THAD
Fielding, avec lequel, du reste, il a plus d'un point de contact.
Thackeray qui, à propos de ces leçons, avait étudié avec soin tout le règne de la reine Anne, conçut le projet do publier un roman sur cette période de l'histoire d'Angleterre, et c'est à cette idée que nous sommes redevables du beau roman historique à' Henry Esmoiid, publié on 1852, sous la forme autobiographique, et dans lequel revivent d'une manière saisissante les mœurs et les principaux personnages de celte curieuse époque. L'ouvrage que Thackeray fit paraître après Henry Esmond passe, a juste titre, pour un de ses plus achevés; Il est intitulé : les Neuicomes {Nouveaux venus) ; Mémoires d'une famille honorable transcrits par Pendeunis, esquire. Ce roman fut, comme ses devanciers, publié par fascicules mensuels ; il fut terminé en 1855. Cette même année, Thackeray reprit ses leçons et traversa de nouveau l'Atlantique. Le sujet de ces nouvelles conférences fut la biographie intime des quatre rois qui ont occupé sous le nom de George le trône d'Angleterre. Elles ont été réimprimées depuis, sous ce titre : les Quatre George. Successivement, il fit paraître un roman : les Mémoires de Chartes Yelloplush (Londres, 1856) ; Ballades (Londres, 1856) ; les ûriginiens (Londres, 1857, in-8°); Barry Lindon ; Lovel (Londres, 1860); les Aventures de Philippe (Londres, 1861) ; Roundabout papers , recueil d'ariicles publiés dans le Cornkill Magasine (1862), dont il avait la direction depuis 1859 avec 2,000 livres sterling d'appointements et où il écrivit jusqu'à sa mort.
On a porté contre Thackeray une seule accusation, celle de misanthropie. « Au contraire, dit miss Bronte, il y a chez ce formidable Thackeray beaucoup de sentiment, qu'il cache avec soin , mais qui n'en est pas moins sincère. Si son grand cœur ne renfermait pas une profonde sympathie pour ses semblables, il se plairait à les exterminer ; loin de là, il cherche à les réformer. »
• 11 aime a dévoiler l'hypocrisie, ce vice capital de' la dévote Angleterre , dit k son tour M. "William Hughus, à montrer l'égoïsme qui affecte la bonté, l'orgueil prenant le masque de l'humilité, la bonhomie qui a étudié ses effets devant un miroir. S'il n'a pas l'habileté de certains romanciers, qui savent intéresser lé lecteur d'après des règles progressives, il a le rare mérite de peindre la, comédie humaine sans jamais tomber dans la caricature. C'est un métaphysicien qui a étudié à fond les tendances (le la société moderne et qui ne la flatte pas. On devine des les premières pages qu'il décrit la vie telle qu'il l'a vue ou sentie; on coudoie ses personnages dans le monde réel. »
Thackeray a souvent été comparé k Dickens ; ils ont, en effet, plus d'un point de contact : tous deux possèdent au suprême degré Vhumour, cet indéfinissable esprit qui ne peut être bien compris que de l'autre côté du détroit on par ceux qui connaissent à fond le caractère anglais ; mais Thackeruy, s'il n'a pas au même point que son rival la puissance de composition et l'art de faire progresser l'intérêt jusqu'au dénoûment, possède, en revanche, des qualités de linesse et de sensibilité qui sont moins dominantes chez Dickens. En outre, on sent chez lui un fonds d'instruction qui manque a l'auteur de David Copperfield. Thackeray restera comme un des deux ou trois grands romanciers de ce siècle, et la Foire aux vanités sera lueplus tard au même titre que l'Antiquaire ou Tom Jones.
THACLAs. m. (ta-kla). Bot. Genre de plantes, de la famille des renonculacées , formé aux dépens des populages.
TUADDÉE (saint) , un des douze apôtres.