TRILLES
— Encycl. Le Mlle est un des plus brillants ornements du chant, soit vocal, soit instrumental ; les anciens compositeurs italiens l'appelaient indifféremment trillo ou cadensa, ce qui lui a fait donner aussi chez nous le nom de cadence. Le trille consiste en un battement rapide et continu de la note sur laquelle il est placé avec la note située immédiatement au-dessus, soit k un ton, soit h un demi-ton de distance.
On distingue quatre sortes de trilles: 1° le frtï/o lento legato, qui consiste en une douce et courte ondulation sur une longue note; 2<> le trillo giusto, qu'on doit battre avec une grande égalité ; 3» le trillo sforzato, dont la rapidité augmente jusqu'à lu fin; 4° le trillo variato, dont la rapidité varie à chaque instant. Ces différentes manières d'exécuter le trille ne s'indiquent par aucun signe ; c'est au goût de l'exécutant à juger laquelle il doit employer.
Comme cet ornement est d'un usage extrêmement fréquent, il doit être l'objet, de la part des élèves, d'un travail particulier et persistant. Le battement du trille est une faculté très-longue et très-difficile a acquérir, en raison de l'égalité, de la rapidité et de la justesse avec lesquelles il doit être exécuté. 11 n'est pas rare de rencontrer des artistes dont le trille est très-brillant, très-net, très-précis, mais manquant de justesse; d'autres, au contraire, le font très-juste, mais manquent de vigueur.
Le trille réclame souvent un travail prolongé de plusieurs années; chez les chanteurs, il devient plus difficile en raison de la gravité ou de l'acuité de la note sur laquelle il est placé. Chez les instrumentistes, cette difficulté dépend du doigt oui doit battre la note : à ce point de vue, le majeur a de la force, mais souvent une certaine lourdeur; le petit doigt ne manque pas de rapidité, mais la vigueur lui fait parfois défaut; l'annulaire réunit généralement les meilleures qualités. Mais la grande difficulté, précisément, est d'obliger tous les, doigts à acquérir ces qualités diverses. On commence donc par battre ,1e trille avec une extrême lenteur, en ayant soin que le doigt batte la nota avec la plus grande lorce possible et en même temps de façon que. la justesse ne laisse rien k désirer, eton exerce ainsi chacun des doÇrts k son tour, de telle sorte que l'un ne le cède jamais à l'autre et donne les mêmes résultats, en dépit de la diversité des aptitudes. Peu d'exercices sont aussi durs, aussi fatigants, on peut même dire aussi doulouleux. On marque le trille par les deux lettres tr, écrites au-dessus de la note qui le supporte, et cette dernière est généralement suivie de deux ou de trois petites notes qui indiquent de quelle façon doit être faite la terminaison du trille,. &\ la note même du trille, la note faisant battement, doit être diésée, on place un dièse devant les deux lettres tr; si elle doit être bémolisée, on y met un bé"mol. Si l'on veut marquer un double trille, on place les deux lettres tr au-dessus de chacune de3 deux notes qui doivent supporter le trille.
TRILLER v. a. ou tr. (tri-llè ; Il mil. — rad. trille). Mus. Orner de trilles ; Triller un passage.
TRILLER (Daniel-Guillaume), médecin et prête allemand, né à Erfurt en 1693, mort k Wittemberg en 1782. Il fut reçu maître eu philosophie kLeipzig, en 1715, et prit le grade de docteur en médecine k Halle, en 17 18. Il revint alors à Leipzig, où il commença k faire des cours particuliers. En 1720, il fut nommé médecin pensionné k Mersobourg ; en 1730, il accompagna, en qualité do premier médecin , le prince de .Nassau-Saurbruek dans un voyage en Suisse, en Hollande et en Lorraine; enfin, en 1749, il devint professeur de médecine k l'université de Wittemberg. Triller était un homme d'une immense lecture, mais jetant les produits de son érudition avec plus de profusion que da goût. Parmi ses très-nombreux écrits, nous citerons les suivants : De partibus corporis Atinmiii internis (Leipzig, 1715, in-4°); Succincta commentatio de pleuritide ejusque curatione (Francfort, 1742, in-8°); lie ctysierum nutrientium antiquitate et usu (1750, in-40); De speeificorum sic dictorum remediorum dubia jide et ambiguo ejfectu (1751, in-4») ; De nociva cancri ùtveterati extirpatione (1754) ; De sca~ rificatione oculorum (1754); De lumoribus singu aribus a mensium suppressione obortis (1758); De tabaci abusu (17G0); Dispensatorium pharmaceuticum universale (1763) ; Op'uscuta medica ac medico-philologica (Leipzig, 176G-1772, 3 vol. in 4») ; Ctinotechnia medica antiquaria (Leipzig, 1774, in-4<>), etc. Triller n'était pas seulement un savant médecin, il était aussi un poète de mérite. Dépourvues d'imagination , ses poésies se distinguent néanmoins par la propriété, la clarté et l'élégance du style, Triller eut le tort d'écrire contre la Messiade de KInpstock, pour tour-
TRÎL
Der en dérision les hexamètres de la poésie allemande. Parmi ses ouvrages littéraires, nous citerons : Considérations poétiques sur différents objets pris dans l'histoire naturelle et la morale (Hambourg, 1750, 3 vol. in-8»); Nouvelles fables à la manière d'Esope (Hambourg, 1750, in-so) ; Enlèvement du prince de Saxe ou le Churbonnier bien récompensé, en 4 livres (Francfort, 1743, in-8"); Wurmsamen ou. la Semetice de vers, poème épique (Francfort, 1751, in-8°); V Inoculation de la petite vérole, poème physique et moral (Francfort, 1766, in-8°).
TRILLIE s. m. (tril-ll). Bot. Genre de "plantes, de la famille lies liliacées, tribu des asparagées, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Asie et l'Amérique du Nord : On cultive comme plante d'ornement la trillik sessile. (P. Duchartre.)
TR1LLION s. m. (tri-li-on — du lat. très, trois). Arith. Mille billions ou un million de millions.
TRILtO, petite ville d'Espagne, province de Guadalaxara, sur la rive droite du Tage, au S. de Cifuentes; 800 hab. Elle est surtout célèbre par ses eaux minérales. L'industrie y est néanmoins représentée par une fabrique dé tara in es réunissant les divers degrés de fabrication : filature de laine, teinturerie, métiers à tisser, etc.
TR1LOBAIRE adj. (tri-lo-bè-re — du préf. tri, et de tube), llist. nat. Qui a lieu par trois lobes : Division trilobaire.
TRILOBÉ, ÉE adj. (tri-lo-bé — du préf.
rr(, et de lobé). Hist. nat. Se dit des organes divisés en trois lobes.
— Archit. Disposé en forme de trèfle :Arc
TRILOBÉ.
TRILOBITE s. m. (tri-lo-bi-te — rad. trilobé). Crust. Genre de crustacés, devenu le type de l'ordre du même nom et comprenant un grand nombre d'espèces fossiles des terrains les plus anciens : Les trilobites seraient des animaux marins, et plusieurs d'entre eux auraient la faculté de se rouler en boule, comme les sphéromes de nos mers. (II. Lucas.)
— s. m. pi. Ordre de crustacés, voisin des isopodes.
— Encycl. Les tritobiles forment un ordre nombreux, compose de genres qui ont tous aujourd'hui disparu de la surface du globe et qui caractérisent les époques tes plus anciennes. Ces crustacés se présentent ordinairement sous lu forme d'un bouclier ovale composé d'articles divisés en trois parties par deux dépres.-ions latérales. Le premier de ces articles, le plus grand, porte les yeux. On a longtemps discute pour savoir si les trilobites étaient des mollusques ou des crustacés. Queluuesauteursy voyaient des coquilles à trois lobes et les comparaient aux oseabrions, en leur supposant un pied charnu comme dans les mollusques gastéropodes ; mais une comparaison plus exacte de la forme des téguments, l'existence des veux réticulés, etc., ont démontré jusqu'à 1 évidence que ce sont de véritables crustacés. Il est probable que ces animaux avaient des pieds très-tendres et délicats, qui n'ont pas laissé d'impression dans la roche. Le corps des trilobites est toujours composé de trois parties distinctes : la partie antérieure correspond à la tête et a reçu les noms de bouclier, de cépbalo-tliorax ; la seconde partie est le thorax, l'abdomen ou le tronc, suivant les opinions diverses ; la troisième partie est le post-abdomen et a élé souvent nommée scutum caudale. Chacune de ces parties est divisée dans sa largeur en trois lobes par deux dépressions longitudinales. La partie du milieu se nomme lobe médian ou lobe moyen ; les parties latérales sont les flancs ou lobes latéraux. Des trois parties, la tête est eu général la plus grande ; sa largeur surpasse toujours celle du reste du corps; sa longueur varie entre le quart et la moitié de la longueur totale. Elle ressemble à un demi-cercle; son bord extérieur est formé par une expansion du test, nommé boni ou limbe, divisé lui-même en un bord extérieur (tilet marginal) et une partie interne plus basse (sillon ou rainure du bord). Les yeux ne paraissent pas exister dans tous les genres, et ils manquent spécialement dans les trilobites de la faune primordiale. La structure des yeux présente des différences notables et l'on peut y distinguer trois types : celui des phacops et des dalmania, chez lesquels le tégument de l'œil est identique avec le reste de l'enveloppe céphalique, mais réticulé ; celui des asaphus, acidaspis, etc., chez lesquels l'œil est couvert d'une cornée générale différente du test céphalique qui recouvre les lentilles partielles; celui des harpes, chez lesquels les yeux sont composés d'un petit nombre de stemmates lisses ou d'yeux isolés. La plupart des trilobites peuvent s'enrouler autour d'une ligne perpendiculaire à l'axe du corps appelée axe d'enroulement; on nomme pôles les extrémités du corps, équateur la courbe que forme l'axe du corps. Le pygidium est composé d'un certain nombre de segments semblables à ceux du thorax, mais soudés de manière à constituer un bouclier postérieur. La forme normale, très-variable d'ailleurs, est un demi-cercle. En étudiant les métamorphoses que subissent les trilobites, on est conduit à quatre types. Les uns commen-
TRIL
cent par une forme circulaire discoïde pour arriver à une forme allongée; la tête, dans l'origine, ne se distingue pas du thorax; le pygidium ne commence à exister qu'à la fin de la période embryonnaire et les ossements du test sont relativement récents. D'autres, au contraire, ont dè3 l'origine leurs formes génériques; les anneaux du thorax, d'abord indistincts, deviennent successivement libres; le pygidium, dans l'origine, a aussi des anneaux qui apparaissent successivement. Dans un troisième type, le thorax et le pygidium sont distincts dès l'origine et prennent l'un et l'autre de nouveaux anneaux. Le quatrième type a, dès l'origine, un-thorax complet et dont le pygidium, distinct, mais incomplet, se complète peu à peu. Les trilobites vivaient probablement dans les eaux peu profondes et voisines des côtes.
TRILOCULÀIRE adj. (tri-lo-ku-lè-re —du préf. tri, et du lat. très, trois, loculus, logette). bot. Qui se partage intérieurement en trois loges.
TRILOCULINE s. f. (tri-lo-ku-ii-ne — du préf. tri, et de toculine, dimin. du lat. loculus, petite loge). Forum. Genre de foraminifères ou rhizopodes, de l'ordre des agathistègues, famille des multiloculidées, comprenant des espèces fossiles des terrains tertiaires.
TRILOGIE s. f. (tri-lo-ji — du préf. tri, et du gr. logos, discours). Nom donné, chez les Grecs, à l'ensemble des trois tragédies que devaient présenter les poètes dramatiques qui prenaient part à un concours public.
— Série de trois pièces dramatiques, dont les sujets font suite les uns aux autres.
— Ouvrage partagé en trois parties distinctes, mais se faisant suite : La trilogie de Dante.
— Encycl. Les Grecs donnaient le nom de trilogie & trois tragédies se faisant suite les unes aux autres, dont les sujets étaient tirés de la même légende et que les poètes présentaient au concours, pour recevoir le prix. Complété par le drame satyrique, qui terminait fa représentation, cet ensemble prenait le nom de tétralogie. Toutes les pièces d'Eschyle, et bien probablement aussi quelquesunes de Sophocle, faisaient partie de trilogies; malheureusement, du premier il ne nous reste qu'une trilogie complète, YOrestie ; et pour le second, la moins incomplète de ses trilogies ne nous offre que deux de ses parties, ['Œdipe roi et l'Œdipe à Colone. Les chefs-d'eauvre de ces grands tragiques, si parfaits qu'ils soient par eux-mêmes, ne peuvent donc être envisagés que comme des fragments dont la beauté atteste la grandeur de l'ensemble.
Avec les sept tragédies qui nous restent d'Eschyle, il nous est possihle de reconstituer les trilogies dont elles faisaient partie. La trilogiedes Perses se composait de Phinée, les Perses et le Glaucus murin. Dans la première tle ces pièces, le poète racontait la guerre des Argonautes ; la seconde , que nous pos-sédous , a pour objet la bataille de Salamine, où triomphèrent les Grecs; dans la troisième, il rattachait à certaines traditions légendaires la bataille d'Himère, qui s'était livrée au même moment que celle de Salamine, et où des alliés des Grecs , les Siciliens , avaient battu la Hotte d'autres barbares, les Carthaginois. L'Œdipe, pièce perdue d'Eschyle, faisait partie sans doute de la trilogie lliebuiue. 11 était précédé de Laïus, perdu également, où le poète racontait les terribles présages des infortunes d'QSdipe; et la trilogie s'achevait par les Sept chefs devant Thèbes. De la trilogie qu'on pourrait appeler la Dunalde, c'est la seconde pièce qui nous est conservée, les Suppliantes. Elle se rapporte tout entière à la réception, dans l'Argos Pélasgique, de Danaos et de ses Allés; qui ont fui l'Egypte pour se soustraire aux Egyptiades, leurs terribles prétendants. Le peu d'intérêt que présente cette pièce, prise isolément, s'explique par le fait qu'elle n'est que la seconde partie d'une trilogie, qu'elle était incontestablement suivie, dans les Danaïdes, du meurtre de tous les prétendants, à l'exception de Lyncée, meurtre qui met lin à la lime, et qu'elle était préparée par un draine appelé les Egyptiens, qui avait pour sujet l'origine de la querelle en Egypte. Nous savons parfaitement quels étaient les sujets des trois tragédies qui composaient la trilogie de Promèthée. C étaient le Promèthée ravisseur du feu, le Promèthée enchaîné et le Promèthée délivré. Nous n'avons conservé que la seconde, le Promèthée enchaîné. Nous possédons i'Orestie tout entière, et il uous est facile d'y voir à quel point les trois pièces étaient liées l'une à l'autre. Les Euménides servent de conclusion à la tragédie commencée par l'A^amemKOii et continuée par les Ck'oéphores. Eu général, dans les pièces d'Eschyle, la dernière tragédie donne le dénoùment d'un problème moral débattu pendant toute la trilogie.
Nous signalerons quelques trilogies dans le théâtre moderne, et d'uborii les trois parties du Henri VI, de Shakspeare. Ce ne sont que des remaniements de pièces antérieures au grand poëte; les chroniques de Hall et de Holiushed y sont suivies avec une fidélité presque servile; la seule unité dramatique y provient du sujet même, éminemment tragique. Mais on y reconnaît, comme upparte-
TRIM
liant en propre à Shakspeare, de belles scènes, des passages d'une admirable poésie et le touchant caractère de Henri VI. Schiller a composé la vaste trilogie de Waltenstein, résumé poétique de ses études sur la guerre de Trente ans. Les trois pièces furent représentées de 1799 à 1800. Plus près de nous, et dans un ordre beaucoup inférieur, M. Vitet a composé une trilogie intéressante seulement au point de vue historique : les Etats d'Orléans, la Ligue, les Barricades. Les essais, tentés par Alexandre Dumas, de longues pièces à plusieurs parties , représentées dans des soirées successives et dans lesquelles l'action se continuait au théâtre, comme le roman dans un journal, ne méritent pas le nom de trilogies.
TRILOGtQUE adj, (tri-lo-ji-ke — rad. trilogie). Qui appartient à une trilogie; qui est du genre des trilogies : Poème trilogique. TRILOGUE s. m. (tri-lo-ghe — du préf.
j tri, et du gr. logos, discours). Dialogue entre
| trois personnes. Il Peu usité.
| TR1LOPE s. m. (tri-lo-pe). Bot. Syn. de J hamamélis, genre d'arbrisseaux.
I TRILOPBE s. m. (tri-lo-fe —du préf. tri,
I et du gr. lophos, aigrette). Bot. Syn. de mé-
! nispermb, genre d'arbrisseaux.
i TR1LOUPE s. f. (tri-lou-pe — du préf. tri,
| et de loupe). Physiq. Sorte de microscope à
[ trois lentilles.
i TU1M, ville d'Irlande, ch.-l. du comté de Meath (Leinster, au N.-E.), sur la rive droite de la Boyne, à iO kilom. N.-O. de Dublin ; 3,000 hab. Ruines de plusieurs établissements religieux et d'un château fondé par Henri IL Colonne en l'honneur du duc de Wellington. Siège de plusieurs parlements irlandais. Prise par Cromwell en 16-19.
TRIMACULÉ, ÉE adj. (tri-ma-ku-lé — du pré"f. tri, et demaculé). Zool. Qui est marqué de trois taches.
TRIMAGNÉSIQUE adj. (tri-ma-gné-zi-ke ; gn mil. — du préf. 'tri, et de magnésigue). Cliini. Se dit d'un sel magnésique contenant trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
Trimalcion (LE FESTIN DE), Un des plus
célèbres épisodes du Satyricon de Pétrone, celui qui peint avec le plus de vérité et d'énergie pittoresque les moeurs du temps et l'intérieur des riches Romains de la déca-" dence. C'est la description comique d'un repas ridiculement somptueux, dans lequel Pétrone a rassemblé à plaisir toutes les exagérations de la prodigalité des Romains dégénérés. Trimalcion, le héros de la fêtej n'est qu'un Turcaret grotesque, malgré, ses incalculables richesses. C'est toujours le parvenu sot, bavard, vaniteux, infatué de lui-même, malgré sa nullité et son ignorance, et qui suit, que le talent de son cuisinier le dispense d'avoir de l'esprit. Sûr d'avance d'être applaudi par son famélique entourage, il parle de tout sans rien savoir, et tranche toutes les questions avec un apiomb imperturbable , en homme qui ne redoute aucune contradiction. Au reste, les convives ne sont |>as moins curieux à observer que le maître de la maison, et Pétrone reproduit admirablement tous ces caractères. Jamais rapsodie n'a été aussi plaisamment compilée que celle qu'il met dans la bouche des faux savants ; jamais n'ont été échangés, dans un petit salon de province, commérages plus amusants, plus naturels, plus perfides, plus' complètement vrais, en un mot, que ceux qui circulent entre les mauvaises langues réunies à la table du millionnaire romain.
L'auteur, après nous avoir présenté cet opulent personnage , ouvre la porte de la salle à manger. Les convives prennent place à table; des esclaves égyptiens leur versent sur les mains de l'eau de neige; d'autres leur lavent les pieds et leur nettoient les ongles en chantant; on leur sert à boire en chantant. Ou admire sur la table un petit âne en bronze deCorinthe, portant un bissac qui contient d'un côté des olives blanches, de l'autre des olives noires; des surtouts en forme da pont, portant des loirs assaisonnés avec du miel et des pavots, et mille magnificences de ce genre. Aux accents d'une symphonie pa-' ralt Trimalcion, sa tête chauve, couverte d'un voile de pourpre, son cou affublé d'une vaste serviette en forme de laticlave, des aniieaux d'or aux doigts, et à son bras droit un bracelet d'or étnaillé de lames d'ivoire. Il fait servir des mets grossiers, qui ne sont que des masques sous lesquels se cachent des mets succulents. Trois cochons blancs, muselés et ornés de clochettes, entrent.
• Lequel des trois voulez-vous manger ? — Le plus vieux. ■ On le rapporte cuit en moins de temps qu'il n'en eût fallu pour cuire un poulet. * Mais..,, que vois-je? Ce porc n'est pas vidé. Courez, et faites-moi venir le cuisinier. » Le pauvre diable s'approche en tremblant de la table, confesse son oubli. Trimalcion en fureur le fait déshabiller et placer entre deux bourreaux. On implore sa grâce; le maître feint de se laisser attendrir et* se dériuant tout à coup : « Puisque tu as si peu da mémoire, lui dit-il en riant, vide à l'instant ce porc devant uous. »Le cuisinier met sa tunique, se saisit d'un couteau et d'une main tremblante ouvre en plusieurs endroits le ventre de l'animal. Soudain, entrâmes par leur propre poids, des monceaux
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de boudins et de saucisses se font jour k travers ces ouvertures, qu'ils élargissent en sortant. A la vue.de ce prodige inattendu, tous les convives d'applaudir et de s'écrier : Vive Gaïus ! Trimalcion est d'un sans gène étonnant; il quitte la table, rentre et, essuyant les parfums qui coulent de son front, se lavant les mains : « Excusez-moi, dit-il; depuis plusieurs jours mon ventre ne fait pas bien ses fonctions, et les médecins ne s'y retrouvent pas. » Et il rit agréablement. Le festin continue ; c'est une ripaille monstrueuse, assaisonnée de toutes sortes d'extravagances. Le tapage arrive à un tel crescendo que les gardes du quartier finissent par croire que le feu est à la maison da Trimalcion; ils se précipitent en tumulte dans l'intérieur avec de l'eau et des haches, et le 'narrateur profite de cette occasion pour se sauver à toutes jambes, comme d'un véritable incendie.
Cet épisode du Satyricon fut trouvé au xvite siècle à Trau, en Dalmatie, dans la 'bibliothèque d'un certain Nicolaûs Cippius, et publié pour la première fois à Padoue eu 1663. Il excita une guerre très-animée parmi les savants. Adrien de Valois et Wagenseil en attaquèrent l'authenticité, qui fut défendue par te célèbre médecin Pierre Petit. Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à le reconnaître comme faisant véritablement partie de l'ouvrage de Pétrone.
Le Festin de Trimalcion est resté justement célèbre, et les écrivains y font des allusions fréquentes, ainsi qu'à Trimalcion lui-même, ce Turcaret de la décadence romaine.
• La chair était devenue si effrontée dans ce monde de l'empire romain, qu'il fallait tous les aiguillons de la discipline chrétienne pour la morigéner. Après un repas comme celui de Trimalcion, il fallait une diète comme celle du christianisme. •
Henri Tainb.
TRI M AM ME adj. (tri-ma-me — du préf. tri, et du lat. mamma, mamelle). Tératol. Se dit d'un individu qui a trois mamelles au lieu de deux.
TR1MANGANEUX adj. m. (tri-man-ga-neu — du piéf.fn, et de manganeux). Chim. Se dit d'un sel manganeux contenant trois fois autant de base que le se! neutre correspondant.
TRIMAR s. m. (tri-mar). Argot. Chemin.
TRIMAZÂ s. m. (tri-ma-zâ). Cérémonie populaire qui a lieu dans certaines parties de la Lorraine. V. trimaZaU.
TRIMAZAU s. f. (tri-ma-zo— rad. trimaid). Nom donné, en Lorraine, à des jeunes tiiles de village, parées de rubans de diverses couleurs, et qui, le 1er dimanche de mai, venaient à la ville, en dansant et es chantant le retour du printemps.
TRIMBALAGE s. m. (train-ba-la-je — rad.
trimbaler). Action de trimbaler.
— Techu. Opération qui consiste & passer fortement une peau sur le tranchant d'un outil spécial, afin de l'adoucir en rompant ce qu'on appelle le nerf.
TRIMBALER v. a. ou tr. (train -ba-lé. —
L'origine de ce mot est inconnue. Peut-être est-ce une forme nasalisée de tribaier, qui signifie agiter, secouer, et qui sembie être une modification de tribouter, remuer, troubler, inquiéter. On pourrait ausii voir dans rriwibaler une contraction du mot équivalent tringuebaler, que l'on trouve dans Rabelais et qui est peut-être pour trequebaler, tirer, remuer le paquet, peut-être tiu hollandais trekken, tirer, moyeu haut allemand trechen, même sens). Pop. Charrier, traîner, mener avec soi : Trimbaler ses enfants partout.
— Techn. Trimbaler les peaux, Les passer sur un fer tranchant pour les adoucir, leur faire subir l'opération du trimbalage.
TRIMBEBG (Hugues de), poète allemand, né vers le milieu du XHie siècle. Pendant quarante ans, il exerça les modestes fonctions d'instituteur à Tliurstadt, dans l'évêché de Bamberg, en Bavière, et s'occupa à réunir une collection de manuscrits considérable pour le temps. Trimberg avait composé, soit en latin, soit en allemand, des ouvrages dont il ne nous reste qu'un seul écrit dans cette dernière langue. Cette production, intitulée Der lienner (le Coureur ou le Messager) est un recueil de contes et de fables, écrit en 1300, publié pour la première fois d'une façon assez inexacte à Francfort (1549) et dont on a fait depuis une bonne éditio"n (1S35-1S36, in-40). C'est une satire ingénieuse des abus qui régnaient alors, surtout dans le clergé. On y trouve une observation exacte et minutieuse des caractères et des mœurs du temps.
TRIME s. f. (tri-me). Sorte de jeu da billes.
TRIMÈNE a. m. (tri-mè-ne). Bot. Variété de trèfle.
TRIMER v. n. ou intr. (tri-mé. — L'origine de ce mot n'est pas connue. On l'a-fait venir du grec dremeiu , courir. Chevallet le rapporte au celtique : armoricain tremen , tremeni, tremenout, aller u'un lieu dans un autre, passer, traverser; kymrique tramwy).
Pop. Marcher vite, longtemps et avec fatigue : Trimbr toute une journée. Faire tri-
TRIM
MER ses domestiques, u Travailler péniblement : C'est un pauvre ouvrier, gui trime comme un galérien.
TRIMÉRANTHE s. m. (tri-mé-ran-te — de trimère, et du gr. anthos, îieur). Bot. section des siégesbeckies, genre de composées.
TRIMERCUREUX adj. (tri-mèr-ku-reu — • du prêt', tri, et de marcureux). Chim. Se dit d'un sel mercureux contenant trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.'
TRIMERCURIQUE adj. (tri-mèr-ku-rike — du préf. tri, et de mercurique). Chim, Se dit d'un sel mercurique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
TRIMÈRE adj. (tri-mè-re — gr. trimerês:
de treis, trois; tneros, partie). Hist, nat. Qui a trois divisions, qui est divisé en trois parties.
— Mus. anc. Nome qui, dans l'ancienne musique grecque, s'exécutait en trois modes consécutifs, phrygien, dorien et lydien.
— s. m. Syn. de homalonotk, genre de trilobites.
— s. m. pi. Entom. Quatrième division de l'ordre des coléoptères, comprenant les genres qui ont les tarses divisés en trois parties.
TRIMÉRÉSURE s. m. (tri-mé-ré-zu-re — du gr. trimerês, divisé en trois parties; oura, queue). Erpét. Genre de serpents venimeux, voisin des èlaps et des hydrpphides : Les teimérésures ont des crochets à venin attaches à la mâchoire supérieure. (E. Desmarest.)
TR1MÉRIDË s. f. (tri-mé-ri-de — du gr.
trimerês , divisé en trois parties; eidos, aspect). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des lobéliucées, formé aux dépens des lobélies, et dont l'espèce type croît à l'île Sainte-Hélène.
TRIMÉRIE s. f. (tri-mé-rl — du gr. trime' rés, divisé en trois parties). Bot. Genre d'arbres, de la famille des homalinées, dont l'espèce type croît au Cap de Bonne - Espérance.
TRIMÉRINE s. f. (tri-mé-ri-ne — dimin. du gr. trimerês, divisé en trois parties). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athérieères, tribu des muscides, comprenant deux espèces qui habitent la France.
TRIMÉRIZE s. f. (tri-mé-ri-ze — du préf. tri, et du gr. merizô, je divise). Bot. Syn. de de bragantik, gecire d'aristolochiées. |] Syn. douteux de cipure, genre d'iridées.
TRIMESTRE s. m. (tri-mè-stre — lat. trimestris; de très, trois, et d'un primitif qui est ailié à mensis, mois, et qui correspond au sanscrit mas, masa, mois). Espace de trois mois : Servir par trimestre. Finir un trimestre. Etre payé j>ar trimestre. Rendre ses comptes par trimestre.
— Fonctions qui durent trois mois,
— Ce que l'on paye à quelqu'un au commencement ou à la fin de chaque trimestre : Toucher un trimestre. Payer le trimestre échu. Heceuoir son trimestre.
TRIMESTRIEL, ELLE adj. (tri-mèstri-èl, è-le — rad. trimestre). Qui dure trois mois : Fonctions trimeStrusli.ES. u Qui se reproduit tous les trois mois : Publication trimestrielle. Abonnement trimestriel. Payement trimestriel.
TRIMESTRIELLEMENT adv. (tri-mè-striè-le-nuui — rad. trimestriel). Par trimestre, tous les trois mois : Payer trimestriellement.
TRIMÉSURE s. m. (tri-mé-zu-re). Erpét.
Genre de reptiles ophidiens, semblables aux vipères.
TRIMÉTHYL -BENZINE S. f. (tri-mé-tilbain-zi-ne — du préf. tri, de méthyle, et de benzine). Chim. Hydrocarbure qui résulte de la substitution* de 3 méthyles a 3 hydrogènes dans la benzine, et dont il existe deux isomères qui présentent cette composition, la mésitylène et le pseudo-cumène.
— Encyd.V. MÉSITYLÈNE, CUMÈKE et PSEUDO- CUMÈNE.
TRIMÉTHYL-MONÉTHYLIQUE adj. (trimé-til-mo-nè-ti li-ke — du pref. tri, de méthyle, et de monéthylique). Chim. Se dit d'un éther siliuique dans lequel l'acide silicique est saturé par 3 méthyles et par I élhyle. Il Se dit aussi, en général, de tout éther mixte renfermant 3 méthyles et 1 éthyle.
TRIMÉTHYL SULFINE s. f. (tri-mé-til-sulfi- ne). Chim. Corps résultant de la combinaison du sulfure de méthyle et de l'iodure de méthyle.
Encycl. Y. triméthyl-sulfhreux.
TRIMÉTHYL-SULFUREUX adj. (tri-métil-sul-fu reu — du préf. tri, de méthyle, et de sulfureux). Chim. Se dit d'un corps analogue aux composés triéthyl-sulfureux, mais renfermant du méthyle au lieu d'éthyle.
— Eucysl. Les composés trimé thyl -sulfureux sont analogues aux composés triéthylsulfureux, dont ils différent par la substitution du méthyle à l'éthyle. Comme les composés triéthyl-sulfureux, ils renferment un atome de soufra tétravalent saturé pat' trois radicaux d'alcool et par un résidu hukîgénique d'acide. On les obtient de la même ma-
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niére que leurs analogues éthylés. Le radical S(CH3)S se nomme triméthyl-sulflne.
— lodure de triméthyl-sulflne sj(CH3)» /
Ce corps se produit par la combinaison directe du sulfure de méthyle (CHSJ^S et de l'iodure de méthyle' CH^I. Les deux substances s'unissent à la température ordinaire en ' formant une masse cristalline blanche facilement soluble dans l'eau chaude, .d'où elle se sépare par une évaporation lente en gros prismes qui brunissent rapidement h l'air et à. la lumière. Le même corps se produit en même temps que du sulfhydrate da méthyle lorsqu'on chauffe, dans des tubes scellés, un mélange de sulfure de méthyle et d'acide iodhydrique. La réaction est identique à celle que nous avons donnée en nous occupant des composés triéthyl-sulfureux (v. ce mot). Un mélange de sulfocyanate de méthyle et d'iodure de méthyle se solidifie aussi par le refroidissement en une masse cristalline principalement constituée par de l'iodure de triméthyl-sultine. Ce corps n'est que peu soluble dans l'alcool concentré; l'élher ne le dissout pas, et il se dépose de ses solutions aqueuses en aiguilles blanches surmontées de petites tablettes rhombiques. La solution aqueuse se décompose en partie par l'évaporation, avec formation de sulfure de méthyle et mise eu liberté d'iode.
L'iodure décomposé par l'oxyde d'argent récemment précipité donna de l'hydrate de triméthyl-sulflne
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