‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 346 sur 1042 · VA · texte numérisé non relu

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tordu. Si le treillage est haut, on peut en mettre une troisième ligne en ËF. Ce treillage se vend au mètre et en rouleau. Pour le poser, on fiche en terre des pieux solides, en bois, de on», 03 à 0m,04 de diamètre, aux-

?,uels on suspend le treillage avec du fil de er, de sorte qu'il effleure à peine la terre. Ainsi disposé, le treillage se conserve mieux. 11 est bon d'enduire la portion enfouie des piquets de goudron minéral, ainsi que le bas du treillage, qui est toujours plus ou moins exposé a l'humidité.

Les treillages a losanges sont construits sur place par les ouvriers spéciaux appelés menuisiers treillageurs.

Les brins sont disposés parallèlement et obliquement et arrêtés sur de forts piquets fiché3 en terre. On en dispose d'autres dans l'autre sens et on les réunit k la- croisée par du fil de fer tordu avec une pince.

On opère de même lorsqu'il s'agit de couvrir un mur. Dans ce cas on emploie souvent un treillage à mailles carrées.

Ce treillage est suspendu aux murs au moyen de clous à crochet, ou, ce qui est plus économique, d'os de mouton scellés dans le plâtre. Les treillages peuvent être peints à l'huilé, de différentes couleurs. Cette peinture se fait généralement après la pose.

TREILLAGE, ÉE (tré.-lla-jé ; Il mil.) part, passé du v. Treillager. Qui est garni d'un treillage : La porte de la basse-cour était treillagée. (E. Sue.) Une petite armoire treillagée eii chacun mettait sa pipe sous un numéro. (X. Saintine.)

TREILLAGER v, a. ou tr. (tré-lla-jé ; Il mil. — rad. treillage. Prend un «.après le g devant a et o : Je treillageai; nous treiltageons). Garnir de treillage : Treillager un mur. Les aristoloches et les capucines avaient disparu de la mansarde, où autrefois la main' du bonhomme les treillageait avec tant de soin. (Al. Dure.)

— Techn. Peindre un mur, un bâtiment en vert de treillage.

TREILLAGEUR s. m. (tré-lla-jeur; Il mil. — rad. treillager). Ouvrier qui fait des treillages ou des treillis : Je trouvai, en effet, des TREILLAGEURS qui travaillaient à boucher la vue de tout toi côté de la terrasse. (G. de Nerv.)

TREILLE. s. f. (trè-lle; Il mil. — du latin tricliila, tricla, triclia, berceau de verdure, venu lui-même du grec trichinos, formé de poils épais, de thrix, trichos, cheveu). Vitic. Ceps de vigne qui montent et sont ussujettis contre un mur, un treillage, un arbre : Treille de muscat. Vin de TREILLE. D'énormes grappes pendaient à la treille.

La treille a ployé tout le long des murs;

Allés, vendangeurs, les raisins sont mûrs.

Tu. de Banville.

Certain renard gascon, d'autres disent normand.

Mourant presque de faim, vit en haut d'une treille

Des raisins mûrs, apparemment,

Et couverts d'une peau vermeille.

LA Fohtaikb.

— Berceau formé par des ceps de vigne que 'soutient un treillage : A l'ombre d'une treille. Le soleil dardait d'aplomb sur le toit, sur le jardin, sur la cour et nous forçait à chercher l'abri des treilles. (Lamartine.)

Il est, sous les bosquets et les treilles poudreuses, De splendides festins et des noces heureuses.

A. Barbier.

— Le jus de la treille, Le vin :

... Celui-ci, plein du jus de la treille, Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille. La Fohtainb.

Est-il au jus de la treille Rien d'égal dans l'univers?

MaItre Adam.

— Poétiq. Le dieu de la treille, Bacchus.

— Pêche. Espèce de filet monté sur deux portions de cercle qui se croisent, auxquelles on adapte un long manche.

— Techn. Tas d'ardoises rangées suivant leurs qualités.

— Encycl. Vitic. On donne le nom de treille non-seulement aux ceps de vigne qui grimpent contre une muraille ou contre un arbre, mais encore aux berceaux formés par ces. ceps lorsqu'ils sont entrelacés et soutenus par un treillage. Cette dernière acception, qui est l'acception primitive et qui a produit l'autre par extension, ne fait pas l'objet de notre article, dans lequel nous ne nous* occupons que du cep de vigne appelé treille.

Les vignes en treille se subdivisent en hautes, moyennes, basses.

Les treilles hautes s'élèvent jusqu'à S et .9 pied3 et consomment une grande quantité de bois.

Les treilles moyennes et basses ne sont que des vignes ordinaires dans lesquelles leséchalas sont remplacés par des treillages consistant en piquets élevés de terre de 2 pu 3 pieds, ou même davantage. Les produits sont d'autant meilleurs que le treillage est plus bas. Les treillages consistent en une série de piquets liés par des fils de fer ou par des perches légères. Mais la véritable treille, celle que nous considérons ici, est la vigne haute de 3, 4, 5 ou 6 pieds au moins et adossée à un mur ou quelquefois établie en tonnelle.

La première manière, celle qui consiste à adosser la treille à un mur, présente les plus grands avantages, surtout dans les pays où le raisin arrive difficilement à maturité.

Après les treilles accolées aux murs, celles qui sont en allées, dirigées du levant au couchant, donnent le meilleur raisin. Les treilles en berceau sont inférieures en produits, parce que les berceaux forment un buisson que les rayons solaires traversent difficilement. Cette manière de diriger les treilles n'est guère admissible que dans les régions excessivement chaudes, où les terres, trop sèches, ont besoin que le berceau maintienne au pieddu plant le peu d'humiditéqui s'exhale. C'est pour ces raisons que les seules vignes cultivées dans le nord de la France, en An- gleterre, en Hollande et en Belgique se trou-"

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vent, à l'entrée des maisons, sous forme de treilles, tandis que dans les provinces du midi de la France les treilles forment une culture de luxe que l'on dispose en allées. Dans les contrées méridionales (Espagne, Italie), on les établit en tonnelle.

Dans les jardins, il est d'usage de tenir les vignes en treille, parce que le raisin mûrit plus tôt, est plus savoureux, plus gros, plus coloré, avantages qui sont dus à ce que les rayons du soleil frappent la vigne, puis le mur qu'il échauffe, ce qui maintient autour des grappes une douce chaleur.

La treille, seule vigne que l'on^puisse cultiver dans le Nord, est dans nos climats tempérés la seule qui produise de véritables raisins de table; c'est pourquoi tous les vignobles dont la destination spéciale est de fournir de ces raisins sont plantés pn treille ; qu'il nous suffise de citer Fontainebleau ou plutôt Thomery, car c'est dans cutte localité que se récoltent les raisins auxquels le commerce a donné le nom de chasselas de Fontainebleau.

Dans plusieurs vignobles de France et de l'étranger, on lient en lreille\e$ vignes destinées adonner du vin ; les écrivains ne sont pas d'accord sur la valeur de ce procédé; les uns trouvent cette méthode plus économique et plus abondante ; les autres, au contraire, affirment que l'on chercherait vainement à obtenir des vins de qualité des raisins produits par les treilles, parce que ces raisins doivent nager dans un bain de chaleur qui n'existe que près de la terre.

On établit fréquemment la treille en cordon à la partie supérieure des murs contre lesquels sont placés des pêchers et autres arbres en espalier, disposition agréable, mais nuisible et condamnée par tous les agricul-' teuis intelligents. Les racines de ces diverses plantes se rapprochent, se mêlent les unes avec les autres et se nuisent mutuellement. La. vigne, plant le plus vivace, affame tellement les racines voisines qu'elle les stérilise et les détruit même. D'ailleurs, les pampres forment des gouttières sur les branches et sur les fruits des arbres à noyau, et, lors des grandes averses, l'eau cave et carie les blessures ou les cicatrices de ces fruits et fait extravaser la sève de tous les côtés.

Si le terrain dans lequel on veut planter est sec, léger ou calcaire, ou s'il repose sur un banc de marne, on fait creuser, vers novembre, à oro,20 de la muraille, des trous de 0m,75 de profondeur. sur 1 mètre carré d'ouverture ; si la terre est humide, argileuse, on fait faire une tranchée de 1 mètre en tous sens; on garnit le fond d'une couche de pierres, et de gros sable, couche qui donne issue aux eaux et qui doit être recouverte de quelques travers de doigt de bonne terre végétale mêlée d'un tiers de marne et d'un tbrs de s;ible de ravin. On place ensuite sa marcotte ou son plant dans le ti'ou et l'on a bien soin de ne pas piétiner la terre dont on le recouvre. Une plantation bien fuite peut durer fort longtemps. Dès la première année, le plant donne plusieurs pousses, dont une au moins est assez forte pour devenir une bonne tige ; mais si, par l'effet d'une circonstance im-

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E revue, aucun des sarments nouveaux n'était on la première année, on les fait tous disparaître au moment de la taille ; la pousse de la seconde année donne alors le jet attendu. On le laisse subsister seul, en enlevant sur la souche tous les brins qui partageraient sa nourriture, et lorsqu'il est parvenu à la hauteur'da 1 mètre, on taille, vers la fin de l'automne, tout ce qui excède cette mesure ; on éteint tous les yeux inférieurs, en ne laissant subsister que les deux boutons les plus voisins de la taille. Il en sort deux bourgeons, qui formeront les rameaux de la première division de la tige et qui peuvent suffire à faire une treille à deux branches. Pour se "procurer deux nouvelles divisions supérieures, on ménage les deux sarments qui sortent sur chaque branche des deux yeux voisins de chaque coudure ; on les laisse croître verticalement; on les taille, après la maturité du bois, à la hauteur voulue; on éteint tous les yeux inférieurs à celui oui avoisine la taille, et l'on obtient ainsi deux nouveaux rameaux , un sur chaque branîhe. Si la hauteur du mur permet de donner encore plus d'élévation a la treille, on peut répéter la même opération plusieurs fois encore; à la quatrième année, le plant couvre une grande étendue de muraille et produit une récolte abondante. Toutes les grappes sont portées par le jeune bois qui sort des branches, et c'est sur ce bois de l'année que l'on exécute la taille, sans être assujetti à autant de précautions que lorsqu'il s'agit des vignes en grande culture; on doit se garder cependant de tirer indiscrètement à fruit, imprudence qui , répétée plusieurs années de suite, ruinerait la treille sans aucun retour. On taille, sur les espèces les plus vivacas, à trois ou quatre nœuds, mais à un ou. deux seulement sur les espèces délicates. Ce n'est que lorsqu'on veut affaiblir une partie de treille qu'il convient de tailler long, parce que plus les bourgeons sont vigoureux, plus les grappes sont nombreuses et grosses.

On laisse quelques bourgeons qui ne portent pas de fruit, afin de se conserver pour l'année suivante des sarments propres à garnir la treille. En général, on ébourgeonne en deux fois : l° un peu avant ou un peu après la floraison, en n'enlevant que les petits bourgeons poussés en dessous des gros ; 2° lorsque le grain est arrivé à la moitié de su grosseur; alors on pince l'extrémité des bourgeons fructifères.

Treille do .inccriiô (la), par Désaugiers. Cette pièce est pour nous le chef-d'œuvre du chansonnier. Nous la mettons forl au-dessus de ses délires bachiques et de ses chansons ù boire, trop exclusivement consacrés à la victuaille et au jus de la treille. Dana cette composition au moins, il y a une jolie idée, un fond solide; et les variations que le poète a brodées sur son thème témoignent d'une touche délicate et d'une remarquable ingéniosité. La chanson n'est pas trop iongue; il y ajuste le détail voulu. On eût pu allonger les tableaux à l'infini, et, en- se montrant aussi sobre, Désaugiers a fait preuve d'un goût pur et d'un tact rare.

Allegrttto.

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