TRIPLÉE
— Mus. Intervalle triplé, Intervalle qui est porté à la triple octave. *
— Mathéin. Baison triplée, Rapport dont les deux termes sont élevés au cube.
TRIPLECTRE s. m. (tri-plè-ktre — du préf. tri, et du gr. plektron, lanière). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des harpaliens, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Amérique du Nord.
— Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des mébistomaeées, dont l'espèce type croit dans l'Inde.
TRIPLE-FEUILLE s. f. Bot. Nom vulgaire d'une espèce d'orchidée.
« TRIPLEMENT s. va. (tri-ple-man — rad. .tripler). Action de tripler : Le triplement d'un droit.
TRIPLEMENT adv. (tri-ple-man — rad.
triple). D'une manière triple, en trois façons : Etre triplement coupable. Avoir triplement raison.
TRIPLER v. a. ou tr. (tri-plé — rad. triple). Rendre triple : Tripler un nombre, une somme. La fabrication triple, en général, la valeur du lin. (Cliaptal.)
— V. n. ou intr. Devenir triple : Cette fabrication a triplé en dix ans.
TRIPLET s. m. (tri-plè — rad. triplé). Jeux. Jet de trois dés amenant trois points semblables, comme trois six, trois as, trois quatre, etc.
TRIPLETÉ, ÉE (tri-ple-té) part, passé du v. Tripleter. Mis en trois : Fil tbipleté.
— s. m.Techn. Se dit des parties de chaîne qui sont envergées par trois fils pour un.
TRIPLETER v. a. ou tr. (tri-ple-té — rad. triple. Double le t devant une syllabe muette : Je triplelte; tu tripletteras). Techn. Mettre en trois, tripler, en parlant du fil.
TRIPLEURE s. f. (tri-pleu-re — du préf. tri, et du gr. pleura, côte). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des néottiées, dont l'espèce type croît dans l'Inde.
TRIPLEUROSPERME s. ni. (tri-pleu-rospër-ine — du préf. tri, et du gr. pleura, côte ; sperma, graine). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, formé aux dépens des chrysanthèmes, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées de l'hémisphère nord.
TRIPL1CATA s. m. ( tri-pli-ka-ta — du lat. triplicatus, triplé). Troisième expédition d'un acte : Délivrer des triplicatas. Expédier un acte en tripucata. I! Peu usité.
TRIPLICATION s. f. (tri-pli-ka-si-on — lat. triplicatio; de triplicare, tripier). Action de tripler. Il Peu usité; on dit plutôt triplement.
— Troisième réplique d'un avocat. Il Vieux mot.
TRIPLICITÉ s. f. (tri-pli -si -té — rad. triple). Qu.dite de ce qui est triple : Les notaires ont fuit cet acte triple; a. quoi bon celte triplicitê? (Acad.) »
— Astrol. Siynes de trr'tplicilé,Ttois signes
TRIP
du zodiaque se rapportant au même élément, comme le Lion, le Sagittaire et le Bélier, que l'on rapporte tous trois au feu.
TRIPLIMA s. m. (tri-pli-ma). But. Syn. de carkx ou laiche, genre de cypéracées.
TRIPLINERVÉ. ÉE adj. (tri-pli-nèr-vé — du lut. triplex, triple; nerous, nerf). Bot. Dont la feuille offre trois nervures principales sensiblement parallèles. Il On dit aussi
TRIPUNBRV1É.
TRIPLIQUE s. f. (tri-pli-ke — du lat. triplicare, tripier). Ane. pratiq. Réplique après la duplique.
TRIPLIQUER V. n. OU intr. (tri-pli-ké — rad. tripliqué). Ane. pratiq. Répliquer a une duplique.
TRIPLITE s. m. (tri-pli-te — rad. triple). Miner. Phosphate anhydre de manganèse et de fer, ainsi appelé parce qu'il a trois clivages.
— Encycl. Le triplite est opaque, d'un noir brunâtre, d'un éclat gras ou faiblement résineux , avec la cassure conchoïde. Raye par l'acier, il raye faiblement le verre et se laisse facilement réduire en poussière. Sa pesanteur spécifique est de 3,7. Cette substance se trouve en abondance dans les pegmatites des enviions de Limoges. On ne la encore rencontré qu'en masses cristallines, sans formes lamellaires, mais possédant trois clivages rectangulaires. Au chalumeau, il fond en un globule noir fortement magnétique. L'acide chlorhydiique le dissout. Le triplite renferme, en poids, 33 parties d acide phosphorique, 34 de protoxyde de manganèse et 33 de protoxyde de fer.
TRIPLOCENTRON s. m. (tri-plo-san-tron — dugr. triploos, triple; kentron, aiguillon). Bot. Syn. de centaurée, genre de carduacées.
TRIPLOCOME s. m. .(tri-plo-ko-me — du gr. triploos, triple; komé, chevelure). Bot. Syn. de daWSONIh, genre de cryptogames.
TRIPLOÏDE s. m. (tri-plo-i-de — du gr.
triploos, triple; eidos, aspect). Chir. Elevatoire composé de trois branches, qu on emploie dans l'opération du trépan pour relever des fragments osseux.
TRIPLOMBIQOE adj. (tri-plon-bi-ke — du préf. tri, et de ptombique). Chim. Se dit d'un sel plombique contenant trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
TRIPLOPTÈRE adj. (tri-plo-ptè-re — du gr. triploos, triple ; ptera, aile). Zool. Qui a les ailes ou nageoires partagées en trois.
TRIPLOSPERME s. m. (tri plo-spèr-me — du gr. triploos, triple ; sperma, graine). Bot. Syn. de céropêgie, genre d'asclépiadees.
TRIPLOSTÉGIE S. f. (tri-plo-sté-jï — du
er. triploos, triple; siégé, toit). Bot. Genre
de plantes, de la famille des valénanées,
dont l'espèce type croît au Népaul.
TRIPLOSTÉMONE adj. (tri-plo-stè-mo-ne
— du gr. triploos, triple ; slêmàn, étaraine). Bot. Dont les étamines sont trois fois plus nombreuses que les divisions de la corolle.
TRIPODÉPHORIQUE adj. (tri-po-dé-fo-rike du gr. tripodion, trépied; phero, je porte). Aiuiq. gr. Se disait d'un hymne chanté par les vierges en 1 honneur d Apollon, pendant qu'on portait un trépied.
TRIPODlSQtJE s. va- (tri-po-di-ske — du gr. tripous, trépied; diskos , disque). Bot. Genre d'algues, de la tribu des bacillariees ou diatomées, dont l'espèce type se trouve a l'embouchure de l'Elbe.
TRIPOGON s. m. (tri-po-gon — du préf.
tri, et du gr. pôgon, barbe). Bot. Syn. de panthc-nie, genre de graminées.
TRIPOLI s. m. (tri-po-li — de la ville de Tripoli, en Syrie, d'où l'on tirait autrefois cette pierre). Miner. Substance siliceuse d'un jixune rougeâtre, qui, réduite en poudre tiès-line, mais très-dure, sert à polir, a nettoyer les métaux, les glaces, le marbre : Le ministre de la guerre, estimant que tout son budget s'épuiserait à renouveler incessamment tes trombones et les ophicléides, a fait supprimer courageusement le TRIPOLI dans l armée musicale et a ordonné que nul instrument de musique ne serait plus fourbi. (Max. Du Camp.)
— Encycl. Le tripoli est une roche presque uniquement composée de silice pure; vu au microscope, il se montre constitué par d'innombrables petits crustacés ou înfusotres fossiles à l'état siliceux. Il est homogène, d'aspect terreux, âpre au toucher et assez dur pour rayer le verre. Sa texture est hne, lâche, poreuse, sebistoïde dans la plupart des variétés, massive dans quelques-unes, bes couleurs sont très-variables et présentent diverses nuances de rouge, de rose, de jaune rougeâtre, de jaune, de gris clair ou cendré etc. Presque toujours friable, ou plutôt pulvérulent, il se réduit en une poussière très-dure. Quelquefois il est très -léger et happe fortement a la langue; néanmoins, il ne fait point pâle avec l'eau et ne se délaye même pas dans ce liquide. Il est infusible au chalumeau et ne se dissout pas dans les acides, ruais il se durcit souvent au feu. ;
On a émis diverses opinions sur 1 origine du tripoli; en réalité, cette origine ditfere suivant les variétés; on peut distinguer deux
,TRIP
modes principaux de formation, l'un aqueux, l'autre igné. Certains tripolis paraissent, en effet, avoir été produits par Veau et n'être qu'un sédiment très-fin de silice se rapprochant des grès ; on les trouve dans les terrains d'alluvion. D'autres semblent être des argiles sablonneuses ou des schistes argileux fortement chauffés par les feux des volcans ou des houillères enflammées ; on les rencontre dans des montagnes volcaniques ou dans des terrains qui renferment dos mines de houille en combustion. Il y a des tripolis qui paraissent plus légers, plus fins et plus friables que les autres; on leur donne quelquefois le nom de terre pourrie.
On désigne souvent les tripolis par les lieux de provenance ; parmi ceux-ci , le plus anciennement connu est celui qui a donné son nom à cette substance; c'est la ville de Tripoli, en Barbarie; mais nous ne le mentionnons ici que pour mémoire, parce qu'il fournit peu ou point à la consommation. Le tripoli de Poligné (près de Rennes) présente diverses teintes de rouge; on y trouve des troncs d'arbres fossiles; ses couches, qui paraissent dues à l'action d'une houillère embrasée, sont recouvertes de couches de grès inclinées. Le tripoli de Montélimar, plus dur et plus rude que les autres, se trouve épars.au milieu des cailloux roulés et des fragments de basalte; il présente des pores cylindriques comme le précédent, mais bien plus sensibles. Le tripoli de Menât (Auvergne) est en couches, qui paraissent avoir été autrefois des schistes, modifiés par l'action du feu ; il varie du rouge au noir et au gris. Le tripoli de Venise , le plus estimé , mais improprement nommé, car il vient de l'île de Corfou, est schisteux, d'un rouge jaunâtre, criblé de petits pores cylindriques. Le tripoli d'Angle- . terre, très-estimé aussi, est d'un gris cendré j on l'exploite dans le Derbyshire, où on le connaît sons le nom de rottenstone (terre pourrie).
Le tripoli sert à nettoyer, à brunir, à polir les métaux ouvrés, les pierres, les inarbres, les glaces, etc., souvent aussi a donner la dernière façon aux substances à polir. En s'usant par le frottement sur le bois ou sur l'étain, il y acquiert une finesse qui le rend propre à donner aux surfaces de certains corps le poli le plus éclatant. On doit choisir celui qui est privé de parties sableuses, tendre, fin, homogène et facile à pulvériser. On l'emploie ordinairement à l'eau avec du bois et de l'étain ; dans l'armée, on le délaye souvent avec de l'huile, ou de l'eau-de-vie. On s'en sert encore pour donner le poli aux pierres précieuses et aux verres destinés aux instruments d'optique. Les chaudronniers , miroitiers, orfèvres, lapidaires, etc., eu emploient beaucoup. Les fondeurs s'en servent également pour faire des moules, parce qu'il a la propriété de résister à l'action du feu.
Le tripoli rouge est schisteux et présenta les caractères généraux de l'espèce ; c'est celui dont il se fait la plus grande consommation; il est Spécialement réservé pour donner le blanc et le poli aux ouvrages d'or, de siniilor, etc. Le tripoli jaune ne diffère guère du précédent que par sa couleur; il sert h polir, blanchir et éclaircir les ouvrages de laiton. Le tripoli blanc est ordinairement argileux , en masses compactes , tout d'une pièce, douces au toucher, pulvérulentes et faciles à briser ; il sert à blanchir et polir les métaux précieux, les armes et armures, le corail, les pierres fines, etc.
TRIPOLI , en turc Tarabolous Gharb (Tripoli d'Occident), ville forte d'Afrique, capitale du vikuetde Tripoii, sur la Méditerranée, par 32" 53' 53" de latit. N. et 10» 51' 8" de lorgit. E. , à 1,350 kiloiu. S.-E. d'Alger; 30,000 hab. Elle occupe un promontoire dont la pointe est surmontée par un château en assez mauvais état, flanqué par des batteries médiocrement armées. Celle de ces batteries qui est le plus à l'est, et qui est aussi la plus considérable, est construite sur un rocher allongé qui couvre le fort. De là part une longue ligne de petits Ilots rapprochés les uns des autres et qui seraient une excellente digue pour ce même port, si les vides qui les séparent étaient comblés. Elle est assez propre et pimpante, excepté dans la quartier des juifs ; entourée d'un mauvais mur à tours et créneaux, elle n'a que deux portes ouvertes sur la campagne, très-rapprochèes l'une de l'autre. Près de ces portes est le château du pacha, masure hideuse à voir et à habiter. Les maisons sont, pour la plupart, revêtues d nn ciment brun ressemblant à du marbre très-poli, et quelques-unes sont de marbre noir ou blanc; au reste, elles sont toutes bâties sur le même modèle. Le toit est en terrasse. C'est là que le musulman vient, après le coucher du goleil, respirer la frai" cheur des brises de la mer et invoquer Allah. De ces terrasses, les eaux pluviales tombent dans des citernes où l'eau se conserve très-pure ; c'est la seule eau douce qu'on puisse se procurer dans le pays. Aucune maison particulière , sauf celles des consuls étrangers, n'a de fenêtre sur la rue, et quoique quelques - unes des habitations aient deux étages, elles sont loin d'être aussi somptueuses que celles de Tunis ou d'Alger, car le plus souvent elles ne sont garnies que de quelques coussins ou tapis.
Les plus belles boutiques ressemblent à des échoppes; mais elles renferment souvent des
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marchandises d'un grand prix. : ce sont des perles, de l'or, des gommes et des drogues recherchées. 11 y a deux bazars bien construits et bien approvisionnés. Les approvisionnements de Tripoli en gibier viennent des montagnes de Gharian et de Tarhona ; ils consistent principalement en lièvres, gazelles, perdrix rouges, pigeons, cailles. Les côtes environnantes sont très-poissonneuses; la plupart des pêcheurs sont des Maltais. Le port, petit et mauvais, pourrait être excellent si l'on reliait entre eux les nombreux Ilots qui se trouvent à l'extrémité septentrionale. Il fait un commerce de transit avec le Sahara et le Soudan, par les caravanes de Tripoli k Ghadamès, Ghât, Mourzouk et de là au Soudan. Cette ville possède des fabriques d'étoffes de laine et de soie, de tapis, de nattes, des tanneries, des poteries, des savonneries, dont les produits n'entrent que pour une faible part dans les échanges de la ville a-vec l'étranger. Tripoli consomme peu et achète peu pour son propre compte ; son rôle est celui d un lieu d'entrepôt et de transit, qui importe de l'Europe et de l'Afrique en même temps et bénéficie des commissions et avances de sa fonction d'intermédiaire. Sur ses marchés, l'Afrique verse des produits naturels et fabriqués du continent, tels que céréales, huiles, garances, fruits secs, oranges et citrons, séné, ivoire, natron, animaux vivants et leurs dépouilles, beurre, laines, plumes d'autruche, cire, éponges, poudre d'or, tapis et nattes, chachias, etc, L'Europe y apporte les siens.: fils et tissus de coton, de laine, de soie, bonnets en laine teints en rouge, épiceries et drogueries, quincaillerie, verroterie, vins et liqueurs, poterie, planches et bois de construction, horlogerie, bijouterie, chaussures, papeterie, galons et brocarts, taillanderie, cuirs préparés, tabacs, parfumerie , graine d'alizari (garance). La France importe par Marseille de petites quantités de sucre, café, vins et spiritueux, métaux, cuirs ouvrés, en échange de céréales, d'huiles, de peaux brutes, de cuirs préparés. Une plus large part dans les transactions appartient à 1 Angleterre, surtout par l'île de Malte, qui possède de vastes dépôts de marchandises.
La ville actuelle de Tripoli s'appelait JElu dans l'antiquité; elle fut une des trois cités qui firent donner à la contrée où elles étaient situées la dénomination de Tripolitaine; les autres étaient Sabraia et Leplis Major. On voit çà et là des parties de pavé dont quelques-unes sont fort anciennes et paraissent être du temps des Romains. L'un des plus grands arcs de triomphe de l'antiquité subsiste encore en entier; les Maures rappellent le Vieil-Arc ; il fut érigé en 164 de l'ère chré tienne en l'honneur de Marc-Aurèle. Cet arc de triomphe est très-élevé, et cependant on estime que la partie recouverte par les accumulations de sable est égale à celle qui est à découvert; il est construit en pierres d'une très -grande dimension, qui ne sont jointes par nucun ciment. La voûte est de la plus belle sculpture ; mais il n'y en a qu'une partie de visible, parce que les Maures l'ont remplie de décombres et de mortier pour en faire des boutiques. La caravane qui se rend de Maroc à La Mecque passe par Tripoli. L'arabe que l'on y parle est regardé comme le plus pur de toute la côte nord d'Afrique. Les environs sont couverts de jardins remarquables.
TRIPOLI (ancienne régence, aujourd'hui viLAÎiiT du), la plus orientale et la moins importante des trois anciennes régences barbaresques, sur la côte septentrionale de l'Afrique, entre la Méditerranée au N., le désert de Barca à l'E., le Sahara et le Fezzan au S.-E., la régence de Tunis à l'O., par 27"-33<> de latit. N. et 100-22° de longit. E. Capitale, Tripoli ; villes principales, Mourzouk, Ghadamès, Benghazy. Son territoire, qui s'étend sur les rives de la Méditerranée depuis la petite jusqu'à la grande Syrte, avec un développement de côtes d'environ 1,500 kilom., occupe une surface totale de 4,200 myriam. carrés. Les côtes, pleines de bas-fonds, n'offrent que deux mouillages fréquentés , ceux de Tripoli et de Benghazy. En cas de gros temps, les navires peuvent chercher, en outre, un refuge dans la vaste rade de Bomba et dans le port naturel de Toubrouk. La population, qui est de 1,200,000 hab. selon les uns, de 800,000 selon d'autres, se compose de Maures, d'Arabes, de Berbères ou Kabyles, de Koulouglis, de Turcs, de Francs; de juifs, de nègres, et, à l'exception de 2,000 ou 3,000 juifs, elle est toute vouée à l'islamisme ; car il est à remarquer qu'il n'existe pas de chrétiens indigènes dans les provinces barbaîesques. Ceux qu'on y voit sont venus d'Europe et ont conservé leur langue et leur nationalité, quoique quelques-uns appartiennent à des familles établies dans le pays depuis plusieurs générations. On compte à Tripoli près de 1,200 de ces chrétiens et de 150 k 200 k Benghazy ; les Maltais en forment la grande majorité. Tous vivent sous la protection de leur consul et ne sont justiciables que de lui seul. Ce pays est baigné par la plus grande partie du golfe de la Sidre, terminé k l'O. par le cap Mesurata, le plus remarquable de la contrée. Sa surface est, en général, montagneuse, et les principales chaînes qui s'y élèvent sont les monts Gharian, Haroudje-El-Abiad et El-Açouad.
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Le mont Akhdar, qui couvre presque toute l'ancienne Cyrénaïque , y forme un vaste plateau. Le vilaïet de Tripoli est, après le désert, la partie la plus mal arrosée de l'Afrique. Excepté quelques petites rivières qui se jettent dans la mer, on n'y trouve que des sources et des puits. Il existe dans le désert 8,000 abreuvoirs ou puits pour les caravanes et les troupeaux. Le siroco, qui, en automne, y souffle plusieurs jours de suite, est suffocant au point d'obliger les hnbitants à, se tenir enfermés chez eux. Le climat est sec, chaud et généralement salubre, mais il est désagréable, parce que la chaleur des jours et le froid des nuits y sont excessifs. L'hiver y serait doux sans un vent du nord froid et pénétrant. A cette époque, la végétation, qui atteint tout son éclat en avril, est plus belle qu'en été; les pluies sont rares, les ouragans fréquents. La région dans laquelle le climat est le plus sain et le plus beau est celle qui comprend la plaine de Barka et la péninsule cyrénaïque.
« L'ancienne régence de Tripoli, dit M. Bainier, se divise en cinq parties : la Tripolitide et le plateau de Barka au nord, dans la région méditerranéenne; au sud, l'immense oasis du Fezzan; au sud-est, l'oasis d'Audjelah, et au sud-ouest l'oasis de Ghadamès ou Rhadamès. Le pays en général se compose de déserts de sables, de plateaux rocailleux et de quelques oasis fertiles; c'est l'entrée du désert, et c'est par là qu'une grande portion du Sahara communique avec la Méditerranée; on peut dire que c'est la partie maritime du Sahara. L'ensemble du territoire présente une lisière de terres fertiles, plus ou moins bien cultivées le long de la mer, et, dans l'intérieur du pays, de vastes plaines sablonneuses où l'on voit des oasis de distance en distance; aussi ce pay3 n'est habitable que dans quelques oasis de Tripoli, de Ghadamès et du Fezzan. Les hauteurs qui partent de l'oasis de Syouah deviennent des collines escarpées vers l'oasis d'Audjelah; puis, dans le désert de Haroudje, elles forment deux chaînes parallèles se dirigeant du sud-est au nord-ouest sous le nom de Haroudje Noir au nord et de Haroudje Blanc au sud. Elles s'unissent aux monts Gharian , élevés de 1,000 à 1,200 mètres, qui, se prolongeant par des collines de sable, vont rejoindre en Tunisie le massif da l'Atlas, près du lac Kaïrouan. L'absence de hautes montagnes et le peu d'espace qui sépare de la Méditerranée la chaîne de Gerbodah rendent impossible dans ce pays l'existence de cours d'eau. L'absence d'eau est la cause principale de la stérilité des plaines du pays de Tripoli, dont le sol est mal cultivé, misérable et couvert de ruines. » Le sol, dans les montagnes, est en général fertile. Les principales productions consistent en blé, orge, vin, olives, qu'on récolte en abondance, safran, garance renommée, séné, figues, une immense quantité de dattes, qui diffèrent matériellement pour la beauté de celles du reste de la Barbarie et même de l'Egypte, oranges, citrons, toutes espèces de fruits et de légumes, coton, etc. On y recueille aussi la caroube, fruit appelé par les Arabes sidra, de la grosseur d un haricot, et que l'on croit être le lotus des anciens ; le cassais, grain inconnu en Europe, et dont on fait une farine très-nutritive, et le biehouah, autre grain importé du Soudan. On récolte des légumes de toutes sortes, des choux, des navets, des oignons, des concombres, des melons, etc. On y élève des chevaux et des mulets, qui, quoique petits, sont très-vifs et très-vigoureux, ainsi que beaucoup de gros et de menu bétail. Les animaux sauvages les plus communs de cette contrée' sont : l'hyène, le chacal et le bceuf sauvage; les lions et les panthères s'y montrent rarement. Le sable des environs de Tripoli contient une trèsgrande quantité de grains d'or. Il y a des mines de soufre, des carrières de pierre à bâtir et de gypse. L'industrie manufacturière y a pour objet la fabrication de tapis, dont les couleurs sont très-brillantes, de tissus de laine grossiers, de tissus légers pour les femmes, de camelots communs, de sacs en poil de chèvre, de colliers en verroterie, de nattes et de jarres en terre. On fait à Tadjoura beaucoup d'huile de castor. Le commerce maritime se fait presque exclusivement par les deux ports de Tripoli et de Benghazy. Les autres points du littoral ne font guère que le cabotage intérieur. Néanmoins, Zoara a quelques relations directes avec la régence de Tunis, et Derna avec l'Egypte et la Crète. C'est avec Malte que la régence a ses plus grandes relations commerciales; c'est là qu'elle expédie la majeure partie des céréales et à peu près tous les animaux vivants qu'elle exporte. Après Malte viennent, dans 1 ordre de l'importance des relations de commerce, la Turquie d'Europe et d'Asie, la régence de Tunis, le royaume d'Italie, l'Egypte, la France et l'Algérie. Tripoli est le principal emporium qui mette l'Afrique centrale en communication avec le bassin de la Méditerranée. Tous les ans, une caravane du Bournou transporte au Fezzan les diverses marchandises que cette mystérieuse contrée peut fournir, en échange direct ou indirect de celles qu'elle reçoit. Du Fezzan, ces marchandises sont portées à Tripoli, où elles se partagent entre l'Occident et l'Orient. L'importance des relations commerciales avec l'Orient a baissé depuis qu'on a décrété la suppression de l'esclavage. Il est vrai
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que la loi n'est qu'imparfaitement exécutée. Considéré dans son ensemble, le commerce maritime du vilaïet était évalué eu 1872 à 15 millions de francs, dont les deux tiers pour le port de Tripoli et un tiers pour celui de Benghazy. Les sciences et les arts libéraux sont à peu près entièrement inconnus aux Tripolitaina. Leurs connaissances en littérature se bornent à l'intelligence du Coran et en quelques fables orientales. La médecine et la chirurgie n'y sont point des sciences fort compliquées; la première n'exigeant que de connaître à propos l'emploi de la diète et de quelques plantes, et l'autre l'art da cautériser les blessures avec de simples morceaux de fer.
L'instruction publique est presque entièrement concentrée dans la capitale, où l'on trouve un grand nombre d'écoles, dans lesquelles on enseigne aux enfants à lire et à écrire. Excepté les habitants des villes et des oasis, la grande majorité de la population mène une vie nomade, habite sous la tente, se livre à l'agriculture ou à l'élève du bétail, n'a aucune industrie et ne fait aucun commerce avec l'étranger. Ces nomades se gouvernent par leurs cheiks et ne reconnaissent l'autorité du sultan que lorsqu'ils veulent écouler leurs produits et s'approvisionner des objets nécessaires à leur consommation.
Le pays forme un Eiat vassal de la Porte Ottomane, ayant à sa tète un dey, qui, depuis 1835, n'est plus qu'un gouverneur de province. Tripoli constitue, en effet, depuis lors un vilaïet de l'empire ottoman, et le dey qu'y institue la Porte a le titre, le rang et la puissance d'un pacha. Le vilaïet se divise en cinq arrondissements ou nayés : Tripoli, Khoms, Benghazy, Djebel, Fezzan, qui se subdivisent en vingt-trois cantons ou kazas. Les nayés sont administrés par des mutessarifs ou préfets, à l'exception de celui de Tripoli, qui est administré directement par le pacha, et les nayés ont à leur tète des caïiuacans ou sous-préfets et des mudirs. Enfin, l'administration des villages est confiée à des cheiks , nommés par le pacha et assistés d'une djemâa, sorte de conseil municipal. Tous les fonctionnaires supérieurs sont Turcs, comme le pacha, gouverneur général du vilaïet. Celui-ci a le rang de muchir (maréchal) et est ehangé tous les deux ans. Il commande en chef l'armée, comprenant environ 6,000 hommes envoyés de Turquie et renouvelés tous le.s cinq ans ; il exerce les fonctions administratives avec l'assistance d'un haut conseil (medjelès), composé du cadi, du mufti et de quelques indigènes notables, et qui se réunit deux fois par semaine. La justice, en matière criminelle, est rendue par le medjelès supérieur, conformément à l'avis du medjelès thakik, sorte de chambre d'instruction, et l'on ne peut appliquer la peine de mort qu'après en avoir référé au sultan. En matière civile et religieuse, la justice est rendue à Tripoli par le cadi ou mollah, nommé par la Porte, et, dans les nayés et kazas, par des naïbs ou suppléants, assistés de greffiers. Les jugements du cadi sont sans appel. En matière commerciale, les affaires sont, portées devant un tribunal de commerce appelé medjelès tedjaret. Les muftis sont les chefs en matière religieuse. A la tète de l'administration financière se trouve une sorte de receveur général (mohassebdji), établi par le gouvernement turc. Les revenus publics consistent dans le produit de la dime des récoltes (achour) ; dans l'impôt prélevé par tête de bétail, et dans certains lieux comme une redevance fixe (lezma) ; enfin dans le produit des douanes, dont les droits sont fixés par des traités au taux de 9 pour 100 de la valeur soit à l'entrée, soit à la sortie, mais avec réductibilité périodique de 1 pour 100, jusqu'à ce qu'ils soient descendus à 1 pour 100, leur limite inférieure. Ces droits de douane acquittés, les marchandises circulent en franchise dans tout le pays. Les octrois n'y existent pas.
— Histoire. Cette contrée, dont la partie occidentale formait, avec la régence de Tunis, l'Afrique propre ou la république de Carthage, et la partie orientale celle de Cyrène, fut réduite, après la destruction de Cannage, ainsi que le reste de l'Afrique, en province romaine. Elle tomba de bonne heure au pouvoir des Sarrasins et éprouva ensuite les mêmes vicissitudes que les Etats voisins. Après la chute de la dynastie des Almohades, Tripoli fut longtemps gouvernée par 'la famille des Beni-Amer. Abou-Farez, roi de Tunis, en fit ensuite la conquête; mais la régence tripolitaine avait recouvré son indépendance lorsque les Espagnols s'en emparèrent, sous la conduite de Pierre Navarre, en 1510. En 1530, Charles-Quint la céda, en même temps que l'île de Malte, aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui l'occupèrent jusqu'en 1551; à cette époque, elle leur fut enlevée de vive force par les Turcs, commandés par Sinan-Pacha. Elle devint alors un pachalik de l'empire ottoman, comme le devinrent, dans le même siècle, Alger et Tunis; mais, comme Alger et Tunis, ce pachalik ne tarda pas k se rendre indépendant, sinon de droit, au moins de fait. Cependant Tripoli, plus que les autres régences barbaresques, eut de certains retours à la soumission directe jusqu'en 1714. Celte année-là, le pacha régnant ayant fait un voyage à Constantinople, Ahmed-Caramanli, qui commandait sous lui les tribus arabes
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avec le titre de bey, profita de son absence pour s'emparer du pouvoir suprême. Il expulsa les Turcs après avoir massacré par trahison tous leurs officiers. La Porte, à qui il fit quelques soumissions apparentes et envoya des présents, accepta, comme presque toujours, le fait accompli et le nomma lui-même pacha. La régence de Tripoli n'en resta pas moins tributaire des sultans, mais elle cessa d'être administrée par des pachas envoyés de Constantinople ; elle eut une dynastie héréditaire. Cette dynastie, connue sous le nom de Curamanlis, et dont Ahmed fut la souche, gouverna Tripoli pendant plus -d'un siècle. Ces princes, pour se distinguer de ceux de Tunis et d'Alger, portaient le titre de pacha. L'histoire de cet Etat ne présente plus qu'une suite non interrompue de révoltes, d'assassinats et de supplices sanglants à l'intérieur, ainsi que de conflits provoqués k l'extérieur par les habitudes de piraterie de la population. Pendant longtemps, la France n'eut pas à s'en plaindre autant que des Algériens et des Tunisiens. Cependant, vers l'an 1683, les Tripolilains se permirent des insolences que Duquesne punit par la destruction d un grand nombre de leurs corsaires. Us s'humilièrent et demandèrent la paix, qu'ils obtinrent. Comme ils ne tardèrent pas k la violer, le maréchal d'Estrées reçut ordre d'aller les mettre à la raison on 1685. 11 arriva devant Tripoli le 19 juin et commença le bombardement le 22. Le 24, les Tripolitains effrayés firent leur soumission. Tous les esclaves furent rendus, et la ville paya une contribution de 500,000 francs. La paix fut signée le 29 juin. Malgré les leçons que les Tripolitains avaient reçues, ils violèrent encore ce traité. Par suite de cette nouvelle rupture, notre consul fut arrêté, resta six mois en prison et la France dut armer de nouveau en 1692 contre ces insolents barbares, qui, forcés de céder, conclurent, le 5 juin 1693, un nouveau truite, lequel fut renouvelé le 4 juin 1720. En 1728, la guerre ayant recommencé, une division navale, commandée par M. de Grand pré, bombarda Tripoli. Les hostilités continuèrent jusqu'à l'année suivante. Les Tripolitains, craignant une destruction totale, demandèrent alors la paix avec les plus vives instances. Le traité fut signé le 2 août 1729. Ce gouvernement de pirates et de janissaires dura jusqu'en 1835, époque où, par suite de l'étatde complète désorganisation intérieure, provoquée par d'incessants changements de souveruins, accompagnée d'atrocités de toute espèce, la Porte Ottomane dut se décider enfin k intervenir pour mettre un terme à cette sanglante anarchie. Une flotte turque arriva devant Tripoli au mois de mai 1835. L'expédition était commandée par Moustapha-Nedjib-Pacha. Sidi- Ali, qui gouvernait alors la régence, sans méfiance, se rendit auprès de lui et fut reçu avec, tous les honneurs dus à son rang. De plus en plus rassuré, il laissa débarquer Jes troupes turques, qui occupèrent les forts. Tout cela se passa le 25, le 26 et le 27 mai. Le 28, Sidi-Ali se rendit de nouveau k bord de la flotte pour ramener k terre Nedjiu- Pacha, qui avait annoncé qu'il débarquerait ce jour-là; mais, retenu sur la flotte, il se vit déclarer déchu et peu de jours après fut envoyé à Constantinople. Quant à Nedjib, il s'installa au château et fit publier le linnan qui le nommait lui-même pacha de Tripoli.
TRIPOLI DE SYRIE, en turc Tarabolous, ville de la Turquie d'Asie (Syrie), k 150 kilom. O. de Damas, au pied d'une des branches du Liban, à 2 kilom. de la Méditerranée, par 340 26' de latit. N. et 33° 31' de longit. E.; 24,000 hab. Chantiers de constructions maritimes, station des paquebots à vapeur français et russes. Les rues de Tripoli sont pavées et les maisons assez bien bâties, mais l'air est peu salubre, k cause des eatrx qui croupissent de toutes parts. Les édifices les plus remarquables sont le château du pachu, grand quadrilatère d'un as peut assez imposant, avec de hautes murailles garnies d'artillerie; la grande mosquée, dont le comble, composé de petites coupoles, repose sur seize colonnes d'ordre dorique en beau marbre gris, et le bazar neuf, qui est très-spacieux et bien aéré. On y admire les ruines d'un superbe monument, de l'antiquité ; c'est un arc de triomphe construit en marbre, orné de basreliefs, d'inscriptions, etc., et qui paraîtavoir été érigé l'an 164 de J.-C, en l'honneur des empereurs Marcus Aurelius Antoninus et Lucius Verus. Tripoli n'a pas de port proprement dit; mais la rade est sûre, excepté quand le vent du N.-O. est violent; les navires mouillent entre la terre et de petits Ilot» rocailleux. Tripoli est appelé à devenir un point important sur la cote de Syrie. Il est l'échelle de deux villes de l'intérieur, Huma et Houn, dans lesquelles les Arabes du désert, k certaines époques de l'année, viennent s'approvisionner. La pêche des éponges occupe, a Tripoli, les habitants de la ville basse, tandis que les habitants de la ville haute, située k 1 mille dans l'intérieur, se livrent à d'autres industries. Les grands débouchés de Tripoli sont l'Egypte et la Turquie. Durant la splendeur de la première de ces puissances, 1 exploitation de la forée de chênes verts et de pins des montagnes voisines donnaient du mouvement k ceite ville. Ses principales exportations consistent en soie- iuile, éponges, grains, tabac,coton. laine.
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savon, citrons, oranges. Les importations consistent en café, sucre, indigo, cochenille, riz, cuirs, fer et acier, tissus de coton, draps, etc. Les parages de Tripoli sont sillonnés par les vapeurs français des Messageries nationales, par les vapeurs russes et par des navires à voiles arabes. Les croisés, qui s'emparèrent de cette ville en nos, y trouvèrent une précieuse bibliothèque.
TRIPOLION s. m. (tri-po-li-on).Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astérées, formé aux dépens des astères, at comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les terrains salés de l'Europe et de l'Amérique.
TRIPOLIR v. a. ou tr. (tri-po-lir — radr tripoli). Nettoyer un objet avec le tripoli, lu1 donner le poli.
TR1POL1S, ville de Grèce. V. Tripolitza.
TRIPOLISSER v. a. ou tr. (tri-po-li-sé — rad. tripoli). Techn. Aiguiser, polir avec une pierre, avec le tripoli.
TRIPOLITAIN, AINE s. et adj. (tri-po-litain, è-ne). Géogr. Habitant de Tripoli ; qui appartient à Tripoli ou à ses habitants : Les Tripoutains. La population tripoi.itaine.
TRIPOLITAINE s. f. (tri-po-li-tè-ne). Bot. Variété d'anémone.
TB1POL1TZA ou TROPOLITZA, anciennement Tripolis, ville de la Grèce (Morée), ch.-l. de la nomarchie d'Arcadie, k 60 kiloin. S.-O. de Corinthe, dans une plaine immense, élevée d'environ 680 mètres au-dessus de la mer, sous un climat froid et peu agréable,
Ëar 370 ao' de latit. N. et 20" 2' de longit. .; 2,000 hab. Résidence d'un métropolitain. Cette ville, qui doit, dit-on, son' nom à celles de Mantinée, de Pallentium et de Tégée, lesquelles s'élevaient dans le voÎ3iniige, était, sous la domination turque, la capitale de la Morée, avec 20,000 habitants. En 1779, elle tomba au pouvoir d'une horde de chrétiens qui embrassèrent l'islamisme après la conquête de l'Albanie par les musulmans; mais Hassan -Pacha la leur reprit bientôt et des têtes des vaincus lit élever, devant une des portes de la ville, une horrible pyramide, dont on voyait encore les débris vingt ans après. Quand, en 1821, les Grecs la prirent d'ussaut sur les Turcs et les Albanais qui la défendaient, elle fut presque entièrement réduite en cendres; tuais on la reconstruisit presque aussitôt, et, dès le 23 avril 1823, le gouvernement grec s'y installait. Ibrahim-Pacha, qui s'en empara le 21 juin 18Ï5, ne l'évacua qu'en 1828 et n'y laissa qu'un monceau de ruines. Elle est encore aujourd'hui en pleine décadence.
TRIPONCTOÉ, ÉE adj. (tri-pon-ktu-é — du préf. tri, et de ponctué). Zool. Qui est marqué de trois points colorés.
TRIPOS s. m. (tri-poss — du gr. tripous, trépied). Infus. Genre d'infusoires, de la famille des cercariés ou des péridiniens.
TRIPOSOME s. m. (tri-po-so-me — du gr.
tripous, à trois pieds; soma, corps). Myiiap. Syn. de strongylosomb, genre de myriapodes.
TRIPOSPORE s. m. (tri-po-spo-re — du gr. tripot, à trois pieds; spora, semence). Bot. Genre de champignons, du groupe des trichosporés.
TRIPOT s. m. (tri-po. — Ce mot, qui a signifié d'abord place réservée aux joueurs de paume, jeu de paume, puis maison de jeu, désigne sans doute proprement la place pour les mouvements, les ébats- du vieux français triper, treper, marcher, faire de petits pas, sautiller, gambader, du radical trop, trip, auquel se rattachent les mots germaniques trappen, trappeln, trempeln, hollandais trippen, anglais to trip, etc., qui tous marquent mouvement du pied, radical qui répond sans doute à la racine sanscrite tarb, mouvoir, hâter). Lieu où l'on joue à la courte paume :Tkipot couvert. Tripot découvert. Balle de tripot. Maître de tripot. Au bout de quatre jours, je remplis de deuil le tripot; la paximière alla où j'envoyais mes mulades, et ses parents s'emparèrent de son bien. (Le Sage.) Il Vieux en ce sens. On dit aujourd'hui jeu de paume.
— Maison de jeu ; milieu quelconque où l'on se livre à des spéculations hasardées et souvent peu honnêtes : Perdre sou argent dans un tripot. Il eut dans un tripot une querelle avec des militaires. (Mérimée.) Il rencontra des joueurs qui jouaient aussi heureusement que iui dans tes tripots de Sévi lie. (Le Sag-*.) Les pJiM infâmes tripots sont les maisons de
v7«*ï les tripots les plus ruineux sont les bu- Veaux de loterie. (Le Sage.) Le tripot de la Bourse est devenu boussole de l'opinion. (Kourier.) Et puis, dans ce grand tripot de l'humanité, ils se font toujours beau jeu; ils trichent, mais ils gagnent. (E. Sue.)
Mais pour de» innocents comme toi, pauvre foui
La Bourse est un tripot...
PONSARD
— Par ext. Maison où s'assemble mauvaise compagnie : Elle avait appris que cette femme, ruinée par la perle de son procès, avait été réduite à tenir tripot. (Dider.)
— Tripotage, intrigue : Les savants réduis sent les sciences et les arts en tripot commercial et cabalistique. (Fourier.) Elle a été mise dans la confidence de ce petit tripot. (Balz.)
TRIP
— Fam. et par dénigr. Le tripot comique ou simplem. Le tripot, Assemblée de comédiens : Nous avons ici la meilleure troupe de l'Europe, et l'eitvie n'est point entrée dans notre tripot, (Volt.)
Dans Je tripot comique il faut que je me lance. C. Delavigne.
— Loc. prov. Etre dans son tripot, Etre dans un lieu où l'on a l'avantage. Il Tirer un homme de son tripot, Le tirer du lieu où il a l'avantage. Il Battre un homme dans son tripot, Le battre sur son propre terrain, il Ces diverses locutions ont vieilli.
— Techn. Grande cuve employée dans certaines salines, n Trépied garni de cordes sonores.
TRIPOTAGE s. m. (tri-po-ta-je — rad. tripot). Mélange qui produit quelque chose de malpropre on de mauvais goût : TRIPOTAQK d'enfants. Ces femmes, en essayant de faire des confitures, ont fait un étrange tripotage. (Acad.) J'ai pris ce matin du tripotage de café avec du lait. (Mme de Sêv.)
— Pig. Assemblage confus de choses qui ne s'accordent point ensemble : N'entendre rien au tripotage. Dans cette affaire, ils ont fuit un étrange TRIPOTAGE. (Acad.) Tout ce tripotage ne sert de rien. (Molière.) il Petits arrangements, petits manèges: J'aime le tripotage du jardin.
Mères et nourrissons faisaient leur tripotage. La Fontaine.
H Intrigues, calomnies, médisances tendant à brouiller une affaire, à semer ta discorde entre plusieurs personnes : Je le crois incapable d'un tel tripotage. Il y a du tripotage dans sa conduite. L'agiotage spolie le corps social en détournant tes capitaux pour les faire s' entre- choquer dans les tripotages de hausse et de baisse qui fournissent d'énormes bénéfices aux joueurs les plus habites. (Fourier.) Elle l'a retiré de tous les tripotages politiques, où il se serait assurément compromis. (Fr. Soulié.) Quant à Alexandre Dumas, l'organisation de l'Italie le préoccupe troppour qu'il trouve le temps de s'occuper du boulevard du Temple; mais je suis persuadé qu'il est complètement étranger à tout tripotage. (A. Legendre.) Ta ne crains, rien d'elle? — Ah! ouichel elle ne sait rien de mon tripotage I (Balz.) Nul n'a fait autant de tripotages avec ta presse que M. Thiers. (H. Castille.)
TRIPOTASSIQUE adj. m. (tri-po-ta-si-ke — du préf. tri, et de potassique). Chim. Se dit d'un sel potassique contenant trois fois autant de potasse que le sel neutre correspondant.
tripotée s. f. (tri-po-té — rad. tripoter). F.am. Volée de coups : Il lui a flanqué une
tripotée.
TRIPOTER v. n. ou intr. (tri-po-té — rad. tripot). Paire quelque chose de mauvais ou de malpropre, en mélangeantditférentes choses ensemble : Ces enfants ne' font çûe tripoter avec de la terre et de l'eau. Il Faire des manipulations : Ce n'est qu'en tripotant que Ion arrive à des résultats que ta science pure ne saurait prévoir. (Moigtio.) il Manier sans précaution, sans soin : Tripoter de la viande. Tripoter des cerises, des fraises.
— Fig. Se livrer à des opérations plus ou moins secrètes : Il est entré dans cette affaire pour l'accommoder; mais il a tripoté de telle sorte qu'il a tout gâté. (Acad.) Mlle l'emmenait dans tes foires et assemblées pour tripoter dans des irigauderies et mener la vie de cabaret. (G. Sand.) Il Intriguer dans l'intention de brouiller une affaire, de semer la discorde entre des personnes,
— v. a. ou tr. Toucher, manipuler : Je n'aime pas qu'on me tripote ainsi.
— Par ext. Gâter par des restaurations maladroites ; Voilà ce que les marguilliers devraient savoir avant de tripoter s leur fantaisie ces beaux édifices. (V. Hugo.)
— Fig. Arranger, combiner, en se servant de moyens plus ou moins avouables : Tripoter une affaire. Tripoter un changement de ministère. Il Avoir le maniement de : // n'avait pas encore reçu l'ordre exprès de mentir, sous peine de ne plus tripoter vos fonds. (Beaum.) Il Se servir de, dans un but d'agiotage : Aujourd'hui, tout le monde fait valoir son argent et le tripote de son mieux. (Balz.) L'ami déjà nommé m'a cité un étudiant de plusieurs années qui, pour avoir malheureusement tripoté le coupon, a été exécuté dernièrement dans la coulisse. (Edm. Robert.)
TRIPOTEUR, EUSE s. (tri-po-teur, eu-ze — rad. tripot). Personne qui tripote : Un tripoteur d'affaires. N'écoules pas ces tripoteuses.
TRIPOTIER, 1ÈRE adj. (tri-po-tié, iè-re — rad. tripoter). Qui tripote, qui a l'habitude de tripoter : Cette femme est trop tripotiére.
— Substautiv. Personne qui a l'habitude de tripoter : Fuyez la société de tous ces tripotiers.
— Personne qui tripote à la Bourse : Chaque tripotier gagne en un déjeuner un demimillion. (Fourier.)
— Personne qui tient un jeu de paume : Que le feu Saint-Antoine les arde, dit la tripotikre. (Scarron.)
— Personne qui tient un tripot, une maison de jeu.
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TRIPOTRICHIE s. f. (tri-po-tri-k!). Bot.
Genre de champignons, du groupe des trichospermés.
TRIPOUX s. m. (tri-pou). Nom donné, dans les Vosges, à des terrains communaux qu'on divise par lots, tous les huit k dix ans, et qu'on tire au sort entre les habitants de la commune pour être cultivés par eux jusqu'au prochain tirage.
TR1PPBL (Alexandre), sculpteur suisse, né à Schaffhouseen 1747, inortà Rome en 1793. Il apprit d'abord la menuiserie et l'art de construire des instruments de musique, puis se rendit k Copenhague , où il étudia la sculpture et vit à plusieurs reprises ses œuvres couronnées par l'Académie de cette ville. Du Danemark, il passa à Paris, y exécuta son beau groupe allégorique de laSuisse et de là se rendit, en 1777, k Rome, où il passa le reste de sa vie. Ses œuvres, dont la plupart se trouvent en Russie, sont remarquables par la noble simplicité de l'invention ainsi que par la finesse, la netteté et la jus- ' tesse de 1 exécution,
TRIPSAQUE s. m. (tri-psa-ke — du gr.
tripsis, mouture). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des rottbœlliées, comprenant trois espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord.
TRIPTÈRE adj. (tri-ptè-re — du préf. tri, et du gr. pteron, aile). Hist. nat. Qui est muni de trois aiies.
— s. m. Moll. Genre de mollusques ptéropodes, dont l'espèce type se trouve près du port Jackson : Le triptere rose n'offre point d'apparence de tête ni d'yeux. (E. Baudement.) a Section des rochers, genre de mollusques gastéropodes.
TRIPTÉRELLE s. f. (tri-pté-rè-le — dimin. du gr. tripières, à trois ailes). Bot. Syn. de burmannie, genre type des burmanniaoées.
TRIPTÉRIDE s. f. (tri-pté-ri-de — du préf. fri, et du gr. pteron, aile). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des carduacées, formé aux dépens des soucis, et comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
TRIPTÉRION s. m. (tri-pté-ri-on — du préf. tri, et du gr. pteron, aile). Bot. Section des pigamons, genre de renonculacées.
TRIPTÉROCARPE s. m. (tri-pté-ro-kar-pe
— du préf. tri, et du gr. pteron, aile ; karpos, fruit). Bot. Syn. de brihgësie , genre de sapindacées.
TRIPTÉROCOQUE s. m. (tri-pté-ro-ko-ke
— du préf. tri, et du gr. pteron, aile; kokkos, coque). Bot. Genre de plantes, de la famille des stackhousiacées, dont l'espèce type croit à Swan-River.
TRIPTÉROSPERME s. m. (tri-pté-ro-spèrme — du préf. tri, et du gr. pteron, aile ; sperma, graine). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute à la famille des gentianèes, et dont l'espèce type croît à Java.
TRIPTÉRYGION s. m. (tri-pté-ri-ji-on — du préf. tri, et du gr. plerugion , nageoire). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des gobioïdes, comprenant plusieurs espèces, qui habitent ia Méditerranée et les eaux de la Nouvelle-Zélande : Les triptérygions se distinguent par leur dorsale divisée en trois parties. (E. Baudement.)
TRIPTILION s. m. (tri-pti-lion — du préf. tri, et du gr. ptilon, plume). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des nassauviées, comprenant huit espèces, qui croissent au Chili.
TRIPTOLÈME s. m. (tri-pto-lè-me — nom mythol.). Asiron. Un des noms de la constellation des Gémeaux.
TRIPTOLÈME, personnage mythologique, au sujet duquel il ne nous est parvenu que des traditions fort obscures. Suivant l'opinion la plus commune, il était fils de Céléus, roi d'Eleusis, et de Nééra ou de Métanire. Tandis que Cérès était a la recherche de sa fille Proserpine, enlevée par Pluton, elle arriva aux portes d'Eleusis dans un état complet de tristesse et d'abattement. Céléus lui donna l'hospitalité, la consola, et Cérès reconnaissante prit en affection son filsTripiolème, encore au berceau; elle voulut même rendre cet enfant-immortel, et pour cela elle l'anima de son souffle, le frotta d'ambroisie et le fit croître avec une beauté égale à celle des dieux. La nuit, à l'insu de ses parents, elle le couchait sous un foyer ardent afin de le dépouiller de son enveloppe terrestre. Métanire, ayant eu la curiosité de voir ce qui se passait, jeta un grand cri k l'aspect de Cérès prête & mettre son fils dans le feu, ce qui arrêta les intentions de la déesse.
D'après une tradition fort ancienne, conservée dans l'hymne homérique adressé à Cérès, Triptolème était, au contraire, un des principaux personnages d'Eleusis lorsque la déesse y arriva et jouissait d'une grande réputation de sagesse; mais aucun lien de parenté ne l'unissait k Céléus, et c'est le jeune Démophon, tlls de ce prince, que l'hymne homérique fait l'objet de l'affection et de l'éducation dont nous venons de parler.
Bien d'autres traditions encore se sont produites au sujet de Triptolème; nous croyons inutile de les rappeler ici, car elles n'olireut aucun intérêt, et nous revenons k la plus suivie par les poètes et les mythologues.
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Cérès enseigna l'agriculture à Trintoîème et lui ordonna de répandre cette précieuse connaissance par toute la terre. Pour cela, elle lui donna du blé en abondance et un char traîné par deux dragons ailés. Il parL-ourut les diverses contrées de la Grèce, après avoir appris aux habitants de l'Attique à semer et à récolter le blé. Aux Arcadtens il enseigna l'art de préparer le pain, d'employer la laine des troupeaux et les premières notions de la construction des villes. Ovide le fait aller jusqu'en Soythie, où le tyran Lyncus voulut le faire périr pendant son sommeil et fut changé en lynx par Cérès. De là, il passa chez les Gètes, dont le roi Carnabon essaya également de lui nuire et tua même un de ses dragons. Triptolème revint alors dans sa patrie, où il rendit son char k la déesse et où il institua en son honneur les fêtes et les mystères restés si célèbres sous le nom d'éleusinies et dont il fut le premier et le principal ministre. Les Grecs le regardaient comme l'inventeur du chariot et de la charrue, comme le propagateur de l'agriculture et de la civilisation qui en découle.
— Iconogr. L. Gatteaux a exposé au Salon de 1831 une statue de Triptolème, figure de marbre aux formes vigoureusement accentuées, k l'attitude simple et noble. Une statue de Triptolème enseignant l'agriculture a été exposée au Salon de 1873 par M. Fouiquet et 'a obtenu une médaille. Le demi-dieu semble marcher, tenant d'une main un instrument agricole tandis que, de l'autre, il lève en l'air un épi de blé ; il y a de la fierté dans son mouvement et de la joie dans l'expression de sa physionomie. Un groupe de marbre, par M. Cugnot, Cérès rendant la vie à Triptolème, a paru au Salon de 1865. La déesse tient sur ses genoux le jeune enfant; elle vient de lui donner le baiser qui le rend à la vie, car le petit tressaille déjà et agite faiblement ses bras, tout k l'heure inanimés. Ce groupe est gracieux et touchant; le corps det enfant est traité avec beaucoup de finesse.
TRIPTOLÉMÉE s. m. (tri-pto-ié-mé). Bot.
Syn. de trioptoléhéb.
TRIPTOTE adj. (tri-pto-te — du préf. tri, et du gr.ptôsis, chute, cas). Gramm. Dont les cas n'ont que trois terminaisons différentes: Les noms neutres latins de ta deuxième déclinaison sont triptotes, tant au singulier qu'au pluriel.
TRIPTYQUE s. m. (tri-pti-ke — du gr. triptuchos, plie en trois; formé de tris, trois trois, et de ptussein, plier). Tableau k trois compartiments, dont les deux plus extérieurs sont des volets qui se rabattent à volonté sur le compartiment du milieu.
— Antiq. gr. Tablette à trois feuillets se repliant l'un sur l'autre.
TR1PUDIUM s. m. (tri-pu-di-omm — mot lat.). Antiq. rom. Auspice que l'on prenait en observant les poulets enfermés dans des cages.
TRIQUE s. f. (tri-ke. — Ce mot est pour estrique et vient du germanique : ancien haut allemand strichan, frapper, frotter, allemand streichen, hollandais strijken, termes qu'on rattache à la racine sanscrite starg, frapper, presser). Gros bâton dont on se sert pour battre quelqu'un : Donner des coups de trique.
— Agric. Sorte de fourche.
— Bot. Syn. de trique-madame.
TRIQUEBALLE s. m. (tri-ke-ba-le). Voiture employée aux transports dans les parcs d'artillerie et les arsenaux, a Fardier servant à transporter de longues pièces de charpente.
— Rem, L'Académie fait ce mot féminin et l'écrit trique- baie, avec un trait d'union et un seul l; M. Littré l'écrit avec deux l; nous avons adopté le genre et la forme orthographique suivis dans les traites d'artillerie, qui nous semblent faire autorité.
— Encycl. Les transports, dans les arsenaux, s'effectuant toujours k de faibles distances, les conditions auxquelles on s'est efforcé de satisfaire dans la construction des triqueballes sont celles qui favorisent k la fois le roulage et le chargement. Dans ce but, on a augmenté le diamètre des roues, sans pourtant exagérer leurs dimensions, de manière k pouvoir placer le fardeau sous l'essieu. L'artillerie française a successivement fait usage de trois sortes de triqueballe ; le triqueballe k flèche, le triqueballe k vis et le triqueballe k treuil.
— Triqueballe à flèche. Le triqueballe k flèche, qui était déjà employé au xvue siècle, se compose d'un essieu surmonté d'une sellette. Entre la sellette et l'essieu s'engage l'extrémité d'une longue flèche, maintenue par deux empannonsdausunedirection perpendiculaire k l'essieu. L'essieu est porté par des roues de 1111,25 de diamètre. Pour effectuer le chargement, on dresse verticalement la flèche, que l'on maintient dans cette position à l'aide île cordages. On brelle alors sur lu sellette, devenue horizontale, le fardeau qui repose sur le sol, puis on abat la flèche eu agissant sur son extrémité au moyen des cordages. Dans quelques triqueballes étrangers, on brelle le fardeau sur le prolongement de la flèche, en arrière de la sellette, et non sur la sellette elle-même.
— Triqueballe à via. Pour éviter les dangers que présentait le chargement du triqut-
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balle k flèche, on remplaça, du temps de Gribeauval, l'abatage de la flèche par faction d'un mécanisme, et l'on eut le triqueballe k vis. Les dispositions générales de ce triqueballe sont les mêmes que celles du triqueballe a flèche. Seulement, on a adapté à la partie supérieure de la sellette deux fortes bandes de fer, appelées crémaillères, dont les extrémités inférieures sont munies de crochets auxquels on suspend le fardeau. Ces crémaillères peuvent glisser verticalement le long de la face de derrière de la sellette, contre laquelle elles sont maintenues par une bande de crémaillère et un support d'écrou. Elles portent sur une partie de leur longueur un certain nombre de trous équidistants dans lesquels s'introduisent des chevilles qui, s'appuyant sur la face supérieure de la sellette, permettent de maintenir le fardeau k des hauteurs variables. Les deux crémaillères sont réunies par une traverse, dont le milieu forme un collet qui donne passage à une vis à filets carrés, tournant dans un écrou porté par le haut de la sellette et destinée k produire le mouvement d'ascension ou de descente du fardeau. Cette vis est munie d'une manivelle k quatre brunches longues servant à la manœuvrer. Le fardeau une fois élevé doit être soutenu par les chevilles qui s'appuient sur la sellette ; la vis doit Être légèrement descendue, de manière à ne plus rien porter et sa manivelle, retirée pour le transport, se place sur un carré disposé sur le dessus de la flèche k une certaine distance en avant de l'essieu. La manœuvre de ce triqueballe est sans danger et ne demande qu'un petit nombre d'hommes ; mais le ballottement du fardeau dans le transport exposait les crémaillères à se fausser : il en était de même pour la vis, quand, négligeant de la descendre, on ne faisait pas supporter la charge par les chevilles. ^
— Triqueballe à treuil. Pour corriger les défauts que nous venons d'indiquer, on a imaginé le triqueballe k treuil, dont la supériorité comme voiture est évidente, à cause de ses essieux eu fer et de son "avant-train mieux organisé que l'ancien avant-train de siège. Son mécanisme est un treuil manoeuvré par des leviers ; ce treuil est disposé audessus de l'essieu de derrière ; il élève le fardeau au moyen de deux chaînes, de telle sorte que celui-ci, suspendu non plus en arrière, mais en avant de l'essieu, agit avec un petit bras de levier pour faire peser constamment le corps de la voiture sur i'avant-train. Cette disppsition est plus convenable que celle des anciens triqueballes pour éviter le ballottement de la flèche dans le transport. Le mécanisme du triqueballe à treuil, plus compliqué que celui du triqueballe k vis, se détraque moins facilement par les secousses; la manœuvre est plus commode et se fait sans que les hommes soient obligés de monter sur la voiture. Les roues sont un peu plus basses pour que. l'on puisse facilement transporter un mortier de 0B>,32 sur son affût. Il semble résulter de diverses observations faites par les hommes compétents que, dans certaines circonstances, un mauvais terrain et un fardeau très-lourd, la flèche de ce triqueballe n'est pas toujours assez résistante et le mécanisme assez puissant.
TRIQUE-MADAME s. f. (tri-ke-ma-da-me).
Bot. Nuin vulgaire de l'orpin blanc.
TRIQUER v. a. ou tr. (tri-ké — rad. trique). Battre à coupa de trique : Ta vas te faire