‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 333 sur 1042 · TRAS · texte numérisé non relu

TRAS

par le ridicule. Alfred, Gontran et Sigismond sont bientôt hors de combat, et Wilfrid se croit d'autant plus près de l'accomplissement de ses voeux", que Mme d'Anglars a ri au nez de Francis Hébrard lui demandant la main de sa fille Marcelle pour son fils Paul ; il se croit sûr d'arracher le consentement de Geneviève par la crainte du déshonneur et celui de Marcelle par amour pour sa mère. C'est à ce moment que vont éclater comme un coup de foudre les batteries dressées par Santa-Maria : que Wilfrid choisisse entre Clichy ou une expatriation volontaire, avec ses dettes soldées et 100,000 francs en poche. Pris au piège, le don Juan homme d'affaires s'exécute et rend, avant son départ, les reliques de la trop sensible Geneviève.

Quant k M. d'Anglars, Santa-Maria le fait capituler plus facilement encore, et Paul Hébrard peut enfin épouser Marcelle.

TRARZAS, tribu arabe, dans la partie O. du Sahara et dans le N.-O. de la Sénégainbie. Elle occupe tout le pays compris entre Arguin et le Sénégal, et elle s'avance des bords de la mer jusqu'à 200 kilom. dans les terres. Cette tribu, presque toujours campée sur les terres d'Arguin et de Portendik, fait sa récolte ordinaire de gomme dans la forêt de Sahel. Elle est alliée de la France. Les Trarzas paraissent composés à moitié de Berbères et d'Arabes; mais comme les uns et les autres se sont mêlés depuis des siècles aux noirs, et qu'il se trouve même parmi eux la moitié au moins de noirs purs, captifs ou anciens captifs, qui ont adopté les mœurs, les vices et le genre de vie de leurs maîtres, on doit dire que les Maures Trarzas se' composent, par tiers environ, de mulâtres arabes, de mulâtres berbers et de noirs affranchis ou esclaves, tous nomades. Les Trarzas nous vendent, année moyenne, de 400,000 à 500,000 kilogrammes de gomme, en échange de guinées bleues de l'Inde et de diverses autres marchandises. Ils vont ensuite, en caravanes, revendre une partie de ces marchandises dans les pays qui les entourent. Très-belliqueux et pillards, ils font souvent des incursions dans les villages riverains, et les nègres ne parviennent pas toujours à les repousser. Le gouverneur de nos possessions au Sénégal est très-fréquemment obligé d'intervenir et d'envoyer des troupes contre ces intraitables voleurs. Ils sont plus redoutables que les nègres, paice qu'ils savent mieux combattre; leur système est d'ailleurs le même que celui des Arabes algériens : ils se dispersent devant un corps nombreux et tuent les hommes en détail , en s'abritant d'un buisson ou d'un accident de terrain.

TRASE s. m. (tra-ze). Bot. Syn. de carex ou laichk, genre de cypéracées.

TRASEN,anciennemeut Tn'^isamus, rivière d'Autriche. Elle descend du versant N. du Trasenberg, près de la frontière de laStyrie, coule au N.-N.-E., passe à DurrnitZjWilhelmsburg, Saint-Polten, Herzogenburg et Traamaner, et un peu au-dessous de ce dernier endroit, à U kilom. E.-S.-E. de Krems, se jette dans un bras du Danube , par la rive droite, après un cours très-sinueux d'environ 75 kilom. Un grand nombre de branches en divisent la partie inférieure; les montagnes qui la bordent continuellement lui envoient beaucoup de cours d'eau, mais tous peu importants. Elle est en général guéable et trèsrapide, ce qui l'empêche de geler.

TRASGOBANE s. m. (tra-sgo-ba-ne). Erpét. Syn. d'AMPHisBÈNB, genre de reptiles ophidiens.

TRAS1MÈNE, anciennement Trasimenus lacus, lac de l'ancienne Etrurie (Italie), entre Clusium et Perusia. Ce lac, qui a 12 kilom. de longueur sur 10 kilom. de largeur, n'a pas d'écoulement visible, et il est très-poissonneux. Il porte aujourd'hui le nom de hic de PérouSe. Ce fut sur les bords du iac Trasimène que Flaminius fut vaincu par Annibal l'an 217 av. J.-C. (v. ci-après).

Trasimcne (bataille de), gagnée par Annibal sur les Romains (217 av. J.-C.;. Après sa victoire de la Trébie, Annibal prit ses quartiers d'hiver chez les Cisalpins; mais, dès que le printemps fut arrivé, il se mit enmarche pour Aretium, où le consul Flaminius avait rassemblé une forte armée. Deux chemins conduisaient de l'Apennin dans le voisinage de cette ville : l'un, facile et fréquenté, mais beaucoup plus long, traversait de plus des défilés occupés par les Romains ; l'autre, à peine frayé, passait à travers des marais que le débordement de l'Arno rendait à la un de l'hiver à peu près impraticables. Ce fut cependant celui que choisit Annibal, certain de ne pas être inquiété par l'ennemi. Mais cette marche, qui dura quatre jours et trois nuits, pendant lesquels toute l'armée eut les pieds dans l'eau, fut horriblement pénible; un nombre considérable d'hommes et de chevaux périrent en chemin , et Annibal, monté sur le seul éléphant qui lui restât, perdit luimême un œil à la suite d'une fluxion causée par l'insomnie et les émanations pestilentielles des marais. Annibal connaissait le caractère de l'adversaire qu'on lui opposait; il le savait bouillant, présomptueux, incapable d'écouter les conseils de la raison et de l'expérience; aussi il n'oublia rien de ce qui pouvait irriter encore cet esprit vaiu et irrelié" chi pour lui faire commettre une de ces fautes qui ne s'expient que par un désastre. Laissant

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