V. TEMPORAL
— Trou de Monro. Les pédoncules de la glande pinéale, en se réfléchissant de bas en haut pour s'unir à la voûte, décrivent une courbure dont la concavité regarde en haut et en avant ; de la réunion de ces deux courbures opposées résulte un orifice ovalaire destiné à établir une communication entre le troisième ventricule et les ventricules latéraux ; orifice déjà connu de Galien , mentionné aussi par Vésale, mais que Monro décrivit dans tous ses détails et avec la plus grande exactitude; de là le nom de trou de Monro sous lequel il est désigné depuis cette époque. Ce trou donne passage au cordon qui réunit les plexus choroïdes du ventricule moyen, aux plexus choroïdes des ventricules latéraux , à l'origine des veines de Galien.
— Trou auditif interne. V. oreille.
— Trou borgne de Vicq-d'Azyr. On appelle ainsi un trou situé en haut et sur la ligne médiane de la face antérieure du bulbe rachidien. V. bulbe et isthme de l'encéphale.
— Trou borgne du frontal. On appelle ainsi un trou situé au bas de la ligne médiane de la face postérieure du frontal, qui
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loge une expansion de la dure-mère et une petite veine qui va se jeter daus le sinus longitudinal supérieur. V. frontal.
— Trou borgne de la langue. V. langue.
— Trou condylien. On appelle ainsi un petit conduit situé à la face supérieure de l'occipital, où passent- le nerf grand hypoglosse et une petite branche artérielle. V. occipital.
— Trou vertébral. Ce trou sépare le corps des vertèbres de l'apophyse épineuse. Il forme avec le trou des autres vertèDres le canal rachidien. V. ce mot.
— Théâtre. Le trou du souffleur est une ouverture carrée, pratiquée au milieu de l'avant-scène du théâtre, devant le pupitre du chef d'orchestre, et recouverte par un grand capuchon en bois. Le souffleur entre dans ce trou par les dessous de la scène ; il y a juste la place d'une personne. Le souffleur s'y assied, et son siège est disposé de telle façon que sa tête seule, cachée d'ailleurs aux spectateurs par le capuchon de bois, passe audessus du plancher de la scène. Il a devant lui un petit pupitre sur lequel est placé le manuscrit de la pièce que l'on joue et qui lui sert a souffler les artistes. Dans les théâtres lyriques, le trou du souffleur doit être aménagé de façon à recevoir deux personnes, parce que ces théâtres ont besoin de deux souffleurs, l'un pour les paroles, l'autre pour la musique. Enfin, dans les théâtres où l'on danse, le capuchon qui recouvre le trou du souffleur est mobile et articulé, de façon à pouvoir, en s'abattant, boucher le trou en offrant une surface plane. Le trou est ainsi bouché pour deux raisons : d'abord, pour que la vue des jambes des danseuses ne soit pas obstruée par la présence du capuchon ; ensuite, pour éviter les accidents qui pourraient résulter d'une chute faite par un danseur ou une danseuse dans ce trou dangereux.
TROUBADOUR s. m. (trou-ba-dour — provençal trobadour, mot qui signifie proprement le trouveur; du verbe trobar, qui correspond au français trouver, et qui signifiait quelquefois, comme ce dernier, faire de la poésie). Littér. Poète provençal du moyen âge.
— Fam. Poète ou chanteur de romances :
...Eh bien! mon cher, j ai peur d'avoir l'air bête; Un mari troubadour h cet air est enclin.
Mm«E. DE GlRARDIN.
— Pop. Troupier. |] Par apocope, on dit souvent trouba.de.
— Adjectiv. Se dit d'un genre sentimental, plein de recherche et d'afféterie, qui était à la mode, dans les arts, sous le premier Empire: Au chevet du lit, enuncadre de bois noir, pendait une de ces gravures troubadour, style Empire, dont notre rue Saint-Jacques a inondé toute l'Europe il y a quarante ans. (V.Hugo.)
— Encycl. Littér. Les troubadours sont les trouvères du Midi, de même que les trouvères sont les troubadours du Nord; ceux-là parlent la langue d'oc, ceux-ci la langue d'oïl, différence bien peu radicale I Cependant, quoique cette division des langues romanes delà France soit reconnue aujourd'hui comme assez arbitraire et parfois mal fondée, il existe entre les idiomes du Nord et ceux du du Midi, entre les mœurs des poètes qui les ont mis en œuvre, et jusqu'entre les genres mêmes de leurs compositions, une ligne de démarcation si tranchée, on pourrait dire une antipathie si profonde, qu'il n'y aurait aucune utilité à comprendre sous un seul et même article, comme la logique semble y inviter, les troubadours et les trouvères. La force des choses contraindrait sans cesse à les envisager séparément.
Lesquels, des troubadours ou des trouvères, doivent être regardés comme les plus anciens? Cette question est difficile et dépend du degré de perfection qu'aurait atteint d'abord soit la langue d'oc, soit la langue d'oil. Les témoignages contemporains ne sont qu'approximatifs ; ainsi, d un côté, Guillaume le Conquérant transporte en Angleterre, au xie siècle, la langue romane du Nord, ce qui atteste qu'elle était déjà fixée et elle n'avait pu l'être que par les trouvères ; d'un autre, Constance de Provence, venant épouser Robert, fils de Hugues Capot, en l'an 1000, amène avec elle toute une cour de poètes provençaux , c'est-à-dire des troubadours. Ainsi, le xi« siècle marque l'avènement de l'une et de l'autre poésie; mais on les trouve toutes deux, dès cette époque, à un point de culture assez avancé pour être convaincu que les premiers essais dataient de plus haut encore. Pour ce qui regarde les troubadours, nul doute qu'ils ne soient le3 héritiers naiurel3 des poètes de la décadence latine. « En considérant, dit M. Eugène Baret, que la poésie des troubadours natc et so développe exclusivement dans les contrées qui formaient les sept provinces méridionales de la Gaule romaine, comment se refuser à croire que la cause première, la raison la plus générale de cette renaissance poétique , réside dan3 les germes encore vivaces de la civilisation et de la culture antiques dont brillèrent si longtemps ces belles contrées?... Quel que fût, en effet, l'heureux naturel des races parmi lesquelles a fleuri la poésie dite provençale, il est impossible d'expliquer uniquement par un in* stinct heureux les raffinements littéraires
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auxquels nous faisons allusion. De tels raffinements ne s'improvisent pas; ils supposent de longs tâtonnements, ils sont l'œuvre du calcul et de la réflexion industrieuse. Nous voyons plutôt dans ces formes savantes un héritage ancien que reçurent les troubadours de la décadence romaine et les derniers efforts où s'épuisa la langue latine. »
Le caractère distinctif de la poésie des troubadours, c'est la mollesse, la grâce, la flatterie ; elle reflète admirablement leur vie errante, partagée entre le souci de la gloire, l'amour des femmes et le besoin'de pourvoir aux nécessités de la vie. Tandis que les trouvères, d'un génie plus mâle, maniant une langue plus rude, s'exercent à des compositions épiques, élèvent la poésie à la hauteur de leur caractère et tiennent pour la plupart d'une main la plume, de l'autre l'épée; les troubadours, amollis par une vie plus facile, un climat plus énervant, se contentent le plus souvent de composer des chansons, remarquables, il est vrai, quelquefois parleur esprit, leur naïveté, mais presque toutes entachées de mauvais goût, de longueurs, de diffuses subtilités. ■ La profession de troubadour, dit à cet égara un des critiques les plus compétents, E.-J. Delécluze, était ordinairement suivie bien plutôt pour parvenir à la fortune, aux honneurs, ou même au bienêtre de la vie, que comme une occasion d'illustrer son nom et d'acquérir de la gloire. Aussi règne-t-il dans la poésie des troubadours un ton d'insouciance et de légèreté qui jure absolument avec les formules monotones do constance, de fidélité et de tendresse factice dont ils enflent leurs chansons d'amour. Dans ces poésies on trouve sans doute des pensées fines, des tours délicats et spirituels ; elles renferment des détails curieux pour l'histoire, et surtout des satires pleines de verve; mais bien rarement on y rencontre l'expression d'une passion véritable et profonde, d'un sentiment sincère, et jamais un vers qui aille droit au coeur ou qui nourrisse profondément la pensée. »
Néanmoins, la vie intime de tout le midi de la France respire dans les chansons lyriques ou satiriques des troubadours. La guerre, la religion et les femmes sont leurs trois grandes sources d'inspiration. Ils vont dans les châteaux et les cours d'amour charmer leurs hôtes ou disputer les prix de poésie ; les plus fameux sont considérés comme des dispensateurs de gloire et de renommée, parce qu'ils chantent les hauts faits des barons ; à ce titre, ils sont royalement accueillis, magnifiquement récompensés.
Au xi« et au xiia siècle, la langue et la littérature du midi de la France sont exactement les mêmes que celles du nord de l'Espagne ; non-seulement il y a une fusion complète de langage, mais lès délimitations de pays n'existent pas; les comtes de Barcelone, grands protecteurs des lettres et des arts, régnent à Toulouse et à Montpellier; ainsi, bien avant Louis XIV, et plus réellement, il fut une époque où il n'y avait pas de Pyrénées. Les troubadours provençaux, limousins et catalans forment une seule famille, et cette circonstance explique comment la langue qu'ils parlaient, se retirant peu à peu vers les Pyrénées, les franchissant, s'installant à demeure de l'autre côté des monts et devenue enfin l'espagnol en se fondant avec la langue des Goths et celle des Maures, ne subsista plus en Provence qu'à l'état de patois ou de dialecte, tandis que l'idiome des trouvères, gagnant peu à peu au sud de la Loire le terrain que perdait celui des troubadours, constituait la langue française.
La destruction du comté de Toulouse porta un coup-funeste aux troubadours; ils n'obtinrent plus la même considération, ils trouvèrent difficilement des protecteurs assez puissants pour leur assurer une vie paisible et sûre. Alors ils se virent contraints de se grouper pour lutter ensemble contre les difficultés de leur position nouvelle. C'est ainsi que fut fondée la très-gaie compagnie des sept troubadours de Toulouse. En 1 année 1323, le mardi après la Toussaint, ils se réunirent dans le faubourg des Augustines et écrivirent une lettre circulaire par laquelle ils conviaient tous les poètes à venir dans ce même lieu le îor mai suivant pour y lire leurs vers. Une violette d'or devait être la récompense de celui qui lirait les meilleurs vers. A l'époque fixée, un grand nombre de troubadours se rendirent à l'invitation qu'ils avaient reçue ; chacun d'eux lut sa pièce de vers, il y en eut même qui en lurent plusieurs, et ce fut Armand Vidal , de Castelnaudary, qui remporta le prix. Telle fut la première origine des jeux Floraux, qui furent plus tard restaurés par Clémence Isaure.
L'amour idéal et chevaleresque, ce sentiment qui, sous l'influence de la religion et surtout du culte do la Vierge, releva singulièrement la femme, trop abaissée par l'antiquité, et en fit la dame , c'est-à-dire la souveraine maîtresse de la pensée et des actions humaines, n'eut pas de plus héroïques soutiens que les troubadours ; ils furent en cela les précurseurs de Dante, qui les regarda toujours comme ses maîtres et dont les sonnets auraient pu être lus aux cours d'amour. Ces réunions solennelles , parmi lesquelles celles du Puy, de Pierrefeu et de Romauin étaient les plus célèbres, se transformaient en des sortes de tournois poétiques où les plus habiles venaient recevoir le prix de leur
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talent. A la cour d'amour du Puy se rattache une anecdote caractéristique. Un chevalier troubadour, Richard de Barbezdem , avait perdu les bonnes grâces de sa dame par suite d'une indiscrétion ; en vain il avait sollicité son pardon. « Je ne lui pardonnerai, avaitelle répondu, qu'autant que cent barons, cent chevaliers, cent dames, cent damoiselles me crieront à la fois merci sans savoir à qui leur prière s'adresse. • Le chevalier réfléchit que le temps approchait des fêtes de la cour du Puy. Il se dit que sa dame^ viendrait; il composa une cansô, et le matin de la fête il monta sur l'estrade et chanta devant l'assemblée une plainte si touchante, d'un accent si vrai, que toute la foule cria merci et Richard reçut le pardon de sa dame.
L'histoire du troubadour Geoffroy Rude), amoureux d'une dame qu'il ne connaissait qu'en peinture, caractérise bien aussi l'exaltation sentimentale de ces poètes. Geoffroy Rudel ayant vu un portrait de la comtesse do Tripoli, qui habitait la terre sainte, se sentit atteint au cœur et prit la résolution de partir pour la croisade. Malgré les regrets de ses nombreux amis et les efforts qu'on fit dans Béziers et dans d'autres villes pour le retenir, il s'embarqua et adoucit la traversée en composant des vers sur son voyage qui, joyeux d'abord, finit bien tristement. Tombé malade, en route, le troubadour était mourant lorsque le navire abordait Tripoli. On annonça dans la ville moitié française, moitié sarrasine, qu'il arrivait un vaisseau d'Oocident et que sur ce vaisseau se trouvait un chevalier, un poète attiré par la réputation de vertu et de beauté de la comtesse de Tripoli; qu'il demandait à la voir avant d'expirer. La comtesse, touchée, se rendit à bord et donna sa bague au chevalier, qui n'eut que le temps de la porter à ses lèvres avant da mourir. La comtesse le fit ensevelir dans l'église des Templiers et prit le voile de religieuse.
Ces aspirations incessantes vers l'idéal, ces passions épurées et respectueuses cachaient peut-être, on l'a soupçonné non sans raison, plus d'amour sensuel qu'on ne serait tenté d'en soupçonner au premier abord; car il ne faut pas perdre de vue qu'en même temps que des canzones, des complaintes, des jeuxpartis et autres poésies éthérées, les troubadours nous ont légué des fabliaux, des tensons et des sirventesqui peignent les mœurs de leur temps sous des couleurs aussi vraies que naïves , et les femmes des fabliaux étaient apparemment les mêmes que celles des canzones. Néanmoins, les troubadours, en idéalisant la femme et, les passions qu'elle inspire, obéissaient à un besoin des esprits élevés; ils donnaient à notre caractère et à nos mœurs ces dehors chevaleresques et courtois qui ont persisté.
ïl est tout au moins permis de soupçonner que la poésie donna mainte fois accès aux plus pauvres troubadours dans le coeur des belles châtelaines. L'aventure do Bernard de Ventadour en fait foi. Ce Bernard était fils d'un serf du comte de Ventadour; son aptitude pour les lettres, ses précoces talents poétiques engagèrent le comte à lui faire donner une éducation soignée. Bernard faisait de jolis vers, les dédiait à la comtesse, les chantait à ses pieds, si bien qu'un jour lo comte fit enfermer sa femme dans une tour du donjon et mit le chanteur à la porte. Le malheureux se réfugia à la cour d'Eléonore de Guyenne, puis à celle de Raymond, comte de Toulouse, où de nouvelles passions remplirent sa vie ; quand il eut passé l'âge d'être aimé, il se fit moine. Bertrand de Born acheva aussi dans le cloître une existence donnée tout entière à la poésie et à l'amour.
Les troubadours n'étaient pas tous d'une condition servile ou infime ; des seigneurs, des princes , des rois même s'adonnèrent a la poésie provençale : Frédéric Barberousse , Richard Cœur de Lion, Alphonse II et Pierre III d'Aragon, Guillaume IX de Poitiers, Frédéric II, roi de Sicile, le dauphin d'Auvergne, le comte de Foix, le prince d'Orange, lo marquis de Montferrat disputèrent dans les cours d'amour le prix de poésie à leurs humbles rivaux et firent partie, avec eux, d'associations vraiment fraternelles où le talent, et non la naissance, donnait les premiers rangs. L'aventure de Richard Cœur de Lion et de Blomlel, en ne l'acceptant même que comme légende, témoigne en faveur de ces fortes et touchantes amitiés que nouait un commun amour de l'art et de la poésie.
Quelques-uns, partis d'une condition inférieure, s'élevaient par leur talent, non-seulement à la gloire, mais à la richesse, prenaient le faste des grands seigneurs et menaient un train de prince. La plupart, enrichis par les libéralités des châtelains, dédaignaient de s'accompagner eux-mêmes et récitaient leurs vers pendant que des jongleurs jouaient de la citole ou du rebec. Le jongleur était, par conséquent, bien moins estimé que le troubadour. Cependant, il arrivait quelquefois qu'à force de chanter des vers, un jongleur apprenait à en faire et s'élevait au rang de troubadour. Par contre, on voyait aussi un troubadour retomber à l'état de jongleur ; c'est ainsi que Gauceim Fayàit, troubadour célèbre, ayant perdu aux dé3 tout ce qu'il possédait, fut réduit à se faire jongleur et ne fut plus reçu qu'à ce titre dans les cours et les châteaux*
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On divise les troubadours en plusieurs écoles auxquelles nos contrées du Midi ont donné leurs noms. M. Baret a, le premier, composé un tableau de ces diverses écoles
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et des différents groupes qui s'y rattachent. L'auteur fuit remarquer que ce tableau doit nécessairement être incomplet; en réalité, il y avait autant d'écoles que de seigneurs as-
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sez paissants pour tenir maison ouverte et assez ingénieux pour se plaire aux jeux et aux ceuvres de l'esprit. Parmi ces petites cours, nous citerons au premier rang celles
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des vicomtes de Turenne , du marquis de Canilhac, des vicomtes de Ventadour, des marquis d'Aups, du comte Bernard d'Andore. Voici le tableau.