'exécution d'un morceau de musique ; Il n'y eut personne qui pût endurer ta traînerie de la musique française. (J.-J. Rouss.)
TRAÎNEOR , EUSE s. (trê-neur, eu-ze — rad. trainer). Personne qui traîne, qui est chargée de traîner quelque chose.
— Traînard, retardataire ; personne qui reste en arrière des autres. Toutes les pensionnaires sont rentrées , à l'exception de quelques TRAlNEUSKS que je gronderai un peu sérieusement. (Mnl<! Campan.J Les grandes armées laissent toujours après elles quelques traîseurs. (Châteaub.)
— s. m. Celui qui conduit uu traîneau sur la neige ou la glace.
— Traineur de sabre, Militaire qui affecte des airs vantards et tapageurs.
— Min. Ouvrier qui, dans les galeries des mines, estspéeialeiiient chargé de transporter les produits de l'exploitation du lieu de î'abatage à la galerie d'accrochage, en traînant une benue a patins.
— Chasse, Chasseur au traîneau : Les
Ï'ardes-chasse ont pris des traînburs dans a plaine. (Acad.) il Chien qui ce suit pas le gros de la meute.
TRAÎNOIR g. m. (trê-noir — rad. trainer). Agric. Châssis entrelacé de baguettes, qu'on traîne sur les terres labourées pour écraser les mottes. Il Pièce de bois en croix qu'on place sous une charrue, quand on veut la .transporter sans qu'elle traîne sur le sol. On dit aussi traîneau.
Trniphûm, livre sacré du bouddhisme, tel qu'il est pratiqué dans le royaume de Siam. Le mot Traiphûm signifie trois lieux , c'està-dire : 1» 1 univers en général, y compris la terre; so l'univers, en ce qui concerne le système des cieux; 3° l'univers, en ce qui concerne l'enfer.
TRAIRE v. a. ou tr. (trè-re — du lat. trahere, tirer. Traire avait autrefois la même signification. Se conjugue comme extraire). Tirer le lait des mamelles de : Traire une vache, une dnesse, une chèvre. Il Tirer des mamelles de : Traire le lait des vaches.
— Tirer de l'argent 'e Je àais l'art de traire les hommes. (Mol.) Désiré , qui connaissait l'étendue de son pouvoir , savait • traire la cassette de sa mère et puiser dans la bourse de son père. (Balz.)
TRAITS, m. (trè — du lat, traetus, participe passé de trahere, tirer. Trait signifie proprement chose tirée ou tracée ; d'où le sens de flèche, corde, ligne, marque, etc.). Anne de jet a pointe aiguë : Lancer un trait. Une nuée de traits obscurcit l'air. (Kén.)
Déjà de traits en l'air s'élevait un nuage.
Racine.
— Agent de destruction : Les jours et les années sont des traits que la mort nous lance. (A. Kurr.)
— Ce qui cause une blessure morale : Les traits de l'amour.
— Ce qui pique l'amour-propre ou nuit à lu réputation : Les traits de l'envie, de la médisance. Les traits de la raillerie. Décocher des traits à ses meilleurs amis.
— : Corde ou longe de cuir à l'aide de laquelle les chevaux tirent ce qu'ils ont à charrier : Les traits d'une voiture s'adaptent au collier du cheval. Un de nos traits se rompit en route.
— Quantité de liquide qu'on boit en une seule fois, sans reprendre haleine : Elle mangea donc et but un long trait d'eau fraîche. (Th. Gaut.)
— - Ligne tracée d'un coup, sans lever la main : Faire un trait à l'encre. Passer un trait sur un mot pour l'effacer.
— Ligne légère,- traçant les contours, la délinéaiion de ce qu'on veut représenter : Dans les contours que trace un artiste, le trait doit être léger ou interrompu dans les lumières et ressenti dans les ombres, (Acad.)
— Chacune des lignes du visage : Avoir de vilains traits. Les traits du visage changent fort dans le temps de puberté. (Uuff.) Cest en vertu de l'atavisme que l'homme, comme l'animal, reproduit souvent les traits de ses grands parents. (A. Maury.)
Ne considérez point des (rails qui périront. La Fontaine.
— Action, considérée au poinCde vue de stin caractère moral : Un beau trait. Un trait honteux. Un trait de courage. Un trait de bonté, de cruauté.
— Episode, événement, fait historique ou aiiecdotique : On lui racontait les beaux traits de notre histoire. (Acad.)
— Ce qui prédomiue dans un caractère; ce qui le distingue ; Les traits les plus odieux semblent se réunir dans un cœur où domine l'envie. (Mass.)
— Caractère distinctif : L'écriture fondée sur l'emploi d'un petit nombre de caractères est un des traits les plus essentiels des langues sémitiques. (Renan.)
— Peinture ; manière d'exprimer, de rendre, de dépeindre : Il nous peignit son aventure sous des traits effrayants. Les grands traits qui nous touchent te plus sont ceux qu'on emprunte au cœur humain. (Alibert.) Montaigne a peint l'amitié avec les traits simples, touchants et sublimes de l'éloquence antique. (Jay.)
— Trait de lumière, Rayon qui perce soudainement l'obscurité. Il Idée subite, pensée soudaine qui vient éclairer l'esprit : Ce fut un trait de LUMIERE qui dissipa tous mes doutes.
- — l'rait de corde, Chacune des secousses qu'on imprimait au patient, en le laissant tomber, dans le supplice de l'estrapade.
— Trait de flamme, Parole ardente, langage passionné : Peindre sapassion en traits