‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 512 sur 1042 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

Eau

Urée

Acide urique

Sels fixes

Matières organiques.

L'élément le plus important de tous est l'urée, qui est un amide organique et qui caractérise l'urine. L'urine renferme encore des éléments anatomiques en suspension, tels que des épithéliums,quelques globules sanguins et une certaine quantité de mucus , plus une matière colorante inconnue.

Il n'y a pas de liquide susceptible d'éprouver un aussi grand nombre d'altérations «ue

tJRlN

l'urine. Les modifications las plus complexés et les plusvariéesaffectent cette sécrétion et correspondent a certains états morbides plus ou moins bien définis. On peut rencontrer par suite de maladies, dans l'urine humaine, du sucre {diabète sucré), de l'albumine, de l'acide hippurique, de l'inosite, de l'oxalate de chaux, des matières colorantes, de la graisse, du pus, du sang, des graviers, des infusoires, etc.

Il est facile "d'expliquer cette multiplicité de variations, si l'on songe que les moindres troubles de la nutrition et conséquemment de la composition du sang doivent avoir une influence immédiate sur" l'élaboration rénale. Le rein n'est qu'un filtre laissant passer les principes immédiats qui sont en excès dans le sang ou dont la présence y est inutile ou anomale. Ces principes sont une indication précieuse pour le diagnostic des maladies.

Certains médecins, frappés de cette susceptibilité du rein et de la fidélité avec laquelle Vurine traduit les modifications et les troubles de l'intérieur, ont essayé de fonder un système de diagnostic sur l'examen des urinas; mais ils ont exngéré et trop généralisé l'emploi d'une méthode qui a du bon. Ils ont • même poussé jusqu'à Ja mauvaise foi ce système exclusif. Y: DROSCOP1K.

Les principales maladies qui se rapportent à l'urine ont reçu les noms de diabète, dysurie, énurêsie, hématurie, ischurie, rétention d'urine. V. ces mots.

— Sédiments de l'urine. Ce sont des précipités qui se forment dans Vurine et se déposent sur le fond du vase qui la contient. On peut les diviser en trois classes : les sédiments qui proviennent do sécrétions anomales de 1 appareil urinaire; ceux qui proviennent de 1 urine elle-même, et ceux qui, provenant d'autre part, se mêlent accidentellement à l'urine.

Dans le catarrhe vésical et dans la cystite muqueuse, l'urine du malade se sépare, par le refroidissement, en deux couches bien distinctes; l'une, superficielle, est très-limpide; l'autre, condensée au fond du vase sous une épaisseur variable, quelquefois très-considérable, est tremblotante, visqueuse, filante, blanchâtre, louche ou transparente; elle a la

flus grande ressemblance avec l'albumine de œuf, et sa nature muqueuse est hors de doute. Elle est le produit de l'hypersécrétion de la membraiie muqueuse vésicale. Ce mucus peut se trouver mélangé d'un grand nombre de cellules épithéliales qui, après s'être détachées de la surface des divers conduits sécréteurs ou excréteurs, se manifestent dans l'urine sous forme de nuage, d'énéorème ou de dépôt. On peut aussi y rencontrer des sédiments purulents, seuls ou mêlés aux précédents. Après avoir rendu l'urine louche, ou même tout à fait trouble au moment de son émission, les globules de pus se réunissent au fond du vase et y forment une couche jaunâtre tout à fait distincte. Ils proviennent d ailleurs du rein, des calices des uretères ou de la vessie enflammés. On peut encore observer des globules sanguins dans 1 urine; s'ils sont très-abondants, ils forment une couche distincte au fond du vase; s'ils existent en petite quantité, ils communiquent au liquide qui les tient en suspension une teinte rosée et sont alors visibles seulement au microscope. Quant à l'hématurie dont ils sont le résultat, elle peut tenir aux causes les plus diverses et avoir pour siège des points très-différents des voies urinaires. Une dernière espèce de sédiment est celle qui peut se trouver constituée par la chute des tubes ou filaments granuleux qui tapissent les canaux urinipares. C'est ce qu'on voit quelquefois dans l'albuminurie et dans la convalescence de quelques fièvres scarlatines.

Les sédiments provenant de l'urine ellemême sont plus communs que les précédents. Ils n'indiquent que rarement une lésiem du rein et ont pour causes premières la constitution individuelle, l'exercice et l'alimentation. Ils se montrent avant et pendant la formation des calculs et de la pierre. On peut les diviser en deux catégories distinctes : la première comprend l'acide urique et les urates, l'oxalate de chaux, la cystuie et l'oxalurate de chaux, c'est-k-dire des substances cristailisables formées directement ou indirectement par la métamorphose des tissus ou des éléments organiques de l'alimentation ; dans la seconde, nous rangerons tous les dépôts d'origine inorganique qu'on peut rencontrer dans Vurine : phosphates de chaux, phosphates ammoniaco-magnésiens, carbonates de chaux, phosphates neutres et acides de soude, acide silicique, chlorure de sodium, etc.

Dans cette dernière classe rentrent toutes les matières provenant d'autre part que de l'appareil urinaire et versées accidentellement dans Vurine. Chez les individus atteints de rétrécissements de l'urètre, l'éjaculation spermatique est souvent très-incomplète, et la liqueur séminale, refluant en arrière, pénètre en partie dans la vessie. Il en est de même dans la spermatorrhée; aussi trouvet-on des spermatozoïdes dans les urines de ceux qui en sont atteints, non pas après chaque miction, mais de temps en temps. On y a encore observé des poils provenant de kystes pileux du bassin (v. filimiction), des débris de fœtus dans certains cas de grossesse extra-

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utérine, des strongles, des helminthes, etc., et enfin divers cryptogames, tels que des algues, qui naissent très-facilement dans l'urine après son émission, mais qui ne se développent jamais dans ce liquide tant qu'il est contenu dans l'économie.

— Art vétér. Lorsque l'urine sécrétée par les reins d'un animal jeune et en très-bonne santé est recueillie, on obtient un liquide clair comme de l'eau, acide chez les carnivores, alcalin chez les herbivores, et dans lequel le microscope ne fait remarquer aucun globule ni aucune cristallisation caractérisque. On ne constate qu'un assez bon nombre de trèspetites molécules arrondies de omnl,001 k oramjOOa de diamètre, subissant le mou veinent moléculaire ; quelques épithétiums récents, arrondis, légèrement opaques, provenant des tubes urinifères ou du bassinet rénal ; des épithéliums cylindriques pourvus d'un noyau, détachés du bassinet rénal ou des uretères, et enfin de grands épithéliums polyédriques ou irréguliers à noyau opaque et ovalaire provenant de la muqueuse vésicale. Lorsque l'urine est restée quelque temps dans la vessie, elle en est expulsée avec des caractères variables, selon qu'elle a séjourné un temps plus ou moins long dans ce réservoir, selon la nature des aliments dont les animaux ont fuit usage, les saisons, l'espèce d'animal, etc. L'urine qui est restée peu de temps dans la vessie se montre claire et peu odorante ; elle porte le nom d'urine de crudité. Lorsque, au contraire, elle a séjourné un temps assez long dans son réservoir, elle en sort d'une couleur jaunâtre, répand une odeur forte, surtout celle des carnivores, devient épaisse, quelquefois même filante, et laisse déposer dans le vase où on l'a reçue et selon l'espèce d'animal une matière sédimenteuse; on lui donne alors le nom d'urine de coction.

L'urine des solipèdes en bonne santé, maintenue en repos dans un vase pendant plusieurs heures, laisse bientôt déposer une matière blanchâtre formée par les sels calcaires qu'elle renferme et déjà devenus insolubles, soit dans le bassinet rénal, soit dans les uretères,.soit dans la vessie. Par le refroidissement, ce dépôt augmente et devient parfois très-abondant. Il est dû à la présence du carbonate de chaux, tenu en solution par un excès d'acide. Ce dépôt est toujours ounsidéi'able chez les vieux chevaux entiers et les vieilles juments. L'urine des herbivores, qui laisse déposer le sédiment dont il s'agit, a reçu le nom d'urine jumenteuse.

L'urine des carnivores laissa, ainsi que celle de l'homme, déposer dans le vase un sédiment d'un jaune rougeâtre très - acide, acidité due à la présence de l'acide urique et, d'après quelques chimistes, de l'acide lactique. Après cette précipitation, l'urine du chien reste quelquefois acidei mais, le plus souvent, elle se montre alcaline. Plus tard, elle éprouve une seconde altération, qui est attribuée à la décomposition de l'urée et donne lieu a la formation de carbonate d'ammoniaque. L'urine laisse exhaler alors une forte odeur ammoniacale, surtout très-remarquable dans l'urine du chat.

Dans l'état normal, lurine sécrétée dans un temps donné varie beaucoup, selon la quantité d'eau que renferme la matière alimentaire servant de nourriture aux animaux.

Généralement, les reins des herbivores sécrètent d'autant moins d'urine qu'ils font usage d'aliments secs, tels que la paille, le foin, l'avoine, l'orge, les vesces, les diverses variétés de son, ei.c. Dans le cas où cette alimentation est prolongée, l'urine est sécrétée en petite quantité, chargée de beaucoup de matières salino-ierreuses composées de carbonates, de phosphates de chaux et de magnésie, sels dont la quantité est parfois si considérable, qu'elle donne lieu à la formation de calculs urinaires.

Les aliments aqueux, l'herbe verte, les racines, tels que les betteraves, les navels, les carottes, les résidus provenant de la fabrication du sucre de betterave, les pommes de terre, les topinambours et, en général, tous les aliments contenant beaucoup d'eau de végétation et auxquels on ajoute de l'eau pour confectionner la matière alimentaire, augmentent beaucoup la sécrétion urinaire, rendent Vurine aqueuse, claire, peu odorante et peuchargéede matières Saiino-terreuses. Les moutons qui mangent du trèfle vert sur pied, ou bien la renouée centiuode, qui croît abondamment dans les chaumes à. l'automne, donnent à l'urine une couleur rougeâtre ; l'usage de la garance lui procure une teinte plus rouge encore; les carottes jaunes lui font acquérir une couleur jaunâtre bien prononcée. La teinte jaunâtre de Vurine est surtout remarquable chez le chien auquel on a donné de la poudre de rhubarbe et des décoctions de safran à assez forte dose. L'indigo la colore en bleu ; les sels de fer lui donnent la propriété de précipiter en vert ou en bleu le ferrocyanate de potasse, et en noir les dissolutions de noix de galle. Les acides végétaux la rendent acide, les alcalis alcaline. Les plantes qui renferment une notable proportion de sel marin, les aliments auxquels on associe ce sel rendent les urines plus chargées de chlorure de sodium. Une foule de sels solubles, alcalins et beaucoup de substances métalliques, comme l'antimoine, l'arsenic, sont éliminés par la sécrétion urinaire et se retrouvent dans Vurine. Enfin, les prépa-

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rations de térébenthine, et surtout l'essence de cette résine, lui donnent une odeur de' vio'ette.

Quant à l'expulsion de l'urine ehes les animaux, elle ne peut être opérée qu'après une préparation ou une attitude particulière, dont le but est de forcer l'urine à franchir le sphincter de la vessie. Cette expulsion s'opère chez tous les animaux à l'aide d'une inspiration plus ou moins forte, destinée à fixer le thorax, k refouler le diaphragme en arrière, et par suite les intestins sur le bassin et' partant sur la vessie. Dans ce moment, les muscles des parois inférieures de l'abdomen se contractent et pressent la vessie d'avant en arrière; la poche urinaire elle-même, pourvue d'une tunique musculeuse, se resserre; la résistance de son sphincter ou de son col est vaincue, et Vurine, s'échappant dans le canal de l'urètre, est répandue au dehors. La contraction de la vessie suffit seule pour effectuer l'écoulement aussitôt qu'il a été commencé. Mais, pour mettre en jeu les puissances expulsives de Vurine dont il s'agit, les animaux se préparent à l'évacuation par une attitude particulière; ils se campent pour uriner.

Cette attitude, variable selon l'espèce animale, fournit de précieux renseignements dans l'étude du diagnostic des maladies des voies urinaires.

Los solipèdes, cheval, âne et mulet, se campent de la même manière pour uriner. Le mâle entier porte, en les écartant, les membres postérieurs sous le ventre, vousse la colonne vertébrale, porte la croupe en bas e.t en avant et redresse la queue. Dans ce moment, le pénis se rallonge et sa partie libre sort du fourreau; alors commence l'inspiration, la Contraction des parois abdomij nales et vésicales, et bientôt l'urine s'échappe au dehors par un fort jet continu. Vers la fin de l'évacuation, l'urine s'échappe souvent encore par deux ou trois petits jets saccadés, séparés par une très-courte intermittence, et l'expulsion urinaire est terminée. Les animaux hongres sortent peu le pénis du fourreau pour uriner, quelques-uns même urinent dans cette enveloppe. Les femelles des solipèdes se campent comme les mâles pour rejeter l'urine au dehors. Bientôt on voit la vulve s'entr'ouvrir, sa commissure inférieure remonter et l'urine s'élancer au dehors par un jet fort et continu qui se propage au loin. Vers la fin de l'évacuation s'opère, dans quelques bêtes, un jet saccadé et interrompu comme chez le mâle. Après l'entière expulsion, la femelle reste campée encore un court espace de temps, pendant lequel la commissure inférieure de la vulve, restant écartée, laisse apercevoir le clitoris exécutant un mouvement de redressement et d'abaissement particulier, provoqué, sans doute, par le passage de Vurine à la surface de la mu-' queuse fine et très-sensible qui revêt cet organe.

Le taureau et le bœuf ne se campent point pour uriner. Les ruminants font une courte inspiration, pendant laquelle la vessie se contracte et se vide. Le jet qui s'échappe par l'ouverture du fourreau, toujours garni de poils longs, s'écoule par un jet continu du volume d un tuyau de plume ordinaire. Pendant cette expulsion, l'animal continue même à manger, à ruminer et à. marcher. La vache se campe comme la jument; mais elle tient ses membres postérieurs plus écartés et redresse la queue qu'elle tient presque horizontalement. L'urine s'échappe toujours par un gros jet continu dont la durée est courte. Le bélier et le mouton, ainsi que le taureau et le bœuf, ne se campent point pour uriner. Le jet de l'urine est très-clair, continu, très-mince et file avec lenteur le long des longs poils qui bordent l'ouverture du fourreau. La brebis se campe et urine comme la vache. Le jet est continu et assez fort.

Le porc mâle ne fait qu'une très-courte préparation pour uriner, puis l'urine s'échappe bientôt par l'ouverture du prépuce en un filet assez mince, mais avec des saccades bien marquées et régulières. La durée" de l'écoulement est longue et l'animal l'exécute même en marchant. La truie se campe comme les autres femelles et expulse l'urine par un jet gros, fort, uniforme et non interrompu.

Le jeune chien, jusqu'à l'âge de six à sept mois, prend une attitude particulière pour uriner. Il porte en les écartant les' deux membres postérieurs sous le ventre, plie les jarrets;" baisse la croupe, rapproche ainsi le ventre du sol et expulse l'urine dans cette position par un jet continu et quelquefois saccade, qui s'éch/ippe par l'ouverture du fourreau. Le chien adulte prend une tout autre altitude. Il recherche pour expulser Vurine une borne, le bord d'une muraille, d'un arbre, d'une touffe d'herbe, baisse un peu la croupe, relève un des membres postérieurs, tantôt le droit, tantôt* le gauche, et expulse une urine jaunâtre, odorante par un jet mince, légèrement saccadé et bientôt interrompu. Les chiens en liberté, et surtout lorsqu'ils poursuivent une femelle en chaleur, se campent, urinent très-souvent, en ne laissant échapper que quelques gouttes d'urine. Ils recherchent pour exécuter celte expulsion les endroits où, par l'odorat, le chien reconnaît que la femelle a séjourné, ou qu'un autre chien a répandu son urine. Les chiennes se campent, fléchissent forte-

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ment tes jarrets, portent le bassin presque à terre, relèvent la tête et expulsent l'urine dans cette attitude par un jet plus ou moins régulier, mais toujours plus fort et beaucoup plus gros que celui des chiens.

Les oiseaux de basse-cour n'urinent pas ; on sait qu'il en est de même de tons les oiseaux. Chez eux Vurine, très-chargèe d'acide urique, s'accumule dans le cloaque avec les lumières alimentaires, et le dépôt des sels urinaires, notamment des urales , forme une couche blanchâtre et pulvérulente autour des excréments intestinaux.

— Agric. L'urine se distingue en urine humaine et urine des animaux. La première est un engrais des plus énergiques et excellent sous tous les rapports, parce qu'il est composé d'éléments excessivement variés; mais toutes ne se valent pas; plus l'alimentation est puissante, plus la boisson est généreuse, et plus l'urine a de prix ; les fabricants de composts établissent la différence entre l'urine recueillie chez les cabaretiers où l'on boit du vin et celle que l'on trouve dans les cafés où l'on boit de lu bière et des drogues. Quant aux buveurs d'eau et aux gens qui font maigre chère, leur urine est réputée ne pas valoir grand'chose.

Tous les écrivains modernes qui s'occupent d'agriculture sont unanimes k blâmer l'usage où sont les vidangeurs de certaines provinces de vider leurs eaux vannes, pendant la nuit, sur des terres nues ou emblavées, afin de s'en débarrasser; le liquide, employé à folle dose sur des terrains restreints, stérilise au lieu de féconder. Nonseulement les urines des villes se perdent ainsi en grande partie, mais celles des fermes, que les cultivateurs devraient recueillir avec soin, s'ils comprenaient leurs véritables intérêts.

Un homme fournit en moyenne tous les ans 450 kilogr. d'urine, et l'on a calculé qu'il s'en perd environ 12 milliards de kilogr. tous les ans, qui pourraient être 'employés avec grand profit. Depuis quelques années, les fabricants de composts ne jettent plus Vurine comme ils le faisaient autrefois; ils en arro- . sent des tas de mauvaises terres et des boues, ce qui leur produit de bon fumier. Mais ce système ne se généralisera que très-lentement.

L'urine fraîche ne vaut pas, à beaucoup près, comme engrais, Vurine qui a fermenté en vieillissant, bien qne cette dernière soit moins riche en azote. Dans tous les cas, lorsqu'on juge à propos de fumer avec Vurine seule, il serait prudent de l'étendre de trois ou quatre fois sou volume d'eau ordinaire et de pratiquer l'arrosage par un temps pluvieux ou cuuvert.

L'urine des animaux se perd moins^ que celle des hommes, parce qu'elle est répandue dans les champs, dans les pâturages qu'elle engraisse énergiqueinent. La litière en est toujours plus ou moins épongée, ce qui fait qu'elle entre dans la composition de tous les fumiers de ferme ; mais il s'en perd toujours une certaine portion qui se répand en pure perte dans des égouts et aux environs des étables et des écuries que la mauvaise odeur ne tarde pas à empester; il y aurait avantage à recevoir ces urines dans un réservoir quelconque, ou mieux encore sur une couche plus ou moins épaisse de terre meuble ou de gazon qui s'en imprégnerait.

Dans les pays du nord de la France, les vaches, nourries avec des fourrages frais, des racines, des pulpes, de la drèche, fournissent une si grande abondance d'urine que la meilleure litière ne saurait l'éponger complètement, et que l'on est forcé d'ouvrir des réservoirs, que l'on appelle pissotières aux environs de Lille.

« Bien que, dit Schwerz, suivant les expériences auxquelles je me suis livré, l'urine de vache ne contienne que 5 et l'urine de cheval que G pour 100 de substances fertilisantes solides, il ne faut pas en conclure que le reste n'a ni plus ni moins de force que l'eau; car, k ce compte, une charge de fumier équivaudrait, quant à ses effets, a vingt charges égales d'urine de cheval, ce que n'admettrait certainement pas le cultivateur le moins expérimenté.

» Quelque cas que l'on fasse de la science de MM. les chimistes, on ne peut pas toujours, dans la pratique, s'en reposer sur les résultats de leurs analyses. »

M. Fouquet rapporte qu'un cheval du poids de 4Î0 kilogr. donne, en vingt-quatre heures, environ 4l»l,500 d'urine; une vache de 600 kilogr. en donne 12^11,500; un mouton de 28 kilogr. en donne 500 grammes; un porc de 60 kilogr. en donne 3kil,500.

Les urines de bétail sont rarement employées pures; en Angleterre, où les vaches reposent non sur des litières, mais sur des planchers à claire- voie, les urines sont trans-

fiortées dans des citernes par des eaux de avage qui les mélangent aux excréments.

• En Suisse , dit Joigneaux, le lizier reçu dans les purinières se compose des urines et des bouses chassées par les eaux de lavage; souvent même, on y ajoute du sel commun brut, k raison de 500 grammes environ par 1 hectolitre de liquide; dans le département du Nord, le3 urines qui se rendent aux pissotières sont toujours chargées d'excréments solides, et l'on y ajoute parfois des tourteaux I et des excréments humains ; en Belgique, les

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choses se passent de même. Souvent enfin, on jette dans les citernes des animaux morts qui s'y décomposent très-rapidement et augmentent l'énergie de l'engrais liquide. ■

Dans les pays méridionaux, où l'urine est considérée avec une certaine indifférence, on la laisse souvent s'écouler dans des rigoles qui la conduisent au milieu du chemin. Là, on jette des plantes, des herbes inutiles, des feuillages qui ne tardent pas à pourrir, pétris qu'ils sont par les pieds des hommes ei des animaux et par les roues des véhicules. Oette.matiière d'obtenir du fumier semblerait bonne si elle ne présentait pas des dangers au point de vue de la salubrité publique; mais on doit comprendre combien sont pestilentiels ces cloaques que l'on rencontre à l'entrée et à la sortie de tous les petits villages de certaines contrées de l'Ouest et du Midi.

Ce n'est guère qu'au bout de cinq ;i huit semaines que Vurine conservée dans des citernes est complètement fennentée; les cultivateurs qui s'en si-rvent lui donnent alors le nom de purin, de puriau, de pureau, de lizée, de lister, d'engrais liquide, suivant les contrées.

L'urine est excellente pour engraisser les carottes, les pommes de terre, le lin, les céréales d'automne; il faut cependant en être sobre à l'endroit des plantes cultivées pour leurs graines, car l'engrais liquide occasionne la verse, i Dans les cultures jardinières, dit Joigneaux, cet engrais est l'un des plus précieux que nous connaissions ; on le répand au pied des légumes avec-Ie goulot de l'arrosoir.i

Dans la grande culture, on arrose par trois procédés différents, et l'on choisit autant que possible, pour cette opération, une journée calme, douce, humide, ou tout nu moins un temps couvert; les journées chaudes et le refroidissement marqué de la température contrarient l'action de cet engrais.

Il existe plusieurs manières de répandre l'urine dans les champs : 1» On arrose souvent, au moyen de rigoles, lorsqu'il existe une pente de la citerne au lieu à féconder. 2" Les Flamands arrosent au moyen de tonneaux, à peu près comme nous arrosons nos boulevards. • On emploie l'urine, dans les Flandres belges, dit M. Fouquet, pour le lin, le tabac, le colza, les navets, les céréales, etc. Le tabac engraissé avec le purin est plus doux, moins piquant. On répand cet engrais au moment des semailles, ou quelque temps avant, à la dose de 100, 200, 300 hectolitres et plus par hectare. ■ 3° On se sert encore d'une sorte d'écope ou écuelle à long manche. 40 En Angleterre, les grands propriétaires, qui n'y vont pas demain morte, chassent de la citerne l'uriue par la pression d'une pompe et la mènent, à l'aide de tuyaux, sur tous les points de leur domaine; mais ce procédé ne peut être employé que dans la grande culture.

URINÉ, ÉE adj. (u-ri-né — du. lat. uria, guillemot). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre guillemot.

— s. f. pi. Tribu de palmipèdes, de la famille des colymbinées, ayant pour type le genre guillemot.

URINÉMIE s. f. (u-ri-né-ml — de urine, et du gr. aima, sang). Pathol. Accumulation de tous les matériaux de l'urine dans le sang.

URINER v. a. ou tr. {u-ri-né — rad.

urine). Evacuer son urine par les voies naturelles : Les chiens lèvent une jambe pour uriner, quand ils sont adultes. (Buff.)

URINEUR, EUSE adj. (u-ri-neur, eu-ze — rad. uriner). Ornith. Se dit des oiseaux qui urinent fréquemment, qui rejettent fréquemment des excréments plus ou moins liquides.

URINEUX, EUSE adj. (u-ri-neu, eu-ze — rad. urine). Qui est de la nature de l'urine pu qui se rapporte à l'urine : Odeur urineuse. Le temps des médications urineusks est passé. (Percy.)

— Pathol. Abcès urineux, Abcès produit par l'infiltration de l'urine dans le tissu cellulaire.

URINIFÈREadj. (u-ri-ni-fè-re — de urinei et du lai. fera, je porte). Anat. Qui porte, qui conduit l'urine : Canal uriniférk.-

URINIPARE adj. (u-ri-ni-pa-re — de urine, et du lat. pario, je produis). Anat. Qui produit l'urine : Tubes urinîpares.

URINOIR s. m. (u-ri-noir — rad. uriner). V. URINAL.

— Endroit préparé sur une voie publique, pour permettre aux passants de satisfaire avec décence le besoin d'uriner.

URINOMÈTRB s. m. (u-ri-no-mè-tre — de urine, et du gr. melron, mesure). Physiq. Aréomètre destiné' à déterminer la pesanteur spécifique de l'urine.

URIPHAÉTON s. m. (u-ri-fa-é-ton — du gr, oura, queue; phaelon, brillant). Ichthyol. Genre de poissons acaulhoptérygiens, de la famille des percoïdes. il On dit aussi URO-

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