‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 343 sur 1042 · V. POIXION · texte numérisé non relu

V. POIXION

i TRÉBIE s, m. (tré-bl). Crust, Genre de crustacés siphonostomes, de la famille des peltocépliales, tribu des caligiens, dont l'espèce type vit en parasite sur les squales, dans la mer du Nord.

r TRÉBIE ou TREBBIA, anciennement Tre- , bia, rivière d'Italie qui descend du revers septentrional des Apennins au N. de Gênes, coule du S. au N., entre dans la province do . Parme, se divise en plusieurs petits bras et 1 se jette dans le Pô, après un cours de 100 ki- , loin., rapide et impétueux. Célèbre par deux I batailles qui furent livrées dans son voisij nage : la première, l'an 218 av. J.-C, entre I Annibal et le consul Sempronius; la se- ! conde, les 17, 18, 19 juin 1799, entre les Français, sous les ordres de Macdonald, et les Russes commandes par Souwarof. Dans cette dernière bataille, les Français furent forcés de battre en retraite, après des prodiges de valeur.

Trébie (bataille de la), gagnée par Annibal sur les Romains (218 av. J.-O). Après sa victoire du Tessin, le général carthaginois se porta vers Placentia (PI aisance), où était assis le camp de Scipion. Mais, dès que celui-ci vit approcher Annibal, il quitta sa position afin de se mettre k l'abri de la cavalerie numide, que la journée du Tessin lui avait appris à redouter, et alla se retrancher au delà de la Trébie, suivies hauteurs qui bordent cette rivière. L'armée carthaginoise s'établit sur l'autre rive. Renfermé dans ses palissades, Scipion qui, d'ailleurs, souffrait encore cruellement de sa blessure (v. Tessin), resta sourd à toutes les provocations d'Annibal et refusa obstinément le combat que lui offrait son adversaire, contemplant avec impassibilité les ravages que les Carthaginois exerçaient autour de lui. C'est dans ces conjonctures que l'autre consul, Sempronius, arriva au camp romain. Jaloux et présomptueux, il blâma hautement la circonspection

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de son collègue, et, tandis que celui-ci était retenu sous sa tente par les souffrances de sa blessure, il envoya une forte division au delà de la Trébie charger quelques escadrons de fourrageurs qui battaient la campagne. Les Carthaginois furent dispersés, et ce succès enorgueillit outre mesure Sempronius, qui ne rêva plus qu'une grande bataille et la gloire de vaincre Annibal. Le rusé Carthaginois, voyant à quel ennemi il avait affaire, ne songea plus qu'à le faire tomber dans un de ces pièges qu'il savait tendre si habilement. Dans des endroits creux ou couverts de buissons, il disposa en embuscade son frère Magon avec 2,000 hommes, tant d'infanterie que de cavalerie, puis il ordonna à ses cavaliers numides de franchir la Trébie au point du jour, et de s'avancer jusqu'au camp des Romains, afin de les attirer au combat. A cette vue, le bouillant Sempronius envoya d'abord toute sa cavalerie pour repousser les Numides, puis 6,000 hommes de trait, et sortit enfin lui-même avec le reste de l'année. Les Numides tournent bride et repassent la rivière, suivis de toute l'armée romaine, qui franchit la Trébie k son tour ayant de l'eau jusqu'à la poitrine. Il faisait froid, la neige tombait en abondance; en arrivant sur l'autre rive, les Romains, à moitié jjelés, pouvaient à peine faire usage de leurs armes, tandis que les Carthaginois, qui avaient eu des feux allumés toute la nuit, étaient alertes et dispos. Les deux généraux se préparèrent à une action générale, Sempronius un peu surpris de voir les Carthaginois lui faire face si résolument, Annibai en' chanté d'avoir enfin attiré les Romains dans la plaine. Celui-ci avait environ 30,000 hommes, y compris un corps de 4,000 Gaulois; le consul comptait 38,000 combattants, parmi lesquels se trouvaient aussi des Gaulois alliés.

Ce furent les soldats armés à la légère qui engagèrent l'action de part et d'autre ; dès le début, Sempronius put présager su défaite, car ses soldats, transis de froid et souffrant de la faim, n'opposèrent qu'une faible résistance. L'infanterie pesamment armée entra en ligne à son tour. Alors la cavalerie carthaginoise, de beaucoup-supérieure à celle des Romains en nombre et en vigueur, chargea celle-ci impétueusement sur les deux ailes, l'enfonça et la mit en fuite, de sorte que l'infanterie se trouva découverte sur ses flancs. Enveloppée sur son front et ses deux côtés, cette infanterie se défendit néanmoins avec un héroïque courage , et sembla vouloir tenir la victoire en suspens. Mais en ce moment Magon sortit de l'embuscade avec ses 2,000 hommes et chargea en queue les légions, qui se trouvèrent cernées de toutes parts. Cette fois, Annibal les tenait bien et n'allait pas les lâcher. En un instant la confusion devint extrême parmi les Romains.

Une partie du centre, abordée de front par les éléphants et de flanc par les Carthaginois armés à la légère, fut culbutée dans la rivière. Ceux qui étaient en queue, chargés avec fureur par les troupes de l'embuscade, furent hachés sur place. Quant aux soldats qui se trouvaient en tète et formaient la première ligne, ne voyant aucun salut pour eux, ils se ruèrent par un élan désespéré sur leurs ennemis, s'ouvrirent un passage sanglant à travers l'armée carthaginoise et réussirent à gagner la route de Plaisance, au nombre de 10,000 environ. Ce furent les seuls qui s'échappèrent; tous les autres étaient couchés sur le champ de bataille ou ensevelis dans les eaux de la Trébie.

Ce fut surtout aux soldats gaulois qu'il avait dans son armée qu'Annibal dut le succès de cette journée ; lorsqu'il fit compter ses morts, il se trouva que la presque totalité appartenait aux rangs de ces intrépides alliés. Si, parmi les chefs des provinces voisines, il y avait eu encore quelque hésitation après la bataille du Tessin, il n'y en eut plus après celle de la Trébie ; Boïens, Insubres, Ligures accoururent en foule au camp d'Annibal; en quelques jours, 90,000 hommes se trouvèrent rassemblés sous ses drapeaux, prêts à le suivre partout où il voudrait les conduire. Pendant ce temps-là l'effroi régnait dans Rome, et les citoyens s'attendaient à chaque instant à voir l'année 'victorieuse se présenter devant leurs murailles.

TRÉB1GNE, anciennement Trebunium , ville de la Turquie d'Europe (Bosnie), sur la rive droite de la Trebenicza, à 22 kilom. N.-E. de Raguse; 10,000 hab. Evêché catholique. Cette ville est défendue par un fort. Pendant l'insurrection de l'Herzégovine contre les Turcs en 1875, Trébigne, défendue par une garnison ottomane, a été attaquée plusieurs fois, mais sans succès, par les insurgés.

TREB1TSCH, en morave Trzebicze, ville des Etats autrichiens (Moravie), sur la droite de l'Iglawa, à 50 kilom. de Brùnn; 5,000 hab. Fabriques de draps. Marché de grains. Château des comtes de Waldstein.

TRÉBlZOi\DE, anciennement Trapezus , ville de la Turquie d'Asie, sur la mer Noire, à 22 lieues N.-E. d'Eizesoun, à 36 lieues N.-E. de Keresoun et 225 lieues E. de Constantinople. La ville est bâtie au pied d'une colline assez escarpée, par 41°-3' 12" de latit. N. et 37° 13' 52" de longit. E. Ville forte : ch.-l. de l'eyalet du même nom, résidence d un pacha; consul de France ; vice-consuls d'An-

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gîeterre.de Russie, d'Autriche, de Grèce, etc.; port de commerce très-fréquenté, le second de la mer Noire, après Odessa ; entrepôt des marchandises de la Perse et de la Géorgie ; 40,000 hab.

La ville est construite en amphithéâtre sur le bord de la mer et présente encore actuellement la forme d'un trapèze, ce qui lui a anciennement fait donner son nom. Elle est entourée de hautes murailles crénelées qui paraissent avoir été élevées sur les fondements de l'ancienne enceinte et en grande partie avec des débris de monuments antiques. Ces murailles ont environ 7 kilom. de circuit, mais Trébizonde n'est pas peuplée en proportion de son étendue felle renferme beaucoup de bois et de jardins, et les maisons, fort espacées, n'ont en général qu'un étage. A l'E. de la ville, et sur une hauteur qui la domine, se dresse un vieux château fort, construit sur un rocher plat et qui parait être l'ouvrage des Génois ; ses fossés sont taillés dans le roc vif, ainsi qu'une partie de ceux de l'enceinte.

Trébizonde possède plusieurs mosquées, des églises grecques et catholiques, des bains, des caravansérails. L'édifice le plus considérable est la cathédrale, Sainte-Sophie, un des monuments grecs qu'on ne manque jamais de visiter ; elle était, selon Pitton de Tournefort, k 2 milles de la ville, près du bord de la mer. Elle y est maintenant presque enclavée. On a fait une mosquée de ce qui reste de ce bâtimen t. La tradition du pays raconte que Justinien a fait élever cette église en même temps que celle qui, à Gonstantinople, porte le même nom ; mais aucune inscription ne le prouve, et Procope, qui a consacré trois livres à décrire jusqu'aux moindres bâtiments élevés-par ce prince, ne dit pas un mot de Sainte-Sophie de Trébizonde.

Le port, appelé aussi le Platane, esta 10 kilom. k l'ouest de.Trébizonde. D'après Arrien, l'empereur Adrien, pour le rendre plus sûr et plus commode, avait fait construire une jetée considérable, destinée à mettre les navires à couvert des vents et des courants. Les Génois, devenus maîtres du pays, ne négligèrent lias ce mouillage; ils y tirent. élever un môle. Cet ouvrage, aussi bien que ceux qui étaient dus à Aniien, n'offre aujourd'hui que des ruines dont il est impossible de tirer parti.

La côte méridionale oti're, en sortant de la ville, une esplanade k perte de vue dont il est difficile de décrire la magnificence; elle se prolonge sur le bord de la mer, et il semble qu'elle a été faite à l'origine pour servir à la fois de grande route et de promenade. Elle était très-probablement autrefois plantée d'arbres disposés avec symétrie, selon la coutume des Grecs. On n'en aperçoit maintenant qu'un très-petit nombre plantés isolément et sans ordre; mais la perspective n'en est pas moins très-pittoresque,

Trébizonde a subi dans le cours des âges une foule de vicissitudes. Un des plus (anciens-souvenirs qui s'y rattachent est le séjour qu'y fit Xénophon, avec les débris de l'armée grecque qu'il commandait, lors de la retraite des Dix mille. A ce propos, Xénophon considère Trébizonde comme une colonie de la Trapezus d'Arcadie, sur l'Alphée ; il est beaucoup plus probable que ce fut une colonie de Sinope. Après avoir fait partie de l'Arménie Mineure, puis du royaume de Pont, elle tomba au pouvoir des Romains, fut déclarée ville libre par Pompée et érigée en capitale du PontusCappadocius par Trajan. Adrien lui donna une importance commerciale considérable. Prise et ravagée par les Goths, sous le règne de Valérien, elle se releva de ses ruines avec l'aide de Justinien, qui reconstruisit ses fortifications. En 1204, après que Baudouin, comte, de Flandre, se fut emparé de Constantinople, elle servit d'asile k Alexis Comnène et devint la capitale d'une principauté, dite de Trébizonde, qui finit en 1461, époque où la ville fut prise d'assaut par Mahomet 11.

Trébiioude (la princesse de), opéra-bouffe.

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