V. Huoo
Il Autorité, influence supposée souveraine par une sorte d'allégorie : La Folie a établi son trône dans Paris.
L'Hiver, au front de neige, assis sur les montagnes, Vieillard qu'un doux soleil ne ranime jamais, Sur son trône de glace affaisse leurs sommets.
Esuénap.d.
Il Ce qui semble rehausser, mettre en relief: La nature est le trône extérieur de la magnificence divine. (Butf.) Le plus beau trône est celui de l'intelligence. (Lacordaire.)
— Monter sur le trône, Commencer à régner : Louis-Philippe monta sur le trône en 1830. Il Autour du trône, Dans la famille du souverain : Il voyait autour de son trône les enfants de ses enfants. (Mass.) Il Discours du trône, Discours prononcé par le souverain à l'ouverture d'une session législative. On dit aussi discours de la couronne.
— Poétiq. Trône académique, Fauteuil de l'Académie française :
C'est ce petit rimeur de tant de prix enflé. Qui sifilé pour ses vers, pour sa prose sifflé, Tout meurtri des faux pas de sa muse tragique, Tomba de chute en chute au trône académique.
Gilbert.
— s. m. pi. Ecriture sainte. L'un des neuf chœurs des anges.
— Encycl. Chez les Hébreux , les trônes étaient appelés kisahamatkout, sièges royaux, ou tout simplement kisa. Les rois juifs s'y asseyaient revêtus d'habits d'apparat, lors des audiences officielles (I, Rois, n, 19 ; Esther, v, l) pour recevoir les hommages de leurs sujets (II, Rois, xi, 19) ou pour rendre la justice (Proverbes, xx, 8). C'était un siège un peu plus élevé que la chaire ordinaire, richement orné et muni d'un marchepied ou hadom. C'est bien le troVie des anciens Grecs tel que le décrit Homère (Odyssée, I, 130; IV, 136) et celui du roi abyssinien dont il est parlé dans la relation de Brun ; on le retrouve également dans les bas-reliefs des ruines de Persépolis. Le trône était chez les Hébreux, comme chez nous, le symbole du pouvoir suprême, de la roi'auté; ainsi les livres de la Bible se servent d'expressions métaphoriques tout à fait analogues aux nôtres, telles que s'asseoir sur son trône, pour gouverner (Deutéronome, xvu, 18; l,Itois, xvi, 11), s'asseoir sur le trône de quelqu'un, pour lui succéder ([, Rois, i, 13; II, Rois, x, 30), etc.
Le terme grec correspondant k notre mot trône signifia d'abord toute espèce de siège ; ensuite il s'appliqua plus particulièrement à une sorte de siège élevé , muni d'un dossier et d'un marchepied. Le trône fut considéré chez les Grecs comme le symbole de la puissance souveraine et attribué aux divinités et aux rois. Les dieux, dans les temples, sont souvent placés sur de vastes trônes en estrade qui forment eux-mêmes de véritables monuments. Quelquefois aussi, au lieu du dieu lui-même, on n'a représenté que son char avec ses attributs, ou son trône. Il existe dans les musées un assez grand nombre de bas-reliefs représentant ces trônes divins. C'était d'ailleurs la coutume de consacrer, comme un hommage, un trône à la divinité, dans les temples les plus célèbres. Dans celui de Jupiter, à Olympie, on voyait, entre autres offrandes, dans le vestibule, un trône offert par Arimnus, roi des Etrusques. Sur le chemin de l'Acrocorinthe, selon Pausanias, il y avait dans un temple une colonne et un trône de marbre blanc, consacrés à Cybèïe. Ces trônes étaient ornés de .tout ce que l'art et l'industrie pouvaient rassembler de plus précieux, bois, métaux, ivoire, émaux, peintures, sculpture, ciselure.
Au moyen âge, les rois et les évêques s'asseyaient sur des trônes, dans les circonstances solennelles. Ces trônes se distinguaient des autres sièges moins par la forme particulière que par les accessoires qui les accompagnaient, tels que gradins, dossiers et dais. Lin fauteuil pouvait devenir un trône du moment, qu'on ie plaçait sur une estrade et qu'on l'entourait de tapisseries. Cet usage u'eutourer ie siège du chef avec des courtines paraît être oriental et rappeler le solennel mystère avec lequel les princes asiatiques se séparaient de leurs sujets au moyen d'un voile. Les Romains n'eurent point ces idées, et leurs empereurs furent continuellement en vue. Leur siège demeurait découvert et, s'il était plus élevé que les nôtres, c'était autant comme marque de dignité que pour faire voir leur personne. Mais lorsque l'empire fut transporté à. Byzance, peu à peu il prit les habitudes asiatiques, et le chef du pouvoir ne se montra plus que comme une châsse entourée précieusement de voiles qu'on ne laissait tomber que lorsque le prince devait exécuter quelque acte public. L'Occident n'emprunta que la décoration byzantine et orna ses trônes sans cacher ses princes. Les formes de ces meubles varient beaucoup durant le moyen âge ; ce sont tantôt des bancs sans dossier, tantôt de larges chaires a. dos, ou des pliants, etc. Les dais qui les surraon-
TRON
tent ne paraissent pas avoir eu, avant le xive siècle, une forme consacrée ; ce sont de petites coupoles portées sur quatre colonnes, ou des demi-berceaux reposant sur un dossier plein, ou des cadres suspendus au plafond et garnis d'étoffes.
Chez les modernes, le trône est un siège très-orné, surmonté d'un dais à grandes draperies ; il est élevé do plusieurs degrés.
Trâne (place du), une des principales places de Paris, située entre la rue du Faubourg- Suint-Antoine et l'avenue du Trône; elle appartient pour moitié au Xle et au Xlle arrondissement. Cette place attenait k l'ancienne barrière du Trône, dont on voit encore les deux pavillons construits dans un style assez lourd; elle doit son nom à un trône que l'édilité parisienne y lit élever en 1660 pour l'entrée de Louis XIV et de Marie-Thérèse. En 1670, on résolut d'y construire un magnifique arc de triomphe, accompagné de deux hautes colonnes de pierre. L'érection des colonnes fut commencée, et un modèle en plâtre de l'arc de triomphe s'éleva sous la direction de Perrault, qui en avait fait les dessins. Il était, dit-on, de la plus grande beauié; mais l'inconstance du monarque, occupé alors de Versailles et de Trianon, fit qu'on abandonna les constructions, quoiqu'elles eussent déjà coulé plus d'un demi-million de livres. L'arc do triomphe fut démoli sous la Régence en 1710; les deux colonnes restèrent dans l'état où elles étaient et on n'entreprit leur achèvement qu'en 1788. Les travaux furent encore abandonnés et repris seulement k la tin du règne de Louis Philippe (1847). Ces colonnes, fort remarquables, appartiennent à l'ordre dorique; chacune d'elles est décorée de deux bas-reliefs, par Desbœufs et Simart, représentant, du côté de la ville, le Commerce et l'Industrie, du côté de Vincennes, la Victoire et la Paix. Elles sont surmontées de statues colossales en bronze, Philippe-Auguste , par Dumont, et Saint Louis, par Etex.
Pendantla période révolutionnaire, laplace du Trône fut appelée place du Trône-Renversé. Sous la Terreur, ce fut le lieu ordinaire des exécutions; c'est là, entre" autres, que furent guillotinés les condamnés de l'avant -dernière fournée, celle du 7 thermidor, dans laquelle se trouvaient André Chénier, Roucher, Frédéric de Trenck, etc.
En 1860, on reprit pour la place du Trône un projet de décoration monumentale, composé d un arc de îriomphe qui devait être élevé en mémoire de la guerre d'Italie, et de deux grandes fontaines. Les modèles en plâtre de ces- constructions ne satisfirent que médiocrement, et le projet n'eut pas de suite.
Aujourd'hui, la place du Trône est décorée d'un immense bassin, entouré d'arbustes verts et de fleurs, du centre duquel s'élève une magnifique gerbe d'eau. De belles plantations couvrent le reste de l'étendue de la place, restée si longtemps nue et aride comme un Sahara. De nombreuses avenues aboutissent k la place du Trône : l'avenue du Trône, qui est fort courte et relie la place au cours de Vincennes , la voie la plus large de Paris ; l'avenue de Taillebourg; l'avenue de Bouvines; le boulevard Voltaire; l'avenue de Philippe-Auguste ; le boulevard Mazas et l'avenuedu Bel-Air, sans compter la rue de Tunis et la rue du Faubourg-Saint-Antoine.
TRÔNER v. n. ou intr. (tj-ô-né — rad. trône). Siéger sur un trône, il II n'est guère employé au sens propre.
— Fig. Dominer : Sixte-Quint croyait pouvoir toujours trôner et jouer jusqu'à la fin le rôle brillant qu'il s'était tracé. (Saintine.) Il Siéger avec un certain apparat, se pavaner : Poursuivre d'une haine vigoureuse, d'une vengeance implacable le vice, V infamie, le crime, qu'ils rampent dans la boue ou qu'ils trônent sur la soie, c'est justice. (E. Sue.)
TRÔNIÈREJ s. f. (trô-niè-re). Embrasure d'une bauerie de canons.
TRONQUÉ, ÉE (tron-ké) part, passé du v. Tronquer. Mutilé : Une statue tronquée.
— Dont on a retranché une partie considérable, intégrante : Une œuvre tronquée. Un passage tronqué.
— Blas. Réduit au tronc, coupé par la tête et par le pied, en parlant d'un arbre :. Un arbre tronqué.
— Archit. Colonne tronquée, Partie dé fût de colonne, servant ordinairement de support à un objet isolé, comme vase, statue, etc.
— Géom. Dont on a retranché le sommet par un plan sécant : Cône tronqué. Pyramide tronquée.
— Hist. nat. Dont l'extrémité offre l'apparence d'une section opérée mécaniquement : Feuilles tronquées. Ailes tronquées.
— Ornith, Se dit d'un oiseau qui a ses lectrices coupées en biais à l'extrémité.
— Entom. Se dit du corselet des insectes, quand le bord antérieur ou postérieur est une ligne droite.
— Miner. Se dit d'une arête qui est remplacée par une facette étrangère k la forme normale du cristal.
TRONQUER v. a. ou tr. (tron-ké — lat.
truncare; de truncus, tronc). Mutiler, diminuer d'une partie considérable : Tronqukb une statue.
TROO
— Priver de quelque partie intégrante : Tronquer un texte. Tronquer une citation.
— Diminuer, amoindrir : Un coup de sabre avait tronqué son nés. {Balz.)
11 trmique son verger contre toute raison.
La Fontainb.
— Techn. Scier sur le tour.
TRONQUETTEs. f. (tron-kè-te). Pop. Jeune fille : C'est une petite tronquettb de douze ans à laquelle il a laissé ses biens. (Balz.)
TRONSON (Louis), écrivain ecclésiastique, né à Paris en 1622, mort dans la même villa en 1700. Admis à la prêtrise en 1647, il devint conseiller et aumônier ordinaire du roi en 1648, entra dans la congrégation de Saint- Sulpice en 1666, reçut par la suite la direction du séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, et fut nommé supérieur général de sa congrégation en 1676. Tronson compta au nombre de ses élèves plusieurs prélats remarquables, notamment Fénelon.qui écrivait de lui à Clément XI : « Il n'y eut personne, si je'ne me trompe, qui lui fût supérieur par l'amour de la discipline, l'habileté, la prudence, la piété et enfin pour son discernement à juger les hommes. • C'était un théologien tres-instruit. Il combattit les doctrines jansénistes, s'abstint de signer les quatre articles de 1682 et prit part aux conférences d'Issy sur le quiétisme. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Forma cleri (Paris, 1669, 3 vol. in-12), recueil sur les moeurs des ecclésiastiques; Examens particuliers sur divers sujets propres aux ecclésiastiques, par un prêtre du clergé (Lyon, 1690), livre très-souvent réédité. L'abbé Aligne a donné une édition de ses Œuvres complètes (Paris, 1857, 2 vol. in-S°).
TRONSON DU COUDHAY (Philippe-Charles-Jean-Baptiste), chef de brigade d'artillerie, parent du précédent, né à Reims en 1738, mort noyé en Amérique en 1778. Admis dans le corps des mineurs, il fit preuve de talents supérieurs et s'attira par là l'estime de Gribeauvul, qui hâiu son avancement. Le comte d'Artois, charmé de son courage et de la vivacité de son esprit, le nomma gentilhomme de sa chambre en 1755. Lorsque éclata la guerre de l'indépendance américaine, Tronson, alors chef de brigade d'artillerie, suivit La Fayette aux Etats-Unis, devint major d'artillerie et trouva peu après la mort en traversant la rivière Schy-Ikill. Tronson était membre correspondant de l'Académie des sciences. Il a laissé de savants ouvrages sur l'artillerie, la fonte des canons et la minéralogie. En voici les principaux : l'Artillerie nouvelleou Examen des changements faits dans l'artillerie française depuis 1765 (Paris, 1772, in-8°); Nouvelles expériences et observations sur le fer (1775, in-s») ; Discussion sur l'ordre profond et sur l'ordre mince (1776, in-80); Discussions nouvelles des changements faits dans l'artillerie depuis 1765 (ll'&, in-8°); l'Ordre profond et l'ordre mince considérés par rapport aux effets de l'artillerie (1776, in-8°); Etat actuel de ta querelle sur l'artillerie (1777, in-8»).
TRONSON DU COUBHAY (Alexandre-Guillaume), éloquent avocat et député français, frère du précédent, né a Reims en 1750, mort à la Guyane en 1797. Il suivit d'abord, la carrière du commerce, puis celle du barreau et s'établit à Paris, où il obtint d'éclatants succès. Lorsque Target eut refusé de défendre Louis XVI, il sollicita de la Convention la faveur de le remplacer. Sa demande fut rejetée ; mais le tribunal révolutionnaire le chargea d'office, avec Chauveau-Lagarde , de la défense de Marie-Antoinette (12 octobre 1793). Il déploya d.ms cette circonstance autant de courage que de talent. Incarcéré quelque temps après, jl fut presque aussitôt élargi. Les électeurs de Seine-et-Oise le nommèrent, en 1795, au conseil des Anciens. L'esprit antirépublicain qu'il manifesta dans cette assemblée le fit envelopper dans la proscription du 18 fructidor. Déporté k Sinnamari en septembre 1797, il succomba, le second de ses collègues, aux influences délétères du climat. Six de ses plus beaux plaidoyers ont été publiés en 1829 (in-80), sous le litre d'Œuvres choisies, avec une notice biographique. Ou lui doit aussi Instructions rédigées pour mes enfants et pour mes concitoyens (1798, in-S°).
TRONTO, anciennement Truentus, rivière d'Italie. Elle nait dans le nord de la province d'Abruzze Ultérieure Ile, coule au N., arrose Amatiice, pénètre ensuite dans les anciens Etats de l'Eglise, traverse la province d'Ascoli, où elle se jette dans la mer Adriatique, par 42" 54' 22" de latit. N. et 31" 34' 51" de longit. E., après un cours de 100 kilom. Elle n'est navigable que sur environ 4 kilom. Elle a donné son nom, sous le premier Empire, à un département italien , dont le chef-lieu était Fermo.
TROOLITE s. f. (trou-li-ta — de 2>oos/, nom d'un géologue américain, et du gr. lithos, pierre). Miner. Syn de troOStitB.
TROOST (Corneille), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1697, mort dans la même ville en 1750. Elève d'Arnold Boonen, il apprit sous la direction de ce maître la peinture a l'huile, au pastel, en détrempe, et obtint une grande vogue par ses portraits et surtout par ses ta6leaux de genre. Troost exécuta les portraits de plusieurs notabilités de son temps, notamment celui de Boerhaave. On regarde comme son chef-d'œuvre en ce genre Te ta-
TROP
bleau représentant les Directeurs de la Société des médecins d'Amsterdam assistant à une leçon d'anatomie. Mais ce furent ses petites productions, ses scènes comiques et familières, ses gouaches, ses aquarelles qui contribuèrent surtout à la grande réputation dont il jouit de son vivant. La composition de ces petits tableaux, dont les sujets sont le plus souvent tirés de comédies à la mode, est spirituelle, gaie, quelquefois même un peu libre ; la touche en est agréiible et légère, la couleur délicate et transparente. Troost a beaucoup plus d'analogie avec Watteau qu'avec Hogarth, à qui on a /voulu le comparer, mais dont il n'a m le sentiment humoristique puissant ni la force comique. On vante surtout son Corps de garde; Job sur un fumier; la Fille ravie ou le Tuteur trompé; la Chambre d'une accouchée hollandaise ; tes Philosophes ou la Fille échappée ; le Bureau des paysans, à Puytevec, êtes Un grand nombre de ses compositions ont été gravées par Houbraken et d'autres artistes: Troost en a reproduit luimême plusieurs a. la manière noire.
TROOST (Louis-Joseph), chimiste, né à Paris en 1825. Elève de l'Ecole normale, il se fit recevoir agrégé de l'Université, puis docteur es sciences. Après avoir professé quelque temps en province, M. Troost fut chargé de la chaire de chimie au lycée Bonaparte, à Paris, puis devint maître de conférences à l'Ecole normale. Le 31 décembre 1874, il a été nommé professeur de chimie à la Faculté des sciences de Paris. Ce savant s'est fait connaître par d'intéressantes recherches, notamment sur les alliages métalliques formés avec l'hydrogène, soit par combinaison, soit par dissolution, et il a particulièrement étudié, à ce point de vue, le fer, le nickel, le cobalt et le manganèse. Outre des mémoires, on lui doit quelques ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Recherches sur te lithium et ses composés (1857, in-8°) ; Traité élémentaire de chimie, comprenant les principales applications à l'hygiène, aux arts et à l'industrie (1865, in-12, réédité en 1874) ; Précis de chimie (1874, in-18), etc.
TROOSTITE s. f. (trou-sti-te — de Troost, nom d'un' géologue américain). Miner. Silicate de zinc manganêsifère, qui a été trouvé à Stirlingetà Franklin, dans le New-Jersey, aux Etats-Unis.
— Encycl. La iroostite est une variété de ■williatnsiie, composée, d'après Vanuxem et Keating,de 25 de silice, 71,33 d'oxyde de zinc, 2,66 d'oxydulo de'maganèse et 0,67 d'oxydule de fer; et, d'après Delesse, de 27,40 de silice, 08,83 d'oxyde de zinc, 2,90 d'oxydule de manganèse et 0,87 d'oxydule de fer.
TROP ad v. (tro. — Cet adverbe est le même mot que troupe. Autrefois, il n'avait pas le sens que nous lui donnons aujourd'hui, il .signifiait beaucoup. On disait trop de gens, troupe de gens, pour beaucoup de gens, comme nous disons une foule, une quantité de gens. Nous employons encore familièrement les mots foison, tas, monceau, masse, dans des cas semblables. Trop passa de cette première signification à celle de beaucoup, employé pour marquer un haut degré, bien, fort, extrêmement, parfaitement, et enfin il prit le sens qu'il conserve encore). Excessivement, plus qu'il ne faudrait : Trop tôt. Trop tard. Trop loin. Trop sot. Trop bon. Trop de haine. Trop d'amour. Aimer trop. Manger trop. Il ne faut pas trop craindre d'être dupe. (Vauven.) C'est un grand tort, dans le monde, que d'avoir trop souvent et trop continuellement de l'esprit. (Mme Guizot.) L'fiomme civilisé mange trop, boit trop et ne travaille pas assez. (Maquel.)
J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie ; Je viens chercher vivant le calma du Lethé.
Lamartine.
Trop de repos nous engourdit.
Trop de fracas nous étourdit, Trop de froideur est indolence, Trop d'activité turbulence.
Panard.
— Par frop, Trop en vérité, réellement trop : C'est par trop babillé. Il est par trop ennuyeux. Il a par trop mangé.
— De trop, Excessif, superflu : Un plat de plus serait de trop à notre diner. Si vous m'aidiez, vous ne feriez rien de trop.
Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant,
Bolleau.
H Importun, déplacé : Je suis de trop ici et je m'en vais. Les despotes trouvent toujours les penseurs de trop dans les affaires.(\L>n<i de Staël.)
— En trop, En excès, de plus qu'il ne faut : Vous avez reçu dix francs en trop.
— Pas trop ou simplement Trop avec la négation, Pas beaucoup : Je ne vous crois pas trop. Je ne sais trop que faire. Quand on n'aime pas trop, on n'aime pas assez. (Bussy- Rab.)
— Trop peu, Pas assez : Trop et trop peu d'instruction abêtissent. (Pasc.)
— Assez et trop longtemps, Pendant un temps trop long :
Aisez et trop longtemps ma llcha complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence.
Boileau.
— Prov. Trop est trop, L'excès est toujours blâmable, il Trop et trop peu n'est pas mesure, 11 ne faut pécher ni par excès ni par
TROP
défaut. Il Trop parler nuit, trop gratter cuit, Il ne faut pas plus céder à la démangeaison excessive de parler qu'à celle de se gratter.
Il Qui trop embrasse mal étreint, Qui entreprend trop de choses réussit mal dans toutes.
il Chacun le sien, ce n'est pas trop, Ce n'est que justice de donner à chacun ce qui lui appartient, il liien de trop, Il ne faut rien faire avec excès :
... Rien de trop est un point Dont on parle beaucoup et qu'on n'observe guère.
La Fontaine.
— Manège. Trop assis, Se dit d'un cheval dont les extrémités postérieures se rapprochent à l'excès du centre de gravité, il Trop serré, Se dit d'un cheval dont les membres sont trop portés en dedans.
— s. m. Le trop, Le trop peu, L'excès, le manque : Lu trop de prudence ressemble au trop peu de courage. Qui a su éoiter lk trop et i.e trop ped? (Fén.) La vieillesse aime le peu et la jeunesse aime le trop. (J. Joubert.) Le trop d'une bonne chose quelconque a toujours fait une mauvaise chose. (Raspail.)
Le trop d'affaires nous accable.
La Fontaine.
Le trop d'expédient peut gâter une affaire.
La Fontaine.
Le trop de confiance attire le danger.
Corneille.
— Prov. Il y a deux sortes de trop : le trop et le trop peu, Pas assez est un vice aussi bien que trop. Se dit surtout à propos d'une personne peu généreuse.
— Gramm. Employé substantivement et suivi de la préposition et d'un complément, trop peut être considéré comme un substantif collectif; il suit alors les règles données au
mot COLLECTIF.
TROP-BU s. m. Consommation faite au delà de la consommation réglementaire : Z.eTROPbo doit se payer en sus.
TROPE s. m. (tro-pe — du gr. tropos, tour ; rad. trepô, je tourne). Rhétor. Figure de mots : Comme les premiers motifs qui firent parler l'homme furent des passions, ses premières expressions furent des tropes. (J.-J. Rouss.) La nature des TROPES ou figures est de faire image. (Condill.) li Les trois tropes, Les tropes par excellence, c'est-à-dire la métaphore, la métonymie et la synecdoche.
— s. m. pi. Traité sur les tropes : Les Tropes de ûumarsais.
— Philos. Tropes des pyrrhoniens, Considérations ou nombre de dix sur l'instabilité des choses, qui ont servi de premier fondement à la philosophie sceptique.
— Encycl. Rhétor. Les tropes sont des mots pris dans un sens figuré, c'est-à-dire détourné du sens primitif pour en prendre un autre qui s'en rapproche. Au propre, le mot voiles ne signifie pas vaisseaux; mais comme les voiles sunt une partie du vaisseau, on dit, au figuré, une « armée de cent voiles. » De même, un dit bien d'un peintre : « C'est un grand pinceau, ■ et d'un écrivain : « C'est une belle plume, » ou d'un grand mangeur : ■ C'est une belle fourchette. »
Les tropes qui font image ont souvent l'avantage de la précision, comme on peut le voir dans l'exemple suivant : « La haine publique se cache d'ordinaire sous l'adulation. > Il faudrait un long discours pour tendre cette idée sans figures.
Quand même l'expression figurée serait, plus longue que l'expression propre, on doit la préférer s'il en résulte une belle image, comme dans cet exemple de Mme de Sévigné : « Que vous dites bien sur la mort de M. de La Rochefoucauld et de tous les autres : On serre les files, et il n'y parait plus ! « Il eût été plus court de dire a on se console ; » mais le trope embellit une pensée commune.
Il y a des mots qui sont de vrais tropes et qui ne sont plus considérés comme tels, tant l'usage en est devenu commun; tel est inspirer, qui signifie proprement souffler dedans. Un poète est donc obligé, pour mieux peindre sa pensée, de lui substituer une autre figure, comme l'a fait Boileau :
O nuit, que m'as-tu dit? Quel démon sur la terre Souffle dans tous les coeurs la fatigue et la guerre?
Dans le choix des tropes, il faut avoir égard aux sentiments que nous éprouvons. «Je cours, dit Télemaque à Caiypso, les mêmes dangers qu'Ulysse, pour apprendre ou il est. Mais que dis-jel Peut-être qu'il est maintenant enseveli dans les profonds abîmes de la mer. ■ Si Télemaque parlait de quelqu'un à qui il prît peu d'intérêt, il dirait simplement : ■ Peut-être qu'il a péri dans un naufrage ; » car alors rien ne serait si déplacé que cette figure : « Il est enseveli dans les profonds abîmes de la mer. • Mais il parle d'un père qu'il aime; son intérêt est vif, sa frayeur est grande : il voit ce qu'il peint, il peint ce qu'il voit. Ce ne sont pas les sentiments de Caiypso; aussi emploie-t-elle d'autres images lorsqu'elle veut faire croire à Télemaque qu'Ulysse a péri : « Il voulut me quitter, dit-elle, il partit, et je fus vengée par la tempête; son vaisseau, après avoir été longtemps le jouet des vents, fut enseveli dans les ondes. •
Les grammairiens ont longtemps discuté sur le nombre des tropes, sur leur classification; ces discussions sont oiseuses ; il suffit
TROP
de reconnaître que les mots sont pris dans un sens figuré.
Les tropes doivent être faciles à entendre, se présenter naturellement à l'esprit et donner de la clarté , de l'énergie au discours. Pour cela, il faut qu'ils sortent du sujet, que les idées accessoires les fassent naître, ou que les bienséances les inspirent. Autrement, Ce style figuré dont on fait vanité Sort du bon caractère et de la vérité; Ce n'est que jeu de mots, qu'affectation pure, Et ce n'est point ainsi que parle la nature. Les mots les plus usités sont aussi les plus susceptibles d'acceptions différentes et se convertissent le plus souvent en tropes. Tels sont les termes corps, âme, esprit, iéte,couleur, etc., que l'on emploie très-fréquemment dans un sens figuré.
Chaque langue a des tropes qui lui sont propres. La traduction les fait souvent disparaître, et c'est peut-être la plus grande difficulté du traducteur de savoir distinguer le génie des deux langues pour substituer un trope à un autre.
On ne doit pas rapprocher des figures dont les accessoires se contrarient; ainsi, il n'ost pas permis de dire : « Ce prince abusa moins du despotisme que ses prédécesseurs; il diminua les chaines de ses sujets et rendit le joug plus léger, «car on ne met pas de «joug» à ceux qu'on « enchaîne ; • on ■ n'enchaîne • pas ceux à qui on met un « joug. «
Il faut éviter l'emploi des tropes lorsque les accessoires qui les accompagnent n'ont pas de rapport avec la chose dont nous parlons, comme dans cette phrase de Mmo de Sévigné : « Le Père Bourdaloue a prêché ce matin au delà de tous les plus beaux sermons qu'il ait jamais faits. » « Au delà, » comme en deçà, n'a aucune analogie avec la perfection des choses.
11 y a bien d'autres manières de se tromper sur le choix des expressions figurées; cependant il no faut pas être scrupuleux jusqu'à les condamner parce qu'on aurait quelque répugnance à les employer; il faut voir si cette répugnance est fondée.
L'ouvrage le plus complet qui ait été écrit sur les tropes est dû à Dumarsais : Traité des tropes ou les Différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue (Paris, 1730, in-S°). C'est un livre devenu classique.
TROPEA, ville du royaume d'Italie, Calabre Ultérieure lie, sur le sommet d'un rocher à pic, suspendu au-dessus de la côte S. du golfe de Suinte-Euphémie, à 22 kilom. O.-N.-O. de Mileto ; 6,500 hab. Evèché. On y remarque trois belles portes et la cathédrale. Tanneries ; fabriques de couvertures de laine, de soieries, de canevas et de toires ; pêche de corail et de poisson. Les environs sont riches en vins, fruits, coton, soie, plantes aromatiques et terre k porcelaine. Giano Parasio attribue l'origine de cette ville à Sextus Pompée, qui en jeta les fondements pour consacrer la victoire navale qu'il venait de remporter sur Octave près du cap Vaticano. Dans la suite, elle tomba successivement au pouvoir des Sarrasins et des Normands.
TROPÉE s. f. (tro-pé). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des bombycites.
TROPÉOLÉ, ÉE adj. (tro-pé-o-lé — gr. tropaiolos;de tropaion, trophée). Bot. Qui représente certains objets dont se compose d'ordinaire un trophée d'armes, il Qui ressemble à la capucine, dont les fleurs ressemblent à un casque, les feuilles à un bouclier.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre capucine.
— Encycl. La famille des iropéolées renferme des plantes herbacées, étalées ou grimpantes, à feuilles alternes, pétiolées, simples, ptsltées, entières ou palmatilobées, quelquefois parsemées de points glanduleux, dépourvues de stipules. Les fleurs sont solitaires à l'extrémité de pédoncules axillaires souvent très-longs. Elles présentent un calice à cinq divisions, prolongé en éperon en dessous de l'inférieure ; une corolle à cinq pétales, alternant avec les divisions du calice, deux plus plus grands, insérés des deux côtés de l'éperon et quelquefois même existant seuls; huit étamines hypogynes, à filets libres et subulés, k anthères mobiles; un ovaire libre, sessile, trilobé, à trois loges uniovulées, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate tridentè ou trilobé. Le fruit est composé de trois carpelles charnus ou secs, d'abord soudés, puis se séparant à la maturité. Chacun d'eux renferme une graine à tégument cartilagineux, k embryon dépourvu d'albumen, mais muni de cotylédons épais, qui finissent par se souder en une masse indivise.
Cette petite famille, q"ui a des affinités avec les géraniacées «t les balsaminées, comprend les genres tropsolum (capucine), ckimocarpe et magallane. Les tropéolées sont toutes originaires des régions tempérées de l'Amérique du Sud, Elles renferment un suc aqueux, d'une saveur un peu acre, chaude et piquante, analogue à celle du cresson, et qui leur communique des propriétés antiscorbutiques. Leur racine tubéreuse est souvent féculente et alimentaire.
TEOPEZ (SAINT-), ville de France (Var), oh.-l. de canton, arrond. et à 58 kilom.
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S.-S.-E. de Draguignan, à 877 kilom. de Paris, située au fond d'une baie, en face du petit port de Sainte-Maxime, bâti de l'autre côté du golfe Grimaud; pop. aggl., 3,030 hab. — pop. tôt., 3,532. Tribunal de commerce, justice de paix ; société de prud'hommes pêcheurs. Hospice. Grand et petit cabotage. Vins de première qualité ; huile, bois, miel, marrons, liège brut et en bouchons, roseaux ; bains de mer très-fréquentés. Une citadelle défend la ville du côté de la mer. Elle a été construite en 1593 sur un mamelon qui commande le port et les mouillages voisins. Les tours à demi ruinées du Portalet et de Saint-Elme, à droite et à gauche du port, ont été élevées au xve siècle par la roi René. Les autres constructions les plus curieuses de la ville sont les maisons qui bordent le quai du port ; elles offrent ce détail singulier que les murailles du rez-dechaussée sont inclinées de manière à former avec les étages supérieurs une courbe rentrante, analogue à celle qu'on rencontre dans les phares modernes. Le port de Saint-Tropez, d'une étendue de 10 hectares, est défendu au nord par une grande jetée et peut recevoir de grandes corvettes ; il est malheureusement exposé au mistral. Il est établi dans l'ancien golfe de Grimaud {Sambracilanus sinus des anciens), large de HO mètres d'ouverture, et sa profondeur est suffisante pour permettre, au besoin, aux na vires de guerre d'y faire leurs évolutions. Enfin, il existe à Saint-Tropez des charniers de construction de navires d'où sont sortis, en l'espace de cinq années, 285 navires, bateaux et chaloupes, représentant ensemble 7,989 tonneaux.
Aux environs de Saint-Tropez on remarque Sainte-Maxime,petit bourg construit sur l'emplacement d'une ancienne cité romaine. On y trouve de nombreux fragments archéologiques, et son mouillage est très-sûr.
Saint-Tropez a vu naître le bailli de Suffren.
— Histoire. Saint-Tropez doit à son importance comme situation maritime d'avoir été connue par lès Romains; la ville n'est au tre,en effet, que YHeraclea Caccabaria antique. Les débris de colonnes, sarcophages, inscriptions et mosaïques trouvés dans les fouilles pratiquées à Saint-Tropez paraissent démontrer
I authenticité de cette origine.En 730, les Sarrasins dévastèrent .Saint-Tropez. Les habitants rebâtirent leur ville au fond de la rade des Moulins ; mais, deux siècles plus tard, un nouveau parti de Sarrasins la détruisit derechef. Saint-Tropez n'était plus qu'un désert quand, en 972, Guillaume 1er, comte d'Arles, fit sortir une seconde fois la ville de ses ruines et la rétablit sur le bord delà mer.
II lui laissa en même temps le nom de Saint- Tropez, que les habitants avaient donné à !a petite cité de la rade des Moulins, à cause d'un prieuré dépendant de Saint-Victor de Marseille. Saint-Tropez eut beaucoup à souffrir au xive siècle de la longue querelle des maisons de Duras et d'Anjou. Lu roi René d'Anjou, afin de la relever, y établit soixante familles génoises auxquelles des privilèges et immunités considérables furent accordés, sous la condition unique de repeupler et de défendre la ville; en peu de temps, en effet, Saint-Tropez fut rebâti et sa prospérité fut si rapide qu'on dut, en 1534, agrandir son enceinte jusqu'aux limites actuelles. Ses habitantsl'entourèrent de solides remparts à l'abri desquels la place biava les attaques du connétable de Bourbon et même, plus tard, celles des Maures qui venaient de dévaster Hyères et Toulon (1556). A l'époque de la Ligue, les Tropéziens aidèrent Henri IV de leurs armes et de leur argent. Le duc de Savoie vint assiéger la ville, mais il dut se retirer au plus vite (1592). Peu après, le duc d'Epeinon s'empara par surprise de la citadelle nouvellement bâtie (1593). Cette citadelle servit, pendant la Fronde.de refuge au duc d'Angoulême ; mais les Tropéziens l'y assiégèrent et le contraignirent a. capituler. Le duc de Mercœur,qui Ie3 avait aidés dans cette attaque, dépouilla la ville de son artillerie et de la plus grande partie des privilèges qui avaient jusqu'alors sauvegardé son commerce. Saint-Tropez ne se releva pas de cette perte. La ville continua, il est vrai, à entretenir dans sa rade une centaine de navires; mais ses relations commerciales avec la Toscane, la Sardaigne et même le Levant tombèrent en décadence. En outre, les pirates reparurent sur ses côtes et achevèrent d'y semer la ruine. Depuis lors, son commerce s'est un peu relevé, mais sans avoir jamais pu atteindre k son degré de prospérité primitive. En 1813, les marins de la ville repoussèrent l'attaque d'une petite escadre unglaise.
TROPHÉE s. m. (tro-fé — lat. trophsum, gr. tropaion; de trepà, je tourne, k cause des ennemis mis en fuite). Antiq. Armure d'un ennemi vaincu, qu'on plaçait ordinairement sur un tronc d'arbre sur pied, préalablement dépouillé de ses branches.
— Fig. Monument d'une victoire remportée,d'un succès obtenu : Washington a laissé les États- Unit pour trophée sur le champ de bataille. (Chateaub.) Il Victoire, succès: S'enorgueillir de ses trophées.
— Par ext. Objets divers mis en faisceau, pour servir d'ornement : Un tkopuûb de dra-
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peaux. Un trophée de chasse. Un trophée de musique.
— B.-arts. Représentation d'un trophée d'armes ou d'un trophée quelconque : II avait peint en trophée les divers instruments du labourage. Les trophées du corn.' merce, de l'industrie, de l'agriculture et des beaux-arts sont sculptés aux angles de la salle.
— Encycl. Hist. Le trophée n'était, dans les siècles héroïques et chez les Grecs, qu'un tronc de cliêne dressé et revêtu des dépouilles ou des armes des ennemis vaincus, c'està-dire d'une cuirasse, d'un casque et d'un bouclier, comme les trophées que Mars Grudivus porte sur l'épaule ou ceux qu'on voit sur les médailles de Trajan. Quelquefois même il n'y avait qu'une cuirasse sans bouclier. Le trophée se dressait, aussitôt après la victoire, sur le champ de bataille. Cette coutume passa des Grecs aux Romains, On imagina par la suite de faire porter les trophées devant le char du triomphateur. Pour rendre plus durable la gloire des vainqueurs, on en construisit de pierre, de marbre et de métal. Le premier dont l'histoire romaine fasse mention est celui qu'érigea C. Flaininius l'an de Rome 530 ; il était d'or et placé dans le Capitole. Florus, où on lit ce l'ait, cite encore deux autres trophées dressés cent ans après sur les bords de l'Isère. Mais les plus célèbres qu'il y ait eu à Rome du temps de la république sont les deux trophées de Marius ; ils étaient de marbre et élevés dans la cinquième région, dite Esquiline, sur deux arcs de brique, près du réservoir de YÀqua Maria. Sylla les renversa, en dépit de l'ancien usage qui ne permettait pas de détruire ni même de déplacer les trophées. César, durant son édilité, les releva. Le quartier de la ville où ils étaient en a conservé la mémoire dans les temps modernes ; il s'est appelé il Cimbrico. Auguste lit ériger un trophée sur les Alpes. Le Capitole conserve deux trophées de Domitien. Sous les empereurs, ces sortes de monuments se multiplièrent beaucoup, et l'on peut considérer les colonnes de Trajan et des An ton in s comme de vrais trophées.
Outre l'usage d'élever des trophées soit sur les places publiques, soit sur les champs de bataille, les anciens eurent celui d'orner les vestibules et les portiques de leurs maisons et des édifices avec les armes et les dépouilles des ennemis vaincus, et sur les monuments les trophées devinrent un grand prétexte à ornementation. Autour des armures étaient groupés et entrelacés des carquois, des javelots, des épées, des boucliers, des figures de sphinx, de tritons, de centaures. Les trophées devinrent des types de monnaie ou de bas-relief; on remarque des trophées sur un nombre intini de médailles grecques, romaines ou byzantines. On composa aussi un trophée naval avec les éléments de l'armement et de l'équipement nautiques. .
A l'exemple des anciens, les modernes ont représenté des trophées sculptés, non-seulement guerriers, mais aussi composés des attributs des ans ou des professions ; c'est ainsi que sont venus en usage les trophées de chasse, de pèche, de musique, de sciences, d'église , d agriculture , etc. Les trophées d'armes, surtout, sont redevenus à la mode dans ces derniers temps, avec les restaurations et les imitations des styles gothique et Louis XV pour les décorations d'intérieur et les meubles. A l'Exposition de 1867, on remarquait, dans la section ottomane, un magnifique trophée d'armes, composé de 217 pièces différentes : fusils, revolvers, longues carabines incrustées d'argent, de corail et d'ivoire vert; pistolets, tromblons, espingoles ; inventions fantasques même, réunissant,sous 1» forme pacifique d'une canne,plusieurs instruments meurtriers et participant à la fois de l'arme à feu et de l'arme blanche, du fusil et de la hache ; kandjnrs, kilidjs, kamas ; sabres de cavalerie et d'infanterie ; yatagans aux fourreaux d'argent massif, ornés de rubis et d'émeruudes ; couteaux de chasse à lames niellées, à fourreaux d'acier de Damas; lances arabes de La Mecque et de Djeddah, dont le bois mesure plus de 4 mètres et dont le fer rappelle, par sa forme étrange, les hallebardes suisses du moyen âge ; boucliers en cuir rie rhinocéros ; jusqu'à ues arcs avec leurs flèches, finement barbelées et rehaussées de délicates peintures, provenant des provinces les plus éloignées, où ils sont encore employés comme armes de guerre.
TROPHIDE s. m. (tro-fi-de — du gr, trophé, nourriture). Bot. Genre d'arbres, de la famille des morées, dont l'espèce type croit en Amérique.
trOphique adj. (tro-fi-ke — du gr. trophé, nourriture). Propre à nourrir ; relatif à la nutrition.
TROPHIS s. m. (tro-flss). Bot. Syn. de
TROPHIOK.
TRÛPHODON s. m. (tro-fo-don — du gr.
trophos, nourricier ; odous, dent). Moll. Genre de niul.usques gastéropodes pulmonés, du groupe des hélices.
TROPHOGÈNE adj. (tro-fo-jè-ne — du gr.
trophé , nourriture: gennaô , j'engendre). Pathol. Qui est produit par la privation complète ou partielle d'aliments.
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THOPHOLOG1E s. f. (tro-fo-lo-jl — du gr. trophé, nourriture; logos, discours). Science de l'alimentation ; traité sur cette matière.
— Régime'alimentaire.
TROPHOLOGIQUE adj. (tro-fo-lo-ji-ke — rad. trophologie). Qui a rapport à la trophologie.
TROPHON s. m. (tro-fon). Moll. Syn. de
TROPHONB.
TROPHONE s. m. (tro-fo-ne). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, formé aux dépens des rochers, et dont l'espèce type habite le détroit de Magellan.
TROFHONIE s. f. (tro-fo-nl). Annél. Genre de vers marins, de la famille des lombrics, dont l'espèce type vit sur les côtes de l'Océan,
TROPHONIUS, fils d'Erginus, roi des Orchoméniens. Il devint, ainsi que son frère Agamède, un très-habile architecte, et ce furent eux qui construisirent le temple d'Apollon a Delphes. Chargés l'un et l'autre d'élever un édifice pour les trésors d'Hyriéus, ils y pratiquèrent un passage secret qui leur permit de voler l'argent de ce dernier. Hyriéus, s'étant aperçu de la diminution de son tréscr, établit tout auprès un piège dans lequel Agaraède fut pris. Après avoir essayé vainement de dégager son frère, Trophonius se décida alors à lui couper la tête pour qu'on ne le reconnût point; mais à peine eut-il accompli ce meurtre que la terre s'entr'ouvrit sous ses pas, et il fut englouti tout vivant. Quelques années plus tard, une grande sécheresse désola la Béotie. La Pythie, consultée sur les moyens d'y mettre un terme, répondit que c'était à Trophonius qu'il fallait avoir recours et qu'on trouverait Sa sépulture dans le bois de Lébadée. Les envoyés se rendirent en ce lieu, qui se trouvait en Béotie, retrouvèrent l'antre au fond duquel le frère d'Agamède avait disparu et obtinrent une réponse favorable. Depuis cette époque , l'oracle de Trophonius acquit en Grèce une très-grande célébrité. V. antre.
TROPHOPATHIE s. f. (tro-fo-pa-tl — du gr. trophé, nourriture ; pathos, souffrance). Pathol. Maladie affectant les appareils de la nutrition.
TROPHOSPERME s. m. (tro-fo-spèr-me , — du gr. trophé, nourriture ; sperma, graine). Bot. Nom donné par quelques auteurs au placenta, c'est-à-dire au point de l'ovaire où les graines sont attachées par l'intermédiaire du funicule.
TROPHOSPERMIQUE adj. (tro-fo-spèrmi-ke — rad. trophosperme). Qui a rapport au trophospherme.
TROPICAL, ALE adj. (tro-pi-kal, a4e — rad. tropique). Qui appartient aux tropiques; qui est situé entre les tropiques : La ligne tropicale. Les plantes tropicales. Les régions tropicales. Les (leurs tropicales,
— Chaleur tropicale, Chaleur comparable à celle des tropiques : Une chaleur tropicale.
TROPIC-KEVS, groupe d'Iles des Antilles, dans l'archipel des Vierges, à peu de distance de Porto-Rico. Ces îles doivent leur nom au grand nombre d'oiseaux des tropiques qu'on y trouve.
TROPICOPH1LE s. m. (tro-pi-ko-fi-le — de tropique, et du gr. philos, qui aime). Ornith. Syn. de phaeton, genre d'oiseaux.
TROPIDÈRE s. m. (tro-pi-dè-re — du gr.
tropis, carène ; déré, cou). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des anthribides, comprenant plus de vingt espèces, répandues dans les deux continents.
TROPIDIE s. f. (tro-pi-dl — du gr. tropis, carène; eidos, aspect). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des brachystonies, tribu des syrphies.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des néottiées, dont l'espèce type croit dans l'Inde.
TROPIDOGARPE s. m. (tro-pi-do-kar-pe
— du gr. tropis, carène; karpos, fruit). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des sisymbriées, comprenant quelques espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord.
TROPIDODRYAS s. m, (tro-pi-do-dri-ass
— du gr. tropis, carène ; drus, arbre). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.
TROPIDOGASTRE s. m. (tro-pi-do-ga-stre
— du gr. tropis, carène; gastér, ventre). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des iguaniens, comprenant une espèce, dont la patrie est inconnue.
TROPIDOGERRHON s. m. ( tro-pi-do-jèron). Erpét. Genre de reptiles, du groupe des ophisaures.
TROP1DOLÈME s. m. (tro-pi-do-lè-me — du gr. tropis, carène; laimos, gorge). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, du groupe des vipères.
TROPIDOLÉPIS s. m. (tro-pi-do-lé-piss — du gr. tropis, carène ; iepis, écaille). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des iguaniens, tribu des stellionides, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Ame» rique.
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Bot. Syn. de chiliotrïque, genre de composées.
TROP1DOLOPISME s. m. (tro-pi-do-lo-pisme — du gr. tropis, carène; lopisma, enveloppe). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des scinques, dont l'espèce type habite l'Australie.
TROP1DONOTE s. m. (tro-pi-do-no-te — du gr. tropis, carène; nôtos, dos). Erpét, Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres : La couleuvre à collier et la vipérine sont deux espèces deTROPiDONOTES fort communes chez nous. (P. Gervais.)
TROPIDOPELLIS s. m. (tro-pi-do-pèl-liss
— du gr. tropis, carène; pellis, écuelle). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.
TROPIDOPHIDE s. m. (tro-pi-do-fi-de — du gr. tropis, carène; ophis, serpent). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, de la famille des boas, qui habite l'Ile de Cuba : On connaît deux espèces de tropjdophides. (P. Gervais.)
TROPIOOPHIS S. m. (tro-pi-do-fiss). Erpét. Syn. de tropidophide.
TROPIDOPHOLIS s. m. (tro-pi-do-fo-Hss — du gr. tropis, carène; pholis, écaille). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.
TROPIDOPBORE s. m. (tro-pi-do-fo-re — du gr. tropis, carène; phoros, qui porte). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des scinques, dont l'espèce type habite la Cochinchine.
TROPIDORHYNQUE s. m. (tro-pi-do-ruin-ke
— du gr. tropis, carène; rugehos , bec). Ornith. Genre de passereaux, du groupe des philédons, appelé aussi goûlin.
TROPIDOSAURE s. m. (tro-pi-do-sô-re — du gr. tropis, carène ;sauros, lézard). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des lacertiens.
— Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.
TROPIDOSOME s. m. (tro-pi-do-so-me — du gr. tropis, carène; sôma, corps). Entom.
Syn. d'ALLOCÉRE.
TRÛPIDOTBAGOPS s. m. (tro-pi-do-tragops — du gr. tropis, carène, et de tragops). Erpét. Genre de reptiles ophidiens , formé aux dépens des couleuvres.
TROPIDURE s. m. (tro-pi-du-re — du gr.
tropis, carène; aura, queue). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des iguan'ens.
TROPILLOT s. m. (tro-pi-llo; Il mil.).
Ornith, Nom vulgaire du vautour urubu.
TROPINE s. f. (tro-pi-ne). Chim. Alcaloïde qui prend naissance dans la décomposition de 1 atropine sous l'influence des alcalis.
— Encycl. La tropine C8Hi»AzO est une base organique découverte par Krant, qui se produit en même temps que l'acide airopique lorsqu'on décompose l'atropine par les acides ou par les alcalis; la réaction est exprimée par l'équation
C«HS3AzOï = C9H802 + CSHKAzO
Atropine. Acide Tropine.
atropique.
L'atropine, chauffée avec une dissolution de baryte saturée à chaud, disparaît presque entièrement, et il ne se produit que ties traces de bases volatiles. En précipitant par l'acide carbonique la baryte de la solution obtenue, on obtient une liqueur qui retient en solution de l'atropate de tropine. Le liquide, agité avec de l'acide chlorhydrique et de l'éther, abandonne à l'éther de l'acide atropique, tandis que du chlorhydrate de tropine reste en dissolution dans 1 eau. La buse séparée de ce sel au moyen de l'oxyde d'argent se prend en une masse cristalline lorsqu'on l'abandonne sous une cloche sur de 1 acide sult'urique. Lorsqu'on la distille, elle passe au-dessus de 230° sous la forme d'une masse qui a l'aspect de la térébenthine et qui se solidifie ensuite en formant des cristaux dont la formule est C8H1SazO,i/2HX).
Au lieu de baryte, on peut se servir de l'acide chlorhydrique bouillant et concentré. Par le refroidissement, la majeure partie de l'acide atropique se dépose. On en débarrasse complètement la liqueur aqueuse en agitant celle-ci avec de l'éther, et l'on extrait la tropine de son chlorhydrate comme nous venons de le dire.
La tropine est inodore à froid, mais répand des vapeurs odorantes lorsqu'on la chauffe. Elle possède une forte réaction alcaline ; l'eau et l'alcool la dissolvent facilement et l'abandonnent sous la forme d'une huile en s'évaporant. Ses solutions éthérées, abandonnées sous une cloche au-dessus de l'acide sulfurique , l'abandonnent en tables anhy-dres, incolores, C8H|5AzO, qui fondent à 6l<>,2. La tropine n'absorbe pas l'anhydride carbonique deTair ; ses sels cristallisent bien et ses solutions aqueuses précipitent les oxydes d'argent et de cuivre; les précipités ne se redissolvent pas dans un excès de réactif. Le chlorhydrate de tropine en solution aqueuse donne, par la potasse, un précipité huileux, soluble à la fois dans l'éther et dans l'eau.
Le chloroplatinate {C8Hl&AzO,HCl)2,PtCl* forme de gros cristaux rouge orangé, facilement solubles dans l'eau, mais insolubles
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dans l'alcool. Les sels doubles formés par le chlorure mercurique et le chlorhydrate de fropiue et par l'iodhydrate de tropine et l'iodure mercurique sont également peu solubles dans l'eau et facilement cristallisables.
Le chlorure d'or forme, dans les solutions de chlorhydrate de tropine, un précipité jaune qui fond d'abord dans l'eau chaude, où il se dissout ensuite, et d'où il cristallise par le refroidissement.
Le picrate de tropine
C8H15AzOC6H3(AzO»)30
est un précipité jaune qui cristallisa dans l'eau en aiguilles. L'atropate de tropine
C8H15AzO,C9H8oa,4H20
est incristallisable, presque soluble et visqueux à la température ordinaire. A des températures plus élevées, il est déliquescent. Une solution à 2 centièmes de ce sel, injectée dans l'œil, ne détermine pas la dilatation de la pupille- La tropine ne se décompose pas lorsqu'on la fait bouillir avec de l'acide iodhydrique, ni lorsqu'on la chauffe à 140° avec de l'acide chlorhydrique. Distillée avec de l'hydrate de baryum sec, elle donne de l'ammoniaque, de la méthylainine et des produits divers.
— lodhydrate d'éthyl-tropine
C8H«(C2H8)Az0,HI.
On obtient facilement ce sel en dissolvant la tropine dans l'iodure d'éthyle. La base libre <jue l'on sépare de ce sel par l'oxyde d'argent humide constitue une masse brune, amorphe, insoluble dans l'éther, soluble dans l'alcool absolu. Elle ne prend plus d'éthyle lorsqu'on la traite par l'acide iodhydrique, ce qui démontre qu'elle est un alcali quaternaire, et que, par conséquent, la tropine est un alcali tertiaire.
Le chloroplatinate d'éthyl-frojai'ue [C8Hl4(C2H5)Az0,HCl]»TPtCl*
est une poudre cristalline d'un jaune léger, que l'alcool précipite.
— Constitution de l'atropine. Il est impossible de rien dire jusqu'ici sur la constitution de l'atropine. Toutefois, le dédoublement de cette base en tropine et en acide airopique semblerait prouver que la formule de l'atropine est mal prise. Au lieu de représenter ce corps par C^H^AzOS, nous serions tenté d'y admettre une molécule d'eau de cristallisation et de l'écrire C«HïiAzO'. De cette manière, le dédoublement s'accompagnerait de la fixation de H20, ce qui est le cas ordinaire pour les dédoublements des substances organiques qui s'opèrent sous l'influence des acides ou des alcalis. Jamais, en effet, on ne voit, dans ces cas, de dédoublements purs et simples.
Si notre hypothèse était vraie, l'atropine pourrait être considérée comme une aiuide dérivée de la tropine, au lieu de l'ammoniaque, et l'on pourrait la régénérer au moyen de ses constituants, soit en chauffant avec soin de l'atropate de tropine, soit en faisant agir la tropine Sur le chlorure d'atropyle C*lPO,CI, que l'on obtiendrait lui-même par l'action du perchlorure de phosphore sur l'acide atropique ou sur ses sels. La production de l'atropine, dans ces conditions, deviendrait une preuve en faveur de notre opinion. Cette expérience doit donc être entreprise, et, si elle réussit, elle aura, en outre, une importance considérable, car elle fera avancer d'un pas la synthèse des alcaloïdes organiques naturels.
TROPINOTE s. m. (tro-pi-no-te — du gr.
tropis, carène; nôtos, dos). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées mélitophiles, comprenant trois espèces, qui habitent la France.
TROPIPHORB s. m. (tro-pi-fo-re — du gr. tropis, carène; phoros, qui porte). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des cléonicles, comprenant six espèces, qui habitent l'Europe.
TROPIPLEURITE s. m. (tro-pi-pleu-ri-te
— du gr. tropis, carène; pleura, côte). Entom. Hyn. de colloptéria ou dorcacéphale, genre d'insectes.
TROPIQUE s. m. (tro-pi-ke — du gr. tropikos, qm tourne; formé de trepâ, je tourne). Astron. Nom donné aux deux parallèles qui passent par les points solsticiaux.
•— Géogr. Parallèle passant par un solstice : Le vent d'est est le vent général entre tes tropiques, (bluff.) Il Tropique du Cancer, Tropique de l'hémisphère nord. D Tropique du Capricorne, Tropique de l'hémisphère sud.
— Pathol. Maladie des tropiques, Fièvre jaune.
— Mar. Le bonhomme Tropique, Le principal personnage allégorique de la cérémonie du baptême de la ligne. V. baptême.
— Ornith. Oiseau des tropiques ou simplement Tropique, Espèce de phaéton qui habite les régions tropicales.
— adj. Qui appartient aux tropiques.
— Astron; Année tropique, Intervalle de temps qui s'écoule entre Ueux passages successifs du soleil à l'équinoxe de printemps.
— Bot. Se dit des fleurs qui, pendant plusieurs jouis de suite, s'ouvrent le matin et
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se ferment le soir, en suivant le cours du soleil, de telle sorte que l'heure de l'épanouissement suit l'accroissement ou le décroissement des jours.
— Encycl. Astron. Tropiques célestes. La déclinaison maximum du soleil, qui est celle des points solsticiaux, étant du 23" 27' 28" (en 1870), les tropiques étaient, cette année, distants de l'équateur da 23<> 27' 22" ; ils s'en rapprochent chaque année de o",48, qui forment le mouvement annuel de l'écliptique autour de la ligne des équinoxes.
Le tropique contenu dans l'hémisphère boréal a reçu le nom de tropique du Cancer parce que, lorsque le soleil y arrive, il commence aussitôt a retourner vers l'équateur en s'éîoignant de notre zénith, et que l'écrevisse [cancer) est supposée marcher a reculons; l'autre tropique est celui du Capricorne. Les deux noms de Cancer et de Capricorne sont aussi, du reste, ceux des signes dans lesquels entre le soleil à partir de l'un ou de l'autre solstice, c'est-à-dire lorsqu'il s'éloigne de l'un ou de l'autre tropique.
— Tropiques terrestres. On nomme tropiques terrestres les deux cercles parallèles à l'équateur terrestre suivant lesquels la surface de la terre est rencontrée par les cônes ayant son cenire pour sommet et les tropiques célestes pour bases. Leur distance à l'équateur terrestre est donc la même que celle des tropiques célestes à l'équateur céleste et varie, oemme elle, de 0",48 par an. Les tropiques terrestres portent les mêmes noms que les tropiques célestes.
Les tropiques terrestres sont les limites communes à la zone torride et aux deux zones tempérées. La zone torride diminue donc chaque année de 0",48 de chaque côté, ou enr tout de 0",96. Or, les 10,000,000 de mètres qui forment le quart du méridien correspondent a 90 X 60 X 60 secondes ou 324,000 secondes; par conséquent, 1 arc du méridien, égal à une -seconde, u une longueur de
10,000,000 324,000 ou 38 mètres. Ainsi, chaque tropique se rapproche de l'équateur, chaque année, à peu près de la moitié de 38 mètres ou 19 mètres ; la largeur de la zone torride diminue ellemême de 38 mètres et sa surface de 40,000,000 X 38 X sin 230 27'
mètres carrés, soit à peu près 40 000 000 x 18 ou 720,000,000 mètres carrés, c'est-à-dire environ 72,000 hectares.
A l'époque du solstice d'été, les habitants des lieux situés sous le tropique du Cancer voient le soleil passer à leur zénith à midi. La même chose arrive aux observateurs placés sous le tropique du Capricorne à l'époque du solstice d'hiver.
— Mœurs et coût. Baptême du tropique.