‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 33 sur 1042 · TIN · texte numérisé non relu

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TEYNGA, lie de la Mélanésie, au S.-E. de Mindanao par latit. N. 6<> 50', longit. E. 1190 22 et 119022' de longit. E.

TÉYOU s. m. (té-iou). Erpét. Syn. de tkjus.

TEYSSËDRC (A. Pekson de), écrivain et mathématicien français, mort en 1857. Après avoir été élève de l'Ecole polytechnique, il composade nombreux ouvrages, relatifs pour la plupart à des matières scientifiques. Nous citerons de lui : l'Art de décorer les appartements (Paris, 1824, in-lî); Arithmétique en 15 leçons (1S25, in-12); Notions élémentaires d'arithmétique, de géométrie, de mécanique, de physique, de dessin linéaire , etc. (1824,

TI-IAÔ

in- 12); Principes de perspective, description de plusieurs instruments (1825, in-12); le Petit fumiste (1824); Y Art du serrurier (1827); Y Art de jouer et de gagner à l'écarté (1826) ; X'Art du menuisier (1828) ; Barème du marchand de bois (1831); Conducteur général de l'étranger à Paris (1832), plusieurs fois réédité; Manuel de l'arpenteur (1839); Manuel . des charpentiers (1835); Méthode chinoise mise à la portée de tout le monde ou Y Art de calculer sans savoir ni tire ni écrire (l%i\,\n-l&); Eléments de géométrie populaire (1844, in-8°). Citons encore de lui : le Catéchisme des amants ou Y Art de faire l'amour (1838) ; le Courrier des amants ou YArt de se faire aimer et de réussir en amour (1838).

TEYSSONN1ERE (Antoine-Charles-Nicolas va la ) , historien français. V. La Teysso- Kièrk ,

TÉZA, ville du Maroc, dans la province et a 130 kilom. E. de Fez. On y remarque une belle mosquée.

Ï1LZEL (Jean), dominicain allemand.V. Tetzel.

TEZER-DÉA s. m. (té-zèr-dé-a). Mamm.

Un des noms de la mangouste, en Orient.

THAÀRUP (Thomas), poète danois, né à Copenhague en 1749, mort en 1821. Il succéda, en 1794, à Storm, comme l'un des directeurs du théâtre de Copenhague et occupa cet emploi jusqu'en 1800; mais, quoiqu'il ait survécu à Storin plus d'un quart de siècle, sa carrière littéraire ne s'étendit guère plus que celle de ce dernier, car tous ses ouvrages furent publiés avant le commencement de ce siècle. Quelques-unes de ses œuvres dramatiques, notamment la Fête de la naissance et la Noce de Pierre, sont regardées comme des chefs-d'œuvre dans leur genre. Beaucoup des chansons qui se trouvent dans ses drames sont encore aujourd'hui sur les lèvres du peuple danois. On lui doit aussi des poésies lyriques, mais où l'on sent trop le travail et l'art. Son Chant de l'amour de la patrie est cependant parfait sous tous les rapports et tient le premier rang parmi les modèles classiques du genre. Rahbek publia, en 1822, ses Poésies posthumes.

THAARCP (Frédéric), économiste danois, parent du précédent, né a Copenhague en 1766, mort en 1845. Après avoir été professeur de statistique dans sa villa natale, de 1792 à 1804, il devint gouverneur de l'île de Bornholm et entra, en 1810, dans la direction générale des douanes. Thaarup est le premier qui ait publié un bon ouvrage sur létat du Danemark. Cet ouvrage, intitulé Guide statistique pour le Danemark (1790), a été considérablement augmenté par l'auteur clans une nouvelle édition (1S12-1S14, 6 vol.). Thaarup a donné, en outre, une Statistique financière du Danemark (Copenhague, 1836).

TI1ABAR1 (Abou-Djafar - Mohammed ben Djoraix), historien arabe. V. Tabari.

TIIABAUD DE BOIS-LA REINE (Guillaume),

homme politique français, né il Châteauroux en 1755, mort vers 1830. 11 était prévôt de la connétablie à Châteauroux lorsqu'éelata la Révolution de 1789. Chaud partisan des idées nouvelles, Thubaud devint administrateur de son district, puis, en 1792, membre de la Convention nationale, où il vota la mort de Louis XVI et siégea parmi les membres de la Montagne. Il se rangea dans le parti des thermidoriens, après la chute de Robespierre, devint, en 1795, membre du conseil des Cinq- Cents, d'où il sortit en 1797, et fut alors nommé administrateur de la loterie. Thabaud entra au conseil des Anciens en 1798 et reprit, après le 18 brumaire, ses fonctions d'administrateur de la loterie. Sous l'Empire, il reçut le titre de baron. Pendant les Ceut- Jours, il alla siéger a la Chambre des députés, passa en Belgique en 1816, en vertu de la loi contre les régicides, revint en France après la révolution de Juillet et mourut peu après.

THABAUD DE LATOUCHK, poète et romancier français.V. Latouche.

THABET BEN CORRAH , BEN HAROUN,

philosophe et savant arabe, appelé souvent Tebii ou Tbebit par les Européens, né à Hurran (Mésopotamie) en 835 de notre ère, mort en 900. Il connaissait à fond le grec, le syriaque et l'arabe et possédait des connaissances étendues en mathématiques, en astronomie, en philosophie, en médecine, en dialectique, etc. Il alla habiter Bagdad et devint un des astrologues du calife Motaded. Thabet composa environ cent cinquante ouvrages en arabe et seize en syriaque. Nous citerons, entre autres: une Chronique des rois de Syrie, un Traité de musique, un Traité sur la religion des Sabbéens ; des traductions des Œuvres d'Euclide, du Traité de la sphère d'Archimède, de VAlmageste de Ptolémée, des Sections coniques d'Apollonius de Perge , etc. Thabet appartenait à ltiseete des Sabbéens et jouissait d'une grande faveur auprès du calife Motaded, qui l'admit dans son intimité comme astronome ; il est connu par son système dit de la trépidation, qui fut accueilli d'abord par tous les astronomes et infecta, dit Delambre, les tables astronomiques jusqu'à- Tycho. Ce système est développé dans un ouvrage resté inédit, dont il existe un exemplaire latin manuscrit à la Bibliothèque nationale, sous le titre Tftebith ben Chorath, De

THAB

motu octavx sphaerse. Pour rendre compte de la variation des points équinoxiaux et solsticiaux, il imaginait une écliptique mobile accrochée a deux petits cercles cintrés sur l'équateur et glissant sur eux. Dans ce système, les points équinoxiaux avançaient et rétrogradaient alternativement de 10° sur l'ëquateur regardé comme fixe. — Son fils Senan ouSiNANBENTHADET,mort en 942 aprèsJ.-C, devint premier médecin du calife Caher Billah, qui le chargea d'examiner la capacité des médecins de Bagdad et de signaler les charlatans. Ce prince lui demanda de s? faire musulman et il y consentit pour ne pas s'attirer sa colère ; mais bientôt après il prit la fuite et resta dans le Khorassan jusqu'à la déposition de Caher. Il a écrit sur la médecine et l'astronomie plusieurs ouvrages. — Le fils de ce dernier, Thabet ben Senan, devint médecin de l'hôpital de Bagdad. Il composa, entre autres ouvrages, une Histoire de son temps, qui s'étend de notre ère à 970 et qui est très-estimée.

THABITI s. m. (ta-bi-ti). Mamm. Syn. de

TAPÉTI.

THABOR ou TABOR, montagne de 3,212 mètres, située entre la France et l'Italie. Le grand tunnel, dit du mont Cenis, passe à 13 kilom. à l'E. de ce pic. Le mont Thabor donne naissance à des affluents de l'Arc et de la Bardonnèehe. Du sommet on découvre une vue admirable sur le Piémont, la Savoie et le Daupbiné.

THABOR ou TABOR, ancien lthabiricus mons, le Djebel- Tour des Arabes, montagne de la Turquie d'Asie, en Syrie (Acre), au S. -O. du lac Tabariéh et à II kilom. E.-S.-E. de Nazareth, dans l'ancienne Galilée inférieure; par 32" 42' de latit. N. et 33» 5' de lbngit. E. C'est une montagne calcaire, dont les flancs sont couverts de chênes verts et d'un épais gazon. Le sommet forme un plateau oblong de lkilom^oo environ de longueur, sur 600 à 800 mètres de largeur, bordé au S.-O. de rochers couverts de ruines et d'arbustes. Quoique le Thabor n'ait pas plus de 330 mètres au-dessus delà plaine d'Esdrelon, le panorama qni se déroule à ses pieds est cependant fort étendu. Les ruines qui couvrent le sommet au Thabor remontent à diverses époques. Tout autour se voient les débris d'une enceinte formée de grosses pierres taillées en bossage, avec des restes de tours et de bastions qui paraissent remonter à l'époque romaine. On remarque à l'angle S.-E. un portail ogival de style sarrasin, des meurtrières de l'époque des croisades et une chapelle voûtée ou, tous les ans, sont célébrées des messes en commémoration de la transfiguration. Plusieurs citernes sont creusées au sommet de la montagne. « Le Thabor, dit Robinson, est mentionné plusieurs fois dans l'Ancien Testament et dans Josèphe. C'est le lieu où Deborah et Barak rassemblèrent leurs guerriers, c'est l'objet des comparaisons poétiques du psalmiste et des prophètes (psaume lxxxix, 12; Jérém-, xlvi, 18; Osée, v, l). Il paraît que, dès ces anciens temps, une ville couvrait son sommet. Le Nouveau Testament ne mentionne pas le Thabor ; les écrivains.grecs et romains lui donnent le nom à'itabyrion; Antiochus le Grand s'en empara par ruse et le fortifia 218 av. J.-C. (Polybe, v. 70, 6). L'an B3 après J.-C, le proconsul Gabinius y battit les Juifs, commandés par Alexandre, tilsd'Aristobule. Plus tard Josèphe fortifia la montagne, dont il a donné mie bonne description (Vie, 37); mais ses défenseurs se. laissèrent attirer en plaineet furent taillés en pièces par Placidus, lieutenant de Vespasian. On n'entend plus parler .du Thabor jusqu'au temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, qui le mentionnent comme une position bien connue (Onomasticon). C'est vers cette époque que l'on commence à y placer le lieu de la transfiguration. D'après l'Evangile, il faudrait placer ce miracle près de Banias > S'il est difficile de croire d'ailleurs que le Christ eût choisi une sommité occupée depuis longtemps par une forteresse, il est plus difficile encore de croire en cette transfiguration. Trois églises y furent élevées en souvenir des trois tentes que voulait dresser saint Pierre; au temps des croisades, Tancrède y éleva une église et y établit un couvent de bénédictins, qui 'furent tous massacrés 'par les musulmans en 1113 ; mais d'autres moines surent s'y défendre en 1183 contre Saladin lui-même, qui prit sa revanche en lisr. En 1212, Melekef-Adel bâtit une nouvelle forteresse, que les nouveaux croisés assiégèrent en vain en 1217; mais le khalife la détruisit bientôt lui-même. Les églises, si elles avaient échappé à ces vicissitudes, furent certainement rasées en 1263 par le sultan Bibars, et le sommet resta désert jusqu'à nos jours. »

Thabor (BATAILLE du mont), gagnée par Bonaparte sur Djezzar-Pacha le 17 avril L799. Tandis que Bonaparte assiégeait Saint- Jean-d'Acre, Djezzar-Pacha, l'infatigable ennemi des Français, avait réuni dans la plaine d'Esdrelon , en Palestine , une armée de 25,000 cavaliers et de 10,000 fantassins. Pour ranimer leur courage ébranlé déjà par deux défaites, Djezzar n'avait cessé de leur répéter que l'armée française ne se composait que d'une poignée de combattants dépourvus d'artillerie, et il leur annonçait hautement son projet d'aller dégager la ville assiégée. Bonaparte, reconnaissaut le danger.d'une ba-

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taille livrée sous les murs mêmes de Saint- Jean-d'Acre, résolut de prévenir l'ennemi et d'opposer l'audace à l'audace. Il fit porter l'ordre à Kléber de quitter son camp de Safarie et d'engager l'action, promettant d'arriver à temps lui-même pour appuyer et décider la victoire. Kléber se mit aussitôt en marche , après avoir reçu des munitions , 4 pièces de canon et un renfort de cavalerie. Il espérait surprendre l'ennemi en désordre et rendre ainsi inutile son écrasante supériorité numérique. Mais, égaré par ses guides, retardé par les mauvais ehemins, il n arriva en vue de l'ennemi qu'au lever du soleil au lieu de le surprendre pendant la nuit, et il le trouva à cheval tout prêt à combattre.

Bonaparte, de son côté, avait fait ses préparatifs. Le 13 avril, le généra! Murât, avec 1,000 hommes d'infanterie et un régiment de cavalerie, reçut l'ordre de se porter à marches forcées sur le Pont-de-Jacob, de s'en rendre maître et de prendre k revers l'ennemi qui bloquait Saffet , puis d'opérer le plus promptement possible sa jonction avec Kléber, qui devait se trouver en présence de forces considérables. Kléber avait prévenu qu'il partirait le 14 pour tourner l'ennemi dans sa position de Fouli et de Tabariéh. Bonaparte, suivi de la division Bon et de 8 pièces d'artillerie, se mit lui-même en marche le 15, laissant devant Acre les divisions Lannes et Régnier. Le 17, au point du jour, il se dirigea sur Fouli, et, à neuf heures du matin, il atteignait les dernières hauteurs de cette position et du mont Thabor, d'où il aperçut, a environ 3 lieues de distance, la division Kléber aux prises avec l'ennemi dans la plaine. 2,000 Français luttaient contre 25,000 cavaliers turcs ou arabes. Il vit en outre le camp des mameluks, placé à peu près à 2 lieues en arrière du champ de bataille*, au pied des montagnes de Naplouse. Il prend aussitôt ses dispositions pour l'attaque, de manière à tourner l'ennemi à "une grande distance afin de lui couper la retraite sur Jenny, où étaient ses magasins, de le séparer de son camp et de le rejeter jusque sur le Jourdain, où il serait arrêté par Murât. C'était un vrai désastre qui attendait Djezzar-Pacha. Bonaparte ayant formé trois carrés, deux d'infanterie et un de cavalerie, fit attaquer le camp des mameluks par ce dernier, que commandait l'adjudant général Leturcq, qui marcha rapidement sur eux avec 2 pièces d'artillerie légère, tandis que les deux colonnes d'infanterie manœuvraient de manière à tourner l'ennemi. Kléber avait formé son infanterie en deux carrés, autour desquels tourbillonnaient les flots de la cavalerie turque. Plusieurs fois elle avait impétueusement chargé cette troupe intrépide, perdue comme un point dans la plaine, et, à chaque assaut, elle avait été accueillie par un feu terrible qui couvrait de ses cadavres le champ de bataille.

Cependant Bonaparte n'est plus qu'à i kilomètres de Kléber. 11 lance alors, pour le dégager en prenant l'ennemi à dos et en flanc, la 32e que conduit le général Rampon; le général Vial reçoit l'ordre de se diriger avec la 18e sur le village de Noures afin de culbuter l'ennemi dans le Jourdain ; eu niêine temps les guides se lancent rapidement sur Jenny afin de couper la retraite à Djezzar sur ce point. Dès que les colonnes se sont mises en marche pour exécuter ces divers mouvements, Bonaparte fait tirer un coup de canon de douze, signal qui devait prévenir Kléber de son arrivée ; Kléber annonce cette bonne nouvelle k ses soldats, qui l'accueillent avec des cris de joie et de triomphe. Quittant aussitôt la défensive, il se porte sur le village de Fouli, l'enlève à la baïonnette, passe au fil de l'épée tout ce qui essaye de résister, et continue au pas de charge sa marche sur la cavalerie. Le général Rampon se joint à lui , et bientôt ces brillants cavaliers sont mis en fuite. Mais ils se voient coupés vers les montagnes de Naplouse par la division du général Vial, tandis que les guides à pied exécutent une fusillade meurtrière sur les Arabes qui se précipitent vers le Jourdain. L'ennemi, séparé de son camp, coupé de toutes parts, n'ayant plus- de magasins, erre au hasard à travers la plaine dans un désordre inexprimable. Il parvient enfin , grâce à la nuit, à se réfugier derrière le Thabor et k gagner le pont d'El-Mékanié ; mais une foule d'Arabes se noient dans le Jourdain en voulant le travereer à gué. Le général Murât, de son côté, avait chassé les Turcs du Pont-de-Jacob , surpris le fils du gouverneur de Damas, enlevé son camp, et fait périr par le fer ou par le feu tous ceux que la fuite n'avait pu dérober à la fureur de ses soldats, tandis que l'adjudant général Leturcq surprenait le camp des mameluks et leur enlevait 500 chameaux. 4,000 Français venaient de battre et de disperser une armée de 35,000 hommes. Kléber, en rejoignant Bonaparte sur le champ de bataille, se jeta dans ses bras et l'embrassa. Quant à l'ennemi, il ne pouvait comprendre qu'au même moment il eut été battu sur une ligne de plusieurs lieues d'étendue, tant il avait peu d'idée des mouvements combinés de divers corps d'armée, dirigés et conduits par un seul et même chef.

THABOR1TE s. in. (ta-bo-ri-te). Hist. relig. V. TABOR1TE.

THACKERAY (William Makepeace), célèbre écrivain anglais, né à Calcutta en 1811, mort à Londres en 18G3. Il était le fils d'un

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employé aux services civils de la Compagnie des Indes orientales. Son grand père , le révérend Richard Thackeray, de Dudley (Middlesex), était d'une honorable et ancienne famille du comté d'York, qui a donné plusieurs prélats et de savants théologiens à l'Eglise anglicane. Lorsqu'il eut atteintsaseizième année, Thackeray futenvoyé eu Angleterre pour achever son éducation. Il fut placé à l'école de Charterhouse, située à quelques lieues de Londres, et d'où sont sortis Crasliaw, Addison, Steele et John Wesley. De l'école de Charterhouse Thackeray vint à l'université de Cambridge, mais il la quitta avant d'avoir pris ses degrés. 11 ne songeait qu'à devenir un artiste, et devait hériter d'une fortune considérable. Lorsqu'iL eut terminé ses études, il passa quatre années k voyager en France, en Italie et en Allemagne. De 1830 à 1831, il mena à Weimar, la capitale intellectuelle de la Saxe, la vie d'un homme à la mode et fut reçu même dans l'intimité du grand-duc et de la grande-duchesse.

Dans cet intervalle , il s'était marié et son beau-père avait fondé à Londres une feuille aux allures très-libérales, le Constitutionnel, qui ne réussit point et absorba en grande partie la fortune de son fondateur. Thackeray se fixa à Paris et devint le correspondant de ce journal, où parurent ses premiers essais. La ruine de son beau-père fut suivie de près par la sienne; il perdit les 20,000 livres sterling dont il avait hérité à sa majorité et se vit contraint d'utiliser ses talents d'écrivain. De retour à Londres en 1834, il collabora au Fruser's Magasine, sous les pseudonymes de Miehael - Ange Titmarsh, de George Fitz Buodle, esquire. Contes, critique littéraire, récits de voyage, poésie, il aborda tous les genres avé"c un égal Succès. En outre, bien qu'il ne fût pas un grand peintre, il dessinait avec esprit et illustra souvent ses articles d'excellents dessins. 11 entra ensuite au Punch, où il signait ses articles : ■ le gros collaborateur, • et quelques critiques perspicaces, comme John Sterling, prédirent qu'il y avait dans l'auteur du Diamant des Hoggarty , sa première publication importante, l'étoffe d'un grand écrivain ; mais le futur rival de Dickens restait dans l'ombre, malgré le mérite de ses articles, qui ne contribuèrent pas peu à la vogue des feuilles où ils parurent pour la première fois. Successivement, il publia les Contes comiques, les Croquis de Paris, les Secondes funérailles de Napoléon, la Chronique du Drum et les Croquis irlandais. Tous ces ouvrages devinrent populaires et commencèrent la réputation de leur auteur.

Bientôt après, il publia dans le Punch cette série de dessins et d'articles humoristiques intitulés les Snobs, et dans lesquels il fustigeait si spirituellement les ridicules de la société et de l'aihninistiation anglaises. Il fit paraître ensuite les notes d'un Voyage de Cornhill au Caire, le Bal de mistress Perkins, et, en 1846, la Foire aux Vanités, roman sans héros, qui est resté son chef-d'œuvre. Ce roman fut présenté, dit-on, au directeur d'une revue qui eut l'intelligence de refuser un ouvrage destiné à un si éclatant succès. Le jeune romancier se décida alors à imiter l'exemple de Charles Dickens et à publier son œuvre par livraisons mensuelles, avec des illustrations sur acier et sur bois par l'auteur. Longtemps avant la fin de l'ouvrage, le nom de Thackeray était devenu populaire et il n'a rien publié depuis qui soit de nature à diminuer une réputation si bien méritée.

Après la Foire aux vanités, Thackeray publia aux fêtes de Noël suivantes (1818) : Notre rue, puis le Docteur Birch et ses jeunes amis (1S49). Bientôt il fit paraître par livraisons, comme la Foire aux Vanités, son Histoire de Pendennis, tableau des mœurs de ,1a gentilhoinmerie anglaise, et dans lequel se trouve, dit-on, le récit de Sa vie aventureuse. Son héros Pendennis, sous lès traits duquel on croit qu'il s'est dépeint lui-même, a été plus d'une fois comparé à Tom Jones, et l'ouvrage lui-même au chef-d'œuvre de Fielding. Pendennis fut achevé en 1850. A la Noël de la même année , Thackeray fît reparaître dans le Fraser's Magazine de nouveaux articles illustrés par lui-même, sous le pseudonyme de Titmarsh. C'était une continuation fine et satirique à la fois du roman â'Ivanhoe, de Walter Scott, intitulée Rebecca et Bowena, et dans laquelle il donne à la belle et intelligente juive le pas sur cette moutonnière ligure de Rowena que Walter Scott a choisio pour principale héroïne. L'année suivante parurent les Kickleburys sur le Rhin, roman dans lequel Thackeray exerce sa verve satirique aux dépens d'une famille ridicule de joueurs, habitués de la ville de Rougetnoirbury, surnom humoristique de Bade.

Ce fut dans l'été de 1851 que Thackeray, quittant la plume pour la parole et le rom m pour la critique, aborda la tribune du conférencier littéraire. Le sujet de ses leçons fut ; les Humoristes anglais du xvaie siècle, depuis Swift jusqu'à Goldsmith; elles obtinrent un immense succès et Thackeray dut les répéter dans toutes les grandes villes d'Angleterre, en Ecosse et jusqu'en Amérique. Depuis elles ont été réunies en un volume et partiellement traduites en français. On a reproché à Thackeray une certaine partialité dans ses études ; très-sévère pour Sterne et pour Swift, il ne met point de bornes k son admiration pour

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