‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 36 sur 1042 · V. THALAME · texte numérisé non relu

V. THALAME

THALAMITE s. m. (ta-Ia-mi-te — du gr.

thalamos, lit nuptial). Cru«t. Genre de crustacés décapodes brachyures, de la tribu des portumens, formé aux dépens des portunes, et comprenant de nombreuses espèces, qui habitent le voisinage des tropiques dans les deux continents.

THALAMITE s. m. (ta-la-mi- te — gr. thalamités; de thalamos, chambre, réduit). Antiq. gr. Rameur du banc inférieur, dans une trirème.

— Encycl. Les rangs des rameurs dans un navire étaient placés les uns au-dessus des autres. Quand on parle seulement de trois rangs, comme pour les trirèmes, il n'y a rien dans cette disposition qui paraisse extraordinaire ; mais elle le devient déjà lorsqu'il s'agit de cinq rangs de rameurs. En effet, le rang le plus rapproché de l'eau devait pourtant se trouver au-dessus de sa surface, et, par conséquent, le cinquième rang devait être à une hauteur considérable ; il lui fallait donc des rames d'une très-grande longueur. C'est bien autre chose quand on parle de navires a trente ou quarante bancs de rameurs, comme il y en eut quelques-uns dans les derniers siècles de l'antiquité ; ici, la disposition par rangs superposés devient tout à t'ait incroyable. Cependant, il n'est pas permis de la mettre en doute. Elle se voit dans tous les ouvrages d'art où se trouvent représentés des bancs de rameurs. Callixène, qui a décrit le fameux navire de Ptolémée Philopator, à quarante bancs de rameurs, dit que le navire s'élevait de 53 coudées au-dessus de la surface de l'eau. Cette hauteur était suffisante pour les quarante rangs, d'autant plus que ces rangs se trouvant placés un peu en arrière les uns des autres, l'espace en hauteur qui les séparait n'était pas très-considérable. Les rameurs qui occupaient le banc le plus élevé avaient des rames longues de 38 coudées.

Dans tout navire, les rameurs les plus rapprochés de l'eau, .qui étaient les thalamiles dans les trirèmes, avaient les rames les plus courtes, et comme par cela même leur travail était le moins pénible, ils recevaient la plus faible paye.

THALAMIUM s. m. (ta-la-mi-omm). V. tha-

LAMK.

THALASIE s. f. (ta-la-zî — du gr. thallà, je verdis). Bot. Syn. de panic, genre de graminées.

T1IALASSA1TUALASSA1 (La mer l la mer/)

Cette exclamation rappelle l'étonnante série de marches militaires qu'on a nommée la retraite des Dix mille, et' dont Xénophon fut le capitaine et l'historien.

Partis du champ de bataille de Cunaxa,où s'était brisée la fortune de Cyrus le Jeune, les dix mille auxiliaires grecs que ce prince avait pris à sa solde pour combattre son frère exécutèrent leur retraite en bon ordre, malgré les attaques continuelles des barbares, et, après une marche de seize mois à travers les déserts et les montagnes de l'Asie, ils arrivèrent épuisés au sommet de la montagne de Thechès , d'où ils aperçurent le Pont- Euxin. Jamais naufragés ne poussèrent le cri de terre J avec plus d'ivresse que les Grecs n'en ressentirent à la vue de ces flots qui allaient entin les conduire dans leur patrie. « La merl la meri • s'écrièrent-ils en s'embrassant et en versant des larmes de joie. Il leur fallut cependant combattre encore à travers les montagnes de la Colchide, et ce ne fut qu'après de nouvelles fatigues et do

THAL

nouveaux dangers qu'ils purent s'embarquer pour retourner en Grèce,

• A l'approche de la grande marée du mois de mars dernier, tout le monde voyait eii imagination les vagues de l'Océan balayant le dessus des falaises de Dieppe et de Cherbourg, et criait comme les soldats de Xénophon ; Thalassa! thalassal »

Babinet.

«Le peuple allemand sent que ses intérêts ne sont pas de l'autre côté du Rhin ; c'est au Nord que le pousse son instinct, c'est vers la mer qu'il tend : Thalassa! thalassal la mer, cet élément indispensable de la vie de tous les Etats" civilisés, sans lequel toute nation, quelque vigoureuse qu'elle soit, doit dépérir et s'éteindre. «

(Gazette de l'Allemagne du Nord.)

THALASSÉE s. f. (ta-lass-sé — du gr. thalassa, nier). Orniih. Genre d'oiseaux palmipèdes, formé aux dépens des sternes, il Quelques-uns font ce mot masculin.

THALASSÈME s. m. (ta-lass-sè-me — du gr. thalassa, mer). Zool. Genre de vers marins, rangé, suivant les divers auteurs, dans la classe des annélides ou dans celle des échinodermes.

— Enoycl. Les thalassèmes sont caractérisés par un corps mou, cylindrique, aminci en avant, obtus en arrière, composé d'anneaux très-nombreux et très-serrés, dont chacun est entouré d'un cercle de papilles glanduleuses, plus saillantes vers l'extrémité postérieure; la bouche très-petite, tout a fait antérieure, non rétractile, située dans la cavité de la base d'un ample tentacule courbé en forme de cuilleron, plissé longitudinalement et largement ouvert en dessous ; des soies droites, plates, lisses; les deux antérieures prismatiques et crochues, les postérieures crochues aussi, plus petites, mais plus fortes, rapprochées et disposées sur deux rangs circulaires. Les espèces très-peu nombreuses de ce genre vivent dans la mer et fréquentent surtout les régions voisines des rivages. Le thalassème commun ou échiure, appelé aussi thalassème des rochers, lombric de mer, etc., se trouve sur les côtes de l'Océan, où il vit enfoncé dans le sable. Les pêcheurs reconnaissent la présence. de ce ver aux excréments qu'il laisse, à la manière des lombrics, sur le sable de la mer ; ils fouillent alors ce sable avec une bêche ; on prend ainsi, sur les côtes de Dieppe, des quantités considérables de ces annélides, qu'on emploie avec avantage comme appât pour prendre les poissons. Le thalassème comestible, qui forme aujourd'hui le type d'un genre distinct, est d'une couleur carnée; il a le corps renflé en massue à l'avant, la bouche entourée de tubercules-ridés et velus, la partie postérieure dilatée et tuberculeuse; il vit dans les mers de l'Inde et de la Chine et sert à l'alimentation.

THALASS1ANTHE s. m. (ta-lass-si-an-te

— du gr. thalassios, marin ; anthos, fleur). Bot. Genre d'actinies, des mers d'Afrique.

THALASSIB1E adj. (tà-lnss-si-bl — du gr. thalassa, mer; bios, vie). Hist. nat. Qui vit, qui végète dans l'eau de la mer.

THALASSIDROME s. m. (ta-lass-si-dro-me

— du gr. thalassios, marin ; dromeus, coureur). Ornith.. Genre d'oiseaux palmipèdes, formé aux dépens des procellaires ou pétrels.

— Encycl. Le genre thalassidrome est caractérisé par un bec qui est plus court que la tête, mince, Crochu et très -comprimé à -la pointe; les narines sont réunies en un seul orifice; les tarses sont longs et grêles; les ailes aiguës; la queue carrée ou faiblement fourchue. Les tkalassidromes se cachent pendant le jour et ne sortent de leur trou que vers le soir, ou lorsqu'une tempête se prépare. Le thalassidrome tempête, dit vulgairement oiseau des tempêtes, n'est guère plus gros qu'une alouette. Son plumage est d'un noir mat en dessus; le croupion et les sonscaudales sont de couleur blanche. On ne le voit en mer le jour qu'à l'approche des tempêtes , et quand il vient se poser sur les navires, ce n'est pas pour chercher un abri, c'est pour trouver dans le sillage du bâtiment une proie plus facile, qui consiste en mollusques et animaux articulés. Il vole avec une grande célérité en effleurant les vagues de ses pieds. Il est répandu sur les mers d'Europe et apparaît sur les côtes du nord (le la France à la suite des ouragans ; on le trouve alors quelquefois mort sur le rivage ou même dans 1 intérieur des terres. Il se reproduit dans les crevasses des rochers des lies de la Manche qui avoisinent le Finistère. Sa ponte est d'un seul œuf presque rond, d'un blanc pur.

THALASSIE s. f. (ta-lass-sî — du gr. thalassa, mer). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétraïuères, de la famille des clavipalpes, dont l'espèce type vit au Cap de Boune-Espérauce.

— - Bot. Genre de plantes, de la' famille des naïadées, tribu des zostérées, ou type de la famille des zostéracées, comprenant quatre espèces, qui habitent le golfe du Mexique et la mer Rouge.

THALASSIN.INE adj.(ta-lass-sain,i-ne —

THAL

du gr. thalassa, mer), Hist. nat. Qui vit dans la mer.

— s. f. Crust. Genre de crustacés décapodes macroures, type de la famille des thalassiniens, dont l'espèce type vit sur les côtes du Chili.

THALASSINIEN, IENNE adj. (ta-lass-sini-ain, i-è-ne — rad. thalassine). Crust. Qui ressemble ou qui se rapporte à la thalassine.

— s. m. pi. Famille de crustacés décapodes macroures, ayant pour type le genre thalassine.

THALASSIOPHYLLE S. m. (ta-lûSS-si-Ofi-le — <ju gr. thalassios, marin; phullon, feuille). Bot. Genre d'algues, de la tribu des laminariées, formé aux dépens des laminaires, et dont l'espèce type vit dans le nord de l'océan Pacifique.

THALASSIOPHYTE s. m. (ta-lass-si-o-fi-te

— du gr. thalassios, marin; phuton, plante). Bot. Plante marine.

— s. m. pi. Syn. d'ALOuas ou hydrophytes. THALASSIORNIS s. m. (ta-lass-si-or-niss

— du gr. thalassios, marin ; omis, oiseau). Ornith. Genre d'oiseaux palmipèdes, formé aux dépens des garrots.

THALASSIQUE adj..(ta-lass-si-ke — du gr.

thalassa, mer). Hist. nat. Qui a rapport à la mer, qui appartient a" la mer.

— Géol. Se dit des terrains de sédiment supérieurs, qui sont superposés à la craie.

THALASSITE adj. (ta-lass-si-te — gr. thalassa, mer). Zool. Se dit des animaux qui vivent dans la mer.

— s. m. Ornith. Syn, de phaétuse ou

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