‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 383 sur 1042 · V. TRISME · texte numérisé non relu

V. TRISME

TRISNA s. f. (tri-sna). Festin à la mémoire d'un trépassé, en usage chez plusieurs peuples slaves.

TR1SOC s. m. (tri-sok — du préf. tri, et de soc). Agric. Sorte dè^scarificateur à trois socs.

TRISODIQUE adj. (tri-so-di-ke— du préf.

tri, et de sadique). Chim. Se dit d'un sel sodique contenant trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TRISOPTÈRE s. m. (tri-zo-ptè-re — du préf. tri, et du gr. pteron, aile). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des gadoïdes, dont l'espèce type habite les mers de Sicile.

TRISORMIEN s. m. (tri-zor-mi-ain). Hist.

relig. Membre d'une secte» du v* siècle, qui admettait une égalité de nature dans les trois personnes de la Trinité, mais qui la voyait imparfaite dans chacune d'elles prise isolement.

TRISPASTE s. m. (tri-spa-ste — du préf. tri, et du gr. spaà, je tire). Mécan. Moufle composée de trois poulies, au moyen de laquelle on peut enlever de grands fardeaux,

TRISPERME adj. (tri-spèr-me — du préf.

TRIS

tri, et du gr. sperma, semence). Bot. Qui renferme trois graines. , •

— s. m. Pharm. Ancien cataplasme.

TRISPLANCHN1QUE adj. (tri-splun-kni-ke — du préf. tri, et de splmchnique). Anat. Syn. de ghawd sympathique.

TRISSE s. f. (tri-se). Mar. Corde ou palan qui sert k approcher ou à' éloignai' un canon du sabord.

TRISSEMENTs. ra. (tri-se-man — rad. trisser). Cri de l'hirondelle. Il Peu usité.

TRISSER v. n. ou intr. (tri-sé). Crier, en parlant de l'hirondelle. Il Peu usité.

TRISSER v. a. ou tr. (tri-sé — du lat. très, trois). l'aire répéter jusqu'à trois fois de suite: On a -bissé,. même trissé la sérénade. (Chadeuil.)

TRISSINO (Giovan-Giorgio), en français le Tri»in, poète italien, né à Vicence en 1478, mort k Rome en 1560. Ayant perdu son père de bonne heure, il ne reçut qu'une éducation tardive et négligée ; mais il répara rapidement le temps perdu et s'attacha particulièrement à 1 étude de la littérature ancienne. Dans deux voyages qu'il fit à Rome, il sut se concilier l'estime du monde lettré par ses connaissances étendues dans les lettres et dans les sciences. Toutefois, il n'était encore connu que par quelques essais poétiques, lorsqu'il fit paraître, en 1515, sa célèbre Sophronisbe, la première tragédie raisonnable et purement écrite que l'Europe eût encore vue, et aussitôt sa réputation s étendit dans toute l'Italie. Cette œuvre conquit à Trissino la faveur de Léon 3C "Vivant dans une époque où la culture des lettres ne paraissait pas incompatible avec le maniement et l'esprit des affaires, le poète de Vicence fut chargé de missions diplomatiques à Venise (1516), en Danemark et auprès de l'empereur Maximilien, qui lui donna des marques toutes particulières de son estima et 1 autorisa a prendre le surnom de Dut velio d'Oro. Après la mort de Léon X (1521), Trissino retourna dans sa ville natale, où il se maria en secondes noces et employa ses loisirs k composer plusieurs écrits relatifs à la poétique, à la grammaire et à l'orthographe. Entre autres réformes grammaticales, il proposa de ne plus confondre les voyelles i et u avec les consonnes j et u. Cette idée fut adoptée; mais il n'en fut pas de môme des autres, qui eurent de nombreux adversaires. Rappelé à Rome par Clément VII en 1523, il dut retourner en mission à Venise, puis reçut l'ordre de se rendre auprès de Charles-Quint, au couronnement duquel il assista a Bologne en 1530. Les dernières années de sa vie furent profondément attristées par des chagrins domestiques. Un tils qu'il avait eu de son premier mariage, jaloux de l'affection dont un fils du second lit recevait des preuves, revendiqua les biens de sa mère et intenta à Trissino un long procès. Condamné et dé-

fiouillé de la plus grande partie de ses biens, e vieux poète, accablé d'affliction, se retira k Rome (1549), où il mourut l'année suivante. Trissino était aimé et estimé de la plupart des hommes célèbres de son temps. Il n'entra jamais dans les ordres, comme quelques-uns l'ont prétendu. Aussi ne comprend-on pas par suite de quelle méprise Voltaire, et après lui J.-M. Chénier l'ont fait prélat, nonce et archevêque de Bénévent.

Les Œuvres complètes de Trissino ont été réunies et publiées par Maffei (Vérone, 1729, ï vol. in-fol.). Les plus remarquables sont les suivantes : Sophronisbe, tragédie, à laquelle il doit surtout sa célébrité, qui a été imitée par les plus grands poëtes modernes. Cette pièce, malgré des imperfections de style et une action languissante, est regardée comme un monument des progrès de lart; car l'action en est bien conduite, les caractères sont fermement dessinés, et elle a ramené le théâtre au boa goût, à la raison et à la nature. En outre, cette tragédie a fait époque dans l'histoire de la versification italienne. A l'exception des chœurs et de quelques passages, elle est écrite en vers non rimes (versi scolti), et cette innovation, qu'on lui reprocha d'abord, a été généralement adoptée depuis lors par les écrivains dramatiques de l'Italie, Imprimée pour la première fois à Rome en 1524, Sophronisbe a été rééditée un grand nombre de fois et traduite en français par Mcllin de Saint-Gelais (Paris, 1559), puis par Claude Mermet (Lyon, 1584). Trissino alaissé, en outre: une comédie imitée des M ënechmes de Plaute, Gli Similtimi (Venise, 1547) ; un poëme qui lui coûta vingt ans de travail, L'italia iiberata da Goti (1527-1548, 3 Vol. in-8°), froideet pompeuse composition, dans laquelle l'érudition remplace l'inspiration poétique, et beaucoup de pièces diverses. Parmi ses œuvres eu prose, mentionnons : Dubii grammaiicali (Vicence, 1529, in-fol.); GrumniaticheUa" (Vicence, 1529, in-4°); U Casleltano (Vicence, in-4<>) ; La poetica (Vicence, 1529, in-fol.); Grainmatices inlrouucliùuis liber J (Vérone, 1540, in-12).

TRISSOPHAÈS s-, m. (tri-so-fa-èss). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides.

TRISSOTIN, personnage des Femmes savantes, comédie de Molière. C'est le poiite bel esprit, pédant, toujours en quête d'applaudisseineuts, aux petits vers à effets, recherchés, mais vides de sens. Molière en a fait

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un type immortel de ridieule qui égaya tout Paris aux dépens de l'abbé Cotin, dont il cita textuellement le fameux sonnet k la princesse Uratiie, où se trouve ce quoi qu'on die qui causait tant de transport à Philaminte, à Arraande et k Bélise :

Ah! que ce quoi qu'on die est d'un goût admirable!

Mais c'est surtout dans l'inimitable dialogue avec Vadius, le savant, le pédant, l'homme bourré de grec et de latin, que Molière a fait ressortir iulniirableniL.it les éloges faux et intéressés, la vanité, l'orgieil ombrageux de ces écrivains qui commencent par s'aduler mutuellement pour se déchirer ensuite à propos d'un mot de critique malencontreux :

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