V. broncher
TRÉBUCHET s. m. (tré-bu-chè — rad. trébucher). Piège en forme de cage, dont on se sert pour prendre des oiseaux : Cet oiseau a donné dans le trébuchet, a été pris au trébuchet. (Acad.)
— Fig. Ruse préparée pour tromper quelqu'un : Les hommes sont comme les oiseaux; ils se laissent prendre au même trébuchet où l'on en a déjà pris tant d'autres. (Fonten.) J'aime mieux me battre avec tes gens que de les prendre au trébuchet. (Vitet.)
— Art milit. Nom qu'on donnait, dans le moyen âge, k une machine de jet de la famille des mangonneaux.
■ — Techn. Petite balance avec laquelle on
fièse des monnaies ou autres objets d'un poids éger : Peser des espèces au TRÉBUCHliT. (Acad.)
— Encycl. Chasse, Les trébuchets sont de deux sortes : ceux qui prennent les oiseaux vivants et ceux dans lesquels l'oiseau est à la fois pris et tué. Parmi les premiers, le trébuchet à filet est le plus simple et le plus facile à construire. C'est par excellence le piège k rossignols.
Une branche d'osier ou un fort ûl de fer est courbé en arc par" une ficelle doublée plusieurs fois et tordue comme la corde d'une scie. Dans les interstices de cette corde, on introduit les bouts d'un autre are un peu plus petit que le premier, de telle sorte que la tension de la corde le force k se rabattre. L'espace compris entre les deux arcs est garni d'un filet k mailles étroites formant un cercle dont les deux arcs constitueraient la circonférence. Dans le milieu de la corde passe un crochet ou un grand clou que l'on fiche en terre. Un autre clou ou crochet maintient contre terre le grand demi-cercle; pour tendre le piège, on soulève le petit arc, on le ramène vers l'autre et on le maintient dans cette position a l'aide de deux triquets, dont l'un passe dans les mailles du filet du grand arc; l'autre, par-dessus le filet du petit arc, introduit sa pointe dans le trou du premier. L'appât est suspendu au premier triquet; l'oiseau, en le prenant, dégage la pointe, le petit arc se rabat et l'oiseau est prisonnier sous le filet.
— Trébuchet sans fin. Ce trébuchet se compose d'une cage séparée en deux parties k peu près. égales par une cloison; l'une des parties est destinée k retenir les oiseaux déjà pris, et l'autre, divisée en deux étages, contient l'appelant k l'étage inférieur et le piège k l'étage supérieur. Le battant se compose d'une baguette traversée de fils de fer qui passent des deux côtés; ce battant tourne librement entre les deux montants de la cloison dont il forme la partie supérieure. Lu baguette est, k l'une de ses extrémités, terminée par-une bobine autour de laquelle s'enroule une ficelle ; au bout de la ficelle est un poids qui tend k faire tourner le battant toujours dans le même sens.
La séparation de la seconde partie de la cage en deux étages est faite par la marchette elle-même. Cette marehette se compose de fil3 de fer implantés d'un côté sur une tra-
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verse fixée aux deux montants de la cage et qu'un léger contre-poids maintient soulevés. Deux de ces fils de fer, voisins l'un de l'autre, sont unis par un demi-anneau qui retient le battant. Lorsqu'un oiseau vient se poser sur la marehette, celle-ci baisse un peu, le battant se dégage de l'anneau, opère une demi-révolution, pousse l'oiseau dans la partie où il doit être prisonnier. La marehette, débarrassée du -poids de l'oiseau, se relève, son anneau raccroche le battant, et le piège est de nouveau tendu.
— Trébuchet assommoir. Ce trébuchet, autrefois appelé assommoir du Mexique, était inconnu chez nous avant 1750. Il sert aux Mexicains, non-seulement pour prendre les oiseaux, mais encore pour détruire les grandes bêtes; pour cela, ils n'ont qu'k garnir le battant de l'assommoir de plusieurs pointes d'acier, qui percent et tuent l'animal. Il existe de ces pièges mexicains qui ont jusqu'à 40 pieds de détente, et l'on peut penser quelle est la force d'un instrument de cette taille. Chez nous; on l'emploie de préférence pour tuer les moineaux et les corbeaux.
L'instrument est formé d'un châssis composé de deux liteaux de bois, d'une traverse qui empêche les deux liteaux de se rapprocher l'un de l'autre, et de deux cordes doublées plusieurs fois. Dans le milieu de la corde passe la queue d'une palette ou battant, que l'on tourne plusieurs fois sur luimême pour tordre la corde. Une marehette, attachée k la traverse, porte k un de ses bouts un crochet destiné k retenir une broche placée sous la queue de la palette et k servir ainsi d'arrêt à cette dernière. La piège, ainsi tendu, est fixé à terre au moyen de deux piquets k crochets, et on creuse un peu le sol sous le piège, afin que la palette puisse jouer librement. On proportionne, au moyen de crans, la dureté de la détente k-lft force du gibier que l'on veut prendre.
Le trébuchet battant se compose d'une cage à laquelle le dessus sert de porte ef se ferme élastiquement au moyen d'une corde tordue, ou bien le battant tourne librement autour d'un lil de fer qui le traverse, ainsi que les deux montants, et il se rabat k l'aida d'un ressort attaché k l'un des montants. Une marehette est placée au milieu de la cage, appuyée d'un bout sur la traverse du bas, armée k l'autre d'un mentohnet qui s'engage dans une petite baguette fixée au milieu du battant et qui le tient ouvert. La marehette est formée d'une baguette, munie de fils de fer pour empêcher l'oiseau de se poser ailleurs. Celui-ci, attiré soit par un appelant enfermé dans une cage au-dessous du trébuchet, soit par un appât mis sur la marehette, se pose sur cette dernière; son poids fait échapper le mentonnet, et le battant n'étant plus retenu retombe sur la cage et enferme l'oiseau.
TRÉBUCHET (Anne-Marie-Joseph), administrateur .français , né k Nantes en 1780, mort dans cette ville en 1828. Après avoir été secrétaire général de la préfecture de la Loire-Inférieure de 1801 k 1810, il fut nommé préfet en Espagne sous le roi Joseph. De retour en France en 1814, il se tourna vers les lettres, collabora au Lycée armoricain et publia une notice sur Amie de Bretagne (1822).
TRÉBUCHET (Adolphe), administrateur français, fils du précédent, né k Nantes en 1801, mort en 1865. Il prit le diplôme de licencié en droit, puis il obtint, après la révolution de juillet 1830, un emploi k ta préfecture de police, où il fut chargé par la suite du service des établissements sanitaires. Trébuchet fit, en outre, partie du comité supérieur d'hygiène publique. Indépendamment d'articles insérés dans les dictionnaires de l'industrie, de médecine usuelle, de l'administration, dans les Cent traités et dans les Annales d'hygiène publique, on lui doit plusieurs ouvrages estimés : Code administratif des établissements dangereux, insalubres et incommodes (1832, in-8°) ; Jurisprudence de la médecine, de la chirurgie et de la pharmacie en France (1834, in-8°); Nouveau dictionnaire de police (1834-1835, 2 vol. in-8°), en collaboration avec MM. Elouin et Labat; Dictionnaire d'administration usuelle (1836, 2 vol. in-S°).
TRÉBUT1EN (Guillaume-Stanislas), orientaliste et littérateur français, né k Fresneyle-Puceux (Calvados) en 1800, mort en 1870. Doué d'une grande aptitude pour les langues, il apprit, sans maître, plusieurs idiomes (te l'Orient, l'hébreu, le turc, l'arabe, le persan, et commença k se faire connaître en publiant des Contes extraits duThouthi-Naineh (1826, in -8») et des Contes inédits des Mille et une nuits (1828, 3 vol. in-so). Ses travaux le firent nommer conservateur adjoint k la bibliothèque de Caeu. A partir de ce moment, Trébutien s'occupa d'une façon toute particulière de mettre au jour d'anciens ouvrages français, notamment : les Recherches et antiquités de- la Neustrie (1833) ; le Dit du ménage (1835); le Pas de Saladin (1836); le Roman de Robert le Diable (1837); les Chansons de Maurice et de Pierre de Craon (1843), etc. Le seul ouvrage original qu'on ait de lui est un précis de l'histoire de la ville de Cuen, intitulé Caen (1847, in-8°). C'est Trébulien qui a édité les Reliquise de Maurice de Guérin (1861, 2 vol. in-18), ainsi qi<e le Journal
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et tes lettres d'Eugénie de Guérin (1862, in-8»), livre dont il a écrit la préface et qui a obtenu un si vif succès.
TRECENTESIMO adv. (tré-sain-té-zi-mo — mot lat.). Trois-centièmement; s'emploie pour indiquer la trois-centième place, le troiscentième d'une série, quand on a commencé & compter par primo, secundo, etc.
TRÉCENT1STE s. m. (tré-san-ti-ste — ital. trecentista ; de trecento, trois cents, abrévia- • tion par laquelle on désignait le xive siècle, parce que toutes les années de ce siècle, sauf la dernière, étaient désignées par un nom de nombre contenant trois centaines). Nom sous lequel on désigne les écrivains italiens du xivo siècle : On compte Dante et Pétrarque parmi les trécentistks.
TRÈCHE s. f. (trè-che). Sorte d'ancienne danse vive et rapide.
TRÉCHEUR s. m. (tré-cheur). Blas. Orle qui n'a que la moitié de sa largeur ordinaire, et qu'on appelait anciennement essomer.
— Encycl. Le trécheur est ordinairement uni, ce qu'on n'exprime pas. Quelquefois il est fleuronné ou fleurdelisé, ce que l'on doit spécifier. Enfin, certaines armoiries présentent deux et même trois trécheurs, comme en offrent un exemple celles du royaume d'Ecosse, qui sont ,• D'or, au lion de gueules, dans- un double trécheur fleuronné et contrefleuronné du même.
TRÉCHONÊTE s. m. (tré-ko-nè-te — du gr. tréchus, lieu aride; naetés, habitant). Bot. Genre de plantes} de la famille des solanées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Chili.
TRECHSBL, typographe allemand, mort à Lyon en 1488. 11 se fixa k Lyon en 1487 et acquit une grande célébrité. L'helléniste Jean de Lascaris fut un de ses correcteurs. Trechsel n'a imprimé que des ouvrages latins. Ses deux fils Melchior et Gaspard furent également d'habiles typographes.
TRÉCHUS s. m. (tré-kuss — dugr. trechô, je cours). Entom. Genre "d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des subulipalpes, comprenant une cinquantaine d'espèces, qui habitent l'Europe et l'Amérique.
TRÉCORIEN, IENNE s. et adj. (tré-ko-riaiu, i-è-ne — de ^Trecorium, nom latin de Tréguier). Géogr. Habitant de Tréguier; qui appartient k cette ville ou k ses habitants : Les Trécoriens. La population trécoriennb.
— s. m. Dialecte bas-breton parlé à Tréguier.
TRÉCOCRT; médecin français, né k Cambrai vers 1716, mort dans la même ville vers 1785. Il devint chirurgien-major k l'hôpital militaire d« Rocroi, éehevin de cette ville, membre correspondant de l'Académie des sciences, puis il alla terminer ses jours k Cambrai.' Observateur exact et bon praticien, Trécourt a publié plusieurs ouvrages : Mémoires et observations de chirurgie (Paris, 1770, in-12); Réflexions médico-chirurgicales (Paris, 1773); l£tat de la médecine et de la chirurgie en France (1773, in-8°).
TREDAME interj. (tre-da-ine — abréviat.
de Notre-Dame). Sorte de jurement ordinaiment placé dans la bouche des femmes de l'ancienne comédie : Tredame I rnonsieur, est-ce que madame Jourdain est décrépite? (Mol.) Vous devez en être bien fier. — Tredame I je ne dis point non. (E. Sue.)
TRÉDÉCIMAL, ALE adj. (tré-dé-si-mol, a-le — -du lat. tredecim, treize). Miner. Se dit d'un corps dont les cristaux présentent treize faces.
TRBDEGAR, bourg d'Angleterre, dans le comté de Monmouth, principauté de Galles; 8,000 hab. Hauts fourneaux, forges; exploitation de mines de fer et de houille.
TREDGOLD (Thomas), ingénieur anglais, né k Brandon, près de Durham, en 178S, mort en 1829. Mis k i'âge de quatorze ans en apprentissage chez un menuisier, il apprit seul, pendant ses courts loisirs, les mathématiques et les principes de l'architecture et partit, en 1808, pour l'Ecosse, où il travailla dans différentes villes, tout eu continuant avec ardeur ses études scientifiques. Cinq ans plus tard, il se rendit k Londres, où il obtint de l'emploi chez un de ses parenta qui était architecte. Tredgold trouva 1k plus de facilité pour accroître le cercle de ses connaissances,et bientôt il put étudier la chimie,' la minéralogie et l'art des constructions. Il apprit même sans maître le français, afin de pouvoir lire les ouvrages écrits dans cette langue. Tredgold se lit dès lors connaîtra par diverses publications, parmi lesquelles • nous citerons : Principes élémentaires de l'art du charpentier (1820, avec grav.); Essai sur la force du fer fondu (l 21), traduit en français par T. Duverne (Paris, 1825, in-8«); Principes de chauffage et de ventilation pour les bâtiments publics, tes fabriques, les hôpitaux, les serres, etc. (1824), trad. en français par Duverne (Paris, 1825); Traité pratique des chemins de fer (1825), trad. en fiançais par Duverne (1830) ; Traité des machines à vapeur (1827; 1838, 2 vol. in-4°), traduit en français par Mellet (Paris, 1828, in-4°, avec atlas de 84 pi.). Tredgold avait, en outre, collaboré au Magasin philosophique de Tilloch, aux Annales de philosophie de Thom-
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son et à. l'Encyclopédie britannique. Depuis 1823, Tredgold travaillait pour son propre compte comme ingénieur civil; mais, épuisé par un travail incessant, il succomba avant d'avoir atteint sa quarantième année.
TREDIÀKOVSKY ( Vassili - Kirilovitch ) , poète russe, né en 1703, mort en 1769. Il fut élevé à Arkhangel, où il attira tout enfant l'attention de Pierre le Grand, étudia ensuite à l'université de Moscou et alla plus tard compléter son instruction en France, en Angleterre et en Hollande. Trediakovsky assista à Paris aux leçons de Rollin (1725), se rendit familières plusieurs langues modernes, puis retourna en Russie (1730), où il devint secrétaire de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg (1733) et professeur d'éloquence dans la même ville. Sans avoir de très-grands talents littéraires, Trediakovsky aborda tous les genres, depuis l'idylle et la fable jusqu'à la tragédie et la poésie épique. C'est à ce dernier genre qu appartient sa Télémachide, paraphrase en vers du Télémague de Fénelon, composition si insipide que Catherine II avait l'habitude d'en infliger cent vers à apprendre par cceur k ceux qui manquaient aux règles d'étiquette qu'elle avait imposées pour ses parties de plaisir de l'Ermitage. On lui doit aussi une tragédie intitulée Déidamie. Mais quelque nombreuses que soient les productions poétiques de cet écrivain, elles ne forment que la plus petite partie de ses œuvres, car on lui doit encore une Méthode pour apprendre à faire les vers russes (1735) et les traductions d'un grand nombre d'ouvrages, entre autres celles de l'Histoire ancienne et de l'Histoire romaine de Rollin (26 vol. in-12).
, TREE-BROTHERS, groupe de trois petites îles, sur la côte de la Guyane anglaise, k l'embouchure de l'Essequibo.
TREE HILLS-1SL.4ND, lie de l'Australie, une des Nouvelles-Hébrides, par 17» 7' de latit, S. et 1660 15' de longit. E.; 25 kilom. de circonférence.
TltBE-HUMMOCK ISI.AND, île de l'Australie, une des Hunter, sur la côte N.-O. de la Tasmanie, par .«0° 3S' de latit. S. et 142<> 38' do lojigit. E. ; 52 kilom. de circonférence.
TRÉFEUIL s. m. (tré-feull; U mil. — lat. frifolium, même sens). Bot. Ancien nom du
trèiie.
TREFFAH ou TRÉFAU s. m. (tré-fo — du latin ter, trois, et focus, foyer ou feu, bûche ainsi nommée, soit parce qu'elle est trois fois plus grande qu'à l'ordinaire, soit parce qu'elle doit durer trois jours). Nom sous lequel on désigne, dans quelques départements, la légendaire bûche de Noël.
TREFFORT, bourg et commune.de France (Ain), chef-lieu de cant., arrond. et à 16 kilom. de Bourg-en-Bresse ; pop. aggl.,811 hab. — pop. tôt., 1,832 hab. Fabrique de poterie et de tuiles ; exploitation de terra réfractaire; élevage de volailles.
TRÉFILER v. a. ou tr. (tré-fi-lé — d'un type transfilare, qui signifie proprement passer le fil à travers la filière, de traits, k travers, et de filum, fil). Techn. Faire passer un métal par la filière : On lamine, on tréfile le fer, le cuivre, le sine. (Dupin.)
— Absol. Travailler à la tréfilerie.
Se tréfiler v. pr. Etre tréfilé.
TRÉFILERIE s. f. (tré-fi-le-rl — rad. tréfiler). Fabrique où l'on tréfile. Il Art de tréfiler les métaux, de les tirer à la filière.
— Machine pour tirer le laiton k la filière.
— Encycl. La tréfilerie peut s'appliquer à tous les métaux ductiles, mais surtout à l'or, à l'argent, au platine, au cuivre, au fer et à l'acier.
De quelque métal qu'il s'agisse, le but est, d'ailleurs, toujours le même : obtenir des fils d'une finesse quelconque en faisant passer la tige métallique par une filière, c'est-à-dire dans un trou conique de diamètre convenable, percé dans une plaque d'acier fondu, que l'on trempe ensuite aussi dur que possible et que l'on fixe sur un corps inébranlable. Pour cette opération, on commence par amincir le bout de la tige du métal, de façon qu'il entre dans la filière. Une tenaille le saisit alors, et un moteur quelconque, en tirant la filière, force la tige àVpasser tout entière par le trou, dont elle prend le calibre. On fait ensuite passer le fil par des trous de plus en plus petits, en le présentant par le même bout, pour qu'il soit toujours tiré dans le même sens.
Chaque métal exige des précautions spéciales, pour subir convenablement cette opération. Le fer doit être de choix et recuit de temps à autre hors du contact de l'air, qui l'oxyderait. L'acier doit être aussi recuit fréquemment dans une marmite hermétiquement fermée, remplie de poussière de charbon, pour l'empêcher de se désaciérer. Le laiton doit également être recuit.
Pour l'or et l'argent, on frotte le lingot avec de la cire, afin qu'il glisse mieux dans la filière.
Ces derniers métaux, avant d'être travaillés, doivent être portés a l'Hôtel des monnaies, où l'on vérifie leur titre; après quoi ou les ' passe à l'argue. C'est un appareil particulier qui dégrossit le lingot jusqu'au calibre d'un tuyau de plume. Le fabricant travaille alors
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le métal dans sa propre tréfilerie, pour fabriquer des fils du diamètre qui lui convient. Pour les fils d'or des épaulettes, galons, brassards, etc., on revêt le lingot d'argent d'une mince couche d'or avant de le passer aux plus grosses filières. La ductilité de l'or esftelle que, le tréfilage réduisant ce lingot à un fil aussi mince qu'un cheveu, ce fil est encore recouvert d'or de manière à ne pas laisser apercevoir le noyau qui est d'argent.
Bien que le travail de la tréfilerie soit absolument le même pour tous les métaux, on appelle plus volontiers tireurs ou fileurs d'or et d'argent les ouvriers qui travaillent ces deux derniers métaux, réservant spécialement le nom de trélileurs à ceux qui opèrent sur le cuivre, le fer et l'acier. Pour ces trois derniers seulement, le travail est absolument le même ; nous allons le décrire en détail, en supposant qu'il s'agisse de tréfiler du fer.
Le fer destiné à la tréfilerie doit être facile à travailler à chaud, afin de se prêter k un amincissement suffisant par l'action du laminoir. Il doit être fort et doux à froid, afin de subir facilement le passage à la filière, et plutôt dur que mou, à cause de la texture nerveuse qu'il prend par le travail. En effet, le fer trop mou est sujet à des solutions de continuité dans le cours de la longueur du fil, par suite de la séparation des fibres, produite par l'étirage. On ne devra employer que des fers provenant de bonnes fontes au bois, et les meilleures qualités de fil se fabriqueront, dans tous les cas, avec des fontes affinées au charbon de bois. Le fer puddlé peut être filé sans difficulté en numéros ordinaires; mais les" fils qu'il donne sont plus durs, plus roides et moins souples que ceux obtenus avec des fers affinés par la méthode comtoise. Le fer puddlé s'emploie de préférence pour fournir les fils destinés à la fabrication des pointes de Paris à cause de sa dureté et de son bas prix.
Le numéro des fils se détermine au moyen d'une jauge ; c'est un disque d'acier sur le pourtour duquel "sont disposées des entailles rectangulaires qui sont désignées par des numéros. Un fil de fer appartient à un numéro, quand il entre bien juste dans l'entaille qui lui correspond. Les deux jauges principales du commerce sont la jauge anglaise et la jauge française. La jauge anglaise contient 27 numéros dont le zéro correspond à un diamètre de 0m,008 et le numéro 26 à on», 0005. Dans la jauge française, les numéros et la grosseur des fils vont en croissant depuis Te zéro jusqu'au numéro 24. Au-dessous de zéro, qui donne le passe-perle, la jauge contient des numéros qui croissent de 8 à 30, mais qui correspondent à des diumètres décroissants. Le no 24 français, au-dessus du passe-perle, égale le n<> 2 anglais. Le n« 30 français, au-dessous du passe-perle, correspond au fil le plus fin que l'on puisse obtenir avec le meilleur fer et qui s emploie pour cordes de piano, fines toiles métalliques, etc.
La filière est l'agent principal du travail de la tréfilerie. La filière simple est une plaque d'acier trempé, dans laquelle ont été percés des trous de grandeur décroissante et
Fig. 1.
de forme déterminée. On comprend quelle fatigue et quelle pression doit résulter, sur les trous de la filière, du refoulement du métal dû à l'étirage ; aussi la fabrication des bonnes filières est-elle de la plus grande difficulté. Les meilleures se font avec une plaque de bon acier nerveux, formant étoffe entre deux plaques de fer. Les trous sont percés au moyen de poinçons coniques de dimensions croissantes, qui refoulent le inétal sur les parois du trou et en augmentent la résistance latérale. Les filières françaises sont très-estimées en Angleterre et jugées tellement supérieures à celles qu'on y fabrique, que, pendant les guerres de l'Empire, ' les filières françaises se payaient, en Angleterre, leur poids d'argent. Quelquefois, lorsqu'il est nécessaire d obtenir des longueurs considérables de fil métallique, d'un diamètre parfaitement régulier, on a recours à une plaque garnie d'agates , de rubis ou autres pierres excessivement dures , et dont la résistance est extrême. Ainsi, à travers un trou en rubis d'un diamètr.e de 8 centièmes de millimètre, on a pu tirer des fils d'argent formant une longueur de 200 kilomètres, et la section est restée' absolument la même sur toute cette longueur. Dans une filière d'acier, au contraire, le diamètre d'un trou est tellement agrandi par le tirage de 25,000 mètres de fil de laiton, qu'il ne peut plus servir pour donner la même grosseur.
— Filière mécanique. La filière mécanique consiste dans un ensemble de parties mobiles, qui s'assemblent en laissant entre elles, fermé de toutes parts, le vide qui doit servir à l'étirage. On circonscrit cet espace par
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quatre coussinets, deux horizontaux et deux verticaux. Le tout est pressé par deux fortes vis qui rendent l'assemblage inébranlable.
La filière est mise en jeu au moyen du banc à tirer. Le banc à tirer présente une place pour fixer invariablement là filière; puis une tenaille pour saisir le bout du fil qu'on a introduit dans le trou de la filière, et enfin un moyen d'exercer une traction suffisante sur cette pince, pour forcer le corps à traverser la filière. Dans les premiers bancs à tirer, ainsi que dans ceux qu'emploient encore aujourd hui les horlogers et les bijoutiers pour fabriquer les fils d'or et d'argent de faible dimension, la traction était opérée par un moulinet adapté sur un axe sur lequel venait s'enrouler une forte bande de cuir fixée à la pince. Ce système a été généralement remplacé par le banc à engrenages.
L'ouvrier, agissant sur une manivelle, opère une traction puissante, au moyen d'un pignon et d'une crémaillère. Par suite du mouvement régulier qui en résulte, les produits deviennent plus uniformes, en même temps que la puissance de l'outil est accrue. On a encore perfectionné ce système en supprimant la crémaillère, dont l'action n'est pas" absolument régulière, pour la remplacer par une chaîne sans fin à la Vaucauson, à laquelle on peut donner autant de résistance qu'on le désire, en augmentant le nombre et les épaisseurs des plaques qui la composent. Eile vient s'articuler sur deux roues dentées qui la mettent en mouvement. La pince lui est solidement fixée.
Cette dernière peut avoir des formes diverses, mais la meilleure est une pince à
Fig. 2.
coulant composée de deux moitiés de cône a, b, réunies par un ressort c. A la chaîne sans fin est ajustée une plaque p, dans laquelle est percé un trou conique 0. L'effort même de traction sur le fil saisi en mn produit le serrage très-énergique du cône ab dans le trou o.
Pour les numéros fins, on enroule le fil, au fur et à mesure qu'il sort de la filière, sur des cylindres ou tambours, auxquels on donne un mouvement de rotation qui produit l'étirage. Pour les fils inférieurs en finesse au n° 15 de la jauge anglaise, on emploie des bobines verticales ayant la forme de cônes très-aigus. Chaque bobine est assujettie à un axe vertical qui traverse la table de -travail et qui donne le mouvement.
Avant de passer le fil à la filière, on l'amène au laminoir à un diamètre de om,008, et même quelquefois de 0m,003 et 0m,004. Dans ce dernier cas, on le reçoit également sur une bobine, en sortant du laminoir; Afin de diminuer le frottement qui a lieu pendant la traction, on graisse le fil ou le trou, ou bien on applique sur la filière une pelote de graisse^ formée d'un mélange de suif et d'onguent noir, à travers laquelle passe le fil.
Par ce moyen, on refroidit le trou de' la filière, en même temps qu'on facilite le passage du fil, La'vitesse du tirage doit être uniforme et réglée d'après la nature du fer, la destination et le diamètre du fil. Le fer puddlé exige une vitesse moindre que le fer au bois. On augmente la vitesse en raison du nombre des passages à la filière.
Quand une botte de fil est faite, on la jette sur un dévidoir de forme conique pour le passer de nouveau dans la filière. Le dévidoir est placé en avant de la filière sur la table de travail.
Le nombre des trous par lesquels on fait passer le fil pour l'amener à un numéro donné dépend de la qualité du fer, de la force mécanique dont on dispose et du degré de finesse que doit avoir le fil terminé.
Lorsqu'on dégrossit, on saute ordinairement un trou de la filière à chaque passage, et, en général, ce n'est que pour les quatre k cinq dernières passes, destinées k finir et à parer le fil, que l'on suit l'ordre des numéros.
Le fil s'écrouit et devient moins ductile après" son passage à travers une série de trous. On le recuit alors au rouge brun pour le ramener à son état primitif. Le recuit se fait, soit dans une espèce de four k réverbère chauffé par les flammes perdue du feu d'aftinerie, soit à feu nu, au milieu d'un tas conique de menu charbon, que l'on fait brûler ordinairement en vase clos, dans des marmites annulaires en fonte. Le nombre des recuits que l'on fait subir au til dépend de la nature plus ou moins ductile du fer et du diamètre auquel le fer est parvenu. Les gros numéros exigent des recuits beaucoup plus fréquents que les autres. On recuit toujours le
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fer, en commençant l'opération, avant de l'engager dans le premier trou de la filière. Le recuit donne toujours lieu à la formation d'une couche d'oxyde plus ou moins épaisse, dont on débarrasse le fil par le décapage ; sans quoi, l'oxyde formé , en se détachant pendant l'étirage, corroderait la filière et changerait la forme des trous, ou au moins produirait des raies ou des stries nuisibles à l'apparence et k la qualité du fil.
Le décapage se fait au moyen de l'acide sulfurique étendu ordinairement de 240 fois son poids d'eau. Il faut employer un acide plus fort pour les fils recuits à feu nu que pour les fils recuits en vase clos.
Il arrive souvent après ce'tte opération que le fil devient cassant. D'après une communication récente faite k l'Académie des sciences (novembre 1S74), si on brise le fil, la cassure plongée dans un verre d'eau laisse échapper des bulles de gaz rapides et nombreuses. M. Sévoz a recueilli ce gaz, l'a mélangé avec de l'air et, en approchant d'une flamme l'ouverture du tube^ans lequel il l'avait recueilli, il a obtenu une explosion. Ce qui est intéressant pour la tréfilerie, c'est la fragilité que cette petite quantité de gaz communique au fer. Quand les tréfileurs rencontrent des bottes de fil cassant, ils mouillent ia cassure pour reconnaître si la fragilité tient k du gaz interposé ; dans ce cas, ils laissent le fil de côté pendant quelques jours. Après ce temps de repos, le gaz ayant disparu, le fil a repris sa malléabilité ordinaire et se tréfile sans difficulté.
TRÉFILEUR s. m. (tré-fi-leur — rad. tréfiler). Ouvrier qui tréfile.
trèfle s. m. (trè-fle — d'un type trifolum, pour irifolium, qui signifie proprement herbe à trois feuilles, de très, trois, et de folium, feuille). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des lotées, comprenant un grand nombre d'espèces, dont 'une soixantaine habitent la France : La plus importante des espèces de trèfles est certainement le trèfle des prés. (P. Duchartre.) Les trèfles abondent dans l'Europe tempérée. (T. de Berneaud.) Les trèfles, en médecine, sont estimés oulnéraires et détei'sifs. (Dict. d'hist. nat.) C'est comme suppléant aux jachères qu'on cultive le trèfle dans beaucoup de localités. (Bosc.) Le trèfle échauffe beaucoup moins que la luzerne. (V. de Bomare.) Le trèfle doit se couper lorsque les plantes sont en pleine floraison. (Matth. de Dombasle.) Les perdrix ont le bon esprit de ne pas faire élection de domicile dans les trèfles m dans les luzernes. (Toussenel.)
— Trèfle à quatre feuilles, Nom vulgaire des oxalides. |] Trèfle bitumineux. Nom vulgaire du psoralier bitumineux, il Trèfle d'eau, Nom vulgaire du ménianthe trifolié. Il Trèfle des jardiniers, Nom vulgaire des cytises. Il Trèfle jaune, Nom vulgaire de la luzerne lupuline. 11 Trèfle musqué, Nom vulgaire du lotier odorant. Il Trèfle noir, Nom vulgaire de la luzerne lupuline. Il Trèfle odorant. Nom vulgaire du psoralier bitumineux. Il Trèfle sauvage, Nom vulgaire du lotier corniculé.
— Fam. Chercher du trèfle à cinq feuilles, Perdre son temps à poursuivre une chose impossible.
— Loc. prov. Insolent comme un valet de trèfle, Très-insolent, locution venue de ce qu à un jeu de cartes, la mouche, le valet de trèfle est le maître.
— Archit. Ornement d'architecture imité de la feuille de trèfle : C'est à partir du xno siècle qu'on rencontre tes trèfles soit comme ouverture, soit comme décoration. (Batissier.) La façade est éaidée de deux grandes m roses à jour et blasonnée d'écussons inscrits dans les trèfles de ses ogives. (Th. Gaut.)
La lune se levait ; sa lueur souple et molle Glissait aux trèfles gris de l'ogive espagnole. A. de Musset.
— Jeux. Une des couleurs noires aux cartes françaises, laquelle est ainsi appelée k cause de sa forme, qui est celle de la feuille de trèfle : Roi, valet de trèfle. C'est le trèfle qui est atout. Quinte majeure à trèfle. Le Père Ménestrier prétend que le trèfle est le symbole des laboureurs et des gens de la campagne, tandis que, suivant te Père Daniel, il signifierait le fourrage nécessaire aux armées.
— Art vétér. Partie libre d'une dent, présentant trois tubercules qui imitant a peu près la forme d'un trèfle : A un an, les pinces de la mâchoire inférieure du cheval commencent à s'user, et à deux ans leur trèfle a • disparu. (Lecoq.)
— Artill, Fourneau de mine fait en forme de trèfle.
— Blas. Meuble d'armoiriesi qui représente une feuille de la plante du même nom, ayant une petite queue ondoyante, ce qui le distingue îie la tierce-feuille, qui n'en a point : De Lignerolles ; D'azur, semé de trèfles d'or, à la cotice de gueules, brochant sur le tout.
— Techn. Gros bouton qui a la forme d'ut! trèfle, et qui sert k arrêter le ruban d'un bracelet sur la barrière.
— Encycl. Bot. Les trèfles sont des plantes herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces, souvent gazonnantes, à feuilles composées de trois folioles, d'où le nom du genre, et k fleurs blanches, roses, rouges, purpurines ou violacées, plus rarement jaunes, réu-
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nies en capitules ou en épis terminaux; le fruit est une petite gousse, renfermant une à quatre graines. .Ce genre comprend aujourd'hui plus de cent cinquante espèces, dont soixante environ habitent la France. La plupart d'entre elles croissent dans les pâturages, les friches et autres lieux incultes et fournissent aux animaux herbivores un aliment excellent et qu'ils aiment beaucoup; plusieurs présentent même à cet égard un tel avantage, que depuis longtemps déjà elles sont cultivées comme fourrage Vert ou sec, propre d'ailleurs à améliorer le sol. Il en est qui ont assez d'élégance pour trouver place dans les jardins d'agrément.
Le trèfle des prés ou trèfle rouge est uneplante vivace, gazonnante, haute de om,50 en moyenne, a fleurs roses. II croit spontanément dans presque toute l'Europe et présente plusieurs variétés, dues surtout au sol et au climat. Il y a environ deux siècles qu'il a été introduit dans la culture. De la Flandre, où on en a fait d'abord des prairies artificielles, il s'est répandu en Angleterre, en France, sur les bords du Rhin, en Allemagne, etc. Un cultivateur de la Saxe, nommé Schubart, pour avoir pTopagé cette plante, obtînt de l'empereur Joseph II des lettres de noblesse, avec l'autorisation d'ajouter k son nom celui de Kleefeld (de l'allemand klee, trèfle). Cette culture a permis aux contrées du nord de l'Europe de régénérer leur système agricole.
Le trèfle rouge préfère les climats tempérés, plutôt brumeux que secs; il ne craint pas la rigueur des hivers, pourvu que le sol ne soit pas trop humide. Il végète beaucoup mieux dans les terres dites à froment et où le calcaire est assez abondant; toutefois, la présence de cet élément ne lui est pas indispensable. La couche arable doit être profonde et perméable. Le sol doit être bien préparé par des labours, soit à plat, soit en planches convexes, soit en billons, suivant son humidité et celle du climat. Cette plante ne croît avec vigueur que dans les terres naturellement riches ou fertilisées par des engrais abondants. Elle est, en elfet, épuisante dans les premiers temps de sa végétation; mais, plus tard, elle améliore le sol par les débris de ses feuilles et de ses racines.
On sème le trèfle au printemps, à l'automne ou même en hiver, rarement sur un sol nu; on répand les graines à la volée, et jamais en lignes. « En général, dit M. G. Heuzé, les semis doivent être plutôt épais sur les terres légères et peu fertiles et quand on les pratique en automne ou sur des sols mal préparés et infestés de mauvaises herbes, et clairs sur lès terres argito-calcaires, sur lesquelles le trèfle a plus d'aptitude, ou lorsqu'on les exécute au printemps sur des sols riches et propres. » Suivant que le sol est sec ou humide, on recouvre la graine à l'aide du rouleau, de la herse, du râteau ou même d'un simple fagot d'épines. Souvent on associe au trèfle le ray-grass. Les soins d'entretien sont l'épierrement, les fumures en couverture, le plâtrage, les eendrages, le chaulage, enfin la destruction des plantes et des animaux nuisibles.
Le trèfle fournit ordinairement deux coupes dans l'année, la première en mai ou juin, la seconde en août ou septembre, et le regain en octobre. On procède à la récolte quand les bourgeons apparaissent ou qu'ils commencent à s'épanouir; cela est vrai du moins pour la première coupe. Quant à la seconde, si elle doit être convertie en foin, elle a lieu quand les plantes sont en pleine floraison. On coupe le trèfle a la faux ou à la sape, en ayant soin de suspendre l'opération dans le milieu du jour si la chaleur est très-forte et que les plantes soient bien fleuries. On procède ensuite au fanage et enfin au bottelage. Cette légumineuse , surtout sa dernière coupe, est souvent pâturée en vert par les animaux, ce qui exige Une surveillance trèsattentive.
Souvent la seconde pousse du trèfle est réservée pour la production de la graine ; mais il faut éviter de récolter celle-ci dans les tréflières envahies par les planfès parasites, notamment par la cuscute. Ou coupe les tiges quand les pieds sont entièrement défleuris et que les capitules ont pris une teinte brune, et on les laisse sur le sol jusqu'à ce qu'elles soient sèches. Quelquefois, on récolte les capitules à la main ou à l'aide d'un instrument spécial appelé cueilloir; on les fait séfther pour les emmagasiner, à moins qu'on ne procède immédiatement au battage des gousses. Toutes ces opérations doivent être' faites par un beau temps. On bat les capitules ou têtes au fléau ou au rouleau en pierre ou en bois. Quand les gousses sont sèches, on les égrène au moyen de machines spéciales ou d'une meule verticale, et on les nettoie.
Une tréfliére dure, suivant les circonstances, de dix-huit mois à trois ans. Quand on la défriche, il importe de laisser s'écouler quelques semaines avant de semer la céréale qui doit 'la suivre. Quelquefois on la fait pâturer par les bêtes à cornes pendant la troisième année. Le trèfle apporte au sol une amélioration réelle, mais bien inférieure à celle que produit la luzerne. Cette légumi-' neuse prépare très-bien le sol k la culture du froment, si ce n'est toutefois quand elle a duré trois ans: alors, il est préférable de la faire suivre d un seigle ou d'une avoine. Aussi le trèfle entre-t-iïavec avantage dans
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les assolements à céréales. Quelques cultivateurs, au lieu de faire pâturer la dernière pousse, l'enterrent par un labour; c'est un très-bon engrais vert, qui contribue à maintenir la fraîcheur dans le sol.
Le trèfle, en vert ou en sec, constitue un excellent fourrage ; sa valeur alimentaire est presque égale k celle de la luzerne ; elle égale celle du foin des prairies naturelles. Le regain est un peu plus nutritif. Le trèfle rouge est d'ailleurs un des fourrages les plus hâtifs fournis par les prairies artificielles. Les chevaux le préfèrent à tout autre. Il en est de même des cochons, qu'il tient en bon état de santé et qu'il dispose à l'engrais. Ses racines atteignent le même but. Il procure aux vaches, aux cavales et aux brebis un lait trèsabondant et de bonne qualité. Les bœufs et les moutons peuvent -difficilement être engraissés par l emploi exclusif de cette légumineuse; mais elle agit sur eux, dans ce cas, d'une manière utile, lorsqu'on leur en donne avec d'autres aliments. Toutefois, il faut bien se garder de donner du trèfle vert en excès aux bêtes à cornes, qui pourraient être alors sujettes à. la tympanite ; on dit qu'il pourrait aussi en résulter le vertige pour les chevaux.
En médecine, on regarde cette plante, ainsi que plusieurs de ses congénères, comme vulnéraire et détersive. Ses fleurs put une odeur assez agréable et un goût légèrement astringent; on les emploie, bouillies dans l'eau ou dans le vin, en décoction à l'intérieur et en cataplasme a l'extérieur. On en retire aussi une eau distillée, qu'on dit ophthalmique. Elles fournissent également une teinture verte. La graine est fort recherchée par les oiseaux de basse-cour; on en retire une matière colorante jaune; on s'en sert, dans quelques pays, pour teindre en vert les étoffes. Les fleurs sont encore fort recherchées par les abeilles. Enfin, leur décoction a été très-préoonisée autrefois contre les flueurs blanches.
La forme élégante et caractéristique du feuillage du trèfle lui a assigné une place distinguée dans l'architecture et les arts décoratifs ; on la retrouve k chaque pas dans les monuments gothiques, soit comme motif d'ornement, soit comme symbole de la Trinité.
Le trèfle rampant se distingue du précédent par sa taille plus petite, ses tiges rampantes, ses feuilles longuement pétiolées et ses fleurs blanches. C'est une des espèces les plus communes dans les prés, les pâturages fiais et au bord des chemins. On l'appelle vulgairement petit trèfle de Hollande ou triolet. 11 est peu délicat sur la nature du sol, bien que sa présence soit, en général, l'indice d'une terre de bonne qualité. Dans quelques pays, on le cultive en grand pour le pâturage des moutons ; les cochons et tous les autres bestiaux l'aiment aussi beaucoup.
Un des grands avantages de ce trèfle, c'est de pousser dès les premiers jours du printemps et de fournir ainsi un fourrage vert à l'époque où ils sont rares ; son produit, k la vérité, est peu considérable. Cette précocité est encore plus considérable dans les terres qui sont sèches , sablonneuses ou crayeuses ; aussi est-ce surtout dans ces sortes de terres qu'il faudrait le propager, et cela avec d'autantplusd'empressementqu' elles sont souvent peu propres ù d'autres cultures et qu'elles deviennent improductives pendant 1 été.- Il réussit encore, néanmoins, dans les terrains humides et même dans les prairies assez inondées pour que la fétuque flottante s'y trouve en abondance. Il y a avantage k le mélanger k l'ivraie vivace ou ray-grass et aux autres graminées employées pour faire des pelouses et dés gazons, parce qu'il garnit bien, donne une belle verdure, ne craint pas d'être piétiné par les promeneurs et ne redoute ni les chaleurs de l'été ni les froids de l'hiver. La difficulté est d'avoir de la graine ; comme il est en fleur jusque bien avant dans l'automne, les abeilles font sur cette plante, dans les pays de plaines, leur dernière récolta de miel. Les enfants eux-mêmes recherchent beaucoup le nectar ou liquide sucré réuni au fond de ses corolles, qu'ils appellent suçottes.
Le trèfle incarnat, appelé aussi trèfle de Jiûussitlon ou faroucà, est une plante annuelle, k tiges dressées, à fleurs d'un rouge vif, disposées en épis terminaux, allongés et compactes. Originaire du midi de l'Europe, il a été cultivé pour la première fois dans les Pyrénées-Orientales, il y a un siècle environ; de là, il a été plus tard introduit dans le Nord. 11 résiste parfaitement à nos hivers ordinaires; mais il redoute les alternatives de gelée et de dégel, à moins qu'il ne soit dans un sol perméable et à peu prés exempt d'humidité en automne et en hiver. Il demande k peu près les mêmes natures de terre que le trèfle des prés ; mais il lui faut surtout un sol dur, ferme, battu, préparé par un labour très-ancien, en tous cas fort peu ameubli, Qu'ailleurs d une fertilité raisonnable.
On sème ce trèfle du 15 août au 15 septembre; les semailles hâtives sont celles qui donnent les meilleurs résultats. Aussi, dans quelques départements du Midi, commencentelles vers la mi-juillet. Les plus tardives se prolongent jusqu'à la fin de septembre. On doit choisir autant que possible un temps pluvieux. Dans le Roussillon, on est souvent forcé de rafraîchir le sol par des irrigations. On enterre la graine au moyen d'un roulage
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ou d'un hersage ; quelquefois même, on la répand simplement sur les chaumes, sans la recouvrir. On associe maintes fois le trèfle incarnat avec le rayrgrass, l'avoine, la vesce d'hiver, le seigle, les navets, etc. La plante ne demande pas de soins de culture particuliers, autres que ceux dont nous avons parlé pour le trèfle dés prés.
La culture de ce trèfle est très-avantageuse; il ne donne qu'une seule coupe, mais elle est précoce et abondante; puis il occupe peu de temps le sol et peut entrer avec beaucoup plus de facilité dans les assolements. Comme fourrage sec, il est inférieur en qualité au trèfle des prés; mais, en vert, il est . préférable, en ce qu'il n'a pas l'inconvénient d'occasionner la tympanite aux animaux ; aussi n'est-ce guère qu'à cet état qu'on l'emploie; mais on doit le faucher de bonne heure; si on tarde trop, il devient dur et peu savoureux. On regarnit facilement une pièce de trèfle manquée, en jetant dans les clairières quelques graines ou,mieux des gousses de cette espèce. La culture des porte-graines ne présente rien de particulier ; mais les tiges qui restent après le battage ne peuvent être utilisées que comme litière.
Le trèfle hybride est-il réellement une espèce distincte, ou simplement un hybride des deux premières dont nous avons parlé? Cette dernière opinion paraît probable ; car le trèfle en question est intermédiaire aux deux autres par tous ses caractères, notamment par ses fleurs mi-parties de blanc et de rose. On le cultive beaucoup en Suède, et il a l'avantage de bien végéter sur les sols froids et humides. Le trèfle élégant a des fleurs d'un rose rougeâtre ; il dure quatre ans, vient bien sur les terrains pauvres et donne un bon fourrage. Le trèfle de montagne végète naturellement sur les coteaux et les lieux secs ; on le cultive en Prusse, et il pourrait rendre des services dans plusieurs do nos provinces.
Le petit trèfle des champs, vulgairement nommé pied-de-lièvre, est une plante annuelle, à tige droite, velue, très-rameuse et à fleurs rouge pâle, disposées en épis cylindriques. Il croit, quelquefois très-abondamment, dans les lieux les plus arides; les chè» vres et les moutons sont les seuls animaux qui le mangent. Le meilleur parti qu'on puisse en tirer, c est de l'enterrer comme engrais vert, quand il est en fleur. Il a une saveur astringente et a été vanté autrefois contre les maux de gorge, le dévoiement, la dyssenterie et les hernies. D'après Lémery, sa graine, mêlée au blé et écrasée au moulin, rend le pain rougeâtre. A. de Jussieu raconte qu'il a failli autrefois en résulter des émeutes k Paris, le peuple s'iinaginant que les boulangers avaient mis du sang dans le pain.
Le trèfle rouge, qu'il ne faut pas confondre avec le trèfle des prés, désigné aussi sous le premier de ces noms, est vivace et se fait remarquer pas ses épis de fleurs d'un rouge vif. 11 croît dans les prés et les bois montagneux de l'Europe méridionale. On le cultive peu, bien qu'il donne un fourrage presque égal en qualité à celui du trèfle des prés. Mais on en tire parti pour l'ornementation des jardins, tant du type que de sa variété k fleurs blanches. C'est une plante très-rustique, qui vient à peu près partout, n'exige pas do soins et sert k décorer les rocailles et les terrains en pente. 11 en est de même de la variété à fleurs pourpres du trèfle rampant, et aussi du trèfle orangé, k fleurs petites, mais d'un jaune orangé vif, originaire de la Grèce; ce dernier convient surtout pour bordures.
Le trèfle fraisier se fait remarquer par ses calices renflés, vésiculeux, persistants, rougeâtres, et dont la réunion simule assez Ijien une fraise ou mieux une framboise ; il croit abondamment dans les pâturages et les lieux incultes, et tous les bestiaux le recherchent. On jpeut citer encore le trèfle des Alpes, k fleurs rouges, disposée^ en capitules globuleux de prés de «"V de tour; le trèfle de Hongrie ou de Panno.nie, espèce très-productive, à capitules deux fois plus gros, et ie trèfle à feuilles étroites, originaire du midi de l'Europe, et dont la culture est encore assez avantageuse.
— Archit. Le trèfle est un ornement d'ar* chitecture obtenu au moyen de trois circonférences,- dont les centres sont placés aux sommets des angles d'un triangle équilatéral. Le trèfle est simple ou composé; simple, il consiste dans les trois circonférences désignées précédemment; composé, il renferme dans chacune de ses feuilles un autre trèfle, qui lui-même pourraiten contenir troisautres, et ainsi de suite. Cet ornement, dont on a fait un très-grand usage dans les édifices construits du xue au xvics siècle, s'inscrit tiès-bien dans les baies voûtées en arcs brisés ou ogives; aussi a-t-il été employé presque exclusivement pour la composition des meneaux, des roses, des arcatures, et en générai des claires-voies. Le tracé du trèfle est très-simple; pour l'obtenir, ou construit un triangle équilatéral, et de chaque angle comme centre, avec une ouverture de compas égale k la moitié d'un côté du triangle, on décrit des circonférences tangentes deux à deux, l'angle au centre qui limite les deux points de tangence de chacune des circonférences est égal k 60°, et, p#r suite, l'amplitude de l'arc qui forme l'un des côtés du trèfle est de 300°. Ces considérations permettent d'obtenir
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le développement des lobes. Les trèfles se font en pierre ou en métal ; au moyen âge, on n'employait que la pierre pour;établir ces ajours; simplement découpés lorsque leurs dimensions étaient très-réduiles, on les composait avec des voussoirs ou des claveaux quand leurs dimensions devenaient plus grandes, surtout lorsqu'ils étaient composés et qu'ils renfermaient plusieurs trèfles. De nos jours, cet ornement, que l'on emploie assez fréquemment pour décorer les constructions légères ou pour réparer les édifices du moyen âge, s'établit en métal, soit en fer coudéet soudé, soit en fonte moulée et même en tôle découpée.
TRÉFLÉ, ÉE adj. (tré-flé — rad. trèfle). Qui a la forme d'un trèfle.
— Archit. Qui a la forme d'un trèfle, qui est orné de trèfles : Croisée tréflée. Rose tréflkm. Les embrasures des fenêtres, étroites et tréflées, étaient si profondes qu'elles formaient des cabinets autour desquels régnait un banc de granit. (Chateaub.) k
— Artill. Mine tréflée, Sorte de mine k trois fourneaux en forme de trèfle.
— Blas. Se dit de la croix et de quelques autres pièces dont les extrémités se terminent chacune par un trèfle : De Surville ; De gueules, à la croix tréflée d'argent, au chef cousu d'azur.
— Bot. Qui est composé de trois folioles disposées en trèfle : Feuille tréplkb.
— Numism. Se dit d'une médaille ou d'una pièce de monnaie qui a été frappée au marteau à diverses reprises, de sorte qu'on y remarque plusieurs empreintes.
TRÉFLER v. a. ou tr. (tré-flé — rad. trè~ fie. Change é en è devant une syllabe muette : Je trèfle, qu'ils tréflent ; excepté au fut. de l'ind. et au prés, du cond. : Je tre'fleraij nous tréflerions). Monn. Mal rengréner une monnaie ou une médaille, en sorte que l'effigie paraît double.
TRÉFLIER s. m. (tré-fli-é — rad. trèfle). Ornith. Nom vulgaire du chardonneret..
TRÉFLIÉRE s. f.- (tré-fli-è-re — rad. trèfle). Champ dé trèfle.
TRÉFOJR s. m. (tré-foir). Nom de la bûche de Noël dans certaines provinces.
TRÉFOLS, village et commune de France (Marne), k 29 kilom. de frovins, sur une colline ; 310 hab. Tréfols était au moyen âge une place de guerre importante, et Ion voit encore les nombreux vestiges des fortifications qui la défendaient. Leur3 principaux débris consistent dans les fossésde la lourde Champ- Gillard et dans les ruines de huit k neuf tourelles qui jadis flanquaient le château fort de Doussigny, siège dune châtellenie. Tréfols possédait k la même époque un établissement de templiers, un prieuré et un hospice. On y remarque une voie romaine en très-bon état de conservation.
TRÉFONCER v. a. ou tr. (tré-fon-sé — rad. tréfonds. Prend une cédille sous le c devant a et o .- Nous tréfonçons ; je tré fonçais). Ane. coût. Changer une gagerie en acquisition pure et simple.
TRÉFONCIER s. m. (tré-fon-siê — rad.
tréfonds). Propriétaire du fonds et du tréfonds.
— Adj: qui se rapporte au tréfonds : Redevance TRÉFONCIÉRK.
TRÉFONDRE v. n. ou intr. (tré-fon-dre).
Teclin. Fondre de part en part en soudant. Se dit quand une soudure a pris aussi bien en dedans qu'au dehors.
TRÉFONDS s. m. (tré-fon — contraction de tèrrx fwidus, fonds de terre). Fonds qui est sous le sol et qu'on possède comme le sol même : Vendre le fonds et te tréfonds. (Acad.) Dans le département de la Loire, ta propriété des tréfonds a été presque partout séparée de lapropriété superficiaire. (Proudh.)
— Fig. Ce qu'il y a de plus intime, de plus secret : Savoir le fonds et te tréfonds d une a/flaire.
— Mine. Sous-sol d'une mine qui peut être l'objet de réserves et de concessions particulières.
TRÉGUEL a. m. (tré-ghèl).. Ornith. Oiseau du Chili, il On dit aussi tréquel.
TRKGU1ER, villa maritime de'France (Côtes-du-Nord), ch.-l. de cant., arrond. et à 16 kilom. de Lannion, à 8 kilom. de la mer; port accessible aux navires ; 3,300 hab. Justice de paix. Commerce de céréales, huiles, tourteaux, toiles, filasse, pommes de terre, etc., La ville, toute parsemée d'enclos, est bâtie en amphithéâtre sur un coteau 'fertile. Son
Eort a son embouchure défendue par deux atteries placées sur chaque rive et dont les feux se croisent, celles de Crech-en-Cam et de Crech-en-Brun. Quoique l'espèce de bras de mer formé par le Jaudy et le Guindy. qui se réunissent au-dessous de Tréguier, soit embarrassé par des rochers, il suffirait de quelques travaux pour en faire le port le plus important des Côtes-du-Nord. One flotte entière pourrait mouiller à l'aise dans ce vaste bassin, où la marée, pendant les basses eaux, s'élève encore de 6 à 8 mètres.
Tréguier possède quelques monuments intéressants, La cathédrale, bâtie de 1150 k U61, affecte la forme d'une croix latins de 75 mètres de longueur sur une largeur de
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I7m,45, y compris les trois nefs. La longueur des transsepts est de 39m,E0, et la hauteur sous voûtes do 18 mètres. Sept fenêtres, correspondant à autant de travées à arcades ir-» régulières et à piliers variés, éclairent chacun des côtés de la nef. Un triforium ou galerie règne au-dessus des arcades, et sur le nu du mur, entre la clef des arcades et le sol du triforium, court une sorte de frise ornée de trèfles et de quatrefeuilles alternativement sculptés en creux et en relief. Le porche muré qui s'avance à l'extérieur le long du transsept et qui sert aujourd'hui de chapelle servait probablement d'entrée principale à l'église au xivc siècle, c'est-à-dire avant l'érection du porche flamboyant de ce transsept. Une terrasse garnie d'une galerie quadrilobée règne au-dessus de cette construction terminée en pignon. On y pénètre par une ouverture surmontée d'un dais, sorte de chaire à prêcher extérieure, percée au milieu du pignon, La façade occidentale est flanquée de contre -forts dont l'amortissement est formé par deux pyramides; le portail, terminé par deux portes géminées, en trilobé, a douze marches à l'intérieur pour descendre à l'église ; un porche ou narthex, dont les parois sont garnies de faisceaux de colonnettes engagées , précède ce portail. L'entrée en est divisée par deux ogives trilobées, séparées par un trumeau et surmontées d'un quintefeuille à jours. La voûte de ce porche est recouverte d'une terrasse que masquent en partie deux frontons triangulaires. Au-dessous de la terrasse et en retraite, une grande fenêtre rayonnante occupe toute la largeur du pignon, étayée de chaque côté par un arç-boutant qui rejoint un contrefort élevé à l'angle des collatéraux. La chapelle du duc doit son nom à son fondateur, le duc Jean V, grâce aux libéralités duquel elle fut construite en 1*20. Elle s'élève parallèlement au collatéral nord et comprend la longueur des trois dernières travées de la nef du côté du transsept nord, auquel elle se rattache. Elle est éclairée par trois belles fenêtres à meneaux flamboyants. Le corps du fondateur a été inhumé dans la chapelle en 1451. A l'extrémité du transsept septentrional se trouvent deux arcades en plein cintre, avec des piliers et des colonnes engagées dont le style est roman du xiie siècle. Derrière ces arcades s'élève une vieille tour carrée, dite tour d'Hasting, et que la tradition considère comme les restes d'une forteresse élevée par les Normands Un érudit local, M. Pol de Courcy, croit qu'elle a été bâtie au xiie siècle pour servir de clocher à la cathédrale. L'erreur populaire a été longtemps accréditée par les trois vers suivants, cités par Albert le Grand et qu'on lisait autrefois sur la base de la tour :
Basteing obtinuit sedem, per evmgue vacavit Annisper centum demptis bis quinque, perempto Praesulet non ente in hac ahquo re&idente.
« Hasting s'empara de force du siège épiscopal et le rendit vacant pendant quatre-vingtdix ans, l'évêque mis à mort n'ayant été remplacé par personne, i La tour se compose de deux étages, auxquels conduit un escalier pratiqué dans une tourelle cylindrique, engagée à l'un des angles; le premier étage est percé sur chaque face d'une ouverture, et le second étage de deux ouvertures cintrées. Une autre tour, également carrée, dite tour du Sanctus, s'élève au point d'intersection des transsepts, de la nef et du chœur; elle se termine par une galerie en quatrefeuilles et les premières assises d'une pyramide de
Eierre remplacée aujourdîhui par un toit à uit pans. La base en est formée par quatre énormes piliers composés de colonnettes en faisceau, et sa clef de voûte porte sculptées les armes de Bretagne. Enfin, à l'extrémité du transsept méridional s'élève une troisième tour, haute de 30 mètres et paraissant remon- 'ter au xve siècle. La flèche en plomb élevée en 1432 a été remplacée vers 1785 par une flèche en pierre de 33 mètres environ, ce qui porte la hauteur totale du clocher à 63 mètres. Cette flèche, un peu lourde, a du moins le mérite de faire ressortir la délicatesse des sculptures de la tour, notamment de celles du portail ouvert à sa base. Ce portail est surmonté dans toute la largeur de la construction d'une immense fenêtre à meneaux flamboyants, flanquée de contre-forts ornementés et divisés par plusieurs larmiers. A l'intérieur, nous citerons : les quarante-six stalles en bois sculpté (1512); le maître-autel, ouvrage du xv»e siècle j les trois fenêtres du :hevet et celles de la chapelle absidale, garnies de vitraux neufs. Les beaux vitraux anciens qui garnissaient jadis les soixante-huit fenêtres de la cathédrale sont aujourd'hui anéantis. Les sujets des. verrières de la chapelle absidale sont empruntés à la vie de la Vierge. La grande vitre centrale représente saint Tugdual et saint Yves, les deux autres saint Pierre, saint Paul, saint Jean et saint Jacques. Au-dessous s'étend une bonne fresque due au pinceau de M. Lamotte, élève de Flandrin.
La cathédrale de Tréguier est une des rares églises de France qui aient conservé leur cloître à peu près intact. Deux portes faisaient communiquer ce cloître avec l'église, l'une ouvrant dans la grande chapelle absidale du chœur, l'autre ouvrant sur le transsept. Chacune de ces portes est ornée d'armoiries épiscopales. Le cloître, de forme quadrilatère,
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se compose sur trois de ses côtés d'un stylobate continu supportant une arcatuie ogivale offrant pour chaque ogive un faisceau de quatre colonnettes qu'encadre une moulure rectangulaire. Plusieurs des chapelles latérales de la cathédrale sont postérieures au xva siècle, à en juger par les armoiries ornant leurs clefs de voûte et par les dalles funéraires qu'elles renferment. La chapelle Saint-André renferme la tombe de Raoul du Perrier, évêque'en 1339, un des constructeurs de la cathédrale ; dans le cloître se voit la statue tumulaire du sire de Coëtgourden, un des signataires du traité de Guérande en 1381.
La chapelle de Minihy-Tréguier, devenue, église paroissiale, était jadis celle du manoir de Kermartin. Elle fut fondée par saint Yves en 1293, détruite vers 1480 et reconstruite à la même époque. Un portail de mauvais goût, ajouté en 1818, en dépare l'harmonie. C'est dans cette paroisse qu'a lieu chaque année la fête dé saint Y ve?,.dont le testament est écrit sur un tableau placé dans l'église. Quant au manoir de Kermartin, acheté par l'archevêque de Paris, M. de Quélen, au général La Fayette, il a été reconstruit en 1834; une plaque de înarl-re placée au-dessus de la porte rappelle que la naquit saint Yves. On conserve, en outre, dans le château le lit de l'avocat des pauvres.
lieux autres chamelles existaient jadis à Tréguier : la chapolle Saint-Michel et la chapelle de Notre-Dame de-Coat-Colvezou. La première est due h suint Tugdual et a été reconstruite en 147* Jl n'en reste plus aujourd'hui que la tour et la flèche. C'est dans la seconde que la communauté de la ville tenait ses assemblées. Sur son emplacement s'élèvent les halles. Tréguier possède un petit séminaire fondé en 1648 par les lazaristes et plusieurs communautés religieuses.
Tréguier, en breton Landreguer (pays de Trécor), était autrefois la capitale duTrécorois, borné à l'E. par l'évêché de Saint-Brieuc, à l'o. par le diocèse de Léon, au S. par la Cornouaille, au N. par l'Océan ; c'était comme une province particulière dans la Bretagne, ayant son idiome et ses mœurs. La ville dut son origine au monastère de Trécor, fondé au VIe siècle par-saint Tugdual, qui obtint la cession de la belle vallée de Trécor pour s'y installer avec des religieux. La vallée de Trécor était une des plus belles positions du monde et peut-être le canton le plus fertile de la Bretagne ; situé entre les rivières de Jaudy et de Guindy, dont la réunion y forme un port excellent, on pouvait au besoin se défendre dans cette presqu'île contre les attaques de l'extérieur ou se créer de' faciles communications avec le dehors. Tugdual mourut en 598, laissant un monastère prospère et une grande réputation de sainteté. Bientôt son tombeau devint le but d'un pèlerinage populaire, et quelques habitations se groupèrent autour de l'église, bâtie sur la colline où le saiut avait mis pied à terre en arrivant. Vers les premières années du ixe siècle, les Normands ayant débarqué sur le territoire, détruisirent complètement l'ancienne Lexobie, jusque-là capitale du pays, son monastère et ses couvents. Frappés ensuite de la situation avantageuse de la vallée trécoroise, ils y élevèrent un fort et y laissèrent une garnison. C'est de ce fort que la tradition croit voir un reste dans la tour de Hasting. Après l'invasion normande, le siège de l'évêché fut établi à Trécor, qui prit dès lors, en remplacement de Lexobie, le titre de' capitale. L'histoire de la ville se confondit alors avec celle du diocèse et fut purement religieuse ; les prélats étaient seigneurs de la péninsule et ne relevaient que des ducs de Bretagne. Notons seulement qu'en 1485 des moines de Tréguier imprimèrent un des premiers livres, connus, la Coutume de Bretagne. La ville avait déjà produit plusieurs hommes distingués, entre autres Yvon Hilouii de Kermartin (1253) et Guillaume de C'oetmohan, qui, en 1325, fonda à Paris un collège pour huit écoliers de son pays, fondation qui, agrandie, devint le Collège de France. Hilouri de Kermartin est plus connu sous le nom de Saint-Yves (l'avocat des pauvres). Jean V lui lit élever un tombeau magnifique et donna son pesant d'argent à la cathédrale. Aujourd'hui encore, saint Yves est un des patrons les plus révérés de la Bretagne et il est peu de cultes qui jouissent d'une aussi grande popularité.
TRÉGUIER, rivière de France (Côtes-du- Nord), formée par la réunion du Guindy et du Jaudy, près de la ville de Tréguier. Elle coule au N.-E. et se jette dans la Manche après un cours de 11 kilom'. Cette rivière, large et très-profonde, est navigable pour les gros bâtiments.
TRÉHALA. s. m. (tré-a-la). Nom d'une espèce de manne déposée par un insecte sur une synanthérée du genre échinope : Le tréhala ou manne de Turquie a la forme d'une coque ooale, de la grosseur d'une oliue; il est ■produit par un coléoptère. (L. Figuier.)
TREHALOSE s. f. (tré-a-lô-ze — rad. tréhala). Ch'ira. Saccharose extraite de la manne tréhala.
— Encycl. La tréhalose a été retirée par Wiggers, en 1S33; du seigle ergoté et appelée par "lui mycose. Plus tard, Berthelot, du Collège de France, la retira de la manne tré-
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hala et la nomma tréhalose. Pour la retirer de la manne tréhala, on épuise cette dernière substance par l'alcool bouillant; on fait évaporer l'alcool et la tréhalose cristallise. On l'extrait du seigle ergoté en épuisant ce dernier par l'eau, précipitant la liqueur par le sous -acétate de plomb, filtrant, séparant l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré; en évaporant en consistance sirupeuse, la mycose cristallise.
Les cristaux appartiennent au système du prisme rhomboïdal droit. Ils retiennent une .molécule d'eau de cristallisation, qu'ils perdent à + 100°.. La tréhalose est dextrogyre. Son pouvoir rotatoire moléculaire = + 220°; il est, par conséquent, triple de celui du sucre de canne. La tréhalose est dure, très-snluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther ; elle ne réduit point les solutions cupro-alcalines. Elle éprouve lentement la catalyse alcoolique'.
TRÉHOUART (François-Thomas), amiral français, né à Vieuville en 1798, mort en 1873. Ce fut comme mousse qu'il entra dans la muriae, en 1813, et ce fut en assistant aux derniers combats de l'Empire qu'il commença à devenir un marin consommé. S'a conduite à la bataille de Navarin, le 20 septembre 1827, lui valut le grade de lieutenant de vaisseau. Capitaine de corvette en 1837, capitaine de vaisseau en 1843, il fut envoyé dans les eaux de la Plata, lors du différend survenu entre la France et le dictateur Rosas, et prit le commandement en chef des forces françaises lors du combat naval d'Obligado, où il montra autant d'habileté que dé sang-froid. Sa brillante conduite dans cette affaire lui valut d'être promu contre-amiral (1846). Lors de l'expédition de Rome, en 1849, Tréhouart commanda une division navale. Deux ans plus tard, il devint vice-amiral, puis préfet n aritime à Brest. Pendant la guerre de Crimée, il fut chargé d'aller remplacer l'amiral Bruat; mais il arriva pendant l'armistice et ne put qu'échanger' quelques coups de canon avec l'ennemi. De retour en France, il prit le commandement de l'eseâdre d'évolutions de la Méditerranée (1856), qu'il conserva jusqu'en 1858, époque à laquelle il devint membre du conseil de l'Amirauté. L'année suivante, il fut appelé à faire partie du Sénat et promu, en 1860, grand-croix de la Légion d'honneur. Bien qa'en 1863 il eût atteint la limite d'âge, le vice-amiral Tréhouart se vit, par une faveur spéciale, maintenu dans les cadres d'activité, ce qui le désignait clairement pour le grade d'amiral, auquel il fut élevé en 1869, en remplacement de l'amiral Charner. Désigné, en 1873, pour présider le conseil de guerre chargé de juger le maréchal Bazaiiie, il dut refuser cette difficile mission , par suite du mauvais état de Sa santé, et mourut peu après.
TKEIBEK (Jean -Philippe),, jurisconsulte allemand, né à Arnstadt en 1675, mort en 1727. Après de brillantes études, il obtint à l'université d'Iéna une chaire de jurisprudence et réunit bientôt autour de lui un grand nombre d'auditeurs; mais la liberté avec laquelle il traitait les questions religieuses fit suspendre son cours pour quelques mois. Il fonda alors à Iéna, en 1804, un journal intitulé : Moyen de confondre par la seule raison la raison qui veut aller trop loin dans les choses de la foi. Il ne parut da cette feuille que cinq numéros, dans chacun desquels Treiber traitait, ainsi qu'il l'avait, annoncé, une des grandes questions que l'impiété oppose aux vérités de la religion. Les ministres protestants, scandalisés par les opinions hardies qu'il y émettait, obtinrent contre lui du duc de Gotha une condamnation à six mois de prison, et il ne recouvra sa liberté qu'après s'être engagé à ne plus rien écrire sans la permission du consistoire de Gotha. Il se retira alors à Erfurt, où il embrassa peu après le catholicisme et où il obtint une chaire de droit romain, qu'il occupa jusqu'à sa mort; il devint même plus tard 1 un des magistrats de cette ville. Dégoûté des polémiques religieuses, il se voua exclusivement aux travaux de jurisprudence. On a de lui : Séries dicholomiea.titulorum in Institulionibus imperialibus conspicuorum, etc. (Erfurt, 1707, in-fol.); Conspectus dickolomicus juris feudalis atque publici rotnano-germanici, etc. (Erfurt, 1717, in-fol.k Genuina perspicuitas fnslitutionum Justihi<ini,etc. (Erfurt, 1725, in-4«). Ces trois ouvrages, qui peuvent encore aujourd'hui être consultés avec fruit, ont pour objet la comparaison du droit romain avec la jurisprudence de l'Allemagne.
TREICHE s. f. (trè-che). Ornith. Nom vulgaire de la draine.
TRE1DER-AA, rivière de la Russie d'Europe (Courlande et Livonie), Elle se jette dans le golfe de Livonie, près de l'embouchure de la Duna; cours, 150 kilom.
TREIE s. f. (trè-ie — du norm. tre'e, truie). Nom que l'on donne aux cloportes, dans les environs d'Avranches.
TREIGNAC, ville de France (Corrèze), ch.-l. de cant.. arrond. et.à 45 kilom. rie Tulle, sur la rive gauche de la Vezère ; pop. aggl., 1,699 hab. —pop. tôt., 2,788 hab. Hospice; fabriques de chapeaux.
TBEIL1IARD (Jean-Baptiste, comte), jurisconsulte et homme politique français, né à Brive (Limousin) en 1742, mort eu 1810. Il se rendit à Paris, s'y lit recevoir avocat au par-
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lement (17S1) et s'y acquit par son talent une si grande réputation, que la bourgeoisie parisienne le nomma députéanx états généraux de 1789. Entré dans le comité ecclésiastique, il en fut le rapporteur ordinaire. C'est lui qui fit supprimer les ordres religieux, qui fit mettre les biens de l'Eglise à la disposition de la nation et décréter la constitution civile du clergé. Il pensa qu'on ne pouvait mieux couronner cette œuvre qu'en rendant un hommage public à celui qui l'avait préparée, et il insista avec force pour que les honneurs du Panthéon fussent rendus à Voltaire (8 mai 1791). Dans toutes les autres questions qui s'agitèrent dans l'Assemblée constituante, ■dont il fut le président au mois de juillet 179?, il vota constamment avec le parti patriotique; aussi, à la fin de la session, fut-il porté par les électeurs à la présidence du tribunal criminel de la Seine. Elu député à la Convention par le département de Seîne-et-Oise (1792), il vota la mort de Louis XVI avec sursis et entra dans la première composition du comité de Salut public, dont il fut éliminé après le 31 mai 1793. Pendant la Terreur, il se tint dans une réserve prudente. Il reprît la parole après la chute de Robespierre et rentra dans le comité de Saiut public, devenu alors un instrument de réaction. Il passa ensuite au conseil des Qinq-Cents, d.ont il fut nommé président. A ce titre, il prononça, le 21 janvier 1796, un discours, dans lequel il fit la plus chaude profession de foi républicaine, et dont nous citerons le passage suivant : ■ C'est en présence de tous les peuples, c'est dans le sein de l'humanité entière que je voudrais déposer mon serment : je jure haine à la royauté! » Nous verrons dans quelques instants comment il tint ce serment. Sorti du conseil -le 20 mai 1797, il fut successivement membre du tribunal de cassation, ambassadeur ou ministre plénipotentiaire à Naples et à Rastadt, membre du Directoire exécutif le 15 mai 179S. En juin 1799, il dut se démettre de cette dernière fonction, accusé qu'il était de l'exercer avec trop de mollesse. Sous le gouvernement consulaire, il eut d'abord la présidence du tribunal d'appel de Paris. Appelé bientôt au conseil d'Etat (1802), dont il devint président de section, il prit une très-grande part à la rédaction de nos codes. Lorsque Bonaparte, dédaignant le titre modeste de consul, voulut revêtir la pourpre impériale, Treilhard, choisi par ses collègues pour justifier ce changement, dans le sein du Tribunat, se montra digne d'une telle confiance, oubliant que luimême avait appelé la mort sur la tête de quiconque pousserait au rétablissement de la monarchie. La nouvelle constitution, disait-il, ne faisait « qu'assurer à la France inquiète les résultats que l'humanité et la philosophie avaient dû attendre de la Révolution. > Napoléon lui accorda le titre de comte, de sénateur, de ministre d'Etat, et, à sa mort, fit déposer ses restes au Panthéon. « C'était, dit M. Thiers, un honnête homme, assez habitué aux affaires, réunissant les lumières à la probité. 11 était rude et brusque, mais n'avait pas une fermeté égale à la dureté de ses manières, ■ Profondément versé dans la science de l'ancienne législation, témoin des révolutions qu'elle avait subies, il se trouva naturellement appelé à coopérer activement à sa transformation définitive ; aussi son nom se trouve-t-il étroitement uni à ceux des hommes chargés de cette difficile mission.
Tlllîl LI1A1U) (Achille-Libéral), administrateur, fils du précédent, né à Paris en 1785, mort en 1855. Il fut successivement auditeur au conseil d'Etat (1806), secrétaire général de la préfecture de la Seine (1809), préfet de la Catalogne lors de la réunion de cette province à la France, préfet du Gers et de la Haute -Garonne pendant les Cent- Jours. Sous la Restauration, il rentra daus la vie privée et se jeta dans l'opposition libérale. Ce fut lui qui présida, le 27 juillet 1830, dans les bureaux du National, la réunion dans laquelle les journalistes rédigèrent leur fameuse protestation contre les ordonnances. Peu après, il devint préfet de la Seine-Inférieure, puis préfet de police, poste qu'il conserva jusquau 26 décembre 1830. Nommé ' alors conseiller à la cour royale de Paris, il se démit de ces fonctions l'année suivante et vécut depuis lors dans la retraite.
TRËILLIARDouTRELLURD (Anne-François-Charles, comte), général français, né à Parme en 1764, mort en 1832. Entré tout jeufte au service, il était lieutenant de cavalerie en 1788. Nommé lieutenant-colonel en 1793, il se signala par sa brillante valeur à Fleurus, à Neuwied, dans les campagnes d'Allemagne (1797-179S), d'Helvétie et de Hollande (1799-1800), aux batailles d'Ulm,de W'ertingeu et d'Austerlitz(lS05).à Iéna (1806) et à Pultusk (1807), où il fut grièvement blessé et mérita le grade de général de division. Il lit toute la guerre d'Espagne et de Portugal, de 1803 à 1814, et revint, à la tête de ses troupes, au commencement de cette dernière année, prendre sa part de gloire dans les luttes dont les plaines de la Champagne furent le théâtre. Il reçut le commandement de Belle -Isle- en -Mer pendant les Cent-Jours,futinis à la retraite à la deuxième Restauration, et placé dans le cadre de réserve après la révolution de 1830.
TREILLAGE s. m. (tré-lla-je ; Il mil. — rad. treille). Assemblage de perches, de lattes ou d'échalas posés parallèlement ou croisés eu
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divers sens pour former des berceaux, des palissades ou des espaliers dans les jardins : Un grand treillage. Un mur garni de theillagu. Berceau de treillage. Cette allée est terminée par un pavillon de treillage. (Acad.) Ne craignez rien, le treillage est bon. (C. " Delav.) Devant l'entrée sous un treillage de pampres, murmure une source limpide. (Jauffret.) Les murs, peints à fresques, représentaient un treillage de fleurs. (Balz.) Il y avait des chaises le long du treillage du grand carré des roses. (P. Féval.) Le chèvrefeuille, aidé par un lien, Monte, s'attache et s'enlace au treillage.
Campes on.
— Sorte de clôture qui sert à déterminer les limites des terrains occupés par un chemin de' fer et ses dépendances.
— Syn. Treillage, treillis. Le treillage est plus grand que le treillis et il se considère bous le rapport du travail ou de l'effet produit. Le treillis n'a souvent qu'une très-petite étendue, il est de fer, de bois, etc.; o est un objet qu'on se procure quand on veut clore quelque ouverture ; il a pu être fabriqué chez le marchand, tandis que le treillage s'établit souvent sur place.
— Encycl. On se sert, pour faire le treillage, de jets de bois bien droits et un peu forts que l'on refend de façon à obtenir des sortes de réglettes plates de 0m,02 à u«",03 de largeur sur 0">,005 à 0m,010 d'épaisseur. Le chêne blanc, le frêne, le châtaignier conviennent à cet usage, mais surtout le dernier.
Dana les bois qui environnent Paris, et en particulier dans la forêt de Montmorency, on exploite beaucoup le" châtaignier pour
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faire du treillage. On est dans l'usage de faire pour cet objet les coupes tous les sept ans. Le bois se prépare sur les lieux mêmes, qui sont pour un instant transformés en atelier.
L'ouvrier pince le jeune arbre abattu qui a de nn»,05 à 0™,08 de diamètre au plus, avec un coin qui le maintient dans une position horizontale, puis il le. découpe en lattes minces, de toute la longueur, au moyen d'un outil spécial formé d'une laine bien acérée et un peu courbe ab, munie de deux poignées à angle droit AB. L'ouvrier manœuvre cet outil en le tirant à lui (Hg. 1). Ces lattes,
longnes et étroites, qui sont déjà désignées par le nom de treillage, sont mises en bottes et vendues aux fabricants. Los bottes sont faites de telle sorte que la longueur totale de tous les brins qui les composent soit de 72 mètres environ (36 toises), quelle que soit d'ailleurs la longueur des brins; car il y a des bottes de différentes longueurs.
Le treillage peut être" fabriqué à l'avance, et l'est même toujours, lorsqu'il est destiné à servir de clôture, et qu'il est à brins parallèles. Ce dernier se fabrique maintenant a la mécanique, et très-rapidement; les brins de bois sont disposés verticalement et reliés en AB et CD (tig. 2) par un fil de fer
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