TYR
tupos, type ; phànt, voix). Mus. Manière de marquer la voix en frappant.
TYPOPHYLLE s. m. (ti-po-ti-le — dugr. tupos, type; phullon, feuille). Entom. Genre d'insectes orthoptères sauteurs, de la famille des loeustiens, dont l'espèce type habite la Guyane.
TYPO -TÉLÉGRAPHIE S. f. (li-po-té-Iégra-fl — de type et télégraphie]. Procédé de télégraphie électrique par lequel oq imprime les dépêches fia caractères typographiques.
— Encycl. V. TELEGRAPHIE.
TYPO-TÉLÉGRAPHIQUE odj. (ti-po-té-légra-Ii-ke — rad. typo- télégraphie). Qui a rapport à la typo - télégraphie : Appareil
TYPO -TELEGRAPHIQUE.
TYPOT1CS {Jacques Typoest, plus connu sous le nom latinisé de), historien flamand, né à Bruges verswte milieu du xvie siècle, mort ii Prague en 1602. Il étudia le droit à l'université de I.ouvuin, puis voyagea en Italie pour compléter son instruction. S'étant rendu en Suède, à l'appel du roi Jean III, il •jouit d'une grande faveur auprès de ce prince; mais son espiit caustique lui fit beaucoup • d'ennemis et d'envieux, et il déchaîna luimême la tempête en écrivant un ouvrage dans lequel il uttaquait la réputation de plusieurs grands personnages. Emprisonné pour ce fait (1582J, il dut aux démarches du roi de Danemark de ne pas être mis à mort; mais il resta dans la forteresse d'Abo jusqu'à l'avénement de Sigismond III (1594). Typotius se retira alors auprès de l'empereur d'Allemagne, Rodolphe II, dont il devint l'historiographe. Ses principaux ouvrages sont : De salvte reipublicx libri duo (Francfort, 1505) ; De fama litiriduo (Francfort, 1595); De justo (Francfort, 1595); De fortuna (Francfort, 1595) ; Symbota divina ei humana pontificum, imperalorum et regum (Prague, 1601) ; Helatio liistorica de regno Suecias bellisque ejus civilibus et extemis (Francfort, 1605, in-S°).
TYPOU-SAËB, nabab de Mysore. V, TiPpoo- Saëb.
TYPTOLOGIE s. f. (ti-pto-lo-jî — du gr. tuptâ, je frappe; logos, discours). Mot employé par les partisans du spiritisme, pour désigner la communication des esprits au moyeu de coups frappés.
TVR, célèbre ville de la Phénicie, située à 20 milles environ au S. de Sidon, au bord de la mer. C'était une colonie de Sidoniens ; elle devint en peu de temps une des plus vastes et des plus florissantes cités maritimes de l'ancien monde. Elle envoyait des vaisseaux jusqu'en Espagne et elle fonda des colonies tout le long des côtes de la Méditerranée et jusque sur l'océan Atlantique.
Les Phéniciens appelaient Tyr Tsor, et c'est le nom que lui donnent les Hébreux, nom qui signifie dans leur langue, comme dans la langue phénicienne, Hocher,- place forte par sa situation. De là les Grecs ont fait le nom de Tyr en retranchant s, et les Arabes celui de Soi- ou Sour, qu'elle porte aujourd'hui, en retranchant le /. Ce dernier nom n'a pas été inconnu aux Romains, qui en ont fait celui de Sarra, par lequel ils ont Quelquefois désigné Tyr, et d'où ils ont formé Sarranus, servant à désigner des produits de provenance tyrienue : le sarranum ostrum, sarranus murex, par exemple, qui ne signifie pas autre chose que la pourpre de Tyr.
Il y a eu, à proprement parler, deux villes de Tyr. Les Grecs et les Latins distinguaient l'ancienne Tyr, Pal&lyrus, du la nouvelle, Neotyrus. La première était déjà très-florissante du temps de Josué et de l'entrée des .Israélites dans la terre de Chanaan (Josué, 19, ï9). Elle avait dès ces temps reculés porté son commerce plus loin même que Sidon et établi sur les deux bords de la Méditerranée dés colonies nombreuses, dont lia plus puissante fut Caitbuge, qui respecta longtemps dans Tyr les droits et la qualité de métropole. Les'Tyriens, en même temps, tirent, par terre, le commerce de la Babylonie et du golfe Persique, et s'ouvrirent celui de la mer Kouge. Leurs rapports furent, dans certains moments, assez étroits avec les Israélites, qui étaient de même race et parlaient presque la même langue que les Phéniciens. Les Hottes tyrieimes, reunies avec celles de Saloniun, tirent les grands voyages d'Ophir et de Thursis, c'est-a-dire des côtes de l'A trique septentrionale et de l'Espagne. Néehao, roi d'Egypte, engagea les Tyriens à faire le tour de l'Afrique, et ils contruisiient à cet effet une flotte dans leurs ports de la mer Rouge ; leurs vaisseaux accomplirent heureusement ce voyage d'exploration et rentrèrent, trois ans après, en Egypte par les bouches du Nil. C'est ce qu'on appelle le périple de Néehao (v. Nkchao) ; Hérodote en a longuement parlé (H.stoire, 1. IV). Pur cette expédition et par u'autres encore, Tyr devint le centre du eoiuinereo de toute la terre et l'on vit sur ses marchés tout ce que la nature et l'art produisaient de plus rare, à en juger par le détail qu'en doune Ezechiel (xxvii). L'orgueil de Tyr s'accrut avec ses richesses, elle se regarda comme la reine de la mer, et les principaux citoyens égalèrent les rois par leur faste. Jéhovuh voulut humilier cette ville superbe, disent les livres sacrés des Hébreux, en la livrant à Nabuchodonogor, qui la prit après un siège plus long que
TÏEÀ
celui de Troie ; il fut treize ans autour de la ville, avec ses troupes, sans pouvoir la réduire par de nombreux assauts où ses soldats eurent beaucoup à souffrir. Mais enfin les Tyriens, prévenant la ruine de leur ville, se sauvèrent par mer avec leurs richesses : Nabuchodonosor entra dans une ville déserte. •
Pendant quelque temps les Tyriens parurent abattus par ce désastre et lsaïe put s'écrier (XXIII, 8) : « Qui réserva un tel destin à la ville de Tyr, distributrice des couronnes et dont les marchands furent des souverains ? ■ Mais ils ne tardèrent pas à reprendre courage ; après le départ de Nabuchodonosor, ils bâtirent la nouvelle Tyr sur un petit tlot séparé de l'ancienne par un faible bras de mer, et Tyr ne tarda pas a redevenir presque aussi florissante qu'elle l'avait été auparavant. Elle s'allia plus tard aux rois de Perse, auxquels elle rendit de très-grands services par ses flottes, dans leurs expéditions contre la Grèce. Alexandre l'assiégea au commencement de ses expéditions en Asie, sur le refus qu'elle fit de lui ouvrir ses portes, et la prit après un siège de sept mois. 11 ne put s'en rendre maître (Quinte-Curce, 1. IV) qu'en comblant le bras de mer qui la séparait de la terre ferme. La digue qu'il fit construire subsiste encore aujourd'hui, et fait de Sour une presqu'île. Tyr se releva de ce désastre et conserva une partie de sa grandeur passée sous les Romains. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un amas de ruines, parmi lesquelles ou remarque les restes de ses remparts et des tours dentelle était flanquée.
A l'époque des croisades, elle reprit quelque importance et il y eut des comtes de Tyr, comme il y avait des marquis d'Ascaion et des princes d'Antioche. Elle fut enfin démolie par le Soudan d'Egypte, lorsqu'il l'eut reprise sur les chrétiens en 1291. On n'y voit plus guère que quelques maisons éparses parmi les ruines et quelques cabanes de pêcheurs au bord de la mer. bon port est presque comblé par les sables et 1 approche en est dangereuse à cause de plusieurs bancs entre lesquels il faut passer.
TYR, d'après l'Edda, un des principaux dieux de la mythologie Scandinave. Il était fils d'Odin et frère de Balder. Les guerriers l'invoquent à cause de sa grande vaillance et de sa force surprenante, On cite, comme preuve de son courage, sa résolution de laisser sa main dans la gueule du loup Fenris, jusqu'à ce que les Ases eussent lié le monstre avec la chaîne Gieipuir. Aussi Fenris, quand il s'aperçut qu'on le trompait, feima-t-il sa terrible mâchoire etcoupa-t-il le poing au dieu téméraire. Dans la dernière grande lutte du Ragnarokr, alors que tout va finir, Tyr combat le chien infernal Garmr ou Garmour ; tous les deux succombent à la fois.
Les Finnois adoraient le dieu Turrisas, qui n'est probablement autre chose que Tyr-as ou Asa-Tyr.
TYRAN s. m. (ti-ran — du lat. tyrannus, gr. luraniios, même sens). Usurpateur du pouvoir souverain, dans le langage des anciens : Deiiys le Tyran. Les Grecs ne mirent point de bornes aux vengeances qu'ils prirent des tyrans. (Moiitesq.) Tyran et usurpateur sont deux mois parfaitement synonymes. (J.-J. Rouss.)
— Souverain despotique, injuste, violent, qui met son autorité au-dessus des lois positives et des lois naturelles : Tacite jeta des lueurs affreuses dans les profondeurs de l'âme des tyrans. (Laharpe.)
Par les petits tyrans les peuples sont froissés.