‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 354 sur 1042 · LE JOOR DES MORTS · texte numérisé non relu

LE JOOR DES MORTS

TRÉPASSÉS (baie des), baie de l'Amérique du Nord, dans l'Atlantique, sur la côte S. de la presqu'île d'Avalon, dans l'Ile de Terre- Neuve, entre le cap Pêne et la pointe Mistaken, par 46» 50' de latit. N. et 55» de longit. O. Cette vaste baie comprend les baies de Biscaye, du Mouras, le havre des Trépassés et l'anse de Portugal,

TRÉPASSEMENT s. m. (tré-pa-se-man — rad. trépasser). Etat de quelqu'un qui trépasse : Le spasme erotique chez les vieillards ressemble à un vrai trépassement. (Proudh.)

TRÉPASSER v. n. ou intr. (tré-pâ-sé. — Ce mot, qui s'écrivait autrefois tres-passer, signifie proprement outre-passer, puis figurément faire le passage de la vie a la mort, mourir, de très, qui signifiait autrefois outre, au delà, du latin trans ;

O vos trestuit Ui trépassez,

Esgardez-moi et si pansez

Se nule dolors est si grana

Qui a la moie soit semblans.

{Dolopathos.i Ces vers sont une traduction du verset 12 du chapitre 1" des Lamentations de Jérémie : O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus). En parlant des personnes, Mourir, rendre l'âme ou le dernier soupir : Il trépassa sur le minuit. Il a trépassé à telle heure. (Acad.) On avait prédit à Itobert Guiscard qu'il trépasserait à /enijaleni.lC'hateaub.) Un chirurgien! ou, sang Dieu ! mon brave Athos va trépasskr. (Alex. Dum,) Un personnage si protégé du gouvernement et si riche ne pourrait ni guérir ni tré- PASSiiRsans qu'on en fit grand bruit. (G. Sand.) Quoi ! j'aurat's trépassé sans m'en apercevoir!

Molière.

TRÉPHINE s. f. (tré-fi-ne). Chir. instrument .employé par les chirurgiens anglais pour la trépanation, et dans lequel une poignée analogue à celle d'une vrille remplace l'arbre du trépan.

TRÉPIDATION s. f. (trô-pi-da-si-on — du lat. trepidus, agité, lequel se rattache luimême au verbe trepo, tourner; ce dernier mot représente exactement le grec trepô, tourner, d'où tropos, tournure, tropé, tour). Pathol. Tremblement des membres , des nerfs, etc. : Jamais je n'ai ressenti de trépidation nerveuse pareille à celle qui me tord les entrailles en ce moment. (F. Guillerm.)

— Fig. Violente agitation : La pensée de ta mort le remplit de trouble , de crainte, de regrets; il maintient son âme dans une sorte de trépidation incessante qui le porte d changer à tout moment de dessein et de lieu, (De Tocquev.) Le poète ressentit, son manuscrit à la main, une trépidation gui ressemblait à de la peur. (Balz.)

— = Astron. anc. Balancement alternatif du nord au midi, et du midi au nord, que les anciens attribuaient au firmament.

— Géol. Léger tremblement : A la Jamaïque, il faut s'attendre, une fois par an, à une trépidation du sol. (L. Figuier.)

— Mar. Mouvement légèrement saccadé, qui ne fait parcourir au navire aucun espace sensible.

TREP

TRÉPIED s. m. (tré-piê — du latin tripes, génitif tripedis, proprement qui a trois pieds ; do 1res, trois, et de pes, pied). Ustensile de cuisine à trois pieds, qui sert à soutenir sur le feu un'chaudron, un poêlon. U Tout meuble à trois pieds : Lavabo, guéridon en trépied.

— Antiq. Petit siège à trois pieds sur lequel se plaçait la sibylle, quand elle voulait interroger la divinité et rendre ses oracles : Le trépied de Delphes,

Sur son trépied divin la Sibylle inspirée Parla et se couvre encor d'une écume sacrée.

Lkoouvé.

Il Fig. Etre, se croire sur le trépied. Parler avec enthousiasme, & la manière de l'antique sibylle.

— Anat. Trépied cœliaque, Terminaison de l'artère ou tronc cœliaque, qui se partage en trois branches. Il Trépied vital. Ensemble des trois fonctions essentielles de la vie : LeiRkpied vital est constitué par la respiration, la circulation et l'innervation.

— Encycl. Antiq. Les trépieds anciens sont fort nombreux et étaient affectés à des usages variés. A l'intérieur des maisons, on y posait des lampes, des vases, des bassins principalement destinés a contenir l'eau nécessaire aux besoins de l'habitation. Dans les temples, les trépieds portaient des brûle-parfums, les vases d'eau lustrale. Homère parle fréquemment de ce genre de meubles, dont la forme dut être réglée par des raisons hiératiques. Le trépied qui couvrait l'ouverture de.1 antre de Delphes et sur lequel s'asseyait la pythie pour rendre ses oracles est le plus célèbre qu'on puisse citer. A Athènes, il y avait une rue des Trépieds, ainsi nommée parce qu'elle contenait plusieurs temples où se trouvaient un grand nombre de ces supports dédiés aux. dieux. Le trépied était une des offrandes que la piété païenne consacrait le plus habituellement dans tes temples. Quelquefois, c'était par centaines que les villes, sur la foi des oracles, déposaient des trépieds de bois ou déterre cuite dans les édifices religieux. Les vainqueurs des jeux publics qui avaient obtenu des trépieds pour prix les dédiaient aux dieux en sigiie de reconnaissance. A Thèbes, les prêtres d'Apollon consacraient chacun un trépied à ce dieu, dont c'était d'ailleurs un des symboles. Après la bataille de Platée, les Grecs vainqueurs des Perses consacrèrent à Apollon un trépied d'or.

La forme du fameux trépied de Delphes devint un modèle qu'on imita souvent. A Alexandrie, dans les pompes des Ptolémées, on vit souvent figurer des trépieds delphiques en argent ou en or. Constantin lit placer dans l'hippodrome de Constantinople un trépied delphique, également en or.

TRÉPIGNÉ, ÊE (tré-pi-gné ; gn mil.) part, passé du v. Trépigner. Foulé : Terre trépig née. Il ne faut jamais souffrir que ta terre du jardin soit trépignes. (L.a Quintinie.)

TRÉPIGNÉE s. f. (tré-pi-gné; gn mil. — rad. trépigner). Pop. Volée de coups : Il a 'cçu une fameuse trépignes.

TRÉPIGNEMENTS, m. (tré-pi-gne-man; m mil. — rad. trépigner). Action de trépigner : Les cris, les rires, tes trépignements de ces mille pieds faisaient uu grand bruit et une grande clameur. (V. Hugo.)

— Théâtre. Manière d'applaudir en trépignant, en frappant des pieds, qui est usitée dans la claque.

TRÉPIGNER v. n. ou intr. (tré-pi-gné; gn mil. — Ce mot est pour trepiner, extension de treper, triper, sautiller, gambader, marcher, faire de petits pas, du radical trop, trip, auquel se rattachent les mots germaniques trappen, trappeln, trempetn, irippetn, hollandais trippen, anglais to trip, qui tous marquent mouvement du pied). Frapper des pieds, en les remuant d'un mouvement prompt et fréquent : Trépignkr de colère, d'impatience, de dépit. A certain passage de la Muette, j'ai ou que la voûte allait s'écrouler; on n'applaudissait pas, on trépignait. (Chadeuil.)

Il trépigne de joie, il pleure de tendresse.

HOII.EAU.

— Manège. Se dit d'un cheval ardent et colère qui, sans bouger tle place, lève et pose précipitamment ses extrémités, en grattant quelquefois le sol avec force : Ce cheval ne fait que trépigner.

— v. a. ou tr: Hortic Fouler avec les pieds : Trépigner la terre. Il Trépigner un arbre, Fouler avec les pieds la terre qui est autour.

— Techn. Trépigner les laines, En mêler les couleurs.

TRÉPIGNEUR, EUSE s. (tré- pi - gneur, eu-ze; ,ga mil. — rad. trépigner). Persoune qui trépigne, qui a l'habitude de trépigner : Vous êtes un trépigneur insupportable.

TRÉP1GNIS s. m. (tré-pi-gni ; gn mil.). Mêlée générale des chevaliers, dans les tournois.

TRÉPIZ1TE s. f. (tré-pi-zi-te — du village de Trepiz, en Saxe, où l'on a découvert ce minéral). Miner, Sorte de stalactite siliceuse.

TRÉPOCARPE s. m. (tré-po-kar-pe — du gr. trepô, je tourne ; karpos, fruit). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des euminées, dont l'espèce type .habite l'Amérique du Nord.

TRÈS

TRÉPOINTE s. t. (tré-poin-te). Techn.

Bande de cuir mince qu'on coud entre deux pièces de cuir plus épaisses.

TRÉPONs.m. (<ré-pon). Mar. Voile carrée qui remplace quelquefois les voiles latines pendant les gros temps.

TRÉPORT s. m. (tré-por). Ane. mar. Pièce du ohâteau'de poupe. Il Allonge de cornière.

TRÉPORT (le), ville et port de France (Seine-Inférieure), sur la Manche, à l'embouchure de la Bresle, arrond. et à 28 kilom. N.-E. de Dieppe, eant. d'Eu; pop. aggl., 3,618 hab. — pop. tôt., 3,840 hab. Construction de navires, pêche de harengs, entrepôt de sel, bains de mer fort en vogue. Le Tréport, qui parait n'être autre que VUlterior Portus des Commentaires, commence k apparaître dans l'histoire vers le ixe siècle. Robert 1er, comte d'Eu, y fonda, de 1057 à 1066, le monastère de Saint-Michel, célèbre abbaye de l'ordre de Saint-Benoît, dans laquelle il fut inhumé en 1090. En 1471, le comte d'Eu, Jean de Bourgogne, comte de Nevers, fit creuser d'Eu au Tréport le canal d'Artois et établit des verreries dans la forêt. Le commerce du Tréport devint alors florissant, et ses vaisseaux, réunis à ceux de la ville d'Eu, tinrent la mer avec avantage. François de Clèves.seigneur.d'Eu et duTréport,fitcreuser un vuste bassin dans le port, qui fut dès lors en mesure de recevoir des bâtiments de 300 tonneaux (1545) ; il protégea aussi la ville contre les attaques continuelles des Anglais, en élevant une tour en grès sur le bord de la mer. Cette forteresse, devenue inutile dans la suite des temps, les alluvions ayant mis un trop grand espace entre les flots et le pied de ses murs, a été démolie en 1836. L'importance du Tréport diminua sensiblement lorsque Calais eut été rendu à la France (1558) ; ce ne fut plus qu'un port de pêche et de cabotage. Divers travaux y ont cependant été exécutés pour lui rendre son ancienne importance. En 1847, un crédit fut voté pour de nouvelles améliorations; les travaux, interrompus par la révolution de Février, furent repris en 1862. A cette époque, la jetée de l'est a été prolongée d'une trentaine de mètres; l'écluse de chasse a aussi été reconstruite et le radier a été baissé. Mais la profondeur insuffisante du port ne permet pas aux navires d'y péné'trer à marée basse; il est, en outre, obstrué de galets d'une façon incommode pour la navigation. Le port du Tréport reçoit chaque année un certain nombre de bâtiments suédois ou norvégiens chargés de bois, et de bâtiments anglais chargés de houille ou d'ardoise; plusieurs remontent le canal de la Bresle jusqu'à Eu. Eu 1861, suivant le compte établi par M. Penel, le mouvement de la grande navigation a été au Tréport de 31 navires, 3,432 tonnes, à l'entrée, et de 39 navires, 3,500 tonnes, à la sortie; le mouvement du cabotage a été de 15 navires à l'entrée et de il navires à la sortie. Sur la jetée de l'ouest est établi un feu de marée du quatrième ordre (11 mètres d'altitude ; portée, 10 milles), La Suède est seule représentée au Tréport par uu consul. La pèche est la principale source de commerce du Tréport; 60 à 70 bateaux y sont annuellement employés ; elle occupe presque toute la population indigène, qui se partage entre la pêche elle-même, la fabrication des cordages et des filets et la construction des bateaux. L'établissement des bains de mer du Tréport, une des stations les plus à la mode, est bâti un peu en avant de la ville, sur la plage ; il se compose d'un casino entouré de pelouses gazonnées et comprend une belle salle de danse et un salon de lecture, réunis par une largo galerie, où sont installés les divers jeux en laveur aux bains de mer. Non loin de l'établissement se trouve celui des bains chauds et d'hydruthérapie. La plage, vaste promenade de plus' de 500 mètres de longueur, forme terrasse au-dessus de la mer et est bordée de l'autre côté d'une rangée de maisons élégantes, bâties en brique et pour la plupart assez élevées. En face du casino, on remarque un pavillon à pans coupés, composé d'un seul étage sur perron et construit par la famille d.'Orlèans.

TRÉPORTAIS, AISE s. et adj. (tré-por-lè, è-ze). Uéogr. Habitant du Tréport; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Trkportais. La population tréportaise.

TREPSICBROÏS s. m. (trè-psi-kro-iss — du gr. tvepsis, changement; chroa, couleur). Entoni. Gemed'insectes lépidoptères diurnes.

TRÊPTOW, ville des Etats prussiens (Pomérauie), à 77 kilom. N. - K, de Stettin ; 6,000 hab. Fabriques de draps, de bas et de chapeaux,

TRÈQOE s. f. (trè-ke). Ane. chorégr. Espèce de branle.

TRÉRON s. m. (tré-ron). Oinith. Genre d'oiseaux, du groupe des pigeons.

TRÉRONINÉ, ÉE adj. (tré-ro-ni-né — rad.

tréron). Urnith. Qui ressemble ou qui^se rapporte au tréron,

— s. f. pi. Tribu d'oiseaux, de la famille des colombidées, ayant pour type le genre tréron.

TRÈS adv. (trè, — Ce mot, qui vient du latin trans, signifiait autrefois au delà. L'idée exprimée autrefois par très, c'est-à-dire celle d'outre-passcr, de dépasser, d'excéder les bor.

TRES

nés, se lie naturellement, ainsi que le remarque Chevallet, à l'idée de dépasser, de surpasser de beaucoup ses concurrents, d'exceller; aussi très est-il devenu synonyme de beaucoup, fort, extrêmementet se place-t-il devant les adjectifs' dans les cas où les Latins employaient la forme du superlatif). A un haut dej-'ré, pour marquer le superlatif absolu : TRks-6on. TRÈs-mouuat*. TRES-estimé. Tréspeu. TRBS-sagement. Les hommes mus-grands vivent plus longtemps que les hommes trèspetits. (Maquel, ) Nous flottons continuellement entre la tentation de nous plaindre pour trèspeu de chose et celle de nous contenter à trop bon marché. (Guizot.)

— Uramm. Très, d'après l'Académie, se joint toujours par un trait d'union à l'adjectif ou à l'adverbe qu'il modifie. Un assez 'grand nombre d'écrivains semblent portés a rejeter cet usage. Très ne peut jamais se rapporter à un substantif ou à un verbe; ainsi il ne faut pasdire : J'ai très- faim, très-soif, trèsenvie; Cette nouvelle s'est très-répandue ; on le remplace alors par un autre adverbe ou par l'adjectif jraiid : J'ai grand' faim, J'ai bien soif ; Cette nouvelle s'est singulièrement répandue.

— Syn. Tré», tort. V. FORT.

TRESA ou TRESSA, anciennement Ceressus, rivière qui sort de l'extrémité O. du lac de Lugano. Elle court à l'O., en formant d'abord une très-petite partie de la limite du canton suisse du Tessin et de la province de Côme, entre bientôt dans ce dernier pays et se jette dans le lac Majeur, après un cours de 13 kilom.

TRÉSAILLE s. f. (tré-za-lle; Il mil.).

Techn. Pièce horizontale, qui maintient les ridelles d'une charrette.

TRÈS AL s. m. (tré-zal). Agric. Nom donné au blé de mars, dans les environs de Genève,

TRESCA (Henri-Edouard), savant français, né en 1814. Au sortir de l'Ecole polytechnique (1835), il entra dans les ponts et chaussées, puis ubandonna cette carrière pour s'occuper exclusivement de l'étude des sciences. Depuis lors, M. Tresca est devenu successivement inspecteur général de l'Exposition française à Londres en 1850, commissaire général chargé du classement de l'Exposition universelle de 1855, sous-directeur du Conservatoire des arts et métiers et enfin professeur de mécanique industrielle dans cet établissement. M. Tresca a été nommé en 1872 membre de l'Académie des sciences. Ou doit à ce savant : Traité élémentaire de géométrie descriptive (1851); Visite à l'Exposition universelle de 1855 (1855, in-18), ouvrage écrit avec plusieurs collaborateurs et qui obtint un grand succès; Mécanique pratique, machines à vapeur 11863, in-8°), en collaboration avec le général Morin ; Cours de mécanique appliquée (1874, in-4*), etc.

TR ESC ALAN s. m. (trè-ska-lan). Bot. Nom vulgaire du millepertuis, dans le midi de la France.

TRESCHEUR s. m. (trè-cheur — du bas lat. tressorium, tresse). Blas. Ancienne orthographe de trécheur.

TRESCHOW (Niels), philosophe et théologien danois, né à Drammen (Norvège) en 1751, mort en 1833. Il étudia pendant cinq ans la théologie à l'université de Copenhague, s'y occupa en même temps de philosophie , d'histoire , de mathématiques et de sciences physiques, et, après avoir professé quelque temps à l'école de Drontheim, succéda en 1780 au célèbre Jacques Buden, comme recteur de l'Académie d'Helsingœr. Nommé en 1789 directeur de l'Ecole de la cathédrale de Christiania, il profita des facilités que lui offrait cette position pour introduire des améliorations importantes dans le sys- .tème d'éducation suivi en Danemark, obtint en 1796 le titre de docteur en théologie de l'université de Copenhague, pour sa dissertation latine sur V Ànihropomorphùme, devint en 1813 professeur de philosophie à l'université deFrédéiic, à Christiania, et, après la réunion de la Norvège à la Suède, fut nommé par le nouveau roi surintendant des affaires de l'instruction publique et des cultes, poste qu'il occupa pendant dix années. On cite comme ses ouvrages les plus remarquables : la Moralité dans ses rapports avec l'Etat'; Principes de législation; l'Esprit du christianisme ; Traduction de l'Evangile de saint Jean ; Testament philosophique ou Dieu, la nature et la révélation, etc. Il avait, en outre, fourni a la Alinerva, de 1780 à 1789, un grand nombre d'excellentes études sur les écrits de Kant.

TUESCO on TRESCAW, Ile d'Angleterre (Cornouu.illes), une des Sorlingues, à l'O. de l'Ile d'Annet. Le sol en est três-fertile. Elle est habitée par une cinquantaine de familles, qui occupent le village de Delphintown.

TRÉSEAU s. m. (tré-zo — rad. treize).

Féod. Réunion de treize gerbes laissées sur le champ jusqu'à ce qu'elles eussent été dlmées et champarties.

— Ane. métrol. Ancienne unité de poids pour la soie, qui valait environ 3 gri8.

TRESENTA, pays de l'île de Sardaigne (Italie), province de Cagliari; 9,000 hab. Celte contrée, dont la principale localité est Guasile, est fameuse par sou extrême fertilité. Ou y récolte principalement du blé et du vin et on y trouve d'excellents pâturages.

TîtES

TRÉ-SEPT s. m. (tré-sètt — du lat, très, trois, et de sept). Jeux. Sorte de jeu de cartes. Il On dit aussi tfé-skttb.

— Encycl. Le tré-sette se joue à quatre personnes, deux contre deux, et avec un jeu complet dont on a ôté les huit, les neuf et les dix. La valeur des cartes est ainsi réglée en allant de la plus haute & la plus basse : trois, deux, as, roi, dame, valet, sept, six, cinq et quatre. Après avoir fixé le nombre des coups dont la partie doit se composer et tiré la donne au sort, le donneur distribue à chacun dix cartes, soit par trois, trois et quatre, soit pur quatre, trois et trois. Alors chaque joueur examine son jeu, afin de compter les points des chances ou points d'annonce qui peuvent s'y trouver, mais il ne doit les annoncer que lorsqu'il a jeté sa première carte. La première chance se nomme napolitaine : elle consiste dans la réunion des trois, des deux et de l'as d'une même couleur, et vaut trois points. Si elle est suivie, dans l'ordre hiérarchique,de cartes de même couleur, on marque un point en sus pour chacune de ces cartes. Celui qui fait tré-sept Ou trois-sept, c'est-à-dire qui a trois sept, gagne quatre points. Trois deux valent trois points, ainsi que trois trois et trois as. Toutes les autres cartes par trois, comme trois rois , trois dames , trois valets, etc., ne comptent que pour un point. I,es cartes se jouent de la même manière qu'aux autres jeux à partenaires; mais les couleurs n'ont aucune importance et il n'y a point d'atout. Le coup terminé, chacun examine ses levées et marque les points ou points de jeu qu'elles produisent. Dans toute levée, trois figures, de quelque couleur qu'elles soient, valent un point. Il en est de même des deux et des trois. Les as seuls valent un point chacun. La dernière levée compte aussi pour un point. Le coup est gagné par ceux des associés qui sont parvenus les premiers a réunir vingt et un points, ce qui leur vaut une fiche. S'ils ont fait ce nombre de points avant que leurs adversaires aient pu en marquer onze, ceux-ci sont tenus de la payer le double. Enfin, s'ils gagnent par des points de jeu, ils gardent, pour le coup suivant, les points qui excèdent vingt et un ; mais ils ne jouissent pas de cet avantage quand c'est par des points d'annonce qu'ils obtiennent la victoire. Il existe plusieurs circonstances qui donnent lieu a des payements considérables. Quand un joueur, étant premier à jouer, se trouve avoir en main une napolitaine suivie de sept cartes de même couleur, dans l'ordre . hiérarchique, il gagne nécessairement le coup d'emblée; c'est ce que l'on appelle gagner par calladondrion, et celui qui a cette chance reçoit seize fiches. Une napolitaine, accompagnée de trois trois, trois deux, trois as, etc., peut aussi faire gagner en main; on ga^ne alors par calladon, et le joueur qui possède ce jeu reçoit huit fiches. Celui qui fait seul les neuf premières levées gagne par strammason et reçoit six fiches. Enfin, deux joueurs associés qui font toutes les levées gagnent par callade et reçoivent quatre fiches ; slls gagnent par strammasette, c'est-à-dire s'ils font seulement les neuf premières levées, ils ne reçoivent que trois fiches; mais, dans ce cas, ils comptent en sus les points résultant des cartes qui composent leurs levées.

TRES-FOHCAS, cap du Maroc, dans l'ancien royaume de Fez, au N. de Melilla, par 35" 27' de latit. N. et 5° 16' de long'it. O.

TRÈS-GRANDS, m. Ichthyol. Nom vulgaire d'une espèce de squale.

TRÈS-HAUT S. m. V. HAUT.

TRÉSILLON s. m. (tré-zl'llon ; Il mil.). Mar, Morceau de bois servant à serrer deux corriges ensemble au moyen d'une ligature.

— Techn. Morceau de bois qu'on met entre deux ais nouvellement sciés, arin que l'air circule entre eux et contribue à les sécher.

TRÉSIILONNER v. a. ou tr. (tré zi-llo-né; Il mil. — rad. trésilton). Mar. Serrer k l'aide d'un trésillon.

— Techn. Séparer, isoler par des trésillons : TrÉSillonnbr des planches.

TRES-ISLAS, groupe de trois petites lies de la Guyane hollandaise, à l'embouchure de l'Essequibo, dont elles protègent l'entrée. L'une d'elles renferme un fort.

TRES-IRMAOS (PONTA-DOS-), cap de l'Amérique du Sud, sur la côte N.-K. du Brésil, province de Rio-Grande-do-Norte, à 52 kilom. N.-O. de Natal, par 50° da latit. S. et 38° 17' de longit. O.

TRESKOW (Hermann von) général prussien, né en 1805. Entré en 1835 dans l'armée prussienne comme sous-lieutenant, il se fit remarquer pendant les événements de 1848 et pendant la guerre du Slesvig-Holstein, surtout au siège de Fiédérieia. Attaché en 1854 à l'état-inajor, il devint, en 1856, aide de camp du roi Frédéric- Guillaume IV. Nommé, en 1861 colonel, il alla passer, en 1863, quelque temps à l'armée russe, fut nommé chef d'état-major du général Werder et commanda, en 1864, le corps d'année placé sur la frontière russo-prussienne. En 1865, il fut nommé général et chef du cabinet militaire. Il contribua à la réorganisation de l'armée prussienne et des troupes de la Confédération du nord de l'Allemagne. Ii accompagna le roi pendant la guerre austro-prussienne de 1866 et au commencement de la guerre francoallemande de 1870, et fut investi du comiaan-

TRES

dément du 17e corps placé sous les ordres du grand -duc de Mecklembourg-Sehwerin. En janvier 1871, il devint le chef du cabinet militaire nouvellement organisé et il commanda pendant quelques temps la 19« division allemande du corps d'occupation en France.

TRESKOW (Udo von) général prussien, né en 1810 à Jerichow, dans la Silésie prussienne. Sorti des écoles militaires, il entra en 1826 dans l'armée prussienne et devint, en ISIS, capitaine ; en 1856, major; pendant la guerre du Slesvig-Holsiem, colonel, et, après la fin de cette guerre, commandant de la place de Mayence, fonction qu'il conserva jusqu'en 18S6. Pendant la guerre austroprussienne, il commanda une division du second corps de l'année de la réserve prussienne. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il se distingua au siège do Belfort et dans les combats livrés à l'année de Bourbaki. Nommé le 18 janvier 1871 lieutenant général, il occupa Belfort le 18 février. Après la conclusion de la paix, il fut appelé au commandement de la 2e division établie à Dantzig.

TRÉSOR s. m. (tré-zor — latin thésaurus, grec thesauros, proprement lieu où l'on dépose , du radical qui est dans thaô , lithêmi, mettre, poser, placer, savoir la racine sanscrite dliâ, poser, placer. Diez pense que l'insertion du r dans le français trésor et le napolitain iresoro remonte tièa-haut, puisque l'anglo-saxon a trésor et le vieux haut allemand treso, triso, et que ces mots germaniques sont d'importation romane). Amas d'or, d'argent, d'objets précieux : Enfouir des trésors. Trouver un trésor caché. Amasse: des trésors pour l' arrière-saison. (Legouvé.) Il Lieu où ces objets sont enfermés : Avoir sur soi la clef de son trésor.

— Reliques et ornements de prix que l'on conserve dans certaines églises : Le trésor de Notre-Dame de Paris. Il Lieu où l'on garde ces objets.

— Lieu où l'on gardait les archives, les titres, les papiers d'une seigneurie, d'une communauté : Le trésor des chartes d'une abbaye, du roi, d'une seigneurie.

— Nom qu'on donne, à Rome, à la banque du Saint-Esprit et au mont-de-pieté où Ion garde les objets laissés en nantissement par le public.

— Grandes richesses : Amasser des trésors. Avoir de grands trésors. Les trésors de Crésus ont passé en proverbe. (Acad.)

— Objet précieux, éminemment bon ou utile : Les TRÉSORS de la science. Des trésors d'érudition. Un véritable ami est un grand trésor. (Acad.) L'amour est un trésor de souwnirs. (Balz.) Le plus précieux des TRÉ- SORS que l'Amérique renfermait dans son sein, c'était la liberté. (Chaleaub.)

— Charmes, attraits d'une femme, et particulièrement Attraits cachés ; s'emploie surtout au pluriel : Des trésors naissants. ,

Ces trésors dont le ciel voulut vous embellir, Les avez-vous reçus pour les ensevelir?

Racine.

L'épouse veut encor

Fuir l'époux qui l'embrasse;

Mais sur plus d'un trésor

Le fripon fait main basse.

BÉKANOEK.

— Personne ou chose pour laquelle on a un grand attachement : Cet enfant est un trésor. (Acad.) Le destin des femmes, des mères est de trembler toujours pour leurs plus chers trésors. (Balz.) Il S'emploie souvent comme expression d'amitié : Cher TRÉSOR, combien je te trouve beau! (Balz.)

— Un trésor de, Une mine abondante, un riche amas de : Ce livre est un trésor Dii doctrine, on trésor de recherches. Le cœur d'une femme est un trésor du tendresse, a Dans le style biblique, Profusion, grand amas de : Le trésor dus miséricordes divines. Le trésor des vengeances célestes. Le trésor des mérites de Jésus-Christ. L Ecclésiaste nous représente la femme juste chargée des trésors D'honneur etttugi âce qu'elle a amasses. (Fléch.)

— Poétiq. Trésors de la terre, Fruits, productions de la terre. Il Trésors du printemps, de Flore, Fleurs. Il Trésors de Cérês, Moissons, blés. Il Trésors de BaccUus, Raisins, vendanges, vin. il Trésors de Pomone, de Verlumne, Fruits. Il Trésors de l'automne, Fruits et vendanges.

— Prov. Mieux vaut trésor d'honneur que d'or, L'honneur est plus précieux que les richesses.

— Politiq. Trésor public, Trésor de l'Etat ou simplement Trésor, Revenus de l'Etat, sommes destinées aux services publics : C'est ta guerre qui appauvrit nécessairement le trésor public, à moins que tes dépouilles des vaincus ne te remplissent. (Volt.) H Lieu où les revenus de l'Etat sont déposés et administrés : Aller au Trésor. Il Administration des deniers publics : Employés du Trésor.

Les dettes du Trésor font sa prospérité.

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