‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 484 sur 1042 · UKRA · texte numérisé non relu

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ques de l'Ukraine, et les terres situées en dedans des retranchements étalent cultivées. Dès l'année 1700, Pierre le Grand les protégea ; cependant, quelques unnées plus tard, l'hetman se déclara pour Charles XII, et après la bataillede Pultava Pierre le Grand prit des précautions contre ces dangereux guerriers. Il envoya dans la partie orientale de l'Ukraine des régiments réguliers et de nouveaux colons, que les troupes durent protéger. Or, ces colons étaient des serfs appartenant a des seigneurs du nord de la Russie, et c'est ainsi que la servitude s'introduisit dans l'Ukraine, province libre jusqu'alors. Néanmoins, les Cosaques de l'Ouest conservèrent pendant quelque temps leur organisation ancienne et leur indépendance ; mais quand Catherine II se fut emparée de la partie de l'Ukraine située à la droite du Dnieper, les Cosaques durent payer la capitation et leurs privilèges furent réduits. Enfin, après l'expulsion des Tartares de la Crimée et la défaite des Turcs, leczarine pensa que les Cosaques de l'Ukraine étaient plutôt un danger qu un secours pour la Russie, et elle profita de quelques troubles survenus parmi eux pour les transporter sur les bords de la mer Noire, où leur présence pouvait avoir son utilité. En 1780, 1 Ukraine, dans la partie située entre le Dnieper et le Don, devint le gouvernement de Kharkov, et de paisibles agriculteurs, rendus serfs par le seul fait de la conquête russe, furent établis sur les terres abandonnées.

L'habitant de l'Ukraine, écrit M. Artamof (la Russie historique, monumentale et pittoresque), conserve intacts l'amour de la liberté, la foi traditionnelle dans l'avènement d'une fédération slave et un respect profond pour le rit de l'Eglise orthodoxe, dont il est un des plus chauds zélateurs.

La hâta, petite maisonnette des Cosaques de l'Ukraine, s'élève toujours au milieu d'un vaste pâtis où se promènent en liberté les poules et le jeune bétail. Blanchie à la chaux, entourée d'un verger et comme noyée dans la verdure, elle est charmante à voir. Une haie de branchages, une porte h claire-voie, des fenêtres garnies de girofliers et de roses attestent le goût des maîtres de fa maison. Le potager lui-même est toujours disposé avec un art merveilleux, et les choux, lus carottes, les raves, les navets, toutes les plantes potagères, sont déguisées sous des tournesols à fleurs- jaunes, des coquelicots ronges, des sureaux et des lilas, dont le parfum s'exhale au loin. Dans les champs d'alentour, on voit de magnifiques troupeaux de brebis mérinos et des troupes de chevaux de selle qui ne le cèdent ni en beauté ni en vigueur aux. coursiers du Don. Le bétail vague dans le steppe, s'engraisse sur pied, pour être conduit plus tard aux marchés de Moscou ou de Pétersbourg, car les bœufs de l'Ukraine sont renommés comme viande de boucherie. Tout autour des bourgades on admire des champs entiers où foisonnent les melons verts, les melons d'eau, les citrouilles, le concombre, le maïs et le tabac des espèces les plus variées. Si les bois ont été détruits par les anciennes guerres, en revanche les vergers sont d'une vigueur et d'une beauté miraculeuse. La pomme, la prune, la grande poire transparente, l'abricot, la noix, la cerise, le raisin, tout y prospère k ciel nu et en grande culture. Tous les cours d'eau sont poissonneux, tous les steppes abondent en . gibier.

Le peuple de l'Ukraine possède un grand nombre de chants nationaux appelés doumy, qui ont de l'analogie avec les chants serbes, les romances espagnoles et les ballades écossaises. Ils diffèrent des builiny de la Grande- Russie au point de vue historique,' car ils racontent spécialement les guerres du peuple de l'Ukraine contre les Tartares, les Turcs et les Polonais, au xvie siècle et au xvne sièclq. Quelques-uns de ces doumy ont une portée morale. Le récitatif y est accompagné sur un instrument ressemblant a une guitare et appelé, bandoura, qui a de douze à vingt-quatre cordes. Mais les rapsodes, poursuivis, puis expulsés par l'aristocratie de la rive droite du Dnieper, sont devenus aussi une rareté sur la rive gauche. Il y a quinze ou vingt ans, M. Koutch, malgré ses recherches persévérantes dans la Petite -Russie, n'a pu rencontrer que deux rapsodes ou bandourists.

Ukraine (DESCRIPTION DEL1), ouvrage publié par le chevalier de Beauplan, sous le titre Description d'Ukranie (Rouen, 1660, petit in-4°). L'auteur, qui a longtemps séjourné en Pologne, à la cour de Sigismond 111 et de Wladislas VU (1638-1648), et fait de nombreuses excursions dans l'Ukraine et jusqu'en Crimée, a consigné dans cet ouvrage le résultat de ses observations. Rentré en France, il ne tarda pas .à publier à Rouen sa Description d'Ukranie, qui nevait être ornée d'une carte, à la perfection de laquelle il avilit employé huit années, et dont il avait contié l'exécution au célèbre gra^our \yilhelm Hondt, de Dantzig, qui mourut avant de l'avoir achevée. La première édition de VUkranie, tirée seulement à cent exemplaires et aujourd'hui introuvable, n'était faite que pour être offerte aux amis de l'auteur ; mais un libraire de Rouen obtint du sieur da Beauplan l'autorisation d'en donner une seconde et plus ample édition (Rouen, 1660,

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'petit in-4« de us pages et 6 liminaires, avec une carte d'Ukranie et quelques figures). C'est un ouvrage très-curieux, surtout au point de vue de l'observation des mœurs. On y rencontre des pages intéressantes sur les Cosaques, sur leur organisation civile et militaire, leurs susperstitions, leur manière de vivre, le servage des paysans, etc. La partie qui se rapporte aux Tartares de Crimée est peut-être plus curieuse encore ; le chevalier de Beauplan y décrit, avec une naïveté qui ne manque pas de charme, les détails singuliers des fêtes de noce auxquelles il a assisté. La Description d'Ukranie fut traduite en latin par Mitzler de Kolof ; en russe par Oustrialof (St-Pétersbourg, 1832); en anglais, dans la Collection of voyages and travels (Londres, 1704); en allemand par R. C. Moeller (Breslau, 1780}. Dubois, dans son Essai sur l'histoire littéraire de la Pologne (Berlin, 1778); Lesur,dans son Histoire des Cosaques (Paris, 1814), ainsi que d'Anville,y ont largement puisé etl'ont louée sans réserve. Il en a été fait une édition nouvelle par le prince Auguste Galitzin (Paris, Techener, 1850, in-16).

UKRANIEN, IËNNE s. et adj. (u-kra-niain, î-è-ne). Géogr. Habitant de l'Ukraine ; qui appartient à ce pays ou à ses habitants : Les Ukraniens. Les populations ukkaniennes.

VULA s. m. (u-la — du gr, oulê, cicatrice). Entom. Genre d'insectes diptères némocères, de la famille des tipulaires, dont l'espèce type habite l'Angleterre.

— Bot. Syn. de gnetom, genre type des gnétacées.

ULADISLAS, nom de plusieurs rois de Pologne et de Bohême. V. Vladislas.

ULANTHE s. f, (u-lan-Je — du gr. outos, crépu, frisé ; anthos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, ' tribu des néottiées, dont l'espèce type croit aux Antilles.

ULASSIOM s. m. (u'-la-si-omm). Bot. Syn. d'EcmNus, genre douteux d'euphorbiacées.

ULASTA, héroïne tchèque. V. Wlasta.

ULBACH (Louis), littérateur français, né à Troyes (Aube) en 1822. Envoyé a Paris pour y terminer ses études, il obtint, au concours général de 1840, le premier prix de discours français.- M, Ulbach entra peu après en relation avec les chefs de l'école romantique, notamment avec Victor Hugo, et s'adonna à la poésie. Un recueil de vers qu'il publia sous le titre de Gloriana (1844, in-8°) passa inaperçu. Il collabora ensuite a divers journaux littéraires, à l'Artiste, au Musée des Familtes, etc., et, aprèâ la révolution de 1843, il entra dans le journalisme politique. Chargé de rédiger en chef le Propagateur de l'Aube, il y défendit avec talent les idées républicaines et y publia notamment des séries de lettres signées du pseudonyme de Jnoquc* Souffrant et des réponses à Jacques Souffrant qui furent remarquées. Une de ces lettres lui attira une poursuite suivie, d'un acquittement. De retour à Paris après le coup d'Etat du 2 décembre, M. Louis Ulbach dut renoncer momentanément à la politique pour s'occuper de travaux littéraires. Tout en publiant des romans, il rit paraître des articles dans la Revue de Paris, dont il devint le directeur (1er juin 1853). Un article dans lequel il accusa M. Edmond About de plagiat, à propos de son roman do 2'olla (1855), fit grand bruit et le jeta dans une polémique des plus vives avec le jeune romancier. La Bévue de Paris ayunt été supprimée en 1858, il mit au jour quelques-uns de ses meilleurs romans. Lors de la fondation du Temps par M. Nefftzer (1861), M. Ulbach fut chargé de faire dans ce journal le feuilleton dramatique. En 1866, il entra uu Figaro devenu quotidien et devint un des meilleurs rédacteurs de ce journal. Une série d'articles, qu'il publia sous le titre de Lettres de Ferragus, eut un succès très-vif et le mit tout à fait en évidence comme écrivain satirique. Quelques-uns, notamment son portrait de M. Haussmaun, sont des morceaux aussi remarquables par la verve que par l'élégance du style. En août 1868, il commença, sous son pseudonyme de Fcrrngui, lu publication d'un pamphlet hebdomadaire, la Cloche, dans lequel il continua la guerre faite ^ l'Empire avec tant d'éclat par Henri Rochefort dans sa Lanterne. Un de ses numéros le lit traduire en police correction» nelle ponr attaque au gouvernement et lui attira, au mois de mars 1869, une condamnation à 6 mois de prison et 1,000 francs d'amende. A la tin de cette même année, M. Ulbach transforma son pamphlet hebdomadaire en un journal politique quotidien, qui parut sous le même litre et fit au pouvoir la plus vive opposition jusqu'à la fin de 1 Empire. Après ia révolution du A septembre 1870, il cessa de publier la Cloche, devint un des secrétaires de la commission des barricades, puis, après la capitulation de Paris, il reprit la publication de son journal. Après le mouvement du 18 mars 1871, il signa la protositiitioii d'un certain nombre de journa-, listes contre le-Oomité central et attaqua" la Commune et le fédéralisme. Les bureaux de la Cloche ayant été envahis et le journal supprimé, M. Ulbach dut, pour se soustraire a un ordre d'arrestation du comité de Salut public, se réfugier chez son ami, M. Laurent Pichat, ou il resta caché jus-

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qu'à la fin de la Commune. II soutint alors le gouvernement de M. Thiers, posa sa candidature à Paris lors des élections complémentaires du 2 juillet 1871 pour l'Assemblée nationale, mais il n'obtint que 27,000 voix. Le 10 novembre 1871, appelé comme témoin à déposer devant le 3« conseil de guerre de Versailles, il se \\\ accusé parle président d'avoir soutenu la Commune, protesta contre cette fausse accusation et publia le lendemain, dans la Cloche, un article dans lequel il exprima son indignation contre cette calomnie. Le 3e conseil de guerre, se faisant juge et partie, traduisit devant lui, le 24 novembre, M. Ulbach comme coupable d'outrage à la justice militaire et le condamna à trois ans de prison et 6,000 francs d'amende. Sur son appel, le 4e conseil de guerre réduisit la peine à trois mois de prison et 3,000 francs d'amende. Quelque temps après, M. Ulbach cessa de publier la Cloche. Parmi les ouvrages de cet écrivain fécond et distingué, nous citerons : Lettres de Jacques Souffrant, ouvrier (185.1, in-8°), publiées dans le Propagateur de l'Aube, du 24 janvier au 28 juin 1851 ; Argine Piquet (1852) j Philosophie maçonnique (1853); l'Homme aux cinq louis d'or (1854, in-12) ; Suzanne Duchemin (1855, in-12); la Rouée sans le savoir (1S57, in-16) ; Ecrivains et hommes de lettres (1857, in-12), série de portraits et d'études littéraires ; la Voia: du sang (1858, in-12) ; les Secrets du diable (1858, in-12); Pauline Foucault (1859, in-12); l'Ile des rênes ; aventures d'un Anglais qui s'ennuie (1860, in-8°); M. et jl/me Fernel (1860, in-18), le meilleur de ses romans ; Histoire d'une mère et de ses enfants, jtfma Gottlieb (1861, in-12); le Mari d'A ntoinette (1862, in-12) ; Françoise (1862, in-12); Causeries du dimanche (1863, in-12); le Doyen de Saint- Patrick, drame en cinq actes, joué avec succès à i'Odéon (1863); M. et M^o Fernel, comédie en quatre actes, au Vaudeville, en collaboration avec M. Crisafullj (1864); Louise Tardy (1864, in-12); Voyage autour de mon clocher (1864, in-12); Mémoires d'un inconnu (1864, in-18) ; le Prince Bonifacio. la Dame blanche de Bade, etc. (1864, in-18); le Parrain de Cendrillon (1865, in-12) ; le Jardin du chanoine (1866, in-8u) ; la Chauve-souris (1867, in-12) ; les Parents coupables (1867, in-18) ; le Roman de la bourgeoisie (1S6S, in-12); les Compagnons du lion dormant, la Maison de la rue 4e l'Echaudé (1874, in-18) ; les Cinq doigts de Birouk (1875, in-18); le Secret de M^* Chagnier (1875, in-18); les Mémoires d'un assassin, publiés dans le Rappel en 1876, etc.

DLCÉRATIF, 1VE adj. (ul-sé-ra-tif, i-ve — rad. ulcérer). Méd. Qui produit l'uleération.

ULCÉRATION s. f. (ul-sé-ra-si-on — rad.

ulcère). Méd. Formation d'un ulcère ; ulcère lui-même : /.'ulcération se produite la suite d'un travail intérieur. Il y a ULCÉRATION à la vessie. (Acad.) Les ulcérations intestinales se cicatrisent vite sous l'influence antiseptique du camphre. (Raspail.)

— Art vétér. Ulcération ombilicale, Ulcère de l'ombilic chez les animaux nouveau-nés,

— Encycl. Pathoî. humaine. On désigne, sous le. nom à'ulcération, un travail morbide qui a pour résultat la solution de continuité d'un tissu avec perte dû substance et production de pus; c'est l'établissement d'un ulcère. On appelle encore quelquefois ulcérations de petits ulcères Superficiels. L'ulcération peut envahir tous les tissus et organes vasculaires ; les os eux-mêmes en sont fréquemment atteints, mais cette ulcération est décrite plus particulièrement sous le nom de carie (v. ce mot). L'ulcération est la liquéfaction des éléments anatomiques d'un tissu avec ou sans atrophie des éléments anatomiques voisins (Cli. Robin). Ce phénomène morbide reconnaît deux -ordres de causes. Dans le premier se trouvent toutes les solutions de continuité, quel que soit leur mode de production. Ainsi, les excoriations de la peau, les blessures par instruments tranchants, piquants ou contondants ; les pluies résultant d'un vésicatoire, d'une cautérisation, d'une piqûre de sangsue, etc., peuvent être suivies d'un travail ulcératif. Dans le second ordrtt de causes, on trouve les ulcérations produites sans aucune solution de continuité, sans aucune lésion extérieure préalable; c'est ainsi qu'on voit se produire une tissure, une pustule, une gangrène spontanée, qui s'étendent peu à peu et s'agrandissent dans tous les sens. D'autres fois, l'ulcération succède à une inflammation, quels que soient l'origine et le mode de développement de celle-ci. Tous les accidents qu'on vient d'ênumérer ne produisent pas dans tous les cas une ulcération. Il faut, pour que ceile-ci se développe, le concours de certaines circonstances tan-tôt locales, tantôt générales, qui empêchent une plaie de se cicatriser. Ainsi, les individus qui n'ont point le sang acre, ni l'économie infectée par une diathèse quelconque, voient leurs* blessures, si elles sont légères, se couvrir d'une petite croûte qui se détache quelques jours après l'accident et dont la chute est suivie d'une guérison. complète. Au contraire, chez les sujets atteints de scrofule, de scorbut, de syphilis, d'affection dartreuse, de cancer ou de phthisie, la moindre écorchure, la plus légère égratignure devient le siège d'une ulcération quelquefois

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très-longue à guérir; souvent même il en résulte de larges ulcères. Le travail ulr cératif est accompagné d'une perte de substance due à la liquéfaction des tissus ; il se forme en même temps une plus grande quantité de pus mélangé avec du sang qui s'échappe des capillaires détruits par l'ulcération. Le premier phénomène qui se présente dans le cas où il n'y a point de plaie primitive, comme pour les bubons, c'est le soulèvement delà couche épidermique qui ne tarde pas à se détacher et à tomber. Dans Vulcération des muqueuses, il s'opère une simple desquamation de l'épiderme. Pour plus de détails, v. uluèrb.

— Art vétér. Ulcération ombilicale. On a donné le nom à'ulcération ombilicale à une maladie oui se montre chez les agneaux, les veaux, plus rarement chez les poulains, les chiens et les petits porcs. Elle se manifeste trois, dix ou quinze joursaprès leur naissance, autour de l'ombilic, à l'endroit où le' cordon s'est desséché, où -l'air a pénétré pendant quelque temps quand les canaux sont restés béants. Ces ulcérations se montrent principalement sur les animaux mal logés, qui se» 'journent sur le fumier, de la masse duquel s'échappent des gaz irritants, comme l'ammoniaque. Autour de l'ombilic se montrent de la rougeur, de la dureté et surtout du prurit;

faction dont les bords sont déchiquetés, ulcérés ; en un mot, la peau du pourtour de l'ombilic est entamée dans toute son épaisseur. Dans d'autres cas, cette ulcération est recouverte d'une croûte qui donne lieu à une petite hémorragie après qu'on l'a enlevée. Cette ulcération ne tarde pas à faire des progrès et entame la peau d'autant plus protondément que l'animal urine encore par l'ombilic. Elle sécrète une matière liquide, blanchâtre. Enfin, plus tard, cette ulcération arrive au péritoine, le pus pénètre dans la caviJ.é que forme cette séreuse, et une péritonite mortelle se déclare.

On traite cette ulcération par des lotions réitérées et l'application de cataplasmes pendant trois, quatre ou cinq jours pour calmer l'inflammation; puis, pour arrêter l'ulcération et tarir le suintement, on emploie de l'acétate de plomb, l'eau de Goulatd, l'onguent égyptiac délayé dans du vinaigre, la suie de cheminée, l'eau de chaux, la craie délayée dans du vinaigre, la iie de vin, etc. On peut aussi cautériser l'ulcérafion avec l'alun calciné, le nitrate d'argent, la teinture d'iode, etc. Si après l'emploi de tous ces moyens l'ulcère persiste, il faut alors employer un cautérisant très-énergique. Si l'ouverture persiste et donne écoulement à de l'urine, le cas est très-grave. Il faut alors a,i;ir avec ménagement, s'assurer si l'urine peut s'écouler par l'urètre; on peut cautériser pour oblitérer l'ouraque, sans quoi il faut attendre que l'urine s'écoule par l'urètre.

ULCÈRE s. m. (ul-sè-re — lat. uhus, pluriel ulcéra, mot qui représente le grec elkos, lequel appartient sans doute à la même famille que le verbe elko, tirer, traîner, tirailler, déchirer, mettre en pièces, d'où aussi olkos, sillon). Chir. Plaie, solution de continuité dans quelque partie. du corps, ordinairement déterminée ou entretenue par uno cause interne ou un vice local : Ulckrc m'atin. Avoir un ulckrb à la jambe, au poumon, à la vessie. Un ulcère cria matrice. Les bords, tes lèvres d'un ULCÉRii. (Acad.) C'est ta solution de continuité aoec la perte de substance qui distingue /'ulcère de la plaie proprement dite. (Robin.)

— Fig. Cause de destruction ou de corruption progressive : La noblesse était une espèce J'ulcerb qui cariait les droits de la

• nature et de la société, et qui néanmoins se propageait chez tous tes peuples et dans tous tes siècles. (Oourn. polit, nat.) Le vice laisse comme un ulckrk en la chair, une repenlance en l'âme, qui toujours s'égraliyne et s'ensanglante elle-même. (Montaigne.) L'ambition et i'enuie creusent dans le cœur un ulcérb qui le ronge, aigrit tous ses sentiments et t'endurcit. (Boiste.)

La pourpre m'environne.

Mais j'ai VuUère au cœur.

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