TURA
Racine met ces mots dans la bouche de Miihridate :
Tout m'abandonne ailleurs! Tout me trahit ici! Phamacc, amis, maîtresse; ef VA, mon fils, aussi!...
Ces mots tantôt sous la forme latine, tantôt sous la farine française, s'adressent en général à tous ceux qui nous frappent d'un coup inattendu, ou qui, cédant k un entraînement général, se laissent aller à une action tout opposée à l'idée qu'on s'était faite de leur caractère.
■ Ainsi la fantaisie vous a pris de marier votre tilte àun marquis... Quoi I vous aussi !... tu quoque t Si l'on m'avait demandé quel était l'homme le plus inaccessible k ces petites vanités, le plus supérieur à ces petits anachroniques, le plus incapable de continuer la dynastie éteinte des bourgeois-gentilshommes, j'aurais répondu sans hésiter : Durousseau 1 »
DiJ PONTMARTIN.
« M. Ampère a quelquefois traité avec trop de sans façon cette pauvre vieille douairière qu'on appelle la poésie française, et qui, bien malmenée ailleurs, a le droit de dire comme César, à tout académicien lui manquant de respect : Tu quoque! »
DE PoNTMARTttf.
• C'est l'ingratitude, l'injustice, l'inhumanité de mon propre -fils qui me navre le cœur; je ne puis guérir cette blessure. Nonseulement il a ruiné sa famille, mais il tue son père... Rien, depuis que j'existe, n'a dompté mon courage; il fallait cela pour me vaincre : Tu quoque, fili! »
Daniel de Fos.
• Lorsque le- vieux Rezzonico (le pape Clément XIII) reçut l'avis du cabinet espagnol qui lui annonçait le bannissement de l'ordre comme un fait accompli, il fondit en larmes, tant ce coup était inattendu pourlui. Il avait pour le roi Charles III une tendresse toute paternelle ; il se croyait assuré de son amitié. Lorsqu'elle lui manqua tout a coup, il se sentit défaillir. 1 Et toi aussi, mon fils! • lui écrivit-il, en répétant le mot de César frappé à mort par Brutus. «
Lanfrey.
TUR s. m. (tur). Mamm. Un des noms de l'aurochs, en Lithuanie.
TUBA (ALT-), ville de Hongrie (Neitra), à 35 kilom. Ë. de Skalitz; 8,000 hab. Fabrique de draps. Commerce de beurre et da fromage.
TCRA (Cosimo), désigné par Vasari sous le nom de Couuè, peintre italien, no à Ferrare en 1406, mort en 1469. Il reçut les leçons du Squarcione et passa la plus grande partie de sa vie dans sa ville natale, où il devint peintre du duc Borso d'Esté. Cet artiste, au'on a surnomme le ïfamegua do l'écolo do Ferrara, avait fait une étude approfondie do l'analomie. « Sou style est sec et sans élévation,- dit Périès ; mais il faut attribuer ces défauts à son siècle, où l'on était encore éloigné da la véritable morbidesse et du véritable grandiose. Les muscles sont très- prononcés les lignes de l'architecture tirées avec la plus scrupuleuse exactitude, et les basreliefs, ainsi que tous les autres ornements, sont exécutés avec un soin qui va jusqu'à la minutie et une vérité poussée aussi loin que possible. On voit de cet artiste, à Ferrara : Saint Georges vainqueur du dragon , V Annonciation, ses oeuvres les plus estimées ; une Madone, Saint Jérôme, la Crèche, les Actes de la vie de saint Eustache, les belles fresques qui décorent le palais de Schivanoja; à Forli, une Visitation; au musée de Berlin, une Madone; nu Louvre, Saint Antoine lisant et une Piété.
TURACINE s. f, (tu-ra-si-ne). Chim. Nom du pigment rouge qu'on rencontre dans les plumes des ailes de plusieurs espèces de turaco.
Encycl. On a donné le nom de turacine
au pigment rouge qu'on rencontre dans les plumes des ailes des différentes espèces de turaco. On l'extrait au moyen des alcalis étendus et on la précipite inaltérée de la "solution alcaline au moyen d'un acida. Elle diffère de tout autre pigment animal connu par ce fait singulier qu'elle renferme 5,9 pour 100 de cuivre qu'on ne peut en séparer qu'en la détruisant. Le spectre de la turacine offre deux bandes d'absorption noires. Ce corps présente une composition constante, même lorsqu'il provient d'oiseaux qui appartiennent à des espèces différentes et de genres différents, comme -les musophaga violaeea, corythaix albo-cristata et corythaix porphyreolopha. •
TURACO s. m. (tou-ra-ko). Ornith. Syn. de
TOURACO.
TCRAMINI (Alexandre), jurisconsulte italien, né à Sienne vers 1558. D'abord avocat, il s'adonna ensuite avec beaucoup de succès à l'enseignement de la jurisprudence k Sienne, k Florence, où il fut en même temps auditeur de rote, k Naples (1594) et enfin k Ferrare. Turamini composa plusieurs ouvrages juridiques, qui ont été réimprimés h Sienne (1769, in-fol.), et parmi lesquels on cite
TURB
un remarquable commentaire sur le livre Dt legibus du Digeste. On trouve dans cet écrit comme le germe de l'ouvrage de Grotius sur le droit delà guerre. Turamini composa pendant ses loisirs des poésies, des pièces ne théâtre et divers essais littéraires, entre autres : Si'ano, Favota boschereccia (Naples, 1599, in-S»).
TTJRAN1EN, IENNE adj. (tu-ra-ni-ain, ifene). Autre forme orthographique du motTOU-
RANIEN.
TURBAN s. m. (tur-ban, — du persan dulband. qui signifie proprement bande de tête). Coiffure orinniaie faite d'une pièce d'étoffe qui est roulée autour d'un bonnet : Il n'est permis qu'à eaux qui sont issus de la race de Mahomet de porter le turban vert. Les chrétiens n'oseraient porter le tukean blanc dans Jes Etats du grand Seigneur. (Aead.) Bien n'est plus curieux que de voir un coupé ou une catèche portant sur le siège un cocher à turban. (G. de Nerv.)
— Poétiq. Turquie, gouvernement turc :
N'avons-nou» pas cent fois, en faveur de la France, Comme lui, dans nos vers, pris Memphis et Iiyzaniw, Sur les bords de l'Euphrate abattu le lurfcnn ?
Boileau.
— Sorte de coiffure de femme, k Va mode du temps du premier Empire et semblable au turban des Orientaux.
Prendre le turban, Se faire mahométan.
— Coinm. Toile de coton rayée de bleu et de blanc, qui se fabrique dans l'Inde et qui sert a faire des turbans. '
— Crust. Nom vulgaire des balanes.
— Turban de Pharaon, Nom vulgaire du monodonte de Pharaon. 11 Turbanpersan, Nom vulgaire du turbo cUarts.
— Bot. Nom vulgaire des lis martagon et pompone, lî Variété de courge pépon , ou mieux de giraumont. -
— Encycl. Le turban est un long morceau de mousseline, la plupart du temps imprimée, brochée ou brodée. Les cachemires servent aussi de turban dans les temps froids. Les émirs qui se prétendent les descendants directs de Mahomet portent le turban vert, et eux seuls jouissent du privilège de l'avoir entièrement de cette couleur, qui est celle du Prophète. Ceux des autres Turcs sont blancs ou rouges. Le turban du Grand Seigneur est de la grosseur d'un boisseau, orné de trois aigrettes enrichies de pierreries; celui du grand vizir n'en a que deux; d'autres officiers n'en portent qu'une seule et les subalternes n'en ont point. Maintenant le turban est devenu très-rare à Constantinople par suite du changement dans le costume introduit sous Mahmoud. C'est en Egypte et surtout en Syrie que le turban s'est conserve. Les habitants de Bethléem ont un bonnet dans le genre du fez, qui retombe en dehors du turban i la manière du bonnet napolitain. En Egypte et en Syrie, la tyisse classe porte le tw-oan blanc, rouge ou jaune en laine ; quelques-uns sont même en toile de coton. Dans les temps froids, on met par-dessus une draperie qui s'enroule sous le menton et autour du cou , retombant sur l'épaule. Les Persans ont un turban de laine rouge ou de taffetas blanc rayé de rouge. Les Orientaux possèdent au plus haut degré l'art de draper le turban. L'étoffe du turban est ordinairement un carré long., quelquefois de 5 ou 7 mètres. Il faut écre deux pour le rouler convenablement. Une des personnes tient à deux mains une extrémité du carré par les coins, tandis que l'autre tient dans une main le coin opposé (l'étoffe étant dans un plan vertical), de manière que le coin supérieur retombe de lui-même et se reploia suivant une diagonale. Alors en même temps la torsion s'opère, chacune des deux personnes tournant en sens inverse de l'autre, i comme pour tordre un linge mouillé. Pour l'ajuster sur la tête, on saisit de la main gauche le bourrelet, dont on laisse dépasser (hors de la main du côté du petit doigt) une longueur d'environ deux mains; on place le rouleau sur la tempe, près de l'oreille gauche, tandis que le bourrelet tourne derrière la tête, en couvrant presque entièrement l'oreille droite et biaisant sur te crâne ; on fait deux . ou trois tours parallèles et le reste des tours en sens opposé et en croix, de manière à couvrir l'oreille gauche. On continue ainsi jusqu'au bout de ce bourrelet, dont on fixe l'extrémité sous la dernière torsade; on relève alors l'extrémité qui a été posée en premier sur la tempe gauche et sur le tarbouch et on la passe au-dessus du turban, ce qui en forme comme une embrasse et qui le consolide. Le tarbouch doit être préalablement très-enfoncé sur les oreilles pour plus de solidité. Les turbans africains ne se croisent pas; le bourrelet en est très-serré et forme la spirale. En Syrie, ils sont très-larges et peu tordus, ce qui est beaucoup plus pittoresque. En voyage, certains Turcs, pour se garantir du froid, en déroulent une partie dont ils s'enveloppent le menton et le cou, le fixant sur la tête.
TURBANET s. m. (tur-ba-nè — dimin. de turban). Bot. Variété de courge ou de girau mont, très-estimèe.
TCRBAT-ET-SA1X, chaîne de montagnes de France, qui s'étend entre les arrondissements de Gap et de Grenoble et sépare la vallée de Saint-Christophe-en-Oisaiis du val Godré-
TUIIB
mard. 1-e col du Turbat a une altitude de 2,598 mètres.
TURBE s. f. (tur-be — du !at. turba, foule). Ane. procéd. Enquête par turbés, Enquête faite en prenant le témoignage de plusieurs habitants pour constater Tes usages, les coutumes des lieux : Les témoins entendus dans les enquêtes par tubbes se nommaient iur~ tiers, et dix iurbiers ne faisaient qu'un seul témoin. (Aoad.)
— Mus. Espèce do clarinette fort basse.
TURBÉs. ni» (liir-bé). Espèce de petite chapelle ronde, dans laquelle se trouve le tombeau d'un sultan ou d'un mahométim de distinction : Ces cercueils à dos d'âne, recouoerts de cachemire, qu'on aperçoit, à travers les grillages, dans les turbés des sultans... (Th. Gaut.)
— Encycl. Les turbés ne sont pas toujours annexés aux mosquées ; ils forment dans la ville des édifices pieux, dont le service est assuré par des dotations particulières. On trouve dans ces turbés le catafalque du sultan recouvert d'étoffes précieuses ; du côté de la tête est un turban et du côté des pieds un énorme cierge. A côté de ce catafalque, on en voit souvent d'autres moins importants, renfermant les dépouilles des frères, des dis du sultan qui n'ont pas régné; quelquefois celles de sultanes favorites. On trouve encore dans les provinces une foule de tombeaux élevés en l'honneur des eheiks ou des saints, qui sont un objet de vénération et un but de pèlerinage. Des petits édifices, appelés santons, sont ronds, carrés ou octogones et couronnés par une coupole.
TURBELLAIRE s. f. (tur-bèl-lè-re). ïlelminth. Syn. de tuubellb.
TURBELLARIÉ, ÉE adj. (tur-bèl-la-ri-é — rad. turbelle). Zool. Qui ressemble ou qui se rapporte à la un-belle.
— s. m. pi. Classe d'helminthes, ayant pour type le genre turbelle.
TURBELLE s. f. (tur-bè-le — diinin. du )at. turbo, disque, sabot). Helminth. Genre de vers aquatiques, type de la classe des tutbellaviés et de la famille dus amphistérées, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les eaux douces de l'Europe.
TURBICIN', tNE adj. (tur-bi-sain, i-ne — du lat. turbo, sabot). Moll. Qui ressemble aux coquilles du genre turbo.
— s. f. pi. Famille de mollusques gastéropodes pulmonés, ayant pour type le genre cyelostome.
TURB1CULÊ, ÉE adj. {tur-bi-ku lé). Moll. Syn. de turbiné.
TURBIE(la1, village de France (Alpes-Maritimes), à 18 kilom. de Nice, situé à 500 mètres d'altitude sur le sommet de l'arête qui réunit le mont Agel au promontoire de la Tête-de- Chien. C'est là que se trouvait jadis l'extrême limite entre les Gaules et l'Italie, et jusque dans le milieu du moyen âge celle de la Ligurie et de la Provence. La possession de cette frontière a été fréquemment disputée par les populations limitrophes; aussi le contre-fort de montagnes qui domine La Tuibie au nord a-t-il conservé jusqu'à nous le nom de mont des Batailles. Suivant une tradition locale, ce serait sur le sol même de La Tuibie qu'Auguste mirait vaincu -les peuplades des Alpes. Les nombreux trophées de- victoire dont on voit encore aujourd'hui les restes dans la tour d'Auguste, située au pied de La Tuibie sur un tertre qui domine le village, ont encore accrédité cette opinion. Cette tour a subi de telles métamorphoses, non-seulement par les dégradations et les démolitions, mais par les changements de destination, qu'il est difficile de s'en faire une idée précise d'après son état actuel.
TURBIER s. m. (tur-bié — rad. turbe).
Ane. legisl. Témoin entendu dans une enquête par turbés.
TURBILLY (L,ouis-François-Henri de Me- NON, marquis de), agriculteur et officier français. V. Menon de Tvjrbilly.
TURBINACÉ, ÉE adj. (tur-bi-na-sé — du làt. turbo, sabot). Moll. Qui rassemble ou qui se rapporte au turbo ou sabot.
— s. m. pi. Famille de mollusques gastéropodes peutinibratich.es, comprenant les genres turbo, troque, tutritelle, etc., et correspondant à peu près aux troehides'ou aux tro-
» choïdes;
— Forain. Famille de foraminifères, ayant pour type le genre roialine.
TURBINAIRE s. f. (tur-bi-nè-re — du lat. turbo, toupie). Zooph. Syn. d'EXPLANAiRE , genre de polypiers.
— Bot, Genre d'algues, formé aux dépens des sargasses, et comprenant trois ou quatre espèces des mers tropicales.
TURBINASTRÉE s. f. (tui-bi-na-stré — du lat. tttrbo, toupie, et de aslrée). Zooph. Genre de polypiers fussiles, formé aux dépens des astrées, et comprenant les espèces de forme turbinée.
TURBINE s. f. (tur'-bi-ne — du lat. turbo, toupie). Arehit. Tribune de l'orgue, dans une église.
— Mécan. Roue à axe vertical, plongée dans le courant qui la fait mouvoir.
— Encycl. Méean. La première turbine qui
TURB
ait fixé l'attention est celle de M. Fourneyron, que nous allons décrire en premier lieu. L'eau arrive du bief d'amont dans une cuve cylindrique CC fermée à sa base, mais présentant sur tout son contour, à sa partie 'inférieure, une ouverture en face de laquelle se présente la face interne de la roue horizontale, dont la figure représente la coupe TT (fig. 1). L'eau qui tend à s'échapper de l'ouverture pratiquée dans le fond de la cuve
TURB
cette roue, il faut composer la vitesse OV. avec une vitesse OU' égale et contraire a OU ; pour qu'il n'y ait pas de choc, il faut que la résultante OV soit tangente à l'aube (fig. 3).
TURB
Fig. I.
pénètre dans la turbine par sa face interne, y est guidée par des aubes courbes contre lesquelles elle réagit et en sort par la face externe. La turbine est liée à un axe aa qui traversa une guîne cylindrique concentrique avec la cuvé et ouverte à ses deux extrémités. Cette gaine isole complètement l'axe de l'eau du réservoir, de sorte qu'il, ne peut y avoir aucune fuite nuisible. L'axe repose sur un pivot p établi sous l'eau dans le bief d'aval ; comme il forme crapaudine, on peut en entourer la surface flattante d'un bain d'huile qui ne saurait s'échapper. On peut laisser nu
Iiivot qui supporte la roue une certaine moùlité dans le sens vertical, en le faisant supporter par un levier dont la manette se trouve a l'extérieur. On conserve ainsi le moyen de remettre la turbine bien en face de l'ouverture de la cuve, si les tassements ou jeux l'avaient dérangée, La turbine peut fonctionner k une très -petite distunce au-dessus du niveau du bief d'aval ou noyée dans ce bief. La seconde disposition évite toute déperdition dans la hauteur de la chute, permet de profiter de l'excédant de puissance de cette chute au moment des grandes eaux, en garantissant en même temps l'appareil des dangers que lui feraient courir soit les glaçons a la dérive, soit ceux qui, en se formant au contact des aubes et de la cuve, établiraient une adhérence capable de déterminer des ruptures uu moment de la mise en train. Comme l'écoulement a lieu en vertu de la différence de niveau dans les deux biefs, la turbine peut être plus ou inoins plongée sans qu'il en résulte aucune modification dans sa marche. Nous avons déjà dit que l'eau est dirigée dans l'intérieur de la roue TT par des aubes courbes m, m, m contre lesquelles elle réagit «or sa force centrifuge, de manière à déterminer le mouvement dans le sens où est tournée la convexitéde ces aubes (fig. g). Mais
pour éviter la perte de force vive qui serait due au choc de l'eau contre les aubes à son entrée dans la roue, il est nécessaire de la diriger à sa sortie de la cuve. M. Fourneyron a, pour cela, garni le fond de cette cuve de cloisons fixes n, n, n. L'inclinaison des tangentes à ces cloisons et aux aubes k l'extrémité des premières et à la naissance des secondes est calculée de manière qu'en raison de la rotation de la roue l'eau, dans son mouvement relatif, ne pénètre que tangentiellement aux aubes. Soient 0 le point de concours momentané d'ui'e cloison n et d'une aube m, OV la vitesse de l'eau, due à la hauteur et fournie par la
formule
V = /ïgtl ,
OU la vitesse de la roue à sa circonférence interne; pour avoir la vitesse relative de l'eau par rapport à la roue a'son entrée dans
Fig. 3.
Or, la vitesse V est connue d'avance, comme nous l'avons déjà dit; la vitesse U est à la disposition du constructeur ; en effet, la puissance de la chute ou sa force en chevauxvapeur est connue ; on peut apprécier a peu près d'avance le rendement de la machine; on sait quels outils elle doit faire mouvoir, par conséquent quel travail elle doit effectuer par tour; on peut'donc savoir quelle vitesse elle doit prendre. Ainsi, si la puissance de la chute correspond a A kilogrammètres par minute, que le coefficient de réduction soit K, que le travail correspondant a un tour soit a, le nombre de tours par minute, x, doit être fourni par l'équation
ax = KA.
En sorte que, si r est le rayon intérieur de la turbine, la vitesse U est
î-nrx '
~6û~'- V et U étant donc co.;nus, on peut se donner à volonté l'inclinaison de l'aube ou de la cloison sur la circonférence interne ; la figure fera connaître l'autre inclinaison.
L'aflîuence des eaux motrices ne restant pas constante, on est obligé de 'modifier de temps en temps le régime de la turbine. 11 importe évidemment de conserver la vitesse pour laquelle elle a été construite, sans quoi la condition qui vient d'être établie cesserait d'être remplie; on diminue donc le travail à effectuer par tour durant la période où les eaux sont moins hautes et moins abondantes. D'un îtutre côté, il faut aussi, par la même raison, conserver à l'eau la même vitesse à la sortie de la cuve; pour cela, on rétrécit l'ouverture par laquelle elle s'échappe. Dans es but, M. Fourneyron divisait la hauteur de ses turbines en trois parties égales au moyen de cloisons horizontales, de manière à avoir effectivement trois turbines liées entre elles et montées sur le même axe. Une vanne VV circulaire, que la figure représente abaissée du tiers de la hauteur de la roue, pouvait être manœuvrée de l'extérieur, nu haut de la cuve, au moyen d'une roue horizontale en-
f renant aux trois petits pignons montés sur es axes verticaux et reliés à des tringles verticales qui supportaient la vanne. En mettant l'un des pignons en mouvement au moyen d'une manivelle, on faisait tourner la rouo et par suite les deux antres pignons. Comme les trois pignons avaient même rayon, la vanne montait ou descendait parallèlement à, ellemême.
La turbine Fourneyron, comparée à la roue Poncelet, la plus parfaite des roues hydrau-
liques, présente des avantages considérables. La première raison de sa supériorité consiste en ce que l'eau y pénètre par une ouverture et en sort par une autre, de manière qu'elle ne se gêne jamais dans son mouvement; toutes les autres conditions que doit remplir un bon moteur hydraulique, entrée sans choc, sortie sans vitesse, régularité, etc., sont aussi plus faciles à réaliser. D'un autre côté, l'eau agissant simultanément de la même manière sur tout le pourtour de la roue, elle ne produit qu'un couple d'où ne résulte aucune pression sur l'axe. Enfin, la turbine peut être adaptée à toute espèce de chute. M. Fourneyron en a établi une à Saint-Biaise, dans la forêt Noire, pour une chute de 108 mètres de hauteur; une autre à Gisors pour une chute de im ,15, et toutes deux ont donné le même ren» dément 0,75. La première, dont le diamètre n'est que de om,55, fait 2,300 tours par minute et a une force de 40 chevaux-vapeur.
— Turbine Callon. Le mode de vannage adopté p:ir M. Foiuneyron a des inconvénients que M. Callon a essayé de faire disparaître. Quand le bord inférieur de la vanne n'est pas juste à la hauteur des deux cloisons (et la condition de conserver un niveau constant dans la cuve peut obliger de porter ce bord entre deux cloisons), il arrive que l'eau emprisonnée dans la portion obturée de la roue entre à, l'état de remous aux dépens de la force vive de l'eau affluente. M. Callon, pour éviter cet inconvénient, divise sa vanne en coins égaux, diamétralement opposés deux à deux et solidaires, qu'il abaisse complètement par deux, quatre ou six, etc., en fac* des ouvertures laissées par les cloisons disposées au fond de la cuve. Cette disposition présenie un autre inconvénient; en effet, au moment où l'intervalle de deux aubes arrivé en face d'une vanne fermée, il y a changement brusque du régime, par suite choc et, par conséquent, perte de force vive.
— Turbine Kmchlin. Les turbines que nous avons décrites dans ce qui précède sont assez difficiles k réparer. En effet, pour les atteindre, il faut d'abord les mettre à sec, ce qui exige la construction d'un barrage provisoire d'abord et ensuite l'épuisement de l'eau restante au moyeu de pompes. La turbine Kceohlin, qui a été d'abord imaginée par M. Jouval, est exempte de ces inconvénients; elle est établie à une petite distance du niveau supérieur, dans l'intérieur de la cuve cylindrique qui réunit les deux biefs et qui doit alors plonger un peu dans l'eau du bief inférieur. Cette turbine, construite sur le modèle de la turbine Fontaine, touillant dans l'intérieur du réservoir cylindrique, il semble au premier abord qu'on perde toute la portion île la hauteur de chute qui reste au-dessous de sa face inférieure ; mais il n'en est rien, parce que, si la pression au-dessus, de haut eu bas, est faible, par compensation la pression audessous est négative, c'est-k-dire qu'il y a succion de ce coté. La somme des efforts supportés par les aubes reste toujours la même. Cela posé, pour visiter-hrdjràiiie'et la réparer^ fi suffit de détourner un instant l'eau de la source; )e réservoir se vide en peu de temps et les ouvriers peuvent y descendre.
— Turbine Fontaine. La turbine Fontaine, perfectionnée par les ateliers do Chartres, se compose principalement de deux punies bien distinctes, placées l'une au dessus de l'autre et formées par des zones portant des aubes courbes k surface hélicoïdale dont la génératrice est une droite horizontale (fig, 4).
La partie supérieure, dite distributeur, est fixe; ses aubes sont disposées de façon à diriger l'eau suivant une inclinaison calculée d'après la pression, sans choc, sur les aubes de la partie inférieure; celte dernière, ou turbine proprement dite, est mobile; ses aubes, dirigées en sens inverse de celles du dis-
tributeur, suivent une courbe dont le3 ordonnées sous la vitesse de l'eau et de la turbine vont en s'élurgissnnt vers le bas et à l'extérieur; elles forment des orifices dont -l'aire est plus grande que celle des adducteurs, de manière que la veine' liquide y dévie librement sans aucun»» contraction
TURB
et évite ainsi les frottements nuisibles an rendement.
La distribution de l'eau dans les orifices adducteurs est réglée au moyen de deux bandes en gutta-percha disposées pour s'enrouler .autour de deux cônes tronqués que l'on fait mouvoir de l'intérieur de l'usine. Suivant le sens imprimé k ces cônes, les orifices se ferment ou se découvrent par couples diamétralement opposés; les orifices ouverts restent complètement libres, n'étant obstrués ni gênés par aucun organe du mécanisme, ce qui permrft à la veine liquide de pénétrer dans les aubes et de suivre, sans contraction aucune, exactement la forme des courbes. Une des qualités principales que possèlle ce mode de distribution de l'eau, c'est de produire une fermeture hermétique n'exigeant q^ue peu de force pour être manœuvrée et iacilitant ainsi l'application utile d'un régulateur.
Avec cette disposition, les turbines Fontaine perfectionnées peuvent dépenser des
TURB
volumes d'eau (rès-variables, sans pour cela que le rendement varie sensiblement. Dans certains cas, quand il existe de très-grandes variations dans la chute et !e volume d'eau à dépenser, on construit la turbine double avec deux compartiments;. le compartiment extérieur, est spécialement disposé pour les eaux d'été, et les deux réunis ensemble pour les eaux d'hiver ; les diamètres des compartiments sont calculés en raison directe des chutes extrêmes; aussi, quelles que soient les différences de hauteur de pression, la vitesse de la turbine est constante. Les établissements de l'Etat ont partout adopté les turbines Fontaine perfectionnées par les ateliers de Chartres, dont la spécialité est l'installation des moteurs hydrauliques, en général, dans tous les cas qui peuvent se présenter; ainsi, avec de faibles chutes, la turbine, ou roue k axe vertical, est remplacée par la roue à axe horizontal à marche lente et plongée dans l'eau d'aval, comme l'indique la ligure oi-dcssous (fig. 5).
Fis. B.
— Turbines hydropneumatiques. M. Girard a cherché à éviter l'obligation d'employer aucun mode de vannage en faisant fonctionner la turbine dans l'air. Il est clair que, si la turbine Fourneyron était établie au-dessus du niveau dans le bief d'aval, il n'y aurait aucune utilité de diminuer l'espace offert aux eaux entre les aubes de la turbine au moment où elles seraient moins abondantes; elles couleraient sans remplir toute la hauteur de la couronne et il n'en résulterait aucun inconvénient. Mais il y aurait trop de désavantage à faire ainsi fonctionner la lurliine au-dessus de l'eau dans le bief inférieur. M. Callon conserve l'avantage qui vient d'être indiqué et évite l'inconvénient en établissant sa turbine sous une cloche renversée, dont le bord plonge dans le bief d'aval et où l'on a comprimé de l'air qui, refoulant l'eau d'aval, laisse la turbine a sec. La turbine fait mouvoir elle-même une pompe à air destinée k fournir au remplacement de celui qui aurait été dissous par l'eau. La pression de l'air dans la cloche étant représentée par la différence des niveaux de l'eau à l'intérieur de cette cloche et à l'extérieur dans le bief d'aval, il en résulte que la hauteur de chute est toujours tout entière utilisée. La pompe à air doit en fournir un peu en excès, de manière que sous la cloche Je niveau soit à la hauteur des bords. L'air en excès s'échappe dans l'atmosphère.
TURBINÉ, ÉE adj. (tur-bi-né — du lat.
turbo, toupie). Hist. nul. Qui a la forme d'une toupie : On appelle coquilles turiuxéus toutes celles gui s'élèvent eu spirale. (V. de Bomare.)
TURBINELLE s. f. (tur-bi-nè-le — dimin.
du lat. turbo, sabot, toupie). Moll. Genre ie mollusques gastéropodes peotimbrunches, de la famille des bnccinuïdes, comprenant une centaine d'espèces, dont la plupart habitent les niera tropicales : Les turbinelliîs ressemblent beaucoup aux fuseaux. (K. Baudement.) Les tuhmnullus tout des coquilles murines épaisses, (A. Rousseau.)
— Iufus. Genre d'infusoires, de la famille des cercariées ou des urcéolariens, voisin des vorticeiles.
— Encycl. Les turbinellej sont caractérisées par une coquille turbiuée ou turricuiée, éjjaisse, à spire quelquefois surbaissée et mamelonnée au sommet; l'ouverture ovale avec un canal toujours fort droit et le ■plus souvent allongé, a bord droit tranchant, k bord columellaire, souvent calleux et portant plusieurs plis comprimes et Iran s verses. L'animal a été k peine observé et ses moeurs ne sont pas connues. Les nombreuses espèces de ce genre habitent s-unout les mers des pays chauds. On remarque particulièrement la turbinelle cornigère, vulgairement dent-de- I chien; la turbinelle de Ceram, ou c/tausse-
trape; la turbinelle poire. On connaît quelques espèces fossiles des terrains tertiaires. TURBINIE s. f. (tur-bi-nî — du lat. turbo, toupie). Zooph. Genre de 'spongiaires, comprimant plusieurs espèces de très - petite taille, qui se trouvent à l'élat de fossile aux enviions de Paris.
TORBINIFLORE adj. (tur-bi-ni-flo-re — du lat. turbo, toupie; flos, fleur). Bot. Qui a des fleurs disposées en une téfe turbiuée.
TURB1NIFORME adj, (tur-bi-ni-for-me — du lat. turbo, toupie-, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'une toupie.
TURBINITE S. f. (tur-bi-ni-te — du lat. lurbo, toupie). Moll. Coquille turbiuée : Il se trouve des turbinites dans le sein de la terre (Acud.)
TURBINOÏDE adj. (tur-bi-no-i-de — du lat. turbo, sabot, toupie, et du gr. eidos, aspect). Hist. nat. Syn. de turbiné.
— s. m. pi. Forain. Famille de foruininifères hélicostègues,
TURBINOLIE s. f. (tur-bi-no-11 — du lat. lurbo, sabot). Zuoph. Genre de polypiers pierreux, de la famille des funginieus, comprenant de nombreuses espèces vivantes ou fossiles.
TURBINOLOPSE s. m. (tur-bi-no-lo-pse— de turbittolie, et du gr. opsis, aspeot). Zooph. Genre de polypiers, de la famille des funginieus, comprenant plusieurs espèces, dont le type a été trouvé à l'état fossile aux environs de Caen.
TURBITH s. m. (tur-bitt — de l'indoustan» turbit/i, qui purge, ou du lut. iurbare, troubler). But: Genre de plantes, de la famille des ombelliferes, tribu des séselinées, dont l'espèce type croît dans les Alpes. || Nom vulgaire d'une espèce de globulaire. Il Racine d'une espèce de liseron de l'inue : On emploie le TURM'ni comme purgatif. (V. de Bomare.) I! Turbith bâtard ou de montagne, Noms vulgaires de la thupsie. Il Turbith blanc. Nom vulgaire de la globulaire turbith. Il Turbith noir, Nom vulgaire de l'euphorbe des marais.
— Cbim. et pharm. Nom donné k des corps formés par diverses combinaisons d'ammoniaque, de niire, de mercure.
— Encycl. Pharru. Turbith eégétal. La racine de turbith, telle qu'on la trouve dans lo commerce, est rompue en tronçons de 0m,13 à 0m,lG, tantôt pleins' k l'intérieur, tantôt consistant en une ecorce épaisse dont on a reiirô le cœur. Le diamètre des morceaux varie de 0">,ou à 1)01,027; leur extérieur est d'un gris cendré et rougeàlre; l'intérieur est blanchâtre; la partie corticale parait formée de faisceaux de fibres rapprochés les uns des
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autres et figurant comme des côtes cordées k l'extérieur. Elle est compacte et gorgée d'une lésine qui exsude souvent en larmes jaunâtres. On doit la choisir lourde, non vermoulue et pourvue de sort écorce, qui est sa partie la plus active.
— Turbith ammoniacal, Sulfate ammoniomercurique.
— Turbith minéral, Sulfate trimercurique. On l'obtient en traitant le sulfate de mercure par l'eau bouillante et faisant sécher la poudre jaune produite. "Violent purgatif et émétique, inusité aujourd'hui, si ce n'est à l'extérieur, comme antiherpétique, en pommade ou dans la médecine des chiens. La dose, pour ces animaux, est de ogr,05.
— Turbith nitreux, Précipité obtenu en traitant par l'eau chaude le protoazotate de mercure. C'est un sous-sel jaune verdàtre, employé contre les dartres.
t — Turbith noir, Azotate de mercure et d'ammoniaque. C'est le mercure soluble d'Hahneinann. C'est un purgatif drastique. Le turbith doit cette propriété à la résine glyeoside qu'il renferme. Il entre dans la composition de l'eau-de-vie allemande.
TURBO s. ra. (tur-bo — mot latin qui signifie toupie). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, de la famille des trochoïdes ou turbinacés, comprenant une centaine d'espèces, répandues dans toutes les mers, ou fossiles des divers terrains : Les turbos ou les troques doivent servir de type à un seul grand genre. (E. Baudement.)
— Encycl. Moll. Le genre turbo, vulgairerement nommé sabot, est caractérisé par une coquille conuïde ou presque turricuiée, k pourtour non comprimé; l'ouverture entière, arrondie, k bords le plus souvent désunis dans leur partie supérieure ; la columelle arquée, aplatie, sans troncature à sa base ; l'opercule calcaire ou corné, k spire visible k l'intérieur ou à l'extérieur, formée de tours en nombre variable. L'animal ressemble beaucoup a celui des troques. Les mollusques de ce genre sont dos animaux marins, qui vivent sur les rivages, collés aux rochers battus par les flots, au niveau des marées basses ou un peu au-dessous; ils sont herbivores, et plusieurs espèces sont alimentaires. Leurs coquilles nacrées , souvent d'assez grande taille, surtout darrs les mers chaudes, sont fort recherchées par les collectionneurs. Mais cette coquille, est le plus souvent recouverte d'un épidémie épais ou drap marin et a besoin d'être décapée pour se montrer dans tout son éclat. Nous signalerons particulièrement le turbo rugueux, grande et belle espèce abondamment répandue dans la Méditerranée ; le turbo pie, bariolé de blanc et de noir, ce qui lui a valu ces noms vulgaires de pie, veuve, petit deuil, etc., et qui est très-
i commun daus les mers de l'Inde; le turbo bouche d'or, qui habite aussi la mer des Indes, et dont la nacre intérieure est d'un jaune doré; le turbo steilaire, à coquille épineuse, etc. Ou connaît aussi dans ce genre de nombreuses espèces fossiles, répandues depuis les couches siluriennes jusqu'aux terrains modernes.
TURBOT s. m. (tur-bo. — Chevallet tire ce mot du celtique : kymrique torbut, armoricain iurbodeu, tulbozeii, gaélique turboid, ir- ' landais turbit ; mais il se peut, fort bien que j ces formes viennent du français, iluet.tire ' turbot du latin turbo, tourbillon, avec le suffixe roman ot. Les Grecs ont Je même, sans que l'on sache en vertu de quel rapport, appliqué le mot r/iombos, tourbillon, a un poisson de la même espèce que le turbot). Iclithyol. Genre de poissons, de la famille des pleurouectes, comprenant plusieurs espèces, dont deux habitent les mers d Europe : Il y a tout lieu de croire que le turbot de nos mers a été connu des Grecs. (Valencienues.) Le turbot est trésdélieat sur le choix des appâts qu'on emploie pour l'attirer. (V. de Bomare.) Il s'agit d'un turbot; daignez délibérer Sur la sauce qu'on doit fui faire préparer. Le sénat luit aux voix cette aft'aire importante, Et le turbot [ut mis à la sauce piquante.
BeIICUOUX,
Il Turbot bouclé, Un des noms du Ilot, ou picuud.
— Encycl. On désigne sous ce nom un poisson de la famille ues pleuronectes, auquel Linné a donné le nom de pleuronectus maximus; c'est eu effet une des plus grandes espèces de ce geure ; cependant le flétan alteiiitdesdiinensions beaucoup plus considérables. Le corps du turbot est rhomboïdal, hérissé de petits tubercules à base étoiléc, plus nombreux du côté brun que du côté bluuc. Les deux yeux sont du côté gauche de la tête, qui- est colorée en roussàtre brun, comme tout lo reste de la surface du tronc. A droite, il est blanc et sans tache. Les dents maxillaires et pharyngiennes sont en velours. La dorsale s'avance sur la tête jusqu'entre les deux yeux et tous ses rayous sont égaux; elle n'a pas ces lilels longs et détaohé=, qui sont un caractère distinctif de la barbue. On pèche les turbots eu assez grande abondance sur toutes les côtes de l'Europe. Lu Suéde, le Danemark, l'Angleterre, la Hollande, la France, soit dans la Manche, soit sur les rives plus méridionales de l'Océan, l'Espagneeu sont abondamment pourvus. On trouve aussi ce poisson daus toute la Méditerranée. C'est uue des espèces les plus esti-
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! mées de toute la famille des pleuronectes. Ceux qui vivent sur les côtes rocheuses ont la chair plus ferme et sont d'un goût bien supérieur aux individus qui séjournent sur les plages vaseuses.
Les caractères que l'on peut tirer de lu dentition de ces pleuronectes, combinés avec ceux de l'avance de la dorsale jusque sur les deux yeux, se retrouvent dans un assez grucd nombre de poissons européens et dans beaucoup d'autres espèces étrangères. Cuvier en a profité pour établir un genre très-naturel de la famille, qu'il a designé sous le nom da turbot. Ses caractères sont ceux que nous venons d'énumérer. Comme il y a tout lieu de croire que le turbot de nos mers a été connu des Grecs sous le nom de rhombus, Cuvier a pris pour nom latin celui de rhombus.
Il existe une autre espèce du genre turbot; c'est la barbue, qui a le corps plus ovale que le turbot; la peau est lisse et sans tubercules; les rayons antérieurs de sa dorsale sont allongés en petits filaments, divisés et libres au delà de la membrane de la nageoire. Ce poisson se trouve dans tous les lieux où l'on prend le turbot. Il devient aussi grand et sa chair est tout aussi estimée. On la croit même plus légère et d'une digestion plus facile ; on peut donc la recommander de préférence aux convalescents et aux personnes délicates.
Les mers de l'Inde et de l'Amérique fournissent plusieurs autres espèces qui se rapprochent de celles.que nous venons de décrire. On trouve aussi sur nos côtes d'autres pleuronectes qui n'en différent qu'en ce qu'ils ont la tête plus large et plus aplatie :' tel est le pleuronecte podas; ils sont plus-communs dans la Méditerranée que dans l'Océan,
— Artculin. Turbot garni d'éperlans frits et de pommes de terre."* Videz et éburbez, dit GoutFe. un turbot que vous ferez dégorger pendant deux heures; retirez-le de l'eau et lavez-le parfaitement, puis couvrez-le de sel blanc de l'épaisseur de 0m ,01, placez-le dans la turbotière, inettez-le sur le feu, couvrezle d'une serviette, versez dessus de l'eau bouillante, et, lorsqu'il bout, faites mijoter pendant une demi-heure; assurez- vous de la cuisson du poisson et égouttez-le, puis dressez-le sur uu plat à grille couvert d'une serviette; préparez des pommes de terre cuites k l'eau, que vous aurez taillées en forme de' grosses olives de la longueur de 0m,05; garnissez le turbot de bouquets de pommes de terre, d'éperlans frits et de petits bouquets de persil. On a eu souvent recours au vin ou uu lait pour la cuisson du turbot ; je ne suis nullement partisan de cette méthode. L'eau salée est ce qu'il y a do plus convenable pour faire cuire ce poisson si excellent par lui-même.
— Turbot à la crème. Lavez proprement les chairs, coupez-les en morceaux d'égale grosseur, ineitez-les dans une casserole avec beurre frais, poivre, sel, muscade râpée, ingrédients que l'on a fuit cuire un quart d'heure en les tournant constamment. Laissez mijoter dix minutes les morceaux dé turbot, retirez du feu, ajoutez 2 onces de beurre par petites quantités k la fois, en ayant soin de remuer continuellement.
— Turbot au gratin. Faites chauffer lesmorceaux dans uue sauce béchamel maigre; mettez le tout dans un plat qui aille au feu; ajoutez un peu de beurre fondu; saupoudrez régulièrement les morceaux de mie de pain et do parmesan râpé. Mettez sur des cendres rouges avec feu dessus. Laissez prendre couleur.
— Turbot en vol-au-vent. Taillez les morceaux en escalopes, mettez-les dans une sauce k la crème ou dans uue béchamel, laissez mijoter dix minutes et garnissez-en votre vol-au-vent.
— Turbot en croquettes. Coupez les morceaux en petits dés, mettez-les dans une sauce k la crème épaisse et chaude, laissez refroidir, divisez en petits tas égaux que vous roulez en forme de bouchon dans de la mie de pain très-fine, trempez ces croquettes dans des œufs battus et assaisonnés comme pour uue omelette, couvrez encore de mie de pain, faites frire jusqu'à couleur dorée, égouttez, dressez, couronnez de persil frit.
— Turbot en mayonnaise. Il faut que les morceaux soient gros. Enlevez la peau noire, taillez eu carrés longs de la largeur de deux doigts; assaisonnez de poivre, de sel, d'huile d'ulive, de jus do citron et d'un peu de vinaigre. Dressez sur le plat eu rocher ou en couronne, couvrez d'une mayonnaise, décorez d'œufs durcis, de filets d'anchois, de eàpret., de feuilles d'estragon, etc.
— AlluS. hiSt. Le turbot do Doinilicu. Y.
DOMITIliiN.
TURBOTIÈRE s. f. (tur-bo-tiè-re — .rad.
turbot). Art euhn. Vaisseau de cuivre destiné k faire cuire des turbots, et- qui est k peu près de la forme de ce poisson.
TURBOT1N s. .m. (tur-bo-tain — rad. turbot). Petit turbot : Les tukbotins sont plus délicats que tes grands turbots. (Acud.)
TURBULEMMENT adv. (lur-bu-la-maû — rad. turbulent). D'une manière turbulente :
Agir TUKBULlSMMliNT. U Peu usité.
TURBULENCE s. f. (tur,-bu-len-se — lat.
T-URC
tiirbulentia; àa turbulenlus, turbulent). Caractère, défaut d'fïne personne turbulente. Cet enfant est d'une grande turbulence. La turbulence git dans l'amour du bruit et du fracas. (Mm» Monmarson?)
— Syn. Turbulence, pétulance, vivacité.