V. Huao
— Homme qui tyrannise, qui tourmente ceux qui l'entourent par l'autorité qu'il usurpe ou dont il abuse : Les enfants gâtés sont des tyrans. Les seigneurs féodaux du moyen âge étaient autant de petits tyrans. Les femmes sont fausses dans te pays où tes hommes sont tyrans. (B. de St- lJ.) La possession fait souvent des tyrans de ceux que te désir avait rendus esclaves. (De Bignicourt.) Le -marchand est le tyran du fabricant. (Michelet.) Un tyran subalterne est un esclave aussi.
G. Délavions.
— Fig. Objet qui a une influence irrésistible et fâcheuse : La vieitlesse est un tyran gui défend, sous peine de ta vie, tous les plaisirs de ta jeunesse, (La llochef.) L'art est un tyran gui se plait à gêner ses sujets et qui ne veut pas qu'ils paraissent gênés. (Font.) L'amour est te seul tyran dont on subisse les lois sans se plaindre. (Beauchène.)
— Prov. L'usage est le tyran des langues, L'usage prévaut sur les règles de la grammaire.
— Hist. Trente tyrans, Nom donné à trente personnages qui furent imposés à la ville d'Athènes par les Lacédémouiens victorieux et qui exercèrent le pouvoir d'une façon odieuse et tyrannique. Il Nom donné aux nombreux compétiteurs de l'empereur Gallien.
— Ornith. Genre de passereaux, de la famille des rauscicapidées, type de la tribu des tyranninées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui toutes habitent les régions chaudes de l'Amérique : Les tyrans sont des oiseaux querelleurs, solitaires et peu sociables. (Z. . Gerbe.)
— Gramm. Ce mot conserve le genre mas-
TYRA
culin, même quand il se dit d'une femme : Cette femme est le tyran de tous ceux qui vivent autour d'elle.
— Encyçl. Ornith. Les tyrans, confondus par plusieurs auteurs avec les gobe-mouches, les moucherolles et les pies-grièches, s'en distinguent génériqueitient par leur bec allongé, droit et très-fort, à arête supérieure droite et mousse, et terminé par une pointe brusquement crochue, et par leurs serres ai-
fuës et très- robustes. Ce sont généralement es oiseaux de petite taille, mais d'un courage et d'une audace qui font qu'ils n'hésitent pas à se mesurer contre des espèces beaucoup plus grandes et même contre les oiseaux de proie. C'est, surtout quand ils ont des petits que leur instinct batailleur se déploie ; alors ils se battent contre les corbeaux ou même contre les aigles et réussissent le plus souvent à les éloigner de leur nid. En temps ordinaire, ce sont des oiseaux querelleurs, vivant solitaires, peu sociables, nuisibles même à l'homme. Ils se nourrissent de petits oiseaux, de lézards et d'insectes; la plupart d'entre eux nichent sur les branches et quelques-uns dans le creux des vieux arbres. Une fois que leurs petits sont élevés, ils deviennent plus doux et plus paisibles. Les espèces assez nombreuses de ce genre habitent les contrées ehaudes de l'Amérique.
Le tyran intrépide a le plumage d'un gris cendré obscur, avec une huppe orangée peu apparente, la tête et la queue noires, les rectrices pointues et blanches à leur extrémité et toutes les parties inférieures de cette dernière couleur. Il habite l'Amérique septentrionale, depuis le nord de Etats-Unis jusqu'au Mexique, et niche sur les arbres de moyenne hauteur; la femelle pond de trois à cinq' œufs blanchâtres, variés de diverses nuances de brun; les petits naissent couverts d'un duvet grisâtre.
Tyran domestique (LK) ou l'Intérieur d une famille, comédie en cinq actes et en vers, d'Alex. Duval (Théâtre-Français, 16 février 1805). Le principal personnage de la pièce est un mari hargneux, contraiiunt, rabâcheur, moraliste insupportable, toujours grondant femme, enfants, valets. On parvient à le corriger, non pas en lui opposant de la résistance, mais, au contraire, en lui abandonnant le champ de bataille; tout le inonde déserte la maison. Quand le grondeur se voit chez lui tout seul et sans aucune pâture pour sa bile, quand il n'a plus ni femme à tourmenter, ni enfants à prêcher, ni valets à gronder, il tombe dans une rêverie profonde; il se reproche sa mauvaise humeur qui fait qu'on le fuit comme une bête féroce. Il sent que, pour jouir de la société, il faut être sociable ; cette situation est intéressante et morale. Enfin, lorsqu'on a lieu d'espérer que cette correction le rendra traitable, les déserteurs reviennent au logis. Ce remède-contre la tyrannie domestique lui est administré par le conseil d'un frère de sa femme, lequel reste auprès du malade pour diriger l'opération et surveiller l'effet du spécifique.
Le Tyran domestique se distingue du Grondeur de Brueys en ce que le grondeur n'a point de femme. Une autre différence plus essentielle, c'est que le grondeur de Brueys est chez lui un vrai tyran, tandis que le tyran d'Alex. Duval n'est qu'un homme de mauvaise humeur, un pédant chagrin, qui même n'est désagréable que pour sa famille et prend un ton plus doux avec les étrangers. Ce qui fait le plus d'honneur à Duval, c est la punition du tyran domestique, qu'on laisse avec lui-même. Cela est neuf et théâtral. On pourrait encore citer les vers de M">« Valinont à son mari (acte IV, scène il) :
Ah! depuis dix-huit ans que de notre hyménée Je traîne avec douleur la chaîne infortunée, Je n'ai pas vu, je crois, s'écouler un seul jour Sans entendre des pleurs dans ce triste séjour. Je n'ai point un époux, mais un rigoureux maître; A ses yeux, malgré moi, je tremble de paraître. Pour obtenir la paix, à son opinion, De nion être j'ai fait toute abnégation; Je parie, je me tais, selon qu'il le désire; Mais trop heureuse encor, dans mon cruel martyre, Lorsqu'après avoir fait toutes ses volontés, 11 ne m'outrage pas par quelques duretés.
Le Tyran domestique resta longtemps au répertoire.
Tyran» (LES TRENTE). V. TRENTE TYRAKS.
TYRANNEAU s. m. (ti-ra-no — dimin.de tyran). Tyran subalterne : Pas de siècle où la main calleuse du vassal n'ait brisé la main douillette de quelque tyranneau d'éuéquel (E. Sue.)
— Ornith. Genre de passereaux, de la famille des paridées ou mésanges, dont l'espèce type habite la Guyane : Les tyranneaux se tiennent sur les arbrisseaux. (Z. Gerbe.)
TYRANNIC1DE s. (ti-rann-ni-si-de — lat. tyraunicida; de tyrannus, tyran, eldeesdere, tuer). Meurtrier d'un tyran, d'un roi.
— s. m. Meurtre d'un tyran : Etant donné le tyran, le tyrannicide peut sembler, en principe, légitime. {Proudh.)
— Hist. Nom donné, pendant la Révolution française, aux membres d'une association qui avait pour but le meurtre des tyrans,
— Adjectiv, Qui tue un tyran : hépublicain