‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 413 sur 1042 · CATALANS · texte numérisé non relu

CATALANS

VIENNE

MONTFBRRAT.

Al. de Males-

Ebles, vicomte

Cercamons.

Savairic de

Pons de Cap-

Bern, -Arn. de

Giraud le Roux

Ray. de Mire-

Ray. Gau-

Raoul de Cas-

Alphonse II

Ogiers.

de Venta -

Marchebruse.

Mauléon.

deuil.

Montcuq.

Pierre Vidal.

vaux. *

celm.

sin.

d'Aragon.

G. Raynols.

pina.

dour.

Pierre de Va-

R. de Pons.

P. de Verne-

Deudesde Pra-

Raymond le

Guill. de Ba-

Ermengaud.

Bertrand d'A-

Guill. de Ser-

Folquet de Ro-

Rainbaud de

G uillaurae ,

leira.

R. de Barbe-

gue.

des.

Preux.

laun.

G. de Béziers.

lamanon.

gadan.

mans.

Vaqueiras.

comte de Poi-

JeoffroyRndel

zieux.

Guill. de SaiDt-

Le comte de

Aym. de Pe-

Guir. Riquier.

Folquet de

Raimbaud d'O-

Hugo de Mata-

Ctesse de Die.

Sordello.

tiers.

Arn. Daniel.

Th. de Na-

Didier.

Rodez.

ghilem.

Guil. deCubes-

Lunel.

range.

plana.

Guill. Magret.

Lanza.

Bertrand de

Elias de Bar-

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Robert Saint-

Hugues Bru -

G. Anelier.

tang.

Alb. de Siste-

Raymond.

Arn. Guillau-

Bon if. Calvo.

Born.

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Dauphin.

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AzemasleNoir

Ber. de Palasol

ron.

Vidal de Be-

me.

Perceval Do-

Guill. de San

Sail de Scola.

Bertrand de La

Giraud de Ca-

Guill. Figuiè-

Ponce de Or-

Blaeatz.

salu.

ria.

Gregori.

R. Jordan.

Tour.

brières.

res.

tafa.

Gui de Cavail-

Pierre II.

Bart. Zorzi.

Gaucelm Fay-

Gir. de Calan-

Robert, évêque

Bertrand.

Izarn.

R. Bis tors.

lon.

Guill. de Tu-

Lan franc Ci-

dit.

son.

deClermont.

Perdigon.

Arn. Plagues.

Promit.

Folquet.

dela.

gala.

Albert Marquis Elias Caireis.

Arn. de Mar-

Peirols de Ro-

Sicart de Mar-

Raimbaud de

Arnaud le Ca-

La dame Guil-

veil.

chefort. .

vejols.

Vaqueiras.

talan.

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Bern. de Ven-

Àym. de Bel-

P. deMaensac.

Durand.

Guill. de Cer-

Lambertino.

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P. Pelissier.

Boniface.

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Jac. Grillo.

Gui d'Ussel.

Aym. de Bel-

Pierre Roger,

Granet.

Guill. de Mur.

P. de La Cara-

Elias d'Ussel.

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de Clermont

Ricard de No-

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Hugues de St-

Bertr. de Ra-

Bertrand d'Au-

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Pierre III.

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Gaspard Puy-

El. Fonsalada.

Pierre Cardi-

Raymond Fe-

Ponce Barba.

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Gaub. Amiels.

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Mola.

Giraud de Bor-

G. de La Tour-

La dame Cas-

Geoffroy de

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Blanche.

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Luc.

Giraud de Sa-

Garins le Brun

Anselme de

lignac-

Gausse ran.

Mostier.

Hugues de La

Le moine de

Bertr. de Pe-

Bachelerie.

Montaudon.

zars.

Bertr. de St-

Le vicomte de

Arnaud de Cou-

Félix.

Turenne.

tignac.

Matthieu de

Raymond de

Quercy.

La Tour.

Paulet.

G. de Bargeraon.

Rostang.

Hug. de Loubières.

Pierre de St- Rémy.

Bertr. de Marseille.

Guilhem.

Le moine de

Montmajour

La poésie des troubadours se meut dans un cercle d'idées assez restreint; ils ne connaissent guère que la chanson amoureuse, cansâ ou cansone, sous toutes ses formes, la satire ou sirvente, l'ode ou hymne guerrier. Malgré la mollesse générale de ces poètes, plus efféminés que virils, plus subtils qu'éloquents, ce dernier genre est traité par eux avec un certain mérite ; l'élan des croisades, dont ils furent témoins et qui les entraîna, leur communiqua une certaine vigueur.

Parmi les chansons d'amour, nous n'aurions que l'embarras du choix, car le nombre en est grand, dans les poésies des Provençaux. Nous donnerons la préférence à cette courte pensée d'Arnaud de Marveil, amant discret de la comtesse de Béziers; la simplicité de la forme, l'élévation des idées font remarquer entre toutes cette petite pièce : ■ J'aime et ma raison s'oppose a mon penchant; sans doute, il me sied mal de porter mon ambition si haut. Il faut laisser aux rois l'honneur de soupirer pour Elle. Mais quoil l'amour n'égale-t-il pas les conditions? Dès qu'on aime on est digue d'être aimé. Toute distinction disparaît auprès de Dieu, qui ne juge que les cœurs. O parfaite image de la divinité I imitez votre modèle. Après tout, mon cœur vaut bien celui d'un duc ou d'un roi, et c'est se rendre égal aux souverains que d'avoir des vues qui leur feraient honneur- » Le même Arnaud de Marveil a laissé échapper, dans une autre de ses pièces, ce trait profond : tSije perdais celle que j'aime, Dieu lui-même n'aurait pas de quoi me consoler 1 ■ Rarement la poésie est aussi passionnée, aussi pure, aussi grave chez les troubadours. Ou bien ils idéalisent, ils divinisent à un tel point l'objet de leur attachement, qu'il est impossible de voir dans leurs vers autre chose qu'un badinage ou qu'une insupportable flatterie, ou bien ils se livrent immodérément à la satire, à la raillerie, comme dans cette chanson de Thibault, comte d'Orange, qui cependant se termine par un retour mélancolique du poète sur lui-même. • J'enseignerai aux galants la vraie manière d'aimer. S'ils suivent mes leçons, ils feront rapidement de nombreuses conquêtes. Voulez-vous avoir des femmes qui vous mettent en renom ; au premier mot désobligeant qu'elles répondront, prenez le ton menaçant. Répliquent-elles; ripostez par un coup de poing au nez. Fontelles les méchantes; soyez plus méchant qu'elles, et vous en ferez ce qu'il vous plaira. Médire et mal chanter vous procurent des (tonnes fortunes, même des meilleures, pourvu

que vous y joigniez beaucoup de présomption et de suffisance. Faites l'amour aux plus laides, montrez de l'indifférence aux belles, c'est le moyen de réussir. Mais, hélas ! je n'en use pas de la sorte. Simple, doux, humble, tendre et fidèle, j'aime les femmes comme si elles étaient toutes mes sœurs. Ah 1 gardez-vous de suivre mon exemple, et retenez bien mes préceptes, si vous craignez les tourments de l'amour. » Une des formes de la chanson amoureuse des troubadours est le lenson, sorte de plaidoyer où ils examinaient curieusement les cas de conscience en matière galante. Au mot tenson, nous en avons cité un tout entier, qui nous a paru curieux pour le fond et pour la forme.

La plupart des tensons offrent par euxmêmes peu d'intérêt; mais, liés aux aventures et aux traits de mœurs qui les ont fait naître, ils donnent des renseignements curieux et font pénétrer dans le libertinage, tout au moins d'imagination, de cette école, de poëtes.

Les troubadours ont surtout brillé par 1:-. recherche des formeS,des rhythmes, des difficultés de rime et de versification. En même temps qu'ils introduisaient dans la poésie les subtilités de la scolastique, la tournure [de leur esprit les portait à varier les mètres, à trouver des systèmes de prosodie bizarres et . ardus. Aussi leur doit-on peu de grandes œuvres et infiniment de petites. Tandis qu'au nord de la Loire la large veine des trouvères s'épanchait en immenses compositions épiques ou allégoriques, en romans chevaleresques, à peine compte-t-on, chez les troubadours, quelques conceptions de longue haleine. Un joli poème de mœurs, la Dame de Bourbon, mal analysé par Raynouard sous le nom de Flamenca, et dû probablement au Gascon Mascabrusou Marchebruse ; quelques épopées : Gérard de Roussillon, le Roman de Gaufre, la Chronique des Albigeois, Fier-à- Bras, Blandin de Cornouailles, sont les seules qu'on puisse citer. En revanche, on ferait des recueils copieux de coblas (couplets), de sixtines, de descorts, jeux d'esprit où les difficultés inouïes de la rime et l'entre-croisement de vers de plusieurs langues tiennent lieu de tout autre mérite, de complaintes, de congés, d'énigmes, de justifications, et de bien d'autres sortes de petites pièces dans lesquelles ils ont exercé leur finesse de poètes méridionaux ; la ballade, le lai, le virelai, le triolet, le rondeau, qui sont restés des formes poétiques jusqu'au xvno siècle, sont de l'in-

vention des troubadours, et c'est à eux que les trouvères les ont empruntés. Leur plus belle œuvre, c'est d'avoir inspiré Dante, sinon le Dante de la Divine comédie, du moins celui des Sonnets et de la Vie nouvelle; ils peuvent encore, à juste titre, réclamer comme un de leurs descendants Pétrarque, et, quant à Boccace, il procède d'eux doublement : comme poëte allégorique, d'une fadeur et d'une monotonie rares, il descend en droite ligne des cours d'amour ; comme inimitable conteur du trop galant Décaméron, il s'inspire des fabliaux des troubadours, et quelquefois se borne à leur donner la tournure originale de son esprit. A ces noms, ajoutons ceux de Malespine, de Georgi, de Calvo, de Cigala, de Doria, de Sordel.

En Allemagne, nos poètes eurent aussi des imitateurs; on en compte jusqu'à cent quarante depuis la fin du xne siècle jusque vers l'an 1330, et parmi eux l'empereur Henri VI, Conradin, fils de Frédéric II, un roi de Bohême, des princes, des électeurs, des ducs, des margraves, L'Angleterre elle-même avoue combien a été grande et heureuse l'influence de la langue provençale sur sa langue. Dryden dit que le provençal était de toutes les langues la plus polie et que Chaucer en profita pour orner et enrichir l'anglais.

Comment se fait-il qu'après avoir eu une si étonnante fortune, après avoir brillé d'un si vif éclat, la langue des troubadours ait été tout à coup dédaignée, oubliée? Les causes de cette décadence sont multiples. La plus vraie, la plus profonde, est dans l'absence de quelques-uns de ces chefs-d'œuvre qui, comme la Divine comédie, fixent une langue. Une autre cause rendit cette décadence plus rapide; c'est l'affreuse guerre des Albigeois, cette tempête terrible déchaînée par un pape, et qui fit une terre désolée des riantes provinces du Midi. Chose digne de remarque, Foulques de Marseille, celui auquel on attribue les mots cyniques : • Tuez, tuez, Dieu reconnaîtra les siens 1 » était un ancien troubadour. Il avait cultivé avec succès la poésie avant d'entrer dans l'ordre de Citeaux, et fait comme les autres des vers d'amour avant de lancer, comme évêque, ses horribles excommunications.

«Les temps étaient changés, dit M. Emeric David. La guerre contre les Albigeois, les croisades, la guerre de Naples, les Vêpres sicilienues avaient produit un effet auquel on était loin de s'attendre. La plupart des grandes maisons s'étaient appauvries; plusieurs d'entre elles avaient péri totalement, les for-

tunes avaient passé en d'autres mains; le besoin s'étant fait sentir où régnaient auparavant l'aisance et la joie, les cours d'amour étaient devenues muettes. Les portes des châteaux se fermèrent, et les troubadours, les voyant closes, ne voyagèrent plus. Ils accusèrent alors les seigneurs d'avarice; ceuxci n'étaient que ruinés. L'économie, devenue nécessaire, avait remplacé les folles dépen ses. Chacun songeait à soi et au moyen de réparer ses pertes. Les mœurs changèrent; l'hypocrisie régna où l'effronterie marchait à découvert. Lu dévotion apparente s'accrut, les confréries de la Vierge se propagèrent. On chanta au lutrin au lieu de chanter dans les cours et aux banquets des seigneurs. Les troubadours voyageurs, qui sont les troubadours véritables, disparurent. Désormnis sédentaires, ceux qui restaient prirent tous les défauts qu'ils devaient contracter en cessant de voir le monde. Ils se firent un jeu de la rime et multiplièrent les difficultés, croyant augmenter par là leur mérite. Us devinrent satiriques, médisants; heureux quand l'amitié les dédommagea des applaudissements qu'ils recevaient dans les temps anciens des grandes assemblées! Ce fut alors qu'on sentit plus que jamais le besoin de contes, de nouvelles et de romans. L'ennui les avait fait naître, l'ennui les multiplia; le mélange des langues en facilita la lecture et les fit transporter d'un pays à l'autre. Alphonse X, roi de Castille, mort en 1284, fut un des derniers protecteurs des troubadours ; Pierre III, roi d'Aragon, soutint encore l'ancieune poésie, qu'il cultivait lui-même. Henri II, comte de Rodez , n'imita pas l'indifférence qu'elle éprouvait de la plupart des seigneurs. Frédéric, troisième fils de Pierre III, accorda quelque protection au talent poétique ; le comte d'Empurias suivit cet exemple; mais les encouragements furent rares ei l'oubli à peu près général, i

A consulter : Jean de Nostredame, Vies des plus célèbres et anciens poètes provençaux gui ont fioury du temps des comtes de Provence (Lyon, 1575, in-8°); Lacurne de Sainte- Palaye, Histoire littéraire des ti-otibadours, contenant leurs vies, les extraits de leurs pièces et plusieurs particularités sur les viceurs, les usages et l'histoire du xiib et du xme siècle (publiée par François-Xavier Millot, Paris, 1774, 3 vol. in-8°); Raynouard, Des troubadours et des cours d'amour (Paris, laie, in-S°) ; les Poètes français depuis le xiio siècle jusqu'à Malherbe (Paris, 1824-1826, 6 vol. in-&o); Fr. Diez, Lebeu und Werke dcr Truu-

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badours (Zvrickau, 1829, in-S0; traduit en français sous ce titre : la Poésie des troubadours, par Ferdinand de Roisin, 1845,iri-8°); C. Galvani, Osservazioni sulla poesia di trovatori (Modène, 1829, in-8°); G. Cavedoni, fiicerche storiche iatorno ai trovatori provenxiali aceolti ed onorati nella corte dei marchesi d'Esté nel secoloum (Modène, 1844, in-8°) ; P.-J. Delécluze, Dante Alighieri et la poésie amoureuse (1857, 2 vol. in-18); Histoire littéraire de la France, tome XX, article de M. Emeric David ; E. Baret, les Troubadours (1867, in-18); Fnuriel, Epopée chevaleresque au moyeu âge; Villemain , Littérature au moyen âge (tome 1, p. 194), etc.

Troubadour* (BISTOIRB LITTERAIRE DES), par Lacurne de Sainte-Palaye; un des ouvrages les meilleurs et les plus ingénieux qui aient été écrits sur la littérature méridionale (1774, 3 vol. in-8»). L'auteur, illustré par d'autres écrits recornmandables, peut être considéré comme un des initiateurs du mouvement qui a porté beaucoup de trèsbons esprits vers l'étude des littératures comparées. Quelques-uns des points de vue de Sainte-Palaye et certaines de ses opinions historiques et littéraires ont été décidément rejetés par les progrès de la science ; cette insuffisance scientifique des travaux estimés anciennement est aujourd'hui reconnue. Mais, si l'idée principale qui dirigeait les savants s'est trouvée fausse, les découvertes qu'ils ont faites n'en demeurent pas moins acquises désormais. Car on remarquera que c'est dans leur partie conjecturale, dans leurs hypothèses trop promptes, que les ouvrages les plus sérieux ont été justement critiqués. L'absence d'une bonne méthode, qui eût singulièrement consolidé leurs travaux , n'a pus détruit cependant et comme inutilisé la science de ces générations d'historiens qui se sont succédé en France depuis le siècle dernier. Si l'arrangement de leurs matériaux ne peut être conservé par la science moderne, ces matériaux eux-mêmes entreront à coup sûr dans la construction prochaine de l'histoire définitive. Sainte-Palaye, ainsi que ses successeurs, llaynouard et Fauriel, ne sauraient être reniés et méprisés par les savants, qui se seront précisément formés par l'étude et la critique de leurs œuvres. Ils ont philosophiquement et profondément éclairci les premiers siècles de la littérature française; car il faut bien reconnaître les rapports qu'ils ont définitivement établis entre la langue d'oc et la langue d'oïl, sans accepter cependant leur système qui tendrait k exagérer l'influence exercée par les troubadours et la langue provençale sur les trouvères et la langue romane. Il n'est pas vrai que le mouvement épique du xne siècle, par exemple, ait été provoqué par le génie provençal. Toutes les traditions qui ont alimenté ce mouvement prodigieux de la poésie sont profondément et originellement françaises-, on appliquait cette épithète principalement aux populations du nord de la France , ce qui ne va point jusqu'à nier la part qu'y ont prise postérieurement les Provençaux. La thèse soutenue de l'originalité et de la prédominance provençale n est plus admissible. De même, ils se sont fait une idée trop avantageuse de la civilisation hâtive de la Provence. Cette société , qu'ils admirent trop , portait en elle les germes d'une corruption précoce, qui l'eut bientôt dissoute et anéantie; ce qui ne veut point dire qu'il faille louer, comme une intervention providentielle pour une tin désirable, la sauvage irruption des aventuriers du Nord, qui ont noyé dans le sang et étouffé sous les ruines cette fleur prin tanière de la civilisation occidentale. Désormais l'histoire singulière et pittoresque de cette civilisation devra être étudiée sans tous ces partis pris de l'enthousiasme ou du dénigrement. L'ouvrage de Lacurne de Sainte-Palaye contient les biographies de 142 troubadours; il est plein de recherches curieuses.

Troubudoura (théâtre des), fondé en 1799 par un comédien distingué, Léger, qui était en même temps un auteur dramatique spirituel. Léger était sorti du Vaudeville, à la suite d'une brouille avec Piis, son directeur, et l'idée lui vint de créer une concurrence à ce théâtre. A cet effet, il s'installa dans la salle Molière, au Marais, et fit, le 15 floréal an VII (5 mai 1799), l'ouverture du théâtre des Troubadours, où l'on ne devait jouer absolument que le vaudeville. La troupe avait été composée avec une véritable habileté; quelques auteurs en renom, Armand Gouffe, Cliazet, Georges Du val, Dieulafoy, Patrat, Servières, Creuzé de Lesser, Etienne, Francis, Moras, apportèrent des pièces, et le succès fut trèsgrand dès les premiers jours.

Après un séjour de quatre mois environ ù la salle Molière, les Troubadours émigrètent et vinrent prendre possession de la salle Louvois, où la faveur du public les suivit. Ils jouèrent uti certain nombre de pièces qui obtinrent un très-grand sui:cès : la Clef forée, les Comédiens au Cuire, Y Emprunt forcé, le liëmouleur et la Meunière, liancune. Arlequin odalisque, l'Ascension de l'Olympe , la Leçon conjugale, Christophe Morin, Monsieur de iiièvre ou l'abus de l'esprit, etc. Tiercelin et Bosquier-Gavaudan soutenaient surtout ces ouvrages avec leur verve habituelle.

Cependant, Léger s'étant retiré, plusieurs

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artifetes, et des meilleurs, le suivirent dnns sa retraite. A partir de ce jour, la vogue disparut. Réduite aux abois, la seconde direction eut recours aux cabrioles prodigieuses d'un danseur de corde célèbre en ce temps-là, Forioso ; mais ce n'était que reculer pour mieux sauter, le théâtre dépérissait, et, le 1er ventôse an IX, il était obligé de fermer ses portes. Les Troubadours avaient vécu.

TROUBEZKOI, nom d'une des plus anciennes familles princières de la Russie. Elle tire son origine d» grand-duc de Lithuanie, 01gerd, fils de Gedymin le Grand, et père de Jagellon, qui régna sur la Pologne. Le berceau de cette famille était la ville deTroubtchevsk, dans le gouvernement de Tchernigof. — Le prince Dimitri Troubezkoi fut, au commencement du xviie siècle, l'un des plus intrépides parmi les défenseurs de la liberté nationale contre les Polonais, qui voulaient introduire en Russie leur domination et la religion catholique. Lorsque Minin et Pbjarski eurent forcé les envahisseurs k quitter la-Russie, Troubezkoi allait être élu czar par le grand conseil de l'empire, qui se composait de la chambre des boyards et des députés des villes, et qui était d'accord pour cette élection avec l'armée des Cosaques et la majeure partie des autres troupes russes; mais il refusa cette dignité, et, les princes Motislavski et Pojarski n'ayant pns voulu l'accepter a leur tour, on élut (21 février 1613) Michel Romanof, qui trouva en Dimitri un conseiller éclairé et un intrépide auxiliaire dans les combats. — Un de ses parents, Alexis Nikititch Troubezkoi, est surtout connu dans l'histoire de Russie par le traité qu'il conclut le 29 octobre 1659 k Perejaslaf avec l'hetman de Cosaques Jurij (Georges) Chmielnitzki, et qui mit fin k la guerre civile dans l'Ukraine. — Plus tard, nous trouvons dans la même famille le prince Ivan Jurievitch Troubezkoi, qui, fait prisonnier par les Suédois en 1700, à la bataille de Narva, ne recouvra sa liberté qu'en 1717, et qui, k sa mort (1750), était le plus ancien felû-maréchal de l'armée russe. — Son frère, le prince Nikita Jurievitch Troobbzkoi, fut sous* la czarine Anne commissaire général de l'armée et devint aussi plus tard feldraaréchal ; mais il s'e fit surtout connaître comme le Mécène des jeunes littérateurs russes. —Le prince Basile Sergeievitch Troubezkoi, né en 1773, mort en 1841, fit avec distinction les campagnes contre les Turcs et contre la France, devint aide de cainp général de l'empereur Alexandre et fut promu lieutenant général après la bataille de Leipzig. Elevé en 1826 au grade de général de cavalerie, il reçut, quatre ans plus tard, une mission en Angleterre et devint, k Son retour, membre du conseil de l'Empire.

— Le prince Serge Troubezkoi fut l'un des chefs de la conspiration de 1825 et devait, après la réussite du complot, être proclamé czar. Condamné k mort par la haute cour de justice, il vit sa peine commuée par Nicolas en celle d'uu exil perpétuel en Sibérie, où il demeura jusqu'à l'avènement d'Alexandre II. Gracié à cette époque parle nouveau caar, il est mort à Moscou en 1861. — Le prince Pierre Troubezkoi se distingua k la bataille de Kulewtcha, ainsi que pendant la guerre de Pologne en 1831, devint ensuite gouverneur militaire de Smolensk et d'Orel et fut promu lieutenant général en 1844. Il est aujourd'hui membre du sénat dirigeant à Saint-Pétersbourg.

TROUBLANT, ANTE adj. (trou-blan, an-te

— rad. troubler). Qui trouble, qui cause du trouble : Pensée troublante.

— Astron. Astre troublant, Astre qui produit une perturbation dans la marche d'un autre astre.

TROUBLE adj. (trou-ble — d'un type latin turbulus, en désordre, agité, qui appartient a. la même famille que turbare, troubler, agiter, turbo, tourbillon, turba, foule, multitude, proprement foule agitée. Comparez le grec turbé, tumulte, turba, bruyamment, twbazo, troubler, turbasia, danse tumultueuse). Brouillé, peu limpide, peu clair, peu transparent : De l'eau trouble, Du vin trouble. Un verre trouble. Une lunette trouble. Un air trouble.

— Temps trouble, Temps caractérisé par un ciel trouble, couvert de brouillard.

— Œil trouble, Œil terne, qui manque d'éclat : A ses yeux troubles, on voit qu'il est malade.

— Vue trouble, Regard trouble,' Vue, regard offusqués par l'apparence d'un brouillard interposé : Il a ta vuk trouble depuis sa dernière maladie. Il Fig. Vision intellectuelle ou conception peu nette, peu distincte .

Dieu disparut lui-même à leurs troubles regarda.

Boileau.

— Loc. fam. Pécher en eau trouble, Chercher son profit dans les malheurs d' autrui.

— Pro v. La rivière ne grossit qu'il n'y entre de l'eau trouble, On ne peut s'enrichir beaucoup sans quelques profits illégitimes.

— Adverbial. D'une manière confuse, indistincte : Vûi'r. TROUBLK.

TROUBLE s. m. (trou-ble — de trouble adj.). Agitation tumultueuse : Le trouble causé par la tempête n'atteint jamais en mer 10 mètres de profoudeur. Il se fit alors un

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grand trouble dans l'assemblée. Il essaya en vain de parler au milieu du trouble.

. — Désordre politique : Les troubles, en France, ont toujours affermi le pouvoir. (Montesq.) On rend ceux qui gouvernent responsables des troublks, qnelle qu'en soit la cause ou le prétexte. (Volt.) C'est presque toujours après de longs troubles civils que la tyrannie s'établit. (Mme d- Staël.)

— Mésintelligence, désunion s

Vous apportez le trouble au sein de ma famille.

Etienne.

— r Alarme, rumeur de gens effrayés :

Que pouvait la valeur dans ce trouble funeste?

Racine.

• — Emotion inquiète ; Les violents chagrins portent le trouble jusque dans la conscience. (Mme de Staël.) Jiien n'est plus propre que l'étude à dissiper les troubles du cœur. (Cliateaub.)

— Agitation physique produite par une émotion intérieure : Le trouble des sens. Le trouble de la voix.

Que Phèdre explique enfin le trouble où je la vois.

Racine.

— Jurispr. Action d'inquiéter un possesseur dans la jouissance d'une propriété : Les contrats de vente se font ordinairement à condition de garantir de tout trouble et éviction. (Acad.) n Trouble de droit, Action légale pour empêcher la prescription, sans faire cesser la possession. Il Trouble de fait, Action qui trouble la possession en l'interrompant ou en lui causant un dommage.

— Astron. Déviation d'un astre hors de la route qu'il suivait.

— Navig. fluv. Matières terreuses qui altèrent la pureté des eaux courantes.

TROUBLE s. f. (trou-ble). Pêche. Syn. de

TRUBLE

TROUBLÉ, ÉE (trou-blé) part, passé du v. Troubler. Devenu trouble, qui a perdu sa transparence : De l'eau troublée. Du vin

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