TRAÎNANTE
— Languissant, épuisé : Il menait une vie de jour en jour plus traînante. (Burante.)
— Lent, monotone, sans vigueur: StyleTRjdnant. Parole traînante.
Voyez, pour gagner temps, quelles lenteurs savantes Prolongent de ses mots Les syllabes.irûfnamei.
Delille.
— Drapeaux traînants, Drapeaux qu'on portait renversés et qu'on laissait traîner, à la pompe funèbre d'un général d'année. Il Figues traînantes, Piques qu'on portait renversées, le fer traînant à terre, clans la même occasion.
— Techn. Semelle traînante, Pièce de bois qui porte sur un plancher et reçoit les jambes de force.
TRAÎNARD, ARDE (U'ê-nar, ar-de — rad.
traîner). Personne qui reste en arrière, qui se laisse dislancer par la société dont elle faisait partie : Les traînards d'une armée.
— Fam. Personne lente, qui travaille ou agit lan^uissamment : C'est un traînard.
— Adjectiv. : Un soldat traînard. Non, France, c'est assez que de le voir si boiteuse du pied et si traînarde, toi qui marchais, comme une reine, à l'aount-garde des nations. (Cormeu.)
— Syn. Trntnard, tratueur. Le dernier de ces mois est d'abord le seul'qui puisse s'employer dans le sens actif : un truineur de sabre, c'est-à-dire celui qui trahie un sabre. Quand il s'agit de ces soldats qui restent en arrière dans la marche, traînard présente un sens plus défavorable que truineur : un Irairieur reste en arrière, mais cela peut être l'eîfet d'une maladie, d'une faiblesse réelle ; uu traînard est toujours un mauvais soldat, un homme qui traîne toujours parce qu'il n'a pas assez de cœur pour accepter franchement les fatigue» que son état lui impose.
— Encycl. L'arrière - garde recueille les traînards et les fait rejoindre, s'il leur est possible. Un fait monter sur des chariots ceux qui ne peuvent plus marcher. Pendant la retraite de Russie, beaucoup de traînards s'étant cantonnés dans les campagnes furent poursuivis par des colonnes mobiles parties de Wilna et de Minsk et les paysans furent autorisés à les arrêter pour les fusiller. C'étaient d'ailleurs des hordes devenues pillardes à force de misère. Ces excès se produisirent d'une façon non moins hideuse dans la campagne de Saxe en 1813. Les soldats traînards s'emparaient des villages, nommaient des chefs, organisaient la maraude et la réglaient. H fallait employer la force pour leur faire évacuer le pays. Un ordre du jour prescrivit de les décimer. Pour donner une direction à ces masses errantes, on dressa aux environs de Muyence des poteaux portant les noms et les numéros des différents corps d'armée, ainsi que la direction que, devaient suivre les traînards pour rejoindre leurs corps respectifs. Pendant notre célèbre retraite de Constantine, qui rappela en miniature celle de Russie, un certain nombre de traînards restèrent en arrière. Ils furent traités avec la plus grande humanité par les indigènes que nous allions civiliser. .
TRAÎNASSE s. f. (trê-na-se — rad. traîner). Cliasse. Long filet qu'on traîne à travers champs, pour prendre des alouettes, des perdrix et autres oiseaux.
— Bot. Nom vulgaire de quelques renouées il tiges rampantes ou traînantes, et plus particulièrement de la renouée des oiseaux.
— Hortic. Nom donné aux stolons ou coûtants.
TRAI
— Encycl. Bot. La traînasse, appelée aussi renouée des oiseaux, centinode, nerniole, renne, sanguinaire, etc., est une plante annuelle, à tiges rampantes, traînantes, noueuses, longues de O^.SO et plus, portant des feuilles alternes, sessiles, lancéolées, lisses, d'un vert noirâtre, et des fieurs petites, blanches ou rosées, solitaires et sessiles aux aisselles des feuilles. Elle croît dans toute l'Europe, surtout dans les lieux cultivés, et fleurit à la fin de l'été. Elle s'étend beaucoup sur les sols qui lui conviennent et, à l'automne, couvre quelquefois, presque exclusivement, ^les espaces considérables. Elle croît également sur les terres les plus pauvres, qu'elle améliore peu à peu. Tous les bestiaux, les cochons surtout, en sont friands; elle passe néanmoins, mais sans doute a tort, pour être nuisible aux moutons; ses graines sont fort recherchées par les oiseaux ; en un mot, c'est une grande ressource, une véritable manne que la nature envoie aux animuux, surtout pendant l'hiver. Ses racines nourrissent une espèce de cochenille, le kermès de Pologne, qui est de quelque usage en teinture.
On a attribué aussi à cette plante des propriétés médicales, au moins fort exagérées. Voici ce qu'en dit V. de Bornais: • Elle a un goût d'herbe gluant et un peu acide; elle est astringente, vulnéraire et excellente pour arrêter toutes sortes d'hémorragies , prise intérieurement ou appliquée extérieurement ; son suc convient pour le cours de ventre, la dyssenterie et les pertes de sang. Les médecins des bêtes à cornes font un grand secret de cette plante pour guérir le pissement de sang des vaches et des bœufs, maladie trèsdangereuse ; ils l'écrasent légèrement et en font des boules qu'ils leur mettent dans la gorge pour les leur faire avaler. On observe de faire prendre auparavant des remèdes rafraîchissants, pour prévenir l'inflammation des reins et des boyaux, qui arrive ordinairement lorsque le pissement de sang est arrêté trop subitement. >
Malgré son utilité réelle, la traînasse n'en passe pas moins pour une plante nuisible à l'agriculture. Dans les jardins, elle infeste les allées négligées; elle envahit aussi, là somme dans les champs, les semis, notamment ceux de raves ou de' navettes d'hiver, qui n'ont pas reçu les binages nécessaires. Elle ne nuit pas sensiblement aux céréales, parce qu'elle ne végète avec vigueur qu'à l'époque de leur maturité. Quant aux prairies naturelies, elle ne s'en empare que lorsque le sol est épuisé. On peut la détruire en grande partie et en retirer même un certain avantage, en la ramassant au moyen de râteaux à dents de fer, ou simplement à la main, pour la donner à manger aux lapins, aux vaches, aux cochons, aux poules et autres animaux domestiques, ou pour en faire de la litière et augmenter la masse des engrais. Dans les pays soumis au régime de la jachère et où on ne la ramasse pas, elle forme un excellent engrais quand on l'enterre encore verte par les labours d'automne. Il est, du reste, assez difficile de l'extirper complètement, car ses graines se répandent successivement et restent plusieurs années sans germer lorsqu'elles sont enterrées trop bas; les labours ne fout donc que favoriser sa propagation. Ou s'en débarrasse par des assolements qui comportent des binages d'été.
TRAÎNASSER v. a. ou tr. (trê-na-sé — rad. traîner). Traîner en longueur ; Çà, n'allez pas TRAÎNASSiiR" »o:r« affaire. (Volt.)
— Traîner paresseusement, inutilement, ennuyeusement : Ne pas aimer, c'est végéter, c'est traînasser une existence incolore. (Cogniard.)
— v. n. ou intr. Errer, vaguer à l'aventure, ça et là, sans but : Traînasser dans les rues. Us avaient mille peines à employer le temps de leur journée; ils traînassaient le matin en se levant, restaient au lit, s'habillaient lentement. (Balz.)
TRAÎNE s. f. (trê-ne — rad. traîner). Action de traîner.
— Queue traînante d'une robe.
— Turf. Etre en traîne, Se dit d'un cheval qui est préparé pour la course, qui est soumis à l'entraînement.
— Chasse. Perdreaux en traîne, Perdreaux . qui ne peuvent pas encore quitter leur mère
pour s'envoler.
— Mar. Bout de cordage qu'on laisse pendre à la mer pour traîner à la suite du bâtiment un objet quelconque : Pendant ce temps, son lieutenant et une partie de son équipage se sauvaient lâchement dans une chaloupe qu'il avait mise à la traîne. (E. Sue.) Il Avoir trop de bois à la traîne, Se dit d'un navire dont l'arrière est trop lourd , trop massif.
— Navig. fluv. A la traîne, A la remorque : Des bateaux remontaient la rivière à la voile ou A LA traîne. (Chateaub.)
— Pêche. Sorte de filet dans le genre d'une seine.
— Techn. Sorte de chariot qui sert de support aux cochoirs avec lesquels se commet un cordage.
— Agric. Sorte de herse sans dents.
■ — Sylvie. Broussailles et menus bois qui forment la lisière d'une forêt, il Petite vallée resserrée entre des bois : Et lançant sa mule
TRAI
au galop, Jl/Ile Renée s'enfonça dans iaTRAlNB, où l'abbé la suivit en frissonnant. (J. Sandeau.)
— Encycl. Pêche à la traîne. Cette pêche ne se pratique que l'hiver, au moment des grandes eaux. On emploie pour cet usage un grand épervier très-ouvert, très-long et très-chargé de plomb, appelé demoiselle; on attache les extrémités de la demoiselle, tendue sur toute sa longueur, à deux chevilles de bois plantées aux deux bouts du bateau ; on laisse tomber à l'eau le fond et la moitié de l'épervier, l'autre moitié suspendue aux chevilles, et on se lance en plein courant sur les baissiers connus. On asoin de tenir dans la main la corde qui relie le fond de la demoiselle. Quand la partie qui est dans l'eau a traîné pendant un certain temps, on rabat rapidement la partie retenue a»x chevilles, et on laisse les bourses se rejoindre comme pour l'épervier ordinaire. Quand on suppose que les mailles sont massées et réunies, on hisse la demoiselle à bord du bateau. Cette pêche est très-aléatoire; on peut traîner une journée sans rien prendre ; d'autres fois, elle est très-fructueuse sur des gués recouverts par l'inondation.
TRAÎNÉ, ÉE (trê-né) part, passé du v.
Traîner. Qu'on tire après soi sur le sol : Voiture traînés. Ils furent traînés pendant plusieurs heures.
Dois-je oublier Hector privé de funérailles Et traîné sans honneur autour ne nos murailles?
Racine.
— Lentement prolongé : Voix traînée.
Son traîné.
— Traîné dans les rues, Qui est dans toutes les bouches, qu'on entend et qu'on trouve à chaque pas : il y a une raison pour mépriser ce livre, c'est que d'un bout à l'autre il contient un. tissu de mensonges ou de contes traînés DANS LES RUES. (Volt.)
— Autant vaut traîné que porté, Une façon vaut l'autre; il n'y a pas de préférence à avoir.
— s. f. Fam. Traînée des rues ou simplement Traînée, Fille de mauvaise vie, prostituée : Il a passé sa vie avec les traînées des rues. (J.-J. Rouss.) Ahl si quelqu'un était venu dire à ma mère : Votre fille sera une traInée! (Balz.)
TRAÎNEAU s. m. (trê-no — rad. traîner). Petit chariot bas et sans roues, dont on.se sert pour aller sur ta neige ou sur la glace : En Laponie, on ne voyage qu'en traîneau.
— Voiture sans roues, servant au transport de certains fardeaux.
— Fauconn. Peau de lièvre qui sert de leurre pour les oiseaux de vol.
— Chasse. Long filet qu'on traîne dans les champs pour prendre des alouettes, des perdrix, des cailles et autres oiseaux.
— Pêche. Filet qu'on traîne dans l'eau pour prendre du poisson.
— Agric. Cadre de bois qu'on traîne sur les terres labourées, pour les aplanir. Il Morceaux de bois q'u'on dispose en croix sous la charrue, pour la traîner d'un endroit à un autre sans qu'elle touche à terre.
— Encycl. Le traîneau est la plus ancienne de toutes les voitures ;' c'est la voiture primitive, à laquelle des rouleaux, puis des roues furent attachés pour former les chars de l'antiquité. L'usage des traîneaux, abandonné dans tous les pays méridionaux, a été conservé dans le Nord, où, les glaces de l'hiver offrant des plaines UDies, il est facile de traîner ces machines en les faisant glisser. Ils servent à transporter les voyageurs, leurs hardes et leurs marchandises; ils sont couverts et garnis de bonnes fourrures destinées à garantir les voyageurs contre la rigueur du froid. Les chevaux, les rennes et même les chiens traînent ces voitures à travers la Sibérie, la Laponie et tout le nord de l'Europe. Les courses de traîneaux sont devenues uu des amusements des hautes classes, qui y déploient une grande habileté. Le transport effectué par ces voitures se nomme traînage ; il n'est praticable que suites routes glissantes, où se trouvent des glaces unies, des neiges consolidées. Dans les pays du Nord où ces voies de communication sont les seules dont on dispose, le traîneau est préféré aux chars, et dans les hivers des hautes latitudes il suffit à tout, même aux fantaisies de luxe.
Il existe aussi des voies artificielles construites pour des traîneaux, à l'exclusion des chars. Telle est l'exploitation des forêts sur les pentes escarpées des montagnes. On trace sur un terrain la ligue que le transport devra suivre, on dispose perpendiculairement à cette ligne des bûches bien droites, éloignées de 0m,5 à 0m,6 les unes des autres et d'autant plus rapprochées que la pente est plus roide. Ces bûches sont fortement attachées à la terre, et le traîneau glisse avec sa charge sur cette longue échelle. Le conducteur est en avant, noii pour tirer le fardeau, mais pour modérer la vitesse de sa descente et le maintenir sur la voie, dont il pourrait s'écarter dans les tournants. Ce genre de traîneaux s'emploie dans toute l'Europe.; mais Us sont loin d'avoir atteint la perfection de3 traîneaux du Nord. Les attelages des traîneaux russes sont un des ornements des courses en traîneau. Les neiges ne sont pas tou-
jours également favorables aux voyages en traîneau. Un froid extrême et prolongé les réduit en poussière, et la charge de quelques quintaux suffit alors pour que la voilure s'enfonce et ne puisse avancer que difficilement; une température trop élevée de quelques degrés amollit les neiges, qui ne sont plus assez glissantes. Le terme supérieur de la température la plus favorable est à peu près de — 10° centigr., et le terme intérieur approche de la congélation du mercure.
TRAÎNEAU-BARQUE s. m. Sorte de voiture sans roues, qui glisse sur la neige ou la glace et flotte sur l'eau : H fit des découvertes, s'avança hardiment avec un traîneabb,\ro.ue qui, tour à tour, flottait ou passait les glaçons. (Michelet.)
TRAÎNE-BUISSON s. m. Ornith. Nom vulgaire de la fauvette d'hiver.
TRAÎNE-CHARRUE s. m. Ornith. Nom vulgaire du inotteux ou traquet.
TRAÎNÉE s. f. (trè-né — rad traîner).
Suite, e» petite quantité, de choses répandues : Traînée de sable. Traînée de plâtre. Traînée de sang.
— Longue trace marquée sur une surface ou dans r espace : Une TraInéb lumineuse. Le soleil répand d'une planète à l'autre de longues traînées de lumière. (Fonten.)
— Traînée de poudre, Poudre à canon répandue sur le sol, pour communiquer le feu
— Blas. Espèce de filet onde, qui repré- 1 sente un sentier rempli de poudre d'artillerie : Brulart de Genlis, en Champagne : De gueules, à ta bande d'or, chargée d'une traînée de sable, et de cinq barillets du même, trois dessus, deux dessous.
— Gramm. Suite de points qui servent à indiquer'une interruption ou une suspension dans le discours.
— Chasse. Trace faite avec des morceaux de charogne pour attirer les loups dans des pièges.
— Pêche. Sorte de ligne de fond.
— Techn. Aiguillée de laine ou de soie, qu'on tend au canevas, et qu'on recouvre ensuite avec des points ordinaires. Il Trait de compas fait sur le bois.
— Hortic. Nom donné aux coulants ou stolons.
TRAÎNEL s. m. (trô-nel). Pêche. Sorte de filet, appelé aussi tramel.
TRAINEL, ancien Castrum Triangulum, village et commune de France (Aube), arrond. et à 13 kilom. de Nogent-sur-Seine, sur l'Orvin ; 1,300 hab. Hospice, jolies promenades. Voie romaine et cimetière gallo-romain,
TRAÎNELLE s.f. (trê-nè-le). Pèche. Sac de toile qu'on traîne sur le sable pour prendre des lançons.
TRAÎNE-MALHEUR s. m. Gueux, misérable :
Monsieur notre pasteur Veut de sa grâce a ce traîne-malheur Montrer de quoi finir notre misère.
il pi. traîne-malheur.
TRAÎNEMENT s. m. (trê-ne-man — rad.
<rat';ier). Action de traîner.
— Artill. Dégradation d'une bouche à feu par le tir, consistant en des traces longitudinales peu profondes, laissées par des projectiles dont la surface n'est pas bien unie : Le tir à balles produit de nombreux traInemknts, très-apparents.
TRAÎNE-POTENCE s. m. Vaurien, garnement, homme qui ne peut finir que par la corde.
— Personne qui porte malheur à ceux qu'elle approche.1
TRAÎNER v. a. outr. (trê-né — rad. train). Tirer sur le sol apiè.s soi : Traîner une voiture. Traîner un coffre, un panier.
— Déplacer péniblement, et presque sans soulever du sol : Traîner ses pieds sur le parquet.
— Porter, conduire, subir misérablement, sans vigueur ou sans dignité : Traîner sa misérable existence. Un roturier qui a du mérite porte son nom; le noble qui n'en a pas te traîne. (Volt.) L'homme traîne jusqu'au tombeau la longue chaîne de. ses espérances trompées. (De Bonald.)
C'est traîner trop longtemps ma vie et mon supplice.
Racine.
— Charrier, emporter : La rivière Traîne du sable. Les égouts traînent des immondices.
— Emmener à sa suite, se faire suivre de : Traîner partout une longue suite de valets.
Il minait sur ses pas la foule des fidèles,