‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 405 sur 1042 · MAJORS · texte numérisé non relu

MAJORS

TROMPETTISTE s. m. (tron-pè-ti~ste — rad, trompette). Mus. Musicien qui joue de la trompette.

TROMPEUR, EOSE adj. (tron-peur, eu-ze — rad. tromper). Qui trompe volontairement: Les femmes et les poètes sont les êtres lesplus trompeurs de la création. (De Custine.) Le pluB trompeur couvent est facile à tromper. C. d'Harlevuj>e.

— Qui induit en erreur : Paroles trompeuses. Promesses trompeuses. Espérances trompeuses. Larmes trompeuses. Mine trompeuse. Apparences trompeuses. La grandeur est un songe, la joie une erreur, ta jeunesse une fleur qui tombe, et la santé un nom trompeur. (Boss.) Les actions des hommes sont moins trompeuses que leursparoles. (Brueys.) La joie est passagère et le rire trompeur.

Voltaire.

On ne connaît que trop les jeux de la Fortune, SeB trompeuses faveurs, ses appâts inconstants.

La Fontaine.

— Substantiv. Personne qui trompe : Une trompeuse. La bonne foi du trompé est plus honorable que l'adresse du trompeur. (Sismondi.)

Il n'est pas malaisé de tromper un trompeur.

La Foxtaihe.

C'est un double plaisir de tromper un iromjieur.

La Fontaine.

Prov. A trompeur, trompeur et demi,

Avec ceux qui useut de finesse pour nous tromper, il faut se montrer plus fin encore, il Qui trompe le trompeur et vole le larron Gagne cent jours de vrai pardon.

Il est méritoire de tromper un trompeur et de voler un voleur.

— s. m. Ichthyol. Nom vulgaire de l'épi bole ou filou, genre de poissons de la mer des Indes.

— Chorégr. Nom d'une figure du cotillon.

Syn. Trompeur, fallacieux. V. FALLA- CIEUX.

Trompeur (le) [ Pseudolus], comédie de Plaute (vers 200 av. J.-C). C'était la pièce favorite de l'auteur, et Cicéron partageait cette prédilection. Le Pseudolus présente en effet des caractères bien tracés, des scènes habilement conduites, des incidents naturels et pleins d'intérêt. Calidore est amoureux de Phénicie, mais le marchand d'esclaves l'a vendue à un militaire macédonien, qui lui a donné un bon à-compte. Il la remettra à celui qui lui apportera le reste de la somme due. Phénicie annonce cette triste nouvelle à son amant dans un billet fort bien tourné : «Voilà que nos amours, nos sympathies, les rendezvous, les ris, les jeux, les doux entretiens, le suave baiser, les étroits embrassements d'un couple amoureux, ces morsures caressantes imprimées sur de douces lèvres, les palpitations d'un sein mollement pressé, tout est détruit; à ces délices vont succéder pour moi, pour toi, la séparation, l'abandon, la solitude, si nous ne trouvons, toi en moi, moi eu toi, un moyen de salut. « Dans cette extrémité, Calidore s'adresse à son esclave Pseudolus, dont l'habileté dès. longtemps éprouvée saura trouver l'argent nécessaire, pseudolus va droit au père de Calidore, lui apprend l'amour et la détresse de son fils et lui parie 20 mines que , de gré ou de force, il fournira à son fils l'argent nécessaire pour le succès de l'intrigue. Le vieillard, qui se flatte de lutter de ruse avec l'esclave, accepte le défi ; mais les vieillards ne sont pas heureux au jeu. Pseudolus trompe le marchand d'esclaves et escroque le bonhomme, qui s'avoue vaincu; ii a même l'honnêteté de payer les 20 mines, montant de son pari.

Le rôle de Ballion, le marchand d esclaves, est tracé de main de maître ; ce nom devint par la suite l'appellation commune à tous les gens de cette profession. Ce rôle était le triomphe de Roscius, au dire de Cicéron. On voit encore ici une guerre de ruses et de friponneries entre uu esclave et un agent de débauche : le prix du débat est une courtisane. Ces peintures sont peu morales ; 1 excuse de Plante, c'est que la vertu est sans doute fort belle, mais elle fait bâiller bien vite au théâtre. Le crime et le vice sont les sources communes de la tragédie et de la comédie; il en est encore ainsi de notre temps.

TRON

Les relations sociales, les réunions des deux sexes forment seules le bon ton et commandent la décence. C'est le commerce du monde qui a établi les bienséances et fixé les convenances au théâtre. Les Romains n'avaient point de salons; un personnage de Plaute dit : « La maison des courtisanes est le rendez-vous de tout le monde, du plébéien et du chevalier, de l'honnête homme et du fripon. » Ce genre de vie devait se retrouver sur la scène.

TROMPEUSEMENT adv. (tron-peu-ze-man

— rad. tromper). D'une manière trompeuse.

TROMPE-VALET s. m. Arboric. Variété de poire, appelée aussi poire d'ambrette. |

TROMPILLES s. f. pi. (tron-pi-!le ; II. mil. |

— rad. trompe, machine soufflante). Techu. | Cônes qui, plongés dans l'eau du bassin su- j périeur, dans une machine soufflante, ser- j vent à remplacer l'air et à en fournir de nou- j veau. '

TROMPILLON s. m. (tron-pi-llon j II. mil.

— rad. trompe). Arehit. Petite trompe.

Il Trompilton de voûte, Pierre ronde qui fait

partie des voussoirs d'une niche. I! Pierre placée au point où concourent tous les voussoirs.

— Techn. Chacune des ouvertures d'une trompe ou machine soufflante hydraulique.

TROMSOE,vil!ede Suède, ch.-l. duFinmark, sur la côte E. de l'Ile de son nom, par 69<>40' de latit.N., et 1G<>28' delongit. E.; 2,000 hab. Evêché. Elle est bâtie en amphithéâtre sur une petite éminence entièrement composée de coquillages blancs, renferme quelques belles inaisonset possède une église fondée en 1260 sous Hakon, roi de Norvège, plusieurs magasins et un bon port de commerce, protégé con tre les vents de l'O. par l'îlo de Kvalo.

TKOMSOE (île), sur la côte N.-O. de'Norvége ; 7 kilom. sur 2 kilom. ; 3,500 hab. Sa surface est entrecoupée de hautes collines et de vallées et en grande partie couverte de forêts de bouleaux et de trembles.

TROMYLE s. m. (tro-mi-le — du gr. tromos, tremblement; ulê, matière). Anat. Cil vibratile.

TRON (Nicolas), doge de Venise, mort en H73. Il parvint au pouvoir suprême à la mort de Christophe Moro, en «71. Pendant son court passage au pouvoir, il se fit remarquer par sa libéralité. Tron eut pour successeur Nicolas Mariello.

TRONA s. m, (tro-na). Miner. Sesquicarbonate de soude qu'on trouve en Afrique et dans l'Amérique du Sud.

TRONC s. m. (tron — du lat. truncus; de truncare, couper). Partie d'un arbre depuis la naissance des racines jusqu'à la naissance des grosses branches : Un TRONC d'arbre. L'écureuil ramasse des noisettes pendant l'été, en remplit le tronc, les fentes d'un vieil arbre. (Buff.)

D'un tronc qui pourrissait un ciseau fit un dieu.

Racine.

— Sorte de boite fixe et fermée, percée d'un trou pour recevoir des offrandes ou des aumônes: Tronc pour les prisonniers. Tronc des pauvres. Mettre au TRONC.

Fig. Source, origine commune : Toutes

les affections ont pour tronc la sympathie. (L'abbé Bautain.) Il Ligne directe des ascendants et des descendants, en termes de généalogie. 11 Partie essentielle ; partie principale : Il n'y a rien de tel que de s'attacher au tronc. (Mme de Choisy.) Attachez-vous, mon fils, tion aux branches, mais au tronc. (Balz.) Il Chef d'un parti : S'attacher au tronc. Couper, abattre le tronc.

— Arehit. Tronc de colonne. Fragment de fût. il Dé d'un piédestal.

— Anat. Corps d'un animal, non compris la tête et les membres : Le bourreau manie des troncs patpilants, sans en être ému. (Chateaub.) il Partie d'un vaisseau d'une forte dimension, et non encore divisée, tl Tronc inanimé ou bracaio-céphalique, Artère qui naît de la partie antérieure de la convexité de la crosse de l'aorte.

— Entora. Thorax, partie du corps des insectes comprise entre la tête et l'abdomen.

— Géom. Segment d'un corps défini :

Tronc de cône. Tronc de pyramide triangulaire.

Véner. Ramure de la tête du cerf à laquelle s'attachent les andouillers.

— Encycl. Le tronc est la tige des arbres dicotylédones; il est ordinairement nu depuis le sol jusqu'à une certaine hauteur. Sa forme est longuement conique, bien que chacun de ses fragments présente un aspect sensiblement cylindrique. Son sommet s'arrondit en cime ou s'allonge en pyramide. Il s'accroît constamment en diamètre et, du moins jusqu'à un certain âge, en hauteur. Cette partie des arbres joue un grand rôle dans 1 économie rurale et dans l'industrie. C'est le tronc que l'on emploie presque exclusivement pour faire les travaux de charpente ou de constructions navales, les planches, les voliges, etc. Les arbres dits de service, tels que le chêne, l'orme, le frêne, le hêtre, etc., ont une valeur qui se règle uniquement d'après celle de leur Ironc.

TRON

— Anat. Le tronc constitue la partie centrale du corps des animaux de tous ordres, mais plus spécialement des vertébrés Tout ce qui n'est pas organe appendiculaire, tel que membres, tête, tentacules, etc., est le tronc. Chez tous les animaux, il est la partie fondamentale de l'être et contient la presque totalité des organes de la vie végétative. De là résulte que la plus grande somme de manifestations vitales appartient au tronc, et que, privés de tous les organes appendiculaires du (roue, beaucoup d'animaux peuvent encore conserver un reste de vitalité. Chez l'homme et les grands mammifères, l'ablation de la tête comporte toujours la privation instantanée de la vie ; mais on sait que la mort n'est ici que la conséquence de la perte du sang et du pouvoir respiratoire. Si on prend le soin de s'opposer à l'hémorragie des artères carotides par la ligature et d'entretenir artificiellement la respiration chez un mammifère décapité, les fonctions vitales continuent de s'accomplir dans le tronc.

Le tronc, chez l'homme, est constitué par la réunion de la boîte thoracique et de la cavité abdominale qui se confond in férieurement avec le bassin. Il est le réceptacle des organes les plus importants de la vie végétative ; on ne peut en excepter que le cerveau, le bulbe rachidien etles vaisseaux des membres. Le tronc est le centre du mouvement nutritif, le siège de l'organe central de la circulation et du centre actif des mouvements nutritifs comme des mouvements de relation. 11 est encore le point d'appui naturel de tout mouvement volontaire, parce que c'est sur le tronc que se meuvent la tête et les membres. Ainsi, quand on parle de mouvements de flexion, d'extension, d'abduction, d'adduction, etc., c'est au tronc que se rapportent ces expressions.

Le tronc de l'homme a la forme d'un grand parallélipipéde à arêtes mousses et arrondi à ses deux extrémités. En avant, il présente un plan convexe qui répond, en haut, au thorax, en bas à l'abdomen. En arrière, la surface convexe du tronc est séparée en deux parties latérales par la saillie médiane des apophyses épineuses de la colonne vertébrale. V. THORAX, ABDOMEN, etc.

— Géom. Un tronc est habituellement déterminé par une surface plane. Un /rwiçde prisme est l'un des segments d'un prisme coupé par un plan non parallèle aux bases. Un tronc de pyramide pourrait être déterminé par un plan quelconque ; mais quand rien n'est spécifié à cet égard, il est sous-entendu que le plan sécant est parallèle à la base ; il en est de même pour le cône. Le tronc du prisme triangulaire est équivalent à la somme des trois pyramides qui auraient pour base commune 1 une des bases du rronc et pour sommets respectifs les trois sommets de l'autre base. On peut encore dire qu'un tronc de prisme triangulaire est équivalent au prisme triangulaire compris entre l'une des bases du tronc et le plan parallèle mené par le centre de gravité de 1 autre. La distance du centre de gravité de l'une des bases au plan de l'autre est, en effet, la moyenne entre les distances des trois sommets de la première au plan de la seconde.

Le même énoncé ne saurait s'appliquer à un tronc de prisme quelconque ni, à plus forte raison, à un Iront cylindrique. La surface latérale du tronc de cône droit a pour mesure la demi-somme des mesures des circonférences des bases multipliée par in mesure du côté onde l'arête. Le volume du tronc de pyramide est celui de la somme de trois pyramides qui auraient pour hauteur commune la hauteur du tronc et pour bases, l'une la base inférieure du tronc, l'autre la base supérieure, et la troisième une moyenne proportionnelle entre les deux bases. De même*, le volume du tronc de cône est celui de la somme de trois cônes qui auraient pour hauteur commune la hauteur du tronc et pour bases, l'un la base inférieure du tronc, l'autre la base supérieure, et le troisième une moyenne proportionnelle entre les deux bases. En effet, soient H la hauteur de la grande pyramide ou du grand cône et h celle de la petite pyramide ou du petit cône retranchés, B1 et 4* les deux bases du tronc; les volumes des deux pyramides ou des deux cônes seraient

^HB»

et

le volume du tronc est donc

l (HB'-A4«);

mais les bases sont entre elles comme les carrés des hauteurs

ou

De cette proposition il résulte H — A B — A II ~ B

et

d'où

et

TRON

Ht=(H-A)ïï— 6

^=(H-A)§zr6,

En remplaçant par ces valeurs H et A dans la mesure du tronc, elle devient

-(H — h)(& -fi' + Bft).

formule qui s'accorde avec l'énoncé.

TRONÇAIS, forêt de France (Allier), dans le canton de Cérilly et l'arrondissement de Montluçon. Elle u une superficie de 10,000 hectares et on y exploite une raine de fer.

TRONCATELLE s. f. (tron-ka-tè-le — dimin. du lat. Iruncatus, tronqué). Moll. Genre de mollusques, voisin des paludines.

TRONCAT1FENNE adj. ( tron-ka-ti-pè-ne

— du lat. truncatus, tronqué ; penna, aile). Entoin. Qui a les ailes tronquées.

TRONCATULÉ, ÉE adj. (tronka-tu-lé — dimin. rlu lat. truncatus, tronqué). Hist. nat. Légireraent tronqué.

TRONCATOL1NE s. f. (tron-ka-tu-li-ne

— dimin. du lat. truncatus, tronqué). Foram. Genre de foniminifères hélicostègues, de la famille des turbmoïdes, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les diverses mers ou sont fossiles des terrains crétacés et tertiaires : Les tronc&tulines se fixent le plus souvent sur les tiges des corallines. (E. BaudemeiH.)

TRONCATURE s. f. (tron-ka-tu-re — du lat. truncare, tronquer). Etat de ce qui est tronqué : C'est la troncature du croissant de Mercure gui a fourni le moyen de déterminer la durée de son mouvement de rotation. (Arago.)

— Miner. Remplacement d'une arête par une facette.

TRONCE s. f. (tron-se). Mar. Syn. peu usité

de TRONÇON.

—, Techn. V. tronche.

— Sylvie. En Lorraine, Grosseur du tronc d'un arbre résineux, u Arbre de futaie dont on tient les branches coupées.

TRONCHÀY (Georges du), littérateur français, né à Moranne, près d'Angers, en 1540, mort au Mans en 1582. Il apprit à fond les langues anciennes et acquit îles connaissances étendues en numismatique. On a de lui : Bemontrance des plaintes du tiers état du Maine ; une Grammaire française et un Livre des étymologies, dont Ménage faisait grand cas; enfin, quelques pièces de vers agréables insérées dans le Menagiana. — Son frère, Louis DU Troncha,?, né au Mans en 1545, massacré, comme partisan de la Réforme, par des soldats en 1569, est l'auteur d'une Histoire des troubles religieux, restée manuscrite.

TRONCHAY (Louise- Agnès de Bellère PU), visionnaire française, née au château du Tronchay, près d'Angers, en 1639, morte à Partheuay en 1694. Elle était fille de Pierre de Bellère, seigneur du Tronchay, qui lui fit donner, dans une institution d'Angers, une brillante éducation. On lui enseigna la philosophie française, la géographie, l'arithuiélique, le blason, l'histoire, l'italien et la musique ; elle joignait à ces talents un esprit vif, une grande facilité à s'exprimer noblement. Comme, de plus, elle était fort belle, elle fut recherchée avec empressement par les meilleurs partis de sa province; mais elle ne voulait pas se marier et elle se retira d'abord dans l'abbaye de Roncheray, à Angers, où elle avait des parentes religieuses. Sa mère l'en fit sortir et essaya de la distraire en la menant dans le monde; elle s'enfuit de la maison paternelle et voulut entrer, pour soigner les pauvres, à l'Hôtel- Dieu de Poitiers, où l'on exigea d'elle avant de l'admettre qu'elle retournât au Tronchay pour y arranger ses affaires et y recevoir le consentement de ses parents. Ceux-ci ayant refusé, elle alla à Tours, où elle tenta de s'établir à l'Union chrétienne, communauté nouvellement fondée par un jésuite, le Père François Guilloré, dont Nicole a réfuté les principes sur la vie spirituelle dans son Traité de l'oraison. Ce bon père, voyant tout le parti qu'on pouvait tirer de cette piété exaltée, envoya Mlle du Tronchay à Paris et la fit udmettre au couvent de l'Union chrétienne de Charonne. On la renvoya comme folle. Les tilles de la Providence s'en chargèrent alors, et son état d'agitation et de fureur continuant toujours, on fut obligé de l'enfermer à la Salpètrière. Un certain Guillouard, docteur de Sorbonne, l'exorcisa; les démons qu'elle avait dans le corps firent mine de s'en aller, et, pour la contenter, on la fit entrer dans le service des pauvres et des malades de la maison. Elle mena ensuite une vie errante, toujours dirigée par les avis des jésuites Maillard et Guilloré. Elle vivait d'au-

TRON

mônes, mendiant autant pour elle que pour les pauvres. Qu'était devenue sa fortune? Ses pieux directeurs le savaient sans doute. De Paris, elle alla à Loudun, et de là à Parthenay, où elle mourut d'une fluxion de poitrine. Sa vie a été écrite sous ce titre : le Triomphe de la pauvreté et des humiliations ou la Vie de A/Uo de Bellère du Tronchay, appelée communément sœur Louise (Paris, 1733, in-12). Elle est remplie de visions, d'extases, d'histoires de sorcellerie et de possessions, pleine des tours merveilleux que joue le diable aux âmes en peine. A la suite de cette biographie se trouve un recueil de lettres de MI'b du Tronchay; elles peuvent plaire à ceux qui aiment ce genre singulier d'écrits.

TRONCHE s. f. (tron-che). Grosse souche de bois qu'il est d'usage de mettre au feu, dans certaines contrées, la veille de Noël.

— Argot. Tête humaine : On ne dit pas la tête, cria Gavroche, on dit la tronche. (V. Hugo.)

— Mar. V. tronçon.

— Techn. Tronçon de bois gros et court, dont le charpentier peut tirer une courbe rampante pour escalier, il On ditaussiTRONCB.

TRONCHÉE s. f. (tron-ché — rad. tronc). Sylvie. Nom donné, en certains pays, aux chênes cultivés en têtards.

TRONCHET S. m, (tron-chè — dimin. de tronche), Techn. Gros billot de bois porté sur trois pieds, et servant à doler. Il Billot sur lequel les orfèvres montent leur bigorne.

TRONCHET (François - Denis), jurisconsulte, magistrat et homme politique français, né à Paris en 1726, mort dans la même ville en 1806. Il renonça de bonne heure à la plaidoirie à cause de la faiblesse de sa voix, mais fut la lumière des avocats consultants de son époque. Sa vaste érudition, son tact, sa* pénétration, sa logique irrésistible, son étonnante clairvoyance, lorsqu'il s'agissait de porter la lumière dans lea questions les plus compliquées et de discerner les véritables difficultés d'une question, lui acquirent une grande et rapide célébrité. Lorsque Maupeou exila les parlements (1771), Tronchet ferma son cabinet, consacra ses loisirs à cultiver les lettres, et, après le retour des anciennes cours souveraines, il n'épargna aucun effort pour rétablir l'harmonie entre ses Confrères qui avaient suivi son exemple et ceux qui ne l'avaient pas suivi. En 1789, il succéda à Gerbier comme bâtonnier de son ordre. Elu à cette époque par la ville de Paris député aux états généraux, il y siégea au centre avec les royalistes constitutionnels. 11 s'éleva fréquemment contre les innovations hardies. Ainsi, on le vit s'opposer à l'application du jury en matière civile, à la réunion du Comtal-Venaissin à la France. Mirabeau, qui l'appelait le Nestor do l'ovltincraiie, dit un jour & l'Assemblée, fatiguée de l'entendre prononcer un long discours : « Souvenez-vous que M. Tronchet n'a pas la poitrine aussi forte que la tête. > Ses talents, néanmoins, furent très-utiles dans lesmatiè-, res de législation. En juin 1791, après le retour du roi de Varennes, l'Assemblée le nomma l'un des trois commissaires chargés de recevoir les déclarations du monarque, et il ne négligea rien pour adoucir les formes de cette pénible mission. Aussi Louis XVI, traduit, l'année suivante, à la barre de la Convention, l'appela-t-il dans le conseil de ses défenseurs. Il prépara avec beaucoup de zèle les éléments de l'éloquente plaidoirie de Malesherbes, et le prince lui en témoigna sa reconnaissance dans son testament. Tronchet se cacha pendant la Terreur. En 1795, il rouvrit son cabinet de consultation, et les électeurs de Seine-el-Oise le nommèrent au conseil des Anciens. Il entra, après le 18 brumaire, dans la commission chargée de rédiger le code civil, dans lequel il fit prédominer sur les institutions du droit romain nos lois municipales et notre droit coutumier. Il devint, en 1800, membre et ensuite premier président de la cour de cassation, entra au Sénat en 1801 et fut pourvu de la sénatorerie d'Amiens. On n'a de lui, imprimé, que des consultations judiciaires et des rapports législatifs. Parmi les ouvrages manuscrits qu il a laissés, nous citerons : un Tableau de l'établissement du mahométisme; une tragédie intitulée Caton d'U tique, des traductions en vers de fragments d'Aristote, de Milton, de Thomson. Tronchet fut inhumé au Panthéon. On a donné son nom à l'une des rues de Paris, et on lui a érigé une statue dan3 le palais du conseil d'Etat.

TRONCHIENNES , en flamand Drongen, bourg de Belgique (Flandre orientale), sur la Lys, a 4 kiloni. O. de Gand; 5,000 hab. Filatures de coton, fabrique de garance, chantiers de construction.

TRONCHIN (Théodore), théologien protestant, issu d'une famille champenoise qui se réfugia à Genève à l'époque de la Saint-Barthélémy, né à Genève en 1582, mort dans la même ville en 1657. U fit ses études à Bâle, à Heidelberg, à Leyde, puis voyagea en Angleterre. De retour dans sa ville natale, il fut nommé professeur de langues orientales (1606), pasteur de la ville (1610), professeur de théologie (1615) et député par l'Eglise genevoise au synode de Dordrecht (1618). L'église de Genève le chargea de répondre aux

TRON

calomnies du Père Coton contre la traduction protestante de là Bible, en 1634. Un an auparavant, le duc de Rohan, ambassadeur da France chez les Grisons, l'avait choisi comme pasteur de sa maison. Enfin, en 1635, on le désigna pour conférer avec J. Durseus au sujet de la réunion des calvinistes et des luthériens. C'était un théologien savant et habile, à qui l'on doit les ouvrages suivants : De peccato orxginali (1606) ; Disp. de baptismo (1628, in-40); De bonis operibus (1628, in-40) , etc.-

TRONCHIN (Louis), théologien suisse, parent du précédent, né à Genève en 1629, mort dans cette ville en 1705. Admis au ministère évangèlique en 1651, il alla perfectionner son instruction en France, en Angleterre, en Hollande et en Allemagne. 11 fut ensuite nommé pasteur à Lyon. De retour dans sa patrie en 1661, il eut de fréquents démêlés avec Fr. Turretin, zélé partisan de la prédestination absolue. En 1669. de con- . cert avec Ph. Mestrezat, il demanda l'abolition du serment exigé des proposants reçus au ministère; mais ils n'obtinrent aucun succès. Bien plus, les orthodoxes, renchérissant sur leurs prétentions, exigèrent pour l'avenir la signature du Formula consensus. Tronchin était un homme instruit, doux, d'un esprit droit et un excellent prédicateur. U n'a laissé qu'un très-petit nombre d'ouvrages et parait avoir donné tout son temps à sa vaste correspondance. On a de lui : Thèses théologies (Genève, 1663, in-4°); Disputatio de providentia Dei (1670, in-4°); Sermons (1670, in-8°) ; De auctoritate Scripturx sacrs (1677, in-4°). On a encore de lui deux traités manuscrits.

TRONCHIN (François), littérateur suisse, parent des précédents, né en 1704, mort en 1798. Il exerça la profession d'avocat. Tronchin avait réuni une collection de tableaux précieux, dont l'impératrice de Russie acheta une partie, et dont il publia le Catalogue raisonné en 1765 et 1780. Comme littérateur, il a laissé, sous le titre de : Mes récréations dramatiques (Genève, 1779-1784, 5 vol. in-8°), un recueil de vingt tragédies, dont huit sont de sa composition et dont les autres sont des pièces de Corneille, de Rotrou et de Du Ryer, remaniées par lui.

TRONCHIN (Théodore), médecin suisse, de la famille des précédents, né à Genève en

1709, mort à Paris en 1781. Il quitta Genève à l'âge de dix-huit ans pour aller a Londres, près de lord Bolingbroke, qui était allié à sa famille. Cet homme d'Etat lui conseilla d'étudier la médecine et l'envoya à Leyde avec des recommandations pour Boerhaave. Tronchin, après avoir passé son doctorat, alla se tixer à Amsterdam. Avec l'appui de son maître et la faveur du beau sexe, qui l'entoura toute sa vie, il parvint en peu de temps à se former une brillante clientèle, devint inspecteur du collège des médecins et épousa une petite-nièce du grand pensionnaire Jean de Witt. Après l'établissement du stathoudérat héréditaire, Tronchin quitta Amsterdam pour se retirer à Genève. La pratique de l'inoculation, dont il se déclara l'un des premiers le zélé partisan, contribua encore k augmenter sa célébrité. Il fut bientôt l'inoeulateur le plus renommé de l'Europe, et les princes se disputèrent en quelque sorte l'avantage de le posséder près d'eux. Après avoir résisté longtemps aux offres brillantes qu'on lui faisait pour l'appeler et le fixer hors de sa patrie, il finit par céder aux instances du duc d'Orléans, dont il devint le premier médecin en 1766. U fut alors dans la capitale de France le médecin à la mode, et les trésors affluaient pour ainsi dire dans ses mains. Il en fit le plus noble usage; son inépuisable bienfaisance en fit toujours deux parts, la plus forte pour les malheureux, la plus petite pour lui-même. Le seul ouvrage qu il ait composé ne saurait lui donner la réputation d'auteur distingué, mais on peut aisément s'en passer quand on a, comme lui, mérité celle d'homme de bien ; il a pour titre : De cotica piclorum (Genève, 1757, in-S°). Tronchin a publié, en outre, des articles dans V Encyclopédie et des observations dans les Mémoires de l'Académie de chirurgie. Il comptait au nombre de ses amis J.-J. Rousseau, Voltaire, Diderot, Thomas, et faisait partie d'un grand nombre d'Académies.

TRONCHIN (Jean-Robert), jurisconsulte suisse, cousin du précédent, né à Genève en

1710, mort à Rolle, canton de Vaud, en 1793. Dès l'âge de vingt-huit ans, il devint membre du grand conseil et fut chargé de négocier, en 1739, un traité avec le roi de SarUaigne. Nommé procureur général en 1759, il fit preuve, dans ces fonctions qui le mettaient à ia tête de l'ordre judiciaire de son pays, d'un savoir, d'une éloquence et d'un mérite tout à fait supérieurs. Lorsque, à l'instigation du gouvernement français, le grand conseil de Genève eut condamné V Emile de J.-J. Rousseau et décrété d'arrestation le célèbre philosophe, Trouchin tenta de justifier ces pitoyables mesures dans un pamphlet anonyme et fort remarquable, intitulé : Lettres écrites de la campagne (Genève, 1763, in-S°). Jean- Jacques lui répondit assitôt par ses fameuses Lettres de la montagne, dont l'éloquence passionnée accrut l'effervescence du peuple genevois et amena le triomphe de la démocratie. Tronchin, ne voulant pas prendre part aux

TRON

mesures répressives ordonnées contre le peuple, se démit de sa charge, se retira a la campagne et consacra sa fortune à des œuvres de bienfaisance. Ou a de lui des Ré<jui~ siloires et des Conclusions en matière criminelle, regardés comme des modèles de savoir et de style, et on lui attribue les deux écrits suivants : Discours sur l'esprit de parti (Nouchâtel, 1764); Lettres populaires où l'on examine la réponse aux Lettres de la campagne (1765, in-80).

TRONCHINB. s. f. (tron-chi-ne — du nom du médecin Tronchin). Sorte de chancelière.

TRONCHON s. m. (tron-chon). Ichthyol.

Nom vulgaire de l'espadon.

TRONCHON (Nicolas), homme politique français, né à Lafosse-Martin , près Senlis, mort au même lieu en 1828. Riche propriétaire foncier, il fut nommé, en 1790, membre de l'administration du département de l'Oise, et, l'année suivante, député à l'Assemblée législative. Tronchon vota avec le parti constitutionnel, prit à diverses reprises la parole pour combattre les girondins et les jacobins et ne fut pas réélu à la Convention. Pendant la période la plus orageuse de la Révolution, il vécut dans l'obscurité, puis il fit partie du conseil général de l'Oise. En mai 1815, Tronchon devint membre de la Chambre des- députés. Réélu en 1817, il appuya la politique ministérielle et prononça plusieurs discours qui furent remarqués, notamment contre le projet de censure (1819) et sur le budget de

TRONCIN (Marie-Ernest), dit Troncin du

Homo, administrateur, né à Paris en 1824. Il était étudiant en médecine, lorsqu'il se rtt nommer, après la Révolution de 1848, souspréfet à Compiègue. L'année suivante, il quitta l'administration, reprit ses éludes médicales et fut reçu docteur en 1853. Troncin devint alors médecin intérimaire à l'Ecole polytechnique, puis médecin du théâtre des Folies-Dramatiques. Ce fut là qu'il connut Céleste-Augustine Marion du Mersan, qu'il épousa en 1858, après la mort de son premier mari, Mouriès, directeur des Folies. Troncin ajouta alors le nom de sa femme au sien, et, devenu possesseur d'une grande fortune, il se livra a l'exploitation agricole d'un grand domaine qu'il acheta dans la Touniine ; mais il ne tarda pas h dissiper lu plus grande

Fartie de sa fortune. En 1864, M. Mocquard attacha à son cabinet. Peu après, il prit la direction du théâtre des Bouffes-Parisiens , qui, entre ses mains, tomba en déconfiture en 1868. Attaché l'année suivante au service de la presse, au ministère de l'intérieur, il servit d'intermédiaire entre le ministre et les journaux. Peu après il organisa un service de la presse à la préfecture de la Seine et fut, au mois d'août 1870, attaché au cabinet de M. Chevreau, ministre de l'intérieur, qui le chargea de suivre les débats de la Chambre. Destitué le 7 septembre, il se rendit à Tours, puis à Bordeaux, où il ne remplit aucune fonction. Après l'armistice, il revint à Paris, s'introduisit auprès de M. Thiers pendant la Commune, se chargea de lui rendre compte de ce ?ui se passait à Paris, où il se rendit trèsléquemment, et fut décoré après que l'insurrection eut été étouffée. Troncin faisait partie de la commission consultative d'une exposition internationale projetée pour 1875, lorsqu'il fut arrêté en mai 1874 sous l'inculpation d'avoir fait depuis 1864 un grand nombre de faux, dont le dernier consistait en un prétendu billet de 25,000 francs souscrit à son profit par M. Lefébure, sous-secrétaire d'Etat au ministère des finances. Traduit devant la cour de la Seine le 7 août 1874, il fut condamné le lendemain à cinq ans de prison et 100 francs d'amende,

TRONÇON s. m. (tron-son — dimin. de tronc). Morceau d'un objet allongé et à peu près cylindrique ou prismatique : Tronçon de pique, de tance, d'épée. Tronçon de câble. Tronçon de colonne. Couper une anguille, un serpent en tronçons.

— Billot scié dans un tronc d'arbre.

— Fig. Reste : Bajazet lei tourna ses armes sur ce tronçon de l'empire grec. (Salvandy.)

— Archit. Partie distincte d'un fût de colonne, excédant en hauteur le diamètre du fût. Il Colonne par tronçons, Colonne faite de tronçons.

— Hydraul. Tuyau de terre ou de mêlai très-court par rapport à la longueur, et qui est destiné à être ajouté avec d'autres bout à bout.

— Manège. Partie de la queue du cheval qui porte les crins et adhère à la croupe.

— Mar. Bout de vieux câble qu'on défile, pour en faire du caret. 0 On dit aussi tronce:

TRONCONIQUE adj. (tron-ko-ni-ke — de tronc de cône). Qui est en forme de tronc de cône : Segment tronconiqub.

TRONÇONNÉ , ÉE (trou-so-nè) part, passé du v. Tronçonner. Mis en tronçons: Anguille tronçonnée. Morceau de bois tronçonné.

— Blas. Divisé en tronçons qui gardent cependant leur place naturelle, et sont indiqués seulement par un léger espace vide : Croix TRONÇONNEE.

TRONÇONNEMENT s. m. (tron-so-ne-man — rad. tronçon). Action de diviser eu tronçons.

TRON

TRONÇONNER v. a. ou tr. (tron-so-né — rad. tronçon). Diviser en tronçons : Tronçonnbr une perche. Tronçonner une anguille, un brochet.

■ THONCV (Benoit du), littérateur français, né dans la première moitié du xvie siècle, mort vers 1600. Contrôleur du domaine du roi et secrétaire de la ville de Lyon du temps de la Ligue, il fut destitué lorsque cette cité flt sa soumission à Henri IV, et il réclama vainement tout le reste de sa vie contre cette disgrâce, qu'il prétendait n'avoir point méritée. Troncy publia, sous la titre de Excellant opuscvle de Marc Tvlle Cicéron,par lequel il se console soy-mesme sur la mort de sa fille Tullia (Lyon, 158-*, in-S"), une traduction du traité De la consolation attribué à Cicéron, et il passe pour l'auteur de l'ouvrage facétieux intitulé Formulaire fort récréatif de tous contracts, donations, testamens, codicilles et autres actes qui sont faicts et passés par-devant notaires et tesmoins (Lyon, 1594, in-12), souvent réimprimé.

TROND (SAINT-), en flamand Saint-Truyen, ville de Belgique (Limbourg), chef-lieu ri'arrond., à 15 kilom. S.-O. de Hasselt, sur le Meselbeek; 1 1,200 hab. Petit séminaire; école normale primaire. Tanneries, brasseries, distilleries ; fabriques de sucre de betterave, d'alcool de betterave, d'armes à feu et de dentelles; commerce de grains. Elle portait au vb siècle le nom de Sarchimum. Sa dénomination actuelle lui vient d'un religieux appelé Trudo qui, vers 655, y fonda un monastère de bénédictins. La ville ayant acquis pou à peu une certaine importance se fortifia en 1058. Au xve siècle, elle tomba au pouvoir de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui la démantela. Le prince d'Orange s'en rendit maître en 1563. Enfin les Français s'en emparèrent en 1794, et Saint-Trond ne fut séparé du territoire qu'après les traités de 1815. De ses nombreux édifices, la ville ne conserve plus aujourd'hui que l'église Saint-Martin, monument de transition où alternent et se marient curieusement le plein cintre et l'ogive, et l'église des Récollets, reconstruite de 1734 à 173S. Quant aux anciens bâtiments claustraux de l'antique abbaye à- laquelle Saint-Trond doit, comme nous l'avons dit, son nom actuel, détruits une première fois par l'incendie en 10S2 et reconstruits presque immédiatement, ils disparurent de nouveau, deux ans plus tard, dans celui qu'alluma la vengeance de l'évêque de Liège. Ils furent cependant rebâtis une troisième fois vers 1100, mais la Révolution de 1792 en amena l'abandon, et ils tombaient presque en ruine quand, en 1799, on prit le parti de les abattre. Il n'en reste aucune trace aujourd'hui.

TRON DE L'AIR interj. (tron-de-lèr — du prov. troun dé l'air, tonnerre de l'air). Fum. Sorte de jurement provençal : Regarde un peu .le bon dîner que nous aurons! Jïien que des choses que tu aimes, tron de l'air I (Alex, Dum.)

TRÔNE s. m. (trô-ne — du latin thronus, qui représente lui-même le grec ihronos, siège ; du radical qui est dans le verbe thraomai, je m'assieds, tkranos, siège, thréhus, banc, escabeau). Siège élevé sur lequel un souverain s'assied, dans l'exercice solennel de ses fonctions : S'asseoir sur son trône. La salle du trônk. Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul. (Montaigne.) Qu'est-ce quun trône?

Quatre morceaux de sapin recouverts de velours. (Napol.)

— Par anal. Siège allégorique sur lequel les fidèles d'une religion supposent leur dieu assis : Ce sera sans doute un grand spectacle, quand celui qui est assis sur le trônk d'où reliée tout l'univers, prononcera qu'il va renouveler toutes choses. (Boss.)

Jupiter est assis sur le trône des airs.

J.-B. Rousseau Il Siège sur lequel s'assied un évêque, dans les cérémonies religieuses : Le trône épiscopal. il Siège quelconque servant aux mêmes usages qu'un véritable trône : Sur un trône de gazon, comme sur son lit de justice, saint Louis rendait sans délai ses jugements.

(Fléch.)

— Par ext. Personne qui siège sur le trône, souverain : Il est rare que la vertu ait accès auprès du trône. (Mass.) Vous voyez que ta philosophie commence déjà trèssensiblement à gagner les trônes. (D'Alembert.) Ceux qui défendent les droits du peuple défendent aussi les droits du trône. (B. Constant.) Préserver le trône des dangers et des abus de l'arbitraire est te plus grand service que l'on puisse rendre au trône. (B. Constant.)

, — Fig. Pouvoir souverain : L'héritier du trône. Aspirer au trône. Un trône électif. Il laissa à son fils âgé de quinze ans un trône affermi. (Volt.) Le besoin éleva tes trônes, les arts et tes sciences les ont affermis. (J.J. Rouss.)

Le trône où je me oieds m'abaiss» «n m'élevant.

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