V. JUDS
Thadcua le reisuacité , roman publié, en 1833, par Michel Masson.'en collaboration avec Auguste Lucliet. Le comte Thadéus de Wurzheiin.a été pendu a Berlin, comme coupable d'avoir trempé dans une conspiration k laquelle il est resté étranger. Sauvé de la mort par l'habileté du chirurgien Elstein,mais n'osant pas même faire part k sa mère de sa résurrection, dans la crainte de compromettre son bienfaiteur, il se réfugie en France où il devient l'amant de la comtesse Clarence de Wauxbuin. La grande dame enceinte veut épouser celui en qui elle ne voit qu'un aventurier, mais il refuse, dégoûté de la bassesse des sentiments de Clarence, et lui découvre le secret de son existence. Elle le chasse comme un valet. Loin de plier sous le poids de son infortune bizarre, il entreprend contre l'adversité une de ces luttes' courageuses dont le spectacle émeut profondément les hommes. Demandant au travail de ses bras le pain de chaque jour, il entre chez un compagnon menuisier, Simon, qui le traite comme un frère. Il n'abdique point ses devoirs de père et s'entend avec le nouvel amant de la comtesse pour lui ravir Mathilde , le fruit de leurs amours. Simon accusé faussement de vol va être absous s'il dit un seul mot, lorsqu'il apprend que Clarence veut lui enlever sa Aile; il vole à sa défense et revient au moment où Simon vient d'être condamné. Il apprend en même temps que sa mère est à l'article de la mort et part pour la Prusse, en confiant Mathilde k l'amour de la comtesse. Il arrive k temps pour embrasser sa mère et lui fermer les yeux, puis un dernier
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coup vient le frapper : Clarence lui annonce le trépas de sa fille. Sans but désormais, il suit Elstein sur les champs de bataille en qualité d'aide-chirurgien , se fait remarquer par son sang-froid et remonte peu à peu jusqu'au rang élevé d'où la fortune l'avait précipité ; il ressaisit même la couronne de comte, qu'il gagne k la pointe de son épée et au prix de son sang.
Pendant ce temps, la comtesse de Wauxbuin, tour à tour femme galante et maltresse de tripot, spécule sur la beauté de Mathilde. N'ayant pu réussir à l'introduire dans la couche du roi, elle l'a vendue à un vieux duc, qui paye un mousquetaire, le baron de Verneuil, pour devenir son époux, de nom seulement. Endormie par un breuvage, Mathilde se réveille dans les bras de son séducteur, qui malgré son amour véritable ne peut désormais obtenir ses faveurs. La baronne, dans une promenade, rencontre un jeune peintre, Albert; jeunes tous deux, ils s'abandonnent aux douceurs de l'amour, sans qu'elle se fasse connaître.
Tandis qu'ils vivent heureux, la France est accablée de revers, et Louis XVIII rentre à la suite de ^étranger dans Paris. Thadéus accompagne son régiment. Insulté par Albert dans le Palais-Royal, il est forcé de se battre contre ce généreux enfant qui voulait anéantir un des envahisseurs de sa patrie et le blesse, mais il le soigne aussitôt avec la tendresse d'un père, A un dîner d'officiers, il apprend de la boucha même du baron de Verneuil, la preuve de l'existence de sa fille et de l'infamie de la comtesse. Il vole chez le duc, qu'il force k obtenir a prix d'urgent le divorce de Verneuil, et, après une scène terrible avec Clarence , retourne au chevet d'Albert. Il y rencontre Mathilde, dont il ignore la naissance, lorsque l'apparition soudaine de Mme de Wauxbuin, à la recherche de sa tille, la lui fait reconnaître. Albert veut l'épouser, mais Thadéus la lui refuse. Le jeune homme, instruit par quelques mots prononcés par Clarence dans la scène de reconnaissance, lui jette ces paroles à la face : iSi vous êtes un pendu, moi je suis le fils d'un galérien, nous sommes dignes de nous allier.» Albert raconte son histoire ; Thadéus retrouve en lui le fils de ce Simon, condamné par sa faute, et l'unit k Mathilde. Avant de mourir, il obtient la consolation de se voir réhabiliter par le roi de Prusse, auquel il découvre le mystère de sa résurrection miraculeuse.
La situation extraordinaire de ce mort vivant a fourni à l'auteur des effets heureux, dont il a su faire jaillir une foule de situations dramatiques du plus grand effet. Les caractères sont nettement dessinés; quantaustyle, il est clair, net, coulant et très-châtié.
TI1AEK (Albert), célèbre agronome allemand, né à Celle eu 1752, mort en 1S28. Fils d'un médecin et destiné à la même profession, il fit ses études à l'université de Gœttinguu, y fut reçu docteur en 1771 et revint se tixer dans sa ville natale pour y exercer la pratique de son art. Mais il s'occupa en même temps avec ardeur de l'étude de l'horticulture, de laquelle il passa bientôt à celle de l'agriculture, et, en 1794, il publia une Introduction à la connaissance de l'agriculture anglaise (3 vol.), dont la 3" édition parut en 1816; en 1799, il entreprit la publication des Annales d'agriculture de la basse Saxe (1798-1804, 3 vol.). La guerre ayant mis obstacle k la réalisation de son désir d'entreprendre dans le Hanovre une grande exploitation agricole, il accepta avec bonheur les offres qui lui fuient faites, eu 1804, par te gouvernement prussien. Le roi de Prusse le nomma conseiller intime au département de la guerre et lui fit don d'une propriété de 400 arpents, située dans les marais de l'Oder. Trouvant que ce terrain, par sou excessive fertilité, était peu propre aux expériences agronomiques qu'il se. proposait de faire, il l'échangea contre la terre de Mœglin, où il fonda, en 1807, une école agronomique. Ce fut vers la it.ême époque qu'il écrivit son principal ouvrage, les Principes d'agriculture rationnelle (Berlin, 1809-1810, 4 vol.), qui a été traduit dans presque toutes les langues de l'Europe, en français notamment par le baron Crud (Genève, 1811-1816, 4 vol. in-40; Paris, 1828-1829, 2" édit.). Lors de la réorganisation de la monarchie prussienne en 1807, Thaer avait reçu le titre de conseiller d'Etat, et il prit, eu cette qualité, une part active à l'élaboration des lois destinées à réglementer la situation agronomique de la Prusse. En 1810, il fut nommé professeur d'agronomie à l'université de Berlin et conseiller rapporteur au ministère de l'intérieur. L'année suivante, il fonda les bergeries de Berlin, devenues depuis lors si renommées, et, en 1815, devint intendant général de toutes-les bergeries du domaine royal. En 1818, il se démit des fonctions de professeur et, six ans plus tard, eut la satisfaction de voir son établissement de Mœglin élevé au rang d'école royale d'agriculture. On a encore de lui un autre ouvrage, que Matthieu de Dombasle a traduit en français sous ce titre : Description des nouveaux instruments d'agriculture les plus utiles (Paris, 1821, tii-4"). On lui doit d'avoir appliqué le premier les sciences naturelles à 1 agriculture , d'avoir fondé le calcul comparé des frais de production et du revenu à obtenir, d'avoir donné un immense développement à la culture des pommes de terre, ainsi qu'à l'élève des moutons
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et à la production de la laine, etc. En 1843 l'assemblée des agriculteurs et des forestiers allemands de Leipzig posa dans cette ville la première pierre d'un monument consacré k sa mémoire, et qui, exécuté en bronze par Rietschel , fut inauguré le 28 septembre 1850. Les agronomes prussiens lui ont, en outre, érigé un monument à Berlin. Sa biographie a été écrite par Kœrte (Leipzig, 1839).
THAGARA, ville forte de l'Indoustan, dans les Etats du Nizam, près d'Aurengabad. Cette ville, défendue par une forte citadelle, était regardée comme la clef du I'ecan ; mais ses fortifications ne l'ont point empêchée d'être prise et reprise plusieurs fois par les musulmans, notamment en 1294, 1306, 1595, 1634, 1758. Au commencement du xive siècle, Mohammed III voulut en faire sa capitale au détriment de Delhi, et il lui donna son nom actuel, qui signifie «séjour de bonheur.» Les habitants de Delhi vinrent s'y fixer en partie, mais le successeur de-Mohammed retourna à l'ancienne capitale. La fondation d'Aurengabad a porté le dernier coup à la prospérité de Thagara, qui n'est aujourd'hui qu'une ville déchue et malsaine.
THAHER (Al-Khouzaï-ben-Hossein-ben.- Massab), fondateur de la dynastie des Thahérides en Perse , mort en 822 de notre ère. Il avait acquis beaucoup de réputation comme général sous le règne d'Haroun-al-Raseliid lorsque, après la mort de ce prince, la guerre ayant éclaté entre ses deux fils, Al-Mamoun et Amin , Thaher se prononça en faveur du premier, se mit à la tête de l'armée du Khoraçan , battit l'ennemi à Rei , à Hamadadan, assiégea et prit Bagdad, poursuivit Ain'm, le fit prisonnier et le mit à mort (813). Al-Mamoun, devenu maître incontesté du califat, le nomma gouverneur de Syrie et de Mésopotamie. Par la suite, Thaher succéda à l'iman Ali-Ridha, comme gouverneur du Khoraçan (821), et s'y concila l'affection du peuple par la sagesse de son administration. Lorsqu'il put compter sur le dévouement de ses administrés, il se proclama indépendant et lança dans la grande mosquée de Merou l'amithème contre le calife ; mais, dès la nuit suivante, il mourut subitement, selon toute vraisemblance empoisonné. Le calife Al-Mamoun laissa le gouvernement du Khoraçan aux fils de Thaher, dont la révolte ne lui avait pas fait oublier les anciens services.
. THAHMASP ou TIIAMASP 1er {Aboul-Modhatfer-Behuder-Khan-Schah), roi de Perse, de la dynastie des Sofys, né en 1514 de notre ère, mort en 1576. Il avait dix ans lorsqu'il succéda, en 1524, à son' père Schah-Ismaël. Quatre ans plus tard, il livra en personne une bataille aux Ousbeks, qui étaient entrés dans le Khoraçan (1528), les rejeta au delà du Djihoun, puis vainquit les Ousbeks du Kharism, avec lesquels il fit la paix en épousant la fille de leur kan. Eu 1529, Thahmasp prit Bagdad, battit ensuite la tribu de Tekelou, qu'il dispersa ; mais un des chefs de celte tribu, Tekelou-UuLama-Beig, implora la protection des Ottomans, et le roi de Perse se vit peu après engagé dans une guerre avec des adversaires fort redoutables. Thahmasp perdit en peu de temps Bagdad, Moussoul et plusieurs places de l'Irak et du Diarbekir. Manquant d'artillerie, il évita avec soin les batailles décisives t se contenta de harceler l'ennemi, et malgré les avantages apparents de ce dernier , il lui fit, en fin de compte, plus de mal qu'il n'en reçut. En 1538, il réunit k la Perse le Chirvan, dont il donna le gouvernement à son frère Elkas-Mirza; mais ce prince se révolta, bientôt, fut battu et se réfugia auprès de Soliman, qu'il poussa k faire contre la Perse une nouvelle guerre, doDt les résultats ne furent point favorables aux Turcs (1548). Quelque temps après, lui autre de ses frères, Bahram-Mirza, se révolta aussi contre lui, mais avec aussi peu de succès que Elkas. Thahmasp s'empara ensuite de la Géorgie, s'attira par là une troisième guerre avec Soliman et signa enfin la paix avec lui à Amasie, en 1554. Ce prince passa les vingt dernières années de sa vie dans un repos honteux et se déshonora en laissant assassiner Bajazet II, qui était venu chercher un asile auprès de lui. Il mourut empoisonné, dit-on, par une de ses femmes.
THAHMASP ou THAMASP II, roi de Perse, de la dynastie des Sofys, mort vers 1739 de notre ère. Sou père, Schah-Houcein , réduit aux dernières extrémités par les Afghans qui l'assiégeaient dans Ispahan (1722) , l'envoya à Cazbyn pour y être en sûreté. Thahmasp s'y fit proclamer roi de Perse lorsqu'il apprit la mort de son père, mais se vit bientôt contraint par Mir-Mahmoud , devenu maître d'ispahan, de se retirer à Tauris. Là, il se livra k son goût pour les plaisirs et se borna à envoyer contre Mahmoud quelques troupes qui fuient battues. Bientôt après, les Russes attaquèrent Thahmasp par le nord, pendant que les Turcs entraient par l'occident dans ses Etats. En vain il envoya des ambassadeurs k ses puissants ennemis ; il ne parvint qu'à faire avec Pierre le Grand un traité qui n'empêcha point ce souverain d'en conclure un autre avec les Turcs pour opérer le démembrement de la Perse. Thahmasp se retira alors à Fehrabad, et il semblait demeurer spectateur indifférent à la lutte engagée entre les princes qui se disputaient ses Etats, lorsque le fameux Nadir prit le commande-
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ment de ses armées et fit rentrer sous son
Ïiouvoir Ispahan et la Perse orientale (1729). bientôt après, jaloux des succès de son lieutenant, qui semblait n'avoir relevé le trône des Sofys que pour s'y placer lui-même, le roi de Perse résolut de se signaler par quelque action d'éclat, rompit le traité signe par Nadir avec les Turcs, n'éprouva'que ^es-revers et se vit réduit à signer lui-même un traité honteux. Indigné de la conduite et de l'incapacité de ce prince, Nadir le fit déposer et donna la couronne au jeune Abbas III (1732). On croit que Thahmasp fut mis à mort sept ans plus tard par ordre de Riza- Kouli-Mirza, fils de Nadir.
THAÏ s. m. (ta-i). Linguist. Langue parlée . dans le royaume de Siam.
— Encycl. La langue thaï est monosyllabique et tire son origine de sources différentes; tantôt c'est du sanscrit, tantôt du pâli, idiomes sacrés de l'Inde ; en général, elle emprunte plus volontiers aux langues cambodgienne et chinoise. Aussi les mots de source véritablement thaï sont-ils en fort petit nombre. Son caractère particulier étant d'être une langue à tons ou chantante, comme le chinois et l'annamite, il n'est rien de plus difficile pour les Européens que de se faire k sa prononciation. Par un caractère particulier, l'alphabet constituant à lui seul toute la langue, si on le sait on connaît la langue elle-même. Sa littérature se compose surtout de livres philosophiques ou religieux et historiques. Les annales siamoises offrent les caractères d'une narration courte, nette et précise, et leurs légendes, qui n'ont ni l'ampleur ni la majesté de celles de l'Inde fabuleuse, n'en sont pas moins précieuses pour l'histoire, par suite de leur lucidité.
L'apologue est surtout très-cultivé, et c'est là surtout où éclate toute la richesse du génie oriental. On peut consulter sur cet idiome les ouvrages suivants : A grammar on the thaï, or siamese language, by J. Low (Calcutta, 1828, in-4<>); J.-Bapt. Pallegoix, Grammatica linguB thai (Bangkok, 1850, in-4°); Dictionarium lingux thai, auctore J.-B, Pallegoix (Paris, 1854, gr. ia-io); Dictionarium latinum thai, ad usum missionis siamensis (Bangkok, 1850, in-4<>),
THAIMS, village de France (Charente-Inférieure), cant. de Gémozac, arrond. et à 20 kilom. de Saintes, à 70 kilom. de La Rochelle, sur la Seudre; 440 hab. Tumulus gallo-romain.
THAI-N'GAN, ville de Chine, ch.-l. de dé-
Ïiartement, province de Chan-toung, k 60 kiom. de Tsi-nan.
TIIAIN1, ville de Barbarie, royaume de Tunis, à 15 kilom. S.-S.-O. de Sfax, près de la mer, dans une contrée inculte et sans eau. On y voit les ruines de Thœna.
THAI-ODAN, ville de Chine, ch.-l. de l'île Formose, sur la côte E., très-peuplée. Le port est d'un accès difficile.
THAI-PH1NG, ville dé Chine, province de Kouang-si, ch.-l. de département, par 22° 25' de latit. N. et 104°46' de longit. E.
THA1RA s. m. (tal-ra — du gr. thairos, gond). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranehes, du groupe des tro-
THAIRÉ, village de France (Charente-Inférieure), cant. d'Aigrefeuille, arrond. et à 14 kilom. de Rochefort, sur le Pontréau ; 1,369 hab. La tour fortifiée de l'église date du xiv* siècle. Le 27 juin 1574, il s'y conclut entre les députés de lu reine mère et ceux de La Rochelle un armistice de deux mois.
THAÏS s. f. (ta-iss). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent surtout la région méditerranéenne : Les thaIs sont des insectes printaniers. (E. Desmarest.) Il Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides.
— Encycl. Les thaïs ont pour caractères : la tète assez petite; les antennes assez courtes, terminées par une massue un peu arquée de bas en haut; les yeux de médiocre grandeur ; les palpes droites.velues, dépassant notablement la tête, composées de trois articles bien distincts et à peu près égaux; le corps assez mince ; les ailes peu robustes, à nervures peu saillantes, les ailes inférieures ayant le bord abdominal un peu replié en dessus et comme évidé, de manière k laisser l'abdomen entièrement libre. Ces ailes sont toujours d'une couleur jaune, tachetées de rouge et de noir et bordées d'une ligne noirâtre festonnée ; quan^ à l'abdomen, il est ordinairement tacheté de fauve et de noirâtre. Les chenilles sont cylindroïdes, assee courtes, munies d'épines charnues et terminées par un faisceau de petits poils roides; leur tête,, assez petite, est comprimée et arrondie en avant; elles vivent solitaires ou par petits. groupes sur les aristolocbes; arrivées au. terme de leur développement, elles s'attachent aux plantes par un lien transversal et, s'entourent d'un léger tissu soyeux; elles se, transforment alors en chrysalides un peu ef-filées, cylindro-couiques, un peu anguleuses, en avant, avec la tête tronquée et comme, coupée en biseau.
Les espèces peu nombreuses de ce genre» habitent le pourtour du bassin méditerra.-
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néon, et la plupart se trouvent dans le midi de la France. Nous citerons, entre autres : la thaïs hypsipyle ou Diane, qui a environ 0m, 05 d'envergure et habite le Languedoc, la Provence et le Dauphiné; elle a le vol un peu paresseux; sa. chenille vit sur l'aristoloche clématite. La thaïs médësicaste ressemble beaucoup à la précédente et habite à peu près les mêmes localités. La thaïs rumina se trouve surtout en Algérie et dans le midi de l'Espagne.
THAÏS, courtisane grecque, qui vivait au n?e siècle av. J.-C. Elle était admirablement belle et, par ses charmes, éblouissait et enivrait toute la jeunesse d'Athènes. Ménandre, . le poète comique, cet admirateur de la beauté corporelle, qui déjà avait Glycère pour maîtresse, quitta celle-ci pour prendre Thaïs et donna son nom pour titre à l'une de ses pièces. Lorsque Alexandre, le roi de Macédoine, se fut emparé d'Athènes, il s'empara aussi de la célèbre hétaïre, dont il s'éprit follement. A la suite de ce conquérant, elle parcourut l'Asie, et l'on raconte qu'au sortir d'une orgie, c'est elle qui mit aux mains d'Alexandre la torche qui devait allumer l'incendie de Persépolis.
A la mort du conquérant, Thaïs fut assez belle pour exciter les désirs de Ptolémée, roi d'Egypte, devint une de ses femmes et lui donna deux enfants.
TUAIS (sainte), fabuleuse courtisane égyptienne, dont l'existence est rapportée au iv« siècle de l'ère moderne. L'histoire de sa conversion est un conte à dormir debout que Marbode, évêque de Rennes, a mis en vers latins au xu« siècle ; les bollandistes ont édité ce curieux poème. Nous nous contenterons de donner le naïf récit de Jacques de Voragine : o Telle était sa beauté, dit l'hagiographe, que beaucoup de gens, vendant pour elle tout ce qu'ils possédaient, se trouvaient réduits à une extrême pauvreté, et ses amants en venaient souvent aux mains entre eux, pris de jalousie, et sa porte était arrosée de sang. L'abbé Paphnuce, étant instruit de cela, prit un habit séculier et une pièce de monnaie et il vint la trouver, et il lui donna la pièce de monnaie comme pour rémunération du péché. Elle, l'ayant prise, dit :
• Allons dans ma chambre. » Et quand Paphnuce fut entré et qu'elle l'invitait à monter sur le lit, qui était couvert de riches étoffes, il lui dit : « Entrons dans un appartement plus reculé. » Et elle le mena dans plusieurs autres pièces, et il disait toujours qu'il redoutait d'être vu. Elledit' alors :« C'est
• une chambre où personne n'entre. Mais si
• c'est Dieu que tu crains, il n'y a aucun en- » droit qui soit caché à ses regards. ■ Le vieillard l'ayant entendue lui dit : • Tu sais
• donc qu'il y a un Dieu! • Elle répondit qu'elle savait qu'il y avait un Dieu et une vie future et des tourments réservés aux pécheurs. Il lui dit alors : • Puisque tu sais «tout cela, comment as-tu pu perdre tant
• d'âmes? Et tu rendras compte non-seuleuueut de la tienne, mais de toutes celles que
• tu as induites à pécher. » En entendant cela, Thaïs tomba aux pieds de l'abbé, et, versant des larmes, elle lui dit : ■ Je sais ce
• que c'est que la pénitence, mon père.etj'es-
• pêre pouvoir obtenir par tes prières la ré- » mission de mes fautes. Je te demande de » m'accorder trois heures, et ensuite j'irai partout où tu voudras et je ferai tout ce que tu
• m'ordonneras. • L'abbé lui indiqua un endroit où elle devait se rendre, et elle, ayant rassemblé toutes les richesses qui étaient le gain de ses péchés, en lit un grand feu sur la place publique en présence de tout le peuple, en criant : « Venez tous, qui avez péché
• avec moi, et voyez que je brûle ce que j'ai
• reçu de vousl «Lorsque tout fut consumé, elle se rendit à l'endroit indiqué par Paphnuce, qui la lit entrer dans un monastère de vierges, où elle fut enfermée dans une cellule dout la porte fut murée ; on lui passait chaque jour par une étroite ouverture un peu de pain et d'eau. Elle resta trois ans dans cette retraite, jeûnant, se macérant et priant ; l'abbé Paphnuce sut ensuite que Dieu lui avait pardonné ; il fit ouvrir la cellule et peu après Thaïs mourut en paix. » On célèbre sa fête le 8 octobre.
THAÏS-PETIT (Armanciade-Florine)", actrice, née à Paris le 14 juillet 1833, morte dans la même ville le 3 décembre 1874. Elle joua dès l'âge de vingt ans et se fit remarquer comme jeune première à l'Odéon le 1er septembre 1856, dans Marguerite du Médecin de l'âme de Léon Guillard et Maurice Desvignes. Elle obtint encore plus de succès en interprétant, au mois de janvier 1857, Valentine de la Jiéclame, d'Arnould Fréniy. o Elle avait, dit Théophile Gautier, toute1 la grâce pudique et toute l'ingénuité spirituelle ne son rôle. » Elle passa l'année suivante au Cirque national et créa successivement Louise du Maréchal de Villars, d'Eustache Lorsay (juillet 1858) ; Adrienne Lecouvreur de Maurice de Saxe, de Paul Foucher (janvier 1859); la duchesse deCbevreuse à\x Prisonnier de la Bastille, d'Alexandre Dumas (mars 186l); Jeanne de la Prise de Pékin, de Dennery (juillet 1861). Elle parcourut la province et revint » l'Odéon en 1863, pour prêter a Eros de Diane au bois, de Théodore de Banville, sa beauté blonde et grecque. Elle reprit eu dernier lieu Diane du Marquis de Yillemer, de George Sand (octobre 1864). Elle
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quitta de nouveau Paris, joua pendant quelque temps à Bruxelles et, changeant d emploi, créa à l'Ambigu-Comique plusieurs rôles, notamment : jl/me Duhamel, dans l'Article 47. de Belot (octobre 1871); Mme deStoller, dans Mademoiselle de trente-six vertus, d'Arsène Houssaye (mai 1S73) ; Mme Dalissier, dans le Parricide, de Belot (octobre 1873); mistress Dayle, dans la Lettre rouge, de Marc Fournier et Lhermina (avril 1874). Elle venait de perdre sa mère. Minée par le chagrin et la misère, elle fut emportée un an après, laissant un orphelin de plus à la charge de l'Association des artistes dramatiques.
THA1-TCHEOD, ville de Chine, province de Tché-kiang, ch.-l. de département.
THAI-TOUNG, ville de Chine, province de Chan-si, ch.-l. de département, dans les montagnes, à 280 kilom. N,-E. de Thaïyouen.
THAÏ-TSOUNG, empereur de la Chine, le fondateur de la dynastie des Tangs, né en 596 de notre ère, mort en 649. Il s'appelait Si-chi-min et était fils d'un gouverneur de province nommé Ly-yun. Fort jeune, il se signala par son intelligence, son courage et sa prudence, s'attira l'affection des grands et du peuple et devint le chef d'un parti puissant, qui résolut de renverser le dernier empereur de la dynastie des Souy. Une insurrection ayant éclaté, ce dernier fut massacré. Li-chi-min fit proclamer empereur son père Ly-yun, sous le nom de Kao-tsoun, vainquit ceux qui refusaient de reconnaître le nouveau souverain et continua à se rendre populaire par sa générosité. Son père ayant voulu le désigner pour son successeur, il refusa, voulant que son frère aîné fût l'héritier du trône, et se borna à prendre le titre de généralissime. Il s'occupa ensuite de fonder une Académie et y appela les savants les • plus illustres. Ses frères, jaloux de sa popularité, résolurent de se défaire de lui. Deux d'entre eux entreprirent de l'assassiner, mais périrent dans le guet-apens qu'ils lui avaient tendu. Peu après (626), son père se démettait du trône en sa faveur, et il était proclamé sous le nom de Thaï-tsouug. Il repoussa une invasion des Turcs, réforma son armée, s'entoura de savants et de lettrés, dont il encouragea les travaux, et fit construire à Si-gan - fou un immense collège. Sous son règne, l'empire fut divisé en dix grandes provinces et la législation revisée. Thaï-tsoung voulut qu'on diminuât les charges publiques et que les peines infligées aux coupables fussent moins cruelles. Son fils aîné ayant conspiré contre lui, il se borna à lui enlever le titre de prince héritier. Dans les dernières années de son règne, il se mit à la tête d'une armée, envahit la Corée, battit à plusieurs reprises les Coréens, mais ne put s emparer de Gan-chi-tching, capitale de ce royaume, et se vit contraint, faute de vivres, de battre en retraite. Cet échec final lui causa le plus vif chagrin. Ce prince mourut après un règne de vingt-trois uns. Ses plus grands défauts étaient une passion exagérée pour la gloire et un amour excessif pour les femmes. Toutefois, il choisit pour épouse une femme instruite et sage, Tsang-chun-si, qui lui donna fréquemment d'excellents conseils. Thaï-tsoung, très-instruit lui-même, composa deux ouvrages, .l'un historique, intitulé : le Précieux miroir; l'autre, intitulé : Ti-fou, destiné à l'instruction de l'héritier du trône. Ce fut sous Son règne que l'Evangile fut, dit-on, introduit en Chine par O-lo-peu en 635.
THAÏ-WAN, ville de Chine (lie Formose), dans la province de Fou-kiaii, ch.-l. du département de Thaï-wan, sur la côte occidentale de l'île, à 330 kilom. S.-E. de Foutcheou, par 23» de latit. N. et 117» 40' de longit. E. ; 800,000 hab. environ. Cette ville, une des plus importantes de la Chiffe, a des rues larges et droites, mais fort mal pavées, et un nombre considérable de boutiques. Sx>n commerce est très-important. Les Hollandais y avaient établi un comptoir protégé par des bastions.
Tiiniyè, célèbre poème arabe, composé par Ibn-Faredh et traduit par M. J. de Hammer. Son nom (Thuiyè) signifie littéralement poème dont toutes les rimes finissent par la lettre ta (t emphatique). C'est un des plus curieux échantillons de la poésie mystique des Orientaux. Le poBte, dit M. Pavet de Courteille, le savant professeur du Collège de France , nous représente l'état d'une âme qui, absorbée dans la contemplation de la beauté divine, ne voit plus qu'elle, n'entend plus qu'elle, n'aspire plus qu'à se réunir à elle. Mourir d'amour est son unique désir; elle cherche à ne faire plus qu'un avec l'objet de son amour, et, pour cela, elle s'abandonne entièrement à toutes ses volontés ; elle tend a se débarrasser de son corps comme d'un voile importun qui empêche la dualité de devenir unité, c'est-ù-dire qui l'empêche de se foudre dans l'être divin, dont elle n'est qu'une incarnation, un écoulement. Le poëte, en finissant, déclare que tous ses rivaux n'ont eu pour eux que la lie, mais que lui seul a bu ce qu'il y a d'excellent dans la coupe, en d'autres termes qu'il leur est de beaucoup supérieur en inspiration et en talent. On conçoit aisément combien un ouvrage de ce genre est difficile à comprendre, à tel point que les Orientaux eux-mêmes ne peuvent l'entendre sans un commentaire.
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M. de Hammer a accompli un véritable tour de force en traduisant ce poëme mystique en vers allemands, La réputation d'Ibn-Faredh, comme poëte, est, ajoute M. Pavet de Côurteille, très-répandue chez les Arabes, qui le considèrent comme le premier de leurs postes mystiques et qui lui ont donné par excellence le nom de Sultan des amoureux. Effectivement, Ibn-Faredh a atteint le plus haut degré dans un genre de poésie inconnu aux Grecs et aux Romains, mais cultivé dans l'Orient depuis les temps les plus reculés et très-répandu chez les musulmans à partir du ix« siècle.
THALA on TELEPTE, ancienne ville de Numidie, dans laquelle Jugurtha avait déposé une partie de ses trésors. En 108 avant J.-C, elle tomba au pouvoir de Metellus.
Tlinlnlm le Destructeur, poëme OU roman
en vers, par R. Soulhey (1801). Cet ouvrage est une narration fabuleuse et fantastique dans le goût oriental. L'auteur a lu évidemment les aventures du cheik Antara ou An- <ar, dont il existe plusieurs traductions françaises, mais à l'état de fragments. Il n'a pas précisément imité la légende, héroïque du conteur arabe, qui racpnte de préférence les prouesses guerrières d'un enfant du désert; il s'est inspiré plutôt de la donnée générale du poËme anté-islamique, et il a mis en œuvre les superstitions qui se sont greffées sur le déisme musulman. Sous le costume arabe, il a peint des caractères européens. Tout le reste appartient au merveilleux, à la fantasmagorie. Les fictions de ce genre sont rebelles à l'analyse; puis elles finissent par ennuyer, à force de se répéter. Indiquons néanmoins les lignes principales du poème de Southey. Le père et les frères de Thalaba ont été assassinés a. l'instigation de plusieurs magiciens ligués contre eux et qui avaient appris, en consultant le destin, que cette famille devait leur être funeste. La mère de Thalaba, miraculeusement sauvée avec son enfant par l'interventon de la divinité, s'enfuit avec lui à travers les déserts de l'Arabie. Elle s'arrête, mourante de faim et de fatigue, près d'un magnifique palais, et de vastes jardins se présentent devant, les fugitifs. Elle y trouve un solitaire couché sous un arbre. Elle est dans le paradis d'iram, ouvrage du roi Sheddad, qui fut puni de son impiété par l'extermination de tout son peuple et dont le palais est abandonné. Le solitaire raconte qu'il a habité ce lieu pendant une longue suite de siècles; un sort a rendu cet Eden invisible. Ce récit terminé, l'ange de la mort survient et enlève le solitaire et la mère de Thalaba; il annonce en même temps à celui-ci qu'il est destiné à venger la mort de son père et à exterminer la race des magiciens. Ses ennemis, assemblés dans leur caverne, sous les voûtes de l'Océan, expédient un des leurs à la recherche du jeune Thalaba. La rencontre a lieu sous les palmiers d'une oasis, mais le simoun renverse le magicien armé d'un poignard. Adopté par un Arabe, le fugitif devient amoureux d Oneiza, la fille de son protecteur. Des images vives et tendres et une grande simplicité de sentiments recommandent cet épisode. Thalaba a trouvé au doigt du magicien l'anneau merveilleux qui lui sert à se procurer l'arc et les flèches de son père, et il attend impatiemment le signal d'en haut pour commencer sa mission. L'esprit de sa mère lui apparaît : ordre lui est donné de se rendre à Babylone et de demander aux anges le talisman nécessaire pour réussir dans ses desseins. En route, il fait rencontre d'un magicien chargé de le séduire ou de le tuer; un orage le débarrasse de cet émissaire infernal. Errant au milieu des ruines de Babylone, il lutte contre un étranger qui lui interdit l'entrée de la grotte des anges. Victorieux, il apprend que le talisman cherché, c'est la foi. Dès lors, les aventures du héros se multiplient : deux jours de course dans le désert sur un cheval sans bride ; arrivée dans une forêt habitée par des sirèneâ ; délivrance d'Oneiza poursuivie par un mécréant; mariage avec la jeune lille, que lui ravit Azraël, l'ange de la mort; départ à la recherche de l'oiseau divin Simorg; rencontre d'une sorcière fileuse qui lo livre aux démons, lesquels le transportent dans l'île de Mohareb; délivrance miraculeuse de Thalaba; son arrivée dans une autre habitation enchantée, où il trouve une jeune fille belle comme le jour, qui dort dans, un jardin, et le meurtre de cette houri par son père, le magicien Laïla, dans les bras de Thalaba. Enfin, guidé par un oiseau vert, qui lui donne à manger et qui dort toutes les nuits sur son sein, c'est l'esprit de l'innocente fille de Laïla, le héros continue son pèlerinage ; il reçoit des instructions de 1 oiseau divin ; entrant dans un bateau conduit par une jeune lille, il arrive à la caverne de Domdaniel ; après une longue descente, il voit un char suspendu sur un abîme; le char le porte jusqu'au seuil de l'enfer; les démons le repoussent; Thalaba évoque l'esprit de son père; il tue un géant; le paradis s entr'ouvre, et une houri céleste, Oneiza, promet à son époux chéri une félicité prochaine.
Tout, dans ce poëme, est invraisemblable et incohérent; il n'y a point d'unité. Le merveilleux ne peut faire illusion ; il ne saurait plaire, s'il ne se mêle par intervalles à la réalité. Le poëte a méconnu la première loi
THAL
du genre fantastique; il a oublié qu'il y a, au-dessous ou au-dessus du monde des chimères, la vie ordinaire, la nature, inséparable de l'homme. Ses fictions sont le rêve d'une muse en délire. Dans son extravagance, il a eu soin de trop bien régler l'intervention divine ; on prévoit le dénouaient, l'intérêt cesse et l'effet moral ne se dégage pas d'une fable où les incidents se succèdent sans se suivre. Cependant on reconnaît ça et là de grandes beautés ; l'audace, l'éclat, la verve, la vigueur d'imagination relèvent plusieurs épisodes ou diverses descriptions d'une splendeur en rapport avec le sujet. La bizarrerie du poète devient quelquefois une originalité de bon aloi. 11 est seulement regrettable qu'au lieu de faire un choix il ait tout prodigué. Southey a porté le désordre jusque dans le rhythme du poème; il a adopté un mètre irrégulier, sans rime, qui possède un charme particulier sous sa main; mais changeant par caprice d'instrument et de ton, il compromet l'harmonie générale de sa poésie, tantôt lyrique, tantôt dramatique ou épique,
THALAME s. m. (ta-Ia-me — du gr. thalamos, lit nuptial). Bot. Evasement du pédoncule, chez les synanthérées. il Fructification des lichens. Il On dit aussi thalàmion et thalamium,
■ THALArylIE s. f. (ta-Ia-mî — du gr. thalamos, lit nuptial). Bot. Syn. de phylloclaue, genre de conifères.
THALAMIFLORE adj. (ta-la-mi-flo-re — du lat. thalamus, lit; fios, fleur). Bot. Se dit des plantes dycotilêdones ayant une double enveloppe florale, à pétales distincts insérés sur le réceptacle.
THALAMION s. m. ( ta-la-mi-on ). Bot.