‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 408 sur 1042 · V. BAPTÊME · texte numérisé non relu

V. BAPTÊME

TROPIQUE adj. (tro-pi-ke). Chim. Se dit d'un acide qui prend naissance dans un dédoublement de l'atropine, sous l'influence de l'eau de baryte ou de l'acide chlorhydrique étendu.

TROPIRH1NE s. m. (tro-pi-ri-ne — du gr. tropis, earène; rhin, nez). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrumères, de la i'aniille des charançons, tribu des braehydéridcs, dont l'espèce type vit au Brésil.

TROPIS (tro-piss — mot gr. qui signif. carène). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrainètes, de la famille des longicornes,. tribu des cérumbycins, dont l'espèce type habite l'Australie.

TROPISTE s. m. (tro-pi-ste — du gr. tropistés, qui est muni d'une carène). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des ichneuinoniens, tribu des ophionites.

TROPISTE s. m- (tro-pi-ste — du gr. trepô, je tourne). Hist. relig. Nom donné quelquefois li ceux qui interprètent dans un sens figuré les textes de l'Ecriture.

TROPISTERNE s. m. (tro-pi-stèr-ne — du gr. tropis, carène; sternon, poitrine). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la tribu des hydrophiliens, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Amérique du Sud.

TRÛPISURE s, m. (tro-pi-zu-re — du gr.

tropis, carène ; oura, queue). Helniinth. Genre de vers nématoïdes, dont l'espèce type vit en parasite dans le corps d'un vautour du Brésil.

TROPLONG (Raymond-Théodore), magistrat et homme politique français, né k Saint- Gaudens (Haute-Garonne) le S octobre 1795, mort à Paris le 2 mars 1869. Son père, professeur d'humanités au collège de Sorrèze, lui rit étudier le droit. Reçu licencié, il fut attaché pendant quelque temps aux bureaux de la préfecture de l'indre, qu'il quitta pour entrer dans la magistrature. M. Troplong débuta comme substitut près le tribunal de Sartèue (4 mars 1819), passa au même titre "quelques mois plus tard à Corte et devint, en juillet 1820, substitut du procureur général à Bastia. Pendant les loisirs que luilaissuient ses functions, il s'adonna avec ardeur à l'é* tude des langues anciennes, de l'histoire, et, grâce à une riche bibliothèque que mit à sa disposition un conseiller de Bastia, il étudia les anciens commentateurs des lois

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romaines et les légistes français, commençant dès cette époque à réunir les matériaux pour les ouvrages qui devaient faire sa réputation. En décembre 1822, Troplong alla remplir les fonctions de substitut du procureur général à Alençon; l'année suivante, il revint à Bastia, où. il occupa jusqu'en 1825 le poste d'avocat général. Envoyé alors au même titre à Nancy, il commença à attirer sur lui l'attention, comme légiste, en prononçant un savant réquisitoire sur une question de domanialité, duns laquelle il discuta des questions très-difficiles de droit féodal (1832). Au mois d'octobre de la même année, il fut nommé président de chambre à la cour de Nancy. En 1833, M. Troplong commença la série de ses grands travaux sur notre droit civil par la publication de son traité Des privilèges et hypothèques (Paris, 1833, 4 vol. in-8û), suivi de ses traités De la vente (1834), De ta prescription (1835), etc. Décoré de la Légion d'honneur en 1834, nommé conseiller à la cour de cassation en 1835, membre de l'Académie des sciences morales en remplacement de Daunou le 12 novembre 1840, il reçut le 14 juillet 1846 un siège a la Chambre des pairs, aux discussions de laquelle il ne prit aucune part. Après la révolution de 1848, M. Troplong, qui jusqu'alors avait passé pour libéral, se rangea dans le parti du eésarisme. Lorsque Louis Bonaparte devint président de la république, il fut nommé, le 22 décembre 1848, premier président à la cour d'appel de Paris. Lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851, ce légiste n'eut garde de protester contre la plus audacieuse violation de la légalité. Devenu un des serviles adulateurs du despotisme naissant, il vit récompenser son zèle par une place au Sénat (janvier 1852), dont il fut d'abord un des viceprésidents, puis le président, à la place du prince Jérôme, à la fin de la même année, et devint, le 28 décembre 1852, crémier président à la cour de cassation, à la place de Portalis. Ce fut lui qui lit au Sénat, le 6 décembre 1852, un rapport concluant au rétablissement de l'Empire. Dans ce morceau prolixe, abondant en lieux communs, il donna Louis Bonaparte comme le représentant de deux siècles et de deux esprits, comme l'incarnation de la démocratie organisée , invoqua dévotement la théorie des hommes providentiels et remonta jusqu'à la loi sahque pour démontrer que le pouvoir serait héréditaire dans la descendance mâle soit directe, soit par adoption, de Louis Bonaparte. Lorsque Napoléon III, par un décret du 25 décembre 1852, bouleversa l'économie du budget en autorisant les virements d'un ministère à un autre et en exigeant le vote du budget, non plus par articles et par chapitres, mais par ministère, ce fut encore M. le président du Sénat qui se chargea de justifier une mesure qui ouvrait la porte aux abus les plus graves. Voici quels pitoyables arguments invoquait le courtisan Troplong : « Le temps est venu de résister k des préjugés impuissants I L'expérience a démontré le néant de ces abus de précautions malveillantes. La France ne veut pas qu'on garrotte par les liens d'une suspicion mesquine un pouvoir posé par elle sur la puissante assise d'une confiance sans précédent. Ce ne serait pas la peine d'ériger des monarchies, si c'était pour lier les mains du prince dans d'indignes liens. » Toute la théorie du despotisme qui devait si cruellement peser sur la France se trouvait contenue dans les lignes que nous venons de citer. M. Troplong, allant jusqu'au bout, se prononça vivement en faveur du sacre, lorsqu'il fut un instant question de ressusciter cette cérémonie de l'an- ! cien régime, et il écrivit : • Comme, d'après ' les croyances universelles, le mariage civil doit être consacré par les solennités de la religion, de même le mariage politique du monarque et de la nation était sanctionné et sanctifié par le sacre, qui réunissait toutes les pompes de l'Eglise et de la monarchie et mettait chaque règne sous la protection de Dieu, » Constant adulateur d'un pouvoir qu'il ne sut jamais conseiller, le président Tropiong fit l'apologie de l'Empire en dehors du Sénat dans divers écrits, notamment dans une brochure publiée en 1855 dans le Moniteur sous le nom de Prieur et sous le titre : Du principe d'autorité depuis 1789, et dans des articles insérés dans la lievue contemporaine, entre autres dans une étude intitulée : la Chute de la république romaine. Dans Je premier de ces écrits, il s'attacha à démontrer que les deux branches de la maison de Bourbon n'étaient plus qu'un souvenir historique, que l'Empire seul pouvait faire sortir des idées de 1789 une nouvelle forme du principe d'autorité. Dans le second, sous la forme d'une étude historique sur César, il attaque la république, affirme que César a été le libéruteur dus peuples, blâme Cicérou de s'être éloigné de lui, s'emporte contre les « instincts rétifs de Caton, » s'indigne contre Scipion et Caton qui résistèrent en Afrique après Pharsale et manifeste le plus profond dédain pour « ces hommes qui marchandaient leur soumission et attendaient dans une absence affectée et dans une injurieuse abstention je ne sais quel événement d'où devait renaître la république. » M. Troplong, qui semblait avoir épuisé tous les honneurs, lut nommé, en récompense d'un si beau zèle, membre du conseil privé (1853) et grand' croix de la Légion d'honneur. Ce triste po-

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litique ne devait pas voir la fin un régime qu'il n'avait cessé d'encenser. A »- mort, on lui fit de pompeuses funérailles, et sa veuve, qu'il avait épousée en Corse en 1826, reçut une pension de 20,000 fr. qui fut maintenue, en 1873, par M. Thiers, président de la République , sous le singulier prétexte d'insuffisance de fortune. Indépendammentd'articles publiés dans la Gazette des tribunaux, la Demie de législation, la Revue européenne, etc., on lui doit : De l'influence du christianisme sur le droit civil des Domains (1843, in-S°); Du pouvoir de l'Etat sur l'enseignement, d'après l'ancien droit public (1844, in-S°j; De la propriété (1848, in-18), faisant partie des petits traités publiés par l'Académie des sciences morales; YArmide de Gluck (1859, in-8°); enfin on lui doit, sous le titre général de Droit civil expliqué suivant l'ordre des articles du code depuis et y compris le titre de la vente (27 vol. in-8°), une série de traités qui lui ont fait comme jurisconsulte une grande réputation. Ces traités sont : Des privilèges et hypothèques (1833, 4 vol.) ; De la vente (1834, 2 vol.); De la prescription (1835,2 vol.); De l'échange et du louage (1840, 2 vol.) ; llu contrat de société civile et commerciale (1843, 2 vol.); De la transcription hypothécaire (1845, 1 vol.); Du prêt, du dépôt, du séquestre, de la rente viagère (1845,2 vol.); Du mandat, du cautionnement, des transactions (1846, 2 vol.); De la contrainte par corps en matière civile et de commerce {1847, 1 vol.); Du nantissement, du gage et del'antichrèse (1847, l vol.); Du contrat de mariage et des droits respectifs des époux (1840, 4 vol.); Des donations mtirevifs et des testaments (1855, 4 vol.) Malgré l'absence de méthode et de nombreuses inexactitudes, cette grande publication a eu un succès considérable et mérité. Elle témoigne de grandes recherches, d'un vaste savoir; le style en est vif et coloré; on y trouve parfois des théories neuves et hardies; enfin, chaque traité est précédé d'une préface dans laquelle l'auteur développe avec talent les côtes historiques et philosophiques do son sujet.

TROPOLOGIE S. f. (tro-po-lo-jl — du gr. tropos, trope; logos, discours). Rhètor.

Science ou traité des tropes. u Emploi des tropes.

— Moralité présentée sous une forme allégorique.

TROPOLOGIQUE adj. (tro-po-lo-ji-ke — rad. tropologie). Rhétor. Figuré : Le sens tropologiquis d'un emblème, d'une allégorie. u Peu usité.

TROPONOMIQUE adj. (tro-po-no-rai-ke — du gr. tropos,' tour; nomos, loi). Qui a rapport aux influences des temps et ries lieux sur les objets qui y sont soumis : La science troponomio.uk.

TROPPAO, ville forte des Etats autrichiens, ch.-t. de la Silésie et du cercle de son nom, dans une plaine, sur la rive gauche de l'Oppa, k 2 kilom. de son confluent avec la Mora, sur les frontières de la Prusse, par 49° 50' de latit. N. et l5<>30"de longit. E.; 14,000 hab. Siège de tribunaux de première instance, de commerce et criminel et du collège des états des caisses publiques ; gymnase, école pour les fils de militaires, bibliothèque, cabinet d'histoire naturelle, musée d'antiquités nationales ; fabriques d'armes, de liqueurs, de draps et de savon ; tanneries ; moulins à scies, k papier et k foulon; commerce de draps et de toiles. On y remarque un château des princes de Lichtenstein. En 1626, cette ville fut prise par les Danois et, en 1727, par les Autrichiens, auxquels les Suédois l'enlevèrent en 1742 ; ma>s les Autrichiens la reprirent peu de temps après, et lu possession leur en fut confirmée par le traité de 1742 entre Marie-Thérèse et Frédéric II. Il s'y tint, d'octobre k décembre 1820, un congres pour mettre fin à la révolution nupolitaiue.

TROPPAH (cesclk de), situé dans l'O. de la Siiésie; 2,775 kilom. carrés, 135 sur 42; 250,000 hab. Excepté à l'E. et au S.-O. de la ville de Troppau, où s'étendent de grandes plaines, tout le reste de sa surface est couvert des ramifications des monts Sudètes, qui s'élèvent dans sa partie S.-O. Il est arrosé par l'Oppa, qui y prend sa source et la sépare en partie de la Silésie , l'Oder, la Mora, f'Hotzenplotz, la Bilau,'-etc. Le sol y est en général peu fertile et on n'y recueille que de l'avoine et des pommes de terre. On y élève beaucoup de moutons et de chevaux, mais seulemeut une petite quantité de gros bétail. Les montagnes renferment beaucoup de fer, du marbre, des ardoises, etc. ; il y a aussi de la chaux, de la tourbe et plusieurs sources d'eaux minérales, parmi lesquelles on peut citer celles de Carlsbruun. L'industrie s'exerce dans l'exploitation des mines, des forêts, des forges, des manufactures de draps et de toiles, des fabriques d'objets en bois, des papeteries et des tanneries.

TROP-PLEIN s. m. Quantité de matière introduite en excès dans un réceptacle quelconque : Le trop-plein de votre verre s'est répandu sur ta nappe. Le trop-plein de ce bassin a inondé la rouie, il PI. trop-pleins.

— Fig. Excès, surabondance : Les confidences fuites à des indifférents ne sont que le trop-plein de ta personnalité. (Latena.)

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Je verserai» sur lui îe trop-plein de mon ame.

Lamartine.

U Incommodité produite par la surabondance morale : Il semble qu'une petite médisance soulage, du trop-plein. (Bougeart.) Par la parole, nous satisfaisons un sentiment de tropplein qui nous incommode. (Lordat.)

— Puisard creusé auprès d'une citerne pour en recevoir le trop-plein.

TROPPMANN (Jean-Baptiste), célèbre assassin, ne à Cernay (Haut- Rhin) en 1849, exécuté à Paris le 19 janvier 1870. Le matin du 20 septembre 1869, un cultivateur de la Villette-Paris, traversant le sentier dit le Chemin-Vert, dans la commune de Pantin, aperçut dans un champ de luzerne des traces do sang qui paraissaient se diriger vers un champ labouré. Ayant suivi ces traces, il vit un bout de mouchoir qui sortait de terre, remua le sol, aperçut une tête humaine et courut aussitôt prévenir l'autorité. On opéra des fouilles, et bientôt on découvrit , dans un trou de 3 mètres de longueur sur 0»',40 de profondeur, six cadavres encore chauds, celui d'une femme et ceux de cinq enfants, quatre garçons et une petite fille. Les visages des victimes étaient affreusement défigurés; cependant on ne voyait dans le champ, % dont les sillons avaient été soigneusement refaits sur ce trou, aucune trace de lutte. Dans ce même champ, on trouva un couteau brisé, une pelle et une pioche qui avaient servi au meurtrier. L'émotion que produisit dans le public ce crime inouï fut prodigieuse. On ouvrit aussitôt une enquête pour découvrir k la fois quelles étaient les victimes et 3uel était l'assassin. Bientôt on apprit qu'une aine Kinck, venant de Roubaix avec cinq enfants, était descendue à l'hôtel du Chemin de fer du Nord le 19 au soir, avait demandé son mari, Jean Kinck, qu'elle y croyait descendu, puis s'était éloignéeet n'avait plus reparu. Les employés de l'hôtel, mis en présence des cadavres, les reconnurent, et des témoins appelés de Roubaix mirent horstie doute l'identité des victimes. Ces derniers apprirent a la justice que îe mécanicien Jean Kinck avait quitté au mois d'août précédent Roubaix p«ur se rendre en Alsace, qu'il avait fait venir auprès de lui quelque temps après son fils aîné, Gustave, âgé de seize uns, qu'il était allé ensuite a Paris et qu'il avait alors appelé dans cette ville le reste de sa famille, qui se composait de sa femme sur le point d'accoucher et de cinq enfants, dont le plus âgé avait treize ans et le plus jeune deux ans et demi. Enfin, l'on upprit qu'un voyageur, portant le nom de Jean Kinck, s'était fait inscrire k l'hôtel du Chemin de fer du Nord et qu'il avait disparu le jour où l'on avait découvert les cadavres. Trompée pur les apparences, la justice crut que l'auteur du crime de Pantin était Jean Kinck. Pendant qu'on recherchait inutilement ce dernier, un individu se faisant appeler Fisch était signalé a la gendarmerie du Havre comme tenant des propos sinistres et cherchant à prix d'argent à se procurer des papiers pour passer aux Etats-Unis. Un gendarme, qui l'aborda le 23 septembre, fut frappé de ses réponses embarrassées , d'une blessure qu'il portait à la main, l'arrêta et le conduisit au parquet. Mais pendant le trajet, Fisch s'échappa, s'élança dans un des bassins du port, et ce ne fut pas sans peine qu'un calfat parvint à le retirer de l'eau, k moitié asphyxié. On découvrit sur lui une somme de 210 francs, des titres de créances- et de propriété, des valeurs de commerce au nom de Jean Kinck, deux montres et divers objets qu'on reconnut par la suite appartenir à lu famille Kinck. Après avoir refusé de répondre aux questions qu'on lui fit, le prétendu Fisch déclara qu'il s'appeluit Troppinann.il prétendit que Kinck, ayant gravement à se plaindre des infidélités de sa femme, avait résolu de passer aux Etats-Unis, qu'il avait fait un voyage en Alsace, puis s'était rendu à Paris uvec lui, Troppmann , qu'il avait fait venir son fils aine, Gustave, pour l'emmener en Amérique, puis avait appelé k Paris sa femme et ses enfants et les avait assassinés avec le concours de Gustave. Le meurtre accompli, il avait remis à Troppmann un panier contenant les pièces et valeurs saisies sur ce dernier, puis lui avait donné rendez-vous au Havre, et depuis lors n'avait plus reparu. Dans son récit, Troppmann déclarait qu'il avait été complètement étranger k l'assassinat. En accusant Kinck et son fils.il ne doutait point que la justice ne se lançât dans une voie où il lui serait impossible de trouver la vérité. Muis une découverte qu'on fit le 20 septembre vint montrer la fausseté du récit de Troppmann. Duns de nouvelles fouilles opérées dans le champ où l'on avait trouvé Mm<ï Kinck et ses enfants, on découvrit le cadavre du jeune Gustave Kinck, un couteau enfoncé dans la gorge, et l'examen scientifique du cadavre démontra que Tassassiuat avait eu lieu quelques jours avant celui de sa mère. Troppmann avait donc menti en prétendant que Gustave avait pris part au meurtre de sa mère et qu'il l'avait rencontré le lendemain du meurtre. Cependant l'instruction suivait son cours, et voici ce qu'on apprit.

Troppmann avait reçu une certaine instruction et avait appris le métier de mécanicien. D'un caractère sombre et violent, il était ambitieux, jaloux et songeait in^essam-

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ment à faire nue fortune rapide. Dans ses loisirs, il s'occupait de chimie et cherchait a faire de l'acide prussique. En 1S68, son père ayant vendu des machines à. un industriel de Pantin, Troppmann fut chargé de les installer et se familiarisa avec les lieux où plus tard il devait commettre son crime. Envoyé à Roubaix en 1869, il y connut Jean Kinck qui, de simple ouvrier, était arrivé par son travail et son esprit d'ordre à devenir chef d'un atelier de machines et à faire une jolie fortune. Troppmann fut admis dans la famille Kinck, où régnait l'union la plus parfaite, et, malgré la grande distance des âges, il gagna l'entière confiance de Jean Kinck. Celui-ci désirait agrandir une propriété qu'il

Possédait à Bùhl, en Alsace, et où il avait intention de linir ses jours. Troppmann parut entrer dans ses vues et lui promit que, grâce à des relations que sa famille avait dans ce pays, il lui faciliterait l'acquisition souhaitée. Ce fut alors qu'il forma le plan d'emmener Kinck en Alsace et de lui voler une partie de sa fortune. On l'entendit dire alors que tous les moyens étaient bons, qu'un voyage en Amérique faisait oublier l'origine d'une fortune mal acquise et qu'il ferait une chose qui étonnerait l'univers entier. Le 21 août, il se rendit chez ses parents en Alsace, d'où il écrivit à Kinck que les choses étaient en bonne voie et qu'il se hâtât de venir. Le 24, Kinck partit de Roubaix emportant une petite somme d'argent, mais il y joignit des chèques en blanc payables sur lu caisse commerciale de Roubaix, et arriva à Bollwiller où Troppmann l'attendait. Ils prirent ensemble la direction de Watiwiller, et depuis lors Kinck disparut. Cependant Mwe Kinck recevait une lettre, écrite par Troppmann, dans laquelle son mari lui annonçait qu'il s'était blessé à la main droite, ce qui l'empêchait d'écrire, et lui demandait d'aller toucher un chèque de 5,500 francs qu'il lui envoyait et de lui adresser la somme posterestante à Guebwiller. M*»» Kinck lit ce qu'on lui demandait et envoya l'argent par lettre chargée. Le 31 août, Troppmann se présenta au bureau de posLe et demanda la lettre en se donnant pour Jean Kinck fils. Le receveur refusa de la donner sans une procuration. Deux jours après, Troppmann arriva avec une procuration j mais comme elle n'était ni enregistrée ni légalisée, il essuya un nouveau refus. Comme il insistait, le receveur fît venir une parente de la famille Kinck qui habitait la localité et qui déclara qu'il n'existait pas de Jean Kinck fils.

.Craignant de se compromettre par une nouvelle tentative, Troppmann retourna à Roubaix. 11 donna à Mm° Kinck une prétendue lettre de bon mari, qui lui disait d'envoyer Gustave à Guebwiller avec une procuration en règle pour recevoir les fonds, de toucher un nouveau chèque de 500 francs, puis de venir le rejoindre à Paris, eulin, de l'aire ponctuellement tout ce que Troppmann lui dira de l'aire. Le lendemain, Troppmann partit pour Paris et prit, sous le nom de Jean Kinck, une chambre à l'hôtel du Chemin de fer du Nord. En même temps, le jeune Gustave Kinck se rendait à Guebwiller. Au bout de quelques jours, il reçut la procuration que Troppmann avait envoyée avec la fausse signature de Kinck à Mme Kinck; mais celleci avait oublié de la faire légaliser, de sorte que le receveur refusa encore une fois de payer. Malgré les recommandations expresses qu'il avait reçues de ne revenir qu'avec l'argent, Gustave se décida à se rendre à Paris et envoya à Jean Kinck, hôtel du Chemin de fer du Nord, une dépêche dans laquelle il annonçait son arrivée pour le 17 septembre. Troppmann attend le jeune Gustave à la gare, lui dit que son père a dû s'absenter et lui fait adresser a sa mère une dépêche télégraphique ainsi conçue : «Vous devez venir à Paris, partir de Roubaix dimanche à deux heures, prendre tous les papiers.» Cela fait (il était neuf heures et demie du soir), Troppmann emmena le jeune homme à Pantin, le tua d'un coup de couteau et l'enfouit dans un trou qu'il avait creusé. Profondément déçu dans ses espérances, car il n'avait pas trouvé sur Gustave la somme de 5,500 i'ruucs sur laquelle il comptait, il lui restait à dépouiller Mme Kinck, qui allait arriver munie des papiers de sou mari, deséconomies de ménage et de l'argent pioveuant du second chèque de 500 francs. Le 19 septembre, devançant le train qu'on lui avait dit de prendre, Mme Kinck arrivait à Taris avec ses cinq enfants, se faisait cou- ■luire à l'hôtel du Chemin de fer, apprenait jue Jean Kinck était sorti, et, après avoir Jeposé un paquet, retournait à la gare, où son mari devait venir la chercher. Ce même loir, Troppiuana achetait une pioche et une pelle de forte dimension, se rendait à Pantin, y creusait une fosse, puis se rendait à la

are du Nord, où se trouvait Mme Kinck. Il ui dit que son mari l'attendait dans une maison hors Paris, la fît monter, à onze heures moins dix minutes dans un fiacre, dont il paya le prix d'avance, et se fît conduire jusqu aux Quatre- Chemins. Là, il fit descendre Mme Kinck et ses deux plus jeunes enfants, recommanda aux trois autres de l'attendre dans la voiture, revint au bout de vingt minutes, congédia le cocher et emmena les enfants. Le cocher retourna à Paris sans avoir rien entendu. Troppmann, qui avait tué séparément ses deux groupes de victimes, ne

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revint à l'hôtel du Chemin de fer que le lendemain matin, changea de vêtements, laissant des effets sur lesquels on trouva des taches de sang qu'il avait vainement essayé d'effacer et partit pour le Havre, où ilfut arrêté.

Une expertise constata que les procurations et les chèques signés du nom de Jean Kinck étaient l'œuvre d'un faussaire, et que ce faussaire était Troppmann. Celui-ci n en persista pas moins longtemps à attribuer la perpétration de ses crimes à Kinck père. Enfin, le 13 novembre, voyant que son système de défense n'était pas soutenable et voulant gagner du temps, il déclara qu'il avait attiré Jean Kinck dans un endroit désert près de Wattwiller, qu'il lui avait fait boire du vin dans lequel il avait-mis de l'acide prussique, que celui-ci était tombé foudroyé, qu'il l'avait alors dépouillé et avait recouvert de pierres son cadavre. Il prétendit que s'il avait pu toucher le montant du chèque de 5,500 francs, il serait parti aussitôt pour l'Amérique; mais que, n'ayant point atteint son but, il avait été amené a tuer d'abord Gustave Kinck, puis le reste de la famille, pour que son vol fût productif. Il avait tué Gustave et sa mère en les frappant par derrière avec un long couteau, et étouffé les cris des enfants en leur serrant le cou avec les foulards qu'ils portaient, les avait frappés avec sa pioche et leur avait mutilé le visage pour les rendre méconnaissables. On procéda immédiatement à des recherches dans les environs de 'Wattwiller, et l'on finit enfin par découvrir dans la forêt, sous un tas de pierres, le cadavre de Kinck père dans un état dj complète décomposition. L'analyse chimique de ce qui restait de ses viscères prouva que Troppmann avait dit vrai en prétendant qu'il l'avait empoisonné. Après cette découverte, l'accusé chercha à revenir sur ses aveux, dit qu'il avait eu trois complices et fit, pour gagner du temps, un récit des plus invraisemblables ; mais ce qu'on savait de la vie d'isolement qu'il avait menée a Paris prouvait qu'il avait agi seul, et la façon dont

■ il avait perpétré ses crimes successifs montrait qu il avait pu et dû procéder seul à l'exécution d'un plan silencieusement médité. Traduit devant la cour d'assises de la Seine le 28 décembre, 1839, le monstre, qui avait à peine vingt ans, fut condamné à la peine capitale. Il se pourvut en cassation pour qu'on eût, disait-il, le temps de retrouver ses complices; mais son pourvoi fut rejeté. Le geôlier lui ayant apporté une chemise blanche : >Ohl ohl dit-il, on me donne du linge propre I Dois-je bientôt paraître en public?» Le médecin de la prison l'ayant interrogé sur les maladies qu'il avait eues, il répondit en riant d'un rire nerveux : «Je n'en ai jamais eu de bien graves, mais celle qui me tient en ce moment est, je crois, la plus dangereuse. « Il accueillit avec un air d'indifférence la nouvelle que son pourvoi avait été rejeté, se montra impassible pendant la suprême toilette et fut conduit à l'êchufaud le 19 janvier 1870, de grand matin. On le plaça devant la bascule, qui s'abattit aussitôt. A ce moment la bête féroce qui vivait en cet homme se réveilla, il ne voulait pas mourir. Déployant l'énergie extraordinaire, l'agilité, la souplesse et la force qui l'avaient t'ait si redoutable, il se cambra et dépassa des deux épaules la demi-lune où sa tête aurait dû être enclavée. L'aide le saisit par les cheveux et le repoussa ; l'exécuteur

•le prit parle cou, et parvint à le refouler en arrière; mais, baissant rapidement la tête,

Troppmann lui entailla l'index d'un coup de dent. L'exécuteur parvint enfin à l'ajuster dans la lunette, et le couteau tomba.

TROQUE s. m. (tro-ke — du gr. trochos, toupie. Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, type de la famille des trochoïdes, comprenant un grand nombre d'espèces vivant dans les diverses mers : Les troques fossiles ont apparu dès tes premiers âges du monde. (E. Daudement.) Les troquks sont tous des animaux marins. (H, Hupé.j

— Encycl. Les troques ont une coquille conique, tantôt mince et tranchante, tantôt fort épaisse et nacrée à l'intérieur, à spire le plus souvent surbaissée, à pourtour anguleux et à columelle arquée, plus ou moins saillaute à la base; l'ouverture, est a peu près carrée ; l'opercule, bien que circulaire et plus large, la ferme complètement, parce qu'il est corné et flexible. L'animal a- une forme spirale; les côtés du corps souvent ornés d'appendices digités ou lobés; le pied court et arrondi à ses deux extrémités ; la tête munie de deux tentacules plus ou moins allongés, portant les yeux sur un renflement a la partie externe de leur base. Tous les troques sont des animaux marins; ils vivent à peu de distance des rivages, dans les anfractuosltés des rochers, notamment dans les lieux où il se trouve beaucoup de corallines et de plantes marines. On ne connaît pas bien leur régime alimentaire ; certaines espèces possèdent un appareil masticatoire très-développé, formé de lames et de crochets cornés, qui semblerait indiquer qu'ils vivent» de nourriture animale ; toutefois, on s'accorde assez généralement à les regarder comme herbivores. On trouve dans tous les cas avantage & les introduire dans les aquariums, où ils fout disparaître rapidement la végétation parasite.

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Ceganre renfermede nombreuses espèces, fort recherchées par les amateurs. L'une des plus curieuses est le troque agglutinant, .vulgairement fripière, dont la coquille est toujours chargée de cailloux, polypiers, fragments de coquillages et autres corps sousmarins, dont la nature varie suivant les lieux habités par l'animal. Quelques espèces fossiles paraissent avoir présenté la même particularité. Le troque jujube a une coquille conique, très-aiguô au sommet, d'une couleur assez variable, mais où dominent le brun vineux ou le rouge foncé. Ces deux espèces sont répandues dans nos mers. Le troque dilaté atteint jusqu'à om,l de diamètre ; sa coquille granulée est variée de rose et de blanc; l'animal est verdâtre, avec les tentacules rougeâtres et le pied jaune en dessous; cette belle espèce habite les mers de l'Inde. Les espèces fossiles sont très-nombreuses; elles commencent à se montrer dès les couches les plus anciennes, mais deviennent abondantes surtout dans les terrains tertiaires.

TROQUE s. f. (tro-ke — rad. troc). Comm. Commerce d'échange : Dans les environs de Guérande, les paysans parlent également le français et le bas-breton; l'usage de ces deux langues leur est nécessaire pour la troque ou commerce d'échange qu'ils font avec tes départementsd'audelàde la Vilaine. (A. Hugo.)

— Techn. Action de troquer les aiguilles.

— Ane. coût. Privilège en vertu duquel les agriculteurs de certains pays pouvaient prendre en franchise 2 quintaux de sel.

TROQUÉ, ÉE (tro-ké) part, passé du v.

Troquer. Echangé, donné pour autre chose : Un habit troque pour un autre. Je me souviens d'avoir vu au collège des noyaux d'abricots échangés et troqués comme une espèce de monnaie entre les écoliers, qui s'en servaient pour jouer à différents jeux. (Turgot.) On trompe, on est trompé. Je crois voir des jetons Donnés, reçus, rendus, troqués par des fripons.

Voltaire.

TROQUER v. a. ou tr. (tro-ké. — L'origine de ce mot, qui correspond à l'espagnol-portugais trocar, est controversée. Quelques-uns le font venir de l'allemand trug, tromperie, ancien allemand trugi, dol, fraude, de triugan, tromper. D'autres font venir troquer du grec trochos, course circulaire, de trechein, courir, qui répond probablement à la racine sanscrite tarks ou starhs, que l'on trouve dans Westergaard avec la signification d'aller, se mouvoir. Diez propose de rapporter troquer au grec tropé, tournure, changement, ou plutôt à l'adjectif tropi/cos, d'où le latin tropica, changements, mot employé par Pétrone, d'où ensuite tropicar, tropear, trocar. 11 émet encore une autre conjecture et propose le latin vicis, changement, d'où travicar, traucar, trocar. Langensiepen voit dans troquer une transposition de torquar, qui se rapporte au latin torquere, tordre, et il compare l'allemand verdrehen. Il est fort possible aussi que troquer vienne du celtique : armoricain treki, troquer, changer, c'est-à-dire tourner; kymrique torchi, tordre, trwe, tour, de la même famille que torquere). Echanger, donner pour autre chose : Troquer un meuble contre un cheval.

Le Magnifique avait un cheval d'amble;

Ce fut assez : notre amant proposa

De le troquer...

La Fontaine.

— Fig. Sacrifier pour : Cromwell fut au moment de troquer son avenir contre un titre et l'ordre de la Jarretière. (Chateaub.) Je ne

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troquerais pas mes espérances pour la meilleure seigneurie d'Europe. (L. Viardot.)

— Absol. Faire un échange : /* troquerai, si j'y trouve mon avantage. (F. Bastiat.)

— Loc. fam. Troquer son cheval borgne contre un aveugle, Echanger quelque chose de mauvais contre une chose pire.

Se troquer v. pr. Etre troqué : Il n'y a rien contre quoi l'honneur et la vertu puissent SE troquer avantageusement. (Boiste.)

— Etre échangé l'un pour l'autre : Quand les deux produits et les deux services se troquent, on peut dire qu'ils se valent. (F. Bastiat.)

— Syn. Troquer, changer, échanger, etc.

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