‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 310 sur 1042 · L.B reseau de la Compagnie des tramways · texte numérisé non relu

L.B reseau de la Compagnie des tramways

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nord atteindra, de son côté, près de 42 kilomètres et sera probablement terminé à la fin de l'année 1876.

Pour terminer cette importante question, il convient de donner quelques renseignements sur l'utilité mécanique des tramways, sur la construction et l'exploitation des lignes d'omnibus sur rails. Nous empruntons a M. Séraphin quelques-unes des considérations suivantes.

Sur un chemin de fer ordinaire, en bon entretien, la traction d'une tonne en palier exige un effort de 5 kilogrammes. Sur un chemin de fer à rails creux, cette traction s'élève k 6 kilogr. 7. Chaque inclinaison de 010,001 pour la voie exige, dans les deux cas, un effort supplémentaire de 1 kilogramme.' On juge facilement de l'accroissement rapide des efforts lorsque les pentes augmentent. La plus grande pente des tramways parisiens est celle de Clichy qui, sur un parcours de 800 mètres, est a l'inclinaison de. 0m,046; l'effort par tonne est donc de ^kilogr. 7 + 46 = 53 kilogr. 7.

La force du cheval varie suivant sa constitution et son mode d'action (v. tirage). Suivant que l'on assigne au cheval un effort de 50 klogrammes ou de 70 kilogrammes au pas, il peut entraîner, sur un tramway en palier et en ligne droite, 7,400 kilogrammes ou 10,400 kilogrammes. Un cheval attelé k une voiture et allant au trot (2™, 20 par seconde)ne peut travailler que 4 heures 30 minutes par jour avec une traction de 35 kilogrammes. L'omnibus parisien, dernier modèle, pèse tout chargé (28 voyageurs) 3,720 kilogrammes ; chaque cheval traîne 1,860 kilogrammes avec une vitesse de 7 kilom. 50 à 1 heure ; le parcours maximum par jour est de 16 kilomètres. On peut adopter pour les tramways le chiffre de 1,000 kilogrammes consacré dans les calculs des messageries, et on en conclut qu'avec une vitesse de 12 kilomètres k l'heure un cheval de tramway peut traîner 3,000 kilogrammes en palier. Sur la rampe de Clichy, la compagnie des tramways nord est obligée d'adjoindre aeux chevaux de renfort.

Lorsque les rampes ne dépassent pas 50 mètres, un coup de collier des chevaux suffit pour les franchir sans qu'on ait à ralentir leur allure.

— Tramways à vapeur. Le besoin de remplacer les chevaux par des machines s'est fait sentir depuis longtemps. En 1834, un omnibus à vapeur allait de la Cité de Londres k Paddington. Différents systèmes de voitures k vapeur qui n'ont pas réussi sur les routes ont donné de meilleurs résultats sur rails.

Il y a quelques années, on a essayé à Edimbourg un véhicule à vapeur ayant la forme d'un omnibus à coupé. Cette voiture, inventée par M. Field, a donné des résultats satisfaisants. C'est dans le coupé que sont placés la chaudière , le combustible et le mécanicien ; le mécanisme est à l'arrière ; il se compose de trois cylindres horizontaux, transmettant le mouvement aux roues d'arrière ; entre les dfeux essieux, un léser vuir de 100 litres sert à alimenter la chaudière ; la cheminée se recourbe au-dessus de la chaudière, se dirige vers l'arrière de la voiture en passant sous le siège des voyageurs. L'omnibus contient 50 personnes, dont 32 a l'impériale, et pèse tout chargé 7 tonnes.

Dans quelques Omnibus américains du même genre, le véhicule repose sur un chariot articulé, ce qui permet le passage dans les courbes de petit rayon. Oa répartit le poids sur les essieux, de manière a donner l'adhérence nécessaire aux roues motrices.

M. Eairlie a construit une voiture dont l'arrière porte sur un chariot articulé et l'avant sur une locomobile; elle peut contenir 80 personnes.

Il y a un grand avantage économique h se servir des omnibus à vapeur sur les tramways, lorsque l'établissement en est possible. La vitesse obtenue est plus grande pour une dépense beaucoup plus faible.

Mais il y a à craindre l'effroi des animaux en présence des machines a vapeur, de leur mouvement et du bruit qu'elles font; les difficultés d'arrêt de la voiture; l'embarras que cause la moindre brisure de l'appareil, qui met en détresse la voiture sans moyen rapide de délivrance.

Ou a constaté que le bruit de l'échappement n'inqutete pas beaucoup les chevaux, mais qu'il faut supprimer le sifflet. Un excellent résultat est obtenu par les machines où l'on cache les organes du mécanisme qui effrayent les animaux. A Buenos- Ayres, on a donné aux locomotives lu forme d'un petit fourgon à bagages; le haut de la cheminée débouche sur le toit du véhicule, les panneaux du fourgon cachent les roues. Cette précaution est suffisante. A Paris, les tramways sud ont essayé un système analogue oui a, suffisamment réussi au point de vue des animaux et de la traction. A l'omnibus prêta recevoir des chevaux, on accroche, au lieu de traits, l'arrière d' une cage plein» dans le bas, vitrée dans le haut, dans laquelle sont contenus la chaudière, le combustible, l'eau de réserve alimentaire et la place où se tient' le cocher ; la l'innée s'échappe par une cheminée verticale et l'avant de l'impériale est muni d'un écran qui disperse la fumée ; le prix de revient du système a malheureu-

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sèment beaucoup dépassé ce qu'on attendait. Il a été encore plus difficile sur les tramways nordd' utiliser la vapeur. La Compagnie a permis aux inventeurs de faire fonctionner leur système, mais on n'a encore rien réalisé de tout à fait pratique.

On a cherché k remplacer les machines à vapeur par des machines à air comprimé ou surchauffé; toutes ces questions sont encore à l'étude, et des expériences sont actuellement faites sur la ligne de Courbevoie, près de l'île de la Grande-Jatte.

L'étude des lignes de tramway ne peut être faite que si les pétitionnaires qui demandent la concession adressent k l'autorité compétente des avant-projets comprenant toutes les pièces nécessaires ; ces pièces sont analogues k celles qu'exige un projet de chemin de fer quelconque.

Dans l'exploitation, les bâtiments nécessaires au service se réduisent k peu de chose. Le tramway part par exemple d une gare, où il pénètre dans la cour pour recevoir les voyageurs. Les voyageurs peuvent avoir des billets délivrés d'avance; sinon la place sera perçue en route. L'agent percepteur pourra, en sens inverse, donner des coupons île correspondance sur la grande Compagnie, avec l'emploi du composteur Edmundson.

Les gares de station coûtent fort peu ; le modèle adopté k Paris est assez élégant, mais il se pourrait qu'on fût assez mal en hiver dans ces petites gares que l'on a percées de trop nombreuses ouvertures. Les premiers types ont été installés k la Concorde, au Louvre, k la gare Montparnasse.

Les tramways correspondant avec les grandes lignes de chemin de fer pour le service des petites localités jouent le rôle trèsimportant de chemins de fer économiques, pour le transport des voyageurs et des marchandises. Aussi sont-ils appelés pour ce motif k un grand développement, si les chemins k voie étroite ne parviennent pas à s'établir utilement dans les mêmes conditions.

TRANAINE s. f. (tra-nè-ne). Bot. Nom

vulgaire du trèfle.

TRANCADE s. f. (tran-ka-de). Min. Gros bloc de pierre, plein de larges cavités, qui se trouve a la surface de la terre,

TRANCE s. m. (tran-se). Bot. Nom vulgaire du trèfle des prés.

TRANCHAGE s. m. (tran-cha-je — rad.

trancher). Techn. Action de trancher.

TRANCHANT, ANTE adj. (tran-chan, ante — rad. trancher). Qui tranche, qui divise en coupant : Couteau, rasoir tranchant.

Lame tranchantk.

— Fig. Qui produit Une opposition vive, brusque, non ménagée : Couleurs tranchantes. Il Absolu, non mitigé : Les opinions tranchantes abondent dans un siècle où l'on ne doute de rien. (Chateaub.) Il Aftinnatif, qui décide sans hésitation, qui se prononce hardiment, témérairement : Les gens médiocres sont tranchants parce qu'ils ne savent rien faire de mieux. (Beauchêne.) La jeunesse est tranchante et présomptueuse. (Chateaub.)

— Ecuyer tranchant, ou substantiv. Tranchant, Officier de la maison des souverains et des princes qui découpe les viandes k table.

— Véner. Côtés tranchants, ou substantiv. Tranchants, Côtés du pied de l'animal, lorsqu'ils ne sont pas usés.

-—Syn. Tranchant, décisif, dogmatique, etc. Y. DÉCISIF.

TRANCHANT s. m. (tran-chan — rad.

trancher). Fil, côté affilé, tranchant, d'un instrument coupant r Le tranchant d'un couteau, d'une épée. Aiguiser le tranchant d'un sabre.

— Syn. d'ÉcvjYER tranchant. V. le mot précédent.

,. — Fig. Epée, glaive à deux tranchants, Moyen ayant ou pouvant avoir deux effets opposés .: Votre argument est une epée à. deux tranchants, gui peut vous blesser aussi bien que vos adversaires. Le pouvoir est un glaive A deux tranchants, qui.btesse souvent la main qui te manie.

— Escrime. Vrai tranchant, Partie affilée de la lame, située du côté gauche. Il Faux tranchant. Côté opposé.

— s. m. pi. Véner. V. le mot précédent.

— Econ. rur. Instrument dont on se sert pour détacher les rayons des parois de la ruche.

TRANCHANT, comte de La Verne, tacticien fiançais. V. La Verne.

TRANCHES, f. (tran-che — rad. trancher).

Morceau tranché, coupé un peu mince avec un instrument tranchant : Tranche de viande. Tranche de pâté. Tranche de pain.

— Corps dur, de peu d'épaisseur, ayant deux surfaces planes parallèles : Une tranche de marbre, de pierre.

— Bord mince, épaisseur : La tranche d'une planche, d'une plaque de fonte.

— Monn. Epaisseur des monnaies, qui porte la légende ou le cordonnet.

— Artill. Section d'une bouche a feu perpendiculaire à l'axe de la pièce : Tranche de la bouche. Tranche des tourillons.

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— Mar, Chacune des divisions de la cale par sections transversales.

— Comm. Partie de la cuisse du bœuf, dans le commerce de la boucherie, il Tranche grasse, Partie de la cuisse du bfônf. Il Tranche au petit os, Milieu du gtte à la noix.

— Techn. Couteau d'acier trempé, qui sert à couper le fer quand il est chaud: L enclume doit être munie de deiu: tranchks : l'une, dite TP anche à refendre, est un fort ciseau d'acier emmanché au bout d'un fer carré; l'autre, appelée tranche à acier, est un prisme triangulaire d'acier, soudé sur un pied gui se fixe dans le trou pratiqué dans ta panne de l'enclume. (Landrin.) I! Couteau avec lequel le fondeur en sable taille et répare les moules, il Double crochet k l'usage des ardoisiers. Il Surface unie qu'offrent les feuillets d'un livre après qu'on les a rognés : Livre doré sur tranche. Brunir la tranche d'un livre. Il Petite bande d'or dont on se sert pour faire les bords d'un livre.

— Arithm. Série de chiffres consécutifs dans un même nombre : Pour ta numération, on divise les nombres en tranchks de trois chiffres.

— Géom. Solide résultant de la section d'un prisme ou d'un cylindre par des plans parallèles.

— Physiq. Portion de liquide comprise entre deux plans parallèles fictifs.

— Agric. Sorte de pioche ou de houe. Il Terre que la charrue soulève du shloa et qu'elle déverse sur le côté.

TRANCHÉ, ÉE (tran-ché) part, passé du v. Trancher. Coupé avec un instrument tranchant : Du bois tranché net.

— Résolu : Difficulté tranchée.

— Marqué, accentué ; Des couleurs TRAN- CHÉES. L'huissier attendait quelque mot plus tranché qui constituât un délit punissable par ta loi. (G. Saud.)

— Blas. Se dit de l'écu divisé en deux parties égales par une diagonale allant ne 1 angle dextre du chef k l'angle s^nestre de la pointe ; De Gnufiidi : Tranché d'argent et de gueules. Il Tranché taillé, Se dit de l'écu tranché, quand il y a une pe.tite entaille au cœur de l'écu.

— Techn. Bois tranché, Celui dont les fibres ne sont pas en ligne droite et sont situées de telle sorte que l'ouvrier est forcé de les couper en le travaillant.

TRANCHÉE s. f. (tran-ché — rad. trancher). Excavation longitudinale pratiquée k ciel ouvert : Ouvrir une tranchée pour le passage d'une route. Préparer la tranchée pour tes fondations d'une maison.

— Véner. Fouilles pratiquées en longueur pour arriver à déterrer les renards et les blaireaux.

— Art milit. Retranchement couvert par un ou deux parapets, que les assiégeants pratiquent pour cheminer vers la place ; Ouvrir la tranchée. Etre de service à la tranchée. On ouvre la tranchée, on canonns la place.

Reonard.

Il Rempart, abri que les assiégeants forment avec des fascines, des gabions, des sacs k terre, quand le terrain est trop résistant pour pouvoir être entam«. Il Tranchée simple, Celle qui n'a qu'un parapet. || Tranchée double, Celle qui a un parapet de chaque côté. Il Tranchée à crochet, Celle qui va en zigzag vers ht place. Il Tête de tranchée, Partie de la tranchée la plus rapprochée du point attaqué. Il Cavalier de tranchée, Massif de terre, avec parapet élevé par les assiégeants, près des chemins couverts de la place, afin de pouvoir plonger dans les places d'armes saillantes. Il Relever de tranchée, Descendre la tranchée, Quitter la tranchée, après y avoir fini son service : D'Artagnan était prié, en relevant dis tranchée, de se rendre au logis des mousquetaires. (Alex. Dura.) Il Combler, nettoyer la tranchée, Massacrer ou mettre en fuite tous les soldats d'une tranchée : Les assiégés firent une sortie et comblèrent, nettoyèrent la tranchée. (Acad.)

— Constr. Tranchée de mur, Ouverture en long, pratiquée dans un mur pour y encastrer une conduite, un poteau, une solive ou tout autre objet.

— s. f. pi. Pathol. Coliques violentes, douleurs intestinales très -aiguës : Avoir des tranchbiïS. Un ciel de lit tout enflé d'or et de perles n'a aucune vertu puur apaiser les tranchées. (Monta igné.) Il Tranchées utérines, Douleurs de l'utérus, qu éprouvent certaines femmes nouvellement accouchées, et qu'on attribue k la pré.-vence de caillots de sang qui provoquent la contraction de l'organe. Il Pop. Tranchées de Saint-Matliurin, Actes de folie.

— Artvétér. Tranchées rouges. Coliques violentes des chevaux, il Tranchées de bézoards. Douleurs intestinales causées par la présence de bézoards dans les intestins.

— Encycl. Art milit. La tranchée se commence eu même temps sur tout son développement, mais elle ne se termine pas d'un senl jet. Dans une première nuit, la tranchée n'est qu'ébauchée; des travailleurs d'infanterie, sans l'approfondir, l'élargissent les nuits suivantes et portent sa largeur k 3 mètres. Les tranchées qui ne doivent être employées que comme boyaux de communication n'ont que 2m,30 de largeur. Les tranchées sont le plus souveut, dans une grande partie de leur dé-

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veloppement, munies de gradins, soit pour le franchissement, soit pour la fusillade. Ces gradins, qui favorisent la défense du retranchement et les sorties agressives, ont 0m,50 de hauteur sur 0"n,50 de largeur. Ils sont maintenus par deux fascines du génie. Il faut avoir soin, dans la construction de ces gradins, de compenser l'empiétement des gradins sur le fond du fossé, de manière que ce fossé ait toujours sa largeur normale de 3 mètres.

Lorsque le général en chef a choisi le point d'attaque, de concert avec les généraux de 1 artillerie et du génie, on ouvre la tranchée'; c'est-à-dire qu'à 600 mètres environ des saillants de la place on creuse un fossé, dont on jette les terres, en forme de parapet, du côté de la place. Ce fossé, appelé première parallèle, enveloppe plusieurs fronts de la ville assiégée et communique, par des boyaux ou fossés moins larges tracés en zigzag, aux dépôts de tranchées situés à l,S00 mètres ou 1,500 mètres des chemins couverts.

La direction de la tranchée a préalablement été tracée, au moyen d'un cordeau, par les officiers du génie. Les hommes arrivent doucement ; les gardes se portent à 100 mètres ou 400 mètres en avant du cordeau et se couchent à côté de leurs fusils, prêts à faire feu ; les détachements de travailleurs approchent alors sur deux files, le fusil eu bandoulière, la pelle dans la main gauche, la pioche sur le pliant du bras gauche et la fascine à tracer dans la main droite ; la fascine à tracer est un petit fagot dont la longueur sert de mesure a la tâche d'un homme durant la première nuit; chaque détachement s'arrête au centre de la portion de la tranchée qu'il doit exécuter. Au commandement du chef, fait à voix basse, les deux files se séparent; l'une va à droite, l'autre à gauche, et chaque travailleur, après avoir déposé son fusil derrière lui à portée de la main, ses instruments de travail à ses côtés, se couche perpendiculairement à la fascine qui mesure son travail et qu'il a placée le long du cordeau.

Quand tout est ainsi bien organisé, le commandant de tranchée donne 1 ordre d'ouvrir la tranchée, et chaque chef de détachement, toujours à voix basse, transmet cet ordre à ses hommes par ces mots : Haut les bras. Tous se lèvent, les pioches et les pelles se mettent en mouvement; on y va de tout cœur, car chaque soldat sait parfaitement qu'il lui faut être couvert au point du jour, à la première clarté, quitte à élargir durant une deuxième nuit cette tranchée, qui ne serait pas assez large pour les communications. Il est rare, quand l'urinée de siège est bien dirigée, soit qu'on fasse de fausses ouvertures de tranchée, soit que l'ennemi se trompe dans ses prévisions, que l'ouverture de la tranchée ne se fasse pas à l'insu de la garnison assiégée.

— Pathol. On appelle tranchées utérines les douleurs qui suivent l'accouchement après la délivrance. Ces douleurs, bien plus fortes chez les femmes qui ont déjà eu des enfants que chez les primipares, sont souvent produites par les contractions de l'utérus, qui cherche à expulser un fragment de placenta ou dès caillots de sang renfermés dans l'intérieur. La première chose à faire auprès d'une femme qui a des tranchées utérines est de savoir s'il y a des caillots ou un morceau de placenta retenus dans l'intérieur, et, dans ce cas, de procéder à leur extraction. L'administration du seigle ergoté opiacé à la dose de 1 à 2 grammes d'ergot, avec 0Br,Ol de sulfate de morphine, guérit trèsbien ces tranchées. Des applications continuelles de serviettes chaudes sur le ventre, des cataplasmes et des fomentations narcotiques, des pommades laudauisêes, enfin un quart de lavement avec dix ou quinze goût- ' tes de laudanum suffisent souvent pour guérir les tranchées.

TRANCHEFIL s. m. (tran- che-fil — de trancher, et de fit). Manège. Petite chaîne que l'on met autour du mors.

— Techn. Instrument qui sert à former les veloutés des tapis de, Turquie.

TRANCHEFILE s. f. (tran-che-fi-le — de trancher, et de file). Techn. Petit rouleau de papier ou de parchemin, recouvert de fil de soie, d'or ou d'argent, que l'on place aux deux extrémités d'un livre, sur la tranche et tout près du dos, afin de bien assujettir les cahiers et de consolider la partie de la couverture qui la déborde. Il Couture en forme de bordure que font les cordonniers dans l'intérieur des chaussures, le long des oreilles et des quartiers, pour donner au cuir plus de solidité.

TRANCHEFILER v. a. ou tr. (tran-chefi-lé — rad. iranchefile). Techn. Garnir d'une tranchefile : Tranchefiler un livre.

TRANCHEFlLURE s. f. (tran-che-fi-lu-re — rad. tranchefiler). Techn. Opération consistant à faire ia tranchefile d'un livre.

TRANCHE-GAZON s. m. Agric, Instrument armé d'un disque de fer à tranchant circulaire, qui sert à ébarber les gazons dans les jardins, ou à les trancher dans la grande culture, il Charrue dont le soc est large et tranchant, le coutre très-coupant. 11 PI. trancheoazon.

TRANCHELARD s. m. (tran-che-lar — de trancher, et de lard). Couteau à lame longue et mince, dont se servent les cuisiniers pour couper des tranches de lard peu épaisses.

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TRANCHE-MAÇONNE, ÉE adj. Blas. Se dit d'un écu tranché, dont une des partitions est chargée d'une maçonnerie.

TRANCHEMENT s. m. (tran-che-man — rad. trancher). Action de trancher.

TRANCHE-MONTAGNE S. m. Pam. Fanfaron, vantard qui se targue de son courage et de ses prétendus exploits, il Pi. TRANCHE- MONTAGNES.

TRANCHE-PAPIER s. m. Couteau dont on se sert pour couper le papier. Il PI. tranchepapier. Il Peu usité ; on dit couteau à papier.

TRANCHE-PEIGNE s. f. Tranche de livre marbrée au peigne. Il PI. tranches-peigne.

TRANCHER v. a. ou tr. (tran-ché. — L'origine de ce mot n'est pas connue. Roquefort propose pour type un verbe transcindere, de trans, au delà, et de scindere, fendre, qui n'est certainement pas acceptable. Il faut également rejeter le latin truncare, mutiler, ainsi ?ue le type monstrueux trennicare, que l'on ait dériver de l'allemand trennen, séparer, diviser. Langensiepen propose de faire venir trancher d'un type drimicare, drimeare, de dirimere. Il recommande la filiation suivante : latin inlerimere, proprement enlever du milieu, détruire, tuer; interimicare, intrimeare, trincare). Couper, diviser avec un instrument tranchant : Trancher la tête d'un homme. Le fer, qui tranche tout, n'est qu'un moyen vulgaire. C. Del&vione.

— Couper en tranches minces : Trancher des bois de placage. Trancher du marbre.

— Fig. Mettre brusquement fin à : Trancher les jours, la vie, la destinée de quelqu'un. Le fer trancha la vie de bien des hommes. (Michelet.) H Résoudre, faire cesser brusquement : Trancher une question. Ceci tranche la diffiùilté. (Patru.) il Couper court à : Pour trancher toutes sortes de discours, vous serez mariée. (Mol.)

— Absol. : Ce rasoir ne tranche pas. L'acier tranche mieux que le fer.

— Trancher lemot, Répondre catégoriquement, sans ambages : Enfin, il fallut trancher le mot et permettre au landgrave, en termes formels, celte bigamie si désirée. (Boss.)

Il Dire crûment sa façon de penser : Tranchons le mot; c'est un sot!

— Trancher dans le vif, Opérer dans la chair vive, retrancher, en même temps que les parties morbides, une portion des parties saines. ll'Fig. Prendre les moyens énergiques, aller droit au but, sans détours, sans ménagements : Les satiriques sont des docteurs qui Tranchent dans LE vif. (Ménière.)

— Trancher court, Trancher net. Mettre fin au discours, à la discussion, en s'exprimant nettement, en disant d'un mot sa pensée : Tranchons net; je refuse.

. . . .. . . . Et pour le trancher net,

L'ami du genre humain n'est pas du tout mon fait.

— . Techn. Trancher le verre, Diviser le verre fondu, en l'appuyanrcontre l'extrémité du mors de la canne. Il Trancher le métal, Le forger sur la partie droite de la panne du marteau.

— v. n. ou intr. Ressortir, faire une opposition vive : Une teinte blanche qui tranche dans un fond noir. Son col blanc tranche sur sa peau noire. Sa gorgerette tranchait par sa blancheur sur ses vêtements couleur grise. (Balz.) L'aristocratie britannique, sans trancher sur le caractère national, annonce une race supérieure. (L. Faucher.)

Trancher sur, Décider sans hésitation,

se prononcer hardiment sur : Trancher sur tout.

— TraucÀer de, Se donner les airs de : Trancher do bel esprit. Trancher de l'homme d'importance.

Nous saurons l'adoucir, quoiqu'il tranche du brave.

La Fohtainb.

(1 Trancher du nécessaire, Se faire passer pour indispensable.

— Techn. Se dit du drap qui, teint en pièce, présente à l'intérieur, lorsqu'on le coupe, une teinte plus faible.

TRANCHET s. m. (tran-chè — rad. trancher). Techn. Outil de fer plat et affilé, dont se servent les cordonniers et les bourreliers pour couper le cuir, il Outil dont se servent les plombiers pour couper le plomb, il Petit trançhet, Outil avec lequel les serruriers coupent le fer chaud. Il Outil de formier.

TRANCHE-TÊTE s. m. Nom donné anciennement au bourreau spécialement chargé de décapiter les condamnés.

TRANCHEUR s. ra. (tran-cheur — rad.

trancher). Pêche. Celui qui ouvre la morue : De la main du trancheur, la morue passe dans celle du saleur.

— Techn. Nom donné, dans les carrières des environs de Paris,. aux ouvriers qui sont spécialement chargés d'attaquer la masse en y ouvrant des tranchées verticales. Il Ouvrier qui divise le bois en feuilles minces pour le placage.

— adj. Pèche. Couteau trancheur, Couteau servant à ouvrir les morues.

TRANCHIS S. m. (tran-chi — rad. trancher), Constr. Tuile que, dans un comble à arêtier, on échancre pour lui faire suivre exactement

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une ligne de construction avec laquelle elle doit faire angle.

TRANCHOIR s. m. (tran-choir — rad. trancher). Sorte de plateau de bois sur lequel on découpe ta viande. Il Plateau de métal sur lequel l'éeuyer tranchant, au moyen âge, découpait les viandes en présence du roi. il Tranche mince de pain bis, qu'on plaçait sur un disque de métal, et sûr lequel on disposait les viandes découpées, pour les servir devant le roi.

— Planchette ronde et plate, ou petite natte de jonc grossièrement tressée, sur laquelle on coupe le fromage : Vous voyez les racines avec leurs feuilles, la vapeur qui monte, les marmites qui fument, les rouleaux, les tranchoirs et les séchoirs. (Cormen.)

— Techn. Palette de bois, contenant une poignée de chaux ou de cendre gravelée, qu'on met dans la cuve avec le pastel. On dit aussi tailloir, il Tranchoir pointu, Pièce de verre qu'on met dans quelques panneaux de vitre.

— Ichthyol. Genre de poissons squamipennes, dont l'espèce type vit dans les mers de l'Inde.

— Hortic. Instrument dont on se sert pour ébarber les gazons.

— Encycl. Hortic. Le tranchoir, appelé aussi tranche-gazon, consiste en un disque de fer, garni d'acier sur ses bords, tranchant comme un couteau, qui tourne sur un axe, autour de son centre et entre deux montants de fer réunis par le haut et fixés dans un manche long de 0m,65, terminé par une traverse de 0™,i ou un peu plus. On se sert do cet instrument pour ébarber les gazons, en le faisant rouler le long d'un cordeau. Quelquefois aussi on le met au devant de la charrue en guise de coutre. C'est un appareil d'un emploi très-commode et très-expéditif. Il remplace fort avantageusement la bêche, moyen généralement usité, mais lent et imparfait , surtout dans les grands jardins. Quelquefois aussi le tranchoir se réduit à un grand couteau emmanché de biais.

Ichthyol. Les IraucAoïrs sont caractérisés

par un palais dépourvu de dents; les deux mâchoires munies de dents en brosse; un préopercule sans épine; une nageoire dorsale unique entièrement écailleuse ; quelques aiguillons dorsaux prolongés en filaments; des écailles si ténues, qu'elles se réduisent pour l'œil à une légère âpreté qui fait ressembler la peau à un cuir pareil à celui de certains acanthures. Le tranchoir cornu a un corps circulaire et comprimé, le museau saillant et lei orbites munies de petites pointes ou cornes; ce poisson est très-commun dans la mer des Indes. Les pêcheurs des Moluques, quand ils le prennent, font devant lui des génuflexions, lui donnent d'autres marques d'un respect superstitieux, puis le rejettent à la mer. C'est d'ailleurs un excellent poisson, qui atteint le poids de 7 kilogrammes et dont le goût rappelle celui du turbot.

TSANE s. m. (tra-ne — du gr. tranês, pénétrant). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhinides, comprenant deux espèces, qui habitent l'Australie.

TRANENT, ville d'Ecosse (Haddington), à 14 kilom. E. d'Edimbourg; 4,000 hab., la plupart employés à l'exploitation des mines de houille environnantes. C'est sur le territoire de cette ville que se donna la fameuse bataille de Preston.

TRANGE8IN s. m. (tran-je-bain). Bot. Nom vulgaire de la manne sécrétée par l'alhagi des Maures.

TRANGEBRIS s. m. (tran-je-bri). Bot. Syn.

de TRANGEB1N.

TRANGLE s, m. (tran-gle — autre forme de tringle). Blas. Pièce héraldique qui représente une t'asee dont la largeur est, moindre qu'à l'ordinaire, et qui est toujours employée en nombre impair : Le Fèvre de Caumanin : D'azur, à cinq trangles d'argent.

TRANQUE s. f. (tran-ke). Agric. Sorte de houe à fer large et tranchant, qu'on appelle aussi tranque-piochk.

TRANHAC, ville de l'empire d'Annam (Tonqui»), près de la frontière de la Chine;

TRANI, anciennement Turenum, ville forte du royaume d'Italie, Terre de Bari, port sur l'Adriatique, à 50 kilom. O.-N.-O. de Bari; par 41<>17' de latit. N. et par 140 5' de longit. E.; 23,000 hab. Archevêché. Cour d'appel de la province. Cette ville est mieux percée et mieux bâtie que les autres villes de cette partie de l'Italie. Elle est entièrement construite en une pierrejaunâtre qui lui donne l'aspect très-agréable. On y remarque la grande place, le théâtre et la cathédrale, vaste édifice orné de colonnes et de peintures estimées. Le port ne peut recevoir que de petits navires, et l'on n'en exporte que de l'huile , du vin, des amandes, d'excellentes figues et quelques autres productions du pays. Le climat y est très-chaud durant huit mois de l'année, et l'eau de source très-rare. Des citernes placées dans les caves des maisons, dont les toits plats ont des conduits qui y aboutissent, reçoivent les eaux pluviales dont on se sert en été. Ou cultive dans les environs du coton, dont on fait des toiles

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communes. On ignore l'époque précise de la fondation de cette ville, qui existait à l'époque de la conquête des Normands. Détruite en 1134 par le roi Roger, elle se releva bientôt et devint une place de guerre sous Frédéric I«, roi de Naples. Il y érigea un château fort, qui fut cause que, dans la suite, elle fut le théâtre de plusieurs événements militaires, à l'époque où les maisons d'Anjou et d'Aragon se disputaient le trône de Naples. Un concile y fut tenu, en 1589, sous la présidence de l'archevêque Scipion deTolpha. Cette assemblée eut quatre sessions, dans lesquelles on prit diverses décisions en matière disciplinaire. On ordonna la suppression de la fête des fous et des combats de taureaux, et l'on défendit d'admettre comme maîtres d'école ceux qui n'avaient pas fait une profession de foi religieuse dans les termes prescrits par la bulle de Pie IV.

TRANLER v. a. ou tr. (tran-lé). Chasse. Quêter au hasard : Tranler le cerf.

TRAfiNOY (Pierre-Amable-Jean-Baptiste), médecin français, né à Amiens en 1772, mort en 1830. Après avoir fait les premières campagnes de la Révolution en qualité de chirurgien-major, il alla compléter ses études médicales à Paris et devint successivement professeur d'histoire naturelle à l'école centrale de la Somme, professeur de botanique et directeur du jardin des plantes d'Amiens. Outre une thèse : Sur le pronostic des affections sympathiques de l'œil dans les maladies aigués, et des articles scientifiques insérés dans le Journal de la Somme, on a de lui : Traité élémentaire des maladies épidémiques (1319).

TRANQUEBAR, ville forte de l'Indoustan anglais, sur la côte de Coromandel, dans la présidence et à 225 kilom. S.-S.-O. de Madras, port à l'embouchure d'un des bras du Kavéry, dans le golfe de Bengale, par 11<> de latit. N. et par 77° 34' de longit. E. ; 30,000 hab. Le port est protégé par le fort Daneborg. .La partie N. est presque entièrement habitée par les indigènes ; la partie S. l'est par les Européens. Dans celle-ci, les rues sont droites, formées de maisons ornées de portiques et à deux ou trois étages. Commerce actif. Cette ville n'était dans le principe qu'un village que les Danois achetèrent, en 1616, au rajah de Tangore , auquel ils payaient une redevance annuelle. Prise par les Anglais en 1787, elle fut rendue au Danemark à la paix de 1814. Jusqu'en 1845, elle fut le chef-lieu des établissements danois dans les Indes orientales ; mais à cette époque le roi de Danemark la vendit à la Compagnie anglaise des Indes.

TRANQUILLE adj. (tran-ki-le— lat tranquillus, même sens). Paisible, calme, sans mouvement, sans agitation : Mer. tranquille. Eaux tranquilles. Rue tranquille.

— Qui n'est pas bruyant, pas turbulent : Enfant tranquille. Nos voisins sont des gens fort tranquilles. Tenez-vous tranquille.

— Qui n'est point tourmenté, inquiété : Esprit tranquille. Ame tranquille. Vie tranquille. Mort tranquille. Pour vivre tranquille et 'heureux à la campagne, il tie faut craindre ni les voleurs ni ses souvenirs. (Beauchêne.) Il Personne ne vil moins tranquille que l'homme toujours occupé du soin de sa tranquillité. (Ch. Lemesle). Il Qui n'est point préoccupé, qui n'a aucun doute sur le résultat d'une chose : Soyez tranquille, nous en viendrons à bout. ■

— Loc. fam. Etre tranquille comme Baptiste, Etre fort trauquille.

— Syn. Tranquille, calme) po»4i , etc.

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