‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 47 sur 1042 · V. Nadir-Schah · texte numérisé non relu

V. Nadir-Schah

THABIE, ville d'Angleterre, comté d'Oxford, à 20 kilom. E. d'Oxford, sur la rivière de son nom ; 2,500 hab. Commerce de grains et de bétail. Cette ville est de fondation trèsancienne. Elle a beaucoup souffert des incursions des Danois au xie siècle et des guerres civiles au xme siècle. L'église contient quelques beaux monuments funèbres.

TUAME, rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans le comté de Buckinghain, à l'E.

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de Winslow, se dirige vers le S.-O., entra dans le comté d'Oxford et se jette dans l'Isis, a Dorchester, pour former la Tamise, après un cours de 65 kilom. V. Tamise.

THAMER (Théobald), théologien allemand, qui s'est rendu fameux par son opposition aux dogmes des luthériens, né à, Rosheim (Alsace) au commencement du xvio siècle, mort a, Fribourg en 1569. Après avoir étudié sous Luther et Mélanchthon, il fut appelé comme professeur de théologie et prédicateur à Marbourg (1545) par le landgrave Philippe le Magnanime. Aussitôt il prit une part active aux disputes des luthériens sur la cène. Dans un but de conciliation, on avait rédigé une formule par laquelle il était entendu qu'en recevant le pain et le vin on recevait le corps et le sang de Jésus-Christ, et que les indignes le recevaient aussi bien que les vrais pénitents. Thamer attaqua cette formule qui, seltfh lui, profanait le corps et le sang du Sauveur. Le landgrave lui recommanda le silence, mais il répondit que sa conscience lui faisait un devoir de protester contre un dogme obscur et impie. Il attaqua de même le dogme de la justification par la foi sans les bonnes œuvres, préconisé par Luther. Ce fut un véritable scandale dans le camp des luthériens. Le landgrave étant alors captif, son fils aîné travailla k calmer cette lutte et fit signer à Thamer une sorte de px'ofession de foi où il était dit que, d'après saint Paul, la foi sans les œuvres de la loi justifie devant Dieu, mais que la foi qui ne se manifeste point par la charité n'est point la véritable. Toutes ces querelles avaient déconsidéré Tbamer. Quand il montait en chaire, il ne voyait plus qu'un temple désort, ce qui l'exaspéra à ce point qu'il commença à prédire toute espèce de mulheurs pour l'Eglise. Les magistrats de Marbourg l'envoyèrent à la forteresse de Zugenhagen et de là a Cassol, où il fut mis en jugement. On lui défendit de retourner dans sa paroisse. De plus en plus exaspéré, il écouta les conseils du clergé catholique et devint second prédicateur de l'église catholique de Saiut-Barthélemy, à Francfort. Là, il ne cessa d'attaquer ses anciens coreligionnaires, mais il porta la discussion sur un dogme nouveau. Luther n'avait encore parlé que de l'autorité des Ecritures; Thamer y ajouta l'autorité de la conscience de l'homme. 11 fut de nouveau destitué, parce que le landgrave s'aperçut qu'il était resté protestant, malgré sa conversion prétendue au catholicisme. Diverses réunions eurent lieu ; on voulait amener Thamer ù exposer clairement son système; il fiait par déclarer que, sans la conscience, le Nouveau Testament est une lettre morte. Il reçut alors son congé définitif, passa à Rome, fut nommé pasteur à Minden et obligé de quitter cette ville à cause de ses discussions interminables avec ses collègues. Il se réfugia à Mayenee, embrassa le catholicisme et publia sa justification (1562). On l'envoya ensuite a Fribourg comme professeur. Les ouvrages de Thamer sont complètement oubliés. Il avait publié avant son abjuration une dissertation intitulée : An et g ua tenus christianis in persecuiionibus sit fu~ giendum? (Marp., 1547, in-8°).

THAME9, rivière du haut Canada.Elie prend sa source dans le district de London, parcourt le Western district et se jette dans le lac Saint-Clair, après un cours de 180 kilom. Elle est navigable, même pour les gros navires, pendant une partie de son cours.

Thauea tunnel (tli), une des merveilles des environs de Londres. On donne ce nom à un tunnel qui unit les deux rives de la Tamise. Ce tunnel, qui fait le plus grand honneur a, sir Isambert Bruuel qui l'a mené k bonne lin, a été commencé en 1825 et terminé en 1843; il a 36G mètres de longueur. V. tunnel.

T11AMISE ou TAMISE, bourg de Belgique, province de la Flandre orientale, à 14 kiluin. d'Anvers, sur la rive gauche de l'Escaut; 6,001» hab. Blanchisseries de toile, imprimeries d'indiennes, commerce de dentelles, etc. Ce bourg possédait, avant 1793, une ubbuyo de dominicaines fondée en 1507.

THAMMUZ, dieu babylonien. Quelques livres de la Bible nous ont conservé plusieurs détails intéressants relatifs à ce dieu. Ainsi, Ezéchiel, dans ie récit d'une de ses visions, parle des femmes israélites pleurant Thammuz à la porte du temple de Jérusulem. Quel est, dit M. de Rougemont, ce dieu, ce héros qui fait verser ces larmes ? Les écri vains classiques ne le connaissent pas, du moins sous ce nom. Nous savons seulement que ce nom était celui du mois de juin chez les Syriens et chez les Juifs après la captivité de Babylone, et que les premiers célébraient ce moislà la fête de leur grand dieu Adonis, mort et ressuscité. Il ne serait donc point impossible qu'Adonis ou Adonaï, c'est-à-dire « mon seigrieur, » fût le titre honorifique du dieu qui s'appelait proprement Thammuz. Telle était l'opinion de saint Jérôme et de saint Cyrille d'Alexandrie; telle est aussi celle des écrivains chrétiens originaires de Syrie. EUo a été adoptée par Calmet; Gésénius, Wiuer, Creuzer, Twald l'ont pareillement admise. François Lenorraant prétend avoir lu le nom de Thammuz sur les luonnaies cypriotes ; enfin, M. de Witte a décrit un miroir étrusque représentant Adonis désigné sous le nom da Thanm. Cependant quelques auteurs n'ont pas adopté cette hypothèse; M. Chwolsou,

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entre autres, se basant sur un passage de V Agriculture des Nabathëens, précédemment cité par Moïse Maimonide, repousse absoluluentridentification d'Adonis et de Thammuz. Voici le passage en question : « Thammuz avait sommé un roi d'adorer les sept planètes et les douze signes du zodiaque; le roi l'avait fait mourir, mais il était revenu à la vie; condamné plusieurs fois à de cruels supplices, il était toujours resté vivant ; cependant il mourut enfin. La mort de Thammuz fut pleurée par les anges dans les deux. Sur la terre, les statues des dieux se réunirent de toutes les contrées de la terre duns le temple El-Askûl, à Babylone, et se rendirent toutes de là dans le temple du Soleil, vers la grande statue d'or qui est suspendue en l'air entre le ciel et la terre. Elle se tint debout dans le temple, au milieu de toutes les idoles de la terre. Autour d'elle se pressaient au premier rang celles du Soleil, de la Lune, de Mars, de Mercure, de Jupiter, de Vénus et de Saturne. Là, l'idole solaire commença à gémir sur Thammuz, et les statues des idoles pleurèrent. Elle rit une lamentation solennelle sur lui et raconta son histoire, et toutes pleurèrent du soir jusqu'au matin. » M. Chwolson part de ce récit pour démontrer que Thammuz n'est pas un dieu. « Les Nabathéens, ditil, rendaient à Jambuschad un culte pareil à celui de Thammuz ; mais le premier est incontestablement un homme, un saint, un prophète ; donc le second doit être également un homme. » M. Chwolson nous apprend aussi que le culte ou du moins les honneurs rendus à Thammuz se sont perpétués jusqu'à nos jours parmi les mandaïtes des environs de Bassora et les sabéens de Harran, en Mésopotamie : « Les femmes, au mois de juin, pleurent encore Tauz, forme corrompue de Thammuz, en ne mangeant rien qui ait été moulu, car son seigneur l'avait mis cruellement à mort, avait moulu ses os et en avait jeté la poussière au vent. »

THAMNASTÉRIE s. f. (ta-mna-sté-rî — du gr. tkurnuos, arbrisseau ; aster, étoile). Zooph. Syn. de thamnastréb.

THAMNASTRÉE s. f. (ta-mna-stré — du gr. thamnos, arbrisseau, et de outrée). Zooph. Genre de polypiers dendroïdes, voisin des astrées, et comprenant plusieurs espèces fossiles des terrains jurassiques.

THAMNÉE s. f. (ta-mné — dugr. thamnos, buisson). Bot, Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des bruniacées, dont l'espèce type croit au Cap de Bonne-Espérance.

THAMNOBIE s. m. (ta-mno-bî — du gr.

thamnos, buisson; bioâ, je vis). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des saxicolidées.

— Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des érirhiuides, comprenant quatre espèces, qui habitent, la Oafrerie.

THAMNOCARPE s. m. (ta-mno-kar-pe — du gr. thamnos, buisson ; karpos, fruit). Bot. Genre d'algues marines, de la tribu des de-

lessériées, dont l'espèce type est originaire du Cap de Bonne-Espérance.

THAMNOCHORTE s. m. (ta-mno-kor-te — dugr. thamnos, buisson ; chortos, herbe). Bot. Genre de plantes, de la famille des restiaoées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.

THAMNODE s. m. (ta-mno-de — du gr.

thamnodês, qui vit dans les buissons). Ornith. Syn. de sylvie, genre de passereaux.

THAMNODYNASTE s. m. (ta-nnio-di-naste — du gr. thamnos, buisson ; dunastés, maître). Erpet. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.

THAMNOPH1LE s. m. (ta-mno-n-le — du gr. thamnos, buisson ; philos, qui aime). Ornith. Nom scientifique du genre batara.

— Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, type de la tribu des thamnophilides, formé aux dépens des rhynehènes, et comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe.

THAMNOPHILIDE adj. (ta-mno-fi-li-de — de thamnophile, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au thamnophile.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des charançons, ayant pour type le genre thamnophile.

THAMNOPHILINÉ, ÉE adj. (ta-mno-fi-liné — rad. thamnophile). Orniih. Qui ressemble ou qui se rapporte au thamnophile.

— s. f. pi. Tribu de la famille des lauidées, ayant pour type le genre thamnophile ou batara,

THAMNOPH1S s. m. (ta-mno-fiss — dugr.

thamnos, buisson; ophis, serpent). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.

THAMNOPHORE s. m. (ta-mno-fo-re — du gr. thamnos, buisson; phoros, qui porte). Bot. Genre d'algues, de la famille des iloridées , tribu des delessériées, dont l'espèce type croît sur les côtes du Cap de Bonne- Espérance.

THAMYUIS, musicien de Thrace, inventeur du mode dorien. 11 osa délier les Musos au combat du chant, fut vaincu par elles et privé de la vue en punition de son orgueil. 11 laissa tomber alors sa lyre dans le Balyra.

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D'après Conon , les Scythes l'avaient pris pour roi. Les anciens lui attribuaient diverses poésies qui ne sont pas parvenues jusqu'à nous. THAN (Philippe de), écrivain français, né à Than (Normandie) vers la fin du XIe siècle, mort vers 1126. On lui doit deux ouvrages : le Livre des créatures (l 107), recueil d'excellentes maximes de morale, auquel l'auteur a joint une chronologie, et le Bestiaire, poème traduit du Liber Theobaldi de natura animalium, vel avium, seu bestiarum (1123).

THAN (de), grammairien français, qui vivait dans la première moitié du XVtne siècle. 11 fut professeur de philosophie et recteur à l'université de Caen. On lui doit, sous le titre de Grammaire latine et française (Caen, 1751, 3 vol. in-12), un ouvrage qui, bien que médiocre, eut de son temps beaucoup de succès. On y trouve des traités de poésie latine et française, d'orthographe, de l'élégance dans le style, etc.

THANAOS s. m. (ta-na-oss). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des hespérides, comprenant deux espèces, qui habitent le midi de l'Europe.

— Encycl. Les thanaos ont pour caractères : une tète large; les antennes terminées en massue fusiforme et très-courbée en dedans; les palpes écartées, très-velues, à dernier article plus mince et saillant; le thorax assez robuste; l'abdomen assez court; les ailes très-entières, les supérieures ayant la côte repliée chez les mâles, les inférieures dépassant un peu l'abdoirten. Les chenilles sont nues, ont la tète forte et échancrée, le cou très-mince et le corps renflé vers le milieu; elles se transforment en chrysalides presque fusiformes, avec un tubercule sur la tête et l'abdomen en cône allongé. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses. Le thanaos tages, vulgairement nommé griselte, est commun en France ; il paraît en avril et vers la fin de juillet; sa chenille vit sur le chardon- rolaud.

THANASIME s. m. (ta-na-zi-me — dugr.

lhanasimos, mortel). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des malacodermes, tribu des clairones, comprenant une dizaine d'espèces.

THANAS1R, ville de l'Indoustan, dans le Delhi, par 29» 55f de latit. N. et 79» S' de longit. E. Elle est en grande vénération chez les Indous, parce qu'elle renferme le fameux temple de Jugsoum, qui possédait jadis d'immenses richesses, dont le sultan de Ghiznih s'empara en 1012.

THANATE s. m. (ta-na-te — du gr. thanatosy mort). Arachn. Genre d'aranéides, réuni par plusieurs auteurs aux philodromes.

THANATOLOGIES, f. (ta-na-to-lo-jî — du gr. thanatos, mort; logos, discours). Théorie de la mort; traité sur la mort.

THANATOLOGIQUE adj. ( ta-na-to-loji-ke — rad. thanatologie). Qui appartient à la thanatologie.

THANATOMÉTRE s. m. (ta-na-to-mè-tre — du gr. thanatos, mort ; metron , mesure), Méd. Thermomètre d'une construction particulière, qu'on introduit dans l'estomac ou le rectum d'une personne en état de mort douteuse, et qui doit marquer une température inférieure à 20° si la mort est réelle.

THANATOPHILE s. m. (ta-na-to-fi-le — du gr, thanatos, mort; philos, qui aime). Entom. Genre d'insectes coléoptères peutamères, dé la tribu des silphales, formé aux dépens des silphes, et comprenant une vingtaine d'espèces, répandues sur tout le globe.

THANATOPHOBIE s. f. (ta-na-to-fo-bî — du gr. thanatos, mort; phobos, crainte). Crainte excessive de la mort.

Tbnnatopois , poème philosophique, par W. C. Bryant (Boston, 1816). Le titre de cet ouvrage, formé de deux mots grecs, signifie vue de la mort. Qu'on se rassure, l'auteur n'est pas un de ces faux poëtes, esprits malades et cœurs malsains, que l'amour du paradoxe, exalté par une misanthropie désespérante, pousse à la contemplation des horreurs putrides de l'hôpital, de la morgue et des charniers. Non 1 le poète américain ne cueille pas à plaisir les fleurs du mal. Dans l'anéantissement des êtres et des races, il voit autre chose que des sujets d'amphithéâtre, autre chose que des motifs de peinture réaliste. S'il aime à parler de la mort, c'est qu'il la regarde en face, sans peur, sans ironie; sa mélancolie est une tristesse mâle,forte, résignée. Sous le dôme verdoyant des forêts vierges, il rêve au lendemain, à la chute des feuilles, à la chute des hommes ; à l'aspect des grands lacs et des grands fleuves, il se souvient avec une pieuse émotion des peuplades indiennes anéanties par la civilisation conquérante. Sa poésie est un hymne de cette religion de la nature que Wordsworth appelle «la religion des bois.» Le charme principal de ses vers élégants réside dans une tendre rêverie ; son originalité consiste dans le talent de peindre le paysage américain, surtout quand cette nature revêt ses formes sauvages, solitaires etsplendides. Le poète n'imite des modèles anglais que la diction; il s'efforce de donner a son style la pureté, l'aisance, la délicatesse et la simplicité gracieuse qui sont l'apanage des bons poètes de la mère patrie. Sa versification de-

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vient par là mélodique jusqu'à la suavité. Ce poëme, écrit en vers blancs, est la première et la meilleure production de Bryant.

THANATOS, déesse de la mort, chez les Grecs. Elle était fille de l'Erèbe et de la Nuit, et sœur du Sommeil.

THANE s, m. (ta-ne). Hist. Chef d'une bande ou d'uncanton.chezlesAnglo-Saxons. I] Nom donné, après l'établissement des Anglo- Saxons dans la Grande-Bretagne, à tout vassal immédiat de la couronne.

— Eucycl. I,e mot thane est souvent traduit par minuter dans les chartes latines de la période anglo-saxonne ; parfois aussi on lui donne pour équivalent miles ou fidelis miles. C'est ainsi que le roi Alfred, dans sa traduction anglo-saxonne de VtJistoria ecclesiastica de Bède, traduit minister régis par le thane du roi et se sert, en outre, du mot thane partout où Bède emploie celui de miles. La signification exacte de ce terme, employé comme titre honorifique, n'a jamais été bien déterminée ; le rang ou la dignité qu'il désignait varia probablement avec les temps, et il devait y avoir plusieurs classes de thanes. Après la conquête, les thanes [thaini ou taini) sont souvent classés parmi les barons {barones); dans les lois de Henri 1er, les deux termes sont employés comme synonymes, et partout où les chroniqueurs anglosaxons se servent du mot thanes, les chroniqueurs latins ont recours à celui de barones. La classe des thanes ordinaires ou inférieurs semble avoir dû correspondre à celle des barones minores ou noblesse campagnarde. L'un des rares faits sur lesquels on puisse avoir quelque certitude en ce qui concerne le rang de thane, c'est qu'il impliquait la possession d'une propriété foncière d une certaine étendue; et cette possession semble même avoir, eu certaines occasions, conféré le titre do thune. Une des lois d'Athelstane porte que si un roturier vient à posséder en pleine propreté 200 arpents de terre, avec une église, une maison à beffroi, une magistrature dans un bourg et une place dans la salle du roi (le sens de ces derniers mots est assez difficile à établir), ce roturier devient thane de droit. Il est probable que l'on n'exigeait pas des thanes du plus haut rang la possession de plus de 200 arpents de terre, et un passage du Doomesday Book prouve que cette même quantité de terrain faisait de son propriétaire un miles, ou vassal exposé à être appelé à servir dans les armées du roi. Le Doomesday Book donne à un grand nombre de terres la qualification de terres de thanes (terne tainorum), et, selon toute vraisemblance, cette dignité, de même que celle de baron chez les Normands envahisseurs, était attachée à la possession d'une terre d'importance déterminée. Les Mandataient la plupart membres du Witenagemot ou Parlement saxon.

Après le règne de Henri II, l'histoire d'Angleterre ne fait plus guère mention des thanes ; mais Hailes a prouvé, dans ses Annales, que ce titre subsista en Ecosse jusqu'à la fin du xv« siècle, et le Cartulaire de Moray mentionne un thane de Cawdor en l'année 1492. D'après le même Hailes, ce titre correspondait en Ecosse à une dignité plus élevée qu'en Angleterre et était le plus souvent synonyme de celui de comte, qui était généralement attaché à la possession du territoire de tout un comté.

THANÉROCLÈRE s. m. ( ta-né-ro-klè-re), Entom. Genre d insectes coléoptères pentamères, de la famille des malacodermes, tribu des clairones, comprenant trois espèces, qui habitent le raidi de l'Asie et les Etats-Unis,

THANET, île d'Angleterre (Kent), à l'embouchure de la Tamise ; elle est formée par la Stour et l'un de ses bras appelé Nethergoag; 120,000 hectares de terre labourable ; 16 kilom. sur 12 kilom.; 20,000 hab. Elle est en général fertile et on y recueille du froment, de l'orge, des légumes, des plantes fourragères, du chanvre et du lin en abondance. Il s'y fait un grand commerce avec Londres en productions du sol. Ceux de ses habitants qui résident sur les côtes s'occupent spécialement de pourvoir les bâtiments de vivres et de les secourir en cas de détresse. Comme le climat y est très-sain, elle est fréquentée par un grand nombre d'habitants de Londres et d'autres parties de l'Angleterre. Elle est divisée en deux paroisses et renferme les petites villes de Ramsgate, Margate et Broadstairs. On prétend que le nom de cette lie dérive du mot breton (Me, qui signifie feu, parce que les habitants entretenaient plusieurs phares sur la côte, pour n'être pas surpris par les Danois ou les pirates, qui la visitaient souvent. Les Saxons y abordèrent en 447, et en 463 . il s'y livra entre eux et les Bretons une bataille où ces derniers furent défaits. C'est, dit-on, dans cette île que débarqua saint Augustin avec des moines, dans l'intention de convertir au christianisme les habitants de l'Angleterre.

TI1ANN, ancienne ville de France (Haut- Rhin), cédée à l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871), et qui fait depuis lors partie de l'Alsace-Lorraine ; chef-lieu de canton, arrond. et à 36 kilom. de Belfort, à 41 kilom. de Cohnar, station du chemin de fer de Mulhouse à Wesserling, au débouché de la vallée de la Thur dans la plaine d'Alsace, au pied d'une colline que surmontent les

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ruines du château d'Engelbourg; 8,150 hab. On y remarque de nombreux et importants établissements industriels, notamment une fabrique de produits chimiques, une des plus considérables et des plus renommées de toute la France; quatre tissages mécaniques, deux tissages de soie, deux fabriques d'étoffes imprimées, une filature de soie, de vastes ateliers de construction de machines et de pompes à incendie, des fonderies, des tanneries, des mégisseries, etc. «Thann, dit M. Adolphe Joanne, autrefois défendue par des fortifications, dont il ne reste que peu de traces, devrait, suivant une légende, son origine à un fait miraculeux qui est ainsi raconté : Un vieux serviteur de saint Ubald ou Thiébault, êvêque de Gubbio, en Ombrie, aurait enlevé à son maître, après sa mort, comme une sainte relique, un pouce, dont il se proposait de faire don à son église paroissiale. L'ayant caché dans le bourdon de son bâton de pèlerin, il se mit en route pour les Pays-Bas, son pays natal. Arrivé à l'entrée de la vallée de la Thur, il fut surpris par la nuit au pied du château d'Engelbourg, et, accablé de fatigue, il s'endormit, après avoir planté son bâton près d'un sapin. A son réveil, il voulut en vain l'arracher de terre; tous ses efforts furent inutiles, le bâton avait pris racine ; et, comme témoignage du caractère surnaturel de ce fait, on vit à trois reprises une grande lueur jaillir de la cime d'un sapin voisin. Le seigneur d'Engelbourg, attiré par cette apparition merveilleuse, reçut du serviteur de saint Thiébault l'aveu du pieux larcin dont il s'était rendu coupable, et on conclut de ces circonstances extraordinaires que le saint voulait que la relique demeurât au lieu où le bâton avait pris racine. Une chapelle fut alors bâtie en 1 honneur de saint Thiébault, et bientôt il se forma auprès de la chapelle un village, qui devint en peu de temps une ville importante. Malheureusement l'histoire dément la légende. Ainsi que le fait observer M. Huot, il résulte d'une charte de Wiederbald, évêque de Strasbourg, que ia localité axistait déjà, sous son nom actuel, près de 200 ans avant l'époque où vivait saint Thiébault.»

Lu ligne masculine de la famille de Ferette, à laquelle appartenaient Thann et le château d'Engelbourg. s'étant éteinte, la ville passa à la maison d Autriche et devint en peu de temps un des points les plus importants de la haute Alsace. La campagne de Turenne en Alsace eut pour résultat la réunion de Thann à la France. La relique de saint Thiébault y a attiré un grand concours de pèlerins pendant toute la durée du moyen âge. Patrie du célèbre abbé Gobel, évêque constitutionnel de Paris au commencement de la Révolution.

Le plus bel édifice de Thann est l'église Saint-Thiébault , qui était classée parmi les monuments historiques et qui justifie la grande renommée dont elle jouit par la richesse élégante de sa construction et par la profusion et l'intérêt des sculptures qui la décorent. Elle appartient au style ogival, dont elle rappelle les diverses périodes, dans leur plus belle expression, par les différentes dates de sa construction. Le grand portail est de la fin du xtn« siècle; la nef principale et le collatéral de droite, du xiv» siècle ; le collatéral de gauche et le chœur, de la fin du même siècle ou du suivant ; enfin la tour et la flèche, remarquables par leur délicatesse et leur légèreté, des premières années du xvie siècle. L'église de Thann a été souvent comparée à la cathédrale de Strasbourg, mais c'est là une exagération. « Le portail principal, dit M. Joa,nne, compris entre deux contre-forts, emeadre, dans une ogive à voussures, une porte à double entrée. Les voussures, le tympan de la porte et le sommet de l'ogive sont ornés de sculptures qui se rapportent à l'histoire de la Vierge et du Christ. Les consoles en saillie sur lesquelles reposent les voussures portent de nombreuses statues. Le mur de la façade, au-dessus du portail, est percé d'une belle fenêtre et se termine par un pignon surmonté d'un charmant campanile portant la date de 1428. Le pignon, coupé par une galerie élégante qui fait le tour de 1 église, h la naissance de la toiture, renferme un groupe sculpté. Sur le côté gauche de l'édifice s'ouvre un portail latéral, non moins remarquable que le portail principal par son exécution pleine de goût. Du même côté, à la naissance du chœur, s'élève la tour du clocher, carrée et à trois étages. Au dernier étage, elle forme retraite et, devenant octogonale, sert de base à une flèche élancée, travaillée a.vec une rare délicatesse et ornée de crochets à jour d'un charmant effet. Cette tour, qui présente dans son ensemble les plus heureuses proportions, dissimule sa masse aux étages inférieurs par une décoration de fausses arcades s'af puyant à des consoles ornées de statues. A l'intérieur, l'église de Thann comprend une nef, deux collatéraux et un chœur. L'ensemble, assez grandiose à première vue, révèle à l'examen quelques défauts de proportion.

Ainsi, la nef est trop petite par rapport au chœur, qui a été construit postérieurement, avec des dimensions trop étendues ; la tribune des orgues, portée sur deux piliers d'ordre dorique, réduit encore d'une façon regrettable ia longueur de la nef; enfin, le bas-côté de droite, le plus ancien des deux, est sensiblement moins élevé de voûte que l'autre. Lr nef est éclairée par do hautes fenêtres ogi-

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vales a double compartiment; celles (Tes bascôtés, également en ogive, mais beaucoup plus larges, présententtrois divisions. On remarque dans l'église de Thann les arabesques ingénieuses dessinées par les nervures qui se réunissent a des clefs de voûte sculptées et peintes; quelques anciens vitraux de couleur, d'un vif éclat; des stalles en bois sculpté ; la porte de la sacristie, ornée de ferrures délicates ; la chaire, avec sa rampe en fer forgé, du x.v« siècle; des restes d'anciennes peintures murales et de jolies chapelles. >

Signalons aussi à Thann la tour qui se dresse derrière l'église et que l'on regarde comme un reste d'un ancien couvent de franciscains, des débris de fortifications, la jolie fontaine de la place du Marché et plusieurs vieilles maisons ornées de sculptures.

Le château de Thann, dont tes ruines couronnent une haute colline, fut construit au xtio siècle et détruit par Turenne en 1674, à l'aide de ia poudre. Par un effet bizarre de l'explosion, la partie supérieure d'une tour s'est détachée et est tombée sur le sol où, appuyée sur un des côtés de sa circonférence, elle offre l'aspect d'un anneau gigantesque. Ce curieux débris, à travers lequel on voit, selon les positions, tantôt un coin du ciel, tantôt les hauteurs d'alentour, comme par une luneite colossale, est appelé par les habitants l'Œil de la sorcière.

THANN (VIEUX-), ancien village du Haut- Rhin , k 24 kilom. N.-E. de Belfort, faisant partie de l'Alsace -Lorraine depuis le traité de Francfort (10 mai 1871), qui l'a Cédé à l'Allemagne; 1,848 hub. Construction de machines, blanchisserie de toiles, fabriques d'allumettes chimiques, moulins, tuileries. Ce village, mentionné dès le xn« siècle, fut saccagé en 137G par les Anglais. L'église, en grande partie du xv« siècle, est ornée de beaux vitraux et renferme un curieux calvaire, qui olfre un intéressant spécimen de la sculpture du moyen âge.

TllANNENKlttCH, ancien village du Haut- Rhin, à 1 1 kilom. de Schlestadt, k 54 kilom. de, Strasbourg, au pied de la montagne de son nom, cédé à l'Allemagne par le traité de Francfort du 10 mars 1871 ; 960 hab. A l'extrémité S. du village s'ouvre un pittoresque vallon, où se voient les restes de l'ancien château de Reichenberg. Au sommet de la montagne, de Thannenkireh, d'où l'on jouit d'un magnifique panorama, on remarque les restes du mur Payen. > Cette ancienne mu>raille de défense, dit M. Joanne, de s mètres d'épaisseur sur l mètre ou iœ,5Q de hauteur, est construite en pierres sèches de moyenne grandeur, grossièrement équarries et reliées entre elles, sur certains points, notamment à Sainte-Odile, par des tenons en bois dont on reconnaît encore la place dans les blocs de roches. Cette œuvre gigantesque, qui atteste une rare puissance de travail, a provoqué depuis longtemps les investigations des archéologues. Selon les uns, le mur Payen serait antérieur même à l'occupation romaine et remonterait à l'époque des druides ; selon d'autres, il serait dû aux Romains, qui l'auraient élevé le long des Vosges, afin d'arrêter les invasions des Germains dans lés Gaules. Quelques savants, au contraire, ont considéré celte construction comme une œuvre du moyen âge, due peut-être aux seigneurs de Ribeaupierre. Ce qui parait le plu3 vraisemblable, c'est que le mur Payen, primitivement établi par les Romains, a été conservé, réparé, modifié peut-être, à des dates postérieures: k la suite de l'occupation des Gaules par les Francs, comme un ouvrage de défense contre les invasions des Germains; puis, au moyen âge, à titre de fortitication purement locale, par les divers seigneurs féodaux sur le territoire desquels se trouvaient des portions de cette vaste construction. A côté du mur Payen, on rencontre, surlel'hannenkirchet aux abords de son sommet, des rochers de forme plus ou moins curieuse, que quelques personnes ont considérés comme des monuments druidiques. >

TUANVILLÉ, ancien village du Bas-Rhin, à IL kilom. de Schlestadt, à 54 kilom. de Strasbourg, sur le Giessen, cédé à l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871) et compris depuis dans l'Alsace- Lorraine; 430 hab. Le beau château du comte de Cas-' tex, de forme carrée, flanqué de quatre tourelles crénelées, est un édifice du xvi<s siècle, parfaitement bien conservé. Un donjon et une tourelle défendent l'entrée de la cour.

THANYSTOME s. m. (ta-ni-sto-me). Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des patelliinanes, dont l'espèce type habite la Californie.

ÏIIAON, village de France (Calvados), cant. de Creully, arrond. et à 12 kilom. de Oaen, sur un affluent et près de la Mue; 835 hab. L'église, monument historique, date en très-grande partie de l'époque romane ; elle est surmontée d'une tour carrée, k fenêtres cintrées, couronnée par une pyramide à quatre pans que décorent des têtes d'animaux. Près de l'église s'élève une chapelle qui passe pour une ancienne léproserie.

THAPSAQUE {Tapsacus), ancienne Déir, antique et célèbre ville de la Palmyrène, sur la rive droite de l'Euphrate, a l'O. de Cireesium. C'était la dernière ville de l'empire de

THAR

Salomon du côté du N.-E., d'après Bouillet. Alexandre traversa l'Euphrate àThapsaque.

THAPSB (Tliapsus), aujourd'hui Dems;«s, ville d'Afrique, en Byzacène. César y remporta, l'an 46 av. J.-C.,une victoire décisive qui anéantit en Afrique le parti de Pompée.

THAPSIA s. m. (ta-psi-a). Bot. Nom scientifique des thapsies.

THAPSIE s. f. (ta-psî — du lat. thapsits, bouillon blanc. Ce mot latin vient du grec thapsos, qui se rattache soit a la racine sanscrite dah, brûler, soit à la racine dabh, même sens, soit enfin à la racine tap, même sens, qui est largement représentée dans les langues congénères: zend tap, brûler, tafna, brûlant; persan taftar, brûler, tapidan, iabidan, devenir chaud ; latin tepo, tiédir, tepidus, tiède ; anglo-saxon thejian, être brûlant; irlandais tebhot, chaleur; ancien slave teplu, toplu, chaud : russe topiti, chauffer, etc.). Bot. Genre de plantes, 4e la famille des ombellifères, type de la tribu des thapsiées, comprenant une dizaine d'espèces, dont la plus connue habite le midi de l'Europe : La thapsie velue croit sur Us bords de la Méditerranée. (Bosc.)

— Eocycl. Les thapsies sont de grandes plantes herbacées, vivaces, à feuilles trèsdécoupées, k fleurs jaunes, groupées en larges ombelles terminales. La thapsie velue, vulgairement nommée maie herbe, atteint la hauteur de 2 mètres ; elle a une racine épaisse, jaune en dehors, blanche à l'intérieur ; une tige cylindrique, cannelée, peu rameuse, et des feuilles velues, d'un vert glauque à la face inférieure. La thapsie du Gargano a reçu les noms vulgaires de turbith bâtard ou des montagnes, faux turbith, panacée d'Ksculape, etc. Ces deux plantes croissent sur tout le pourtour du bassin méditerranéen. On les trouve dans les champs, les lieux stériles et ombragés, sur les pentes des coteaux, etc. On- ne les cultive guère que dans les jardins botaniques. Elles demandent une exposition chaude, une terre meuble, substantielle et profonde. Ou les propage de graines, semées en pépinière au printemps ou aussitôtaprèsleur maturité ; dans le Nord, elles exigent un abri durant l'hiver. Ces plantes renferment une matière résineuse jaunâtre, acre et irritante. Les racines, l'écorce ries tiges, les feuilles et les fruits sont usités en médecine. On les a vantçs surtout comme évacuants ; on les a même Regardés, mais à tort, comme pouvant remplacer l'ipécacuana. Le suc de la thapsie du Gargano détermine une vive inflammation locale avec éruptions miliaires ; aussi l'emploie-t-on à l'extérieur contre les maladies de la peau. On en a fait un sparadrap, plus facile à appliquer que l'huile de oroton. A l'intérieur, il cause souvent de graves accidents.

THAPSIE, ÉE adj. (ta-psi-é — rad. thapsie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la thapsie.

— s. f. pi. Tribu de la famille des ombellifères, ayant pour type le genre thapsie.

THAR s. m. (tar). Mus. Sorte de tambour de basque qui est en usage chez les populations du nord de l'Afrique, principalement dans les villes.

TUARACA, roi du peuple de Cousch, qui marcha contre Sennachérib au moment où celui-ci envahissait la Judée avec son armée (712 ou 714 av. J.-C.) [II, Boist XIX, 9; Isaïe, xxxvii, 9). Le texte hébreu écrit le nom Thirhaka. C'est évidemment le même personnage que le Taracos de Manethon et le Ttarcon de Strabon (xv, 687), qui était roi d'Italie et possédait une partie de la haute Ethiopie. S'il faut en croire Strabon, il se serait avancé jusqu'aux colonnes d'Hercule, c'est-à-dire jusqu'au détroit de Gibraltar. On attribue généralement k son règne une durée de vingt années.

THARAND, ville du royaume de Saxe, à 14 kilom. S=-0. de Dresde, à l'extrémité de la belle vallée de Plauen, au confluent de la Weisseritz et de la petite rivière de Schlozbach ; 3,000 hab. Ecole forestière et agricole ; bains d'eaux minérales, tanneries et fabriques de toiles-, mines d'argent dans les environs. Le château de Tharand, ancienne maison de chasse des princes saxons, est en ruine ; ses débris couronnent un promontoire rocheux, d'où l'on découvre de jolis points de vue. L'école agricole et forestière de Tharand jouit d'une réputation méritée ; elle contient plus de raille espèces d'arbres et d'arbrisseaux. Les environs offrent de charmantes promenades.

THARAPYHHA, divinité livonienne et esthonienne. Elle lançait la foudre et habitait au milieu des forêts, dans des bocages sacrés. Ce dieu prenait souvent la forme d'un oiseau ou d'un dragon ; il surveillait aussi la fertilité des champs. Les paysans livoniens ont longtemps cru à ce dragon-dieu qui remplissait leurs granges de grains et de moissons de toutes sortes. Son serviteur s'appelait Gabie.

THARGÉLIES S. f. pi. (tar-jé-li — gr.

thargêlia; de thargêlos, vase dans lequel on faisait cuire les prémices des fruits de la terre). Antiq. gr. Fête athénienne dans laquelle on immolait un homme et une femme comme victimes expiatoires.

— Eocycl. Les lhargélies étaient des fêtes

THAR

que tes Athéniens célébraient en l'honneur du soleil, auteur de touslesfruits delà terre ; on croyait y expier le crime de tout le peuple eu commettant un crime abominable, c'est-à-dire en sacrifiant un homme et une femme engraissés de' longue main par les prêtres en vue de ce sacrifice.

Ces victimes portaient le nom de pharmakoi, en souvenir d'un certain Pharmacos qui avait été lapidé pour avoir dérobé les vases sacrés destinés au culte d'Apollon et qu'Achille avait surpris en flagrant délit. Mais quelques écrivains ont cru que le nom des victimes leur venait de pharmaka (médicaments), parce que, par leur sacrifice, on purgeait Athènes de ses iniquités.

Les victimes portaient des colliers et des bracelets de figues sèches et, lorsqu'elles marchaient, on les frappait avec des branches de figuier sauvage; après quoi, on les brûlait et on jetait leurs cendres à la mer.

Les admirateurs outrés des mœurs antiques peuvent comparer ces fêtes avec celles qui sont encore en honneur chez certains peuples de i'Océanie.

THARGÉLION s. m, (tar-jé-li-on — mot gr. V. thargéi.ies). Antiq. gr. Onzième mois de l'année des Athéniens, pendant lequel on célébrait les lhargélies.

THARIN (Claude-Marie-Paul), prélat et écrivain français, né à Besançon en 1787, mort en 1843. Il était fils d'un conseiller au parlement. Il alla continuer à Saint-Sulpice, à Paris, ses études théologiques, commencées dans sa ville natale, fut ordonné prêtre en 1811 par le cardinal Maury et devint professeur, puis supérieur du séminaire de Saint-Sulpice dans les dernières années de l'Empire. Il fit, pendant les Cent-Jours, un voyage à Rome et fut nommé, à son retour, supérieur du séminaire de Bayeux. Le travail ayant altéré sa santé, il se démit de ses fonctions. Nommé peu après grand vicaire de l'archevêque de Besançon, puis évêque de Strasbourg en 1823, il devint, en 1826, précepteur du duc de Bordeaux etse démit alorsde son évêché. Comme, dans un ouvrage, Tharin s'était prononcé en faveur des jésuites, sa nomination à ce dernier poste donna lieu à de vives critiques dans les journaux. Dans les derniers temps de ia Restauration, des dissentiments étant survenus entre lui et le gouverneur du duc de Bordeaux, il quitta la cour. Pendant tout le règne de Louis-Philippe, Tharin vécut dans une retraite profonde. 11 fut du nombre de ceux qui se laissèrent duper par l'imposteur Richemont, le prétendu Louis X.VIL On a de lui : Défense des droits sacrés du trône (1814), sous le pseudonyme de Louis de Beaupré ; Nouvelles considérations philosophiques et critiques sur la société des jésuites et sur les suites et les causes de leur destruction (1818), ouvrage dans lequel il fait l'apologie des jésuites et qui lui suscita des haines violentes ; Vu gouvernement représentatif (1834, in-8°); Méditations religieuses et politiques (1835); les Gémissements et les espérances de la religion catholique en France ou De l'état présent et de l'avenir de l'Eglise de France.

THAROPS s. m. (ta-rops — du gr. tharros, audace; ops, aspect). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes.

T11AKREAII (Jean-Victor, baron), général français, né près de Cholet (Anjou) vers 17 ;0, mort eu 1812. Enrôlé volontaire en 1792, il était, deux ans plus tard, général de brigade et chef d'état major de l'armée des Ardennes. Les représentants en mission l'ayant destitué, il se rendit à Paris, où .il connut Bonaparte, recouvra son emploi après le 9 thermidor et passa alors it l'armée du Rhin sous h "i ordres de Moreau. 11 se distingua particulièrei.'j<int pendant la retraite de 1796, prit le commandement d'une division qui eut constamment à lutter contre des forces de beaucoup supérieures et la ramena en France avec des pertes peu sensibles. Promu général de division en 1799, il se rendit k l'armée d'Helvétie sous les ordres de Masséna, qu'il aida k remporter les victoires de Zurich et de Winterthur. Tharreau reçut ensuite le commandement supérieur de Strasbourg, passa, en 1800, en Italie, lit partie du conseil chargé par Moreau de régler les opérations de la campagne, revint en France en 1802, refusa de voter pour le consulat et pour l'empire et resta en non-activité de 1802 à 1S09 ; mais, k cette époque, il reçut le titre de baron, le commandement de la première division de grenadiers et fit la campagne d'Autriche. Blessé eu entrant à Vienne, il se signala par son intrépidité.k Essling et à Wagram, puis revint en France, où il resta jusqu'en 1812. Pendant la campagne de Russie, il prit le commandement de la première division des troupes auxiliaires westphaliennes, voulut couper la retraite des Russes sur Moscou, mais fut empêché d'opérer ce mouvement par le-duc d'Abrantès, eut la poitrine traversée d'une balle à la Moskowa et mourut sur le champ de bataille.

THAREHALÉE s. m. (ta-ra-lé — du gr.

tharrateos, audacieux). Ornith. Genre de passereaux, formé aux dépens des accenteurs.

THARTAK, nom d'une idole adorée par le peuple d'Awa et dont parle la Bible. Les traditions rabbiniques lui attribuent généralement la forme d'un âne. Thartak devuit être probablement un démon d'origine persane, ainsi

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