‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 385 sur 1042 · L. Veuillot · texte numérisé non relu

L. Veuillot

TRISSYLLABEadj. (tri-sil-la-be —du préf.

tri, et de syllabe). Gramm. Qui est de trois syllabes : Mot trissyllabk.

— s. m. Mot de trois syllabes.

TRISSYLLABIQUE.adj. (tri-sil-la-bi-ke — rad. trissyllabe). Gramm. Qui appartient à un trissyllabe.

TRISTACHYE s. f. (tri-sta-kî — du préf. tri, et du gr. slachus, épi). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des avénées, comprenant quatre espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.

TRISTACHYE, ÉE adj. (tri-sta-ki-é — du préf. tri, et du gr. stachun, épi). Bot. Dont les fleurs forment trois épis.

TEISTAGME s. m. (tri-sta-gme — du préf.

tri, et du gr. slagma, goutte). Bot. Genre de plantes, de lu famille des liliacées, tribu des agapanthées, dont l'espèce type croit sur les montagnes du Chili.

TR1STAM ou TRISTAN (Nuno), navigateur portugais, mort en 1447. 11 partit en 1440 de Lisbonne pour aller explorer les côtes d'Afrique, pénétra dans l'intérieur des terres par le point de la côte appelé au xvie siècle Porto do Cavaleiro, puis s'avança jusqu'au cap Blanc et retourna alors en Portugal. L'infant dom Henri, charmé de ce voyage , en adressa la relation au pape Nicolas V et obtint de ce pontife une bulle lui concédant tous les territoires qu'il pourrait faire découvrir en Afrique. Sur la demande de l'infant, Nuùo Tristan entreprit un second voyage en 1443, dépassa le cap Blanc, parvint à l'île d'Arguim et en ramena des esclaves qu'il vendit à Lagos. En 1446 et en 1447, il reprit encore une fois la mer, s'avança au delà du rio de Ouro, essaya de remonter le fleuve, fut assailli par des nègres et succomba en combattant, ainsi que la plupart de ses compagnons.

TRISTAMIE s. f. (tri-sta-mî). Norn donné autrefois par les teinturiers à une couleur analogue à celle du pain bis.

TRISTAN s. m. (tri-stan), Entom. Nom vulgaire d'un papillon du genre satyre.

TRISTAN (Louis), généralement connu sous le nom de Tristan l'Hermite , grand prévôt de Louis XI, né en Flandre dans les premières années du xve siècle, mort dans un âge avancé. Il servit contre les Anglais sous Charles VII, monta k l'assaut de Fronsac avec 49 gentilshommes et fut créé chevalier sur la brèche par Dudoîs. 11 se distingua également sous Louis XI, qui le nomma grand prévôtde son hôtel et qui le menait partout avec lui. Implacable exécuteur des vengeances de son maître, il apparaît dans l'histoire comme une des plus sinistres physionomies de l'ancienne monarchie. Toutefois , la légende et le roman se sont beaucoup exercés sur lui. H est bien vrai, cependant, que le genre de supplice qu'il employait le plus souvent, supplice tout oriental, était de faire jeter k la rivière ses victimes enfermées dans un sac sur lequel était écrit : • Laissez passer la justice du roi. » Des historiens affirment qu'il fit mourir ainsi plus de 4,000 personnes. Louis XI se plaisait k appeler Tristan

TRIS

( son compère, ■ familiarité qui caractérise k la fois et le monarque et le ministre, digne d'être l'ami d'un tel prince. Le grand prévôt laissa en mourant à son tils des biens considérables^ notamment la principauté de Mortagne en Gascogne.

TRISTAN (Louis), peintre espagnol, né à Tolède eu 1586, mort dans la même ville en 1640. Il eut pour maître Theotocopulos, dit le Grec, dont il sut s'assimiler les qualités, tout en évitant de tomber dans ses défauts. Tristan devint ainsi un artiste de grand talent, et ce fut lui que Velasquez choisit pour maître de préférence à tous les artistes d'alors. Un dessin pur et correct, une composition claire et vivante, un coloris gracieux et frais caractérisent ses compositions, qui sont fort estimées. On cite parmi ses meilleures productions une Cène pour les hiéronymites de la Sesta , les tableaux devenus célèbres qui décorent le grand autel d'Yepes (1G10); le portrait du cardinal de Sandoval, archevêque de Tolède ; la Trinité (1626) ; Moïse frappant te rocher et Jésus au milieu des docteurs de la loi, deux chefs-d'œuvre, que l'on conserve à Madrid.

TRISTAN (Jean), sieur de Saint-Amant, numismate, né k Paris vers 1595, mort dans la même ville en 1656. Sa fortune patrimoniale lui permit d'acheter une charge de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et de consacrer ses loisirs k l'étude de la numismatique, qui était devenue pour lui une passion. Convaincu de sa supériorité sur tous les numismates de son temps, il ne pouvait supporter la moindre critique, de sorte que sa vie fut bientôt remplie par une suite de querelles sur différents points d'érudition. Tristan, dont le savoir était réel, avait formé la plus belle et la plus nombreuse collection de médailles qu'on eût encore vue en France. Nous citerons de lui : Commentaires historiques contenant l'histoire générale des empereurs, impératrices, césars et tyrans de l'empire romain (Paris, 1635, in-fol.), ouvrage qu'il continua jusqu'à l'empereur Jovien (Paris, 1G44, 3 vol. in-fol.); Ad Sirmondwn epistola (Paris, 1650, in-8°) , Antidotum, sive Defensio adversus quêrulam J.- Sirmondi responsionem (Paris, 1650, in-8°); Antisophisticuin, sive Defensio secunda (Paris, 1651, in-8°) ; Lettres écrites de Home pur M. de La Motte- Uermont sur le sujet d'un libelle intitulé Il Bonino (Paris, 1C50, in-4°) ; Traietë du lys, symbole divin de l'espérance (Paris, • 1656, ni-40).

TRISTAN (Flora-Célestine-Thérèse-Henrietle), femme de lettres française, née en 1803, morte à Bordeaux en 1844. Elle était fille d'un colonel péruvien au service de l'Espagne, qui avait épousé nue Française. Conduite à Paris en 1818, Flora Tristan y épousa l'année suivante un nommé Chazal, dont elle se sépara au bout de trois ans. Elle se rendit alors au Pérou dans l'intention de recueillir l'héritage paternel; mais, en 1834, elle dut revenir en France sans avoir réussi dans son entreprise. C'est alors que la jeune femme songea k suivre la carrière des lettres, et qu'elle publia, sous le titre de Pérégrinations d'une paria (1835), un ouvrage dans lequel elle dépeignait les misères de la femme dans l'Amérique du Sud. Trois ans plus tard, Flora Tristan fut l'objet d'un grave attentat de la. part de sou mari, Chazal , qui fut condamné k vingt ans de travaux forcés, pour l'avoir blessée grièvement d'un coup de pistolet, dans un accès de jalousie. Après cette catastrophe, elle publia Méphis ou le Prolétaire (2 vol. in-8»), ouvrage inspiré par les idées saint-simoniennes, puis voyagea en Angleterre, où elle étudia la condition des classes laborieuses. A sou retour, elle publia sur ce sujet un livre remarquable, intitulé Promenades dans Londres (1840, in-8°). Elle lit paraître, en même temps, des brochures en faveur de J'émuncipation de la femme. Elle se mit en relation avec les chefs des écoles socialistes d'alors, s'attacha principalement à ce qu'il y avait d'immédiatement pratique dans leurs théories, et le résuma dans un volume in-12, Union ouvrière, ouvrage où elle propose aux corporations de travailleurs une association générale dans le but de se soutenir par leurs propres ressources, en créant des écoles pour leurs enfants et des asiles pour leurs invalides et leurs vieillards. Vouée k une sorte d'apostolat, elle déploya une activité fébrile pour le triomphe de son idée, parcourant toutes les villes de manufactures, stimulant elle-même le zèle des ouvriers. Son énergie, sa parole entraînante, sa beauté lui donnaient sur eux un ascendant irrésistible. En 1S44, elle obtint des succès sérieux à Lyon, et passa ensuite k Bordeaux, où elle succomba après une courte maladie. Les ouvriers de cette ville lui élevèrent un monument par souscription. Elle avait été très -liée avec l'abbé Constant, l'auteur de la Bible de la liberté, à qui elle avait prodigué des soins dans sa prison. On lui attribue : Mariquitia l'Espagnole (2 vol. in-8°) ; Florila la Péruvienne (2 vol. in-8"). Elle avait publié dans l'Artiste quelques articles sur l'art,

TRISTAN (Nuno) , navigateur portugais.

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