V. TRIGONOSTÈME
TRIGRAMME s. m. (tri-gra-me — grec trigamma; de treis, trois, et de gramma, lettre). Philol. Mot de trois lettres.
— Sigle de trois caractères réunis.
— Trigramme de Fo-hi, Nom donné aux espèces de symboles ou d'hiéroglyphes par lesquels Fo-hi désigna d'abord les différents lu-iiH-ipes renfermés dans le livre intitulé Y-King.
TRIGUÈRE s. f. (tri-ghè-re — de Triguer, sav. espngn.). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute k la famille des solanées, et comprenant quelques espèces, qui croissent dans le midi de l'Espagne. Il Syn. de lagunée, genre de malvacées.
— Encycl. Les triguères sont des plantes herbacées, k feuilles alternes; les fleurs, géminées sur des pédoncules extra-axillaires, pendantes, présentent un calice à cinq divisions, lanugineux; une corolle campanulée ou tubuleuse, k gorge dilatée, à limbe divisé en cinq lobes inégaux, peu marqués, presque bilabié ; cinq étamines hypogynes, à filets très-courts, soudés à la base ; le fruit est une baie pulpeuse, entourée par le calice et divisée en quatre loges, dont chacune contient deux graines. Ce genre, qui, par ses caractères et ses propriétés, se rapproche des belladones, renferme un petit nombre d'espèces, originaires de l'Amérique, et dont deux sont naturalisées en Espagne. La triguère ambroisie, k fleurs pourpre violacé, répand une odeur de musc très-agréable; on retire de ses graines une huile essentielle fort douce.
TRIGUEROS (Candide-Marie), littérateur espagnol, né k Orgaz (Castille) en 173G, mort vers la fin du xvitio siècle. De bonne heure, il suivit la carrière ecclésiastique, fut pourvu d'un bénéfice k Carmone et dut à la réputation qu'il s'était acquise par ses travaux littéraires la place de bibliothécaire des écoles royales de Madrid. Trigueros fut membre de l'Académie des bonnes lettres, des sociétés économiques de San-Lucar et de Séville, correspondant du Jardin royal de Madrid, etc. Il a beaucoup écrit, dans un style souvent négligé et dans lequel on sent lu précipitation, Ses ouvrages les plus estimés et les plus connus sont : El Poêla filosofo o Poesias filosoficas (Séville, 1774 in-4»), recueil de divers poèmes en vers pentamètres ; Poesias de ilelchior Diaz de Toledo (Séville, 1776), recueil de pièces de vers qui sont l'œuvre de Trigueros, mais qu'il attribua a un poète inconnu du xvie siècle ; Viage al cielodelpoeia filosofo (Sé\ ille, 1777), poëme en trois otiants; San Felipi Neri al clero (Séville, 1784), poSine qui souleva une polémique des plus vives et fournit aux ennemis de l'auteur un prétexte pour l'accuser d'hérésie; La fliada (Séville, 1784), poëme dans lequel Trigueros décrit le terrible débordement du Guadalquivir en 1784; des comédies : Los Menestrales (1784), pièce regardée comme une des meilleures du théâtre espagnol; El Tacano, ElPrecipitado; La Nccep-
sis, tragédie. Trigueros a laissé enfjn, en manuscrits, un grand nombre d'écrits, de morceaux , de traductions en vers et en prose.
TRIGDTTÉ, ÉE adj. (tri-gut-té — du préf. tri, et du lat. gutla, goutte, Zool, Qui a sur le corps trois taches en forme de gouttes.
TRYGYNE adj. (tri-ji-ne — du préf. tri, et du gr. gunê, femelle). Bot. Qui a trois styles ou pistils. __ ^
TR1GYNÉE s. f. (tri-ji-né — du préf. tri, et du gr. gunê, femelle). Bot. Genre d'arbrisseaux rapporté avec doute à la famille des anonacées , et dont l'espèce type croit au Brésil. .
TR1GYNIE s. f. (tri-ji-nl — du préf. tri, et du gr. gunê, femelle). Bot. Etat des fleurs trigynes. Il Ordre qui se retrouve dans plusirurs classes du système sexuel de Linné, et qui comprend les genres dont les fleurs sont inunies de trois styles ou pistils libres,
TRIGYNIQUE adj. (tri-ji-ni-ke — rad. irigyne). Bot. Qui appartient k la trigynie.
TRIHEBDOMADAIRE adj. (tri-è-bdo-madè-re — du préf. tri, et de hebdomadaire). Qui parait trois fois par semaine : Journal
TRIHBBDOMADAIHK.
TRIHÉM1MÈRE adj. f. (tri-é-mi-mè-re — du préf. tri, et du gr. hemi demi; mer os , partie). Métriq. Se dit de la césure d'un vers grec ou latin, quand elle tombe au troisième demi-pied, c'est-à-dire après le premier pied.
TRIHÉMIMÈTRE adj, (tri-é-mi-mè-tre — du préf. tri; dugr. hêmi, demi, et de mètre). Métriq. Se dit d un vers qui a trois demipieds ou un pied et demi.
TRIHÉMITON s. m. (tri-é-mi-ton — du préf. tri, du gr. hêmi, demi, et de ton). Mus. Intervalle de trois demi-tons ou tierce mineure.
TRIHEPTYLAMINE s. f. (tri-é-pti-la-mine — du préf. tri, et do heplylamine), Chim. Ammoniaque composée qui renferme trois fois le radical heptyle substitué à l'hydrogène.
TRI HEXAÈDRE adj. (tri-é-gza-è-dre — du préf. tri, et de hexaèdre). Miner. Qui offre trois rangs de facettes, disposés six par six.
TRIHORAIRE (tri-o-rè-re — du préf. tri, et de horaire). Qui se fait toutes les trois heures : Observations trihoraires.
TRIHYDR1QUE adj. (tr-i-dri-ke — du préf.
tri, et de hydrique). Chira. Se dit d'un composé contenant trois proportions d'hydrogène.
TRIIODORCINE s. f. (tri-i-o-dor-si-ne — du préf. tri, de iode et orcine). Chim. Corps produit par l'action du irichlorure d'iode sur une solution aqueuse d'orcine.
— Encycl. V . ORCtNB.
TRIIODURE (s. m. (tri-i-o-du-re — du préf. tri, et de iodure), Chim. Qui contient trois proportions d'iode.
TRIJASSE 3. m. (tri-ja-se). Ornith. Nom vulgaire du gros-bec.
TRIJUGUÉ, ÉE adj. (tri-ju-ghé — du préf. tri, et du lat. jugum, paire). Bot. Se dit des feuilles pennées, qui sont composées de trois couples ou paires île folioles.
TRIJUMEAU, ELLE s. (tri-ju-mo, è-la — du préf. tri, et de jumeau). Enfant né avec deux autres, d'une même couche.
— Adjectiv. Nerf trijumeau ou substantiv. Trijumeau, Nerf de la l'ace qui se partage en trois faisceaux.
— Encycl. Anat. Le nerf trijumeau, aussi nommé trifacial, se divise en trois branches principales et constitue la cinquième paire cérébrale. Il prend naissance par deux racines situées sur la protubérance annulaire du cerveau, au niveau du point où elle se confond avec les pédoncules cérébelleux moyens. Les deux racines sont d'inégale grosseur, la plus volumineuse est sensitive, la plus petite est motrice. La première nait du bulbe rachidien, entre le faisceau latéral et les corps restiformes, avec lesquels elle semble se confondre, traverse le bulbe dont elle est parfaitement distincte et sort du cerveau au point déjà. indiqué. La seconde racine, trèsdifficile à suivre au delà du point d'émergence, viendrait, d'après M. Longet, du faisceau latéral de la moelle. Les deux racines du trijumeau, formées par la réunion d'un grand nombre de petits filets nerveux, se réunissent au moment où elles sortent du cerveau, s'accolent l'une k l'autre et se portent en avant dans une dépression creusée sur le sommet du rocher où il se renfle pour former le ganglion semi-lunaire ou do Gosser, ainsi nommé k cause de sa forme et en souvenir de l'anatomiste qui l'a découvert le premier. C'est du bord antérieur convexe de ce ganglion qu'émergent les trois branches du trifacial : la branche ophthalmique de Willis, la maxillaire supérieure et la maxillaire inférieure.
La première, qui est en jrféme temps la moins volumineuse des trois, se dirige en avant dans l'épaisseur du sinus caverneux et se divise là eu trois rameaux, savoir : un externe, nerf lacrymal ou lacrymo-palpébral qui pénètre dans l'orbite par la partie la plus étroite de la fente sphénoïdale et va à la glande lacrymale et aux parties voisines ;
TRIL
un moyen, appelé nerf frontal parce qu'il Ta au front, et qui entre également dans l'orbite, mais par la partie la plus élevée et la plus large de la fente sphénoïdale ; enfin un rameau interne, le nerf nasal. La branche maxillaire supérieure, branche moyenne du trijumeau, tant sous le rapport de sa position que de son volume, sort du crâne par le trou grand rond du sphénoïde, traverse la fosse sphénomaxillaire et le canal sous-orbitaire, pour venir s'épanouir dans la joue. Les branches collatérales sont : le rameau orbitaire ou lacrymo-temporal, les nerfs palatins et sphéno-palatins, le vidien ou ptérygoïdien, les alvéolo-deutaires antérieur et postérieur, enfin les fileta grêles qui entourent l'artère maxillaire interne. La branche maxillaire inférieure, la plus grosse des trois, sort du crâne par le trou ovale du sphénoïde et s'épanouit dans la fosse zygomatique en sept rameaux qui sont : le temporal profond, la massétérin, le buccal, l'auriculo-temporal, le ptérygonlien interne, le lingual et le dentaire inférieur. Pour plus de détails, v. ces mots.
Le trijumeau est, à la fois, un nerf de sensibilité et un nerf de mouvement. C'est lut qui préside d'une part à la sensibilité de la peau de la face et de la moitié antérieure du cuir chevelu, ainsi qu'à la sensibilité des muqueuses de la face, d'autre part aux mouvements de la mâchoire inférieure.
TR1KÉRI, ville de la Turquie d'Europe, dans le sangiac de Tricala, k l'entrée du golfe de Volo et à l'extrémité O. de la péninsule de Trikéri; 6,000 hab. environ, grecs pour la pluparts. Cette ville, construite sur le penchant d'une montagne, possède un bon port, qui est assez fréquenté, et un chantier de constructions navales.
TRIKÉRI, lie de la Turquie d'Europe, sangiac de Tricala, dans le S. du golfe de Volo,k 29 kilom. S. de Zagora; par 39° 9', huit. N. et 20» 45' longit E. Elle a 3 kilom. de longueur sur 2 "de largeur.
TRIKÉRI (canal de), détroit de l'Archipel, entre la Turquie, l'Europe et la Grèce, bordé au N. par la péninsule de Zagora et au S. par l'île d'Eubée. Il s'étend du N.-O. au S.-O. sur une longueur d'environ 34 kilom. et sur une largeur de lî. On pénètre par ce canal dans le golfe de Volo et dans le canal de Négrepont. '
tril s, m. (tril). Mus. Ancienne forme du
mot TRILLE.
TRILABE s. m. (tri-la-be — du préf. tri, et dû gr. lambanô, je prends). Chir. Instrument dont on se sert pour saisir les calculs, dans l'opération de la lithotritie.
TRILATÉRAL, ALE adj. (tri-la-té-ral, a-le
— du préf. tri, et de latéral). Qui a trois côtés.
TRILATÈRE s. m. (tri-la-tè-re — du préf. tri, et du lat. latus, côté). Géom. Mot proposé pour remplacer le mot triangle, qui n'est pas en rapport avec quadrilatère, lequel, du i este, ne s accorde pas davantage avec pentagone, hexagone, etc.
TRILÉPIDE adj. (tri-lé-pi-de — du préf.
tri, et du gr. lepis, écaille). Hist. nat. Qui est muni de trois écailles.
— s. f. Bot. Genre de plantes, de la famille des cypéraeées, tribu des élynées, comprenant deux espèces, qui croissent, l'une sur l'Himalaya, 1 autre sur les montagnes du Brésil.
TRILÉPISIE s. m. (tri-lé-pi-zl — du préf. tri, et du gr. lepis, écaille). Bot. Genre d'arbres, rapporté avec doute à la famille des chrysobalanées, et dont l'espèce type croit à Madagascar.
TRILICE s. m. (trî-li-se — du lat. trilix, tresse da trois brins). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des tiliacées, tribu des grewiées, dont l'espèce type croit à Carthagène.
TRILINGUE adj. (tri-lin-ghe — du préf.
tri, et du lat. iingua, langue). Philol. Qui sait trois langues. Il Qui est en trois langues : Inscription triliNGUU,
— Hist. Se disait des habitants de la Sicile, qui parlaient trois langues : le phénicien, le sicilien et le grec. Il Se disait aussi des Marseillais, qui parlaient le grec, le latin et le, celtique.
TRILISA s. m. (tri-li-za). Bot. Syn. et section des LiATlus, genre de composées.
TRILITHE s. m. (tri-li-te — du préf. tri, et du gr. litlios, pierre). Antiq. Monument composé de trois pierres, deux posées en terra verticalement, la troisième placée en travers en forme d'imposte, de manière à représenter une porte : Les trilithks portugais.
TRILITHIQUE adj. (tri-li-thi-ke — du préf. tri, et de iilhique). Chim. Se dit d'un se'l lith:que contenant trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
TRIL1TTÉRAL, ALE adj. (tri-lit-té-ral,a-le
— du préf. tri, et de littéral). Gramm, Syn.
de TRILtTTÈRIi.
TRILITTÉRALITÉ s. f. (tri-lit-té- ra-li-té
— rad. trilittère). Philol. Forme trilittère : La TRiUTTtiRALtTÉ n'exclut pas le mouosyllabi.ime. (Renan.)
TRILITTÈRE adj. (tri-lit-tè-re> — du préf. tri, et du lat. littéra, lettre). Philol. Coin-
TRIL
posé de trois lettres : Mot trilittère. Dans l'état actuel des langues sémitiques, toutes les racines verbales sont trilittéres. (Renan.)
TRILLE s. m. (tri-Ile ; Il mil. — ital. trillo, mot qui est une onomatopée). Mus. Agrément de chant consistant en un battement rapide qui se fait sur une note, en faisant entendre alternativement cette note et celte qui serait placée immédiatement au-dessus : Faire des