LÉONARD
— Sonner de la trompette. Faire sonner la trompette, Faire quelque chose avec grand bruit, avec grand éclat, par allusion k la trompette que les anciens donnaient k la Renommée : Lorsque vous donnerez l'aumône, ne
FAITES pas SONNER LA TROMPETTE, Comme Us
hypocrites. (P. Roy.)
— Déloger sans trompette, sans tambour ni trompette, Déloger sans bruit, se retirer secrètement :
Holal madame la belette, Que l'on déloge sans trompette.
La Fontaine.
— Prov. A gens de village trompette de bois, Il faut traiter les gens selon leur condition.
— Hist. juive. Trompette sacrée, Trompette qui servait à donner le signal pour appeler les Israélites au temple :
Sitôt que de ce jour
La trompetle sacrée annonçait le retour. Du temple, orné partout de festons magnifiques, Le peuple saint en foule inondait les portiques.
Racine.
TROM
tl Fête des trompettes, Troisième des cinq grandes fêtes juives, dans laquelle les trompettes du temple sonnaient k la fois à trente reprises différentes.
— Hist. relig. Trompette du jugement dernier, Trompette dont un ange, d'après la tradition catholique, sonnera avant le jugement dernier, et dont le son réveillera tous- les morts.
— Mar. Trompetle marine, Porte-voix : Le vieux Sroëlt se fait vieux, et il tousse quelguefois dans sa trompette marine, comme un bœuf qui a avalé des plumes. (E. Sue.)
— Mus. Nom donné k divers instruments plus ou moins analogues à la trompette : Trompette à clef, n Trompette d'harmonie, Trompette qui sonne l'octave au-dessus du cor. Il Trompetle marine, Instrument abandonné, qui n'avait qu'une seule corde : Il y faudra mettre aussi une trompette marine; la TROMPETTE MARINE est un instrument qui me plait et qui est harmonieux. (Mol.) Il Jeu de trompette, Jeu d'orgue à anche, qui imite le son de la trompette.
— Ornith. Trompette de brac , Nom vulgaire du calao d'Afrique.
— Ichthyol. Nom vulgaire des flstulaires et des tranchoirs.
— Moll. Trompette de mer, Nom vulgaire du grand buccin.
— Bot. Trompette de Méduse, Nom donné par les horticulteurs au bulbocode printanier.
Il Trompette du jugement, Stramoina fastueuse, il Trompette blanche, Espèce d'agaric.
— Hortic. Variété de courge.
— Encycl, Mus. La trompette est un instrument fort utile, dont la sonorité éclatante et pure n'a point d'analogue, et qui est en usage dans les musiques militaires et dans les orchestres symphoni^ues. Il est malheureusement d'une exécution scabreuse, difficile, ce qui l'a fait remplacer, dans beaucoup de. cas, par le cornet k pistons.
Le diapason de la trompette est plus élevé d'une octave que celui du cor, et sa qualité de son est k la fois inoins douce et moins moelleuse, mais plus argentine, plus claire, plus stridente. Ce sont des instruments de même famille, mais dont les effets diffèrent essentiellement, et par la réunion desquels on obtient des combinaisons fort heureuses. On ne connaissait jadis d'autre trompette quet la trompette de cavalerie, et pendant près d'un siècle on n'en employa pas d'autre à l'Opéra. Ce fut seulement vers 1770 que des trompettes perfectionnées furent importées d'Allemagne en France par les deux frères Braun ; cellesci détrônèrent complètement la précédente dans les orchestres. Dans les premières années de ce siècle, on fit des trompettes semicirculaires, qui n'étaient guère autre chose que de petits cors; mais le son de ces dernières était flasque et sans éulat. De nombreux essais, d'ailleurs, ont été tentés depuis un siècle pour le perfectionnement de cet instrument.
Vers 18Ï0, un facteur nommé Légeran inventa une trompette k coulisse et à ressort que le pouce de la main droite mettait en jeu. Cet instrument donnait tous les sons du système musical k partir du sol grave du violon jusqu'k ï'ut placé au-dessus de la portée (clef de sol). Tous les sons étaient obtenus au moyen de la coulisse k ressort, qui baissait tout le système de l'instrument d un demi-ton, d'un ton ou d'une tierce mineure. L'invention de Légeran était excellente, et sa trompette, quelque peu modifiée et perfectionnée, est encore aujourd'hui en usage. Peu d'années après, on imagina d'ajouter k la trompette des pistons auxquels on donna le nom de cylindres; les ressources que présentait cet instrument étaient très -considérables, puisqu'il fournissait toutes les notes de la gamme chromatique. C'est ce qui lui a fait donner, en Allemiigne et en Italie, le nom de trompette chromatique. Cet instrument est aussi très-employé aujourd'hui, mais sa qualité de son est bien inférieure k celle de la trompette ordinaire, t Un Anglais, dit M. Fétis, imagina d'ajouter k la trompette de» clefs comme aux clarinettes nu hautbois, et ses recherches pour y parvenir ont été couronnées par le succès; mais il s'est trouvé qu'il avait créé un nouvel instrument dont la qualité de son a peu de rapport avec le son de la trompette ordinaire; c'était une acquisition, mais non un perfectionnement. L'inventeur désigna sa trompette k clefs sous le nom de horn bugle. Cet instrument, sur lequel on peut exécuter comme sur la clarinette ou le hautbois, est maintenant employé avec succès dans la musique militaire, et même dans l'opéra. Rossini en a fait un heureux essai dans le premier acte de Semiramide. »
Dans les temps anciens, la trompette était formée d'un simple tube droit, d'une seule pièce, plus ou moins élargi k sa base, en forme de pavillon, et assez semblable k la tuba antique, employée par Méhul dans son opéra de Joseph. Ce tube était d'ordinaire en métal, mais quelquefois aussi en bois. Les trompettes du roi CWrles V étaient en argent. « On employait, dit M. de Pontécoulant, le mot trompette comme diminutif de trompe; plus tard, ce diminutif devint un terme générique, applicable k de3instruments de toutes dimensions, que la tige fût droite et d'une seule pièce, ou qu'elle fût repliée paraîlèlement sur elle-même en plusieurs par-
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ties. Ce fut sous Louis XII, vers la fin du xve siècle, qu'un Français, nommé Maurin, donna à la trompette sa forme actuelle. On vit alors le nom de trompe s'appliquer également à une variété du cor, c'est-à-dire à un instrument demi-circulaire, dont le tube s'évase insensiblement de l'embouchure au pavillon, et qui, quelquefois, se replie sur lui-même en faisant plusieurs anneaux. Les trompettes droites, longues de près de 6 pieds, étaient trop incommodes pour qu'on ne cherchât pas à en changer la forme ; aussi vit-on , dès le xve siècle, des trompes doubles ou à tiges repliées ; on courbait la tige de diverses façons ; quelquefois elle ne formait qu'un simple anneau en tortille, ou bien cette tige était repliée plusieurs fois en zigzag , la seconde courbure étant en sens inverse de lapremière ; enfin, cette tige, partagée en plusieurs parties nommées branches, était courbée en (feux endroits nommés potences : c'était la trompette de guerre. Au milieu du xvme siècle, on chercha, dans le Hanovre, les moyens de modifier les sons de la trompette et du cor pour les approprier aux tons des orchestres ; on y parvint en adaptant des tuyaux mobiles appelés corps de rechange ou tons ; mais comme ce moyen laissait encore beaucoup à désirer, on eut bientôt l'idée de leur faire l'application des clefs employées dans les flûtes et hautbois... >
En réalité, rien n'a pu détrôner jusqu'ici ni même remplacer la vraie trompette, la simple trompette formée d'un tube de cuivre, et sur laquelle les différentes notes s'obtiennent par la plus ou moins grande pression des lèvres sur l'embouchure.
— Trompette marine. D'où vient qu'on a donné le nom de trompette marine à un instrument de musique à corde et à archet, qui n'a aucune espèce de ressemblance, proche ou éloignée, avec quelque trompette que ce soit î C'est ce qu'il est difficile de savoir et ce qui a été recherché jusqu'ici sans succès. Castil-Blaze, dans son Dictionnaire de musique, dit que la /rompeitemarine est» un instrument de la forme d'une grosse mandoline. » Il faut croire que Castil-Blaze n'en avait jamais vu, car il tombe dans l'erreur la plus complète. La trompette marine a environ ? pieds de haut, et elle est si étroite que, loin d'avoir la forme d'une grosse mandoline, elle a plutôt l'air d'un long bâton, d'une sorte d'échalas. La caisse de 1 instrument prend à peu près la moitié de sa hauteur ; le reste est fourni par le manche, sur lequel est montée une unique corde, reposant sur un chevalet; on pressait la corde avec le pouce, tandis qu'on la frottait avec l'archet. Mais voici précisément la singularité : l'instrument est si long, si long,qu'il semble véritablement impossible qu'un exécutant ait pu, en tenant sa main gauche sur le manche, atteindre assez bas avec sa main droite pour pouvoir mettre la corde en vibration avec l'archet. Comment donc se jouait cet instrument singulier, énigmatique ? Kallait-il deux exécutants pour le mettre eu branle? C'est ce que nous serions porté à croire ; mais à ce sujet on n'a aucune espèce de notion, et on en est réduit aux conjectures.
— Ichthyol. Le nom de trompette a été donné a divers poissons, entre autres a, une espèce de syngnathe, à cause de la forme de son museau, qui est fistuleux et muni d'une sorte d'opercule. On l'appelle aussi, dans les diverses localités , aiguille, gagnole , vipère, etc. Ce poisson atteint environ 0m,50de longueur, tandis que sa grosseur dépasse à peine celle du doigt. Sa couleur est d'un roux sombre tirant sur le brun. Sa forme est hexagonale depuis la tête jusqu'à l'anus; au delà, elle devient quadrangulaire et va en s'amincissant jusqu'au bout de la queue. Ce poisson habite la Méditerranée; il est ovovivipare. Rondelet en avait déjà fait l'observation ; il vit sortir par une fente du ventre, non-seulement des œufs, mais encore des fœtus dont les plus grands étaient déjà assez développés.
TROMPETTE s. m. (tron-pè-te — de trompette s.f.). Individu qui sonne, qui a la charge de sonner de la trompette : Le trompette de la compagnie. Bientôt Afichel Marin, trompette juré du roi notre Sire, fit faire silence aux manants et cria l'arrêt, suivant l'ordonnance et commandement de M. le prévôt. (V. Hugo.)
— Fig. Personne qui se donne beaucoup de mouvement pour faire valoir d'autres personnes : Vous ne laissez rien à faire à ceux qui ne sont que vos trompettes. (Volt.) Les trompettes de différents partis se sont rendus tes dispensateurs de la louange et du blâme. (B. de Si P.)
— Loc. fam. Il est bon cheval de trompette, il ne craint pas le bruit, 11 est difficile à effrayer, à troubler, comme un cheval de trompette que le son de la trompette n'effraye pas.
— s. m. Ornith. Nom vulgaire de l'agami et du calao d'Afrique : L'agami ou trompette est assez remarquable par ta beauté de son plumage et par ses habitudes. (V. de Bomare.)
— Ornith. V. agami.
Trompelle de M. le Prince (le), opéra-eoinique en un acte, paroles de ftlélesville, musique de F. Bazb"; représenté à l'Opéra-Comique le 15 mai 1846. La scène se passe à Etampes, au temps de la Fronde. La nièce de Vécheviû de la ville est aimée de Fabien,
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le trompette de M.le prince. Elle a pour parrainée marquis de Brassac,' officier de l'armée royale. L'échevin frondeur, qui ne connaît ni l'un ni l'autre, est sur le point de faire pendre le futur de Fanchette et de faire épouser à celle-ci le marquis de Brassac, son adversaire politique. Le quiproquo s'éclaircit, et tout finit par une capitulation. Cette pièce est agréable et la musique en est vive et gracieuse. L'air de Fanchette : Jusqu'à l'aurore travaillons, est sémillant; la romance du marquis : Dans un instant je vais donc te revoir, est une jolie mélodie. Les couplets de table, chantés par l'échevin Goulard, ont de la rondeur; enfin M. Bazin a montré, dans un quintette très-déve!oppé et dans le trio de la capitulation, de bonnes qualités scéniques. L'ouvrage a été représenté par Henri, Emon, Sainte-Foy, M"">e» Révilly et Félix.
TROMPETTE-MAJOR s. m. Chef des trompettes d'un régiment de cavalerie, grade correspondant à celui de tambour-major des régiments d'infanterie. Il PL trompbttes-