‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 386 sur 1042 · V. Trustai · texte numérisé non relu

V. Trustai

TRISTAN D'ACUNHA, navigateur portugais. V. ACUNHA.

TRISTAN LliERllITE (François) , poète

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dramatique français, né au château de Souliers ou Soliers, dans, la Marche, en 1601 ; mort k Paris en 1655. Il prétendait descendu) da Pierre l'Hermite, qui, comme on sait, prêcha la premier» croisade, et de Tristan l'Hermite, grand prévôt du roi Louis XI. François Tristan fut, dans son enfance, conduit k 1* cour et placé auprès du marquis de Verneuil, bâtard de Henri IV. A treize ans, s'étant pris de querelle avec un garde du corps, il eut le malheur de le tuer en duel et s'enfuit it l'étranger, car les édits du temps étaient d'une extrême sévérité k l'égard des duellistes. Le jeune homme passa en Angleterre, où il ne trouva que la pauvreté. Las d'une vie précaire, il résolut de se rendre en Espagne, où Se trouvait un de ses parents ; mais, en traversant le Poitou, l'argent vint k lui manquer complètement et il dut accepter les bienfaits de Scévole de Sainte-Marthe, qui le garda plus d'un an chez lui. Grâce à. ce dernier, Tristan devint secrétaire du marquis de Villars - Montpezat, qu'il suivit k Bordeaux, où la cour était de passage (1620). Ce fut là que, par le crédit de M. d'Humières, gentilhomme de la chambre du roi, Tristan rentra en grâce et put revenir à Paris. Il y fut attaché, en qualité de gentilhomme, k Gaston, duc d'Orléans, et il employa ses loisirs k rimer des madrigaux et à travailler pour le théâtre. Grâce à l'excellent acteur Mondory, sa tragédie de Marianne (ou Mariamne) eut un succès éclatant (1637). Pourtant cette pièce, dont Corneille estimait la cinquième acte, indique l'enfance de l'art et ne pourrait supporter aujourd'hui la représentation ; mais elle réussit, et d'autres ouvrages de Tristan, qui la suivirent, eurent presque autant de vogue. Dès lors, la réputation de l'auteur fut solidement établie, et, en 1649, il hérita, k l'Académie française, du fauteuil qu'occupait La Ménardière. Tristan était un joueur "forcené. li lui arriva de perdra mille pistoles dans une soirée ; de 1k da grands embarras, des gènes momentanées et, parfois, un débraillé qui ont fait croire k tort qu'il n'avait ni sou ni maille. Jamais le duc d'Orléans, son maître, ni le cardinal de Richelieu, qui pourtant protégea tant de médiocrités, ne lui rirent aucun bien. Ce dernier nourrissait probablement de secrets sentiments de jalousie, et ce qui le prouverait, c'est que Tristan . n'arriva k l'Académie qu'après la mort de l'Eiuiuence.

Cependant, le poète n'avait pas manqué de célébrer le grtind ministre dans quelques stances, dont une au moins est assez belle :

Votre esprit agissant et fort 1 Ne doit point aux erreurs du sort

Son autorité non commune; Et l'habit éclatant dont vous êtes vêtu N'est pas un de ces biens que jette la fortune, Mais c'est un de ces biens que donne la vertu.

Vertu n'est peut-être pas le mot propre, appliqué au fameux cardinal, mais ■ que jette la fortune* est une expression juste et bien frappée.

Tristan se prit d'une vive amitié pour le poëte Quinault, dont les débuts furent difficiles; il le logea dans sa maison, le fit manger à sa table et l'aida k lancer ses premiers essais.

Quinault s'essaya par une pièce intitulée les Rivales ; mais comment la faire accepter des' comédiens? L'officieux Tristan imagina de la présenter comme sienne ; mais, palmalheur, la mèche fut éventée et les comédiens, qui avaient promis cent écus, ne voulurent plus donner que la moitié de cette somme. Après discussion, on tomba d'accord et on convint que l'auteur serait payé au prorata de la recette. Jamais pareil arrangement n'avait été pris jusqu'alors, et ceci est bon k noter.

Tristan l'Hermite , qui mourut poitrinaire à l'hôtel de Guise et fut enterré k Saint- Jean en-Grève, avait légué une somme importante k son ami Quinault, et celui-ci, grâce k ce bienfait, put acheter une place de valet de chambre du roi.

Les petites pièces de vers de Tristan l'Ermite, qu'on trouve dans les recueils de Barbin, de Bruzan de La Murtinière et ailleurs, sont loin d'être irréprochables. Tout lecteur de goût les trouve négligées, incorrectes et souvent prétentieuses et emphatiques. Toutefois, quelques-unes ne sont pas sans mérite. Pour en donner une idée, nous en citerons deux, une épigramme et un sonnet. Votci l'épigramme :

Duport à l'aimer me convie »

Et proteste assez hautement

Que, pour prendre soin de ma vie.

Il m'a mis dans son testament.

Mais je me trouve, sur mon livre,

Plus vieux de quinze ans que Duport.

Ohl que j'aurai de bien pour vivre,

Quinze ou vingt ans après ma mort!

Finissons par ce sonnet burlesque, ticsréussi sur Y Enlèvement d'Europe :

Europe, a'appuyant d'une main sur la croupe, Et se tenant, de l'autre, aux cornes du taureau Regardoit le rivage et réolamoit sa troupe Qui s'affligeoitde voir cet accident nouveau. Tandis, l'amoureux dieu, qui brusloit dedans l'eau. Fend sou jaspe liquide et de ses pieds le coujie Aussi légèrement que peut faire un vaisseau Qui le veut favorable a droiiement en poupe.

Mais Neptune, envieux de ce ravissement, Disoit par raocquerie a ce lascif amant.

èâô

tris

Dont l'impudique ardeur n'a jamais eu de bornes : « Inconstant qu'un sujet ne sçauroit arrester, Puisque malgré Junon tu veux avoir des cornes, Que ne se résout-elle a t'en faire porter? ■

L'imagination n'est-elle pas des plus drolatiques ? Scarron n'eût pu, en ce genre, faire mieux, loi Tristan l'a égalé en bouffonnerie.

Voici l'indication des ouvrages dramatiques et autres de François Tristan l'Hennite : Marianne, tragédie (1637, in-4<>); Penthée (1639, in-4<>); la Mort deSéncque{lCi5,in-4«); la Mort de Crispe (16-15, in-4°); Osman (1656, in-12); la Folie du sage, tragi-comédie (1645, in-4"); Amaryllis, pastorale (1653, in-4<>); le Parasite, comédie (1654, in-4°); Marianne eut trois éditions et fut retouchée par J.-B. Rousseau en 1731. Tristan a donné des recueils de vers, qui sont : les Amours (publié d'abord sous ce titre : Plaintes d'Acante, etc., 1634, in-40); la Lyre, YOrphée et Mélanges poétiques (l641,in-4°); Vers héroïques (l648,in-4o); Lettres mêlées (1642, in-8°); Plaidoyers historiques ou Discours de controverse (1640 ou 1650), dont on croit que Tristan ne fut que l'éditeur; le Page disgracié (1643, in 8°,1665 ou 1667, S vol, in-12), récit des aventures et voyages de jeunesse de l'auteur, qui n'a pas eu à taire de grands frais d'imagination, et s'est borné à recueillir ses souvenirs ou à rassembler ses notes; les Heuresde la sainte Vierge (1653, in-12), en vers et en prose. Il a fait des vers passables à la louange de Balzac et on lui attribue divers autres travaux.

TRISTAN L'HERMITE (Jean-Baptiste), seigneur dk Souliers, écrivain français, frère du précédent, mort vers 1670. Il fut gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Comme son frère, il cultiva la poésie, mais il s'occupa surtout d'histoire et de science héraldique. Indépendamment de pièces de vers, insérées dans divers recueils du temps, on lui doit un assez grand nombre de compilations généalogiques peu estimées. Nous nous bornerons à citer de lui : les Forces de Lyon (Lyon, 1658, in-fol.); les Corses français (Piiris, 1668); Nuples francoise (Paris, 1663); Histoire généalogique de la noblesse de Touraine (Paris, 1667, in-fol.).

TRISTAN, personnage des poèmes cycliques de la Table ronde, célèbre surtout par son amour pour la belle Iseult. D'après la légende, née probablement dans le nord de la France, vers le xiie siècle, il fut envoyé demander en mariage, pour le compte de son oncle Mark, roi de Cornouailles, la fille du roi d'Islande, la belle Iseult, l'obtint et la ramena en effet près de Mark, qui l'épousa; mais l'amour d'iseult et de Tristan triompha de leur loyauté, et la malice des trouvères s'est ingéniée à montrer par quels moyens la passion parvient à rendre aveugles la surveillance et la jalousie.

Dans d'autres épisodes, on voit le galant chevalier, fuyant la cour du roi* Mark, séjourner dans celle d'Artus, puis même être amoureux d'une autre Iseult, qu'il épouse. Mais le souvenir de sa première passion ne cesse de le poursuivre; il s'échappe et court revoir celle qu'il ne peut oublier. Il est assassiné au moment même où il allait la joindre, et Iseult inconsolable meurt sur le cadavre de son amant. Le bon roi Mark, naïvement touclré de cette fidélité amoureuse, quoiqu'elle s'exerçât fort à ses dépens, les fit inhumer dans la même tombe.

Les légendes chevaleresques offrent peu de personnages placés plus haut dans l'imagination populaire. Tristan était célèbre dès le xne siècle, puisque le châtelain de Coucy- Rambaud, comte d'Orange; Chardry, auteur de la Vie des sepls dormants; Marie de France, etc., tous écrivains de ce siècle, en parlent déjà. Nous analysons plus bas divers poëmes qui célèbrent ses aventures.

Tristan et Iseult, pofirae chevaleresque du Xio ou du xue siècle. 11 appartient au cycle de la Table ronde et est un des plus célèbres de ce cycle. Il roule tout entier sur les aventures de Tristan du Léonnois, sur ses amours adultères avec Iseult, femme de Mark, roi d'Islande, et sur les bons tours que les deux amants jouent au pauvre mari. C'est un des thèmes sur lesquels se sont le plus exercés les poètes du moyen âge; il en existe des versions dans toutes les langues, et les aventures de Tristan furent chantées jusqu'en Scandinavie et en Islande. Cependant, le texte original a disparu et, des diverses rédactions qui subsistent, en prose ou en vers, toutes offrant entre elles d'assez notables différences dans les accessoires et les détails, aucune ne parait être autre chose qu'une traduction. Quatre de ces rédactions nous sont parvenues en entier, ce sont : une rédaction française ou plutôt normande, en prose, généralement attribuée à Luce, seigneur de Gast, près de Salisbury ; l'auteur dit avoir traduit cette histoire du latin sur l'ordre de Henri II, roi d'Angleterre ; une rédaction allemande, également en prose, qui parait avoir eu pour base la précédente; un poème en vers, de Godefroy de Strasbourg, un des miunesingers les plus connus du XIIe siècle ; un poëme écossais de Thomas d'Erceldoun, eu stances symétriques de onze vers chacune. On a de plus des fragments considérables de quelques autres rédactions, soit en prose, soit en vers; Chrestien de Troyes en avait compote une oui est entièrement perdue; il dut eu exister

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aussi une version provençale, à laquelle les troubadours du xne et du xm« siècle font de fréquentes allusions.

On n'a longtemps vu dans le roman de Tristan que le produit de l'imagination. Il est aujourd'hui démontré que tous les personnages qui y figurent sont historiques; les romans de la Table ronde ne paraissent pas être autre chose que de très-anciennes chroniques, versifiées ou arrangées sous une forme agréable pour un publia que la gravité de l'histoire aurait éloigné.

• Tristan, lit-on dans le Cambrian biography, fils de Talwch, célèbre capitaine qui vivait au milieu du vie siècle, était avec Gieidiol Gwon, l'un des trois hérauts de la Bretagne. Tristan, avec Gwair et Cai, était appelé l'un des trois princes couronnés. On les comptait aussi parmi les trois puissants porchers; les deux autres étaient Coll et Pryderi. Il était un des trois qui portaient l'épitliète de chefs obstinés que personne ne pouvait détourner de leurs projets. Il était aussi désigné comme un des trois fidèles amants, par rapport à son attachement pour Ksyllt, femme de March Meirchiou, son oncle; ce héros est familier aux lecteurs de romans sous l'appellation de sirTristam. •

Suivant d'autres traditions, Tristan éiait aussi un barde gallois, disciple de Merddin. De plus, il était un des trois com-peers de la cour d'Arthur et vivait en 520. Il reste un dialogue en vers gallois entre lui et Gwalzmai, neveu d'Arthur.

M. Francisque Michel a publié, sous le titre de Tristan (Paris et Londres, 1835, 2 vol. in-12), le Roman de Tristan, fragments du poème en français-normand de Luce de Gast; une poésie dont oc ne sait pas l'origine, intitulée De Tristan; le Lai du chèvre- feuille ; un extrait du Dounez des amans; divers morceaux de poésie grecque ou latine du xive ou du xv« siècle, dontTristan est le sujet. L'ouvrage de M. Francisque Michel contient, en outre, une table analytique, un glossaire et une introduction étendue, dans laquelle on peut trouver des renseignements très-précieux sur les légendes relatives à Tristan et sur les romans de la Table ronde en général. Un troisième volume (Londres, 1839, in-12) contient des fragments du poème de Tristan par Thomas d'Erceldoun.

TrEstnu le voyageur OU la France au xi v£ siècle, par de Marchangy (1826, in-8°). Cet espèce de roman historique, écrit en style pompeux, est le complément de la Gaule poétique, dont elle reproduit les défauts et les qualités. Les qualités sont un style abondant, fleuri, cherchant le romantique et le pittoresque, une narration limpide, d'une Certaine dignité, et ne manquant pas d'élévation. Les défauts consistent en ce que le style, écho uffaibli de Chateaubriand , touche à la déclamation et devient fatigant par sa monotonie.

M. de Marchangy, dans la Gaule poétique , avait essayé de prouver que notre histoire pouvait inspirer les beaux-arts ; dans Tristan le voyageur, il a voulu montrer les trésors des anciennes coutumes. Contraint, par le plan de la Gaule poétique, de traverser rapidement tous les âges de la France, depuis l'époque druidique jusqu'au siècle de Louis XIV, il n'avait guère pu que donner un aperçu des temps, sans s'arrêter à tout décrire. C'est particulièrement à ces descriptions qu'est consacrée la relation de Tristan le voyageur, qui, « l'an de grâce 1373, quitta ses fiefs paternels, situés dans les belles campagnes du Poitou, pour visiter une partie du vaste pays de France. » Au lieu de parcourir l'immense carrière qu'ouvre notre histoire, l'auteur se renferme dans un petit nombre d'années, vers la fin du xive siècle, et il peut a loisir étudier ce qu'il y a de curieux a cette époque. Son voyageur, tantôt décrit les cours à la fois 'chevaleresques et pastorales des suzerains, tantôt écoute les vieillards qui, assis sous un chêne, appliquent les lois; plus loin, il reçoit l'hospitalité dans un monastère; ailleurs, il raconte les pèlerinages , les fables populaires du canton, la vie privée des Bourgeois et des matrones, les privilèges des confréries. Déguisé en ménestrel, il pénètre à la cour de Charles le Mauvais, il s'arrête dans les manoirs des Clisson, des Du Guesclin et des comtes de Foix ; il combat, sous les bannières de France, contre les Anglais, dans la Bretagne et le Limousin ; on le présente au roi de France, Charles V ; il voit le grand monde de la capitale et se trouve au milieu du luxe, des arts et des plaisirs du temps; il suit les cours de l'université et les audiences du parlement. En quittant Paris, il se dirige vers les provinces méridionales, où il est pris par une des grandes compagnies qui alors dévastaient la France. Délivré des mains de ces brigands, Tristan le voyageur, a travers une foule d'autres aventures, revient en son manoir, où, pour l'instruction des siens, il écrit ce qu'il a vu et observé.

Bien que la nature de son sujet éloignât l'auteurde l'époque contemporaine, il a trouvé le moyen d'imprégner son livre du plus pur esprit réactionnaire; ses apologies du moyen âge sont toujours tournées de manière à devenir des critiques de la France moderne et des principes de 1789. S'il dénonce les vices de la féodalité, du clergé et de la noblesse, on voit qu'il le fait à regret et qu'il lès absout en songeant à l'époque actuel^; il appelle Paris la nouvelle Babylone, ce qui n'est guère

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neuf, et le définit « la centralisation de la Corruption, ■ C'est du style de procureur général, troubadour à ses moments perdus.

Tristan le Roui, roman de M. Alexandre Dumas fils (1850). Ce roman est une des rares incursions fuites par le fils sur le domaine si largement exploité par le père. Tristan le Roux n'est autre chose que l'histoire de Jeanne Darc encadrée dans un roman fantastique. « Si on nous demande pourquoi, dit l'auteur, nous avons fait de l'histoire fantastique de Tristan le Roux le cadre des événements réels que nous avions à mettre sous les yeux du lecteur, nous répondrons que cela nous a paru le seul moyen de montrer du même coup les deux faces bien distinctes et bien certaines de ce xv» siècle qui d'un côté s'éclaire chrétiennement au feu du bûcher de Jeanne Darc, l'incarnation de la foi, l'envoyée de Dieu, et de l'autre aux lueurs du bûcher de Gilles de Retz, la personnification de la magie et de l'esprit d'athéisme de cette époque, où le peuple, ruiné par l'invasion étrangère , ignorant et se croyant abandonné de Dieu, était tout près de se donner au diable et demandait à l'enfer le secours que lui refusait le ciel. « Pour mieux faire ressortir ces deux termes de comparaison, M. Dumas les oppose l'un à l'autre. Tristan est le fruit du crime, le produit du viol de la comtesse de Hamac par le père de Gilles de Retz. Elevé en qualité d'écuyer près d'Olivier, son frère légitime, Tristan n'est agité que de pensées coupables; il veut ravir à Olivier Alix, sa fiancée, et posséder des honneurs et des richesses; l'envie le ronge. Son autre frère, Gilles de Retz, qui se livre à la sorcellerie, lui fait signer un traité avec Satan, qui lui promet de satisfaire tous ses vœux s'il consent à lui vendre son âme. Le marché est conclu : Tristan appartient au génie du maL Conseillé par lui, il passe aux Anglais et, après avoir inutilement tenté d'empoisonner Jeanne Darc, la blesse dans un combat et prend part à la trahison qui la livre aux Anglais. 11 se souille de tous les crimes, sans reculer même devant le fratricide et le parricide, qu'il ne peut, il est vrai, consommer. Pour mettre le comble à ses forfaits, il va insulter Jeanne jusque sur son bûcher ; mais prisonnière et victime du lâche fanatisme des Anglais, la vierge en mourant triomphe de lui. Elle lui pardonne, et le repentir pénètre dans le cœur du coupable. L'esprit du mal se rit de lui et ne lient pus ses promesses. Tristan le provoque, et, comme l'esprit de Dieu est avec lui depuis qu'il s'est repenti, il remportera la victoire. Mais la lutte est longue et acharnée. C'est à la fois un chant d'Homère et une légende d'Hoffmann : i Le Sarrasin, qui représentait l'esprit du mal, ne rompait que pied à pied, et des heures, des journées se passaient sans que Tristan pût le faire rompre d'un pouce. C'était la vivante parabole des luttes auxquelles Dieu soumet le pécheur qui se repent pour l'éprouver et voir si son repentir est sincère. De temps en temps, Tristan appelait à son aide ou le nom de sa mère, ou le nom de Jeanne Darc, ou le nom de la Vierge, et, chaque foi3 que cela lui arrivait, il sentait ses forces doubler et celles de son ennemi s'affaiblir. Une voix intérieure lui criait : « Courage. » C'était un combat merveilleux, et les combattants laissaient derrière eux les collines, les vallées, les rivières, les jours, les mois, les saisons. Tantôt le soleil brûlait leur visage, tantôt la neige glaçait leurs mains. Puis le paysage changeait d'aspect. Tristan traversait des contrées qu'il n'avait jamais vues et dépassait des horizons auxquels il n'aurait jamais cru pouvoir arriver. Le Maure rompait toujours, espérant le fatiguer ; mais on eût dit que Tristan était une âme, et non un corps, et qu'il était maintenant au-dessus des conditions humaines. Cependant ses cheveux et sa barbe croissaient, et ses yeux se creusaient à force d'insomnies. Un jour, le soleil était ardent et l'atmosphère lourde comme du plomb. Le combat avait lieu près d'un torrent qui couvrait le bruit de la lutte du bruit de ses cascades. • Laisse-moi me désaltérer » à l'eau de ce torrent, dit le Sarrasin. — Nonl» répondit Tristan ; et le duel continua. Deux mois après, le ciel était noir et la neige tombait à flots. Des pâtres avaient mis le feu à un bois de sapins, et les rouges reflets de l'incendie couraient comme des démons entre la terre toute blanche et le ciel tout noir.

• Laisse-moi me réchauffer à cette flamme,

• dit l'ombre, qu'outre le froid de la.nature ■ glaçait déjà le froid de la mort, — Nonl "répondit Tristan; et il chargea le colosse d'airain qui allait s'affaiblissent de plus en plus. Trois mois plus tard, c'était le matin, avril riait dans les arbres et se mirait au cristal des fontaines. Les deux combattants entrèrent sous une forêt de hêtres et de chênes aux larges ramures. < Laisse-moi ine reposer

• une minute, dit le Maure. — Non ! ■ répondit Tristan ; et il devint plus terrible que jamais. Le Sarrasin fit un dernier effort et lutta jusqu'au soir. Mais, se sentant enfin vaincu, il s'enfonça dans les entrailles de la terre. Il y avait deux ans, jour pour jour, heure pour heure, que le combat avait commencé ! • Ce travail surhumain accompli, Tristan put s'endormir du sommeil du juste, tandis que, de ses deux frères, l'un, Olivier, était l'heureux époux d'Alix, et l'autre, Utiles de Retz, avait été brûlé comme sorcier.

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Ce roman renferme, à côté de passades historiques d'une scrupuleuse exactitude, des chapitres fantastiques qui frappent vivement l'imagination du lei'teur. L'intérêt ne faiblit pas, te style est élégant, mais on chercherait en vain cette vivacité de dialogue qui assure le succès des romans historiques du père de l'auteur.

Tristan et Ysenlt, action en trois actes. C'est le titre donné par M. Richard Wagner à son œuvre , représentée sur le théâtre royal de Munich le 10 juin 1865, en présence du roi de Bavière, protecteur zélé du compositeur et de deux cents amis enrôlés sous la bannière du Mazïini musical.

TIHSTAN-D'ACCNHA (îles), groupe d'Iles de l'oi'énn Atlantique, à l'O.-S.-O. du cap de Bonne-Espomnee, par 35° 5' de latit. S. et 140 3' de longit, O. Il se compose de trois îles : Tristan-d'Acunha, la plus grande et seule habitée (35 kilom. de tour), Nightingale et Inaccessible.

Rien d'aussi effrayant que l'aspect de Tristan-d'Acunha, composée d'une masse de rochers volcaniques, dont les nombreuses dentelures forment autour d'elle une ceinture noirâtre. Elle abonde en volailles, dont certaines espèces, s'étant trop multipliées, sont retombées dans l'état sauvage; on y trouve aussi beaucoup de chats, auxquels s'applique la même observation, bien qu'ils y foisonnent moins qu'autrefois. On rencontre aussi beaucoup de chèvres, mais si farouches et si rapides dans leur course, qu'il est très-difficile de les tirer. Les montagnes, qui occupent une grande partie de l'île, sont presque à pic. A leur base, en descendant sur la mer, règne une vallée ayant 3 quarts de mille de largeur sur 5 à 6 milles de longueur. Toute la partie qui a été conquise sur les broussailles est d'un bon rapport et produit, entre autres choses, d'excellentes pommes de terre. Du haut du pic le plus élevé, situé au centre de l'Ile, jusqu'à la mer, les flancs des montagnes sont déchirés par des fondrières creusées sans doute par les torrents. Celles qui sillonnent la vallée s'ouvrent en droite ligne sur la mer. Deux d'entre elles ont 50 pieds de largeur et autant de profondeur et sont encombrées d'une masse informe de laves noirâtres. Telle est, du reste, la teinte uniforme des montagnes; aussi rien de plus sombre que l'aspect général de l'île. Sur la côte de Tristan-d'Acunha, la navigation est dangereuse par suite de fréquents ouragans qui y précipitent des vagues furieuses. Les îles Tristan ïl'Acunha furent découvertes par les Portugais lors de leur premier vuyage dans les mers d'Afrique; ils leur donnèrent le nom de leur chef.

TR1STANIE s. f. (tri-sta-nî — de Tristan, voyageur portugais). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des myrtacées, tribu des leptospermées, comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent en Australie : La triStanib à feuilles de nérion figure très-bien dans les jardins d'agrément. (Th. de Berneaud.)

TRISTANNEUX adj. (tri-stann-neu — du pref. tri, et de stanneux). Chim. Se dit d'un sel stanneux qui contient trois fo's autant de base que le sel neutre correspondant.

TRISTANNIQUEadj. (tri-stann-ni-ke— da préf, tri, et de stannique). Chim, Se dit d'un sel stannique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TRISTAN Y (don Benedito), chef d'insurgés espagnols, né en Catalogne, fusillé en 1833. Il était prêtre et chanoine de Girone, lorsqu'il se joignit aux Espagnols qui défendirent leur pays contre l'invasion française sous Napoléon 1er, Tristany se signala par son intrépidité et devint un des chefs les plus distingués de l'insurrection. Après le retour de Ferdinand VU, il quitta l'épée pour reprendre la soutane. La révolution de 1828, qui ébranla le trône du roi Ferdinand, amena Tristany à reprendre les armes. Ultra-royaliste, il se battit contre les libéraux jusqu'au moment où le roi fut réintégré dans son pouvoir absolu par les Français, Après la mort de Ferdinand VII (1833), Tristany se prononça en faveur de don Carlos, qui le nomma maréchal de camp, commandant en second de la Catalogne. Le hardi guérillero combattit au siège de Puycerda, à Solsonne, marqua chacun de ses pas par d'inqualifiables dévastations, devint un des fléaux de son pays et tomba enfin entre les mains des troupes de la reine Christine, après une vigoureuse résistance, le 16 mai 1833. Conduit à Solsonne, dès le lendemain il y fut fusillé. — Trois neveux du précédent, Rafaël, Francisco et Ramon Tristany, ont marché sur ses traces et acquis, sous les ordres de don Carlos, une triste célébrité pendant la guerre civile qui a achevé la ruine de l'Espagne de 1872 à 1876. Le plus connu des trois est Rafaël, comte d'Avino, qui servit de 1833 à 1840 dans les rangs des carlistes en Catalogne, puis commanda une brigade d'insurgés en 1849 et 1850. Par la suite, il prit du service dans l'armée du roi de Naples et vécut pendant plusieurs années à Paris. Le 25 mai 1872, don Carlos l'iiyaut nommé commandant général des carlistes dans les quatre provinces de la Catalogne, il entra en Espagne et publia, le 26, une proclamation dans laquelle il appelait les carlistes aux armes. Tristany contribua beaucoup à imprimer à la guerre civil»

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«In caractère de banditisme et de férocité. Il lit arrêter et rançonner les trains de chemin de fer, incendier les gares, fusiller les prisonniers, etc. C'est ainsi qu'en mai 1873 il ordonna de fusiller, à Sanahuja, vingt-deux volontaires de l'armée républicaine q>ii, accablés pur le nombre, s'étaient rendu: sous condition d'avoir la vie sauve. En 1874, il tomba en disgrâce pour s'être montré, dit-on, quelque peu hautain vis-à-vis de don Alphonse, frère du prétendant don Carlos, et fut remplacé p»r Lizarraga. Mais l'armée de Catalogne ne tarda pas à se désorganiser, et, au mois de novembre 1875, don Carlos nomma de nouveau Tristany capitaine général de la Catalogne. Dans une proclamation datée du 16 novembre, il annonça aux carlistes catalans qu'ils ■ devaient former l'avant-garde dans la marche sur Madrid. » Trois mois plus tard, les années carlistes étaient en pleine déroute et Tristany dut quitter l'Espagne. Son frère Francisco commanda a la même époque les bandes de la [province de Tarragone, et son second frète Kamon exerça avec peu d'éclat un commandement dans la province de Lerida.

TRISTE adj, (tri-ste — lat. tristis, mot qui se rattache à la racine sanscrite tràs, craindre, trembler de crainte, d'où iresta, timide, craintif. Comparez le grec treslês, timide, de treâ, pour trenà, craindre, fuir; russe trusiti, craindre, triasti , faire trembler, secouer; persan tarsidan, craindre. Le sens primitif du latin tristis renfermerait ainsi l'idée de crainte et de timidité). Qui n'est pas content; qui a du chagrin, do l'affliction : Etre triste à mourir. On est triste après une passion comme après une banqueroute. (P. Limayrae.) Il Morose, porté à lu tristesse : Un caractère

TRISTE

— Qui exprime la tristesse : Triste regard Air triste et lugubre. La cigogne a presque toujours CoîV.tristb. (Buff.) il Qui est inspiré par le chagrin, par la mélancolie : Tristes réflexions. Triste et profonde rêverie.

— Qui est l'emblème de la douleur, de la tristesse : Les tristes cyprès.

— Qui s'écoule dans la tristesse : Triste vie. Tristes jours.

J'ai vu mes tristes journées Décliner vers leur penchant.

J.-B. Rousseau.

— Affligeant, chagrinant , ennuyeux :

Triste souvenir. Chant triste. Triste nouvelle.

. , . Epargnez-moi ces tristes entretiens. Qui ne font qu'irriter vos tourments et les miens.

Corneille.

— Malhem eux, funeste, déplorable : Triste spectacle. Faire une triste fin.

— l'énible, difficile à supporter : II est triste de passer pour un hétérodoxe, et de se voir encore tronqué, estropié, mutilé comme un auteur ancien. (Volt.)

— Obscur, sombre : Chambre, appartement triste. Couleur triste.

— Peu agréable, peu gai à la vue: Maison triste. Campagne triste, liien n'est triste comme la nature aux' approches de Petersbourg. (De Custine.) •

— Sombre et couvert : Temps triste. Ciel

TRISTE

— Importun, ennuyeux :

Ah 1 quittez d'un censeur la triste diligence.

Racine.

— Frivole, chétif, pitoyable ; Triste personnage. Triste consolation. C'est une triste do^que l'amour, quand il est seul. (A. Karr.)

— Triste figure, Triste mine, Air triste-, sombre, morose, il Faire une triste figure, Se trouver gêné, mal à l'aise, déplacé : // entra au ministère, muis il y fit une triste figure. U Faire triste mine, Avoir l'air chagrin, mécontent, tl Faire triste mine à quelqu un, L'aecueillir froidement.

— Atioir le vin triste; Etre triste, chagrin, quand on est en état d'ivresse.

— Loc. fam. Triste comme un bonnet de nuit, Morose, chagrin, mélancolique. Il Triste comme la porte d une prison, Qui' est trèstriste, qui inspire une grande tristesse :

On dit : Triste comme la porte

D'une, prison.

Et je crois, le diable m'emporte,

Qu'on a raison.

A. de Musset.

— Hist. littér. Chevalier de la Triste figure, Nom donné par Cervantes à Don Quichotte.

— s. m. Chose triste : Vous m'apprenez là du triste.

Triiies (les), élégies d'Ovide, en cinq livres. Ces élégies ne sont autre chose que les lamentations du poète sur son exil; mais il n'y a guère que la première qui soit vraiment belle et touchante. C'est celle où le poëte raconte les événements de la dernière nuit qu'il avait passée à Rome. Les autres sont, en général, médiocres. « L'auteur, dit Lubarpe, joint à la monotonie du sujet celle du styie; il y a trop peu de sentiment et beaucoup trop d'esprit. On voit que la douleur ne saurait passer de son âme jusque dans son style, et l'on croirait qu'il s'amuse de ses plaintes et du ses vers. • Laharpe va trop loin; Ovide , né avec un . génie facile et abondant, une imagination riante et voluptueuse, était certainement bien

TRIS

plus fait pour être le peintre des amours que lé chantre des malheurs. Ses Tristes, comme ses Ponliques, sont une sorte de mémoire justificatif de sa vie. Ils prouvent quelles étaient sa candeur, sa sensibilité, sa reconnaissance, et à quel point il réunissait les goûts simples, les qualités aimables, les dons brillants du génie a tous les sentiments de l'honnête homme. Malheureusement, ils sont aussi un témoignage du peu du dignité qu'Ovide avait conservé dans son exil; on remarque cela surtout dans le livre 11, écrit pour Auguste, aux pieds duquel il se jette pour implorer, sinon sa grâce entière, du moins un exil plus doux. Dans les autres livres, il s'udresse à ceux de ses amis qui étaient restés fidèles à sa fortune, qui avaient chez eux son portrait et qui, à leur doigt, portaient gravée sur des pierres précieuses la tête du proscrit. Toutefois, de peur de les compromettre, il s'abstient de les nommer dans ses vers; il se montre moins craintif dans les Politiques. Après l'élégie du livre 1er, dans laquelle Ovide raconte son départ de Rome, la plus intéressante est la xo du livre IV, dans laquelle il fuit sa propre biographie.

TK1STE, golfe de la mer des Antilles, sur la côte N. du Venezuela, entre la pointe Tucacas au N.-O. et l'embouchure du Chaves au S.-E.,par 10" 30' de latit. N. et par 70'' 40' de longit. O. Il a 13 kilom. de profondeur et renferme trois îles appelées Cayes •

TItlSTE, île de l'Amérique du Nord (Mexique), dans la baie de Termines, par 10u 20' de latit. N. Elle a environ 25 kilom. de circonférence, et on y exploite divers bois précieux, notamment l'acajou.

TRISTE, lie de la Malaisie, appelée aussi Ue du llécif ou Poulo-Mego, près de la côte S.-O. de Sumatra, par 4" de latit. S. et par 98° 39' de longit. E. Eilo est environnée d'un récif de 'corail, et les nombreux naufrages qui ont eu lieu sur ses côtes lui ont fuit donner son nom.

TRISTÉGIE s. f, (tri-sté-jl — du préf. tri, et du gr. slèyê, couverture). Bot. Syn. d'HÉmàntiik, genre d'amaryllidées.

TE1STÉGIS s. m. (tri-sté-jiss — du préf. tri, et du gr. stégê, toit). Bot. Syn. de MEI.Inis, genre de graminées.

TR1STELLATÉE s. f. (tri-stèl-la-té — du préf. tri, et du lat. stellatus, étoile). Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des malpighiacées , comprenant des espèces qui croissent à Madagascar et en Océanie.

TRISTEMENT adv. (tri-ste-man — rad.

triste). D'une manière triste : Vivre tristement. Itegarder quelqu'un tristement.

— D'une manière pitoyable, mauvaise :

Tout cela est tristement peint.

TRISTEMME s. m. (tri-stè-me — du préf.

tri, et du gr. stemma, bandelette). Zooph. Section du genre cribrine.

— Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des mélastomacees, tribu des osbeckiées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Afrique tropicale.

— Encycl. Le genre iristemme renferme des plantes herbacées, à tiges tétragones, portant des feuilles opposées, simples, à nervures saillantes; les fleurs, disposées en capitules axillaires, présentent un calice à cinq divisions, accompagné extérieurement d'une double couronne membraneuse, ciliée; une corolle à cinq pétales onguiculés; dix étamines; un ovaire seini-infère; le fruit est une baie ovoïde, comprimée, couronnée par le calice, pulpeuse à 1 intérieur et divisée en cinq loges. L espèce type du genre croit a l'île Maurice; ses baies, d'abord globuleuses, puis comprimées et anguleuses par le contact avec leurs voisines, sont bonnes à manger et ont aussi une certaine réputation , en médecine, comme antisyphilitiques ; elle possède, en outre, les propriétés générales des mélastomacees. Ou ne la cultive que dans les jardins botaniques.

TRISTÉMON s. m. (trt-sté-mon — du préf.

tri, et du gr. stémân, hlament). Bot. Section des omphalocaryons, genre d'éricinées. Il Syn. de triglochin ou troscart, genre d'alismacées.

TRISTÉPHANE s. m. (tri-sté-fa-ne — du préf. tri, et du gr. stepkanos, couronne). Zooph. Genre de polypes, du groupe des actinies.

TRISTESSE s. f. (tri-stè-se — lat. tristitia, même sens). Souffrance morale, abattement de l'âme causé par quelque accident fâcheux : Grande, profonde, extrême tristesse. litre d'une tristesse mortelle. Se plonger dans la tristesse. Chasser, dissiper ta tristesse. Ne nqus laissons pas abattre à la tristesse. (Pascal.) J'aurais bien de la peine à soutenir plus de tristesse que je n'en ai. (Mme de Sév.) Pour la première fois de ma vie, je connus l'inquiétude et la tristesse. (J.-J. Rouss.) Dans la tristesse, les deux coins de la bouche s'abaissent. (Buff.) Un espoir adoucit ma tristesse mortelle.

Racine.

Eolnircissez ce front, où la tristesse est peinie.

Racinb.

Ce matin, je sentais redoubler ma tristesse.

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