‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 448 sur 1042 · LA TURQUE · texte numérisé non relu

LA TURQUE

— Grand Turc, Titre que les chrétiens donnaient autrefois aux empereurs' ottomans. Il Ne faire pas plus de cas d'une'personne, d'une chose que du Grand Turc, N'en faire aucun cas,'n'tju avoir aucun souci.

- — Etre fort comme unTurc, Etre extrêmement robuste. U Très-fort, très-ferme, trèsferré : il est ferme dans la dispute, fort comme UN Turc sur ses principes. (Mol.)

— Traiter quelqu'un de Turc à Maure, Le traiter sans ménagement, avec une extrême rigueur :

Prétendez-vous traiter mon cœur de Turc à Maure ?

Mouère.

— Prov. Les amis ne sont pas des Turcs, Les amis sont indulgents et faciles.

— s. m. Entom. Nom vulgaire de la larve du hanneton.

Tiirrnrei, comédie en cinq actes et en prose, de Le Sage (Comédie-Française, 14 février 1700). Le sujet de l'urcaret se trouve analysé en deux lignes dans Tarcaret même. Frontin dit au chevalier, son maître : e J'adjrnire le train de la vie humaine 1 Nous plumons une coquette, la coquette mange un homme d'affaires, l'homme d'nlfaires en pille d'autres ; cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde.' Turcaret est un ancien laquais qui, sans esprit, sans éducation et surtout sans probité, est parvenu à force d'usure et de rapines à liguror parmi les plus riches traitants. Marié a la tille d'un pâtissier de Falaise, il fait une petite pension k sa femme pour qu'elle reste à Valognes, tandis que lui se donne pour garçon a une jeune baronne dont il est épris. Il la comble de présents qu'elle accepte moins pour elle que pour un certain chevalier qu'elle a la faiblesse d'aimer. Le chevalier, comme il le déclare lui-même, ne rend des soins a la coquette que pour l'aider à ruiner le traitant. Le chevalier a pour, valet un maître fripon, nommé Frontin, qui, après l'avoir aidé à voler la coquette et le traitant, Unit par le voler lui-même, de concert avec Lisette, qu'il a donnée pour suivante k la baronne ; en sorte que la scène parait transformée en une caverne de voleurs , n'ayant pas même la probité des voleurs de profession, qui, du moins, ne se volent pas entre eux. Turcaret tinil par être ruiné, arrêté et conduit en prison, taudis que les auteurs de sa ruine triomphent et que le plus fripon de tous, Frontin, s'écrie impudemment : «Voilà

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le règne de M. Turcaret fini, le mien va commencer. »

Le dialogue de la pièce est rempli d'esprit, de verve, de naturel, de force et de gaieté. Ce sont des mœurs fort vilaines assurément ; mais comme l'auteur en fait ressortir avec autant de force que d'esprit l'indignité, la honte, le ridicule, la suttise, la comédie elle-même est des plus morales. Il n'en est pas de mieux faite pour inspirer le mépris et le dégoût des richesses mal acquises.

Dans Turcaret, Le Sage voue à l'exécration publique les vampires qui, sous le nom de traitants et de maltôtiers, aspiraient à eux toutes les richesses de la France ; il met à nu leurs viles passions, leur insatiabilité, leur plate insolence, leurs folles prodigalités, leurs débauches grossières, et par-dessus tout leur bassesse et leur friponnerie. Dans plusieurs salons où Le Sage lut sa pièce avant qu'elle fût représentée , elle souleva des applaudissements unanimes. Les financiers s'émurent de ces manifestations et intriguèrent parmi les comédiens et surtout parmi les actrices pour en empêcher la représentation; ils offrirent même 160,003 livres à Le Sage s'ilretirait sa pièce; il refusa. Alors ils multiplièrent leurs intrigues et il ne fallut pas moins qu'un ordre signé de Monseigneur, fils de Louis XIV, pour aplanir tous les obstacles qui s'opposaient à la représentation*

Turcaret, de l'avis de tous les critiques, peut être placé à côté des meilleures comédies de Molière. Cependant, Le Sage a plutôt fait une comédie satirique qu une comédie de caractères. Ce défaut, peu sensible k l'époque où Turcaret fut joué pour la première fois, fut remarqué aux "reprises, toujours assez froides, qui furent faites de la pièce, ■ Le Sage, a dit M. P. Foucher à propos de la dernière (mars 1872), Le Sage a fait la peinture de certains vices ignobles et le portrait de certains fripons qui n'ont un nom que dans la police correctionnelle, mais je n'aperçois que peu de traces d'une étude de mœurs dans ces cinq actes. Par quel miracle M. Turcaret est-il devenu le type du financier? Je vois bien un imbécile enrichi qui se fait gruger par une infâme coquette ; inais'où est le traitant Ih-dedans ? M. Turcaret pourrait aussi bien être ministre, propriétaire, marguillier, général, cela ne changerait rien à l'affaire. Je ne tiens Turcaret pour traitant que parce qu'on le dit tel ; mais je ne suis témoin d'aucun acte, d'aucun trait de mœurs et de caractère qui m'indique tout de suite la profession et les habitudes du personnage. » C'est ce oui fait , en effet , la profonde différence du type créé par Le Sage avec les types'beaucoup plus profonds, Harpagon ou Tartufe, créés par Molière.

Le nom de Turcaret a passé dans la langue pour désigner un homme grossier et d'une suffisance ridicule , qui s'est enrichi dans les opérations, de finance.

TCBCH1 (Alexandre) , dit AteMUndVo Vérone», peintre italien, né à Vérone en 1582, mort à Rome en 1648. Cet artiste, auquel est resté le surnom de Orbetio (petit aveugle), soit parce qu'il Iqtiehait, soit parce que tout enfant il conduisait un pauvre aveugle dans les rues, cet artiste étudia successivement la peinture à Vérone sous 13rusucorsi,"à Venise sous Caliari, et à Rome, où il perfectionna son talent. Turchi se forma une manière éclectique, qui rappelle l'école romaine pour le dessin et l'expression, l'école de Venise

Eour le coloris, et l'école lombarde pour la ardiesse des raccouroisl pour la recherche de la force mêlée à la grâce. Il savait donner à ses compositions beaucoup de charme et de morbidesse; mais c'est surtout dans la distribution des couleurs qu'il se montra supérieur. Il avait adopté notamment une certaine teinte rosée, qui donne à ses toiles un caractère particulier. Turchi passa les dernières années de sa vie à Rome, après avoir longtemps habité sa ville natale, qu'il enrichit de nombreux ouvrages. Parmi les meilleurs tableaux de cet artiste fécond et distingué, nous citerons : k Vérone, la Passion des quarante martyrs, son chef-d'œuvre, à l'église Saint-Etienne ; une Madeleine , à Saint-Thomas; une admirable Piété, h Saint- Antoine; la Mère de douleur, à l'église de la Miséricorde, œuvre d'une grande beauté ; plusieurs Assomptions ; à Rome, la Fuite en Egypte, Saint Félix, capucin, une Sainte Famille , la Peinture, la Musique, la Poésie et la Sculpture, au palais Colonna; à Venise, YArrestalion de Jésus ; à Milan , le Miracle de la Vierge, la Madeleine repentante; à Munich , la Tête de saint Jean- Baptiste présentée à Hérodiade; k Dresde, la Lapidation de saint Etienne, la Présentation de Jésus au temple, V Annonciation, le Jugement de Paris, Vénus et Adonis, Ëcce homo, etc.; k Vienne, une Descente de croix, l'Adoration des bergers, le Christ au tombeau; à Madrid, la Fuite en Egypte; au Louvre, Samson et ùalila, le Déluge, la Mort de Cléopâtre , la Femme adultère , le Mariage mystique de sainte Catherine.

TURCHI (Charles), -prélat italien, né à Panne en 1724,' mort en 1803. Il entra dans l'ordre des Capucins, où il remplit plusieurs fonctions importantes, s'adonna à la prédication et devint le prédicateur du duo de Panne,

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Ferdinand, qui le chargea de l'éducation de -ses enfants. En 1788 , Turchi fut nommé évêque de Parme. Il a composé un grand nombre d'ouvrages, d'homélies, de sermons, dont plusieurs furent imprimés de son vivant. Après sa mort, il a été publié une magnifique édition de ses Œuvres inédites (Parme, 3 voi. in-fol.).Un Recueil de ses mandements, homélies et lettres pastorales (4 vol.) a été vivement attaqué dans un livre intitulé Réflexions sur les homélies de Truchi .(2 vol. m-8", sans date).

TURCIE s. f. (tur-sl — autrefois turgie ; du lat. turgere, s'enfler.) Levée faite au bord d'une rivière, pour en contenir les eaux et empêcher les débordements : intendant des turcies et levées. (Acad.) il Vieux mot.

TURCIQUE adj. (tur-si-ke — rad. titre, — par comparaison avec une selle turque.) Anat. Selle turcique, Fosse du sphénoïde dans laquelle est logé le corps pituitaire.

TURCISME s. m. (tur-si-sme — rad. turc.) Religion des Turcs : Je les laisse disputer avec Calvin, pour voir qui sait le mieux entre eux la retigiondu Turc, c'est-à-dire le turcisme. (Boss.)

TURCK (Léop'old)," médecin français, né k Nancy (Meurthe) en 1797. Envoyé par sa famille à Paris pour y étudier la médecine, il se fit recevoir docteur et Se lia intimement alors avec le docteur Bûchez, dont il partageait les idées avancées. De retour dans sa province, il y introduisit la char- ■bonnerie, publia chaque année^ de 1822 à 1835, VAlmanach du peuple, et attaqua vivement la monarchie de Juillet dans des articles dont l'un lui fit intenter un procès de presse en cour d'assises, M. Turk était dépuis plusieurs années médecin à Plombières lorsque la révolution de 1848 éelata. Ses opinions républicaines bien connues lui valurent alors d'être nommé commissaire du gouvernement provisoire dans les Vosges ; mais, ne pouvant donner son approbation à quelques-unes des circulaires du ministre de l'intérieur Ledru-Rollin, il se démit de ses fonctions, et fut élu peu après représentant du peuple par les électeurs du même, département. A l'Assemblée, il vota avec le parti républicain, se prononça pour l'élection des maires par le peuple, appuya l'amendement Grévy contre l'élection d'un président de la république par le suffrage universel, fit, après la nomination du président Louis-Napoléon, une vive opposition àsa politique et se joignit aux représentants qui demandèrent la mise en accusation du pouvoir exécutif, au sujet de l'expédition de Rome. N'ayant point été réélu k l'Assemblée législative, le docteur Turck retourna k Plombières, où il continua àexercerla médecine. Resté fidèle k ses opinions républicaines, il collabora, après la chute de l'Empire, à Y Indépendance de la Haute- Saône. Dans" ce journal, il lit une campagne très-vive contre le duc ae Marmierqui se portait candidat à la députation (janvier 1874)., fut poursuivi en diffamation par ce dernier et condamné par le tribunal de Gray, le 14 février 1874, k quarante jours de prison et 10,000 francs d'amende ; mais en appel il obtint une grande diminution de peine. Indépendamment de plusieurs brochures, on a de lui : Mémoire sur la fièvre typhoïde (1842, in-8°) ; Du mode d'action des eaux thermales de Plombières (1847, in-8°); De la vieillesse étudiée comme maladie et des moyens de la combattre (1852, in-8») ; Recherches cliniques sur diverses maladies du larynx, de la trachée et du pharynx (18G2, in-8<>) ; Médecine populaire ou Premiers soins à donner aux malades (1870, in-32), etc.

TORCK1IE1M ,- ancienne ville de France (Haut-Rhin), sur la Flecht, k 6 kilom. de Oolmar, cédée à la Prusse par lo traité de Francfort (10 mai 1871) et incorporée depuis lors à l'Alsace-Lorraine; 3,000 hab. Centre d'industrie assez actif. Filature de coton, fabrique de papier, tissus, toiles ; marchés de farine, etc.

Le 5 janvier 1675, Turenne battit complètement les impériaux près de cette ville" dont il s'empara, et les força k repasser le Rhin en désordre.

TURCKIIEIM (Jean, baron de), publiciste et diplomate, né à Strasbourg en 1750, mort en 1824. Il avait rempli des fonctions municipales dans sa ville natale, lorsque ses concitoyens l'envoyèrent siéger à l'Assemblée nationale de 1789. Turckheim s'y montra peu sympathique aux idées de la Révolution et quitta l'Assemblée après les journées du b et du 6 octobre. Inquiété pendant la Terreur, il se réfugia en Allemagne et fut employé dans diverses négociations diplomatiques car lo grand-duc de Hesse, par le grand-duc de Bade et autres princes allemands. On lui doit les ouvrages suivants : De jure legislatorio Merovieorum, Carolingorum, Gallix regum, circa sacra Argenlarati, etc. (1772, in-4°); Tablettes généalogiques des illustres minisires des ducs de Zœringhen, margraves et grandsducs de Bade (Darmstadt, 1810, in-8") ; Histoire généalogique de la maison souveraine de Hesse depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos. jours (Strasbourg, 1819, 2 vul.

TURCÔ s. m. (tur-ko). Tirailleur indigène de l'armée française d'Afrique.

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— Encycl. Turcos est le nom populaire d'une troupe d'infanterie indigène, dont le nom véritable est celui de tirailleurs algériens. Cette dénomination leur fut donnée en Crimée après les batailles de l'Aima et d'Inkermann. Les Russes, qui, k leur costume, les prenaient pour des Turcs, s'écriaient, chaque fois qu'ils entraient en lutte avec eux dans l'une de ces batailles : ■ TvrcosF Turcos! » Les zouaves, qui s'aperçurent de cette obstination des Russes, n'appelèrent bientôt plus les Algériens que lurcos. Le mot fut admis dans l'armée, et, lors de la guerre d'Italie, quelques journaux l'ayant imprimé, il passa dans la langue ordinaire, sinon dans la langue officielle.

TURCO (Charles) , littérateur italien, né k Asola. U vivait au Xvie siècle. On ne connaît rien de sa vie. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il est l'auteur de deux pièces de théâtre, publiées dans la collection Aldève et devenues d'une assez grande rareté. L'une, intitulée Agnella,comedia nova, recitala in Asola (1585, in-8°), est une comédie en cinq actes et en prose, fort peu décente, qui fut représentée chez l'auteur en 1550 devant des Français de distinction; l'autre, Catestri (1585, in-8°), est une tragédie composée en 1500.

TURCOIN s. m. (tur-koin — de la ville de Turcoiug ). Connu. Nom que les fabricants de camelot donnent au poil de chèvre filé.

TCRCOÏNG. V. Tourcoing.

TURCOMANS ou TURKOMANS, peuple do race turque, répandu dans le Turkestan et dans le Caucase. Quelques auteurs ont étendu la dénomination de Turcomans a tous les indigènesduTurkestan. Cette signification n'est que de convention, car, k proprement parler, le nom de Turcomans esî celui d'une peuplade spéciale et ne signifie nullement habitants du Turkestan.

Plusieurs auteurs se sont évertués k chercher l'étymologie du nom de Turcomans et l'origine de ce peuple. Cependant, comme le prouve M. Mathieu (la Turquie et ses différents peuples, t. Ier), les pays où habitent aujourd'hui les Turcomans étaient habités depuis l'antiquité la plus reculée par les Torgmas, nom qui n'est évidemment qu'une variante de celui de Turcomans. Il faut la naïveté d'un écrivain, du moyen âge pour les faire descendre d'un des douze rils d'Ismaël. D'antres les font venir de la Chine.

Nestor regarde les Turcomans comme une branche principale du peuple turc. C'est k l'année 1096 qu il en parle; mais, dès 1074, ils s'étaient mis en possession de la Syrie, et, en 1083, ils s'étaient momentanément rendus maîtres de Constantinople. Les Russes ont altéré le nom de Torgmas en celui de Troukhmènes. ■ Ce sont, dit Schnilzler,des nomades turcs qui parcourent, avec leurs troupeaux, les contrées au nord de la Perse et des deux côtés de la mer Caspienne. Ils vont, d'une partt dans le Chirvan et les autres provinces musulmanes de la TransCaucasie, dans l'Arménie, la Géorgie méridionale, le district de Kizliar, sur le Terek, qui peut-être leur a donné son nom, et, d'autre part, dans l'isthme des Troukhmènes, ainsi que dans le kanat de Khiva où les Ouzbeks sont pour eux un peuple congénère. M. de Kçep-pen en a compté 5,271 individus mâles parmi les Nogais de la Ciscaticasie (district de Kizliarj et 249 dans le gouvernement de Tauride; dans la Transcaucasie, si l'on prend pour base les calculs de Kla proth , il y en aurait plus de 350,000 des deux sexes. » Les Turcomans, dit le prince Momavief dans son Voyage en Tureomanie et à Khiva (1823), ressemblent plus aux Ouzbeks qu'aux Sartys. Dans le combat, ils manient leur cheval avec une adresse incomparable ; ils excellent dans les ruses de guerre. Ils sont avides et cruels et ne connaissent d'autre métier que le brigandage et le pi!lnge. Leurs traits caractéristiques sont la duplicité et la perfidie. Ils valent mieux que les Ouzbeks dans une expédition militaire. Sans avoir les vertus de ces derniers, ils ont leurs • défauts et leurs vices, qui chez eux acquièrent d'autant plus de violence que leur férocité naturelle s'y joint. ■ M. Gaikine, qui, en 1859, fut envoyé en mission par le gouvernement russe auprès des Turcomans de la côte orientale de la mer Caspienne, n'est pas plus indulgent pour ce peuple que le prince Mouravie f.

Généralement, dit-il, et même la plnpari du temps, lés Turcomans se groupent tout le long de leurs frontières. Ils y trouvent assez de pâturages pour leurs bestiaux et de l'eau douce dans les puits creusés dans le lit des fleuves. 11 me faut bien avouer qua les Turcomans qui habitent ces steppes sont complètement étrangers à toute notion de civilisation ; tout honneur, toute noblesse de sentiments, toute idée de droit et d'inviolabilité de possession leur sont également inconnus. De plus, n'ayantaucuneconvictionreligieuse, ils fondent tout sur l'audace et le pillage, auxquels ils se voient exciiés par la misère du plus grand nombre d'entre eux ; aussi la plus téméraire jouit-il de l'estime générale, ainsi que de la plus grande influ 'iiue. Quant au pouvoir, ils u'en admettent pas, non par principe bien certainement, mais k cause de la désunion, de l'esprit de rivalité qui se sont insensiblement enracinés parmi leurs tribus. Aussi, pour les encourager k vivre en bon accord et pour détruire la .désunion qui,

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règne parmi eux avec toutes ses tristes conséquences, faudrait-il une volonté ferme et raisonnable qui agît vers nu but déterminé, ce qu'on ne pourrait cependant attendre d'aucun Turcoman, fût-il le plus rusé ou le plus sage d'entre eux. Il serait également superflu de chercher quelque instruction parmi lesTurcoinans; elle se borne généralement, j'entends dans la classe la piu3 aisée, à l'étude des premières notions de la religion musulmane, et quant à tout ce" qui a trait à leur existence historique, ils se inontreut d'une indifférence qui pourrait bien faire croire qu'aufcun récit des anciens temps, qu'aucune tradition commune à tout autre peuple n'existent pour eux. Tout ce qu'on peut leur demander en fait de semblables connaissances, c'est l'énumération des diverses tribus turcomanes avec leurs subdivisions; c'est pour eux une sorte de table généalogique; mais les Turcomans ne la font guère remonter au delà des fondateurs de leurs tribus principales, et encore par rapport à ces derniers ne peunent-ils parvenir à se mettre d'accord. Ainsi, ils se divisent en treize tribus : 1, Essen-Ily ; 2, Goklan ; 3, Teké; 4, Yamond ; 5, Ersary ; 6, Salor; 7, Sarryk ; S, Sokhar; 9, Ouy; 10, Aimak; il, Karadachly; 12, Al-l!y ; 13, Amr-Ily. Quelques-uns des Turcomans prétendent que le fondateur de ces tribus était un kan du nom de Sseyo, qui avait treize fils, et que ceux-ci fondèrent les tribus que nous venons d'énumérer, en leur transmettant leurs noms; aussi le nom de ce kan ■ sert-il jusqu'à présent de cri de guerre lorsque toutes ces peuplades s'unissent pour repousser un ennemi étranger et commun à elles toutes; dans les discordes intérieures, c'est le nom de chaque tribu qui sert de cri de guerre. D'autres avancent au contraire que leur fondateur fut Ouz-Ithnn, qui avait deux fils, Essen et SseyoimKlian ; ou premier, disent-ils , sont provenus les Goklans et plusieurs branches d'Essen-lly, et du second les onze autres générations. Il suit de ce dernier récit que les Goklans, ainsi que les branches d'Essen, ont pris leurs noms des enfants d'Essen; certains récits assurent cependant que les Goklans ne proviennent nullement d'Essen, et que leur fondateur n'était qu'un cousin germain de l'Essen en question. Voilà donc trois versions différentes, également répandues parmi les Turcomans. Toutes les tribus tureomanes vivent de préférence séparément/éloignées les unes des autres et occupant pour la plupart des camps déterminés pour l'été, ainsi que l'our l'hiver. Ces campements Sont tellement dispersés qu'on les trouve même bien au delà du steppe turcoman proprement dit , notamment dans le centre des terres dans l'Hérat , le Khoraçan persan, etc., ce qui, toutefois, ne veut pas dire que les possessions de ce peuple dans cette partie de l'Asie dépassent les limites que nous avons indiquées au commencement de cet article.

Les Turcomans, dit M. Bronislns Zaleski, sont la plus vaillante, mais -en même temps la plus sauvage des races turco-mongoliques. Le trait essentiel du caractère de ce peuple pillard, c'est son amour immodéré de l'indépendance. Leur chef Kara-Yousouf s'est rendu célèbre comme compagnon de Tamerlan. Dans les armées du conquérant oriental Nadir-Schah, ils formaient le corps le plus brave. Mais dans leurs traditions il n'y a pas de trace de l'existence d'un chef général, d'un kan turcoman. Ils ne souffrent pas chez eux J'ombre d'un gouvernement quelconque, répétant avec orgueil qu'ils sont une nation sans tète et qu'ils ne veulent pas en avoir, car, disent-ils, ils sont tous égaux et 'chacun d'eux est roi.

Le pays habité parles Turcomans fait partie des possessions russes en Asie, mais les gouverneurs russes se contentent d'occuper quelques joints stratégiques et de surveiller ces barbares.

TURCOPHILE s. m. (tur-ko-fl-le — de Turc, et du gr, philos, ami). Ami, partisan des Turcs.

TURCOPOLE s. m.- (tur-ko-po-le). Hist.

Nom donné autrefois, dans les possessions chrétiennes du Levant, aux troupes de cavalerie légère.

TURCOPOLIER s. m. (tur-ko-po-lié). Hist.

Nom que portait , dans l'ancien ordre de Malte, le dignitaire chargé du commandement en chef de la cavalerie et des troupes gardes-côies : La dignité de tuhcopolieu appartenait au pilier ou chef de la langue d'An gleterre ; elle fut su/iprimée quand Henri VIII se fit protestant, et les attributions en furent réunies à celles du rénêciial, du grand maître et du grand maréchal.

TURCZANINOWIE s. f. (tur-kza-ui-no-vt — de 2'urczaninow, botan. russe). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des asLérees , originaire des marais de la Daourie.

TURDE s. m. {tur-de — lat. turdus, grive). Ornith. Genre d'oiseaux comprenant les grives et les merles.

TURDETÀ1NS, ancien peuple del'Esptigne, qui vivait dans la Betique, à l'O. des Bustules et à l'E. de l'Anas, dans un territoire qui correspondait à la partie S.-O. actuelle de l'Anda ousiu. La ville principale des Turdétains (Turdetani) était Gades. Les Romains les soumirent eu 195 avant notre ère.

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TURD1DÉ, ÉE adj. {tur-di-dé — de turde, et du gr. eidos, aspect). Ornitli. Qui ressemble ou qui se rapporte au turde.

— s. f. pi. Famille de passereaux,-ayant pour type le genre merle.

TCRDINÉ, ÉE adj.(tur-di-né — rad. turde). Ornith. Qui ressemble ou se rapporte au genre turde.

— s. f. pi. Tribu de la famille des turdidées, ayant pour type le genre merle.

TURDOÏDE s. m. (tur-do-i-de — de turde, et du gr.- eidos, aspect). Ornith. Genre d'oiseaux, du groupe des merles.

TURDULBS, ancien peuple de l'Espagne, dans la Bétique, entre les Orétains au S. et les Turdétains nu N.-E. Les Turdules fîWduli) occupaient le territoire où se trouvent aujourd'hui Séville et Cordoue. Leurs villes principales étaient Illiturgis, Corduba et Aslapa.

TURDUSIDÉ, ÉE adj. (tur-du-zi-dé): Ornith. Syn. de turdidé.

TURELURE s. f. (tu-re-lu-re — onomatop.

du son de la flûte). Sorte de refrain de chanson :

Quand de ses feux un jeune cœur, D'un ton flatteur, Vous assure, '

Croyez-moi, répondez toujours!

Turchtre!

Panard.-

— Loc. fam. C'est toujours la même turelure, C'est toujours le môme refrain, la même chose.

TURENNE, bourg et commune de France (Corrèze), arrond. et à 15 kilom. S.-E. de Brive, sur le chemin de fer d'Orléans à Toulouse ; 1,800 hab. Commerce de grains, huile de noix, chaux, etc. Turenne est situé autour d'un rocher escarpé, au sommet duquel on voit les ruines d'un ancien château fort, dont il reste une tout gigantesque, dite tour de César, dominant un horizon vaste el un territoire fertile. Le château de Turenne, berceau d'une illustre famille, est un des plus anciens de notre histoire. Pépin le Bref s'en empara pendant les guerres qu'il soutint contre Waïfre. (767). Louis le Débonnaire en déposséda Rodolphe, le premier seigneur de Turenne dont la chronique fasse mention, pour le punir de s'être révolté contre lui (839). La seigneurie de Turenne, simple viguerie jusque vers la fin du xe siècle, fut érigée à cette époque en vicomte par Louis d'Outre-mer, en faveur de Bernard, comme récompense de ses services, et ce avec l'assentiment du duc d'Aquitaine. Les successeurs de Bernard étendirent peu à peu leur puissance et acquirent bientôt des droits régaliens dont la jouissance leur fut confirmée en 1656 par lettres patentes. Le château fut vendu à Louis XIII en 1638. En 1659, le maréchal de Turenne, en se rendant à Brive, ville avec laquelle ses ancêtres avaient eu de longs démêlés relativement aux droits de suzeraineté, s'arrêta au vieux manoir. Ce château féodal fut abattu à l'époque de la Révolution.

TURENNE (Raymond-Roger, vicomte de), comte de BiiAUFORT. Il vivait au xive siècle et appartenait à la famille de, Canillac, en Limousin ; il était neveu du pape Clément VI. En 13S5, il se rendit en Provence, où, pendant dix uns, il rançonna le pays et commit d'horribles ravages.

TUKENNE (Henri de La Tour d'Auvergnk, vicomte dis), un des grands capitaines des temps modernes, né à Sedan en 1611, tué à Salzbach en 1675. Il était fils de il. de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, et d'Elisabeth de Nassau. Il fit son apprentissage de la guerre en Hollande (1625-1630), sous ses oncles Màrurice et Henri de Nassau, se distingua en Lorraine, sous le maréchal de La Force, puis au siège de Mayence, à Sa«enie, en Flandre, à Landrecies, à Maubeuge, en Piémont, monta rapidement en grade, dirigea, [nés de Quiers{l639), cette belle retraite où, avec 2,000 hommes, il soutint pendant plusieurs jours les efforts de 9,000 Espagnols, enleva les lignes.de Casai et contribua à la reddition de Turin. Il fut alors créé lieutenant général, commanda quelque temps l'armée en l'absence du duc d'Harcourt et lit lu campagne du Roussillon (1643) sous les yeux de Louis XIII. Richelieu lui témoigna toujours beaucoup d'estime, malgré les liaisons de son frère, le duc de Bouillon, avec Cinq- Mars et de Thou. Toutefois, ce ne fut qu'après la moi t du cardinal et de Louis XIII' qu'il fut nommé maréchal de France (1643), lorsque la reine mère et Mazurin voulurent, par une haute faveur, l'attacher à la cause du jeune roi. Envoyé à l'armée du Rhin, après le désastre de Tuttlingen, où Rautzau avait été fait prisonnier, il réorganisa l'armée, combattit à Fribourg sous les ordres de Condé (1S44), mais fut vaincu par Mercy à Murieii'dal (1645). La retraite de son gênerai ne lui avait, au reste, laissé que des troupes fatiguées et dénuées de tout. Il se maintint cependant en Franeonie, gagna avec Condé la bataille de Nordlingen , lit ensuite avec le Suédois Wrangel la conquête de la Franeonie, de la Souabe et de la Bavière, et hâta par ses exploits la conclusion du glorieux traité de Westphalie (1648). Entraîné par l'amour qu'il ressentait pour Mœe de Lon-

ttmË . .

gueville et surtout par des intérêts de famille, il se jeta dans le parti de la Fronde, signa un traité d'alliance avec le roi d'Espagne, prit LeCatelet, LaCapelleet Relliel, s'avança vers la Marne et se dirigea sur Taris, dans l'intention d'aller délivrer les princes, enfermés à Vincennes. Mais son armée, com-

Eosée de soldats de toutes les nations, se déauda ; il fut contraint à la retraite, essaya de faire lever le siège de Rethel et se fit battre par le duc de Praslin, malgré l'éner-

tie de sa défense (1650), Il se rapprocha alors e la cour, la défendit contre les frondeurs, battit le grand Condé près de Gien (1052), puis dans le fameux combat du faubourg Saint-Antoine, et le contraignit à sortir de France. Dans cette dernière campagne, qui avait duré moins de six mois, il avait déployé tout à la fois une grande habileté militaire, beaucoup de valeur et sauvé plusieurs fois la monarchie. En 1654, il fut de nouveau envoyé contre les Espagnols, dont Condé était resté l'auxiliaire, amena, par ses victoires d'Arras (1654), des Dunes (1658) et de Valenciennes, la paix des Pj'rénées (1659), fut nommé maréchal général en 1660 et abjura le protestantisme en 1668, probablement dans des vues d'ambition. Dans la -campagne de Hollande (1672), le roi lui donna la direction du corps d'armée que lui-même commandait; mais on sait que ce fut une guerre d'apparat, où les villes se rendirent sans combattre et où le fameux passage du Rhin, si pompeusement chanté par les poètes, s'effectua sans obstacle et sans danger. Toutefois, lorsque le roi eut quitté l'armée en laissant le commande"ment général à Turenne, les affaires changèrent de face, et ce grand capitaine se trouva dans une position digne de son génie; obligé avec des forces inférieures de faire face en Westphalie à la coalition des Hollandais, de l'électeur de Brandebourg et des impériaux, commandés par le fameux tacticien Montecuccoli, il força ce dernier à la retraite, repoussa ensuite l'électeur et lui imposa la paix, l'écrasa de nouveau à Sintzheiin (1674), dévasta le Palatinat, mesure terrible et odieuse qui contraste avec sa modération ordinaire et qu'il chercha à excuser en écrivant qu'il était de nécessité pour la conduite de la guerre que ce pays fut ruiné et mangé. Il fit ensuite à travers l'Alsace cette admirable retraite (1674), la plus savante et la plus admirée de ses opérations militaires, remporta les victoires de Mulhausen et de Turckeimet refoula l'ennemi au delà du Rhin. D.ms la campagne suivante (1675), Turenne eut encore affaire à Montecuccoli, et ces deux grands capitaines furent en présence pendant deux mois, calculant tous leurs mouvements,, ne voulant rien donner au hasard, et déployant sans combattre tout ce que l'art et l'expérience la plus consommée de la stratégie peuvent offrir de ressources. Enfin , Turenne avait amené son ennemi sur un terrain favorable et se croyait sûr de le vaincre, lorsqu'il fut tué par un boulet, qui le frappa au milieu de 1 estomac ( Salzbach , £7 juillet 1675). Ce fut un deuil dans toute la France, et le grand capitaine fut pleuré même pur ses ennemis. Ses restes furent inhumes à Saint-Denis, parmi les sépultures royales. En 1800, ils ont été transportés aux Invalides. Turenne fut le premier tuclicien de son siècle ; il n'abandonnait rien au hasard, réglait ses mouvements suivant le temps, les hommes et les lieux, et se montrait avare du sang des troupes. Moins impétueux, moins hardi et moins brillant que Condé, son rival de gloire, il avait plus que lui l'habileté stratégique qui prépare les succès et la prudence qui évité les revers. Calme, impassible el prévoyant, il eut rarement de ces élans de génie, de ces inspirations subites qui changent la face des événements, mais qui souvent aussi entraînent dans d'irréparables malheurs. Toutefois, l'habitude de la victoire le rendit, vers la lin de Sa carrière, plus entreprenant et plus hardi, bien différent en cela du grand Condé, qui avait paru si ardent et si audacieux à ses débuts, et qui se montra plus tard prudent et presque timide. Mascaion etFIéchier prononcèrent son oraison funèbre. Les Mémoires de Turenne, publiés par Grimoard (1782), sont médiocrement écrits et i:e répondent pus à ce qu'on aurait pu attendre d'un aussi grand homme de guerre. Courtilz et Ramsay ont écrit sa Vie.

Tlireune (ORAISON FUNEBRE DE), par F!é-

chier. Dans cette oraison funèbre qui pest son chef-d'œuvre, Fléchier sut élever l'art jusqu'au génie et prêter une voix solennelle au deuil sincère de la France. L'exorde est une des plus belles pages de notre langue. Thomas (Jïssai sur les éloges) apprécie l'oraison funèbre de la.inariière suivante : • C'est un monument de l'éloquence française; l'exorde sera éternellement cité pour sou harmonie, pour son caractère majestueux et sombre, et pour l'espèce de douleur auguste qui y régne. Les deux premières parties peignent avec noblesse les talents d'un général et les vertus d'un sage; mais à mesure que l'orateur avance vers la fin, il semble acquérir de nouvelles forces. Il peint avec rapidité les derniers succès de ce grand homme; il fuit voir l'Allemagne troublée, l'ennemi confus, l'aigle prenant déjà l'essor et prêt à s'envoler dans les montagnes, l'artillerie tonnant de toutes parts pour favoriser la retraite, la France et l'Europe dans l'attente d'un

tURCr

grand événement. Tout à coup l'-urnfeur s'arrête ; il s'adresse au Dieu qui dispose également et des vainqueurs et des victoires, et se plaît à immoler à sa grandeur de grande» victimes. Alors il fait voir ce grand homme étendu sur ses trophées ; il présente l'image de ce corps pâle et sanglant; auprès duquel, dit-il, fume encore la foudre qui l'a frappé, et montre dans l'éloignement les (cistes images do la religion et de la patrie éplorées. Turenne meurt, tout se confond, la fortune chancelle, la victoire se iasse, la paix s'éloigne, le courage des troupes est abattu par la douleur et ranimé par la vengeance.

» Cependant, ajoute avec raison Thomas, malgré l'éloquence générale et les beautés de cette oraison funèbre, peut-être n'y trouvet-on pas encore assez le grand homme que l'on cherche ; peut-être que les figures et l'appareil même de l'éloquence le cachent un peu au lieu de le montrer... »

Dans ses oraisons funèbres, Fléchier brilla ar l'esprit, l'é.égance, la pureté, le nombre armonieux, la justesse et la délicatesse des idées ; mais la force des pensées est singulièrement affaiblie par une préoccupation constante des enjolivements du style. Les périodes trop ajustées fatiguent; il y a trop de cadence et trop de rhétorique, un retour fréquent des mêmes ligures, particulièrement 4e l'antithèse, qu'il prodigue jusqu'à la satiété et qu'il met dans les mots bien plus que daus les idées.

Turenno (portait de), par Philippe de Champagne ; à la pinacothèque de Munich. Le maréchal est revêtu de sa cuirasse et porte une écharpe blanche en sautoir ; il a la tête découverte ; ses cheveux gris couvrent une partie du front ; sa physionomie respire la franchise et la bonté.

Cette peinture est exécutée sur un panneau de 2 pieds et demi de hauteur ; le modelé est savant et ferme; la couleur a de la limpidité et de la force. Uu autre portrait de Turenne, attribué à Philippe de Champagne, appartient au musée de Besançon ; il est peint sur cuivre, dans de tiès-petites proportions. Jacques Hubin a gravé un portrait du maréchal d'après Philippe de Champagne. Nicolas de Ltmnessin en a gravé un d après J. -A. Meissonier. Il y en a un autre gravé par P. Aubry. Un émail de Petitot a été paya 2,300 francs à la vente Dubreuil Le Noir en 1821. Le Louvre a un très-beau buste sculpté pur Coysevox. Un autre buste sculpté par Flattersa paru au Salon de 1834. Des stutues ont été exécutées pur Dardel, Gois, Pajon, etc.

TURF s. m. (turff — mot angl. qui signif. champ de gazon). Hippodrome , champ de course.

— Ensemble d'opérations qui se rattachent aux courses, aux paris, à l'entraînement des chevaux.

— Encycl. Le turf est un terrain couvert d'une herbe rase et touffue, qui , soigneusement guzonnée, doit garantir l'ongle aristocratique du cheval de race du contact d'une terre détrempée ou durcie ; c'est le terrain spécial des courses de vitesse. Ces courses sont devenues chez nous, comme en Angleterre, un lieu d'exhibition publique pour le luxe, les toilettes extravagantes et les excentricités de tous genres; iLs'y exerce des spéculations fort suspectes, et la folie des paris y cause la ruine de nombreuses familles.

Les anglomanes, dont le nombre augmente chaque jour d'une mnnière effrayante, se servent à chaque instant du mot turf dans la conversation et dans leurs écrits. L'importation de ce mot anglais est-elle utile dans notre langue? Non, car nous avons, depuis plusieurs siècles, le mot hippodrome, du grec àippos, cheval, el dromos, course, qui désigne admirablement le terrain où les courses ont lieu. Quant aux paris qui accompagnent toujours, cette funeste importation anglaise, le mot hippodrome ne 1 implique pas ; mais est-ce un motif pour lai préférer turf?

La folie de3 courses a tellement tourné toutes les têtes, qu'il était impossible que l'on ne fit pas de nombreux emplois du mot turf au figuré. En voici quelques exemples : « L'Angleterre (que l'on nous passe l'expression) a pris lu corde du turf diplomatique. ■ [Siècle.) « On remarqua l'absence des légitimistes sur le iur/des,enehères, qui furent médiocrement poussées.» (S.èe/e.)«Tout d'abord, on avait parle de nombreuses candidatures; mais, aux derniers jours, quatre cavaliers seulement se sont présentes sur le turf, » (Siècle.) « Turf musical. • Présenter des diplomates, des enchérisseurs, des candidats à la députatiou, des musiciens comme des chevaux qui courent sur un hippodrome, c'est abuser étrangement du style figuré.

Les amateurs de courses sont désignés, en Angleterre, par le mot turfist, dont ou a fait tui liste en français, et dont on se sert au féminin comme au masculin.

TURFISTE s. (tur-ri-ste — rad. turf). Celui qui aime les courses de chevaux, qui fait courir : Société de turfistes. C'est un intrépide turfiste.

TURFOI* s, m. (tur-fol). Chira. Produit huileux de la distillation de la tourbe.

TCRGAN (Julien), pnbliciste, né à Paris en 1824. Il étudia d'abord la médecine, de-

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vint interne des hôpitaux et se signala, lors des journées de Juin et pendant l'épidémie cholérique1 qui sévit en 1848, par des actes de dévouement dont il fut récompensé par deux médailles d'or. Lorsque Victor Hugo fonda, cette même année, \' Evénement, M. Turgan entra à ce journal comme rédacteur scientifique, puis it passa, au même titre, au Bien-être universel, feuille créée par M. E. de Girardin, et fonda lui-même un journal de vulgarisation scientifique sous le titre de ; la Fabrique, la ferme et l'atelier. M. Griln s'étant retiré du Moniteur universel en 1852, M. Turgan fut appelé à devenir, conjointement avec M. Paul Dalloz, directeur du journal officiel, fonctions dont il se démit au bout de quelques années. Pendant l'invasion prussienne, M. Turgan se mit à la disposition du ministre de la guerre, M. Gambetta, et fut chargé par lui u'une importante mission auprès des usines qui fabriquent des armes et des munitions. Ce savant a publié par livraisons un ouvrage aussi important que remarquable sous ce titre : les Grandes usines de.France, tableau de l'industrie française au xtxa siècle (1861-1873, 10 vol. in-4°, avec grav.). On lui doit en outre : les Ballons, histoire de la locomotion aérienne (1851, in-18), et des Eludes sur l'Exposition universelle de 1867 (1808, in-8<>).

TBBGENEV (Alexandre-Ivanovitch), historien russe, né en 1784, mort à Moscou en 18-45. Il suivit la carrière administrative, fut employé au ministère des cultes et devint président de la Société biblique russe. En 1826, Turgenev se démit de ses fonctions, voyagea en Angleterre, en Italie, etc., pour se procurer de» documents relatifs à l'histoire de la Russie, et, de retour dans son pays, il publia l'ouvrage intitulé Historica Russim monwnenta (Saint-Pétersbourg, 1841- 1842, 2 vot. in-40), dont le troisième volume parut après sa mort, en 1848.

TURGÉNIE s. f. (tur-jé-nî — de Turgeneff, homme d'Etat russe). But. Genre de piaules, de la famille des oinbelliferes, tribu des eau- Calinées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Europe méridionale et en Orient.

TURGÉNIOPSIDE s. f. (tur-jé-ni-o-psi-de — de turgénie, et du gr. opsis, apparence). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des eaucaliuées, dont l'espèce type croît en Orient.

TURGESCENCE s. f. (tur-gèss-san-se — du lat. turyescere, s'enfler). Gonflement : Une TURGKSCiiNCE douloureuse t'alourdit. (Michelet.)

— Pathol. Turgescence de la bile, Nom donné autrefois k l'embarras gastrique.

TURGESCENT, ENTE adj. (tur-gèss-san, an-te — lat. turgescens; de turgescere , être enflé). Qui est gonflé, qui est en état de turgescence. '

TURGIDE adj. (tur-ji-de — lat. turgidus; de turyere, être gonflé). Renflé, boursouflé, gonfle : Ses mains si mottes, si blanches, devenaient rouges et turgidks. (Balz.) Il Peu

USité.

TURGIDULE adj. (tur-ji-du-le — dimin. de turyide). Hist. natur. Qui est légèrement gonflé.

TURGOSÉE s. f. (tur-go-zé). Bot. Syn. de crassule, genre type des crassulacées.

TURGOT s. m. (tur-go — nom d'homme).

Connu. Sorte de papier k écrire.

TURGOT (saint), homme d'Etat écossais, né vers 1045, mort en 1115. Ayant embrassé la vie motiasiique, il devint abbé du monastère de Dmielw et gagna lu confiance du roi Maleolm 111, qui le nomma son premier ministre et évêque de Saint-André. C'était un homme plein de capacité, de courage et d'éloquence. On lui doit : une Vie du roi Malcolm et de la reine Marguerite et une Histoire du monastère de Dunelm, dans laquelle on trouve une partie des annales d'Ecosse. Turgot a été canonisé. Sa fête se célèbre le 22 septembre.

TCRGOT(Michel-Etienne), magistrat français, né a Paris en 1SB0, mort en 1751. Sa famille, originaire d'Ecosse, était venue s'établir en Normandie du temps des croisades, et son bisaïeul, Jacques Turgot, avait présidé la noblesse aux états généraux de 1014. Michel-Etienne Turgot suivit la carrière de la magistrature, devint président de la seconde chambre des requêtes au parlement de Paris et fut nommé par Louis XV prévôt des marchands de la capitale. Dans ses fonctions, il s'occupa d'assainir et d'embellir Paris, ht construire un immense égout sur la rive droite de la Seine, élargit et prolongea le quai de l'Horloge, s'attacha à faire régner l'abondance dans les années de disette et rendit les -plus grands services. Après avoir rempli cette charge pendant onze ans, il devint conseiller dEtat, puis président du grand conseil. -

TCRGOT (Etienne-François, marquis), administrateur et officier français, fils du précédent, né a Paria en 1721, mort en 1789. Son père lui fit suivre la carrière des ai mes. Après avoir servi pendant quelque temps sur les galères de l'ordre de Malte, il administra cette lie avec habileté, devint, k son retour en France, brigadier des armées du roi (1764)

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et proposa alors au ministre Choiseul, pour faire oublier la perte du Canada, de régénérer la Guyane française en y établissant, sous le nom de France équinoxiale, une colonie nouvelle capable de résister aux attaques étrangères et de prêter son appui aux autres colonies à sucre. Nommé gouverneur général de la Guyane, Turgot échoua dans ses projets de colonisation, revint en France pour engager le gouvernement k renoncer k l'entreprise et subit une détention par suite de ses démêlés avec l'intendant Chauvallon, dont il avait réprimé la rapacité et ordonné l'arrestation. Rendu peu après à la liberté, il refusa une pension de 12,000 livres que lui offrait Louis XVI et passa le reste de sa vie dans la retraite. Etienne Turgot 'était trèsversé dans la connaissance de l'histoire naturelle, de l'économie rurale et partageait l'enthousiasme de son frère pour les principes des économistes. Il fut un des fondateurs de -la Société royale d'agriculture (1760) et associé libre de l'Académie des sciences ( 1765). Turgot a publié quelques mémoires intéressants, notamment : Observations sur l'espèce de résine élastique de l'île de France (1769); Mémoire sur la manière de rassembler, de préparer, de conserver, etc., les diverses curiosités d'histoire naturelle ( Lyon, 175S, in-8°); Essai sur les arbres d'ornement, les arbrisseaux et les arbustes en pleine terre

TURGOT (Anne -Robert -Jacques), baron de L'Aulne, célèbre économiste et contrôleur général des finances, frère du précédent, né à Paris en 1727, mort en 1781. Homme de génie et homme de bien, sa place est marquée parmi ces rares ministres qui se sont appliqués avec courage et désintéressement à la réforme d'abus oppressifs et à l'amélioration du sort des peuples. Sa famille le destinait k l'état ecclésiastique ; mais il manifesta un éloignement invincible pour le sacerdoce. Toutefois, par obéissance, il se livra avec zèle k l'étude de la théologie, devint prieur de la Sorbonne et prononça à cette occasion (1750) deux discours d'apparat en latin : Avantages que le christianisme a procurés au genre humain, où, le premier, il émet cette idée que la religion chrétienne a contribué aux progrès matériels des sociétés; Des progrès successifs de l'esprit humain, où it montre une sagacité bien surprenante dans un philosophe de vingt-trois ans et où il prédit, longtemps avant l'événement, la séparation des colonies américaines d'avec leur métropole : « Les colonies, dit-il, sont comme les fruits, qui ne tiennent k l'arbre que jusqu'à leur maturité. L'Amérique fera un jour ce que fit autrefois Cartilage. » 11 possédait alors une instruction des plus étendues et une profondeur d'idées remarquable. Sa famille ayant consenti à ce qu'il n'embrassât pas l'état ecclésiastique, il entra dans les charges parlementaires et il devint conseiller en 1752, maître des requêtes l'année suivante, intendant -de Limoges en 1761. A cette époque, il était déjà connu par l'universalité de ses connaissances et ses talents littéraires. Il s'était déjà tracé le plan d'un grand nombre d'ouvrages, et il en avait composé quelques-uns, entre autres une Lettre <i Butl'on, où il réfute ses erreurs sur la théorie de la terre, une Réfutation des idées de Maupertuis sur l'origine des langues, une Dissertation très-remarquable sur les inconvénients du papier-monnaie, une Lettre sur la tolérance, des Traités sur diverses matières, des traductions, quelques articles dans l'Encyclopédie, des poésies, etc. Il avait même un talent assez remarquable pour la poésie, surtout pour la satire; on connaît l'épigraphe célèbre qu'il fit pour le portrait de Franklin :

Eripuit caâo fulmen sceplrumque tyrannis. On a retenu aussi de lui des vers fort piquants sur divers personnages, notamment sur le grand Frédéric. Mais il ambitionnait des succès plus sérieux et ne visait à rien moins qu'à réformer l'administration de l'Etat. Ami des philosophes et des économistes, il entreprit de concilier les diverses idées de ces derniers, partagés, comme on sait, en deux écoles, celle de Quesnay, qui plaçait dans les produits agricoles la source de toutes les richesses et bornait la science du gouvernement à favoriser I agriculture, et celle de Gournay, qui, voyant dans l'industrie la véritable richesse des nations, voulait que l'Etat demeurât spectateur passif des opérations commerciales, agricoles et industrielles, et dont la maxime était : « Laissez faire, laissez passer. »

Dans son intendance de Limoges, Turgot commença à réaliser les innovations qu'il avait longtemps méditées, supprima les" corvées, ouvrit des routes, creusa des canaux, encouragea l'agriculture , établit les premiers ateliers de charité, fit instruire dans des cours publics les sages-femmes des campagnes, assura au peuple, en cas d'épidémie, les soins de médecins éclairés, fit distribuer des semences et des instruments aratoires, accomplit enfin un grand nombre de réformes miles. Mais son enthousiasme pour les théories des économistes ne lui permit pas de faire la part des obstacles, et il commit l'imprudence de rompre brusquement et sans ménagement les habitudes d'une population peu éclairée en voulant appliquer son système du commerce libre des grains. Ses me-

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sures excitèrent de fréquentes révoltes, qu'il réprima avec énergie, mais qu'il eût mieux valu prévenir. On doit le louer, toutefois, pour les progrès heureux qu'il sut accomplir et dont nous venons de parier, ainsi que pour l'extinction d'abus criants dans la perception des impôts et dans la levée de lu milice. A l'avènement de Louis XVI, le parti philosophique, longtemps comprimé sous l'administration de Maupeou et de Terray, reprit sa puissance et appela de tousses vœux Turgot au ministère. Maurepas subit la pression de l'opinion et s'exécuta en donnant à l'intendant de Limoges la direction de la marine (1774). Un mois plus tard, Louis XVI l'appelait au contrôle général, et cette nomination fut accueillie avec enthousiasme par tous les gens de bien. Le nouveau ministre donna un aperçu de ses idées en matière de finances par une lettre au roi devenue fameuse : pointde banqueroute, point d'augmentation d'impôt, point d'emprunts; réduction de la dépense au-dessous de la recette; réforme des abus qui entretenaient le désordre dans 3es finances et entraînaient la monarchie à sa ruine. D'un autre côté , il méditait les plus vastes projets : suppression des corvées , conversion des deux vingtièmes des tailles en un impôt territorial sur la noblesse et le clergé, liberté de conscience et de pensée, rappel des protestants, égale répartition de l'impôt par la formation d'un cadastre général, rachat des rentes féodales, liberté de l'industrie et du commerce, unité de poids et de mesures, rédaction d'un seul code civil pour tout le royaume, suppression des jurandes et maîtrises, abolition des douanes intérieures, etc. La seule pensée de ces larges réformes ne pouvait manquer de soulever contre lui toutes les classes privilégiées, noblesse, clergé, traitants, parlementaires, tous ceux enfin qui vivaient des abus menacés, et il ne put réaliser qu'une bien faible partie de ses vues patriotiques. Attaqué sans relâche par une ligue puissante, il vit ses intentions les plus généreuses méconnues et ses idées odieusement dénaturées; c'est ainsi que' ses édits pour la libre circulation des grains dans tout le royaume furent représentés comme une autorisation d'exporter les grains k l'étranger; la disette de 1775 lui fut attribuée; des révoltes éclatèrent de toutes parts, habilement fomentées par les ennemis de toute réforme. Turgot crut devoir prendre des précautions qui fuient tournées en ridicule. Attaqué de toutes parts, il vit son crédit baisser de jour en jour, même dans l'esprit du roi, qui jusqu'alors s'était plu k répéter : ■ 11 n'y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple. » C'est au milieu de telles difficultés qu'il publia encore six édits extrêmement importants, dont. les deux principaux prescrivaient la suppression des corvées par tout le royaume et la destruction des jurandes et maîtrises. Le clergé, la noblesse et les parlements se montrèrent indignés d'être assujettis k l'impôt qui remplaçait la corvée, et dont le produit devait être employé k l'entretien des routes. Malgré ces clameurs intéressées, les édits furent enregistrés dans un lit de justice. Mais ce fut le dernier triomphe du ministre réformateur, qui fut renvoyé peu de temps après (mai 1776), et vécut désormais dans la retraite, uniquement occupé de sciences et de littérature. L'admiration et l'estime de tous les gens éclairés lui restèrent fidèles et le vengèrent des injustes accusations dont il était 1 objet. Son caractère, ses vertus publiques et privées, la pureté de son patriotisme, sa passion pour le bien-être des classes pauvres, l'étendue de ses lumières et la hardiesse généreuse de ses vues lui méritèrent les éloges enthousiastes de d'Alembert, Condorcet, Voltaire, Dupont de Nemours, Morellet, Murmontel, enfin de toutes les grandes intelligences du siècle.

Dupont de Nemours a donné les Œuvres complètes de Turgot, précédées de mémoires sur sa vie (1808-1811), rééditées par Eug. Daire (1814). V. sa Vie par Condorcet (178G) et son Eloge par Buudrillart (1846). On peut aussi consulter avec fruit les excellentes appréciations de Montyon et de Morellet et la belle et impartiale esquisse de son ministère par M, Lacretelle, dans le quatrième volume de son Histoire du svm» siècle.

TUUUOT (Louis-Félix-Etienne, marquis de), diplomate français, de la famille du précédent, né k Bons (Calvados) en 1796, mort en 1866. Il suivit d'abord la carrière des armes, •fit partie de l'école de Saint-Cyr et devint officier aux cuirassiers de la garde royale.

Après la chute de Charles X, il quitta le service (1830); toutefois, il se rallia au gouvernement de Louis-Philippe, entra, en 1S32, k la Chambre des pairs et s'y montra un des constants soutiens de la politique ministérielle. Rendu k la vie privée par la révolution du 24 février 1848, le marquis de Turgot se rallia bientôt complètement k la politique du président de la République, Louis-Napoléon, qui le fit entrer, comme ministre des affaires étrangères, dans le cabinet du 2 décembre 1851. Après avoir pris une part active au coup d'Etat, il garda son portefeuille jusqu'en juillet 1852, puis il devint successivement sénateur, ambassadeur en Espagne (1853) et enfin ministre plénipotentiaire en Suisse.

TURGOTIE s. f. (tur-go-sl — de Turgot,

TURI

nom propre). Bot. Syn. de ^"atsonie, genre d'iridées.

TURGOTINE s. f. (tur-go-ti-ne — de Turgot, sous le ministère duquel furent établies les premières diligences). Ancien nom de certaines voitures publiques : Une de ces mauvaises voitures établissait donc la communication entre Mayenne et Fougères; quelques entêtés l'avaient jadis nommée, par antiphrase, la TURGOTINE, pour singer Paris Ou en haine du ministre gui tentait des innovations. (Balz.)

— Sorte de tabatière ronde et plate.

TURGUET s. m. (tur-ghè). Agric. Variété de blé du Levant analogue k l'épeautre.

TURGY (Louis-François), un des serviteurs de Louis XVI, né k Paris en 1763, mort dans la même ville en 1823. Admis dans la maison du roi en 1784, il conçut une vive affection pour Louis XVI et trouva moyen de s'introduire au Temple le jour même où ce prince y fut incarcéré avec sa famille. Turgy, malgré la surveillance dont il était l'objet, trouva moyen de correspondre avec la famille royale et de l'instruire de ce qui se passait d'impor-' tant k la Convention et au dehors. Contraint de sortir du Temple en 1793, il suivit en Allemagne la fille de Louis XVÎ et devint, en 1814, premier valet de chambre et huissier du cabinet de Madame. On a de lui : Fragments historiques sur le Temple , insérés dans les Mémoires de Louis XVII (1818, in-8°).

TURHEIM (Ulrich de), célèbre minnesinger allemand, qui vivuit au Xilt» siècle. II était intimement lié avec Rodolphe de Montfurt et avec Wolfram d'Eschenbach, avec lequel il travailla. Il se chargea, sur la demande de Conrad de Wikterstein.de terminer le poSme de Tristan, que Gottfried de Strasbourg avait laissé inachevé et que Millier a publié. Turheim composa, en outre., un petit poëme: les Aventures d'Elie; un grand poème épique : Suint Guillaume, margrave d'Orange , dont il fit la première et la troisième partie sous les titres de : le Margrave d'Orange et le Vaillant llennevart. La seconde partie de cette œuvre jadis célèbre fut composée paj* son ami Eschenbach ; les deux premières parties seulement ont été publiées par Casparson (Cassel, 1781, iu-4u). Enfin, on attribue k Ulrich de Turheim un autre poème : le Roi Artus ou la Table ronde. Les manuscrits de ces diverses productions se trouvent au Vatican.

TCR1BE. (saint), prélat espagnol. V. To-

RIBIO.

TURIBUMJM S. m. V. THURtBULUM.

TURIE s. f. (tu-rî). Bot, Genre de plantes, de la famille des cucurbitacées, comprenant cinq espèces, dont le type croît dans l'Arabie Heureuse. Il Syn. de luppa, autre genre decucurbitacées.

TURIN, anciennement Augusta Taurinorum, en italien Torino, ville d'Italie, ancienne capitale des Etats sardes, puis capitale provisoire du royaume d'Italie, aujourd'hui cheflieu de la province de Turin et de tout le Piémont, dans une plaine agréable et trèsfertile, sur la rive gauche du Pô et de lu Dora Riparia, k 141 kilom. O. de Milan et k 825 kilom. S.-E. de Paris; par 450 4' 8" de latit. N.et5» 2l'l2"deloiigil. E.; 2 13,000 hab. Archevêché fonde en 1515; université, avec une riche bibliothèque , Académies royales des sciences et des beaux-arts, Académie militaire, école d'artillerie, Académie philharmonique, Société d'iigriculture ; Bourse et tribunaux de commerce , banque nationale , caisse de commerce et de l'industrie, à laquelle est réunie le Crédit mobilier; cuisse d'escompte, banque des soies, Société du crédit industriel et commercial; institut des sourds-muets. Musée d'antiquités, qui renferme la fameuse table Isiaque; cabinets des médailles, d'histoire naturelle, de minéralogie et de physique; très -beau jardin botanique du ValeiUiiio, galerie de tableaux (dans le palais Madainu); observatoire; fonderie de canons, manufacture d'armes, Turin possède des fabriques de draps, de cotonnades, de chapeaux, de chaussures, de chocolat, de fleurs artificielles, de gants, d'instruments de musique, de meubles, de papiers, de passementerie, d'étoffes de soie, etc.

Turin doit k son égale proximité des glaciers des Alpes et des régions chaudes méridionales de jouir d'une température assez variable, qui peutse résumer dans la moyenne suivante : 144 jours sereins, 134 jours variables, 87 jours pluvieux. L'été y est souvent étouffant et les pluies d'automne se prolongent parfois jusqu'à l'hiver. La ville, coupée de rues k angles droits, qui lui donnent sur une carte topagraphique une division en carrés d'une régularité quasi symétrique, renferme plusieurs places vastes et bordées de beaux édifices qui rompent heureusement cette monotonie; la plus considérable est la place du Château (piazza Castella) , ainsi nommée du palais qui se trouve au centre et où siégeaient naguère le Sénat et la Chambre des pairs ; cette place mesure 225 mètres de longueur sur 166 mètres de largeur. La place Saint-Charles (piazza San-Carlo), plus régulière que la précédente, est longue de 167 mètres et large de 77 mètres et présente la forme d'un parfait rectangle ; la plaça Victor-Emmanuel, d'une longueur de 360 mètres sur une largeur de lit mètres, a été ouverte en 1819 et a la forme, également rô-

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gulière, d'un carré long; la place Emmanuel- Philibert, de forme octogonale (197 mètres environ) est le centre des marchés de la ville ; la place Carignan, moins considérable (80 mètres sur 37) , renferme le palais du même nom, naguère Chambre des députés d'Italie, Mentionnons enfin la place Charles- Albert, d'ouverture toute récente; la place Charles- Félix, bordée d'arcades ; la place du palais de la ville, la place de Savoie, etc. Toutes ces places, dont la plupart sont ornées de monuments ou de statues sur lesquels nous reviendrons ci-après, sont pavées, ainsi que les rues, de larges dalles alternant avec des cailloux. Quelques espèces de ces cailloux, entre autres la serpentine, le rosso, la variolite, sont assez précieuses et pourraient être utilisées dans la marqueterie et la mosaïque après une opération de polissage préalable. Il ne reste plus trace aujourd'hui des anciens remparts de la ville, remplacés depuis 1818 par de belles promenades, et la citadelle elle-même, vaste construction militaire élevée vers 1564 par l'architecte Pacciato, a été récemment démolie. Un quartier neuf commence à s'élever sur son emplacement.

— Monuments religieux. La cathédrale de Turin, placée sous l'invocation de saint Jean- Baptiste (San-Giovanni), remonte à la fin du xve siècle et rappelle extérieurement le style de Baccio Pinteîli. A l'intérieur, les voûtes sont ornées de peintures à fresques représentant des sujets bibliques. Le maître-autel est en marbre d'un grand prix. Il faut encore mentionner un tableau assez remarquable attribué à Albert Durer, et deux statues de marbre, œuvre du sculpteur français Legros : Sainte Christine et Sainte Thérèse. Le trésor conservé dans la sacristie possède un assez grand nombre d'objets précieux , ou curieux par le travail; le principal ornement de cette pièce consiste dans un bon tableau dé Macrino d'Alba, le Baptême de Jésus-Christ.

La chapelle du Saint-Suaire de Turin \del San-Sudario) est, en quelque sorte, adossée au maître-autel de la cathédrale , dont elle n'est séparée que par un vitrage. Deux escaliers, de quinze degrés chacun, y donnent accès. Elle consiste en une rotonde environnée de colonnes de marbre noir, à bases et chapiteaux de bronze doré. Le tout est couronné par une coupole étrange. L'auteur de cette bizarre basilique, dont le style ne se rattache k aucune école, est le Père Guarini, de l'ordre des théatins. Elle doit son nom. à un prétendu Saint-Suaire du Christ apporté d'Orient au xive siècle par Guillaume de Villersexel, et transféré à Turin, en 1578, par les ordres de Philippe-Emmanuel. Cette chapelle correspond par une galerie avec le palais et contient depuis 1842 les mausolées en marbre blanc des princes de Savoie dont les noms suivent : Amédée VIII; Emmanuel- Philibert; Thomas de Carignan et Charles- Emmanuel.' Ces mausolées sont dus au ciseau de Cacciatori , de Marchisi et de Gaggini. Il faut y joindre le monument de la reine Marie-Adélaïde, érigé en 1855.

L'église Saint-Philippe-de-Neri est surtout remarquable par ses proportions colossales. Elle n embrasse pas moins, en effet, d'une Superficie^ de 2,553 mètres carrés. La chute de sa voûte, en 1716, nécessita une reconstruction presque totale, qui fut confiée k l'architecte Juvara. On y remarque quelques tableaux de Solimena, Carlo Maratta, Vacca, Tiepolo, et une Conception de Vanloo, le peintre français.

L'église la Consolata se compose de trois corps de bâtiments, construits à diverses époques et formant en quelque sorte trois églises ou chapelles distinctes. On y remarque : la chapelle surchargée de dorures et d'ornements dans laquelle se trouve une image de la Vierge, objet de pèlerinages fréquents, et les deux statues en marbre blanc des reines Marie-Thérèse et Marie-Adélaïde, épouses, la première de Charles-Albert, la seconde de Victor-Emmanuel IL Ces monuments ont été achevés en 1861.

L'église Saint-Laurent, œuvre du Père Guarini, remonte aux dernières années du xvne siècle. Le dôme, au-dessous duquel est placé le maître-autel , se compose de deux coupoles superposées , équilibrées sur des arcs qui se soutiennent k mesure qu'ils deviennent plus petits.

Nous mentionnerons encore : l'église du Saint-Esprit, attenante à l'hospice des Catéchumènes, célèbre par le séjour qu'y fit Jean-Jacques Rousseau en 1728; l'église de Corpus-Doinini, construite en 1607 par VHtozi, luxueusement décorée par Altieri ; l'église Saint-Dominique, où l'on remarque un beau tableau du Guerchin, représentant la Vierge, l'Enfant Jésus et le patron de l'église; l'église Santi-Martiri (des Saints-Martyrs) , construite en 1577 pour les jésuites et qui contient le tombeau de Joseph de Maistre ; l'église Saint-François-de-Paule , construite au xvne siècle par Pellegrini ; l'église Saint- Charles ; l'église Sainte-Christine (belle façade par Juvara); l'église Saints-Maurice-et- Lazare; l'église Saint-Roch (1667); l'église San-Massimo (Saint-Maxime), construite en 1846 et analogue au Panthéon; enfin, le temple protestant vaudois, édifice pseudo-gothigue contemporain.

— Edifices civils. Le palais du roi (Patazso- Reale), construit par le duc Charles-Emmanuel II, sur les plans du comte Amédée de

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Castellamonte, a remplacé comme résidence royale le palais de l'évêehé, situé où se trouvent aujourd'hui la galerie des armures et la bibliothèque du roi; sans grande valeur architecturale à l'extérieur, il est précédé d'une grande cour d'honneur fermée d'une grille et ornée des statues équestres de Castor et Pollux, modelées par Sangiorgio. Les appartements, auxquels conduit un escalier monumental, sont vastes et somptueux. En face de l'escalier s'élève la statue équestre en marbre blanc de Victor-Amédée 1er. La saj|e <]es gardes au premier étage est décorée d'une fresque de Bellosio, Jupiter foudroyant les Titans, et d'un tableau représentant la Bataille de Saint-Quentin , attribué -à Palma Vecchio; la salle des pages, la salle du trône, la salle des ministres, la salle de bal, etc., sont également décorées de tableaux, pour la . plupart modernes, et de vases étrusques, de Chine, du Japon et d'Egypte.

Le palais Madame (palazzo Madama), ainsi nommé de la duchesse de Nemours, veuve de Charles-Emmanuel II, ■qui en fit sa résidence ordinaire au commencement du xvme siècle, remonte au xive siècle. Agrandi et fortifié, en 1416, par Amédée VIII, il reçut en 1720 la façade actuelle, œuvre de Juvara. Le double escalier d'honneur, qui conduit aux appartements, date de la même époque. L'observatoire est installé dans une des deux tours qui subsistent encore de l'œuvre d'Amédée VIII. C'est dans le palais Madame, dit aussi le Château (Castello), que se sont tenues longtemps les séances du Sénat. Devant la façade, donnant sur la place, s'élève un monument élevé par les Milanais à l'armée sarde et représentant un Soldat. Ce monument est dû au statuaire Vêla.

Le palais Carignan, ancienne résidence des princes royaux, est un édifice de mauvais goût, dû au Père Guarini. Le palais du duc de Gènes, réuni au palais du roi par une galerie, possède une seule façade monumentale. Mentionnons encore le palais du Tasse.

— Etablissements municipaux, Turin possède : un arsenal , commencé par Charles- Emmanuel II, terminé et considérablement agrandi par Charles-Emmanuel III , qui y établit une école d'artillerie et une fonderie de canons. On y conserve, en outre, une collection estimée de plans en relief de fortifications anciennes et modernes. Dans la cour de l'arsenal s'élève un monument en bronze, consacré à la mémoire de Pietro Mica, simple pionnier, qui, lors du mémorable siège de 1706, voyant l'arsenal envahi par les français, mit le feu aux poudres et se fit sauter avec l'ennemi. Parmi les principaux hôpitaux de Turin, il faut citer : l'hôpital majeur de Sauit-Jean-Baptiste; fondé au xive siècle et contenant 418 lits; l'hôpital général de la Charité, fondé par Charles-Emmanuel Ier et pouvant donner asile à 1,500 pensionnaires; le grand hôpital des Saints-Maurice-et-Lazare, fondé en 1572; le Maninconio, hospice des aliénés des deux sexes, fondé en 172S, reconstruit en 1818; l'hôpital de la Maternité,etc. La fabrique de tabacs occupe l'ancien château du Valentin, situé à l'extrémité sud de la ville et construit par Christine de France, veuve de Victor-Amédée I" et fille de Henri IV et de Marie de Médicis.

— Académies , musées , bibliothèques. Le palais de l'université' de Turin, commencé sous Victor-Amédée II (1713), est un bel édifice dans le style du xvmo siècle, précédé d'une cour monumentale, entourée de portiques ornés de bas-reliefs, d'inscriptions grecques et latines, et de fragments antiques découverts à Industrià, ancienne cité romaine située près du Pô, à 25 kilorn. de Turin. L'université de Turin compte : une chaire de théologie, une chaire de jurisprudence, une chaire de médecine et de chirurgie, une chaire de littérature, une chaire de philosophie, une chaire des sciences physiques et mathématique^. Elle possède un cabinet anatomique et pathologique, des laboratoires de chimie, un jardin botanique, etc.

Le palais de l'Académie des sciences comprend dans ses dépendances immenses : le inusée d'antiquités, le musée égyptien, le musée d'histoire naturelle et la galerie de tableaux.

Le musée d'antiquités, le plus ancien en date de fondation, est riche principalement en statues découvertes dans des fouilles, en vases étrusques et en débris phéniciens (trèsrares), trouvés en Sardnigne et dans l'île de Chypre. Le musée égyptien possède, entre autres curiosités, la statue colossale de Jupiter Amman, celles de plusieurs rois, toutes d'un seul morceau, en granit rouge ou en basalte vert ou noir; un nombre considérable de momies et d'emblèmes mythologiques, un fragment de tableau chronologique de plus de cent rois antérieurs à la dix-huitième dynastie , enfin la fameuse table Isiaque en bronze qui donna lieu à tant de polémiques savantes et qu'on s'accorde à considérer aujourd'hui comme un monument pseudo-égyptien de l'époque d'Adrien. Le musée d histoire naturelle comprend un cabinet de minéralogie, un des plus complets de l'Europe, et une collection zoologique, riche de plus de 100,000 sujets, tant en mammifères qu'en oiseaux et en insectes. Une collection numismatique a été rassemblée dans une salle voisine ; elle compte 15,000 pièces environ. Enfin la galerie de tableaux (regia pinacoteca di

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Torino) , précédemment installés au premier étage du palais Madame par le roi Charles- Albert, peut passer pour une des plus riches en chefs-d'œuvre du monde entier. Il serait trop long d'en énumérer ici les trésors dont le catalogue complet, dressé en 1835, sous ce titre : La Reale yalleria di Torino, illustrata da Bob. d'Azeglio, direltore délia medesima, forme un gros volume. Nous nous bornerons à dire que tous les maîtres connus de toutes les écoles y sont représentés dans les quinze salles de la pinacothèque, divisées ainsi qu'il suit : ire salle, batailles/portraits ; 2e, 3e et 4e salles, école piémontaise; 5e salle, écoles italiennes du xive, du xve et du xvio siècle ; 6e salle, écoles italiennes du xvie et du xvne siècle; 7e salle, écoles italiennes du xvne et du xvme siècle; les salles 10e et lie, même composition ; '8e salis, émaux sur porcelaine ; 9B salle, fleurs et fruits; 12e et 14e salles, école^ flamande, hollandaise et allemande ; 13e salle, les chefs-d'œuvre; 15e salle, école française.

Indépendamment de ce musée, Turin possède, attenant au palais du roi, un musée royal des armures, fondé en 1835, à l'aide des arsenaux de Turin et de Gènes et de plusieurs collections particulières : 1 La grande galerie, dit M. du Pays, est d'un aspect curieux à cause des figures couvertes d'armures damasquinées et placées sur des chevaux empaillés et armés en guerre ; ces figures de chevaliers forment à droite et à gauche de la galerie comme une garde d'honneur de cette panoplie des vieux âges. » Parmi les richesses et les curiosités de ce musée, nous citerons : l'armure d'Emmanuel-Philibert, celle du prince Eugène à la bataille de Turin (1706), un bouclier attribué à Benvenuto Cellini, une selle de Charles-Quint, une armure française portée à la bataille de Pavie et l'épée de Bonaparte à Marengo.

Un dernier musée, dit musée municipal, a été inauguré à Turin en 1863; il comprend douze salles et embrasse l'histoire naturelle et les beaux-arts. Quelques collections particulières méritent aussi d'être mentionnées ; nous citerons : la galerie du prince de La Cisterna, la galerie Altieri, la galerie Gattino, la galerie Rignon. Enfin, l'Académie des beaux-arts (Accademia Albertina délie belle arti) possède des peintures attribuées à Raphaël, un André del Sarto, un Rubens, des canons de Léonard de Viuci, etc.

Les bibliothèques de. Turin se composent de la bibliothèque particulière du roi, riche de 40,000 volumes et 1,800 manuscrits, et de la bibliothèque municipale, La première possède un grand nombre de lettres autographes du duc Emmanuel-Philibert et du prince Eugène de Savoie, des notes du grand Frédéric sur la guerre de Trente ans, des lettres de Napoléon et de ses généraux; plusieurs dessins de Raphaël, Corrége, Léonard de Vinci, Titien, etc. La bibliothèque munipale, riche d'un nombre de volumes k peu près égal, est surtout estimée au point de vue des recherches historiques sur Turin spécialement. ,

— Ponts , promenades , statues , etc. Trois ponts principaux réunissent, à Turin, les deux rives du fleuve : le pont du Pô, construit en 1810, sous la domination française; il se compose de cinq arches elliptiques de 25 mètres chacune ; le pont de la Doire, composé d'une seule arche de 45 mètres, ouvrage hardi, exécuté en 1830 par l'ingénieur piemontais Mosca ; le pont de fer Marie-Thérèse, construit en 1840. Les promenades publiques de la ville sont : le jardin public (Giardino pubblico); on y remarque trois statues : celle de Cesare Balbo, président du conseil sous Charles-Albert; celle du général piémontais Bava et celle du général napolitain Pepe. Manin, le grand patriote vénitien, a également un monument dans le jardin public; après ce jardin viennent : les boulevards, qui ont remplacé les anciennes fortifications; le jardin de la place Charles-Félix, qui n'est, k proprement parler, qu'un square avec jets d'eau; enfin, le nouveau jardin récemment ouvert près de la fabrique de tabacs. Parmi les autres statues et monuments dont nous n'avons pas parlé, nous nous bornerons à mentionner en terminant : la statue d'Emmannel-Philibert, en bronze, œuvre de Marochetti, qui orne le centre de la place Saint-Charles ; le piédestal est flanqué de basreliefs allégoriques ; la statue du philosophe Vineenzo Gioberti, qui occupe le centre de la place Carignan ; le monument du roi Charles-Albert, sur la place du même nom ; le monument élevé par Charles-Albert lui-même sur la place du palais de la ville à Amédée VI, dit le comte Vert; un obélisque (place de Savoie), érigé en souvenir de l'abolition des tribunaux ecclésiastiques et de l'établissement du mariage civil; et sur la même place les trois statues du prince Eugène, du duc de Gênes et du roi Charles-Albert, cette dernière inaugurée en 1S59, non loin d'une table de. marbre portant gravés les noms des Turitiois morts en combattant, de 1848 k 1849, pour l'indépendance italienne ; eniin, place de la Consolata, une colonne de granit, surmontée d'une statue de la Vierge et érigée en mémoire d'un vœu fait lors de l'invasion du choléra dans l'ancienne capitale du Piémont (1835).

— Histoire. Turin (Bodincomagus, Taurasia, Colonia Julia, Augusta taurinorum) |

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était, à son origine, la capitale des Taurini, peuplade gauloise qui, après avoir lutté contre les Romains, en devint l'alliée. Lors de l'expédition d'Annibal, les Taurini, ayant refusé de se joindre au conquérant pour marcher contre la république, furent considérés par lui comme des ennemis et virent leur ville saccagée par les bandes carthaginoises. Taurasia s'était peu a peu relevée de ce désastre, lorsque Jules César en fit le centre d'une colonie romaine à laquelle il donna son nom. Cette colonie prit, sous Auguste, une rapide extension et échangea son nom précédent contre celui à'Augusta Taurinorum, rappelant à la fois les anciens habitants et le prince qui avait principalement contribué à cet accroissement. Au temps de la monarchie lombarde, Turin devint le chef-lieu d'un des trente duchés dont elle se composait. Charlemagne, maître du pays, attribua la possession de cette ville au marquis de Suse, sous la condition de défendre les frontières. Turin fut, dès 1281, la capitale des ducs de Savoie. La réunion de la Savoie et du Piémont lui donna une nouvelle importance, que la fondation de l'université (1405) vint encore accroître. Les guerres d'Italie firent tomber, en 1536, Turin au pouvoir des Français, qui ne l'évacuèrent qu'en 1562. La peste succéda à la guerre et dépeupla la ville en 1595 ; le fléau reparut en 1630, non moins meurtrier. Eu 1640, Turin subit de la part des Français un siège mémorable et tomba de nouveau en leur pouvoir. La guerre prit fin en I69S par le traité signé dans la ville même entre Louis XIV et le due de §avoie, par lequel le roi de France s'engageait à restituer à ce dernier les villes tombées en son pouvoir et, de plus, à consentir au mariage d'une princesse de Savoie avec un des petits-enfants de France. Ce traité ayant été impuissant à éteindre l'ardente lutte des deux puissances, la guerre ne tarda pas à recommencer et, en 1706, les Français vinrent de nouveau, mais inutilement, mettre le siège devant Turin. Plus heureux en 1796, puis en 1798, ils occupèrent Turin sans grande difficulté; en 1799, ils furent remplacés un instant par une armée austro-russe; mais la victoire de Marengo replaça la ville sous la domination française. Démantelée, afin de prévenirloute nouvelle tentative de rébellion, Turin devint alors le chef-lieu du département du Pô, dans l'Empire français, auquelce département resta incorporé jusqu'en 1814.

Turin était redevenu la capitale du royaume de Sardaigne, lorsque les événements de la guerre d'Italie, après l'avoir un instant placé au rang de capitale du nouveau royaume, le firent descendre ensuite à celui de simple chef-lieu de province. Bien qu'ayant cessé, depuis 1864, d être la résidence du gouvernement, Turin n'en est pas moins demeuré une ville importante et pouvant figurer parmi les premières du royaume. Malgré le transport de la capitale à Florence, puis à Rome, sa population n'a pas diminué.

Turin est la patrie du mathématicien Lagrange et des jurisconsultes Govea et Gravina.

Un concile fut réuni à Turin en 401, à la prière de' plusieurs évoques des Gaules, pour régler des différends qui troublaient alors la paix de leurs Eglises. Les évêques de la Narbonnaise II» (qui était la province d'Aix), saint Procule de Marseille, Simplice, évêque de Vienne, et l'évèque d'Arles y assistèrent, sans compter plusieurs autres dont on ignore les noms.

TURIN (province DE) division administrative du royaume d'Italie, entre les provinces de Coni au S., de Novare et d'Alexandrie à l'E., le Valais au N. et la France à l'O. Elle est formée d'une grande partie du Piémont, comprend 5 arrondissements, Turin, Aoste, Ivrée, Pignerol, Suse ; 62 cantons et 443 communes. Elle a 10,471 kilom. carrés de superficie et une population d'environ 1,000,000 d'hab.

TURIN (ARRONDISSEMENT DE), Subdivision

administrative de la province de Turin (Italie). Elle a 259,267 hect. de superficie et environ 470,000 hab. On y récolte des grains, du vin, de l'huile, etc. ; on y fabrique des toiles, des chapeaux de paille, et on y exploite la pierre à bâtir et la pierre à chaux.

TUR1NOIS, OISE s. etadj. (tu-ri-noi, oi-ze). Géogr. Habitant de Turin ; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les TURINOIS. L'industrie turinoise.

TDR1NUS (Albanus), médecin suisse. V.

Thorer.

TUBIOBOLBE S. m. (tu-ri-o-bul-be — de turian, et de bulbe). Bot. Nom donné k des bourgeons terminaux des rameaux souterrains, qui se renflent en masse charnue et envoient, 1 année suivante, des tiges florifères.

TURION s. m. (turri-on — lat. turio, même sens). Bot. Bourgeon émis par la souche des herbes vivaces, et qui, en se développant, devient une tige aérienne: Ge que l'on mange dans l'asperge est un turion. (Th. de Berneaud.) il Nom donné autrefois aux jeunes pousses des arbres.

— Encycl. Le turion est le bourgeon souterrain des plantes vivaces,|qui, en se développ ant, produit chaque année de nouvelles tiges.

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La partie qu'on mange dans l'asperge en présente un exemple familier. Il diffère du bourgeon proprement dit par son origine souterraine; du reste, sa structure est absolument ta même. D'après Richard, il faut rapporter au turianlea petites granulations qu'on trouve sous terre, à la base de la tige, dans la saxifrage granulée ; ce sont, en effet, de petits bourgeons écailleux qui naissent sur les ramifications horizontales d'une tige souterraine et rampante. On' multiplie quelquefois les plantes à turions par la division ou le marcottage de ces organes. Quelques auteurs voient aussi des turions dans les- rejets produits par les racines traçantes de certains arbres, et qu'on appelle en général drageons.

TURKESTAN, TARTAK1E ou ASIE CEN- TRALE. On comprend sous cette dénomination la partie S.-O. de la Russie d'Asie et plusieurs Etats indépendants. Le Turkestan s'étend entre 36« et 58<> de latit. N. et 49» et 78» de lotigit. E. Il est borné au N. par la Sibérie, à l'E. par la Chine, au S.-E. par le royaume de Kascligar, au S. par l'Inde, l'Afghanistan et la Perse, à l'O. par la mer Caspienne et la Russie d'Europe. Superficie, 3,640,000 kilom. carrés environ; population, 7,800,000 hab. environ. Le Turkestan comprend : 10 un certain nombre d'Etats indépendants, Boukhara. Khiva, Koundouz, Bcdakshan, Hissarj Kesch ou Sheri-Sebs, Darvaz ou Dervaz, dont on évalue la superficie à 275,000 kilom. carrés et la population à 3,000,000 d'Iiab. ; 2» les vastes territoires dont s'est emparée la Russie et qui comprennent les provinces d'Akmolinsk, d'Ouralsk, de Semtpalatinsk, deïourgaï, deïranskaspie, le gouvernement général du Turkestan et le Ferghan (ancien Khokand), annexé en 1876. La superfîeiede ces provinces est évaluée à 3,365,000 kilom. carrés et la population à 4,801,000 hab.

La plupart des Etats que nous venons de mentionner ayant un article particulier dans le Grand Dictionnaire, nous ne nous occuperons ici que de la géographie générale de la grande région qui les englobe tous. Dans sa partie O. et N-O., elle est formée en majorité de plaines désertes ou de steppes, connus sous le nom de vallée du Tonran, tandis qu'à l'E. et au S.-E. s'étend le plateau élevé du Turkestan proprement dit. C'est une région sauvage, mais des plus fertiles, bien arrosée et qui abonde en prairies et en vallées luxuriantes. Ce plateau se détache des ramifications septentrionales de l'Indou- Kho et des ramifications occidentales du Bolor-tagh; et l'Ak-tagh ou Asfura-tagh, prolongement occidental du Mustagh ou Tian-chan de l'Asie centrale, le partage en • deux régions: le plateau de Ferghana au N. et le plateau de Sogdiune ou u'Uzbekistan au S. L'un appartient au bassin du Sihoun ou Syr-Daria (laxarte), l'autre à celui du Djihoun ou Amou (Oxus) ; ces deux fleuves ont leur embouchure dans la mer t d'Aral. Entre eux, le Serafscbân ou Ser-efch'an (qui sème de l'or) traverse, dans son cours inférieur, la délicieuse vallée de Sogd, située entre Samarcande et Boukhara, et qu'il fertilise par un immense rése.au de canaux ; puis il s'écoule dans le petit lac Karakeui (lac Noir). Tous les autres cours d'eau n'ont aucune importance. Le climat a tout le caractère des climats continentaux et offre les Contrastes les plus opposés ; eu hiver, le froid est extrême, taudis qu'en été la chaleur atteint presque ie méine degré que dans les régions tropicales. Même contraste entre la maigre végétation des plateaux déserts et la fertilité des verdoyantes vallées qui bordent les fleuves. Dans le nord, on ne trouve que des pins sur les montagnes, quelques pâturages dans les steppes, des buissons d'épines et d'absinthe. Vers le s.ud, région qui ne semble formée que d'oasis, on rencontre des terres fertiles et bien cultivées où croissent le riz, l'orge, le froment, les fèves, les carottes, etc. On trouve dans les jardins tous les fruits de l'Europe. Le vin est excellent, les melons et surtout les melons d'eau y sont très-abondants. Il y a beaucoup de mûriers, dont la feuille sert à la nourriture des vers à soie, et l'écorce à la fabrication d'un papier renommé sous le nom de boukhara. La culture du cotonnier, du pavot, du carihame, de la garauce, du chanvre, du lin, du tabac et du sésame donne aussi des produits d'un grand prix et recherchés dans le commerce. Un y élève des boeufs sans cornes, des chameaux, des chevaux, des chèvres, des moutons à queue grasse. Les chevaux sont d'une excellente race; il y existe beaucoup de mulets et d'ânes, ainsi que d'agneaux d'Israël, de loups, de renards, de chats sauvages, de caracals , de lynx, de hérissons, de lapins, de lièvres, de muscs, de serpents, de gazelles.' L'ornithologie compte plusieurs espèces d'oiseaux de proie, et comme gibier à plume des perdrix, des francolins, des tétras. Le poisson y est rare ; les tarentules, les scorpions, les lézards infestent les steppes. On trouve dans le sol des mines de fer, de cuivre, d'argent, d'or, de lapis-iazuli, de houille. Toutes ces mines sont encore a exploiter. Les lacs produisent beaucoup de sel. Le Turkestan possède des fabriques de soie et de coton; chez les Boukhares, l'industrie est très-acti ve; les principaux articles qui font l'objet du commerce sont les cotonnades, cuirs, soieries, pelleteries, etc. La Chine y importe le thé, l'argent en barre, des étoffes de soie, la

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rhubarbe et la porcelaine. On tira de l'Indoustan des châles, de la mousseline, des toiles peintes, des voiles, diverses étoffes, du sucre et de l'indigo ; la Perse fournit principalement des objets de luxe, et la Russie donne les autres productions européennes que les Tartares consomment eux-mêmes, ou vendent a leur3 voisins asiatiques,

La population des kanats semi-indépendants est soumise à la domination des Turcs Ouigours et Uzbeks, qui ont, la plupart, renoncé à leur vie nomade et se sont mêlés au mouvement de la civilisation des peuples qu'ils ont asservis. Ces derniers, de race persane, descendent des anciens Bactriens et sont connus sous les noms de Tadjiks, Boukhares, Sartes et Galdjis. Ce sont eux qui forment la grande masse de la population établie k domicile fixe, ainsi que celle de la classe agricole et de lardasse industrielle qui habite les villes. Les Turcomans entrent pour un tiers dans la population du Turkestan, On rencontre, en outre, errantes dans les différentes parties de la contrée, des tribus de Kirghiz et de Karakalpacks nomades, et il y a dans les villes un grand nombre de juifs, d'Arméniens, d'Arabes boukhares et de Tartares Nogais, qui y ont cherché un asile contra le gouvernement russe.

LeTurkestan a, au point de vue historique, une grande importance comme centre et lieu de passage des grandes migrations des peuples, des expéditions commerciales et militaires. C'était jadis une contrée civilisée, bien cultivée et comptant une nombreuse population. Dans l'antiquité, il comprenait la Bautrianl, la Sogdiane et le pays des Chorasmiens, ainsi que les provinces du N.-E. de l'empire perse. Au vie siècle de notre ère, il succomba sous l'invasion des Huns et des peuplades turques ; au vino, il passa sous la domination des Arabes et prit un important développement. La région qui s'étend sur l'Amou inférieur et à l'O. de ce fleuve a, depuis lors, porté le nom de pays de Khowaresm ou de Khivar. Celle qui est comprise entre l'Amou et le Syr-Daria fut a la même époque englobée sous la dénomination générale de Mawar-al-Nahr, c'est-à-dire de 1 autre côté du fleuve, nom qui répond à la Transoxiane des anciens. Après la chute du califat, il s'y forma plusieurs principautés turques, qui furent longtemps réunies sous la domination de. la dynastie des Seldjoucides, mais qui, au xnc siècle, durent se soumettre au Mongol Gengis-Khan et à ses hordes tartares. A la mort du conquérant, le Mawar-al-Nahr et tout le Tiirfan furentl'apanage de son lils Djagatai, duquel descendent la plupart des kans actuels du Turkestan. Au xiv» siècle, Tamerlan fit du Mawar-al-Nahr le siège principal de son empire; mais, après sa mort (1405), cette contrée et le Turkestan en particulier se partagèrent en une foule de petits Etats. En proie à toutes les dévastations depuis la fin de la domination arabe, ce pays devint, comme dans l'antiquité, le théâtre des. déprédations de tribus barbares et de bandits nomades. Il fut déchiré pendant plusieurs siècles par la guerre des kans des différents petits Etals. La désunion continuelle qui existait entre ces chefs fut cause de leur chute commune et de la ruine de l'indépendance des peuples tartares.

Parmi les peuples tartares d'Europe et d'Asie, ce furent ceux du Turkestan qui, protégés contre les attaques des Russes par les immenses déserts qui les en séparaient, conservèrent le plus longtemps leur indépendance. Cependant, dès le commencement du xvme siècle, Pierre le Grand envoya à Khiva le prince BekovitchyTcherkaski pour faire pénétrer l'influence russe dans le Turkestau ; mais l'ambassadeur et son escorte furent entourés par les troupes du kan et massacrés.

Un siècle plus tard, en 1819, un corps russe de 300 hommes explora les alentours de la mer Caspienne, depuis Astrabad jusqu'à l'ancienne embouchure de l'Amou-Daria. L'un des officiers qui faisaient partie de cette expédition, le capitaine Mouravief, se rendit en ambassade à Khiva. L'année suivante (1820), le baron de Meyendorf alla 'en ambassade à Boukhara. Ces voyages, et plusieurs autres encore, fournirent au gouvernement russe d'importants renseignements sur l'état de ces contrées. En 1839, le général Perovski entreprit une grande expédition militaire contre Khiva, mais le froid le força à une retraite désastreuse. Pendant les années suivantes et jusqu'en 1850, les Russes avancèrent insensiblement à l'est, multipliant les expéditions et les explorations, s'emparant de diverses portions de territoire et construisant un grand nombre de forteresses, destinées à maintenir les Tartares dans l'obéissance. Pendant vingtcinq ans (1855-1850), la Russie accrut ses possessions en Asie d'un territoire équivalent à la France et k la péninsule ibérique réunies. En vain les Khiviens essayèrent d'arrêter la marche des Russes ; ils furent battus en 1850 par Perovski, en 1853 par les Russes et par les Persans coalisés. Sur les territoires conquis, les Russes construisirent plusieurs forteresses. En 1860, le colonel Zimmermann battit les Kkiviens et leur prit plusieurs forteresses. En 1864 , Tcherniaief obtint de grands succès sur les Khokaniens et prit Aulie-Ata. Le prince Gortschakof envoya (2 novembre 1864) aux cours européennes des notes diplomatiques qui contenaient l'assurance

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que la Russie s'gn tiendrait lk et ne pousserait pas plus loin ses conquêtes. Cependant, dès l'année suivante, Tcherniaief attaquait sans succès la ville de Tashkent. Il revint à la charge l'année suivante et s'empara de cette importante ville. Les Khokaniens, vaincus, avaient imploré le secours des Boukhares. Le général Romanovski prévint ces nouveaux ennemis, les attiîqua, les défit, le il mai 1866, à Irdjar et prit Khodjend (5 juin). La Russie se trouvait ainsi maîtresse du kanat de Khokand, du bassin entier du Syr-Daria et de la route qui va directement à Kaschgar. Le gouvernement russe avait d'.abord déclaré que Tashkend serait .la capitale d'un Etat vassal de la Russie ; mais il n'observa pas cette promesse et déclara (29 août 1866) que cette ville serait annexée purement et simplement à l'empire russe. L'émir de Boukhara, après avoir éprouvé défaite sur défaite, demanda à traiter.

En 1867, le général Kaufmann fut nommé gouverneur du Turkestan. Il essaya d'abord de conclure un traité de commerce avec l'émir de Boukhara. Les négociations traînaient depuis plusieurs mois , lorsque le général apprit que l'émir faisait des préparatifs de guerre et concentrait des troupes à Samarcande. Il prit aussitôt l'offensive, rencontra l'armée boukharienne et la tailla en pièces. Les Russes prirent alors à l'émir Samarcande, sa résidence d'été et la ville sacrée des musulmans. L'émir dut accepter de force le traité qui lui avait été proposé-(juin 1868). Les villes de Samarcande, d'Ourgoune et de Kalta-Kourgam, enlevées à la Boukharie et occupées par des garnisons russes, formèrent le cercle de Zararshan. Une révolte ayant éclaté contre l'émir, celui-ci appela à son aide le général russe Abramof. Abramof fit contre les révoltés et contre les beks semiindépendants, leurs alliés, plusieurs expéditions, pendant lesquelles il explora un pays alors fort peu connu. En 1871, le bassin du Zaravshan, le district de Farab et une partie du Khokand furent annexés au gouvernement du Turkestan. Boukhara et le reste du Khokand conservèrent chacun une autonomie nominale, mais l'influence de la Russie s'exerça dès lors, dans ces kanats, d'une façon prépondérante. En 1872, un conflit surgit entre la Russie et le kanat de Khiva. L'Angleterre, inquiète de voir la Russie s'avancer à pas de géant dans la direction de l'Inde, demanda des explications au cabinet de Saint- Pétersbourg. Celui-ci protesta de ses intentions pacifiques et déclara qu'il respecterait le kanat de Khiva, Cependant une armée russe se mit en marche, battit les Khiviens et prit Khiva; le kan dut payer une énorme contribution et céder aux vainqueurs toute la rive droite de l'Amou-Daria (1873); depuis, il est l'humble vassal de la Russie.

Des révoltes ayant éclaté contre Khou- Doïar, kan de Khokand, en 1873, 1874 et 1875, ce chef se réfugia, en 1875, sur le territoire russe. Les insurgés passèrent la frontière et attaquèrent Khodjend, d'où ils furent repoussés. Le général russe Kaufmann réunit alors toutes les troupes dont il put disposer, défit les insurgés dans une grande bataille près de Machran et entra à Khokand. Le nouveau kan,"Khan-Zade, dut accepter un traité onéreux qui le rendait vassal rie la Russie (août 1875). Les Russes annexèrent la partie du Khokand qui touche au Syr-Daria et au Narijne. Ce n'était qu'une trêve; la guerre recommença bientôt, et, le 8 février 1876, la ville de Khokand était obligée de capituler. Le kanat de Khokand a été alors incorporé à la Russie, et le général Globolaf a été nommé gouverneur de cette province, qui a reçu le nom de Ferghan.

L'émir de Kaschgar a, jusqu'ici, évité le sort de ceux de Khokand, de Khiva et de Boukhara, grâce à la protection des Anglais ; cependant il ne crut pas devoir refuser de signer, en 1872, un traité de commerce dont les clauses avaient été rédigées par le gouverneur général du Turkestan. On voit donc que, depuis 1867, la Russie a fait des progrès incalculables dans l'Asie centrale; ses conquêtes s'étendent du littoral de la mer Caspienne à l'Ili-Khiva; la Boukharie et le Khokand sont morcelés et reconnaissent humblement son autorité, car ils savent que le peu qui leur reste de liberté dépend de la bonne volonté qu'ils mettront à satisfaire les exigences de la politique russe. Quant à l'émir de Kaschgar, il entend trop bien ses intérêts pour, oser lutter seul contre un ennemi aussi redoutable que la Russie.

Depuis quelque temps, il est question d'ouvrir une voie de communication directe entre la Russie d'Europe et l'Inde, par la construction d'une ligne de chemin de fer à travers le Turkestan. Ce projet est patronné par M. de Lesseps; s'il était mis à exécution, il contribuerait sans doute a faire pénétrer sérieusement la civilisation dans ce pays d'une immense étendue et dont la population est très clair-semée.

TURKESTAN (gouvernement général du), province de la Russie d'Asie, créée en 1867 et située entre les steppes d'Orenbourg au N.-O-, les steppes d'Ouest-Sibérie au N., la Chine k l'E., Kaschgar, la Boukharie et la Khivie au S., la mer d'Aral à l'O.; superficie, 1,058^000 kilom. carrés; 1,997,000 hab. Chef-lieu, Tashkent. La majeure partie du gouvernement général , particulièrement

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dans le S. et dans l'E., est un pays montagneux formé par l'Alatau et les ramifications occidentales des monts Tian-chan, qui ont tout à fait le caractère des chaînes les plus élevées de nos Alpes d'Europe. Les régions du N. et de l'O. ne présentent guère que des plaines, des steppes et des déserts de sable principalement. Les cours d'eau les • plus importants sont le Syr-Daria et l'Ui. On y rencontre plusieurs lacs d'une grande éten- due, tels que la mer d'Aral, les lacs Balknsch, Issik, Ara et Karakœul. Le gouvernement général du Turkestan possède en abondance tous les produits du Turkestan. On y trouve des mines de houille et de métaux précieux; mais toutes ces richesses sont inexploitées. Les habitants mènent une vie nomade, et lecommerce et l'industrie sont dans l'enfance.

TUR-KEVI, ville de Hongrie (Grande Circassie), à 30 kilom. S.-O. de Kartzag, sur le Bortietyo; 7,000 hab.

TORKOMANS, nom de peuple. V. Tdrco-

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