‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 443 sur 1042 · TU M · texte numérisé non relu

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l'eau froide et décomposablc par les acides.' Il devient anhydre sous l'influence delà chaleur.

— Tungstate de thorium. Les sels de thorium donnent des précipités blancs floconneux avec les tungstates neutres et acides des métaux alcalins.

— Tungstate d'étain. 'Une solution de chlorure ammoniaco-stannique est précipitée par le tungstate d'ammonium en flocons blancs, solubles dans un excès du sel d'étain ainsi que dans les acides phosphorique, oxalique et tartrique.

— Tungstate de tungstène

W205 = WOS,W03.

Ce sel est l'oxyde bleu de tungstène.

— Tungstates d'uranium. Le sel uranique est un précipité jaune tendre, insoluble dans j'eau, mais soluble dans les acides concentrés et dans l'ammoniaque. On obtient un sel uraneux (UO)2,W03,6tl20 en précipitant le chlorure uraneux par un tungs-tate acide à base de métal alcalin. C'est un précipité brunâtre, .qui se dissout avec une couleur verte dans l'acide chlorhydrique.,

— Tungstate db vanadium. On le prépare en précipitant les tungstates alcalins par un sel vanadique. Il est brun, quelque peu soluble dans Veau et s'oxyde à l'air avec formation d'acide vanadique.'

— Tungstate d'yttrium Y"WO*,2lî20.

C'est un précipité blanc, pulvérulent, légèrement soluble dans l'eau.

— Tungstate de zinc Zn"WO*. On l'obtient en fondant 1 partie de tungstate de sodium, 2 parties de chlorure de zinc et î parties de sel marin, et en faisant ensuite bouillir la masse refroidie avec l'eau pour en éliminer les sels solubles. Ce sel se présente en prismes carrés incolores, avec des faces de l'octaèdre. Il est probablement isomorphe avec le sel de calcium.

— Tungstate de zinc et d'ammonium

(azhÏ2oÎ7Wos.3Hïo.

On prépare ce sel double en précipitant du sulfate de zinc par du tungstate acide d'ammonium. Il forme de petites aiguilles d'un blanc de neige, qui se dissolvent légèrement dans l'eau bouillante, qui sont plus solubles dans les solutions de tungstate d'ammonium, de sulfate de zinc, d'acide oxalique, d'acide tartrique ou d'acide phosphorique.

TUNGSTOSILICATE s. m. (tongh-sto-si-lika-te — de tungstique et de silicate). Chim. Sel d'un acide tungstosilicique.

TUNGSTOSILICIQUE adj. ( tongh-sto-sili-si-ke — de tungstique et de silicique). Chim. Se dit de trois acides tétrabasiques, qui renferment à ia fois du silicium et du tungstène.

TUNGURAGUA, rivière de l'Amérique du Sud. Elle sort du lac Lauri, et, par sa réunion avec l'Ucayale, forme le fleuve des Amazones.

TUNGURAGUA, volcan de la république de l'Equateur (Quito), à 40 kilom. N. de Rio- Bainba; pari» 29' de latit. S. Il est de forme conique et s'élève à 5,500 met. au-dessus du niveau de la mer; son sommet est audessus des neiges perpétuelles, et la partie inférieure est couverte d'épaisses forêts. Ce volcan a fait plusieurs éruptions; celle de 1641 détruisit presque entièrement la ville de Rio-Bamba.

TUNICA s. f. (tu-ni-ka — de Tunis, nom de ville). Bot. Genre de plantes, de la famille des caryophyllées, tribu des duuithées, formé aux dépens des gypsophilés, et réuni aujourd'hui par la plupart des auteurs au genre œillet.

TUNICIER s. m. (tu-ni-sié — rad. tunique). Mol). Qui a le corps revêtu d'une enveloppe en forme de tunique.

— s. m. pi. Classe de mollusques, réunie autrefois aux acéphales, et comprenant les genres biphore, ascidie, pyrosome, etc.: La cellulose existe dans les envelpppes des tuniciers. (E. Baudcment.)

— Encyol. Le manteau des tuniciers constitue tantôt un tube ouvert à ses deux bouts, tuntôlun sac ; leurs branchies présentent des formes diverses, mais sont toujours peu développées et ne sont jamais divisées en quatre feuillets comme dans les acéphales ordinaires, ou tastaeés lamellibranches auxquels plusieurs auteurs les réunissent; ils n'ont ni pieds ni bras et établissent évidemment le passage entre les mollusques propres et certains animaux que l'on range parmi les polypes, dans l'embranchement des zoophytes. Les tuniciers sont des animaux de petite taille , mais qui, par leur agrégation, peuvent formtr des masses assez considérables ; on les ti ouve flottant dans la mer ou vivant fixés sur les rochers, les fucus, ou autres corps sous-marins. Ils habitent presque toutes les mers et plusieurs se rencontrent dans celles de l'Europe. La peau des tuniciers est gélatineuse, cornée, ou rocailleuse. Ils ont une bouche et un anus. La bouche est précédée d'une grande cavité, dont les parois sont tapissées de vaisseaux qui rendent cette cavité propre à la respiration et qui sont recouverts de cils vibratiles. Le même canal sert donc, en avant, à la respiration , et plus loin à la

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digestion. Il existe un cœur, qui est le centre d'un système vasculaire assez développé ; seulement, il n'est pas fait comme les autres. Le sang qui le traverse prend une telle route, que, dans l'espace de quelques minutes, le cœur change son oreillette en ventricule et son ventricule en oreillette. En même temps ses artères se changent en veines et ses veines en artères. C'est que le courant qui traverse ces canaux change de direction à chaque contraction d'i coeur. Si simples qu'ils soient, les tuniciers ont un système nerveux. C'est un ganglion unique, d'où partent divers petits filets. On leur a trouvé également des yeux et une oreiHe. Les bifores sont, de tous les tuniciers, ceux dont l'organisation est la plus compliquée. Leur manteau est tubuliforme, garni de bandes musculaires transversales, et renfermé dans une enveloppe cartilagineuse, transparente; l'un et l'autre sont ouverts aux deux bouts et leur orifice postérieur est muni d'une valvule, disposée de manière à permettre l'entrée de l'eau, mais non sa sortie; la bouche est placée à l'intérieur du tube formé par le manteau vers sa partie antérieure; et le cœur, le foie, et les autres viscères sont réunis en une petite masse près de Cette ouverture; l'anus est situé assez loin en arrière, et une branchie unique, composée d'une membrane plissée en travers, s'étend obliquement de la paroi supérieure à la paroi inférieure de la cavité palléale; l'eau qui traverse ce tube baigne par conséquent la cavité respiratoire, et c'est en l'expulsant avec force du côté de la' bouche que l'animal se déplace ; aussi est-ce en arrière qu'il nage. A l'âge adulte,, ces mollusques sont libres ; mais au moment' de la naissance, ils sont réunis entre eux en une longue chaîne, et nagent ainsi pendant longtemps; il 'paraîtrait, du reste, que les individus ainsi agrégés, après être devenus libres, produisent des jeunes qui ne sont pas réunis en chapelets et qui ont une forme différente de la leur, et que les petits provenant de ces derniers sont agrégés et semblables aux premiers; de manière qu'il y aurait chez ces individus une alternance des plus remarquables, les mêmes formes et le même mode d'existence ne se transmettant pas d'une génération à l'autre, mais revenant toujours à la seconde génération. Les bifores se trouvent dans la Méditerranée et dans les parties chaudes de l'Océan ; c'est à eux qu'on doit ces effets de phosphorescence que l'on voit quelquefois et qu'à cause de leur forme allongée les marins ont nommés serpents de mer. Outre les bifores, on distingue, parmi les tuniciers, les botrylles, les ascidies et les pyrosomes. V. ces mots.

TONICINE s. f. (tu-ni-si-ne — rad. tunicier). Chim, Principe immédiat de l'enveloppe des tuniciers , analogue à la cellulose.

TUNIQUE s. f. (tu-ni-ke — lat. tunica , même sens). Vêtement de dessous en usage chez la plupart des peuples anciens : Chez les Romains, la tunique était de laine blanche pour les patriciens et les chevaliers, bordée de pourpre pour les magistrats , de laine brunepour lesplébéiens ; celle des soldats et des esclaves n'avait point de manches et se serrait à la taille avec une ceinture. Du temps d' Homère, il n'était pas indigne d'une princesse de laver dans les eaux d'un fleuve les tuniques du roi son père. (Marmoutel.) Les Français portèrent des tuniques et des robes jusqu'au xvi= siècle. (Volt.)

O fille d'Euripide ! 6 belle fille antique! O muse ! qu'as-tu fait de ta blanche tunique ? ,' A. Barbier.

— Par anal og. Sorte de vêtement de femme, et de certains peuples modernes : Bientôt on introduisit trois jeunes et belles esclaves espagnoles , vêtues de tuniques faites d'une étoffe blanche et légère. (Mazois.) La plupart des Arabes portent une tunique nouée autour des reins par une ceinture. (Chateaub.) Un nègre nubien, noir comme l'ébène , et vêtu d'une simple tunique blanche, fit signe à son maître. (Al. Dum.)

— Vêtement d'uniforme que portent les troupes d'infanterie et les élèves des lycées, des collèges,, des pensions : On vient de remplacer par des basques les pans de ia tunique de nos fantassins.

— Habillement que les* évéques portent sous leur chasuble, quand ils officient pontificalement. il Habillement des diacres et des sous-diacres, qu'on nomme aussi dalmatiqub.

Il Habit ou chemise de laine que portent certains religieux.

— Hist. Sorte de veste dont les rois de France étaient revêtus, à leur sacre, sous le' manteau royal.

— Anat. Membrane qui forme ou concourt à former les parois d un organe. Jl Tunique vaginale, Prolongement du péritoine, qui accompagne le testicule, quand celui-ci franchit l'anneau inguinal pour passer dans le scrotum, et qui lui forme une enveloppe spéciale quand le col par lequel cette expansion communiquait avec l'abdomen s'est oblitéré..

— Bot. Nom français du genre tunica. g Nom scientifique des enveloppes des bulbes ou oignons, et de toutes les enveloppes en général. || Tunique séminale, Tunique pourpre, Syn. de tégument ou spermoderme.

— Encycl. La tunique des modernes a assez peu. de rapports avec le vêtement que

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les Romains appelaient tunica. Ce dernier fut d'abord un vêtement porté par les anciens, tant à Rome qu'en Orient. Il y avait deux sortes de tuniques: celle qui se portait par-dessus et celle que l'on mettait par-dessous. La tunique {tunica) était principalement la robe de dessous. C'est ainsi qu'il est dit dans les auteurs anciens, que les philosophes portaient un manteau sans (unique, en sorte qu'ils étaient à demi nus. La tunique ou robe de dessous des sénateurs était enrichie de plusieurs petits morceaux de pourpre taillés en forme de clous larges (v. laticlave). Les chevaliers n'avaient sur leur riinique que des clous étroits ( v. angusticlave). Le peuple portait la tunique sans clous, et c'est lk ce qui distinguait les trois ordres de ia société romaine.

La tunique avait les plus grands rapports avec la robe des Perses. C'était une camisole avec ou sans manches que les Romains mettaient sous leur toge ou qu'ils portaient seule pendant les chaleurs de l'été.

Chez les Greqs et chez les Romains, la tunique se portait immédiatement sur le corps et était commune aux deux sexes, absolument comme sont nos chemises.

La tunique s'assujettissait par une ceinture, ce qui dégageait la taille et donnait de la facilité aux mouvements. Ainsi serrée, elle descendait jusqu'aux genoux, chez les hommes en habit civil , et jusqu'aux jarrets et aux talons chez les femmes, ce qui leur donne un point de ressemblance avec nos chemises, qui sont beaucoup plus longues pour les femmes que pour les hommes. En marche, on relevait les tuniques jusqu'au milieu des cuisses.

D'uilleurs, la longueur de ce vêtement variait, chez les femmes, selon les conditions. Chez celles qui avaient de la retenue, chez lescontemporaines de la vieille Rome, les tuniques prenaient si juste au cou et descendaient si bas, qu'on ne voyait que le visage. Mais plus tard, les femmes prirent l'habitude de découvrir leurs seins et leurs jambes.

La corruption des mœurs arrivant à grands pas, les tuniques ne furent plus cousues, pour laisser le sein à découvert. Un côte posait seulement sur l'épaule gauche, l'autre tom- , bait négligemment sur le bras droit. C;était une marque de mollesse et de dissolution pour les hommes, que «te porter une tunique qui descendait jusqu'aux pieds.

Ce vêtement se composait ordinairement de deux pièces d'étoffe longues et carrées que l'on cousait des deux côtés.

Chez les Grecs, la tunique longue avait été, pendant quelque temps, un attribut distinctif de la royauté. Celle des filles lacédémoniennes différait sensiblement de celle des femmes mariées, en ce qu'elle était ouverte des deux côtés depuis les bords inférieurs jusqu'à la hauteur des cuisses.

Tunique de Neuui, vêtement donné par le centaure Nessus à Déjanire, femme d'Hercule, après avoir été trempé dans le sang empoisonné de ce centaure et qui devint la cause de la mort du héros. V. Déjanirk, Nessus, Hercule.

TONIQUE, ÉE adj. (tu-ni-ké — rad. tunique). Bot. Qui est muni ou enveloppé d'une ou plusieurs tuniques très-apparentes.

— Entom. Se dit des antennes eu massue dont le premier article se contourne de manière a envelopper les suivants.

TUNIS, ancienne Tunes, ville forte d'Afrique, capitale de la régence de son nom, à 640 kilom. E. d'Alger, par 36°46'48" de latit. N. et 7" 50' 52" de longit. E. Elle s'élève en pente douce sur les bords d'un lac d'eau salée, de 18 kilom. de circonférence et de 2 mètres de profondeur moyenne, qui communique avec la Méditerranée par un étroit canal , dont l'extrémité antérieure est occupée par le port de La Goulette ; 100,000 hab. , parmi lesquels on compte 25,000 juifs e't 10,000 Européens. La ville est située, dit M. Guérin, dans une espèce d'isthme compris entre deux lacs : le lac de Tunis ou d'El-Bahyral (la Petite mer) ou de Boghaz, à l'E., et celui de Sebkhael-Sedjouin, au S.-O. Ce dernier est presque entièrement à sec en été, et c'est alors un vaste bassin sablonneux recouvert d'une efflorescence saline, ce qui indique la nature du soi, et ce qui, pour le dire en passant, a fait donner k ce grand réservoir marécageux le nom de Sebkha, mot par lequel les Arabes désignent d'ordinaire les étangs salés. On estime à 8 kilom. environ le pourtour de Tunis, en y comprenant les faubourgs; mais tout l espace qu'occupe cette ville est loin d'être complètement habité . des cimetières, des maisons détruites et des terrains non bâtis occupent un espace assez considérable. Tunis offre de loin l'aspect d'une belle et magnifique cité ; mais on est vite désenchanté quand on en approche et surtout quand on y pénètre. Tunis forme intérieurement un réseau confus et irrégulier de rues et de ruelles mal percées, mal bâties, encore plus mal entretenues. Aucun pian ne. semble, en effet, avoir présidé à la construction de cette cité. Deux ou trois artères principales la sillonnent néanmoins dans une grande partie de son étendue et sont comme autant de points de repère pour l'étranger qui s'aventure sans guide dans ce dédale presque inextricable. Quelques rues sont pa-

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vêes plus ou moins complètement ; mais la plupart ne le sont pas du tout, et pendant l'hiver, à l'époque des pluies torrentielles, ailes se transforment, dans les quartiers bas particulièrement, en de véritables fondrières, co qui les rend souvent impraticables. Joignez a cela qu'elles sont rarement ou mal balayées et qu'elles ressemblent quelquefois à des cloaques de l'aspect le plus repoussant. Tunis peut se subdiviser en trois parties principales : le quartier franc, le quartier maure, le quartier juif. La place de la Bourse, régulièrement bâtie, possède une double ligne de maisons en arcades, qui lui donne un certain aspect monumental. Le quartier franc, qui environne la place de la Bourse, renferme quelques belles maisons, tous les hôtels des consuls étrangers et de nombreux magasins européens. Il s'y trouve, pour les ouvriers pauvres, des fondantes, habités généralement par des Maltais, des Grecs, des Italiens. Toute la ville haute est réservée aux musulmans et s'élève en amphithéâtre sur les flancs d'une colline dont la /casbah ou citadelle" est le point culminant. Le Darel-bey, palais du souverain, construit par le bey Hauiouda, passe, dit M. DesGodinsdeSouhesines, pour le plus beau type d'habitation princière en style mauresque. La cour est pavée en marbre blanc; tout autour régnent des arcades de marbre blanc et noir, soutenues par seize colonnes torses, également en marbre. Les portiques a plafonds polychromes sont couverts de fleurs et de rinceaux. Au-dessous on admire des arabesques merveilleusement fouillées, aussi délicates qu'une broderie de dentelle et non moins remarquables, dit-on, que celles .de l'Alhambra. Partout ce ne sont que glaces et arabesques enchâssées .de marbre blanc, légères colonnes d'albâtre, plafonds à pans inclinés et coupoles octogones déchiquetées comme de la guipure.

Après avoir quitté le Dar-el-bey, on gagne la place de la Kasbah, justement célèbre par son magnifique caractère oriental. Au milieu de ruines romaines et sarrasines s'élèvent des palmiers, des figuiers immenses, des fontaines abritées par de ravissants portiques aux colonnes de marbre blanc. Sur l'un des côtés, on aperçoit une mosquée qui rappelle l'architecture de la cathédrale de Séville; puis, au fond, se dresse la redoutable et colossale forteresse. La kasbah renferme de nombreux monuments des premiers rois de Tunis; quelques tours couvertes de sentences du Coran, d'ornements, de sculptures et d'arabesques ; diverses constructions datant du temps de Charles-Quint; de vastes salles garnies de trophées d'armures enlevées aux Espagnols pendant les gran'des guerres avec l'Europe j une fonderie de boulets et une poudrerie, ou règne l'ordre le plus parfait. C'est une véritable ville percée de cours, de voûtes, d'arcades, de galeries où l'on se perdrait sans l'assistance d'un guide. Du haut des plates-formes, on domine toute la ville.

La ville maure, est un vrai labyrinthe de fondouks (hôtelleries, maisons), de souks et de bazars, où se vendent tous les produits tunisiens et orientaux. Il y a peu de rues larges. La plupart, étroites et tortueuses, forment des passages voûtés, obscurs et boueux, où les voitures ne peuvent circuler. Sur plusieurs points, les maisons restent dans un état déplorable,. et les rues sont désertes; ailleurs, au contraire, l'animation est trèsgrande et l'on trouve d'élégantes habitations bâties sur portiques. La seule uniformité réside dans le système de constructions à un étuge percé de rares fenêtres grillées ou garnies de moucharabys.

Quant au quartier juif, c'est un amas de ruelles étroites, incorrectes et dépourvues de population. Les maisons^ placées au hasard, sans alignement, avancent leurs angles ou ■surplombent directement la voie, ne laissant, pour circuler, que des arcades sous lesquel- ' les un cavalier ne peut passer sans se froisser contre les murs. Malgré l'exiguïté des ruelles, une foule turbulente et affairée s'agite au milieu de gamins jouant devant les portes, de Juives énormes, marchant avec peine, suant et soufflant sous le poids de leur embonpoint.

Tunis, qui a .un port à La Goulette, est le centre commercial le plus important de la régence. Là se traitent toutes les grandes affaires, et c'est pour les maisons de cette place que se font la plupart des transactions dans les villes secondaires. Les échanges roulent en première ligne sur- les produits agricoles ou naturels du territoire : huiles, blés, orges, maïs, millet ou dourah, bestiaux, laines, dattes, henné, caroubes, indigo, garance, miel et cire, éponges, dépouilles de lions et de panthères, etc. De toutes ces marchandises, l'huile d'olive est la plus importante; Marseille ia recherche pour ses savonneries. De nombreux bazars (les caravanes des principales provenances ont chacune le leur) contiennent les assortiments les plus variés de marchandises d'Europe, d'Asie, et d'Afrique. L'Europe y est représentée principalement par des articles venus de Livourne, de Gênes, de Marseille, de Malte, etc. ; l'Asie, par ceux qu'expédient Alexandrie , Smyrne , Constantinople , ou qu'apportent les pèlerins des villes saintes; 1 Afrique, par les cargaisons des' caravanes. L'Ameriquo elle-même, n'en est paçi torçt à

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fait absente, le commerce des Etats-Unis ayant noué des relations d'affaires avec ce-' lui de Tunis. La ville possède des fabriques de. soieries, de lainages et de chachias (bonnets rouges ou fez), dont la qualité est renommée. Le commerce d'exportation et d'importation se fait par le port de La Goulette. Il a été importé à ce port, en 1874, pour plus de 19,500,000 francs do marchandises, et il en a été exporté pour un peu moins de 13 millions. Dans ces chiffres, la France figure à l'importation, où elle occupe le premier rang, pour près de 9 millions et, à 1 exportation, pour 3 millions environ seulement.

Bien qu'on ne puisse fixer la date précise de la fondation de Tunis, il est hors de doute, d'après le témoignage de Strabon, que cette ville existait déjà au nie siècle avant l'ère chrétienne. Elle n'était alors qu'une dépendance de Carthage ; elle dut acquérir plus d'importance après la ruine de cette cité célèbre en ne, mais, dans tous les cas, s'effacer de nouveau devant elle lorsque, cent ans après, César rebâtit Carthage pour y établir une colonie romaine. Tunis resta sous la domination romaine jusqu'au commencement du v" siècle (420), époque où les Vandales descendirent en Afrique peur s'avancer bientôt jusqu'aux limites du territoire de Cyrène, qui marquait la séparation entre les deux empires d'Orient et d'Occident. Un commencement d'organisation féodale fut, dès lors, institué par Genséric dans les possessions africaines des Vandales et surtout dans la région tunisienne, qui devint le principal siège de leur puissance. Au vie siècle, Tunis fut enlevée, avec le reste de l'Afrique septentrionale, aux Vandales par les Grecs. Les Normands de Sicile, qui s'en emparèrent, eu furent chassés par Abd-el-Moumen en 1159. C'est au siège de Tunis que saint Louis mourut de la peste (1270). En 1535, Charles- Quint emporta d'assaut le château de La Goulette , malgré la vigoureuse résistance 'de Barberousse; maisOcchiali le reprit aux Espngnols en 1573.

TUNIS (BEYLIK OU RÉGENCK DE). V. TU- NISIE.

TuuU (ordre de), nom donné à un ordre religieux et militaire, qui aurait été créé en 1535 par Charles-Quint quand ce prince rétablit Muley-Hasçan sur le trône de Tunis. "Il n'est parvenu aucun document sur l'existence de cette institution, que les auteurs compétents s'accordent à regarder comme supposée.

TUNISIE, Etat de l'Afrique septentrionale, appelé aussi beylik ou régence de Tunis, situé entre 33u lo' et 37° 12' de latit. et entre 5030' et 8» 55' de longit. La Tunisie est bornée au N. .et au N.-E. par la Méditerranée, au S.-E. par le Tripoli, au S. par le Sahara, à l'O. par l'Atlas et par l'Algérie ; superficie évaluée à 80,000 kilom. carrés (Cubisol), à 118,400 kilom. carrés (Behm et Wegner), à plus de 150,000 kilom. carrés (Dunani); population évaluée généralement a 2 millions d'habitants (autres évaluations : Zaccone, 1,800,000; Des Godins de Souhesmes, 3 millions). Capitale, Tunis. La Tunisie se termine au N. par le cap Blanc, le plus septentrional de l'Afrique; le cap Bon, au N.-E., s'avance en face de la Sicile et se trouve à l'extrémité d'une presqu'île qui sépare le golfe de Tunis, uu N.-O., de celui de Hamraainet, au S.-E. Le golfe de Cubes, au S. de ce dernier, est le plus considérable du pays; le cap Capondia, au N., et l'île Zerbi, au S,, en marquent l'entrée ; les Iles Ketkeui, dans ce golfe, dépendent de la Tunisie.

La Tunisie est divisée en 24 arrondissements, dont voici les noms (d'après Cubisol) : Tunis, Arad, Bedgia, Bizerte-et- Port- Farine, Dahla-Ouled-ben - Sciera, Djerid, ûzira, Gerba, La Goulette, Hammeda-dea-Oulets-Ayatds, leudouba, Kef, Kirouan, Maater, Mehedia, Monastir, Regkba, Rieeh, St'ax, Soussa, Tabarque, Tebourba, Teboursek, Testour.

— Aspect général. Constitution géologique. Le terrain de la Tunisie est généralement marneux, avec certaines parties où le sable su trouve plus abondamment inéle k la inarne. Les côtes, pourvues d'une épaisse couche de terre végétale, sont éminemment fertiles; cette fertilité s'étend sur tout le pays jusqu'aux montagnes du Kef, au S.-O., et au mont Zuhouan,k l'E. Au delà du Djerid, vers Gadumès, on ne trouve plus guère qu'un sol uni et dur, des sables mobiles et quelques collines rocailleuses recelant du sel gemme en trèsgrande quantité. Ce désert est entrecoupé u'oasis, dont l'aspect riant et l'admirable végétation tranchent sur la triste perspective des environs. On y voit aussi de grandes plaines basaltiques, hérissées d'amas de roches, avec des pétrifications vraiment remarquables et des troues d'arbres carbonisés.

La Tunisie possède des mines importantes, parmi lesquelles il convient de citer le sable aurifère de La Goulette, les gisements d'argent, d'antimoine et autres métaux exploités sur divers points du territoire; le plomb, ijue l'on extrait de la montagne de l'ilainunin-Lif et du Djebel-Reças; le fer, le cuivre, le soufre et le tripoli, qui existent dans la région du Kef. Enfin, les côtes offrent aux pécheurs de corail des fichasses considéra-

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blés, qu'ils font valoir avec beaucoup de succès.

Parmi les "sources minérales, citons celles qui se trouvent du côté- de Djerid, dont la température est de -f 45° à 50°, et celles d'Hamman-Lif, dont les eaux, salines et purgatives, ont une température de + 60°. ■

— Orographie, hydrographie. Le Grand Atlas s'élève dans la partie moyenne du pays et vient se terminer au bord du golfe de Cabès; le Petit Atlas se trouve dans le N., le Djebel-Fissato dans le S. La Tunisie est bai- . gnée au N. par la Méditerranée. Le littoral, dont l'étendue est évaluée à 884 kilomètres, commence au cap Roux (frontière de l'Algérie) et finit à Ras-el-Mahleb (frontière du Tripoli). Un assez grand nombre d'écueils et de bas-fonds rendent sur plusieurs points l'approche des côtes dangereuse. Le neuve principal est le Medjerda,qui coule du S.-O. au N.-E. dans le N. de la régence et tombe dans le golfe de Tunis; l'Qua'ly-Fessu, dans le S.-E., se jette dans la Méditerranée, près de la frontière de la régence de Tripoli. Dans le S. coulent quelques rivières qui se perdent dans les sables ; tel est l'Ouady-el- Djerid, qui parcourt le pays stérile appelé Biledulgerid. A i'O.-S.-O. du golfe de Càbès s'étend, du N.-E. au S.-O., le grand lac Laoudéah; dans le N., on voit les lacs de Tunis et de Bizerte, qui communiquent immédiatement avec la mer.

— Climat. Le climat de la Tunisie, à l'exception de quelques rares localités, est trèssain. La température en hiver su maintient ordinairement à + 10° à 12° centigrades et ne descend jamais jusqu'à 0°;en été, elle est de + 250 à 30oceutigrudes et atteint jusqu'à 40° et 50° dans les localités les plus exposées au soleil. Les mois de mais, d'avril et de mai sont fort agréables à Tunis. Pendant celte saison douce et tempérée, la végétution se montre dans sa magnificence ; mais durant les mois qui suivent, tout est desséché et brûlé par te soleil. Les pluies ont lieu surtout en décembre, en janvier et en février. Le mois de juin est consacré aux moissons. Au mois de novembre 1 les pâturages reverdissent.

— Faune. Les principaux animaux qui composent la faune tunisienne, outre les animaux domestiques de l'Europe, sont les suivants : lion, tigre, panthère, hyène, chacal, chameau, dromadaire, singe, lynx, renard, cerf, antilope, mouflon, lièvre, ichneumon, loutre, gerboise, sanglier, gazelle, autruche, cigogne, héron, cormoran, outarde, pélican, aigle, épervier, et plusieurs autres oiseaux de proie; flamant, grue, perdrix, caille, bécasse, bécassine, grive.courlis, alouette, canard sauvage, ortolan, pinson, poule de Carthage, pluvier blanc, pluvier doré, tortue, caméléon, sangsue, scorpion, abeille, sauterelle ; sur les côtes : huître, oursin, clovis, moule, crevette, homard, éponge, corail ; parmi les poissons : rouget, sardine, thon, etc.

Mais le produit le plus extraordinaire de la faune tunisienne est un poisson qui, s'il faut en croire M. Dutiant, dont nous ne garantissons pas l'assertion, vit dans les sources chaudes de Djerid, k 45° ou 50° environ. Ces petits poissons vivent, dit-il, dans cette température élevée; ils sont sans arêtes, sans muscles et sans yeux upparënts; hors de l'eau chaude, c'est-u-dire k l'air ou dans l'eau froide, ils meurent immédiatement.

— Flore. La Tunisie possède presque tous les arbres fruitiers, l'olivier, le caroubier, le figuier, l'oranger, le citronnier, l'amandier, le paimier-dattier, le châtaignier, le noyer, l'aloès, le cactus, le jujubier, le grenadier,le cognassier, le mûrier, l'arbousier. On cultive le raisin, le melon, la pastèque, la banane, le cumin, le sumatï, le henné, le tamarin, le safran, le séné, le tabac, la garance, le coton et la canne à sucre. Ou trouve dans les forêts le cèdre, le chêne vert, le chêneliége, le chêne blanc, comme aussi le frêne, l'orme, lé saule, le peuplier, le platane, le lentisque, le tremble, l'aune, le pin, et, en moindre quantité, le tamaris, le cyprès, le myrte et le thuya.

On trouve en Tunisie la plupart des fleurs que l'on voit en Europe dans les campagnes et dans les jardins. Les prairies sont entaillées de fenouils jaunes, de jacées rouges et bleues, d'ombeilifères blanc mat, de radiées blanc mat, etc. Le grand nombre des fleurs de couleur bleue est remarquable. Tunis produit tous les légumes ; déjà à la fin de janvier on mange des petits pois. On a des oranges à peu pies toute l'année.

— Histoire. La Tunisie fut, dans l'antiquité, le siège principal de la puissance carthaginoise. Après la destruction de Carthage par Scipion Emilien (146), elle fut d'abord partagée entre les Romains et les princes numides. Après ia conquête de la Numidie, elle forma les provinces romaines de Byzacene et d'Afrique proprement dite. Parmi les insurrections dont ce pays fut le théâtre sous la domination romaine, uous citerons celle de Tacfarinas (an 17 après J.-C), celle de 310, réprimée par Maxime, et celle de Firmus en

Les Vandales, après avoir pénétré en Afrique en 428, soumirent les provinces romaines, prirent Hippoue et Carthage et firent leur capitale de cette dernière ville (439). En

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533, Bélisaire, général de Justinien, prit Carthage aux Vandales et anéantît, l'année suivante, leur domination en Afrique ; mais les Grecs furent bientôt dans l'impossibilité de garder leur conquête. Entrés en 647 en Afrique, après cinq expéditions, les Arabes y établirent, en 670, leur empire et firent de la ville de Kaïrouan leur capitale. En G93, le calife Hassan le Gassanide prit aux Grecs Carthage et la détruisit de fond en comble ; en 800, Ibrahim-ben-Aglad se révolta contre les califes arabes et fonda la dynastie des Aglabites. L'un d'eux, en 852, se rendit maître de la Sicile ; mais les Normands ne tardèrent pas à la lui reprendre. En 903, la dyn»stie "des Fatimites commença à régner en Tunisie. Cette dynastie s'étant fixée en Egypte, des gouverneurs de la famille des Zeyrites administrèrent Tunis en leur nom, à partir de 960. En 998, un fils d'Abul-Ageix fondu une nouvelle dynastie. Vers 1100, Tunis tora-ba au pouvoir d'YousSouf-ben-Tachfyn, fondateur de l'empire du Maroc. Néanmoins les descendants d'Abul-Ageix continuèrent à régner dans cette ville jusqu'en 1140, année où us furent chassés pur Abd-Alluh. En 1160, les Almohades s'emparèrent de la Tunisie, qui, en 1206, fut érigée en royaume par Abdel-Ouhaid, fils du cheik Abou'-Hats, chef de la dynastie des Hafsides. L'un de ses successeurs, Gahia-Abou-Lakaria, étendit sa domination jusqu'à Tlemeen, Segelhinese et Ceuta (1236). Sous Mohumined-Abou-Abd- Allah (Boabdil), en 1250, la 'monarchie tunisienne comprenait Tunis, Boue, Bougie, Tripnli.La Calle,Collo, Djigelly, Dellis et Cherche!!. Eu 12Î0 commence la dynastie des Mérinites. Cette même année, saint Louis, roi de France, meurt devant Tunis. En 1390, Charles VI, roi de France, prit parti pour les Génois contre le roi de Tunis et envoya contre ce dernier une expédition qui n'eut pas de résultat. Vers 1400, Muley-Bouféri ou Abou-Ferez, qui prit le titre de rûi de Tunis et *e souverain île toute la Barbarie, réprima ia piraterie qui commençait à se pratiquer sur les côtes de ses Etats. « Jusqu'à l'époque de la domination turque, dit M. Dunant, ses successeurs se montrèrent de la plus grande bienveillance envers les Européens, en môme temps que stricts observateurs des< traités. • En l534,Khaïr-el-Din, corsaire d'A'lger, plus connu sous le nom de Barberousse, conquit Tunis sur Muley-Hassan, uu nom du sultan Soliman. Le roi do Tunis, Muley-Hassan, chassé de ses Etats, implora l'assistance de Charles-Quint, qui prit Tunis en 1557 et rétablit Muley-Hassan, détrôné peu après par son frère. En 1568, Tunis tomba au pouvoir d'Aii-Kilidj, dey d'Alger; mais, en 1574, les Turcs prirent la Tunisie, y massacrèrent les chrétiens et la dynastie hatside disparut avecMuley-Mohanlmed-el-Hafsi. A partir de ce moment, lu Porte y envoya un pacha qui gouvernait de concert aveu les deys, lesquels reconnaissaient la suzeraineté de la Turquie. Le divan ou conseil du viceroi était composé des principaux officiers de la milice des janissaires. En peu de temps les janissaires devinrent les multres du pays. Ils se soulevèrent contre les pachas-beys, dont ils partagèrent les attributions entre des pachas nommés par le sultan et des beys. Les pachas, après avoir essayé eu vain de disputer le pouvoir aux janissaires, furent finalement chassés. Quaut aux deya, ils perdirent toute influence, et les beys devinrent les souverains réels du pays. Eu 1684, le dernier bey élu, Mahined-Tcheleby, fut chassé par Ali et Mohammed, qui fondèrent une dynastie indépendante. Le divan et Je dey, actuellement appelé daouelly,ne furent plus que des subordonnes du bey. Pendant l'aunee 1685, la France conclut avec lu Tunisie un traite, dit Capitulations.Quatio ans plus tard, le dey d'Alger prit Tunis- et joignit la Tunisie à ses possessions. En 1695, Ahmed-ben- Chouques monta sur le trône avec l'aide des Arabes de l'intérieur. Mouiad, fils d'Ali, détrôna et fit tuer son oncle Ramadan en 1702, signala son règne par des cruautés excessives et fut assassiné par Beahiui-ël-Cherif (.1705). Celui-ci, vaincu par les Algériens, mourut à Porto-Farina. En 1735, son neveu, Ali-Pacha, s'était révolté contre lui et, à la tète des Algériens, s'était empare du pouvoir. Mais bientôt il mécontenta ses allies. Vaincu par le dey d'Alger et par le bey de Coiistaiittne, coalisés euntre lui, il fut mis à mort; Mahmoud, fils de Hussein, monta sur le trône (1770). A la suite d'un uitfereuuavec la France, Porto- Fa ri 11 a, Bizerte et Mouestir subirent un bombardement; mais un envoyé extraordinaire de la Porto, intervint et mit fin aux hostilités. En 1 800, Hainouda- Pacha conclut un traité avec la France. Onze ans plus tard, ce prince s'émancipa de la souveraineté ottomane et écrasa une révolte des milices.

En 1816, l'esclavage des chrétiens fut aboli en Tunisie. Ahmed décréta en 1842 qu'à l'avenir tout enfant né de parents esclaves serait libre, abolit ensuite entièrement l'esclavage, émancipa les juifs et fit, en 1846, un voyage eu France. Eu 1855, lors de la guerre d'Orient, la Tunisie mit à la disposition du sultan des secours considérables contre les Russes. Deux ans plus tard, Sidi-Mohauaned octroya une constitution et publia nue loi organique ou code administratif et politique du royaume tunisien. L'année 1864 fut signa- -lée par l'insurrection d'Ali-beu'-Çindaouu. t'o,

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rebelle arriva jusqu'aux portes de Tunis, oh il essuya une défaite. Trois ans plus tard, une terrible famine désola le pays. En 1873, le bey Sidi-Mohamined-Sadok a signé avec l'Angleterre un traité par lequel it a placé la Tunisie sous le protectorat anglais, autorisé le gouvernement britannique à. créer à Tunis une banque jouant le. rôle de banque d'Etat, à éclairer au gaz toute la. régence et à construire un chemin de fer'de la Goulette jusqu'à la frontière de l'Algérie, en passant par Tunis. Cette même année, le puissant ministre Mustapha-Kasnadar, qui depuis quelques années gouvernait la Tunisie, a été remplacé par le général Khereddin, dont l'administration a excité de vives plaintes.

Souverains de la Tunisie depuis 1705.

Hassan 1705

Ali-Pacha 1735

Mohammed 1750

Ali-Bey 1759

Hamouduhi 1782

Othman 1814

Mahmoud 1814

liousseyu 1824

Mustapha 1S35

Ahmed. ...... ... ... . 1837

Mohammed , 1855

Sidi-Mohainmed-S,udok. . . . 1859

— Organisation politique. Le bey de Tunis reconnaît la suzeraineté du sultan, qui a confirmé il sa famille la possession héréditaire du gouvernement de la régence, avec des droits très-étendus. Il doit frapper la monnaie au nom du sultan et s'abstenir de toute guerre en son propre nom; pour le reste, il est à peu près libre de gouverner comme il l'entend. On ne lui demande pas de tribut (firman du 25 octobre 1871). Le' sultan de Constantinople reçoit de chaque nouveau bey des hommages religieux, des cadeaux honorifiqueSNet lui accorde l'investiture ; la prière se fait au nom du sultan, chef religieux de l'islamisme ; un contingent de troupes lui est fourni en cas de guerre sainte.

• Le gouvernement de la Tunisie est, dit M. Durant, une monarchie absolue et héréditaire. Seulement, lorsqu'un bey vient à mourir, c'est toujours l'aîné de la famille entière qui lui succède. C'est ainsi que le plus souvent le fils ne succède pas à son'père, du moins immédiatement; car si Ce fils a un parent plus âgé que lui, ne fût-ce qu'un «ousin, s'il est prince du sang, c'est celui-ci qui monte de plein droit sur le trône. L'héritier présomptif se nomme bey de camp, parce qu'il est chargé de commander "tes expéditions ou camps, qui ont lieu deux fois.par an pour aller recevoir l'impôt auquel sont soumises les tribus de l'intérieur des terres. Un ordre du bey, revêtu de son cachet, s'appelle ammar-el-bey ou amrah.

Le bey a .'plusieurs ministres : le ministre des finances ou kas-nadar (gardien du trésor), le ministre de la marine, le ministre des affaires étrangères, le mimistre de la guerre, saheb-el-zaghaïa (porteur de la lance ou zagaie). Le bey est assisté, en outre, d'un secrétaire qui porte le titre de saheb-el-djebira (porteur du portefeuille), du garde des sceaux (appelé par les Européens sapatapa ou saptap) et d'un interprète, le bachi-kasak, c'est-k-dire le gardien de la garde-robe du bey.

La constitution et la loi organique de 1857, si elles étaient appliquées, feraient de la Tunisie un Etat semblable, quant aux institutions politiques, judiciaires, etc., aux Etats européens; mais il ne paraît pas que la constitution et la loi organique aient été sérieusement appliquées et exécutées. Voici en quelques' mots les dispositions essentielles de la constitution.

La sécurité des biens et des personnes est garantie (art. 1"). Tous les Tunisiens sont soumis à l'impôt (art. 2). Tous les Tunisiens sont égaux devant la loi .(art. 3 et 8). La liberté du culte israélite est respectée (art. 4). L'armée est formée par voie de conscription ; le soldat' ne reste au service qu'un temps limité (art. 5). La liberté du commerce est reconnue k tous et sans aucun privilège pour personne (art. 9). Les étrangers peuvent exercer toutes les industries et tous les métiers (art. 10) et acheter des propriétés immobilières (art. 11).

D'après la loi organique, le chef de l'Etat est assisté d'une assemblée législative, dite conseil suprême ou conseil d'Etat, nommée par lui et dont un tiers est pris parmi les ministres ou les fonctionnaires du gouvernement.

La ville de Tunis a un gouverneur, le cheik-el-medina ou' doulaieli, et un commissaire de police ou bach-amba-el-medina.

D'après M. Cubisol, « la Tunisie est partagée eu 24 arrondissements administratifs gouvernés par des caïds, nommés au choix du bey et dont l'autorité est annuelle. Les caïds et mécheiks payent chaque ann,ée au gouvernement du bey un droit d'investiture qui varie selon l'importance du territoire. »

D'après M. Zaccone, les caïds ont sous leurs ordres des khelifas et des cheiks en nombre variable, suivant leur importance. La dénomination de cheik est appliquée en Tunisie a tous les gouverneurs de village.

— Ethnographie. Les trois races principales qui peuplent la Tunisie sont : les Maures

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on Hadars, les Arabes et les Kabyles ou Djebelias. Parmi les éléments ethnographiques moins importants, nous citerons : les Kourouglis (métis turco-arabes), les Turcs, les juifs et les nègres. /

M. Cubisol classe ainsi la population de la Tunisie :

Indigènes. . . ./■ 688^000 . ,

Grandes tribus nomades. 1,236,000

Israélites 50,000

Européens. 26,000

— Finances .«Après s'être fortement endetté par des emprunts publics, le gouvernement tunisien a cru opportun de cesser le payement de ses emprunts. Les menaces d'intervention armée des puissances européennes, et de la France surtout^- le ïîécidèrent k rester fidèle à ses -engagements et à payer en un certain nombre d'années et par voie de tirage au sort l'arriéré dû aux porteurs de titres tunisiens. La dette tunisienne était évaluée dans VAnnuaire de M. Block de 1873 à environ 100 millions de francs.

Les impôts en Tunisie sont la medjeba ou capitation, Yachour (impôt de la charrue), le quanoun (impôt sur les oliviers et les palmiers), enfin la lezmat (comprenant tontes les fermes adjugées aux enchères).

— Instruction publique. Bien que les mosquées et les écoles soient très-nombreuses"" dans toute la Tunisie, l'instruction y est fort élémentaire. Les études principales embrassent la religion, la grammaire, la logique et l'arithmétique. Les personnes plus aisées y ajoutent l'astronomie et la poésie. Il y a à Tunis une Ecole polytechnique. Trait caractéristique : les élèves de cette école reçoivent en guise de pensum la bastonnade. Quelques écoles k l'européenne ont été fondées dans la même ville par des étrangers

— Cultes. La population de la Tunisie est, d'après l'évaluation de M. Cubisol, répartie selon les cultes de la manière suivante :

Musulmans 1,924,000

Israélites 50,000

Catholiques 25,570

Grecs 410

Protestants 20

Les musulmans delaTunisie appartiennent au rite sunnite. Parmi les sectes musulmanes ayant des adhérents en Tunisie, citons celle des malékis, qui est professée par la plus grande partie de la population ; celle des hanéfis, qui diffère très-peu de la précédente et qui est surtout professée par les habitants d'origine étrangère (Kourouglis.etc.) et celte des khamsis, considérée comme schismatique et qui compte des adhérents à Djerbi et dans quelques montagnes.

— Armée, marine. L'armée tunisienne se monte à environ 15,000 hommes, dont 3,000 de troupes .régulières et 12,000 de troupes irrégulières (kourouglis, spahis et zouaves). En principe, l'armée régulière comporte l'infanterie, la cavalerie, ^artillerie, qui fait en même temps le service du génie , la marina et lu garde municipale, composée de 800 k 900 hommes. Le recrutement de cette année est bien irrégulier; malgré l'article 5 de la constitution, les hommes restent sous les drapeaux jusqu'à ce que l'âge, les maladies ou les blessures les rendent complètement impotents ; ils sont alors renvoyés avec une légère retraite.

A ces forces, il faut joindre en outre, sous le rapport de la défense du pays, celles que chaque tribu pourrait de plus mettre sur pied et qui, quoique moins maniables et moins disciplinées qu'une armée régulière, n'en créeraient pas moins, sagement conduites et habilement dirigées, de sérieux obstacles à l'envahisseur.

La flotte comprend à peu près un millier d'hommes, répartis sur trois ou quatre bâtiments, du reste peu importants. La Tunisie est en relation suivie avec l'Europe au moyen de quatre lignes de steamers, et 300 navires font le cabotage.

— Justice. D'après M. Dunant (1858), il y a k Tunis plusieurs espèces de tribunaux musulmans. Le juge s'appelle cadi; l'agent du cadi, sebi-cadi; le tribunal siinplej qui porte le nom de. cheriat-ennabi, est composé d'un seul cadi; la réunion de plusieurs cadis ou tribunal supérieur se noihme el- medjelés ;

"enfin le tribunal mixte, le rebaïd-et-kabta renferme des cadis et d'autres personnes qui ne font pas partie de la magistrature. On peut appeler directement de ces tribunaux à Son Altesse. Le mufti est un magistrat supérieur qui peut casser un jugement du cadi, pour avoir manqué à quelque article du Coran. Le chef des muftis s'appelle bachînufti. Le bey rend lui-même la justice. La justice est toujours rendue au nom de Dieu. Le monarque a seul le droit de condamner k mort.

Les peines infligées aux condamnés sont, suivant la nature ou la gravité de la faute : la bastonnade, l'amende, la prison, les travaux forcés ou la mort.

On applique la peine de mort de différentes manières, suivant la nationalité. Certains jours de la semaine le' bey rend lui-même la justice, ses sentences sont sans appel et doivent être immédiatement exécutées. D'après M. Cubisol, « les Arabes préfèrent cette justice .expéditive à celle, trop, lente pour eux, des tribunaux a l'européenne, contre

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lesquels ils se sont révoltés quand le gouvernement du bey a tenté-de les établir. Le "bey, selon les cas, renvoie les plaignants k la justice religieuse du châara. Le cadi ou bach-mufti, chef du châara, peut décréter les Sentences de mort; mais, dans ce cas, elles ne sont exécutables qu'après la sanction du bey. La justice de paix seulement est faite duns chaque province par les caïds ou les kalifas leurs lieutenants. » D'après M. Zaccone (1875) • les caïds poursuivent, eux et leurs agents, les crimes et délits, jugent ceux-ci et soumettent ceux-là au tribunal du bey. Le cadi n'examine ainsi que les cas intéressant la religion ou ceux relatifs aux accusations d'adultère. •

La constitution et la loi organique de 1857 contiennent un grand nombre d'articles relatifs à l'organisation judiciaire. Nous ignorons s'ils sont appliqués et nous croyons inutile de reproduire ces articles qui, selon toute apparence, sont restés lettre morte.

— Voies de communication. Les routes de la Tunisie sont en très-mauvais état; quelquesunes seulement sont suffisamment tracées pour pouvoir être parcourues par des voitures légères et habilement chargées-, qui vont ainsi de Tunis au Kef, k Gufsa, Ferriana, Nefta, Tauzez, Kairouan- et Sfax. La ligne ferrée de Tunis k La Goulette a transporté, pendant l'exercice 1873 300,000 voyageurs. Tu- . nis est relié k l'Algérie par une ligne télégraphique, passant par le Iief et Souk-Arrhas, et aveu l'Europe, depuis 1865, par le câble sous-marin de Bizerte à Marsala (Sicile). Il existe, en outre, un autre embranchement de Tunis k Soussa et à Sfax. Quant aux établissements de postes, concernant la transmission ou distribution de lettres, il n'existe de bureau réellement établi et régulièrement fonctionnant qu'à La Goulette et a Tunis.

— Industrie. L'industrie est aujourd'hui bien faible eu Tunisie et, pour ainsi dire, à peu près nulle. Nous citerons cependant comme productions spéciales les tissus renommés du Djérid et les belles étoffes de l'île Djerbah; les cotonnades de Sfax, les draps de Tebourha, les fez de Tunis, les babouches et objets de sellerie fabriqués en cuir jaune k Kairouan, les tapis de cette ville et ceux de la capitule de la régence; les fréohias de Gafsa, t'huile de Teboursouf, celle qu'on récolte dans le sud au pays de l'Oudien, et, plus à l'est, dans Djerbah; les savons de Soussa, expédiés ensuite de ce port à Marseille ou à Livourne, et les éponges pêchëcs, ainsi que les poulpes, à Karkennah, Sfax et Djerbah; enfin, la poterie fine de Nabel, les meules arabes de Ferriana et les grandes jarres k huile de l'île Djerbah.

— Commerce, Outre Tunis et le port de La Goulette la régence possède, en fait de ' places da commerce : Soussa, Bizerte, Sfax, Gabès, Djerbah, Monastir, Kairouan et quelques autres de moindre importance. Le commerce a particulièrement pour objet des grains d'une bonne qualité, de l'huile, des laines, des cuirs, de la cire, du savon, des dattes, du séné, de la garance, de l'essence de rose "et des plumes d'autruche. Hors du territoire de l'Etat, les relations commerciales de la régence ont lieu par les frontières do terre, avec l'Algérie, avec Tripoli, avec le Soudan. Le commerce maritime de la ré-

. gence ne dépasse guère le cadre de la Méditerranée. Il se fait à peu près tout entier par le port de La Goulette, où il' s'élevait, comme nous l'avons dit plus haut à l'article Tunis, k 19,500,000 francs pour les importations, et k 13,000,000 de francs pour les exportations, en 1874. Les opérations de commerce de la Tunisie entière avec l'étranger sont évaluées à 48,000,000 de francs.

— Agriculture. Une grande partie du pays est en friche, faute de bras. Les terres les plus fertiles sont situées le long des côtes. Malgré l'état arriéré de l'agriculture et l'incurie des Maures, elles sont d'un rapport considérable. Dans les bonnes années, celles du district de Frikiah donnent 100 pour l. Les principales productions consistent en froment, orge, maïs, dattes, fèves, huile en abondance, cire, séné, coton, indigo, safran, opium, tabac, garance ; tous les fruits des climats chauds, tels qu'oranges, grenades, limons, pastèques, melons excellents, figues, pistaches, jujubes, et quelques-uns de ceux que produisent les climats tempérés. On y recueille aussi une grande quantité de pois chiches, de lentilles et de fèves. La vigne y vient très-bien, et on y sèche annuellement une grande quantité ue muscat blanc pour l'exportation. Les jardins offrent une graude variété des plus belles fleurs. On cultive le mûrier blanc pour la nourriture des vers à soie. On élève des chameaux dont la sobriété .est peut-être encore plus remarquable qu'ailleurs, et que l'on nourrit presque exclusivement de chardons, de feuilles d'arbres, ou de paille hachée mêlée h un peu d'orge ; des chevaux (dits barbes) d'une taille moyenne, vigoureux et infatigables, et qui se conservent jusqu'à vingt-cinq ou trente ans, mais qui deviennent chaque jour plus rares; des mules que l'on dresse à la selle ; du gros bétail d'une petite race, des moutons de l'espèce k grosse queue et dont la 'chair sent la laine ; des chèvres dont le peuple des montagnes tire sa principale subsistance, etc. Les côtes sont peu poissonneuses,

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— Langue, littérature., On parle en Tunisie lîarabe et le berbère ou chaouia. Cette dernière langue n'est usitée que parmi les montagnards et les habitants de Djerbah. Parmi les nommes remarquables que Tunis a produits comme écrivains , il faut citer : EL-IIadj- Hammouda-ben-Abd-Ellaziz, historien chroniqueur qui. était secrétaire particulier d'Ali» Bey, et qui écrivit vers l'an 1160 de l'hégire (1748); on a de lui une chronique de Tunis très-estimée, et une histoire du gouvernement d'Ali-Bey; Mohammed- ben-Hussein- Beïrem, savant distingué, écrivain, médecin, etc., qui vivait sous le'règne de Mohammed, fils d'Hussein -ben -Au (1756-1759); Khalifa-ben-el-Cayed-Mansour-el-Mascherat, poète tunisien, du temps d'Ali-Bey; El-Baji, chroniqueur renommé; Abd-el-Onahed-ben- Achir-el-Andloussi, historien e£ théologien, qui vivait sous les règnes d'Ali-Bey et de Hammouda-Pacha-, Tijani, Magdich et d'autres encore, sont de3 chroniqueurs plus ou moins célèbres.

— Bibliographie. On peut consulter avec fruit sur la Tunisie : Etat des royaumes de Barbarie, Tripoli, Tunis et Alger (La Haye, 1704, in - 12) ; Shaw, Voyage dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant (1743, 2 vol. in-4u); Peyssonnel et Desfontnines, Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger, publiés par M. Dureau de La Malle (1838, 2 .vol. in-8°); Manuert, Géographie ancienne des Etats barbaresqnes, traduit de l'allemand, par Maicus et Duesberg, enrichie de notes et de plusieurs mémoires, par Marcus (1842, in-8°); Frank, Tunisie, dans le tome XLVII de Y Univers pittoresque (1850, in-8°) ; Pellissier. Description de la régence de Tunis (1853, gr. in-8°); Dunant, Notice sur la régence de Tunis (Genève, 1858, in-8°); Beulé, Fouilles à Cartilage (1860); Guérin, Voyage archéologique dans la régence Ue Tunis (1862, 2 vol. in-8°, avec carte).; Rousseau, Annotes tunisiennes ou Aperçu historique sur ta régence de Tunis, Alger et Paris (1863, in-8°); Cubisol, Notices abrégées sur la régence de Tunis (in-4", autographié); Des Godins de Souliesmes, Tunisjiistoire, mœurs, etc. (1875, in- 18); Zaccone, Notes sur lu régence de Tunis (1875, in-8°) ; De Sainte-Marie, les Jtuines de Carthage (dans Y Explorateur du 20 janv. 1876 et n°» suivants).

TUNISIEN, IENNE s. et adj. (tu-ni-ziain. iè-ne). Géogr. Habitant de Tunis ou de la Tunisie; qui appartient à ces pays ou k leurs habitants : Les Tunisiens. La population tu-

NISIENNt;.

TUNJA, ville des Etats-Unis de Colombie, ch.-l. de l'Etat de Boyaca, sur une hauteur enfermée dans une enceinte de montagnes rocailleuses et entourée de marais, k 97 kilom. N.-N.-E. de'Bogota; pur 5° 26' de latit. S. et 96° 8' de longit. O.; 7,000 hab. Université, collège, dit colegio de Boyaca. Fabriques de lainages et de cotonnades. Grand commerce de tabac; eaux thermales.

TUNKER s. m. (teun-kèr). Mis t. relig. V.

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